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Full text of "Archives du Muséum d'histoire naturelle de Lyon"

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VILLE DE LYON 

ARCHIVES 




DU 



MUSÉUM D'HISTOIRE NATURELLE 



DE LYON 



Publiées sous la direction de M. CL. GAILLARD, Conservateur du Muséum 



TOME ONZIEME 




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LYON 

HENRI GE.ORG, ÉDITEUR 

LIBRAIRIE DE LA FACULTÉ DE MÉDECINE ET DE LA FACULTÉ DE DROIT 

36-38, PASSAGE DE L 'h Ô TE L -D I E U , 36-38 

MAISONS A GENÈVE ET A BALE 
1912 



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ARCHIVES 



DU 



MUSÉUM D'HISTOIRE NATURELLE 



DE LYON 



TOME ONZIEME 



Lyon. — Imprimerie A. Rey, 4, rue Gentil. — 55570 




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VILLE DE LYON 



ARCHIVES 



DU 



MUSÉUM D'HISTOIRE NATUREUUE 



DE LYON 



Publiées sous la direction de M. CL. GAILLARD, Conservateur du Muséum 



TOME ONZIEME 




LYON 

HENRI GEORG, ÉDITEUR 

LIBRAIRIE DE LA FACULTÉ DE MÉDECINE ET DE LA FACULTÉ DE DROIT 

36-38, PASSAGE DE L 'h Ô TE L -D I E U , 36-38 

MAISONS A GfENÈVE ET A BALE 
1912 



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À LA MEMOIRE 



DE 



Louis-Charles LORTET 

DIRECTEUR DU MUSEUM d'iIISTOIRE NATURELLE 

DOYEN HONORAIRE DE LA FACULTE DE MEDECINE ET DE PHARMACIE DE LYON 

CORRESPONDANT DE 1,'lNSTITUT ET DE l'aCADEMIE NATIONALE 

DE MÉDECINE 



TABLE DES MATIÈRES 



DU ONZIEME VOLUME 



Mémoire n° I. — La Vie et les Travaux de Louis-Charles Lortet, par M. Claude Gaillard ... 1 à 31 

Mémoire n° II. — Les Rhinocêridès de V oligocène d'Europe, par M. F. Roman . . . ^ . . . 1 à 92 

Mémoire n° IIL — Etudes sur les Mollusques terrestres et fluviatiles de quelques formations 

quaternaires des bassins du Rhône et du Rhin, par M. L. Germain là 194 



LA VIE ET LES TRAVAUX 



DE 



Louis-Charles LORTET 

DIRECTEUR DU MUSÉUM D'HISTOIRE NATURELLE 

DOYEN HONORAIRE DE LA FACULTÉ MIXTE DE MÉDECINE ET DE PHARMACIE DE LYON 

CORRESPONDANT DE L'iNSTITUT ET DE L'ACADÉMIE NATIONALE 
DE MÉDECINE 



CLAUDE GAILLARD 

Conservateur du Muséum d'Histoire naturelle de Lyon. 



LA VIE ET LES TRAVAUX 



DE 



Louis-Charles LORTET 

DIRECTEUR DU MUSÉUM D'HISTOIRE NATURELLE 

DOYEN HONORAIRE DE LA FACULTÉ MIXTE DE MÉDECINE ET DE PHARMACIE DE LYON 

CORRESPONDANT DE L'INSTITUT ET DE L'ACADÉMIE NATIONALE 

DE MÉDECINE 



Le 26 décembre 1909 s'éteignait, à Lyon, le D l Louis Lortet, fondateur de la 
présente publication , l'un des savants qui ont le plus contribué à la mise en valeur 
et au développement des admirables collections du Muséum d'histoire naturelle de 
la ville de Lyon. Pour rendre hommage à sa mémoire, les Archives du Muséum de 
Lyon consacrent à la vie et aux travaux du regretté naturaliste le premier chapitre de 
ce volume. 

I 

Louis-Charles Lortet naquit à Oullins, sur les bords de l'Izeron, au pied des 
monts du Lyonnais, le 22 août 1836. Sa jeunesse s'écoula d'abord au Lycée Ampère, 
à Lyon, puis à l'Ecole de Médecine de cette ville. 

Louis Lortet fut nommé interne des Hôpitaux de Lyon, au concours de 1856. 
Il eût vivement désiré pouvoir terminer ses études médicales dans la ville qui lui 
était chère, mais Lyon ne possédait pas alors de Faculté, et L. Lortet dut se rendre 
h Paris, où, après avoir soutenu brillamment une thèse sur le cancroïde labial, il 
conquit le grade de docteur en médecine. 

Aussitôt reçu docteur en médecine, L. Lortet revint à Lyon pour continuer, à 
la Faculté des Sciences, les études d'histoire naturelle qui l'avaient attiré dès sa 
jeunesse. Très rapidement il obtint le titre de licencié ès-sciences. 

M. le professeur Jules Guiart 1 et M. le D r J. Jarricot 2 ont déjà rappelé quelle 
influence profonde l'éducation familiale exerça sur les occupations intellectuelles de 

1 Discours de M. Guiart, professeur à la Faculté de Médecine (Bulletin de la Société des Amis de l'Univer- 
sité de Lyon, p. 98, 1910.) 

2 D r J. Jarricot, Louis Lortet et les études égyptologiques (Conférence faite à la Société des Sciences natu- 
relles de Tarare, 1910). 



4 LA VIE ET LES TRAVAUX 

Louis Lortet. De sa grand'mère, Clémence Lortet, et de son père, le D r Pierre 
Lortet, il hérita sans doute sa passion pour les sciences naturelles. 

Sa grand'mère, Clémence Lortet (1772-1835) fut une botaniste remarquable, 
dont Roffavier disait que « elle unissait l'amabilité de la femme aux connaissances 
à la raison et au courage de l'homme 1 ». Son père, le D r Pierre Lortet (1792-1868), 
s'occupa aussi de botanique ainsi que de géologie. Il fut membre fondateur de la 
Société Linnéenne et membre de l'Académie des Sciences, Belles-Lettres et Arts de 
Lyon. Fait digne de remarque, le père du savant qui devait faire du Muséum de 
Lyon un centre d'études égyptologiques, le D r Pierre Lortet, s'occupait déjà d'orien- 
talisme. On lui doit un calendrier copte, traduit de l'arabe et annoté, qu'il publia 
en 1852. Ce renseignement de grand intérêt a été donné par M. Victor Loret, le 
savant professeur d'égyptologie de l'Université de Lyon 2 . On le voit, les études 
d'histoire naturelle et des pays d'Orient étaient depuis fort longtemps en honneur 
dans sa famille, aussi, furent-elles toujours pour Louis Lortet des études de pré- 
dilection. 

Ses premières recherches scientifiques ont été dirigées vers la botanique. Très 
jeune, il fit des herborisations avec les botanistes lyonnais, notamment avec Roffa- 
vier, qui avait, en 1820, herborisé dans les Monts du Lyonnais avec Clémence 
Lortet 3 . Roffavier s'intéressa vivement au jeune naturaliste, il lui fit don de son 
herbier *■ 

Après quelques travaux de botanique, les recherches scientifiques de Lortet 
allèrent, sous l'influence de Chauveau, vers la physiologie. Il s'occupa des phéno- 
mènes circulatoires et respiratoires. Dans ce but, il fit, en 1866, et dans la même 
semaine, deux ascensions du mont Blanc, pour étudier l'influence des variations 
de la pression atmosphérique sur la respiration et la circulation. Il rechercha les 
causes de l'indisposition bien connue des alpinistes sous le nom de mal des mon- 
tagnes. En outre, il examina, au point de vue bactériologique, la composition de 
l'air aux différentes altitudes. 

On doit noter qu'au moment où L. Lortet faisait, à quelques jours d'intervalle, 
cette double ascension, le mont Rlanc, d'un accès très périlleux, n'avait pas encore 
été mis, comme de nos jours, à la portée des touristes. 

1 Ant. Magnin, Prodrome d'une histoire des botanistes lyonnais, n° i36, p. 76, Lyon, 1906 (extrait des 
Mémoires de la Société Botanique de Lyon, t. XXXI et XXXII). 

2 D r J. Jarricot, Louis Lortet et les études égyptologiques (Conférence à la Société des Sciences naturelles 
de Tarare, p. 6, 19 10). 

3 Ant. Magnin, Prodrome, etc., n° i36, p. ;5, Lyon, 1906* 

4 Ant. Magnin, Prodrome, etc., n° 140, p. 76, Lyon, 1906. 



DE LOUIS-CHARLES LORTET 5 

L'année suivante, en 1867, L. Lortet reçoit le titre de docteur ès-sciences, à 
la suite de la soutenance de deux thèses : une de botanique, sur la Fécondation et 
la germination des Marchantia, et une de physiologie, sur la Vitesse du cours du 
sang dans les artères du cheval. 

Peu de temps après, il publie le résultat de ses études sur certains éléments 
du sang. Dans deux mémoires sur la pénétration des leucocytes à travers les mem- 
branes organiques, il démontre que, par suite de leurs mouvements amiboïdes, les 
leucocytes peuvent cheminer à traversées tissus organisés. 

Il convient donc de remarquer, au sujet du passage des globules blancs à 
travers les tissus, que si le mérite de cette découverte revient, en effet, à Gonheim, 
« il serait de toute justice », dit M. le D r Guiart, « de lui adjoindre le nom de Lortet 
qui, à peu près en même temps, publiait sur la question de si remarquables 
travaux 1 ». 

La grande activité de Louis Lortet, l'importance de ses travaux, ne pouvaient 
passer inaperçues. Aussi, les résultats de ses recherches sur la respiration et la 
circulation à une grande altitude, ses tracés sphygmographiques pris à 4.810 mètres 
au-dessus du niveau de la mer, furent-ils analysés et commentés par de nombreuses 
revues françaises ou étrangères. De même, son mémoire sur la vitesse du sang dans 
les artères du cheval, fut accueilli avec un vif intérêt par les physiologistes. 

Toutes ces publications avaient attiré sur le D r L. Lortet l'attention du monde 
enseignant. Aussi, dès l'année 1867, était-il nommé professeur d'histoire naturelle 
par Glénard, alors directeur de l'Ecole de Médecine de Lyon. 

Deux ans après, lorsque Claude Jourdan donna sa double démission de pro- 
fesseur à la Faculté des Sciences et de directeur du Muséum de Lyon, pour poser 
sa candidature au Corps législatif, on songea de nouveau à L. Lortet pour lui 
succéder. Le 20 novembre 1869, il était chargé du cours de zoologie à la Faculté 
des Sciences et, quelques jours plus tard, le 6 décembre, il fut nommé, grâce, nous 
a-t-il dit, à ses travaux et à son titre de docteur ès-sciences, directeur du Muséum 
d'histoire naturelle de Lyon. 

Le D r L. Lortet se consacre alors, avec ardeur, à sa nouvelle fonction. Il met 
tout en oeuvre pour réorganiser les collections du Muséum sur de nouvelles bases, 
en se faisant aider de savants collaborateurs et amis qui ne lui marchandèrent, 
comme il se plaisait à le rappeler lui-même, ni leur peine, ni leurs obligeants con- 



1 Discours de M. Guiart, professeur à la Faculté de Médecine (Bulletin de la Société des Amis de l'Univer- 
sité de Lyon, fasc. III, p. 99, 1910). 



6 LA VIE ET LES TRAVAUX 

seils. Parmi tous ces amis qui ont contribué à faire, du Muséum de Lyon, l'établis- 
sement de premier ordre qu'il est depuis plusieurs années, L. Lortet aimait à citer 
au nombre de ceux qui ne sont plus, « le géologue Albert Faisan, le conchyliologiste 
Arnould Locard, le palethnologue abbé Ducrost, le comte de Saporta, le paléontolo- 
giste Dumortier, Terver, le si regretté et savant Fontannes, le capitaine Godard, 
les D rs Maurice et Tirant, qui ont envoyé à Lyon tant de richesses scientifiques, 
provenant du Tonkin et de la Gochinchine. Hélas ! » disait-il, '.< tous sont morts aujour- 
d'hui, mais qu'il me soit permis de glorifier leur nom et de proclamer bien haut 
ce qu'ils ont fait pour favoriser l'étude des sciences à Lyon 1 ». 

Mais le D r Lortet est, depuis quelques mois seulement, à la tête du Muséum 
d'histoire naturelle de Lyon, lorsque la guerre éclate. Il s'engage immédiatement 
dans la première ambulance lyonnaise, dirigée par le professeur Ollier, et dont firent 
partie le professeur Ghauveau, Chabrières-Arlès, ainsi que les professeurs Fochier, 
Tripier, Laroyenne, Crolas, le D r Viennois, etc. Cette ambulance part de Lyon le 
10 octobre 1870, pour rejoindre l'armée de l'Est; elle se dirige sur Besançon, Vesoul, 
Saint-Loup et Plombières. Rentrée à Lyon le 1 er novembre par Gray, Dole et 
Besançon, Fambulance d'Ollier quitte de nouveau notre ville, quelques jours plus tard, 
pour se joindre à l'armée de la Loire, à Orléans. Peu de temps après, elle assiste au 
combat de Beaune-la-Rolande 2 . Enfin, pour participer à la seconde campagne de 
l'Est, l'ambulance lyonnaise part de Chalon-sur-Saône le 2 janvier 1871, se dirigeant 
sur Besançon et Rougemont; après le combat de Villersexel, la retraite de l'armée 
terminait la campagne de l'ambulance. 

Toutefois, le D r Lortet, à la tête d'une petite section d'aides et d'infirmiers, 
était resté à Rougemont pour soigner les malades et les blessés. Mais l'occupation de 
Rougemont par l'armée prussienne oblige cette section d'ambulance à séjourner en 
ce lieu jusqu'au 9 février, date de l'évacuation des blessés français sur les ambu- 
lances allemandes. Le retour eut lieu alors par Délie, Porrentruy et Nyon, en 
Suisse. 

En récompense de son dévouement et de son courage, le D r Lortet fut fait 
chevalier de la Légion d'honneur. 

Aussitôt la guerre terminée, L. Lortet vient reprendre ses travaux scientifiques 
à la Faculté des Sciences et au Muséum de Lyon. En 1872, il fait paraître le premier 



1 D r Lortet, le Muséum d'histoire naturelle de Lyon (Lyon en 1906, — Congrès de V Association française 
pour V Avancement des Sciences, t. I, p. 477). 

2 Ces renseignements m'ont été très obligeamment communiqués par M. P. Holstein, auquel je suis heureux 
d'adresser mes remerciements les meilleurs. C. G. 



DE LOUIS-CHARLES LORTET 7 

volume des Archives du Muséum de Lyon, qui contient différentes études paléonto- 
logiques et, notamment, le résultat de ses recherches sur le Lagomys corsicanus de 
Bastia 1 . 

Ces travaux très remarqués valent à L. Lortet d'être nommé, le 1 er janvier 
1874, professeur titulaire de la chaire de zoologie à la Faculté des Sciences de Lyon. 

Dans cette nouvelle fonction, il n'oublie point l'Ecole où il avait fait ses 
premières études médicales. Aussi, joignant ses efforts à ceux de ses illustres col- 
lègues Ollier, Ghauveau et Glénard, il obtient bientôt du Gouvernement la transfor- 
mation de l'Ecole de Médecine en une Faculté mixte de Médecine et de Pharmacie. 
Le décret d'organisation de la nouvelle Faculté fut promulgué le 24 avril 1877. 
Le corps enseignant, qui était auparavant composé de huit professeurs titulaires, 
fut porté à vingt-cinq. L. Lortet ayant quitté la Faculté des Sciences, était nommé 
professeur d'histoire naturelle à la nouvelle Faculté de Médecine et, le même jour, 
proclamé doyen. 

La Faculté s'installa d'abord dans l'ancien bâtiment, dépendance de l'Hôtel- 
Dieu, qui était affecté précédemment à l'Ecole de Médecine. Ces locaux étant 
devenus bientôt insuffisants, Lortet s'employa de toute son énergie pour décider la 
ville de Lyon à construire le monument qui abrite aujourd'hui la Faculté mixte de 
Médecine et de Pharmacie. 

« On peut dire, rappelle M. le professeur Guiart, que c'est grâce à l'activité 
infatigable de son Doyen que, dès l'année 1882, la Faculté de Médecine put emmé- 
nager dans les nouveaux bâtiments. C'est donc par un pieux souvenir que nous 
avons tenu à ce que le corps de notre ancien Doyen repose, au moins quelques 
instants, sous ces voûtes, dont il a puissamment activé la construction, et dans cette 
Faculté qu'il a tant aimée et à laquelle il a consacré le meilleur de son 
temps 2 . » 

Quelques années après la construction des nouveaux bâtiments, en 1894, M. le 
président Carnot, pour récompenser le dévouement du professeur L. Lortet à la 
Faculté de Médecine, lui remettait la croix d'officier de la Légion d'honneur, quel- 
ques instants avant de tomber sous le poignard de Caserio 3 . « Mais la récompense », 

1 Lortet, Etude sur le Lagomys corsicanus de Bastia (Corse) (Archives du Muséum de Lyon, t. I, p. 53, 
1872). 

2 M. Guiart, le Professeur L. Lortet, doyen honoraire de la Faculté de Médecine (Bulletin de la Société 
des Amis de l'Université de Lyon, fasc. III, p. 100, 1910). 

3 M. E. Caillemer, doyen honoraire de la Faculté de Droit, a donné à ce sujet d'intéressantes explications, 
dans le remarquable discours qu'il prononça, le 28 décembre 1909, aux funérailles de Louis Lortet. « La croix 
d'officier delà Légion d'honneur, fut, dit-il, remise à M. Lortet par M. le président Carnot, dans la matinée du 



8 LA VIE ET LES TRAVAUX 

écrit M. Guiart, « qui a le plus profondément touché Lortet, c'est celle que lui 
décernèrent ses collègues, ses élèves et ses amis. Le 16 novembre 1902, une séance 
solennelle avait lieu, dans le grand amphithéâtre de la Faculté de Médecine, 
pour fêter le vingt-cinquième anniversaire de la fondation de la Faculté. » 

Le Préfet du Rhône, le Gouverneur militaire de Lyon, le Procureur général, 
le Directeur de l'Ecole du Service de Santé militaire, les Sénateurs et les Députés du 
Rhône, ainsi que la plupart des notabilités lyonnaises, occupaient les gradins. Sur 
l'estrade, M. Chaumié, ministre de l'Instruction publique, était entouré par le 
Recteur de l'Académie de Lyon, les Doyens des quatre Facultés, les représentants 
de l'Institut et des Facultés de Médecine françaises et étrangères. « C'est en 
clôturant cette Assemblée solennelle que le professeur Chauveau remit au profes- 
seur Lortet la plaquette destinée à transmettre ses traits à la postérité et à fêter le 
vingt-cinquième anniversaire de son décanat 1 . » Dans le superbe discours que pro- 
nonça le professeur Chauveau, il fit remarquer combien il était juste que la fête 
personnelle dont le professeur Lortet était l'objet se confondît avec celle de la Faculté 
de Médecine de Lyon. 

Le nom de L. Lortet ne restera pas attaché seulement à la Faculté de Médecine 
et au Muséum de Lyon, car on ne saurait oublier le rôle important qui lui 
revient dans la fondation de la Faculté de Beyrouth, dont il fit une véritable filiale 
de l'Université lyonnaise. « A de nombreuses reprises, il fut chargé de missions 
par le Gouvernement. Le jour même où la mort l'arrachait à notre affection, M. le 
Ministre des Affaires étrangères invoquait l'autorité de Louis Lortet pour obtenir 
du Parlement le maintien de la subvention que la France accorde à la Faculté de 
Beyrouth 2 . » 

Le professeur L. Lortet fut, on le voit, un organisateur et un administrateur de 
grand mérite. Pour montrer en quelle estime il était tenu comme administrateur, 



24 juin 1894, au cours de la réception, par le chef de l'Etat, des professeurs de l'Université de Lyon. Et cependant 
le brevet qui a été délivré à notre Collègue porte la date du 28 juin et est signé par M. Casimir Perier. Voici 
l'explication de cette anomalie. Le projet de nomination, rédigé par le Ministre de llnstruction publique, avait 
été porté à l'Elysée et l'on était convaincu que M. Carnot, avant son départ pour Lyon, Lavait revêtu de sa signa- 
ture. Après la mort tragique du Président, on s'aperçut que le projet n'était pas signé ! Dès le lendemain de sa 
nomination par l'Assemblée nationale (27 juin 1894), le nouveau président, M. Casimir Perier, s'empressa de 
confirmer la nomination de M. Lortet et de s'approprier le décret préparé pour son prédécesseur. La remise des 
insignes par M. Carnot fut toutefois considérée comme un fait accompli, sur lequel il n'y avait pas à revenir. » 
(Discours de M. E. Caillemer, Académie des Sciences, Belles-Lettres et Arts de Lyon, 1910). 

1 M. Guiart, le Professeur Lortet, doyen honoraire de la Faculté de Médecine (Bulletin de la Société des 
Amis de l'Université de Lyon, p. 101, mars 1910). 

2 D r J. Jarricot, Louis Lortet et les études égyptologiques (Conférence faite à la Société des Sciences natu- 
relles de Tarare, p. 9, 1910). 



DE LOUIS-CHARLES LORTET 9 

il suffira de rappeler que la haute fonction de Doyen, qui lui fut confiée le jour 
même de la fondation de la Faculté de Médecine, il la conserva durant trente 
années, c'est-à-dire jusqu'en 1906, date à laquelle il fut atteint par la limite 



'âge. 



De même, au Muséum d'histoire naturelle de Lyon, il conserva la direction 
du service pendant quarante ans. Il était encore en fonctions, lorsque la mort vint 
l'enlever à ses nombreux amis. 



Arch. Mus. — t. XI. I_9 # 



W LA VIE ET LES TRAVAUX 



II 



Les occupations administratives et les travaux de laboratoire étaient loin de 
suffire au besoin d'activité de Louis Lortet. Il aimait passionnément les voyages, 
la vie sous la tente. Aussi parcourut-il, en naturaliste, en artiste, la Syrie, la 
Palestine et l'Egypte. Partout il eut la bonne fortune de faire d'intéressantes 
découvertes, qui alimentèrent ses études et enrichirent les musées de Lyon de 
très nombreux documents archéologiques, zoologiques et paléontologiques. 

Des longs voyages qu'il fit en Syrie, en 1876 et en 1880, il rapporta les judi- 
cieuses observations géographiques et ethnographiques qu'il a publiées dans son 
superbe ouvrage la Syrie d'aujourd'hui^ Au cours de ces voyages, il recueillit 
surtout des collections botaniques et zoologiques qui ont fait l'objet de plusieurs 
mémoires importants. Nous citerons, en particulier, le beau travail du D r L. Lortet 
sur les Poissons et Reptiles du lac de Tibériade 2 . 

Son ami, le savant et regretté malacologiste lyonnais Arnould Locard, a joint 
à cette étude une monographie détaillée des Mollusques aquatiques des lacs de Tibé- 
riade, de Homs et d'Antioche 3 . MM. Petit 4 , Brun et Schlumberger 5 , étudièrent 
avec soin les Diatomées et les Desmidiées rapportées des vases profondes par 
les dragages de L. Lortet. 

Dans son étude des poissons du lac de Tibériade, le D r Lortet 6 signala le 
premier la façon singulière dont certains Chromis protègent leurs œufs et leurs 
alevins, en leur donnant asile dans la gueule et le pharynx. 

Le nom du professeur Lortet est resté attaché à ce curieux phénomène d'incu- 
bation buccale, qu'il est utile de rappeler en quelques mots. Dans une courte note 
à l'Académie des Sciences, en 1875, Lortet fit connaître les mœurs bizarres d'une 

1 L. Lortet, la Syrie d'aujourd'hui : voyayes dans la Phénicie, le Liban et la Judée, 675 pages avec 364 
gravures et une carte, Paris, 1884. 

2 L. Lortet, Poissons et Reptiles du lac de Tibériade et de quelques autres parties de la Syrie (Archives du 
Muséum de Lyon, p. 99, t. III, i883). 

3 Arnould Locard, Malacologie des lacs de Tibériade, d'Antioche et d'Homs (Archives du Muséum de Lyon, 
p. 191, t III, i883). 

4 Petit, Liste des Diatomées du lac de Tibériade (Archives du Muséum de Lyon, p. 191, t. III, i883). 

5 Brun, Desmidiées des vases du lac de Tibériade (Archives du Muséum de Lyon, p. 192, t. III, i883). 

6 Lortet, Sur un poisson du lac de Tibériade, le Chromis paterfamilias qui incube ses œufs dans la bouche 
(Comptes rendus de l'Académie des Sciences de Paris, p. 1196, 1875, LXXXI). 



DE LOUIS-CHARLES LORTET 11 

espèce de poisson du lac de Tibériade, le Chromis Simonis Gunther (Chromis 
paterfamilias Lortet). Ces poissons ont une gueule énorme comparée aux dimen- 
sions de leur corps. Au printemps, les joues de la femelle sont toujours gonflées 
par les œufs. Au sein de cette cavité incubatrice d'un nouveau genre, les œufs 
subissent en quelques jours toute leur métamorphose. Les petits, qui prennent 
rapidement un volume considérable, paraissent bien gênés dans leur étroite prison 
et restent pressés, les uns contre les autres. « Quelques jeunes, arrivés à l'état 
parfait, continuent à vivre et à se développer au milieu des feuillets branchiaux ; 
tous les autres ont la tête dirigée vers l'ouverture buccale et ne quittent cette 
demeure que lorsqu'ils sont longs de 10 millimètres 1 . » 

Ces poissons intéressants furent péchés pour la première fois par le D r Lortet, 
le 29 avril 1875, pendant son premier voyage en Syrie. Ils vivaient dans une eau 
peu profonde, au milieu des joncs, à l'endroit où la source Aïn Tabigah se jette 
dans le lac de Tibériade. Ce Chromis fut retrouvé plus tard, en 1880, dans plusieurs 
localités voisines. Tous les Chromis Simonis capturés avaient dans la gueule des 
œufs nombreux, ou des alevins déjà arrivés à un développement assez considé- 
rable. En 1884, lorsque L. Lortet publia son livre, la Syrie d'aujourd'hui, on 
ne connaissait qu'un petit nombre de poissons incubant leurs œufs dans la cavité 
buccale, au milieu des branchies. Agassiz en avait découvert une espèce au Brésil, 
pendant son voyage sur l'Amazone 2 . 

Depuis la description du D r Lortet, le phénomène de l'incubation buccale a 
été constaté chez plusieurs autres espèces de poissons. G. Boulenger a observé 
ce fait chez un individu femelle du Chromis nilolicus. « Selon M. Cornet, certaines 
espèces du Congo, non déterminées, mériteraient le nom de paterfamilias. Le 
professeur Max Weber, pendant son séjour au Natal, a pu constater des mœurs 
semblables chez une espèce qu'il a décrite sous le nom de Chromis philander 3 .» 

Outre les spécimens de Chromis Simonis, M. Lortet rapporta, pour les collec- 
tions du Muséum de Lyon, des centaines de poissons, de reptiles et d'amphibiens, 
provenant du lac de Tibériade et de quelques autres parties de la Syrie. Ces dif- 
férents animaux furent décrits dans les Archives du Muséum de Lyon\ 

Au cours de ses longues chevauchées en Syrie, M. le professeur Lortet fit 



1 Lortet, la Syrie d'aujourd'hui, p. 507, Paris, 1884. 

2 Agassiz, Voyage au Brésil, traduction française, p. 225, Paris. 

3 G. A. Boulenger, les Poissons du bassin du Congo, p. 453, Bruxelles, 1901. 

4 L. Lortet, Etudes zoologiques sur la faune du lac de Tibériade, < suivies d'un aperçu sur la faune des 
lacs cVAntioche et d'Homs (Archives du Muséum de Lyon, p. 99, t. III, i883). 



12 LA VIE ET LES TRAVAUX 

aussi de précieuses observations concernant l'homme préhistorique. Il découvrit, 
dans certains conglomérats du Wady Semak, au sud de Tibériade 1 , de nombreux 
instruments en silex taillé, haches, couteaux, grattoirs, démontrant que les rives 
du lac ont été habitées par l'homme depuis l'antiquité la plus reculée. Ces silex 
grossièrement travaillés paraissent appartenir, en effet, à l'époque paléolithique. 
Les instruments en pierre polie se rencontrent plus rarement dans la région. 
L. Lortet ne put se procurer que quelques exemplaires de cette catégorie : ce sont 
des hachettes, en pierre amphibolique très dure, semblables à celles qui se trou- 
vent assez fréquemment dans le Péloponèse et dans l'Attique. 

On voit, par cet exposé très bref, quelle abondante source de documents le 
D r Lortet sut découvrir dans ses voyages en Syrie. Le lettré, l'artiste, l'homme 
profondément pénétré du sentiment de la nature, y connut aussi de vives satis- 
factions. 

Dans les pages qui terminent son ouvrage sur la Syrie, L. Lortet laisse 
apparaître ses goûts, son caractère, avec une telle netteté, que nous ne pouvons 
résister au désir d'en reproduire quelques lignes. « En prenant congé des lecteurs 
qui ont eu la patience de me suivre dans mes pérégrinations, qu'il me soit permis 
de conseiller à tous ceux qui ont du temps et des moyens, de faire, eux aussi, 
cette magnifique promenade autour de la Méditerranée, et ces intéressantes 
courses en Syrie, terre presque française, où ils rencontreront à chaque pas les 
souvenirs les plus émouvants de l'antiquité, les traces encore vivantes des hauts 
faits de nos ancêtres. Nul voyage n'est plus instructif, plus facile... Ces longues 
chevauchées sur les rivages, à travers les vallées, les rochers et les plaines, forti- 
fient le corps, reposent l'esprit, calment le système nerveux, surexcité par notre 
civilisation. 

« La vie est douce sous la tente; on y respire à pleins poumons ... Le voya- 
geur est libre, heureux, sous cette frêle demeure qu'il peut édifier et abattre en 
quelques minutes, au gré de son caprice, et dans laquelle il apprend à se passer 
de bien des inutilités. Le charme de cette existence errante est encore aug- 
menté par les rapports agréables avec ces paisibles populations syriennes, maro- 
nites, druses et métoualies, toutes actives, laborieuses, intelligentes et dévouées 
à la France 2 ... » 

Dans ses voyages, le D r Louis Lortet fut constamment préoccupé de répandre, 



1 L. Lortet, la Syrie d'aujourd'hui, p. 5 12, Paris, 1884. 

2 L. Lortet, la Syrie d'aujourd'hui, p. 664, Paris, 1884. 



DE LOUIS-CHARLES LORTET 13 

avec le goût de notre enseignement, les idées de civilisation, de tolérance, de 
liberté, de générosité qui nous sont chères. On a donc pu dire avec raison que, si 
ses voyages en Syrie enrichirent notre Muséum d'histoire naturelle, ils furent 
également utiles à notre pays. Ces voyages furent, de plus, particulièrement pro- 
fitables à l'Université lyonnaise, car c'est grâce au professeur Lortet que, chaque 
année, de jeunes Orientaux viennent s'instruire dans les laboratoires et les cli- 
niques de la Faculté de Médecine de Lyon, pour retourner ensuite répandre chez 
eux le renom de la science et de la civilisation françaises. 

Sans nous étendre longuement sur les travaux scientifiques du D r Lortet, nous 
rappellerons néanmoins ses savantes recherches, en collaboration avec l'abbé Ducrost, 
relatives à la célèbre Station préhistorique de Solutré \ aux environs de Mâcon, qui 
furent publiées dans les Archives du Muséum de Lyon. 

Après avoir, dans le premier chapitre de cette étude, décrit la topographie de la 
station et les fouilles entreprises, les auteurs donnent, dans le second chapitre, une 
liste descriptive détaillée de la faune de cette station. Puis ils étudient avec soin les 
trois crânes humains qu'ils considèrent comme appartenant à la même période que 
les silex taillés recueillis dans le gisement de Solutré. 

Plus loin, les auteurs concluent, à propos de l'ancienneté du gisement : « La 
station de Solutré offre plus d'un rapport avec celles de la Magdeleine et de 
Leaugerie-Basse, tant pour la forme et la taille des armes, que pour certains usages 
communs. Les ossements de renne sont fragmentés d'une manière identique ; on 
a trouvé, à Leaugerie-Basse, un opercule de Pecten jacohœus dans des conditions 
analogues à celles de Solutré; j'ai vu des bois de renne venant de cette station, 
coupés, comme ceux de Solutré, au-dessus du second andouiller, arrondis à la 
base et destinés sans doute aux mêmes usages 2 . » 

Enfin, dans un résumé d'une très belle tenue littéraire, L. Lortet évoque, en 
véritable artiste, la physionomie que devait avoir la station préhistorique, pendant 
la période glaciale. « La Saône n'était point », dit-il, « contenue dans les étroites 
limites que le temps et les hommes lui ont imposées ; elle avait élargi ses rives, 
elle était parsemée d'îles verdoyantes, et ses flots sinueux venaient en bien des 
points battre le pied des collines où la vigne étale maintenant au soleil ses grappes 
empourprées. Lorsque l'astre du jour se levait étincelant sur cet océan de glace, 
lorsque son éclat naissant se réfléchissait sur la vaste étendue des eaux et péné- 

1 Ducrost et Lortet, Etudes sur la station préhistorique de Solutré (Archives du Muséum de Lyon, t. I, 
p. 7, 1872). 

2 Ducrost et Lortet, (ihid., t. I, p. 19, 1872). 



14 LA VIE ET LES TRAVAUX 

trait dans les clairières des sombres forêts, la lumière devait être splendide, et 
malgré ses périls, la vie devait offrir quelques douceurs à ces terribles enfants de 
la nature 1 . » 

De 1887 à 1892, L. Lortet écrit encore un savant mémoire sur la superbe 
collection de Reptiles fossiles du bassin du Rhône 2 , formée en majeure partie par 
Claude Jourdan et par Victor Thiollière. La plupart de ces pièces qui font l'ornement 
de la galerie géologique du Muséum de Lyon proviennent des carrières de pierre 
lithographique exploitées autrefois, à Cerin-Marchampt, dans le département de 
l'Ain, non loin de la petite ville de Serrières-de-Briord, sur la rive droite du Rhône. 

L'exploitation, pendant plus d'un quart de siècle, de ce calcaire lithographique, 
a permis de recueillir un grand nombre de poissons fossiles qui ont été figurés, 
en 1854, par V. Thiollière, dans un ouvrage magistral que l'auteur n'a pu voir 
paraître, et qui a été terminé en 1872 seulement, par Albert Faisan, avec la colla- 
boration de Paul Gervais et de Dumortier 3 . 

Les reptiles, beaucoup plus rares que les poissons, ont, comme ceux-ci, presque 
tous été recueillis par Cl. Jourdan et par Thiollière. Ces reptiles jurassiques sont 
dans un état de conservation tellement admirable, que Lortet a pu décrire dans les 
moindres détails les caractères ostéologiques des différentes espèces. 

Claude Jourdan avait préparé ces fossiles et se proposait d'en faire une étude 
approfondie, mais, à cause des caractères singuliers de certains types de transition, 
il retardait sans cesse la publication de son travail 4 , bien qu'il eût déjà fait dessiner 
quelques-unes des belles planches qui font partie du mémoire publié en 1872 sur les 
poissons. A la mort de Jourdan en 1873,, aucune note concernant ces reptiles si 
remarquables n'a pu être retrouvée dans les papiers de ce savant. 

Ce fut donc à Louis Lortet que revint le mérite de mettre au jour un travail 
qui fait grand honneur non seulement à son auteur, mais encore à Cl. Jourdan et 
V. Thiollière, auxquels le Muséum de Lyon doit de posséder d'aussi précieux 
documents scientifiques. 

Entre temps, Lortet étudie plusieurs questions médicales et parasitologiques, 
en rapport avec les matières qu'il était chargé d'enseigner à la Faculté de Médecine 
de Lyon. Son savant successeur à la chaire de parasitologie a rappelé quelques-uns 

1 Ducrost et Lortet, Etudes sur la station préhistorique de Solutré (Archives du Muséum de Lyon, t. I, 
p. 28, 1872). 

2 Lortet, les Reptiles fossiles du bassin du Rhône, avec 12 pi. in-4 (Archives du Muséum de Lyon, 
t.V, 1892). 

3 Thiollière, Description des poissons fossiles du Bugey, 1 854-1872. 

4 L. Lortet, les Reptiles fossiles du bassin du Rhône (Archives du Muséum de Lyon, t. V, p. 4, 1892). 



DE LOUIS-CHARLES LORTET 15 

de ces travaux sur la tuberculose de l'homme et sur celle des animaux à sang froid ; 
sur la loque des abeilles, sur les microbes pathogènes des vases de la mer Morte, et 
sur ceux des eaux filtrées du Rhône. Au cours de ses voyages en Orient, Lortet 
étudia encore plusieurs maladies, en particulier la lèpre, la peste et le choléra. 
Toutefois, son œuvre principale, celle qui a reçu le meilleur accueil du monde 
médical, est son travail sur la hilharziose, affection produite par un hématozoaire. 
Cette maladie sur laquelle Lortet avait d'abord fait quelques observations en 
Egypte, il eut la bonne fortune de pouvoir l'étudier ensuite, à Lyon même, en 
collaboration avec M. le professeur Vialleton, alors agrégé à la Faculté de Lyon. 
« Lortet a donné la mesure de son esprit clair et didactique dans ce travail qui 
constitue un des chapitres les plus importants de la parasitologie. Ceux qui ont 
repris la question », dit M. Guiart, « n'ont pu rien ajouter au travail de Lortet, qui 
reste comme un modèle du genre. Ces différents travaux lui valurent l'honneur 
d'entrer à l'Académie de Médecine et à l'Institut 1 . » 

Les dernières études médicales du D r Lortet furent consacrées à l'utilisation 
thérapeutique de la lumière et des rayons X. Vivement intéressé par les premières 
tentatives, il se préoccupe aussitôt d'améliorer les méthodes. En compagnie de son 
collaborateur et ami, M. le D r Genoud, il se rend à Copenhague, pour examiner sur 
place les heureux résultats obtenus par Finsen. Absolument convaincu de l'efficacité 
de cette méthode, il s'efforce de la vulgariser dans notre pays. « Bien mieux, il la 
simplifie et, avec le D r Genoud, il imagine un appareil, qui n'a pas reçu du monde 
médical l'accueil qu'il mérite, mais dont je puis certifier », dit le professeur Guiart, 
« les excellents résultats pour l'avoir vu fonctionner dans mon laboratoire. Il allait 
étudier l'effet thérapeutique des rayons X et avait déjà fait construire un appareil 
dans ce but, quand sonna l'heure de l'inexorable retraite 2 . » 

En 1906, le professeur, atteint par la limite d'âge, abandonna sa chaire de la 
Faculté de Médecine et sa fonction de Doyen. A ce moment son activité put se 
reporter sur les recherches relatives à la Faune momifiée de V ancienne Egypte, qu'il 
avait eu le mérite d'entreprendre, depuis quelques années déjà, au Muséum de la 
Ville de Lyon, avec le concours de différents collaborateurs. 

Ce travail important 3 doit être mentionné d'une manière spéciale, car il est dû 
avant tout, à l'heureuse initiative du D r Louis Lortet. Grâce au précieux appui de 



1 Discours de M. le D r Guiart, Bulletin de la Société des Amis de l'Université de Lyon, p. 102, mars 1910. 

2 Discours de M. le D r Guiart., loc. cit., p. 102, mars 1910. 

3 La Faune momifiée de l'ancienne Egypte et Recherches anthropologiques (Archives du Muséum de Lyon, 
séries 1 à 5, Lyon, 1903-1909). 



M LA VIE ET LES TRAVAUX 

M. Maspero, directeur général du service des Antiquités de l'Egypte, le D r Lortet 
obtint, en 1901, l'autorisation de faire des fouilles clans certains hypogées, pour en 
retirer quelques-uns des innombrables animaux momifiés, mammifères, oiseaux 
reptiles, poissons et mollusques, déposés autrefois par les Egyptiens de la civilisation 
pharaonique. 

Des centaines de squelettes, dégagés avec grand soin de ces nombreuses 
momies, furent reconstitués et permirent la détermination zoologique précise des 
espèces animales connues des anciens habitants de la vallée du Nil. Ces documents 
scientifiques, assemblés, étudiés et décrits à Lyon, sont maintenant conservés, 
partie au Musée archéologique du Caire 1 , partie au Muséum d'histoire naturelle de 
Lyon, où les égyptologues et les anatomistes viennent les consulter avec profit. 
C'est au D r L. Lortet, nous le répétons, que la science est redevable de la conser- 
vation de ces documents si importants à divers titres. 

Dans l'Introduction de l'ouvrage sur la Faune momifiée de V ancienne Egypte, 
Lortet signale l'intérêt de savoir pourquoi, après avoir momifié les membres 
décédés de leur famille, les Egyptiens momifiaient, avec autant de soin, la plupart des 
animaux qui vivaient autour d'eux, et non pas seulement certaines espèces considérées 
comme sacrées. Il remarque, en outre, que des recherches de cette nature peuvent 
présenter un grand intérêt, en ce qui concerne la doctrine du transformisme. 

Le but des auteurs fut donc de rechercher si les animaux qui ont été momifiés 
depuis des milliers d'années présentaient des différences morphologiques avec les 
animaux de même espèce qui vivent encore actuellement en Egypte. Enfin, ils 
s'attachèrent surtout à dresser, d'une manière rigoureuse, la liste des espèces 
auxquelles se rapportent les animaux momifiés par les anciens Egyptiens. Ce travail 
présentait donc un intérêt à la fois zoologique et égyptologique. 

La valeur égyptologique de l'ouvrage a d'ailleurs été très judicieusement 
soulignée par M. Victor Loret, professeur d'égyptologie à l'Université de Lyon, 
dans la savante préface qu'il a écrite pour le livre du D r Lortet et de ses collabo- 
rateurs. Après avoir attiré l'attention sur quelques points plus spécialement 
intéressants pour les égyptologues, M. le professeur Loret termine cette préface par 
les lignes suivantes : « Un tel livre », dit-il, « renferme en lui le germe d'une quantité 
de recherches dont les remarques qu'on vient de lire ne donnent qu'un très faible 
aperçu. Pendant longtemps, soit en zoologie, soit en égyptologie, cet ouvrage 



1 La Faune momifiée de l'antique Egypte (Catalogue général des Antiquités égyptiennes du Musée du 
Caire, avec 66 pi. in-4°, 1905). 



DE LOUIS-CHARLES LORTEÏ 17 

servira de base à des travaux dont on ne peut prévoir encore ni le nombre, 
ni l'importance, mais qui tireront en grande partie leur valeur de la science 
avec laquelle ont été présentés les riches matériaux qui viennent de nous être 
révélés 1 . » 

La vérité m'obligea dire que l'intérêt scientifique de l'ouvrage sur la Faune 
momifiée de l'Egypte, a été considérablement augmenté par la précieuse collabo- 
ration de plusieurs spécialistes, notamment par une superbe carte dressée par 
l'illustre explorateur du Bahr-el-Ghazal, M. le professeur G. Schweinfurth 2 , et par 
des notes ou de savantes observations de MM. les professeurs Beauvisage 3 , 
Hugounenq 4 , Lacassagne 5 , V. Loret 6 , Henry de Morgan 7 , L. Joubin 8 , Poncet 9 , 
Florence 10 , de M. A. Locard 11 , et de MM. les D rs J. Jarricot 12 ? L. Germain 13 , et 
A. Bonnet 14 . 

Parmi les savants qui ont collaboré aux recherches relatives à la Faune 
momifiée, il est juste de citer à part M. le professeur Victor Loret, auquel sont dues 
la plupart des notes égyptologiques de l'ouvrage. De plus, M. Victor Loret ne cessa 
de tenir à la disposition des auteurs sa riche bibliothèque personnelle avec les 
renseignements les plus obligeants pour tout ce qui concerne l'ancienne Egypte. Je 
suis heureux de le reconnaître et de pouvoir adresser au professeur dont la haute 
compétence est bien connue, mes plus vifs et meilleurs remerciements. 



1 Victor Loret, Préface à la Faune momifiée de l'ancienne Egypte (Archives du Muséum de Lyon, 
t. IX, 1907). 

2 G. Schweinfurth, Esquisse de la partie sud-ouest de la montagne de Thèbes, indiquant l'emplacement des 
tombeaux de cynocéphales (la Faune momifiée, 2 e série, p. 38, 1906). 

3 Beauvisage, Sciure de bois mélangée au natron antiseptique servant à l'embaumement des corps (la Faune 
momifiée, 2 e série, p. 3ig, 1906). 

4 Lortet et Hugounenq, Analyse du natron contenu dans les urnes de Maher-Pra (la Faune momifiée, 
2 e série, p. 317, Lyon 1906). 

5 Lacassagne, Os de fœtus humain momifié, enfermés dans une statue du dieu Bès (la Faune momifiée, 
2 e série, p. 202, Lyon, 1906). 

6 V. Loret, le Nom égyptien de FOryx (la Faune momifiée, 4 e série, p. 175, Lyon, 1908). 

7 H. de Morgan, Ivoire préhistorique sculpté d'Abou-Zédan (la Faune momifiée 5 e série, p. 255, Lyon, 

8 L. Joubin, Pecten Townsendi, Sow, trouvé à Karnak (la Faune momifiée, 3 e série, page 120, Lyon 

*9<>7)- 

9 A. Poncet, Déformations osseuses pathologiques observées sur des squelettes de cynocéphales momifiés 
(la Faune momifiée, 2 e série, p. 226, Lyon, 1906). 

10 Florence, Résine trouvée dans une tombe simienne près de Thèbes (la Faune momifiée, 2 e série, p. 319, 
Lyon, 1906). 

11 A. Locard, Mollusques de l'ancienne Egypte (la Faune momifiée, i re série, p. 191, Lyon, 1903). 

12 J. Jarricot, crânes humains de la nécropole de Kôm-Ombo (la Faune momifiée, 5 e série, p. 247, Lyon, 
1909). — Radiographies de serpents momifiés (la Faune momifiée, 5 e série, p. 3oo, fig. 216 et 218, Lyon, 1909). 

13 L. Germain, Sur les Mollusques recueillis dans les anciens monuments égyptiens (la Faune momifiée, 
5 e série, p. 3i3, Lyon, 1909). 

14 A. Bonnet, l'Oryx dans l'ancienne Egypte (la Faune momifiée, 4 e série, p. 159, Lyon, 1908). 

Abch. Mus. — t. XL I_3 



18 LA VIE ET LES TRAVAUX 

L'ouvrage que le professeur Louis Lortet et ses collaborateurs consacrèrent à la 
faune de l'ancienne Egypte ainsi qu'à des recherches anthropologiques dans la 
vallée du Nil, a reçu, à l'étranger comme en France, un excellent accueil. On sait que 
le Gouvernement égyptien accordait encore à Louis Lortet, au dernier moment de 
sa vie, une subvention annuelle de 10.000 francs, pour des recherches et des fouilles 
que la mort ne devait pas lui permettre de continuer. 

Ainsi, le Muséum de Lyon est devenu, grâce à ses collections et aux études 
relatives à la faune de l'Egypte pharaonique, l'établissement scientifique auquel 
s'adressent aujourd'hui les savants, français et étrangers, qui s'intéressent à l'his- 
toire naturelle de la vallée du Nil. 

Tels sont, très rapidement examinés, les travaux les plus importants auxquels 
le nom de Louis Lortet restera attaché. 



DE LOUIS-CHARLES LORTET 19 



III 



Si cette brève analyse ne peut donner qu'une idée très imparfaite de l'œuvre 
scientifique du D F L. Lortet, elle suffit néanmoins à montrer quelles étaient les 
préoccupations dominantes du voyageur et du naturaliste dont la pensée, comme 
l'a rappelé M. le recteur Joubin 1 dans sa touchante allocution, fut tournée surtout 
vers les pays ensoleillés, vers les êtres et les choses de l'Orient. 

Cependant, lorsqu'il ne lui fut plus possible d'espérer reprendre ses fouilles dans 
la Haute-Egypte, l'esprit de l'ardent alpiniste que fut Louis Lortet parut revenir vers 
les glaciers et les montagnes qui l'avaient charmé durant sa jeunesse. M. A. Benoist, 
conseiller k la Cour d'appel de Lyon, membre du Club Alpin Français, a rapporté le 
fait : « Trois jours avant sa mort », écrit-il, « nous le tenons d'un pieux témoin des 
derniers moments, alors qu'on redoutait pour lui toute fatigue, il lisait la Montagne, 
ou le récit de l'expédition Shackleton. Et à la veille même de la fin, aucune illusion 
n'étant permise, ne pouvant plus lire, il contemplait avidement de belles cartes 
postales géantes de l'Oisans, œuvre d'Emile Piaget 2 . » N'était-ce pas comme un 
suprême adieu qu'il nous adressait? demande avec raison M. le conseiller Benoist. 

Oui, le D r Lortet aima passionnément la montagne, et il s'appliqua toujours à la 
faire aimer par nos concitoyens, à développer chez eux « le goût de la grande nature, 
l'habitude d'exercer les muscles en même temps que l'énergie morale, l'amour des 
jouissances pures et désintéressées que donnent les grandes vues alpestres 3 ». 

Sa joie était de vivre sur les hauteurs, où l'on respire en liberté l'air pur des 
forêts et des glaciers. 

Et précisément parce qu'il aimait l'air pur et la grande lumière, il était navré 
de les voir trop parcimonieusement distribués aux humbles et aux déshérités. Delà 
ses campagnes contre les logements insalubres, ou contre la situation si défec- 
tueuse parfois des loges de concierges. 

Il est donc utile, avant de terminer cette notice biographique, de dire quelques 

4 Joubin, Discours prononcé aux funérailles du professeur Lortet (Bulletin de la Société des Amis de VUni- 
versitè de Lyon, p. 96, mars 1910). 

2 A. Benoist, Louis-Charles Lortet, fondateur et président d'honneur de la Section lyonnaise du Club 
Alpin Français (Revue alpine, Section lyonnaise du Cluh Alpin Français, p. 49, février 19 10, Lyon). 

3 L. Lortet, Introduction à la traduction de l'ouvrage de Tyndall, Dans les Montagnes, Paris. 



20 LA VIE ET LES TRAVAUX 

mots de la place que le D r Lortet occupa durant de longues années, soit au 
Conseil d'hygiène du département du Rhône, soit dans divers Comités universitaires. 
A cet égard, on ne peut mieux faire que d'évoquer le souvenir autorisé des pro- 
fesseurs éminents qui furent ses collègues dans ces différents Comités. 

De 1877 à 1886, Louis Lortet fut membre d'un des Comités de perfec- 
tionnement que le décret du 22 août 1857 avait constitués pour donner à la famille 
universitaire une cohésion satisfaisante. Dans la plupart des centres d'enseignement 
supérieur, ces Comités manifestaient si peu de vie, écrit M. le doyen Caillemer, 
qu'on ignorait leur existence. Par contre, « à Lyon, leurs délibérations passion- 
naient l'opinion publique, fournissaient un aliment aux débats parlementaires, sus- 
citaient des interpellations au ministère et motivaient de troublantes insurrections. 
M. Lortet y eut un rôle actif. Dernier survivant de ces luttes d'un autre âge, 
j'ai qualité pour affirmer que notre regretté collègue y fit toujours preuve de sa 
modération habituelle. Dans le Conseil académique, dans le Conseil général des 
Facultés, dans le Conseil de l'Université, pendant vingt-neuf ans, rien n'a jamais 
troublé notre affectueuse collaboration 1 . » 

Le D r Lortet appartenait, depuis 1896, au Conseil d'hygiène publique; puis 
lorsqu'on organisa, en 1903, le Conseil départemental d'hygiène, il fut désigné pour 
en faire partie comme membre titulaire. M. le professeur Lacassagne 2 a rappelé que, 
pendant quinze années, Lortet présenta devant l'un et l'autre de ces Conseils de 
nombreux rapports sur divers établissements dangereux ou insalubres. Il s'occupa, 
notamment, de l'état des eaux servant à l'alimentation de différentes agglomérations 
rurales, des règlements sanitaires clés communes, de l'amélioration du service des 
tramways, de l'organisation du service de la vaccine dans le département du 
Rhône, de la création des groupes scolaires. Lortet entreprit aussi, nous l'avons dit 
plus haut, une véritable campagne contre la situation déplorable des loges de 
concierges. 

Dans un éloquent discours, M. le professeur Lacassagne a fait l'éloge de Louis 
Lortet, membre du Conseil d'hygiène, au sein duquel il se fit connaître par sa 
sollicitude incessante pour l'intérêt général et pour l'amélioration du sort des déshé- 
rités. « Ce savant biologiste fut un véritable hygiéniste, parce qu'il était essentiel- 
lement bon et dévoué. Il a passé au Conseil d'hygiène en faisant le bien. Lortet 



1 E. Caillemer, Discours prononcé aux funérailles de M. Louis Lortet (Académie des Sciences, Belles-Lettres 
et Arts de Lyon, p. 4i 1910). 

2 Lacassagne, Discours prononcé, le 28 décembre 1909, aux funérailles de L. Lortet (Société des Amis de 
l'Université de Lyon, p. 108, mars 1910). 



DE LOUIS-CHARLES LORTET 21 

reste un exemple : dès sa jeunesse, il a montré la nécessité du travail; dans l'âge 
mûr, et jusqu'au couchant de la vie, il a prouvé qu'il fallait agir 1 . » 

Le D r Lortetne se bornait pas, on le voit, à remplir les devoirs de sa tâche offi- 
cielle, il s'intéressait à toutes les misères. Il savait que les devoirs des hommes 
grandissent avec leur situation, avec leurs moyens. 

Lorsqu'il s'agissait de servir l'intérêt de tous, ou de défendre une cause géné- 
reuse, Louis Lortet négligeait absolument, et sans hésitation, ce qu'on a coutume 
de nommer l'intérêt personnel immédiat. Aussi, l'a-t-on vu s'élever, avec la même 
énergie et avec la même insouciante générosité, contre les logements insalubres où 
tant de malheureux sont atteints par la tuberculose, et contre les abominables mas- 
sacres d'Arméniens. 

En résumé, la vie du D r Louis Lortet offre un remarquable exemple d'unité. 
Chez le professeur comme chez l'administrateur, chez le voyageur comme chez le 
naturaliste ou l'hygiéniste, nous retrouvons toujours le même homme, actif, travail- 
leur infatigable et profondément bon. 

Par le travail, source de tout bien, Louis Lortet s'efforça, jusqu'aux derniers 
instants de sa vie, vers une morale toujours plus haute. 

L'œuvre, la personne et le nom de L. Lortet méritent donc, à de nombreux 
titres, de n'être pas oubliés. 

Au Muséum d'histoire naturelle de Lyon, son souvenir est conservé dans les 
milliers de documents ethnographiques, zoologiques et paléontologiques, rapportés 
par le regretté savant de ses voyages en Syrie et en Egypte. 

D'autre part, le Conseil municipal, sur la proposition de M. Edouard Herriot, 
maire de Lyon 2 , a décidé de donner le nom de Lortet à une rue de la Ville. 

Enfin, un Comité composé de professeurs delà Faculté de Médecine 3 , a décidé, 
pour honorer la mémoire du professeur Louis Lortet, d'élever un buste au savant, 
au collègue, au maître et à l'ami. Ce buste, que nous avons pu admirer dans l'atelier 
d'un artiste lyonnais, doit être placé bientôt à la Faculté de Médecine de Lyon, à 
côté des effigies de plusieurs des éminents collègues de l'ancien doyen. 

1 Lacassagne, Discours prononcé aux funérailles de M. Louis Lortet (Bulletin de la Société des Amis de 
V Université de Lyon, p. io8 ; 191 o). 

2 Bulletin municipal officiel de la ville de Lyon, p. 195, i er octobre 191 1. 

3 Ce Comité, placé sous la présidence d'honneur de M. le professeur Chauveau, membre de l'Institut est 
présidé par M. Hugounenq, doyen, et par M. Guiart, professeur à la Faculté de Médecine. 



22 LA VIE ET LES TRAVAUX 



INDEX BIBLIOGRAPHIQUE 

DES TRAVAUX PUBLIÉS PAR LOUIS LORTET 



1. Recherches sur une anomalie des fleurs de VErica arborea (Mémoires de la Société 

Botanique de France, 1859). 

2. Essai monographique sur le cancroïde labial, Paris, 1861. 

3. Principe vital et âme pensante, Lyon, 1862. 

4. Du glaucome, Lyon, 1863. 

5. Etudes sur la « Physiologie médicale de la circulation du sang» de M. le D r Marey, 

Lyon, 1863. 

6. Nouveau moyen d'expulser le « Taenia », 1863. 

7. Microbiose graisseuse, 1863. 

8. Syphilis transmise par le cathétérisme de la trompe d'Eustache, 1863. 

9. Recherches sur les cheveux des Nègres, 1864. 

10. Description d'un nouveau parasite de l'homme : V Hclophïlus horridus, 1866. 

11. Recherches physiologiques sur les glaciers, 1866. 

12. Recherches sur la fécondation et la germination du Preissia commutata, pour servir à 

l'histoire des Marchantia (mention très honorable de l'Institut. Prix Desmazières, 
1867). 

13. Mémoire sur la vitesse du sang dans les artères du cheval, avec un nouvel appareil enre- 

gistreur, 1867. 

14. Sur la pénétration des leucocytes à travers les membranes organiques (Deux mémoires. 

L'auteur démontre que, par suite de leurs mouvements amiboïdes, les leucocytes 
peuvent cheminer à travers les tissus organisés), 1867. 

15. Contagion du choléra, 1868. 

16. Deux ascensions au mont Blanc et le mal des montagnes. Recherches sur la circu- 

lation et la respiration à une grande altitude. Tracés sphygmographiques pris à 
4.810 mètres d'altitude, 1869. 

17. Etudes sur la station préhistorique de Solutré (Saône-et-Loire), par MM. Ducrost et Lortet 

(Archives du Muséum de Lyon, 1. 1, p. 7, 1872). 



DE LOUIS-CHARLES LORTET 23 

18. Etude sur le Lagomys corsicanus de Bastia (Corse) (Archives du Muséum de Lyon, 

t. I, p. 53, 1872). 

19. Etudes paléontologiques dans le bassin du Rhône. Période quaternaire, par MM. L. Lortet 

et E. Chantre (Archives du Muséum de Lyon, t. I, p. 59, 1872). 

20. Origine des leucocytes (Annales des Sciences naturelles), 1872. 

21. Sur un poisson du lac de Tibériade, le Chromis paterfamilias, qui incube ses œufs dans 

la bouche (Comptes Rendus de V Académie des Sciences, vol. LXXXI, p. 1.196, 
Paris, 1875). 

22. Recherches sur les mastodontes et les faunes qui les accompagnent, par MM. L. Lortet et 

E. Chantre (Archives du Muséum de Lyon, t. II, p. 285, 1878). 

23. La Lèpre tuberculeuse en Syrie. Mémoire sur les lépreux de Jaffa et de Jérusalem, 

1880. 

24. Résultats des dragages profonds exécutés dans le lac de Tibériade (Comptes Rendus de 

V Académie de Sciences, Paris, 1880). 

25. Poissons et Reptiles du lac de Tibériade et de quelques autres parties de la Syrie (Archives 

du Muséum de Lyon, t. II, p. 99, 1883). 

26. La Syrie d'aujourd'hui. Voyages dans la Phénicie, le Liban et la Judée, 1875-1880, 

675 pages, 365 gravures et plusieurs cartes, in-4°, Hachette, Paris, 1884. 

27. Observations sur les tortues terrestres et paludines du bassin de la Méditerranée (Archives 

du Muséum de Lyon, p. 1, t. IV, 1887). 

28. Note sur le Rhizoprion Bariensis de Jourdan (Archives du Muséum de Lyon, t. IV, 

p. 315, 1887). 

29. Les Migrations des Myriapodes et le Spirostreptus Syriacus des bords de la mer Morte, 

1887. 

30. Les Blocs erratiques gigantesques déposés sur la moraine du glacier du Gorner à Zermatt, 

1889. 

31 . La Bactérie de la loque, maladie infectieuse des abeilles, 1890. 

32. Les Microbes pathogènes des eaux potables distribuées à la ville de Lyon, par MM. Lortet 

et Despeignes, 1890. 

33. Recherches sur les microbes pathogènes des vases de la mer Morte, 1891. 

34. De la tuberculose expérimentale chez les lombrics terrestres, 189 ] . 

35. Les Vers de terre et les bacilles de la tuberculose, par MM. Lortet et Despeignes (Comptes 

Rendus de V Académie des Sciences, Paris, 1892). 

36. Les Reptiles fossiles du bassin du Rhône (Archives du Muséum de Lyon, t. V, p. 3, 

1892). 

37. Influence des courants indirects sur l'orientation des bactéries vivantes, 1896. 

38. Tuberculose expérimentale atténuée par la radiation Rœntgen, par MM. Lortet et Genoud 

(Comptes Rendus de V Académie des Sciences, Paris, 1896). 



24 LA VIE ET LES TRAVAUX 

39. Chute de crustacés ostracodes fossiles observée à Oullins, près de Lyon, le 24 septembre 

1898 (Comptes Rendus de V Académie des Sciences, Paris, 1898). 

40. Les Concierges de Lyon et la tuberculose (Société Nationale de Médecine, Lyon, 23 avril 

1900). 

41. Appareil photothérapique, sans condensateur, pour l'application de la méthode de Finsen, 

par MM. Lortet et Genoud (Comptes Rendus de V Académie des Sciences, Paris, 
1901). 

42. Les Oiseaux momifiés de l'ancienne Egypte, par MM. L. Lortet et Cl. Gaillard (Comptes 

rendus de V Académie des Sciences, Paris, 1901). 

43. Note sur les animaux vertébrés de l'ancienne Egypte (Comptes Rendus de l'Association 

des Anatomistes, Lyon, 1901). 

44. La Faune momifiée de l'ancienne Egypte, l re série, par MM. L. Lortet et Cl. Gaillard 

(Archives du Muséum de Lyon, t. VIII, 1903). 

45. Analyse du natron contenu dans les urnes de Maher-Pra, par MM. Lortet et Hugounenq 

(Comptes Rendus de V Académie des Sciences, Paris, 1904). 

46. La Faune momifiée de l'ancienne Egypte, 2 e série, par MM. L. Lortet et Cl. Gaillard 

(Archives du Muséum de Lyon, t. IX, 1906). 

47. Silex taillés dans la région de Thèbes (Haute-Egypte) (Comptes Rendus de l'Association 

Française pour l'avancement des Sciences, 1906). 

48. Le Muséum d'Histoire naturelle de Lyon (Lyon en 1906 et la Région lyonnaise, t. I, 

p. 475, 1906). 

49. La Faune momifiée de l'ancienne Egypte et Recherches anthropologiques, 3 e série, par 

MM. Lortet et Gaillard (Archives du Muséum de Lyon, t. X, 1907). 

50. Crâne syphilitique et nécropoles préhistoriques de la Haute-Egypte (Bulletin de la Société 

d'Anthropologie de Lyon, t. XXVI, p. 211, 1907). 

51. Station paléolithique désertique de Gebel-Souhan (Haute-Egypte) (Bulletin de la Société 

d'Anthropologie de Lyon, t. XXVII, p. 87, 1908). 

52. Antiquité du crâne syphilitique trouvé dans la nécropole préhistorique de Rôda (Haute- 

Egypte), 12 pages, Lyon, 1908. 

53. La Faune momifiée de l'ancienne Egypte et Recherches anthropologiques, 4 e série, par 

MM. Lortet et Gaillard (Archives du Muséum de Lyon, t. X, 1908). 

54. La Vérité, 10 pages, Lyon, 1909. 

55. La Faune momifiée de l'ancienne Egypte et Recherches anthropologiques, 5 e série, par 

MM. Lortet et Gaillard (Archives du Muséum de Lyon, t. X, 1909). 

OUVRAGES TRADUITS DE L'ANGLAIS 

John Tyndall, Dans les Montagnes, in-18, Paris, 1869. 

Charles Wyville Thomson, les Abîmes de la mer, in-8°, Paris, 1874. 



DE LOUIS-CHARLES LORTET 25 



CURRICULUM VIT/E DE LOUIS LORTET 1 



LORTET Louis-Charles, né à Oullins (Rhône), le 22 août 1836. 

Bachelier es sciences : Lyon, 5 décembre 1854. 

Lauréat de l'Ecole préparatoire de Médecine de Lyon : 1855 et 1856. 

Interne des Hôpitaux de Lyon, nommé au concours de 1856, démissionnaire le 20 mai 1859. 

Docteur en médecine : Paris, 13 juin 1861. 

Licenciées sciences naturelles : Lyon, 1 5 juillet 1865. 

Docteur es sciences naturelles : Lyon, 12 avril 1867. 

Chargé du cours d'histoire naturelle à l'Ecole préparatoire de Médecine et de Pharmacie de 

Lyon : 9 novembre 1867. 
Professeur d'histoire naturelle médicale à ladite Ecole : arrêté du 8 mai 1868. 
Chargé du cours de zoologie à la Faculté des Sciences de Lyon : arrêté du 20 novembre 

1869. 
Directeur du Muséum d'histoire naturelle de Lyon : arrêté du sénateur préfet du Rhône du 

6 décembre 1869. 

Professeur de zoologie et physiologie à la Faculté des Sciences de Lyon : décret du 1 er janvier 

1874. — Démissionnaire le 4 mai 1877. 
Professeur d'histoire naturelle à la Faculté mixte de Médecine et de Pharmacie de Lyon : décret 

du 24 avril 1877. 
Doyen pour trois ans de ladite Faculté : arrêté du 24 avril 1877 ; maintenu en fonctions pour 

cinq ans : 28 décembre 1880 ; et pour sept périodes successives de trois ans : 

13 février 1886, 28 février 1889, 12 mars 1892, 28 février 1895, 9 février 1898, 

7 février 1901, 11 février 1904. 

Promu au choix, à la première classe : 30 janvier 1890. 
Membre du Conseil supérieur de l'Instruction publique : de 1892 à 1896. 
Admis à faire valoir ses droits à la retraite à partir du 1 er mai 1906 avec cessation de fonctions 
le 1 er novembre 1906 : décret du 29 mars 1906. 

1 Ces renseignements ont été empruntés à ia notice biographique publiée par M. E. Caillemer, doyen 

honoraire de la Faculté de Droit (Comptes Rendus de V Académie des Sciences, Belles-Lettres et Arts de 
Lyon, 1910). 

Arch. Mus. — t. XI I_4 



26 LA VIE ET LES TRAVAUX 

Professeur honoraire : décret du 29 mars 1906. 

Doyen honoraire : arrêté du 25 juillet 1906. 

Autorisé, par décision ministérielle du 24 juillet 1906 et conformément à une délibération de la 

Faculté du 15 juin 1906, à continuer, malgré sa retraite, dans son ancien laboratoire 

de la Faculté de Médecine, ses études sur la photothérapie. 
Décédé à Lyon le 26 décembre 1909. 

Médecin-major du 16 e bataillon de la Garde nationale de Lyon (arrêté de M. Challemel-Lacour, 
commissaire du Gouvernement dans le département du Rhône, 1870). 

Attaché, comme chirurgien, à la première ambulance internationale lyonnaise, sous la direction 
duD r 011ier : 1870-1871. 

Médecin de l'Infirmerie évangélique lyonnaise : de 1861 à 1876. 

Médecin adjoint du Dispensaire général du Lyon : 21 août 1863. 

Médecin de la salle d'asile catholique de Saint-Pothin de Lyon : arrêté du 16 novembre 1863. 

Médecin de la Société Protestante de prévoyance et de secours mutuels : 8 janvier 1866. 

DÉCORATIONS ET DISTINCTIONS HONORIFIQUES 

Décoré de la croix de bronze de la Société Française de secours aux blessés et malades des 

armées de terre et de Hier : 26 décembre 1871. 
Chevalier de l'Ordre national de la Légion d'honneur : 16 mars 1872. 
Médaille d'or, décernée par le Ministre de l'Instruction publique, sur la proposition du Comité 

des travaux historiques et des Sociétés Savantes, pour récompenser ses travaux sur 

la zoologie et la paléontologie : 22 avril 1876. 
Officier d'Académie : 16 mars 1878. 
Officier de l'Instruction publique : 18 juillet 1883. 
Officier de l'Ordre national de la Légion d'honneur : 20 juin 1894. 
Grand officier (décoration de deuxième classe) de l'Ordre impérial du Medjidieh : 11 décembre 

1906. 
Grand officier de l'Ordre royal d'Isabelle la Catholique : 7 décembre 1882. 
Grand officier de l'Ordre du Lion et du Soleil de Perse. 
Dignitaire de l'Ordre impérial de la Rose du Brésil. 

ACADÉMIES ET SOCIÉTÉS SAVANTES 

1855. Membre correspondant de la Société de l'Instruction mutuelle de Montpellier (22 mai). 
1858. Membre de la Société Botanique de France (8 janvier). 



DE LOUIS-CHARLES LORTET 27 

1859. Membre titulaire de la Société Linnéenne de Lyon (9 mai). 

1863. Membre titulaire de la Société des Sciences médicales de Lyon (21 janvier). 

1869. Membre correspondant de la Société des Sciences naturelles de Strasbourg (6 février). 

1869. Membre du Conseil d'administration de la Société protectrice des Animaux à Lyon 

(23 décembre). 

1870. Membre correspondant de la Société Linnéenne de Bordeaux (20 avril). 

1872. Membre correspondant de la « Naturforschende Gesellschaft » de Bàle (27 novembre). 

1873. Membre correspondant de la Société de Biologie (27 décembre). 

1875. Fondateur et président de la Section lyonnaise du Club Alpin français (1 er janvier). 

1876. Membre titulaire de la Société de Géographie de Lyon (12 février). 

1876. Membre d'honneur de la « Schweizerische Naturforschende Gesellschaft » de Bâle 

(23 août). 
1876. Membre du Congrès des Orientalistes de Marseille (4 octobre). 

1876. Membre de l'Académie des Sciences, Belles-Lettres et Arts de Lyon (5 décembre). 

1877. Membre correspondant de la Société de Géographie de Marseille (20 avril). 

1878. Membre d'honneur de la Société lyonnaise de Gymnastique (6 juin). 

1879. Président honoraire de la Société protectrice des Animaux de Lyon (5 novembre). 

1880. Membre correspondant de la « Zoological Society of London » (22 janvier). 

1881. Membre correspondant de l'Académie de Màcon (30 juin). 

1882. Président d'honneur de la Section lyonnaise du Club Alpin français (7 février). 

1882. Membre titulaire de la Société d'Anthropologie de Lyon (25 juillet). 

1883. Membre correspondant de la « Berliner Gesellschaft fur Anthropologie, Ethnologie und 

Urgeschichte » (16 juin). 
1883. Membre ordinaire de la Société des Naturalistes de Moscou (20 octobre). 
1883. Membre associé de la Société de Biologie (1 er décembre). 
1883. Membre de la Société de Médecine de Lyon (31 décembre). 

1883. Membre correspondant de la « R. Accademia Valdarnese del Poggio ». 

1884. Membre correspondant de la « Senkenbergische naturforschende Gesellschaft » de 

Francfort-sur-le-Mein (25 février). 

1885. Président de la Société d'Anthropologie de Lyon (4 décembre 1884). 

1889. Membre du Comité d'organisation des Congrès réunis à l'occasion de l'Exposition 

universelle de Paris (29 septembre). 
1894. Membre correspondant de l'Institut égyptien (13 avril). 
1894. Membre honoraire de la Société des Sciences naturelles de l'Ouest de la France à Nantes 

(décembre). 
1896. Membre d'honneur de la Société des Sciences naturelles de Tarare (2 février). 
1899. Correspondant de l'Institut (Académie des Sciences, section d'anatomie et zoologie) 

(27 février). 



28 LA VIE ET LES TRAVAUX 

1900. Correspondant national de l'Académie de Médecine, première section (10 juillet). 

1901. Président d'honneur du premier Congrès égyptien de Médecine tenu au Caire 

(16 novembre). 

1902. Membre correspondant de la Société impériale de Médecine de Constantinople (27 juin). 

1902. Membre honoraire de l'Institut égyptien (7 février). 

1903. Membre honoraire de la Société médicale d'Alexandrie (Egypte) (2 mars). 

1904. Président actif de l'Association des Anciens Internes des Hôpitaux de Lyon (octobre). 



MISSIONS SCIENTIFIQUES 

17 septembre 1873 : mission en Grèce, en Syrie et dans les îles de l'Archipel, en vue de la 
recherche des fossiles tertiaires de ces régions, notamment de la station de Pikermi, 
près Athènes, et de l'étude des animaux marins de la Méditerranée. 

15 février 1875: mission en vue de recherches sur la génération et reproduction des éponges 
fibreuses du golfe d'Egine et de la rade de Smyrne. 

30 mars 1880 : mission en Syrie à l'effet d'étudier la faune du pays et de pratiquer des fouilles 
dans une ancienne nécropole phénicienne. 

1 9 juillet 1897 : mission pour des recherches pathologiques et zoologiques sur le Bilharzia 
hœmatobia et sur la Bilharziose. 

Années 1900 et suivantes : Mission en Egypte pour l'étude de la faune ancienne de ce pays, 
continuée par de nombreux arrêtés ministériels : 20 décembre 1901, 20 octobre 1902, 
avril 1903, 19 octobre 1903, 19 juillet 1904, 26 décembre 1905, 16 juillet 1906, 
années 1908-1909. 



COMMISSIONS OFFICIELLES ET DÉLÉGATIONS 

Membre du Conseil d'administration des Ecoles municipales de Lyon : arrêté du 17 avril 1871. 

Membre des Commissions scientifiques instituées pour donner un avis sur l'emplacement des 
cimetières de Lyon, sur leur agrandissement ou sur leur déplacement : arrêtés des 
des 29 août 1872, 1 er août 1873 et 18 juillet 1879. 

Membre de la Commission chargée de préparer la création à Lyon d'un Institut pour l'avance- 
ment des sciences biologiques : arrêté du 15 octobre 1872. 

Membre delà Commission d'hygiène de l'Académie de Lyon : arrêté du 2 mai 1882. 

Membre de la Commission consultative chargée de l'étude des questions d'hygiène et de salu- 
brité intéressant la ville de Lyon : arrêté du 20 juin 1889. 

Membre du Conseil d'hygiène publique et de salubrité de l'arrondissement de Lyon (en rempla- 
cement de M. le D r Rollet) : arrêté du 29 septembre 1894. 



DE LOUIS-CHARLES LORTET 29 

Membre de la Commission de contrôle du service de la vaccination obligatoire : arrêté du 

18 décembre 1908. 
Délégué du Ministre de l'Instruction publique à l'inauguration du buste de Clot-Bey dans l'Ecole 

de Médecine du Caire, 1894. 
Délégué du ministre de l'Instruction publique et des Beaux-Arts au premier Congrès médical 

réuni au Caire du 19 au 23 décembre : arrêté du 4 octobre 1902. 



30 



LA VIE ET LES TRAVAUX 



BIOGRAPHIE DE LOUIS LORTET 



PRINCIPALES NOTICES CLASSÉES PAR ORDRE CHRONOLOGIQUE 



M. Joubin, recteur de Y Université de Lyon. — Discours prononcé aux funérailles de M. L. Lortet 
le 28 décembre 1909 (Bulletin de la Société des Amis de V Université de Lyon, 
p. 96, mars 1910). 

M. Guiart, professeur à la Faculté de Médecine de Lyon. — Discours prononcé aux funérailles 
de M. L. Lortet le 28 décembre 1909 (Bulletin de la Société des Amis de V Uni- 
versité de Lyon, p. 98, mars 1910). 

M. Caillemer, président de l'Académie des Sciences, Belles-Lettres et Arts de Lyon. — 
Discours prononcé aux funérailles de M. L. Lortet le 28 décembre 1909 (Bulletin 
de la Société des Amis de P Université de Lyon, p. 104, 1910). 

M. Lagassagne, professeur à la Faculté de Médecine de Lyon, membre du Conseil départe- 
mental d'hygiène. — Discours prononcé aux funérailles de M. L. Lortet le 
28 décembre 1909 (Bulletin de la Société des Amis de VUniversitè de Lyon, p. 107, 
1910). 

M. Gaillard, conservateur du Muséum d'histoire naturelle. — Discours prononcé aux 
funérailles de M. L. Lortet le 28 décembre 1909 (Bulletin de la Société des Amis 
de P Université de Lyon, p. 107, 1910). 

M. Leglerg, président de la Société Nationale de Médecine de Lyon. — Notice sur M. Louis 
Lortet (Lyon Médical, n° 3, janvier 1910). 

M. Chervin (D r A.). — Notice sur Louis Lortet (PHomme préhistorique, p. 59, février, 
Paris, 1910). 

M. A. Benoist, conseiller à la Cour d'appel de Lyon, membre du Club Alpin français. — 
Louis-Charles Lortet, fondateur et président d'honneur de la Section lyonnaise du 
Club Alpin français (Revue Alpine, section lyonnaise du Club Alpin français, p. 44, 
février, Lyon, 1910). 

M. Jarricot (D r J.). — Louis Lortet et les études égyptologiques (conlérence faite à la Société 
des Sciences naturelles de Tarare, mai 1910). 



DE LOUIS-CHARLES LORTET 31 

M. A. Magnin, doyen de la Faculté des Sciences de Besançon. — Notice sur Louis- 
Charles Lortet (Prodrome des Botanistes lyonnais, additions et corrections, 
2 e série, p. 36 ; extrait des Annales de la Société Botanique de Lyon, t. XXXV, 
1911). 
M. A. Magnin a, en outre, publié divers renseignements, à propos des travaux de botanique 
de Louis Lortet, dans : 
1° Rapport sur la visite faite par la Société Botanique de France au Muséum 

d'Histoire naturelle de Lyon (Bulletin de la Société Botanique de France, 

1876, t. XXIII, session de Lyon, p. 82); 
2° Rapport sur les collections botaniques publiques et privées de Lyon (Bulletin 

de la Société Botanique de France, 1876, t. XXIII, p. 187) ; 
3° Société Botanique de Lyon, séance du 23 janvier 1894, p. 14, 42 et 79 ; 
4° Prodrome d'une Histoire des Botanistes lyonnais, Lyon, 1906, p. 74, 79, 

83 et 134 ; 
5° Additions au Prodrome, 2 e série, p. 21 et 22, Lyon, 1911. 



LES RHINOCÉRIDÉS 



DE 



L'OLIGOCÈNE D'EUROPE 



M. F. ROMAN 

Chargé d'un cours complémentaire de Géologie à l'Université de Lyon, 



LES 



RHINOCÉRIDÉS DE L'OLIGOCÈNE 



D'EUROPE 



INTRODUCTION 



Lorsqu'on examine de près les nombreux débris de Rhinocéridés recueillis un peu partout 
dans les assises diverses de l'Oligocène, on ne peut manquer d'être frappé de la difficulté que 
l'on éprouve à identifier les espèces de deux bassins différents. Cela tient à plusieurs causes : 
la première, et la plus importante de toutes, provient de l'état souvent défectueux de conser- 
vation de la plupart des spécimens qui ne sont le plus ordinairement représentés que par des 
dents isolées, et par la fréquence relative des dentitions inférieures par rapport aux séries 
dentaires supérieures. Bien rares sont, je ne dirai pas les individus entiers, mais les crânes 
intacts permettant d'étudier complètement une espèce. 

A cette difficulté, qui est, d'ailleurs, commune à toutes les observations paléontologiques, 
s'en joint une autre, provenant de ce que les paléontologistes, se basant trop souvent sur des 
descriptions anciennes, non accompagnées de figures, ont bien souvent rapproché des espèces 
qui n'avaient de commun que la taille. 

De là résultent de nombreuses confusions que plusieurs savants ont déjà tenté de résoudre. 
Je citerai à ce propos la plus importante de ces tentatives : Phylogeny of the Rhinoceroses 
of Europe, publiée il y a peu d'années par M. Osborn, travail magistral, qui indique la 
marche à suivre dans toutes ces recherches. 

Les déductions de M. Osborn, qui satisfont pleinement l'esprit pour tout le Miocène et le 
Pliocène, laissent cependant place à de nouvelles considérations, dans ce qui a trait à 
l'Oligocène. 

Le cadre du présent mémoire qui, à l'origine, ne devait comporter que la description de 
quelques pièces nouvelles, recueillies principalement dans l'étage Stampien du Midi de la 
France, s'est bientôt étendu par l'examen des nombreux matériaux de comparaison que j'ai pu 
étudier dans divers Musées, et dont la plupart m'ont été libéralement communiqués. 

Argh. Mus. — t. XL 1 



2 INTRODUCTION 

Le travail qui va suivre est donc devenu une Monographie des Rhinocèridès de 
V Oligocène de France et de quelques régions voisines. 

J'ai pensé qu'il était intéressant de fixer le plus grand nombre possible de formes, en 
étudiant, et surtout en figurant, beaucoup de spécimens de provenance bien authentique et 
de diverses régions. 

A mon grand regret, j'ai été obligé de créer quelques noms nouveaux, pour faire cesser 
de nombreuses confusions, dues à la disparition de quelques-uns des types originaux, princi- 
palement de ceux de Pomel. L'avenir nous réserve peut-être la surprise de la découverte de 
ces types dans quelque collection ignorée ! 

Dans le cours de cette étude, j'ai rencontré partout la même obligeance, et les facilités les 
plus grandes m'ont été données pour examiner les pièces dont j'avais besoin ; la plupart 
m'ont été communiquées et j'ai pu les conserver pendant longtemps. 

Je suis donc heureux de pouvoir remercier ici tous ceux qui ont facilité mon travail. 

Je dois citer, en première ligne, M. Stehlin, de Bàle, qui n'a pas craint de me confier 
les matériaux de tout premier ordre dont il disposait au Musée de Bàle, et dont la plupart 
proviennent des gisements du Sud-Ouest de la France, si riches en restes de mammifères. 

M. Haug, professeur à la Sorbonne, m'a communiqué quelques types du bassin de Paris; 
M. Lugeon, professeur à l'Université de Lausanne, m'a envoyé tous les matériaux de la 
collection paléontologique de cette ville. 

M. Schlosser m'a envoyé des moulages de pièces importantes conservées au Musée de 
Munich et a bien voulu, dans cette ville, me faciliter l'accès des belles collections dont il a la 
garde . 

Je dois aussi de nombreuses pièces : à MM. Brun et Doumergue, conservateurs du Musée 
de Montauban; à M. Dreyfus, conservateur du Musée du Puy; à M. Bertrand, conservateur 
du Musée de Moulins. 

A Lyon, M. Gaillard a bien voulu faciliter mon travail en me communiquant, pour les 
étudier, beaucoup d'échantillons du Muséum d'Histoire naturelle. 

Enfin, à ces sources diverses, je dois ajouter les précieux matériaux du Laboratoire de 
géologie de l'Université de Lyon où se trouvent réunis des spécimens de la plupart des Rhi- 
nocèridès tertiaires. 

C'est à tous ces collaborateurs que je tiens à adresser mes plus sincères remerciements. 

Ce travail a été préparé au Laboratoire de géologie de l'Université de Lyon, où j'ai 
toujours continué à trouver les plus chauds encouragements de la part de mon maître, 
M. le professeur Depéret, à qui je désire une fois de plus témoigner ma reconnaissance. 

Lyon, 15 Décembre 1910. 



CHAPITRE PREMIER 



ÉNUMÉRATION DES ESPÈCES DE RHINOCERIDES 

DÉCRITS DANS L'OLIGOCÈNE D'EUROPE 



Avant d'entreprendre la revision des différentes espèces de cette famille, il me semble 
utile de résumer , en quelques lignes, l'état actuel de la question. 

C'est dans le travail magistral de M. Osborn que l'on trouve les documents les plus 
complets qui aient été donnés jusqu'à ce jour sur l'histoire et la filiation des Rhinocèridês 
d'Europe 1 . 

D'après ce savant, plusieurs groupes phylétiques très distincts évolueraient parallèlement 
dès le début de l'étage Oligocène. 

Le premier groupe, dont la place systématique reste encore un peu incertaine par le 
manque de documents assez complets, possède des caractères archaïques non douteux; il est 
désigné dans le mémoire de M. Osborn sous le nom de Ronzotherium, créé par Aymard 
en 1854 2 . 

Ce genre est connu en France par deux espèces, représentées toutes deux par leur dentition 
inférieure, l'une d'elles est pourvue d'une canine;à peine trigone et insérée presque verti- 
calement sur la mandibule, comme le serait une canine de Palœotherium, par exemple. 

La position verticale de la canine suggère à M. Osborn l'hypothèse d'une canine 
supérieure correspondante, comme dans les Amynodontidès ou dans le Leptacerotherium 

1 Osborn, Phylogeny of the Rhinocerose of Europe (Bull. Amer. Muséum of Natur. Hist., vol. XIII, 1900). 

En citant ainsi en première ligne l'ouvrage fondamental de M. Osborn, je n'ai garde d'oublier le travail un 
peu antérieur, si documenté, de M me Pawlow, les Rhinocèridês de Russie (Bull. Soc. Imp. Nat. Moscou, 1892) 
que j'aurai l'occasion de citera diverses reprises ; mais l'ouvrage du Paléontologiste américain me semble donner 
un résumé plus clair et plus précis de l'état actuel de la question. 

a Le nom de Ronzotherimn se trouve cité pour la première fois, sans définition, dans une note d' Aymard à 
l'Académie des Sciences (C. R. t. XXXVIII, p. 673.) 



4 LES RHINOGERIDES DE L'OLIGOCENE D'EUROPE 

trigonodum Osborn. Il y a donc là un caractère générique important qui n'avait pu être vérifié 
jusqu'à ce jour, faute de documents. 

Nous verrons plus loin que l'hypothèse de M. Osborn se trouve réalisée dans une des 
pièces des Phosphorites décrites dans le présent travail. 

Les deux espèces, citées par M. Osborn, appartiennent à la partie inférieure de l'Oligo- 
cène : Ronzotherium Gaudryi Rames provient des argiles du Cantal et Ronzotherium 
velaunum, type du genre, des argiles de Ronzon, près le Puy. 

Le paléontologiste américain a encore rattaché au genre Ronzotherium, sans les désigner 
spécifiquement, quelques dents isolées des lignites de Cadibonne, décrites primitivement par 
Gastaldi, sous le nom inexact de Rhinocerios minutus, et désignées depuis par Rogers sous 
la désignation spécifique nouvelle iï Acerotherium cadibonnense. 

M. Osborn figure, en outre, sous ce même nom générique, quelques dents supérieures des 
Phosphorites, sans les désigner spécifiquement. 

En Allemagne, M. Schlosser a décrit, sous le nom de Ronzotherium cf. velaunum 
et Ronzotherium Osborni, des dents isolées provenant du Bohnerz de Souabe 1 . Ce dernier 
nom est, d'ailleurs, établi pour désigner la petite espèce de Rhinocéridé des Phosphorites, mis 
en évidence par M. Osborn. 

Si la première de ces localités appartient à un niveau stratigraphiquement bien certain, il 
n'en est pas de même des stations allemandes, qui, de même que les Phosphorites du Quercy, 
renferment associée la faune de plusieurs étages, et, par conséquent, ne peuvent donner au 
point de vue stratigraphique aucun renseignement sérieux. 

Enfin, plus récemment (1903), M. Deninger a décrit et figuré des sables à Natica 
crassatina de Veinheim, près Alzey, une nouvelle forme qu'il désigne sous le nom de 
Ronzotherium Reichenaui. 

Le deuxième rameau, institué par M. Osborn, correspond au genre Diceratherium, 
caractérisé par ses deux cornes, placées symétriquement sur les os nasaux et par ses canines 
inférieures insérées presque horizontalement dans la mandibule ; il comprend dans l'Oligocène 
et la base du Miocène des formes de petite taille. 

Deux espèces seulement sont admises par M. Osborn : 

1° Diceratherium minutum Cuvier, de l'Aquitanien de Moissac, auquel il adjoint comme 
synonymes le Rhinocéros pleuroceros Duvernoy et le Rhinocéros Croizeti Pomel, toutes 
deux des calcaires de Gannat. 

2° Diceratherium Douvillei Osb., nouvelle espèce du Miocène inférieur (sables de 
l'Orléanais). 

Suivant M. Schlosser, il conviendrait d'adjoindre à ce genre une très petite forme du 
Bonherz de Pappenheim, qu'il décrit sous le nom de Diceratherium Zitteli 2 . Cette espèce, de 
beaucoup plus petite taille, doit certainement être assez ancienne. Enfin, dans l'étage 
Aquitanien, il faut ajouter h la nomenclature précédente le Diceratherium asphaltense, décrit 
par MM. Depéret et Douxami. 



1 Schlosser, Beitrage zur Kenntniss der Saugethierreste aus des Siïddeutschen Bohnerzen (Geol. u. Pal 
Abh. v. Koken, NeUe Folge, Bd. V, Jena, 1902, p., 111, PL V, fig. 3.) 
1 Id., p.110, pi. V, fig. 21. 



ENUMERATION DES ESPECES DE RHINOGÉRIDÉS 5 

Le troisième rameau de M. Osborn comprend les espèces du genre Agerotherium 
(Aceratherium Cope), dont le crâne est ordinairement dépourvu, de corne frontale, et dont 
les dents inférieures sont le plus souvent pourvues d'un bourrelet basilaire bien développé. 

Ce genre débute dans le Stampien avec VAc. Filholi Osb. ? des Phosphorites du Quercy, 
et continue dans l'Aquitanien (ou Stampien supérieur) de G-annat, par VAc. lemanense 
(— gannatensej. 



TABLEAU DES RHINOCÉRIDÉS DE L'OLIGOCÈNE D'EUROPE 

(Types décrits et figurés jusqu'à ce jour.) 



1821 


Rhinocéros minutus Cuvier. 


Moissac 
(Tam-et-Garonne) 


Stampien supér r ou 
base de l'Aquitanien 


P 4 , M 1 et M 2 supérieures 


Muséum de Paris. 


1853 


« lemanense Pomel. 


Gannat (Allier) 


Stampien supér r ou 
base de l'Aquitanien 






1853 


Rhinocéros Croizeti Pomel 


Gannat (Allier) 


Stampien supér r ou 
base de l'Aquitanien 




Type disparu 


1853 


Rhinocéros pleur ocer os 


Gannat (Allier) 


Stampien super 1 * ou 


Crâne d'un individu très 


Muséum de Paris. 




Duvernoy . 




base de l'Aquitanien 


âgé 




1853 


Rh. gannatense Duvernoy . . 


Gannat (Allier) 


Stampien supér r ou 
base de l'Aquitanien 


Crâne 


Muséum de Paris. 


1854 


Ronzotherium velaunum 


Calcaires de Ronzon 


Sannoisien 


Mandibule portant 3 M 


Musée du Puy. 




Aymard . 


près le Puy (Hte-L.) 




et 3 P 




1878 


Rh. randannense Gaudry . . 


Randan près Vichy 
(Allier) 


Niveau de Gannat 
(Douteux) 


Mandibule 


Muséum de Paris. 


1885 


Acerotherium Gaudryi 


Argiles de Brons 


Oligocène inférieur 


Mandibule, C, P«, P 3 , 


Muséum de Paris. 




Rames. 


(Cantal) 


(Sannoisien ?) 


M 2 , M 3 




1900 


Acerotherium Filholi 


Quercy, Phosphorites 


Oligocène 


Maxil. sup. g., P 2 à M 3 . 


Muséum de Paris. 




Osborn. 




(Prob 1 Stampien) 


Mandibule PS-M 1 




1902 


Diceratherium asphaltense 


Pyrimont pr. Seyssel 


Aquitanien 


Crâne et squelette com- 


Université de Lyon. 




Déperet et Douxami. 


(Ain) 


Oligocène 


plets 




1902 


Ronzotherium Osborni 


Phosphorites Quercy 


(Stampien ?) 


P*, P 4 , Mi sup. 


Muséum de Paris. 




Schlosser. 






M 1 , M 2 sup. 


Musée de Munich. 


1898 


Acerotherium Cadibonnense 


Nuceto pr. Cadihonne 


Base de l'Aquitanien 


P 3 , P* sup., M 1 sup., P*, 






Roger. 


(Piémont) 




P 2 , P 3 inf., mand.avec 






(Rhinocéros minutus 






M 3 ,-M 2 






Gastaldi non Cuvier). 






P'-P 3 sup. incompl. 




1902 


Diceratherium Zitteli 

Schlosser . 


Bonherz de Pappen- 
heim (Souahe) 


Oligocène 


M. sup. 


Musée de Munich. 


1903 


Ronzotherium Reichenani 


Sables d'Alzey près 


Stampien 


Maxillaire M 2 -P 2 sup. et 


Musée de Mayence. 




Deninger 


Veioheim 
(Bassin de Mayence) 




Mandib. M 3 -Mi 





Dans le Miocène le genre est représenté par V Acerotherium platyodon Mermier, du 
Burdigalien et par les Acerotherium tetradactylum, et incisivum Kaup, du Vindobonien. 

Les autres rameaux, distingués par M. Osborn, se rapportent au vrai Rhinocéros 
pourvu d'une ou de plusieurs cornes nasales et apparaissent plus tard en Europe. Ils appar- 
tiennent surtout au Miocène et au Pliocène. 

Parmi ceux-ci le groupe le plus ancien est celui des Cerathorinus dont les premiers 
représentants apparaissent dans le Burdigalien inférieur Ceratorhinus tagicus Roman du 
Portugal, et Ceratorhinus mut. ligericus Mayet, de la partie inférieure des sables de 



6 LES RHINOCERIDES DE L'OLIGOCENE D'EUROPE 

l'Orléanais. Ces espèces nous conduisent au Ceratorhinus sansaniensis Lartet, qui occupe 
un niveau un peu plus élevé. 

Tel est l'ensemble des formes décrites jusqu'à ce jour dans l'Oligocène d'Europe, mais la 
position générique des espèces citées a été un peu modifiée dans les travaux postérieurs à celui 
de M. Osborn. 

C'est ainsi que M. Depéret n'admet pas la synonymie du Rhinocéros minutus tel que 
l'avaient établi le paléontologiste américain et, avant lui, Lydekker 1 . Il restreint cette 
espèce à la pièce de Cuvier et à une molaire de Weinheim décrite par Kaup 2 . De cette façon, le 
Rhinocéros minutus rentrerait dans le genre Acerotherium, tandis que le Rhinocéros 
yleur ocer os continuerait à être classé parmi les Diceratherium. 

La plupart de ces espèces sont décrites d'après des documents insuffisants et les rappro- 
chements les plus inattendus ont été proposés ; il est donc nécessaire de discuter chacune des 
espèces signalées et de rechercher autant que possible les types mêmes décrits par les auteurs. 
Malheureusement plusieurs d'entre eux ont complètement disparu : c'est le cas en particulier 
pour les espèces de Pomel (par exemple, Rhinocéros Croizeti). 

Il ne me paraît donc pas superflu de donner ici la liste de toutes les espèces décrites dans 
l'Oligocène, avec l'indication des pièces correspondant à chaque type, en plaçant en regard les 
musées dans lesquels ces pièces sont conservées (voir p. 5). 

Dans le tableau précédent, j'ai négligé, à dessein, un certain nombre de dénominations 
qui ont été proposées, en particulier par Pomel, mais dont les descriptions, non accompagnées 
de figures, doivent, suivant les règles de la nomenclature, disparaître de la Paléontologie. 

Une seule exception a été faite pour le Rhinocéros CroizetiVomû, dont le nom a été si 
souvent employé pour de petites formes de l'Oligocène que l'on ne pouvait le passer sous 
silence. Malgré les recherches que j'ai faites à ce sujet, il m'a été impossible de savoir dans 
quelle collection publique, ou privée, se trouvait actuellement le type que Pomel a décrit en 
trois lignes. J'indiquerai plus loin les raisons qui m'ont engagé à abandonner ce nom tant 
qu ? on ne connaîtra pas le type de Pomel ; je me suis de même abstenu de citer cette espèce en 
synonymie pour éviter de compliquer encore la nomenclature déjà si embrouillée des 
Rhinocéridés oligocènes. 

1 Lydekker, Catal. of the fossil Mammalia in the Brit. Muséum of Nat. Hist., London, part. III, p. 139. 

2 Kaup, Recherches sur les ossements fossiles de Darmstade, pi. XII, fig. 11. 



CHAPITRE II 



DESCRIPTION DES ESPÈCES 



Genre EGGYSODON j nov. gen. 

(== Agerathekium Filhol, non Kaup, pars, = Ronzotherium, Osborn, non Aymard, maoo. paré.) 
Type du gejnre : ROx^ZOTHERIUM OSBORNI Schlosser 2 . 

La nouvelle coupure générique que je propose ici, comprend des Rhinocèridês de petite 
taille dont la dentition supérieure est composée de trois arrière-molaires, de quatre pré- 
molaires, d'une canine et d'incisives en nombre inconnu, disposées en série continue. 

Les molaires, de forme analogue à celle des Rhinocéros, ont une muraille externe et 
deux collines trans verses obliques à vallée médiane assez largement ouverte, sans crochet 
postérieur et seulement un crochet antérieur sur M 1 ; M 3 triangulaire. 

Les prémolaires, très hétérodontes, sont pourvues d'un très fort bourrelet interne. Le 
lobe antérieur plus développé que le postérieur est relié à celui-ci du côté interne et ferme 
ainsi complètement la vallée médiane ; P 3 très réduite. 

La canine, connue seulement par sa racine, n'est séparée par aucun intervalle de la pre- 
mière prémolaire. Elle devait être triangulaire et insérée peu obliquement dans le maxillaire. 

La dentition inférieure est incomplètement connue : les molaires sont à deux croissants 
dont le postérieur était peu arqué, comme celles des Rhinocéros; pas de bourrelet basilaire 
aux arrière-molaires. 

Les canines et incisives inférieures sont inconnues. Il est néanmoins probable, si l'on 
rattache, comme je l'ai fait, V Acerotherium Gaudryi Rames à ce genre, que la canine devait 
être implantée presque verticalement sur la mandibule à la façon de celle d'un Palseotherium. 

Le genre Eggysodon comprend la majeure partie des espèces attribuées par M. Osborn, 
puis par M. Schlosser, au genre Ronzotherium. 

Ce dernier genre, créé par Aymard pour V Acerotherium velaunum, a été repris par 
M. Osborn, qui a voulu suppléer au manque de définition du paléontologiste du Puy. 

1 De syyuç, près, à côté (canine rapprochée des prémolaires, sans diastème). 

2 Voir pour la synonymie de cette espèce, p. 10. 



8 LES RHINOCÉRIDÉS DE L'OLIGOCENE D'EUROPE 

M. Schlosser a adopté la manière de voir de M. Osborn et attribué ce nom à plusieurs 
formes. Il en résulte qu'actuellement cinq espèces sont placées dans le genre Ronzotherium. 
Deux formes sont représentées par leur mandibule : 

1° Ronzotherium velaunum Aymard. 

2° Roitzotherium Gaudryi~Rs.mes. 

3° Une autre, Ronzotherium Reichenaui Deninger, a été décrite d'après une 

dentition supérieure et inférieure à peu près complète. 
4° Les deux dernières , Ronzotherium cadibonnense Rogers, des lignites de 

Cadibonne, et 
5° Ronzotherium Osborni Schlosser, des Phosphorites et du Bonnerz de Souabe 

sont connues seulement par des dents isolées. 

Dans un récent voyage en Autriche, j'ai eu en outre l'occasion d'observer dans les 
collection du Musée de Gratz une dentition supérieure d'un petit Rhinoceridé aquitanien, 
qui sera décrit prochainement sous le nom de Ronzotherium Mossnii. Ce serait donc une 
espèce de plus à ajouter à ce genre, mais il faut attendre la publication de cette intéressante 
pièce pour se prononcer au sujet de sa position générique. 

D'après cette énumération, on voit combien il est difficile de se faire une idée exacte du 
genre Ronzotherium. 

Zittel 1 admet toutefois, bien qu'avec un point de doute, le nom donné par Aymard, 
synonyme pour lui cFAceratherium Filhol. M. Osborn, puis M. Schlosser conservent ce 
nom. Le paléontologiste américain en donne la première diagnose un peu complète. D'après 
cet auteur, la dentition est caractérisée principalement par la forme très hètèrodonte des 
prémolaires supérieures, à large bourrelet interne, et par ses canines inférieures droites 
comme celles des Palœotherium. 

Ces caractères ne peuvent malheureusement pas s'appliquer au Rhinocéros de Ronzon qui 
possède, comme on le verra plus loin, de grandes canines en forme de poignard très analogues 
à celles des Acerotherium du groupe Filholi, dont il est probablement l'ancêtre direct. 

Bien que l'on ne connaisse pas la dentition supérieure de V Acerotherium velaunum, 
il est infiniment probable qu'elle doit se rapprocher davantage de celle des Acerotherium 
Filholi et lemanense, plutôt que de celle de la petite forme de M. Osborn et de la forme 
de Rames (A. Gaudryi). 

Le nom de Ronzotherium me semble donc mal choisi pour grouper des formes aussi 
différentes, et je pense qu'il est préférable d'abandonner complètement le nom d' Aymard, 
qui prête à confusion, et de faire rentrer, comme l'avait déjà fait Filhol, le Rhinocéros de 
Ronzon dans le genre Acerotherium. 

Il reste ainsi un certain nombre d'espèces oligocènes, caractérisées par leur petite taille, 
leur dentition hétérodonte et leur canine inférieure dressée, que je propose de réunir sous le 
nom nouveau de Eggysodon qui fait allusion au rapprochement des canines supérieures du 
reste de la mâchoire, sans laisser de barre comme chez les autres genres de Rhinocèridès. 



1 Zittel, Traité de Paléontologie, trad. Barrois, IV, p. 289. 



DESCRIPTION DES ESPECES 



9 



J'admettrai donc dans ce genre les formes suivantes 

Eggysodon Osborni Schl 

— Gaudryi Rames . 

— Reichenaui Deninger . 

— Cadibonnense Roger . 
Pomeli nov. sp. . 



Phosphorites. 

Argiles de Brons (Cantal). 

Sables d'Alzey [ (Bassin de Mayence) 

Lignites de Cadibonne (Italie). 

Calcaires de Gannat (Allier). 




Fig. i. — Séries dentaires supérieures des principales espeges d'Eggysodon. (Grandeur r aturelle.) 

1. Eggysodon Osborni Schlosser, série reconstituée à l'aide des pièces des musées de Montauban et de Bàle. 

2. Eggysodon (Ronzotherium) Reichenaui Deninger, d'après la figure originale retournée. 

3. Eggysodon Pomeli nov. sp., exemplaire du Muséum de Lyon. 

Toutes ces espèces sont stampiennes et nous n'en connaissons pas d'un niveau plus ancien ; 
il est probable que le genre Eggysodon a fait son apparition en Europe avec les migrations 
Oligocènes qui ont amené les Agerotherium et les Gadurgotherium. 

Par sa dentition continue, ses canines supérieures, triangulaires, ce genre rappelle les 
Amynodon de l'Eocène américain. Ce caractère les différencie au premier coup d'oeil des 
Agerotherium dont la dentition est toujours discontinue. Les canines inférieures droites sont 



1 On verra plus loin que cette espèce n'est maintenue que provisoirement; il est probable qu'elle est synonyme- 
de Eg. Osborni. 

Arch. Mus. — t. XI 2 



10 LES RHINOCÉR1DÉS DE L'OLIGOCÈNE D'EUROPE 

aussi fort différentes des canines des Agerotherium et des Rhinocéros (Sénsii stricto). 
Toutefois la forme des molaires ressemble beaucoup à celle de ces deux genres. 

En résumé je crois qu'il faut considérer ce nouveau genre comme faisant partie de la 
famille des Rhinocèridès dans laquelle il représente un stade d'évolution assez primitif 
rappelant les Amynodon éocènes. 



EGGYSODON OSBORNI Sciilosser 

(PL I, fig. 1, la, 2, 3, 4, 5, 5a, 6.) 

1884. Aceratherium minus Guv., in Filhol, Description de quelques mammifères fossiles des Phosphorites du 

Quercy (Mém. Acad. Toulouse \ p. 26, PI. VIII, fig. 1-4). 
1886. Rhinocéros Croizeti Filhol, in Lydekker (non Filhol). Lydekker, Catalogue of fossil Mammalia, HT, 

p. 142, fig. 17. 
1892. Aceratherium occidentale Leidy, in M. Pawlow, Rhinoceridx de Russie, etc. PJ. V, fig. 1, 2, 6, p. 193. 
1892. Amynodon Croizeti Pomel, in M. Pawlow, id., PI. Y, fig. 5, p. 194. 
1900. Ronzotherium, non spécifié, des Phosphorites in : Osborn Phyllogeny of the rhinoceroses of Europe, 

fig. 4 b et c. 
1902. Ronzotherium Osborni Schlosser, Beitr. Suddeutsch. Bohnerzen, p. 111, PJ. V, fig. 3. 

Synonymie. — Divers paléontologistes se sont occupés des petits Rhinocèridès que l'on 
rencontre parfois dans les dépôts de phosphates de chaux du Quercy, mais ils ont souvent été 
arrêtés dans leurs recherches par l'insuffisance des matériaux dont ils disposaient. 

C'est à Filhol que l'on doit la figuration des pièces les plus importantes : 

a) Une mandibule jeune, à peu près complète, dans laquelle les dents de remplacement 
soigneusement préparées se voient dans l'intérieur de la mandibule. 

b) La planche de Filhol représente aussi quelques dents supérieures de la même espèce. 
Cette dentition est désignée sous le nom, certainement inexact, de Acerotherium 

minus Cuvier. Cette dernière espèce, comme nous le verrons plus loin, est de plus grande 
taille, plus évoluée, et occupe au point de vue statigraphique un niveau élevé de l'Oligocène. 
M. Osborn donne de cette même forme des Phosphorites une figure au trait (réduite 3/8) 
de cinq molaires et prémolaires supérieures conservées dans les Musées de Paris et de Munich. 

Il ne la désigne pas formellement sous un nom spécifique, mais il la rapproche des 
formes américaines primitives (Cœnopus Copei) et des espèces décrites en France sous les 
noms de Ronzotherium Gaudryi et velaunum. Il s'agit, selon le savant paléontologue, d'un 
type de Rhinocéridé tout à fait primitif dont l'apparition doit remonter à la partie la plus 
inférieure de l'étage Oligocène. 

Enfin M. Schlosser, à propos dune dent supérieure du Ronherz, très voisine de celles 
des Phosphorites, crée le nom de Ronzotherium Osborni, en indiquant très nettement dans 
son texte qu'il en a vue les formes des Phosphorites figurées au trait par M. Osborn. 

Nous adopterons ici le nom spécifique donné par M. Schlosser, tout en remarquant l'étroite 

1 Je copie ici scrupuleusement l'indication donnée par Filhol dans son texte. Il y a en effet, dans ce travail, 
plusieurs inexactitudes matérielles et contradictions à relever, outre que le nom donné par Cuvier est minutus 
et non minus, l'explication de la planche VIII porte, pour les mêmes figures, le nom de Aceratherium Croizeti! 



DESCRIPTION DES ESPECES 11 

parenté des spécimens des Phosphorites avec la forme du bassin de Mayence décrite par 
M. Deninger sous le nom de Ronzotherium Reichenaai. 

Enfin, il me paraît nécessaire de joindre à cette synonymie déjà longue, les noms d'Acero- 
therium occidentale et d? Amynodon Croizeti, qui ont été donnés par M me Pawlow à des dents 
isolées des Phosphorites (molaires et prémolaires supérieures), conservées dans les collections 
de l'École des Mines à Paris, et figurées par elle dans son travail sur les Rhinocéridés. 

Il en est de même pour les prémolaires supérieures et la prémolaire inférieure de la Ferté 
Alais figurées dans le même travail sous le nom d'Aceratherium, cf. occidentale. Nous 
reviendrons plus loin sur cette dernière pièce découverte par Munier-Chalmas et que M. Haug 
a bien voulu me communiquer. 

Il me semble hors de doute que toutes ces pièces, qui, comme le fait judicieusement 
remarquer M me Pawlow, appartiennent à une forme très primitive, voisine de V Acerotherium 
occidentale d'Amérique, doivent être assimilées à la petite espèce que nous étudions en ce 
moment. 

Tous les échantillons que nous venons de citer, à part ceux de Filhol, sont des dents 
isolées, et l'on ne connaissait encore aucune série dentaire supérieure, lorsque j'ai eu la bonne 
fortune de trouver dans les collections du Musée de Montauban, qui m'ont été libéralement 
ouvertes par MM. Doumergue et Brun, deux dentitions supérieures à peu près complètes 
se rapportant sans aucun doute à la forme qu'avaient en vue Filhol et M. Osborn. Une série 
de dents isolées, conservées au Musée de Baie, sont venues compléter ces données, grâce à 
l'obligeance de M. Stehlin. 



I. — DESCRIPTION DES PIEGES DU MUSÉE DE MONTAUBAN 

La première de ces pièces (pi. I, flg. 1, la) est une mâchoire supérieure gauche portant 
six molaires (P 3 manque) et la racine d'une canine. 

Dentition supérieure. — Arrière- molaires. — La troisième arrière-molaire était 
à peine sortie de son alvéole et par conséquent non usée. Sa forme est triangulaire comme 
celle de tous les Rhinocéros ; la vallée médiane n'offre aucun pli et n'est pas très large- 
ment ouverte. Il n'y a de bourrelet basilaire que sur le lobe antérieur. 

M 2 possède un lobe postérieur un peu plus court que l'antérieur ; la vallée médiane est 
bien ouverte et ne présente de crochet ni sur le lobe antérieur, ni sur le postérieur. Ce 
caractère est du reste bien indiqué dans la petite figure de M. Osborn qui représente une dent 
un peu plus usée que celle qui est décrite ici. La muraille externe est très oblique et le parastyle, 
bien développé, dépasse assez fortement la partie postérieure de M 1 . Il y a un bourrelet peu 
accusé à la base du lobe postérieur, tandis qu'il est plus apparent sur le lobe antérieur. 

M 1 diffère de la précédente par sa taille un peu moindre, sa forme plus quadrangulaire, 
la muraille externe un peu moins oblique et surtout par l'existence d'un crochet antérieur peu 
développé. Le bourrelet, comme à la dent précédente, n'est bien apparent qu'à la base du lobe 
antérieur, tandis qu'il est très réduit sur le lobe postérieur. Le parastyle est aussi un peu 
moins projeté en avant. 



12 



LES RHINOCERIDES DE L'OLIGOCENE D'EUROPE 



Prémolaires. — Les prémolaires, au nombre de trois (la pièce a été brisée en avant 
de P 4 et en arrière de P 2 ; P 3 manque par conséquent), sont très hétérodontes, et par suite, 
d'un type très primitif. 

P 4 et P 2 sont pourvues d'un très fort bourrelet basilaire interne, tandis que sur la face 
-externe on n'observe qu'un rudiment de bourrelet. 

Dans la pièce décrite, P 4 n'est pas entamée par la détrition; elle est arrondie sur sa face 
postérieure et coupée rectangulairement en avant. Le lobe antérieur, plus grand que le 
postérieur, forme une crête oblique légèrement convexe en avant. La crête du lobe postérieur 
est sinueuse et se relie par sa partie interne au lobe antérieur, fermant ainsi complètement la 
vallée médiane. La muraille externe porte deux côtes bien apparentes. 

Les deux lobes de P 2 sont confluents vers l'intérieur, et forment une muraille en croissant 
qui se relie de part et d'autre à la muraille externe, délimitant ainsi une fossette médiane 
ovalaire. La crête antérieure s'abaisse assez fortement au contact de la muraille externe. 

P 1 , très usée en dedans, est à peine plus courte que P 2 (longueur de la muraille externe 
18 millimètres au lieu de 21), mais elle est de près de moitié moins large. La forme générale 
de la couronne est triangulaire, et les deux lobes sont bien indiqués par une fossette médiane; 
le lobe antérieur, très réduit, est représenté par une petite crête courbe qui se relie vers le bord 
interne au lobe postérieur. Le bourrelet très développé sur la face externe de la dent, ne se 
montre sur la face interne que sur la partie antérieure. 

Canine. — Un espace très court (10 millimètres à peine), sépare la première prémolaire 
d'une canine, malheureusement brisée au niveau du collet. La racine de cette dent, seule visible, 
est implantée obliquement dans le maxillaire supérieur ; sa section, qui est aussi oblique par 
rapport à la dent, est subtriangulaire et tranchante à la partie interne. La canine de cette 
espèce, était donc, autant qu'on peut en juger par ce spécimen, le seul qui offre cette parti- 
cularité, forte et assez trapue, tranchante sur sa face interne. 

Le croquis ci-joint (flg. 2) montre les détails de cette 
canine supérieure, dont l'existence n'a encore jamais été 
signalée dans la famille des Rhinocéridés 1 , et qui ne peut 
se trouver que dans les types les plus primitifs du groupe. 
Ce détail d'organisation m'engage à placer cette 
forme des Phosphorites dans le même groupe générique 
que V Acerotherium Gaudryi des argiles de Brons qui 
possède une canine inférieure très spéciale rappelant celle 
des Palœotherium. 

On peut relever les dimensions suivantes sur la 
pièce qui vient d'être décrite : 




P 4 

Fig. 2. — Eggysodon Osborni Schl. 
Extrémité du maxillaire supérieur, 



MONTRANT LA SECTION DE LA CANINE. 

Musée de Montauban. 

Phosphorites. (Grandeur naturelle.) 



Espace occupé par les arrière-molaires . . 100 millim, 
— — prémolaires ... 86 — 



Dans cette dernière mesure, l'espace occupé par P 3 a été calculé d'après une dent 



1 Rappelons cependant que M. Osborn (PhyL of. Rhinoc. of Eur., p. 233), signale comme probable l'existence 
<le cette canine supérieure et semble en faire le caractère distinctif du genre Ronzotherium. 



DESCRIPTION DES ESPECES 13 

appartenant au Musée de Baie (pi. I, fig. 3), qui correspondait à un individu tout à fait 
identique par la taille et l'état de conservation à la pièce du Musée de Montauban. 

Je figure aussi (pi. I, fig. 2) une série dentaire supérieure un peu plus usée que la 
précédente, appartenant au Musée de Montauban, qui se rapporte à la même espèce. Dans 
cette pièce, P 1 et la muraille postérieure de P 3 manquent. La muraille externe de M 2 et de M 1 
est très oblique et le parastyle bien développé chevauche assez fortement d'une dent sur 
l'autre, La vallée médiane est bien ouverte, mais il existe à son entrée du côté interne un 
petit mamelon d'émail, reste du bourrelet basilaire, plus développé que dans la pièce 
précédente. La vallée des prémolaires est complètement fermée par la convergence des deux 
lobes et le bourrelet basilaire est bien développé. Ces deux dents sont tout à fait pareilles à 
la dimension près. 

Sur cette pièce, la série de M 2 à P 2 mesure 21 millimètres, sur laquelle les trois prémo- 
laires occupent 69 millimètres. Les dimensions sont tout à fait identiques à celles de la 
mâchoire décrite plus haut. 

Dentition inférieure. — Je n'ai pas pu me procurer de dentition inférieure bien 
complète de cette espèce des Phosphorites. Un seul fragment de mandibule portant les trois 
arrières-molaires, appartenant au Musée de Montauban, peut nous donner quelques 
renseignements. Ces dents appartiennent à un individu adulte et mesurent 86 millimètres de 
longueur. Dans ces trois molaires le lobe postérieur est bien moins arqué que le lobe antérieur. 
Il n'existe pas de bourrelet continu ni sur la face interne ni sur la face externe. 

Filhol figure de cette espèce un maxillaire inférieur, qui est malheureusement trop jeune 
(pi. VIII, fig. 3, 4), mais qui concorde absolument par ses dimensions avec celui de Montauban. 
Il constate des différences assez grandes avec l'espèce de Saint-Gérand-le-Puy, qu'il a désigné 
sous le nom à\Aceratherium Croizeti Pomel, mais il ne donne pas de renseignements précis 
sur la forme de ces dents. D'après la figure, les dents de lait portent un bourrelet externe 
continu et assez saillant qui paraît aussi exister sur les dents de remplacement encore en 
germe dans la mandibule. 



II. — DESCRIPTION DES PIÈGES DU MUSÉE DE BALE 

Dentition supérieure des phosphorites. — Je dois à M. Stehlin une série de 
dents isolées qui proviennent du Quercy et qui, par comparaison avec les échantillons de Mon- 
tauban, peuvent se classer dans la même espèce. L'un des échantillons portant P 2 et P 3 est si 
semblable à l'une d'elles, que l'on est en droit de se demander si elles n'appartenaient pas à la 
dentition d'un seul et même individu. Cette pièce (pi. I, fig. 3) vient compléter heureusement 
la dentition supérieure. 

Il convient de rapporter encore à la même espèce une série composée de trois pré- 
molaires (P 4 P 2 ) très usées dont les dimensions sont les mêmes que celles des pièces 
précédentes. L'usure de ces dents leur donne une apparence plus quadrangulaire, et le bour- 
relet basilaire de P 2 , qui commence a être entamé, paraît moins haut que dans les pièces 
plus jeunes. 



14 LES RHINOCERIDES DE L'OLIGOCENE D'EUROPE 

J'ai aussi figuré (pi. I, fïg. 4) une dernière molaire à vallée assez largement ouverte, et 
à bourrelet antérieur bien développé qui vient compléter la figuration de cette dent un peu 
défectueuse dans les pièces de Montauban. 

Dentition inférieure. — Je rattacherais encore à cette même espèce une canine 
inférieure des Phosphorites appartenant au Musée de Baie (pi. I, flg 6) qui par sa forme 
bien spéciale méritait d'être mentionnée. C'est une dent assez courte, de forme triangulaire, 
n'ayant pas encore trace d'usure. 

Son extrémité est très émoussée, et sa face externe un peu plus renflée que la face 
interne, une carène bien nette, bien que peu saillante, se montre nettement de chaque côté de 
la dent. 

Cette canine est plus obtuse, plus élargie vers la base que celle de VEggysodon Gaudryi, 
forme primitive dans laquelle la canine a presque la forme de celle d'un Palœotherium. 

Il est intéressant de rapprocher cette dent d'une canine appartenant probablement à la 
même espèce et provenant de la Ferté-Mais, dont on verra plus loin une figure (flg. 3), dessinée 
d'après nature par M. Stehlin dans les Collections de la Sorbonne. Cette dernière dent est 
comme celle des Phosphorites très émoussée . 



III. — DESCRIPTION DES PIÈGES DE LA FERTÉ-ALAIS (Seine-et-Oise). 

. (Collection de la Sorbonne.) 

Prémolaires. — J'ai fait allusion, à propos de la synonymie de cette espèce, à trois 
prémolaires, récoltées autrefois par Munier-Chalmas. Elles sont conservées actuellement 
dans les Collections de la Sorbonne, et M. Haug a bien voulu me les confier. 

Ces dents, dont deux prémolaires supérieures encore adhérentes au maxillaire, ont déjà 
été étudiées par M me Pawlow qui les avait rapprochées, ainsi que celles des Phosphorites, de 
l'espèce américaine décrite sous le nom à? Acerotherium occidentale. 

Les prémolaires de la Ferté-Alais sont remarquables par leur forme quadrangulaire, à 
peine arrondie du côté interne, et surtout par le bourrelet continu qui entoure complètement la 
dent. Les collines trans verses sont réunies, comme dans la forme des Phosphorites, par une 
muraille continue du côté interne limitant la vallée médiane à une fossette fermée. 

Ces dents, P 4 et P 3 , sont presque identiques à celles de VEggysodon Osborni des 
Phosphorites que nous avons décrites plus haut et cette ressemblance s'accuse lorsqu'on les 
compare avec des spécimens plus âgés que ceux que nous avons figurés. Elles ont toutefois 
une couronne un peu plus quadratique du côté interne. 

Les mensurations viennent encore confirmer ces ressemblances : les deux dents en ques- 
tion mesurent 48 millimètres de longueur, dimension prise à la hauteur de la couronne du 
côté externe. J'ai relevé exactement les mêmes mesures sur une série de dents des Phos- 
phorites conservées au Musée de Bâle. 

La figure 3 représente, en plus des dents que je viens de décrire, quelques autres 
pièces de la même localité, dessinées d'après nature par M. Stehlin, qui a bien voulu 
m'autoriser à reproduire ses excellents dessins. On remarquera la ressemblance frappante 



DESCRIPTION DES ESPECES 



15 





de la canine inférieure courte et arrondie avec celle des Phosphorites qui a été décrite 
plus haut. 

Il me semble donc impossible de séparer les pièces de la Ferté-Alais de celles des 
Phosphorites et l'on doit par conséquent les désigner sous le nom à'Eggysodon^ Osborni 
Schlosser sp. 

Au point de vue stratigraphique le gisement de la Ferté-Alais se place vers la partie 
supérieure du Stampien entre les sables de Fontainebleau et le calcaire de Beauce. Les échan- 
tillons de cette espèce étaient associés à 
des dents tout à fait typiques de YAcero- 
therium Filholi. Ces derniers seront 
décrits et figurés plus loin. 



RAPPORTS ET DIFFERENCES 



L'espèce des Phosphorites doit porter 
le nom spécifique créé par M. Schlosser 
d'après les figures au trait de M. Osborn. 
Nous la nommerons donc Eggysodon 
Osborni. 

En effet, le premier nom qui lui a 
été attribué par Filhol (AcerotAerium 
minus) ne peut lui être conservé. Abs- 
traction faite de l'erreur matérielle de 
Filhol, on ne peut confondre cette espèce 
avec le type de Guvier, qui est de plus 
grande taille, a des prémolaires de struc- 
ture toute différente et enfin occupe 
certainement un niveau stratigraphique 
plus élevé. 

La forme des argiles de Brons est 
certainement très voisine de celle des Phosphorites, mais elle paraît plus petite, autant 
qu'il est possible d'en juger sur les documents existants 1 . Elle s'en distingue par le fort 
bourrelet basilaire qui n'existe qu'à l'état rudimentaire dans le type des Phosphorites. 
Bien que je n'en aie pas la preuve formelle, je serais assez porté à admettre dans notre 
espèce l'existence d'une canine analogue à celle de la mandibule de Brons, étant donné 
surtout l'existence d'une canine supérieure dans cette même espèce. Il y a pourtant un 
caractère, qui au moins provisoirement, permet de différencier Y Eggysodon Gaudryi de 
Egg. Osborni c'est le bourrelet basilaire très développé aux molaires inférieures de cette 
dernière espèce. 






Fig. 3. — Eggysodon Osborni Schl. 

Stampien de la Ferté-Alais. 

M 3 , P 2 et P 3 supérieures, P 1 et canine inférieure. (Collection de la 

Sorbonne (grandeur naturelle). Dessin de M. Stehlin.) 



1 M. Osborn,, qui a eu la pièce entre les mains au Muséum, donne 170 millimètres pour la longueur de la 
dentition. 



16 LES RHINOCÉRIDÉS DE L'OLIGOCÈNE D'EUROPE 

Il est plus difficile de distinguer de l'espèce des Phosphorites le Ronzotherium Reichenaui 1 , 
qui, d'après M. Deninger, est très sensiblement de même grandeur que le R. Osbornt 
Schlosser (voir p. 9 fig. 2, la figure de la dentition de cette espèce, reproduite d'après le mémoire 
original). Les prémolaires sont identiques dans les deux formes : bourrelet interne très haut et 
convergence des deux lobes sur le côté interne ; les molaires sont aussi tout à fait semblables. La 
seule différence que l'on puisse constater entre ces deux formes est la taille qui est un peu plus 
forte dans les spécimens des Phosphorites. 

On peut donc se demander s'il n'y a pas identité entre l'espèce d'Alzey et celle du sud de la 
France,, ces espèces se rencontrant très sensiblement au même niveau. Les Phosphorites sont 
au moins pour une partie les équivalents des sables marins de Veinheim à Natica crassatina. 

Dans le cas où on admettrait cette hypothèse, ce que je suis très tenté de faire, il serait 
nécessaire de remplacer le nom de M. Deninger par celui de M. Schlosser qui lui est antérieur 
d'un an. 

Il faudrait donc modifier la synonymie de la façon suivante : Eggysodon Osbornt Schlosser 
= Ronzotherium Reichenaui Deninger. 



EGGYSODON OSBORNI ? 

I. - ECHANTILLONS D'ALLIAS (Gironde). 

(Musée de Bâle.) 

Je rattache avec quelque doute à cette espèce des fragments incomplets recueillis par 
M. Stéhlin dans le calcaire à Astéries d 'Aillas (Gironde). 

Les pièces qui m'ont été communiquées consistent en deux dernières molaires supérieures, 
très usées, appartenant par conséquent à un individu âgé, qui par leur taille correspondent tout 
à fait à celles des Phosphorites. 

La mieux conservée porte un crochet antérieur assez marqué. Elle mesure 33 millimètres 
de longueur au collet. 

Du même point provient aussi une partie antérieure de la mandibule (côté droit) portant 
les 4 prémolaires. La première, toutefois, n'est indiquée que par sa racine. 

P 2 , P 3 et P 4 qui sont très fortement usées, indiquent que l'individu en question était très 
âgé ; mais l'état de conservation de cette pièce ne permet pas de donner une description plus 
précise de ces dents. 

On peut constater qu'une barre assez courte séparait P 1 de la canine représentée seulement 
par son alvéole. 

La dimension P 1 -? 4 est de 75 millimètres. 

Il est probable que ce fragment de mandibule et les deux M 3 supérieures appartenaient au 
même individu. 

L'intérêt le plus grand de cette pièce consiste dans sa position stratigraphique, qui permet 
de préciser un peu l'âge de la forme des Phosphorites. 

1 K. Deninger, Ronzotherium Reichenaui aus dem Oligocaen von Veinheim bei Alzey (Zeitschr. der 
Deutsch. Gêol. Geselsch.,\. XLV, p. 93, PI. VI et VII, 1903). 



DESCRIPTION DES ESPECES 



17 



Les calcaires à Astéries des environs de Bordeaux sont, comme on le sait, les équivalents 
des faluns de Gaas attribués au Sannoisien supérieur. Le gisement d ? Aillas contient, associé à 
cette petite forme de Rhinocéridé, YAcerotherium Filholi très typique. 



II. — ÉCHANTILLONS DE KLEIN BLAUEN (Suisse) 

(Musée de Bàle.) 



%k 



C'est encore sous le même nom qu'il faut, je pense, désigner quelques dents isolées, 
recueillies, en compagnie de YAcerotherium Filholi, par M. le D r Jenny, de Bàle, et men- 
tionnées par lui l sous le nom de « Petit Rhinocéros » (cf. Ronzotherium Reichenaui y 
Deninger). 

Deux molaires supérieures, M 2 et M 1 , par leur dimension concordent bien avec celles 
des Phosphorites. Elles ont une vallée largement ouverte et portent un bourrelet antérieur 
et postérieur assez marqué. Le lobe postérieur de M 2 porte un crochet étroit et peu accusé. 

Une autre molaire (probablement M 2 ) 
de plus forte taille, a la même structure, 
avec un crochet postérieur plus apparent. 

Les dents inférieures, de petite taille, 
ont leur lobe antérieur très recourbé deux 
fois à angle droit et rappellent par suite 
celles des formes primitives du groupe des 
Rhinocéridés. Elles ont un bourrelet externe 
assez saillant. 

La petite espèce de Rhinocéros de 
Klein-Blauen a été trouvée en compagnie 
de YAcerotherium Filholi très typique et 
de débris d'un grand Anthracotherium 
dans des sables calcaires, d'origine marine, 
renfermant des débris (YOstrêidès, et sur- 
montant des marnes franchement marines 
à Natica crassatina superposées elles- 
mêmes à des bancs à Potamides Lamarki. 

Gomme on voit, l'âge de ce gisement 
est parfaitement défini et se place à la partie inférieure du Stampien, à peu près au niveau des 
sables de Weinheim du bassin de Mayence. 






Fig. 4. — Eggysodon Osborni Sthl. 

Marnes a Natica crassatina de Klein-Blauen. 

(Musée de Bàle. Grandeur naturelle.) 



1 D r Jenny, Fossilreiche Oligocàuabhgerungen aus Sudhang des Blauen (Juragebirge)C Verh. der Naturforsch 
Gers., vol. XVIII, 1 er fasc, p. 125). 



Argh. Mus. — t. XI, 



18 LES RHINOGÉRIDÉS DE L'OLIGOCÈNE D'EUROPE 



EGGYSODON GAUDRYI Rames 

1S86. Acerotherium Gaudryi Rames, Note sur l'âge des argiles du Gantai et sur les débris fossiles qu'elles ont 
fournis (B. S. G. F., 3 e série, t. XIV, PL XVII). 

Cette espèce que je rattache provisoirement au nouveau genre Eggysodon, n'était connue 
que par sa mandibule conservée à Paris au Muséum. Elle est tout à fait remarquable par ses 
canines dressées, caractère tout à fait primitif dans le groupe des Rhinocéridés. Cette dent par 
sa forme semble appeler nécessairement une canine correspondante à la mâchoire supérieure, 
ainsi que l'a déjà fait remarquer M. Osborn. 

La seule espèce possédant une canine supérieure bien développée dans le groupe des 
Rhinocéridés est V Eggysodon Osborni des Phosphorites qui se rapproche par sa taille de cette 
espèce : la longueur de la série dentaire de la pièce de Brons est de 170 millimètres, d'après 
les mesures prises par M. Osborn au Muséum, tandis que la dentition supérieure de VEg. 
Osborni, du Musée de Montauban, est de 186 millimètres. 

C'est le rapprochement de ces deux caractères : taille assez voisine et canines verticales 
qui m'ont engagé à classer ces deux espèces dans le même genre. M. Osborn avait d'ailleurs 
montré ce rapprochement en les plaçant toutes deux dans le genre Ronzotherium, nom qui 
doit disparaître de la nomenclature. 

La différence de taille qui existe entre VEg. Gaudryi et VEg. Osborni empêche de 
rapporter ces deux formes à une seule et même espèce. De plus, les mandibules des 
Phosphorites qui, par leur grandeur correspondent à la dentition supérieure de VEg. 
Osborni, ne possèdent pas de bourrelet basilaire, tandis que ce bourrelet est- très apparent 
aux prémolaires sur la face externe et sur la face interne de la dent, et dans les arrière- 
molaires seulement sur la face externe. 

Au point de vue stratigraphique, il est possible que la pièce de Brons (A. Gaudryi) 
provenant des argiles du Cantal, soit un peu plus ancienne que celle des Phosphorites dont 
l'âge est surtout Stampien : les argiles du Cantal seraient en effet, d'après M. Boule, un 
peu inférieures à celles de Ronzon. 

Il est intéressant de remarquer en passant, que Rames signale comme provenant du 
même gisement une M 3 inférieure d'un grand Acerotherium, qu'il désigne sous le nom 
d'Ac. lemanense, et une dent en mauvais état pouvant appartenir soit à un Entelodon, 
soit à un Anlhracotherium. 

N'y aurait-il pas là une erreur de détermination et ne s'agirait-il pas plutôt d'une dent 
à 9 Acerotherium velaunum ou tout au moins à'Ac. Filholi, tous deux de grande taille, et 
dont la présence serait plus justifiée à ce niveau que celle de VA . lemanense qui se trouve 
toujours à la partie supérieure du Stampien ou même à la base de l'Aquitanien ? 

Je me hâte de dire toutefois que cette opinion pour être justifiée demanderait de nouvelles 
découvertes dans les argiles du Cantal. 



DESCRIPTION DES ESPECES 19 



MANDIBULE DE LATOU, COMMUNE DE TRÉMONS (Lot-et-Garonne). 

(PL VI, fig. 1, 2.) 

Je dois aux obligeantes communications de M. Stehlin une mandibule appartenant au 
Musée de Bàle dont la série dentaire est conservée d'un côté,, et adhérente au maxillaire. Les 
dents de l'autre côté sont aussi bien conservées, mais ne sont plus en place sur Fos qui a disparu. 

Cette pièce, dont l'intérêt paléontologique est de premier ordre, est tout à fait identique 
dans ses détails à la mandibule de Rames. Les dimensions en sont toutefois légèrement 
supérieures. 

L'individu auquel appartenait cette mâchoire était plus jeune que celui de Brons, quoique 
cependant tout à fait adulte. 

Arrière-molaires. — La dernière molaire n'est qu'à peine usée sur son lobe antérieur, 
tandis que le postérieur est encore intact. Toutes les arrière-molaires ont la même structure 
et ne diffèrent entre elles que par la taille, M 2 est la plus forte. 

Ces molaires se distinguent de celles des autres Rhinocéridés par la forme de leur croissant 
antérieur qui est recourbé à angle droit deux fois sur lui-même. Ce caractère paraît commun 
aux formes les plus primitives de cette famille, car il se retrouve chez VAc. velaunum. Le 
croissant postérieur est au contraire à peine courbe. 

Les trois molaires portent sur leur face externe un fort bourrelet basilaire, qui est hori- 
zontal ou à peu près, sur le lobe supérieur, mais qui se relève très fortement en avant sur le 
lobe antérieur. Cette disposition est tout à fait identique à ce que l'on observe dans le type de 
YAc. Gaudryi. 

L'espace occupé par les arrière-molaires est de 80 millimètres. 

Prémolaires. — Les prémolaires, très bien conservées, sont au nombre de trois sur cette 
pièce ; mais on distingue très nettement, en avant de P 2 , un petit méplat, indiquant la persis- 
tance de la première prémolaire jusque dans l'âge adulte. L'existence de cette première petite 
prémolaire est en outre attestée par les traces de la racine que l'on peut apercevoir dans la 
mandibule, bien que cette partie soit endommagée. 

Les prémolaires sont, d'une façon générale, plus allongées et plus étroites que les molaires. 
P 4 a son lobe postérieur assez réduit, tandis que l'antérieur, peu oblique, se prolonge en avant 
par une crête qui se recourbe à angle droit. P 3 , plus allongée que la précédente, a ses deux 
lobes encore bien distincts : le postérieur est plus recourbe que dans P 4 , l'antérieur a son 
tubercule interne très saillant ; la crête qui prolonge en avant ce lobe n'est pas aussi nettement 
recourbée à angle droit que dans les dents précédentes. 

P 2 possède une crête longitudinale dont le point le plus élevé correspond au tubercule 
qui forme une pointe conique ; le croissant postérieur est à peine courbe et prend une position 
longitudinale, le lobe antérieur est très réduit. 

Toutes les prémolaires portent, comme les arrière-molaires, un très fort bourrelet externe, 
qui se relève en avant sur P' 1 , et en avant et en arrière sur P 2 et P 3 . Sur la face interne le 
bourrelet est bien développé sur P 2 , légèrement interrompu sur P 3 et moins accusé sur P 4 . 

La série P 4 -P 2 mesure 74 millimètres. 



20 



LES RHINOCÉRIDÉS DE L'OLIGOCÈNE D'EUROPE 



La première prémolaire est séparée de la canine par une très courte barre dont il est 
assez difficile de mesurer exactement la longueur, étant donné le mauvais état de préser- 
vation de la partie antérieure de la mandibule, mais qui ne devait guère dépasser 20 à 
25 millimètres. 

Canines. — Les canines, malheureusement brisées sur ce spécimen, sont pourtant repré- 
sentées par la section de la racine et la base de la couronne de Tune d'elles. 

Autant qu'on peut en juger, ces dents étaient légèrement comprimées transversalement, 
et leur section est nettement ovalaire. La canine gauche montre que ces dents devaient se 
relever vers la pointe à la manière de celles des Palœotherium, et la racine s'implantait assez 
obliquement dans le maxillaire, au lieu de s'insérer presque horizontalement comme dans les 
vrais Acerotherium. Il paraît donc à peu près certain que l'animal que nous étudions avait les 
plus grands rapports avec Y Acerotherium Gaudryi des argiles du Cantal. 

Les canines étaient très rapprochées l'une de l'autre, vers la base, ce qui ne laisse que bien 
peu de place pour les incisives, dont il ne reste plus trace des alvéoles. 



RAPPORTS ET DIFFÉRENCES 

C'est de VAc, Gaudryi que cet échantillon se rapproche le plus, et les caractères communs 
sont assez nombreux pour permettre de désigner la mandibule de Latou par le même nom 
spécifique. 

La longueur de la série des dents inférieures, de P 2 à M 3 , est rigoureusement la même 
dans les deux spécimens. Les dents, quoique plus usées dans la pièce du Cantal, montrent bien 

II 




Fig. 5. — Eggysodon Gaudryi Rames. 

I. Dentition inférieure du type, ramené à la grandeur naturelle, d'après la figure originale retournée. 
II. Echantillon de Latou (Musée de Bâle). (Grandeur naturelle.) 



la forme recourbée deux fois à angle droit du lobe antérieur des molaires ; le fait est surtout 
apparent dans M 2 et M 3 , qui sont moins atteintes par la détrition. 

Le bourrelet externe offre le même degré de développement dans les deux pièces. 

Pour différencier ces échantillons, on ne peut pas se baser sur l'absence de première pré- 



DESCRIPTION DES ESPECES 21 

molaire dans le type de Brons, tandis qu'il y en a une dans celui du Lot-et-Garonne : la pièce, 
telle qu'elle est figurée par Rames, montre que cette partie de la mandibule a été restaurée en 
plâtre. Il est donc bien possible, et même probable, que cette première dent devait aussi exister 
dans la forme-type du Gaudryi. 



CONDITIONS DE GISEMENT 

La mandibule que nous étudions, autrefois récoltée par M. de Bonal, a été acquise 
avec cette collection par le Musée de Baie. L'étiquette au crayon qui accompagnait cette pièce 
porte la mention suivante : « Rhinocéros de Latou (Trémons), extrait d'un puits à 7 mètres 
de profondeur. » 

En se reportant à la carte, on voit que le hameau de Latou, commune de Trémons, 
se trouve sur un vaste affleurement de mollasses de l'Agenais (m„ feuille de Montauban), 
attribué au Stampien par M. Vasseur. Ce gisement est assez vraisemblablement l'équivalent 
exact des mollasses classiques de la Milloque, dont la faune de vertébrés est si abondante. 

Ce niveau, selon M. Depéret 1 , fait partie de la moitié supérieure de l'étage Stampien et se 
caractérise par l'arrivée des Anthracotherium. Et si l'on admet l'identité de la forme de Brons 
et de celle de Latou, il semble que l'on aurait une tendance à placer les argiles du Cantal à un 
niveau un peu plus élevé que ne le pense M. Boule et de les situer au-dessus du niveau des 
argiles de Ronzon et non un peu au-dessous, ainsi que l'indique M. Osborn. 



EGGYSODON POMELI, Nova Species. 

(Muséum de Lyon, pi. II, fig. 1.) 

J'ai rencontré dans les collections du Muséum de Lyon et préparé une dentition supérieure 
complète d'un Rhinocéridé de petite taille, de Gannat, qui ne peut se rapporter ni au 
R. pleuroceros, ni à plus forte raison à VA. lernanense, et qui doit donc être nouvelle. 
C'est peut-être VA. Croizeti Pomel. On verra plus loin p. 24, les raisons qui conduisent à 
éliminer de la nomenclature le nom donné par Pomel, qui doit se rapporter à une forme 
de petite taille de la région de Gannat. Il est par conséquent nécessaire de lui donner un 
nom nouveau. 

Je propose donc de la dédier au paléontologiste qui a étudié si longtemps les mammi- 
fères de cette région, et de la désigner sous le nom (VEggysodon Pomeli. 



DESCRIPTION DE LA PIEGE DU MUSÉE DE LYON 

La portion de crâne que nous figurons (pi. II, fig. 1) montre un palais entièrement 
conservé, portant ses deux rangées de dents. La série dentaire gauche est intacte ; il manque 

1 L'Évolution des Mammifères tertiaires (Comptes Rend. Ac. Se, t. GXL1I, p. 618, 1906). 



22 LES RHINOCÉRIDÉS DE L'OLIGOCÈNE D'EUROPE 

pourtant la dernière dent dont il ne reste plus que le moulage de la première colline. La 
série du côté droit est par contre fort endommagée, la muraille externe de toutes les dents 
ayant complètement disparu. Sur la face supérieure , les os nasaux n'existent plus et on ne 
peut observer que les os incisifs. 

Les prémolaires se distinguent des molaires par leur bourrelet basilaire très important et 
par leur forme un peu moins quadrangulaire et plus étroite du côté interne. Les dents sont donc 
hétérodontes. 

P 1 , de forme triangulaire, est assez rapprochée de la canine. Sa plus grande largeur, 
placée tout à fait en arrière, est égale à la longueur, ce qui lui donne une forme ramassée très 
caractéristique. On ne distingue pas de talon antérieur et le premier lobe n'est qu'à peine 
indiqué; le bourrelet basilaire est peu développé. 

P 2 , P 3 , P 4 sont subquadrangulaires, la vallée est fermée du côté externe et réduite à un 
puits profond de forme un peu irrégulière. Le lobe postérieur P 2 est plus développé que l'anté- 
rieur ; ce dernier, très étroit, ne se relie au reste de la dent que par un pédoncule d'émail assez 
mince. Il en est de même du lobe postérieur, mais le tubercule interne est ici plus fort et aplati 
longitudinalement . 

P 3 et P 4 ont à peu près la même structure ; les deux collines antérieures ont approxi- 
mativement la même importance ; la postérieure, un peu plus mince, se relie au reste de la 
dent par un pédoncule plus étroit. Il n'y a pas de bourrelet basai sur la muraille externe. 

La première molaire est un peu plus étroite en dedans, le lobe antérieur un peu plus 
développé que le postérieur ; la vallée médiane est profonde et très oblique, porte un anticrochet 
peu développé; cette dent ne possède ni crochet ni crista. 

La face antérieure porte un bourrelet basilaire, qui disparaît sur la face interne de la 
molaire. 

M 2 , de forme trapézoïdale, a la surface de sa couronne presque triangulaire par rédaction 
du lobe postérieur, qui est bien plus court que l'antérieur et plus mince. Il n'y a ni crochet ni 
anticrochet; on distingue cependant un pli peu important à la base de la muraille posté- 
rieure. La vallée est plus profonde que celle de M 2 et plus largement ouverte. 

M 3 n'est pas conservée. 

En résumé, les caractères distinctifs de cette espèce peuvent se résumer dans la diagnose 
suivante : 

Rhinocèridè de petite taille, un peu supérieure a celle d'un tapir ; dentition supérieure 
composée d'une canine à section ovalaire (couronne inconnue) ; de quatre prémolaires à 
bourrelet basilaire interne très prononcé, de forme sub quadrangulaire, à homéodontie 
peu accusée, P 1 triangulaire, courte et élargie en arrière, tubercules internes réunis de 
bonne heure par une muraille d'émail qui obstrue rapidement la vallée médiane; de trois 
arrière-molaires , à vallée médiane, largement ouverte en dedans et non sinueuse ; 
M 1 pourvue d'un anticrochet peu développé, pas de crochet ni de crista; M 2 à couronne 
presque triangulaire par réduction du lobe postérieur, pas d' anticrochet et un léger pli à 
la base du lobe postérieur ; pas de bourrelet basilaire aux molaires. 

Dentition inférieure inconnue. 



DESCRIPTION DES ESPECES 23 



RAPPORTS ET DIFFÉRENCES 

Cette espèce est l ? une des plus petites connues à ce niveau en Europe. Elle se rapproche 
par ses dimensions de V Acerotherium albigense décrit plus loin, mais elle est de plus petite 
taille que le Diceratherium pleuroceros, Duv. du même niveau et de la même localité. La 
dimension totale de la dentition prise sur le spécimen-type de cette dernière espèce, au Muséum 
de Paris, est de 172 millimètres de M 3 -P 2 , tandis que cette même longueur est de 148 dans 
la pièce étudiée ici. Cette comparaison est d'ailleurs la seule possible, la dentition du pleu- 
roceros, que Duvernoy avait jugé inutile de reproduire, étant donné l'état d'usure extrêmement 
avancé de cet individu. Il ne paraît donc pas possible d'assimiler la pièce du Musée de Lyon 
avec le Rhinocéros pleuroceros. Rappelons en outre en passant que Pomel dans son Catalogue 
méthodique, assimilait la forme de Duvernoy à son Rhinocéros paradoxus, sans d'ailleurs 
justifier son opinion. Ce dernier nom est aussi à éliminer pour la même raison que le nom 
de Croizeti. 

Acerotherium albigense décrit plus loin, est aussi à peu près de même taille et se 
distingue de V Acerotherium Pomeli par les caractères suivants : 

Dans Y Acerotherium Pomeli, les prémolaires sont moins homéodontes; P l , plus élargie 
transversalement, n'offre pas de talon antérieur à un degré d'usure analogue; la vallée de 
P 2 et de P 3 est complètement fermée du côté interne chez Y Acerotherium Pomeli, tandis 
qu'elle reste ouverte dans Y Acerotherium albigense. Le lobe antérieur des prémolaires est 
en outre moins fort dans le type de Gannat ; les denticules internes sont ainsi moins arrondis 
et moins nettement indiquées. P*est un peu plus triangulaire dans Y Acerotherium Pomeli. 
M 1 n'a qu'un anticrochet rudimentaire, tandis qu'il obstrue à peu près complètement la vallée 
de cette même molaire chez Y Acerotherium albigense. M 3 est plus triangulaire dans Acero- 
therium Croizeti, et son lobe antérieur plus mince que dans Acerotherium albigense. 

Si l'on fait abstraction delà taille 1 , on voit que les différences sont aussi assez sensibles 
avec le Diceratherium minutum. Les prémolaires de ce dernier sont un peu moins homéo- 
dontes que dans Y Acerotherium albigense, et sont à ce point de vue plus proches parentes de 
celles de Y Acerotherium Pomeli. Le lobe postérieur est toujours moins développé dans le Dicera- 
therium minutum que l'antérieur, caractère tout à fait opposé au Pomeli où le lobe postérieur 
est plus fort que l'antérieur. La première et la deuxième molaires offrent un anticrochet très 
développé que l'on ne voit pas dans cette dernière espèce. 

Par la forme de ses prémolaires à très fort bourrelet basilaire interne, par la confluence 
des deux lobes du côté interne qui ferment complètement la vallée et surtout par la présence 
d'une canine supérieure, cette espèce se rapproche de YEggysodon Osbornides Phosphorites. 
Ces caractères m'engagent à la considérer comme un dernier représentant de ce genre très 
spécial, qui disparaît ainsi avec la fin du Stampien sans laisser de descendant en Europe. 

La dentition de Y Acerotherium Pomeli se rapproche beaucoup à certains égards de celle 
de plusieurs formes de l'Oligocène d'Amérique, telles que le Leptaceratherium trigonodum 
Osb. et Wort. et Y Acerotherium Copei Osb. 2 . La forme des prémolaires, qui sont encore assez 

1 La longueur P 2 -M 2 — 142 mill. chez A. Pomeli, et 158 mill. chez R. minutas. 

2 Osborn, The extinct Rhinoceroses (Mem. of the Am. Mus. of Nat. Ilist., pl. XIII., p. 132 et 146). 



24 LES RHINOGÉRIDÉS DE L'OLIGOCÈNE D'EUROPE 

hétérodontes, et la hauteur du bourrelet basilaire sont tout à fait analogues. P 1 est courte et 
élargie en arrière dans les deux espèces américaines comme dan&.YAcerotherium Porneli mais 
le lobe antérieur est moins développé dans la forme de Gannat. 

VA. Porneli se rapproche de VA. trigonodum par le faible développement de la colline 
antérieure des prémolaires , mais la vallée n'esf pas aussi rapidement fermée du côté interne. 
Ce dernier caractère rapprocherait davantage notre espèce de VA. Copei. 

M 3 par le faible développement de son anticrochet, M 2 par la forme presque triangulaire 
de sa couronne se rapprochent aussi beaucoup des dents correspondantes du L. trigonodum. 
Le bourrelet est sensiblement plus développé dans la forme américaine. 



RÉPARTITION STRATIGRAPHIQUE 

Le type de VEggysodon Pomeli provient de Gannat. Il est conservé au Musée de Lyon. 

D'après les recherches de M. Giraud, les calcaires et les marnes de Gannat appartiennent 
au Stampien supérieur *. 

Dans les calcaires de Gannat, cette espèce est accompagnée de plusieurs autres Rhino- 
céridés appartenant à des rameaux différents : Diceratherium pleuroceros, Acerotherium 
lemanense Pomel (= A. gannatense Duv.), bien plus grand, qui se retrouve à Saint-Gérand- 
le-Puy. 

Les autres espèces découvertes à Gannat : Cainotherium commune Bravard, C. metopias 
Pomel, Lutrictis Valetoni Pomel, existent aussi dans ce dernier gisement, ce qui indique 
que les deux niveaux ne devaient pas être bien éloignés l'un de l'autre au point de vue strati- 
graphique. Il paraît donc à peu près certain que VA. Pomeli caractérise le Stampien supérieur 
et ne dépasse pas l'extrême base de l'Aquitanien. 

1 Jean Giraud, Etudes géologiques sur la Limagne (Bull, des serv. de la carte géologique de France, 1902, 
p. 271 et suiv.). 



DESCRIPTION DES ESPECES 25 



INCERT^E SEDIS 

[Nom spécifique à faire disparaître de la nomenclature.] 

ACEROTHERIUM CROIZETI Pomel 

1853. Acerotherium Croizeti Pomel," Cat. mèthod. des Vert. foss. du bassin de la Loire, p. 77. 

1880. Acerotherium Croizeti Pomel, Filhol, Etude des mammifères fos. de Saint-Gêrand-le-Puy, p. 1, pi. III. 

HISTORIQUE DE L'ACEROTHERIUM CROIZETI POMEL 

Cette espèce est décrite en quelques mots par Pomel et n'a pas été figurée comme toutes 
celles de son Catalogue méthodique. Voici textuellement la diagnose donnée dans ce travail : 

« Espèce plus petite (que Y A. lemanense), ayant ses molaires semblables à celles de 
« la précédente. Les os du nez sont très étroits,, longs et acuminés à l'extrémité. Terrain 
« tertiaire à Vaumas, Gannat, Bansac. 

« Observation. — Si les ossements recueillis à Bansac sont de cette espèce, elle se 
« distingue encore par ses proportions bien plus grêles. Ge sont ceux figurés par Blain ville 
(( comme (YAnthracotherium d'après Bravard. » 

Gervais ne fait que mentionner YAc. Croizeti d'après Pomel (Pal. fr., p. 102), sans 
ajouter de données nouvelles. 

Filhol, sans connaître la pièce originale, croit pouvoir attribuer à l'espèce de Pomel 
un maxillaire de petite taille provenant de Saint-Gérand-le-Puy. Il figure sous ce nom ce 
maxillaire, et l'assimile à une série de pièces provenant des Phosphorites qu'il n'avait pas 
désignées sous un nom spécifique distinct. Remarquons toutefois, en passant, que Filhol 
commet une erreur en considérant VA. Croizeti comme plus grand que le Rhinocéros 
minutus. 

Depuis Filhol, Y Acerotherium Croizeti a été cité des Phosphorites par Lydekker 
(Catalogue of fossil Mammalia, part. III, p. 142). Il en a donné une courte description et 
la figure de deux molaires supérieures conservées au British Muséum, les dimensions et la 
forme de ces molaires coïncident tout à fait avec celles du Ronzotherium Osborni des Phospho- 
rites qui a été décrit plus haut. Cette détermination doit donc être abandonnée et tomber en 
synonymie de l'espèce qui vient d'être indiquée. 

M me Pawlow, à son tour, cite à diverses reprises YAc. Croizeti, en indiquant que malgré 
ses recherches elle n'a pu observer le type de Pomel. Mais elle admet comme figurations de 
cette espèce : 

1° Le dessin donné par Filhol d'une mandibule de Saint-Gérand ; 

2° Les figures de Lydekker d'après des dents du Quercy. 

Cette hypothèse l'amène à des conclusions qui ne me paraissent pas tout à fait justifiées, 
c'est-à-dire à rattacher cette espèce au genre américain Amynodon. On a vu plus haut que 

Arch. Mus. — t. XI 4 



26 LES RHINOCÉRIDÉS DE L'OLIGOCÈNE D'EUROPE 

les dents des Phosphorites appartiennent à une forme bien différente, à affinités primitives 
désignée sous le nom de Eggysodon Osborni. 

Il est assez probable que cette dernière forme appartient à un niveau inférieur à celle 
de Pomel, bien qu'on ne puisse rien affirmer de précis au sujet des Phosphorites. 

VA. Croizeti a encore été cité par M. Mermier 1 . qui l'a comparé à VA. platyodon 
du Burdigalien du Royans. Cet auteur s'est servi pour ses comparaisons d'une mandibule 
incomplète de Saint-Gérand, conservée au Muséum de Lyon, où l'on pouvait étudier la forme 
de la canine 2 . 

Dans ce travail, il fait ressortir les caractères très spéciaux de cette dent. 

M. Osborn 3 rattache cette espèce au Diceratherium minutum, en se basant sur des 
prémolaires conservées au Musée de Munich et au Musée de Lyon. 

On voit donc que cette espèce est loin d'être connue d'une façon satisfaisante, et cela 
surtout parce que les nombreux paléontologistes qui ont employé le nom i'A . Croizeti, se 
sont référés soit à la figure de Filhol, soit à celle de Lydekker, qui eux-mêmes ne connaissaient 
pas le type de Pomel. 

L'échantillon type qu'avait en vue Pomel est actuellement perdu, ainsi que l'avaient déjà 
constaté différents paléontologistes ; on ne le connaît au moins dans aucune des principales 
collections françaises ou de l'étranger. Il est donc préférable de ne pas tenir compte de la 
dénomination de Pomel qu'il convient de retrancher de la nomenclature tant qu'on ne 
connaîtra pas l'échantillon original, et cela d'autant plus que la description en est tout à fait 
insuffisante et qu'il n'y a jamais eu de figuration authentique. 

1 Mermier, Sur la découverte d'une nouvelle espèce & 1 Acerotherium (Bull. Soc. Linnêenne de Lyon, p. 181, 
t. XLII, 1895). 

2 Cette pièce est décrite plus loin et figurée, sous le nom de Diceratherium pleuroceros, p. 64, pi. VI, fig. 5. 

3 Osborn. Rhin. Eur., p. 237. 



DESCRIPTION DES ESPECES 27 



Genre AGERATHERIUM (Aceratherium Kaup) 

Le genre Acerotherium, compris différemment suivant les auteurs, forme un groupe- 
ment assez touffu, réunissant les formes les plus diverses. Il a été revisé en 1900 par 
M. Osborn qui en a fait une sous-famille. 

D'après le paléontologiste américain, un seul groupe de cette famille forme un rameau 
phylétique continu de l'Oligocène inférieur au Pliocène inférieur en Europe. Cette série, très 
homogène, ne comprend que des formes de grande taille, dolichocéphales, à os nasaux 
allongés, ne portant pas de corne, ou seulement un rudiment, dans les espèces typiques. Ces 
dernières sont pourvues de grandes canines en forme de défenses ; les membres sont élancés et 
généralement tridactyles. 

D'après cette manière de voir, on est conduit à éliminer complètement toutes les petites 
espèces autrefois maintenues par Zittel dans le genre Agerotherium. M. Osborn en a du reste 
placé une partie dans le genre Diceratherium Marsh, et le reste dans le genre Ronzotherium 
Aymard. 

Nous avons vu plus haut que ce dernier nom de genre doit être abandonné, dans le sens 
où le comprenait M. Osborn. De plus, il est impossible de placer dans le genre Dicerathe- 
rium, les petites espèces à nez très court, qui vont être décrites plus loin, dont la dentition est 
encore assez primitive et qui sont totalement dépourvues de cornes frontales. 

Dans le présent travail je placerai dans le genre Agerotherium ou si l'on préfère dans 
la sous-famille des Acérothérinés deux groupes distincts ayant vécu en même temps : 

1° Formes de petite taille (groupe de Y Acerotherium albigense) } comprenant : 

Acerotherium albigënse nov. sp., du Stampien de l'Albigeois et de Marseille. 
Acerotherium rninutum Guvier, du Stampien supérieur de Moissac et d'Auzon (Gard). 

Cette dernière espèce, limitée à la pièce de Cuvier et à la nouvelle dentition décrite 
plus loin, ne comprend pas le Rhinocéros pleuroceros de Duvernoy que nous maintiendrons 
avec M. Osborn dans le genre Diceratherium. 

2° Formes de grande taille, à grandes canines (groupe de l'A. Filholi), formant une série 
continue commençant dès la base de l'Oligocène et comprenant les formes suivantes : 

Acerotherium velaunum Aymard, de Ronzon. 

Acerotherium Filholi Osborn, des Phosphorites et du Stampien de Pernes. 

Acerotherium lemanense Pomel, du Stampien supérieur de Gannat. 

Ces espèces ont leurs descendants dans le Miocène avec V Acerotherium tetradactylum, 
puis avec Y Acerotherium incisivum. 

Plus tard, peut-être, lorsqu'on possédera des documents plus complets sur ces diverses 
espèces, il est possible que l'on soit amené à modifier encore cette classification que je considère 
comme provisoire. 



28 



LES RHINOCÉRIDÉS DE L'OLIGOCÈNE D'EUROPE 



L — Formes de petite taille, 



Groupe de l'ACEROTHERIUM ALBIGENSE 
ACEROTHERIUM ALBIGENSE, Nova Species 

(PI. III, 1, 1*, l b , 2, 3, 4, 5; PL IV; fig. 1, 2, 3.) 
DESCRIPTION DE LA PIÈGE TYPE (Musée d'Albi). 

La pièce principale, sur laquelle cette espèce est établie, a autrefois été recueillie par 
Caraven-Cachin, et donnée au Musée d'Albi après sa mort. C'est un crâne dont la partie 
antérieure est bien conservée, tandis que les arcades zygomatiques et toute la partie posté- 
rieure ont disparu. La série complète des molaires et des prémolaires existe en connexion 
mais les canines ne sont indiquées que par leur alvéole. 

Ce crâne, qui a été rencontré dans les mollasses assez grossières de l'étage Stampien 1 , à 
Sauzière-Saint-Jean, canton de Salvagnac (Tarn), a subi une assez forte pression de haut en 
bas, qui a eu pour effet de dissocier en partie les os de la calotte crânienne; les os nasaux ont 
cependant été complètement préservés. 

Outre cette pièce, on a recueilli au même point des débris appartenant à un autre 
individu de même espèce : ce sont des dents supérieures, fragmentées mais qu'il a été possible 
de reconstituer en partie. 

Considérée dans son ensemble, la partie antérieure du crâne vue par sa face supérieure 
est remarquable par sa petite taille et sa forme triangulaire assez élargie en arrière et très 
raccourcie. 

Les os nasaux, courts, sont de forme triangulaire et se terminent par une pointe mousse, 
un peu endommagée dans notre spécimen, mais qui cependant ne devait pas se prolonger 
bien loin. 

La surface de l'os est complètement lisse, sans aucune trace de rugosité, ce qui indique 
que l'animal ne possédait pas de corne nasale. Les deux os, juxtaposés sur la ligne médiane, ne 
se soudent qu'en arrière de l'échancrure nasale; notre espèce se rapprocherait en cela de 
certaines formes i'Acerotherium de l'Amérique du Nord tels que les Leptaceratherium trigo- 
nodum, et Copei, mais dans ces deux espèces l'ensemble de la région nasale est plus élancée 
que dans la forme du midi de la France. 

Le bord de l'échancrure naso-maxillaire correspond à l'intervalle entre P 3 et P 2 ; elle 

1 L'âge précis de ce gisement est fort difficile à établir ; il fait partie de l'ensemble gréseux qui débute avec le 
Stampien et qui se continue dans l'Aquitanien. J'adopte ici la désignation de la Feuille de Montauban. Cette position 
stratigraphique sera d'ailleurs discutée plus loin. 



DESCRIPTION DES ESPÈCES 



29 



est par conséquent bien moins profonde que dans la plupart des Acerotherium. Les 
intermaxillaires manquent dans notre spécimen ; seule l'extrémité du maxillaire droit est 
conservée à peu près intacte, et porte une alvéole ovalaire destinée à l'insertion d'une 
canine de petite taille. 

Les arcades zygomatiques manquent totalement , et la partie postérieure du crâne n'est 
représentée que par un moule interne gréseux assez grossier; il est d'ailleurs sectionné immé- 
diatement en arrière de M 3 . 

C'est à peine si l'on peut distinguer l'emplacement de la cavité orbitaire qui commence 
à la hauteur de l'intervalle entre la dernière prémolaire et la première arrière-molaire. 

Dentition. — La dentition est en très bon état de préservation, sauf la dernière molaire 
du côté gauche en partie détruite. Elle compte quatre prémolaires et trois arrière-molaires. 

La longueur totale de la série dentaire est de 182 millimètres; sur cette longueur les 
prémolaires occupent 88 millimètres. 




Fig. 6. — Acerotherium albigense nov. sp. Dentition supérieure du type. 
(Musée d'Albi. Grandeur naturelle.) 



L'état d'usure peu avancée de M 3 indique que l'individu en question était adulte, mais 
jeune encore. Il possédait encore sa première prémolaire qui, très vraisemblablement, n'était 
pas caduque. D'une façon générale cette dentition est très homéodonte. 

Prémolaires. — La première prémolaire est très petite (18 millimètres) de forme 
triangulaire, élargie en arrière et assez fortement usée; elle porte un denticule antérieure très 
net et un bourrelet interne fort élevé, se reliant au lobe postérieur de la dent. Sur la muraille 
externe, il existe aussi un rudiment de bourrelet. 

Les autres prémolaires sont subquadrangulaires, un peu plus étroites en arrière qu'en 
avant, de structure assez analogue à celle des arrière-molaires, mais on les distingue à 
première vue par un bourrelet interne basilaire, assez volumineux, qui n'existe pas sur ces 
dernières. 

P 3 et P 2 ont à peu près la même structure : la colline antérieure est sensiblement plus 
développée que la colline postérieure ; le tubercule interne surtout est plus élevé que le tubercule 
correspondant du côté postérieur. Ce dernier tubercule (tètartocone , suivant la nomenclature 
de M. Osborn) est relié au reste de la dent par une crête très étroite. Il n'existe pas de 



30 LES RHINOCÉRIDÉS DE I/OLIGOCÈNE D'EUROPE 

crochet ni de crista. La vallée médiane est rétrécie du côté interne et se dilate en arrière des 
tubercules internes. 

P 4 est un peu plus courte et plus élargie transversalement que les prémolaires précé- 
dentes et ne possède ni crochet ni anticrochet. Les deux tubercules internes sont réunis par 
une crête longitudinale qui ferme la vallée médiane du côté interne ; cette vallée se trouve 
donc réduite à un simple puits de forme trapézoïdale; la vallée postérieure est plus profonde 
que dans les dents précédentes; sur la muraille externe le parastyle est plus accentué par le 
développement du sillon. 

Les prémolaires portent toutes un léger bourrelet du côté externe, au niveau du collet. 

Arrière-molaires. — Les arrière-molaires de cette espèce, comme d'ailleurs celles de 
tous les Acerotheriurn, ont une vallée médiane largement ouverte en dedans, principa- 
lement M 2 . 

La colline antérieure est plus développée que la postérieure, comme dans les prémolaires. 
Elle porte un large anticrochet arrondi qui dans M 1 ferme presque complètement la vallée 
médiane. Dans M 2 , l'anticrochet est bien moins développé, ce qui donne une vallée beaucoup 
plus large à cette dent. 

La colline postérieure est plus dilatée vers la partie interne chez M 1 que chez M 2 ; ce fait 
ne tient pas uniquement au degré d'usure plus avancé de M 1 . 

Le bourrelet basilaire des arrière-molaires est limité à la partie antérieure et postérieure 
de la dent. 

La dernière molaire, imparfaitement conservée sur ce spécimen, peut cependant s'étudier 
en s'aidant des deux dents opposées qui se complètent mutuellement. Gomme chez tous les 
Acerotherium, la forme générale de la dent est quadrangulaire au collet, et sa vallée très 
largement ouverte. 

AUTRES PIÈGES DU MÊME GISEMENT 

Le crâne découvert par Caraven-Cachin était accompagné de débris de dents d'un autre 

individu de même espèce un peu plus âgé. Ces pièces étaient malheureusement fragmentées. Il 

a cependant été possible de reconstituer trois prémolaires du côté gauche et la dernière molaire 

du même côté. Elles n'offrent rien de particulier dans la structure, sauf 

-<^ ) a leur degré d'usure plus avancé, de telle sorte que la vallée de P 3 est fermée 

du côté interne et réduite à une cavité triangulaire. M 3 , bien complète, 

<^ j h montre un indice d'anticrochet. 

^^_,^ Du même gisement il existe encore deux canines dont l'une est bien 

O entière. Cette dent est munie d'une longue racine d'un tiers plus longue 

que la couronne, à section ovalaire (PL III, flg. 3). Elle est séparée de la 
partie externe de la dent par un bourrelet circulaire peu accentué. La 
Flg \ 7 *~~ ^ cerothe - couronne est à section triangulaire, taillée obliquement en biseau sur 
Canine inférieure, le côté interne qui porte des traces d'usure très apparentes ; l'émail n'existe 

e poTn n te;% P au S mi e iieu q ue sur ^ a partie inférieure et externe de la dent, 
de la racine; envers Q e ^ e can i ne rappelle, en plus petit, la forme des canines inférieures 

la base. (Echantillon rr 7 ■■''•. 

figuré pi. m, fig. 3.) des autres espèces d'Acerotherium. 



DESCRIPTION DES ESPÈCES 3i 

On peut relever les dimensions suivantes : 

Longueur totale . . 62 millimètres. 

— de la couronne, côté externe . . 40 — 

Diamètre (au même niveau) 21 — 

Epaisseur (au même niveau) 18 — 

PLAGE GÉNÉRIQUE DE L'ESPÈCE DÉCRITE 

Le spécimen, que nous décrivons , paraît bien représenter une espèce distincte et nouvelle, 
différente de tout ce qui a été décrit jusqu'à ce jour dans l'étage Stampien en Europe. Elle 
doit se rapporter au genre Acerotheriurn, par suite de l'absence complète de rugosités sur les 
os nasaux, et par la similitude de sa canine avec celle de toutes les autres espèces de 
ce genre. 

Bien que de nombreuses incertitudes se présentent lorsqu'on veut préciser les différentes 
espèces attribuées au genre Agerotherium par les divers auteurs, je pense qu'il faut s'en 
tenir exclusivement aux formes dépourvues de corne nasale, à molaires supérieures dont 
la vallée est largement ouverte, et à canines inférieures longues, acuminées tranchantes sur 
le bord interne, et dont les molaires inférieures sont ordinairement pourvues d'un bourrelet 
basilaire assez fort. Il est bien évident que, dans la plupart des cas, ces différents caractères 
ne peuvent être appréciés, faute de documents suffisants. 

RÉPARTITION STRATIGRAPHIQUE 

L'âge de VAcerotherium albigense est fort difficile à préciser dans le Sud-Ouest. 
Le point d'où provient le type : les métairies hautes près de Sauzière, canton de Salvagnac 
(Tarn), se trouve à 12 kilomètres environ au nord de Rabastens et fait partie du vaste 
lambeau désigné sur la feuille géologique de Montauban par la notation m„ (mollasses de 
VAgenais). 

Si l'on se rapporte à la légende de la carte, on s'aperçoit que cette désignation correspond 
à un ensemble gréseux appartenant à l'étage Stampien auquel succèdent dans cette région 
des Mollasses d'âge aquitanien et dont le faciès est si semblable que l'auteur a renoncé à les 
en séparer par un contour distinct et qu'il s'est borné à les indiquer par une couleur conven- 
tionnelle peu différente. 

Il paraît donc assez vraisemblable de placer ce gisement tout à fait au sommet du 
Stampien ou même, si l'on tient compte du degré d'évolution des prémolaires, à l'extrême base 
de l' Aquitanien. 

Je pense donc que cette espèce est à très peu près contemporaine du Diceratherium 
minutum et de VEggysodon Porneli parmi les petites espèces de Rhinocéridés, et parmi 
les grandes formes de V Acerotherium Filholi et de VA. lemanense. 

Parmi les débris qui accompagnaient le crâne de Sauzière, et recueillis en même temps 
que lui, j'ai reconnu une incisive très caractéristique d'un grand Anthracotherium. 



32 



LES RHINOCÉRIDÉS DE L'OLIGOCÈNE D'EUROPE 



AUTRES DENTS DES ENVIRONS DAGEN 





Je rattacherai encore à l'espèce que je viens de décrire quelques molaires isolées déjà 
décrites et figurées en réduction par Duvernoy sous le nom de Rhinocéros minutus 1 . 

Ces dents au nombre de huit sont conservées au musée de Toulouse et portent une 
étiquette de la main de Noulet, qui indique qu'elles proviennent de la localité de : 
« Las-Peyres, entre Agen et la Magistère (Lot-et-Garonne), trouvées en creusant le 
canal latéral à la Garonne en 1848 ». Il ne peut y avoir de doute sur l'identité de ces pièces, 
une note de la même main indique que « ces dents prêtées par moi à M. Duvernoy 
par le canal de M. Lartet ont été figurées par le premier ». 

Six appartiennent à la dentition supérieure ; ce sont : deux dernières molaires à un 
degré d'usure différent, toutes deux du côté droit ; une molaire du même côté (très pro- 
bablement M 1 ) ; une prémolaire (P 4 ) 
très usée, droite ; deux prémolaires 
lait de droite et gauche. Deux autres 
sont des molaires inférieures incom- 
plètes. 

Toutes ces dents sont de taille 
absolument identique aux pièces cor- 
respondantes du crâne de Sauzière, et 
par conséquent plus petites d'environ 
1/6 que celles de VA. minutum. 

M 3 est tout à fait semblable dans 

les détails de sa structure à celle du 

type ; M 1 que Duvernoy ne mentionne 

pas et qu'il n'a pas dû avoir entre les 

mains est moins usée que la dent 

correspondante . L'anticrochet , bien 

qu'assez développé, n'obstrue pas 

complètement la vallée médiane; il 

n'y a pas de crochet. 

P 4 , et non la troisième molaire (P 3 ) selon Duvernoy, est arrivée à un degré d'usure fort 

avancé, est très courte, mais très élargie transversalement, est de taille très légèrement 

inférieure à celle de VA. albigense, son bourrelet est aussi développé. 

Les dents inférieures qui se rapportent certainement à la même espèce sont trop incom- 
plètes pour donner d'utiles renseignements ; je me bornerai donc à en figurer une ici de 
grandeur naturelle (flg. 8). 





Fig. 8. — Acerotherium albigense. 

Pièces décrites et figurées en réduction par Duvernoy, 

sous le nom de Rhinocéros minutus de Las Peyres, 

près Agen. (Musée de Toulouse. Grandeur naturelle.) 



1 1854. Rhinocéros minutus Duvernoy non Guvier, Nouvelles études sur les Rhinocéros fossiles, pi. VIIL 
fig. 6, 7, 8,9, p. 90 et 91. 



DESCRIPTION DES ESPECES 33 



POSITION STRATIGRAPHIQUE DU GISEMENT 

En consultant la carte géologique (feuille d'Agen), on s'aperçoit que le canal du Midi 
recoupe sous le hameau de Laspeyres un affleurement de Mollasses de l'Agenais, recouvertes 
par des calcaires travertineux qui correspondent , suivant la légende, à la fois aux calcaires de 
Cieurac (Stampien supérieur) et aux calcaires blancs de l'Agenais (Aquitanien inférieur). C'est 
donc probablement vers la base du Stampien supérieur qu'il convient de placer le gisement 
en question. Cette hypothèse est du reste d'accord avec le niveau que j'ai cru pouvoir 
attribuer au crâne de Sauzière, les deux gisements faisant partie d'une même région géolo- 
gique bien que distants de plus de quatre-vingts kilomètres. 



GRANE DES ARGILES STAMPIENNES DE MARSEILLE 

PL IV, fig. 1, 2, 3. 
Collections de l'Université de Lyon. 

Les collections de l'Université de Lyon contiennent un crâne à peu près complet de cette 
espèce. Cette pièce est comprimée de haut en bas par la pression des marnes ; l'extrémité 
nasale manque ainsi que les arcades zygomatiques. La partie moyenne de la calotte crânienne 
est bien conservée ainsi que le palais. La dentition, très usée, montre six dents du côté droit et 
quatre du côté gauche. 

Les prémolaires sont entamées presque jusqu'au bourrelet : il est donc impossible de 
distinguer les lobes ; elles sont quadrangulaires, plus larges que longues, et sont pourvues 
d'un fort bourrelet basilaire interne. 

Les arrière-molaires mieux conservées, surtout les dernières, sont identiques dans leurs 
détails de structure à la pièce type de l'Albigeois. La colline antérieure un peu plus développée 
que la postérieure, porte un anticrochet assez large et arrondi, très net dans M 2 , moins accusé 
mais pourtant visible dans M 3 . Un bourrelet basilaire assez développé s'observe à la partie 
antérieure et postérieure de la dent et disparaît sur la muraille interne. La vallée médiane 
de M 3 est largement ouverte, à peine rétrécie par l'anticrochet peu développé. 

La face supérieure du crâne est lisse comme dans tous les Acerotherium ; ce qui reste 
des os nasaux, c'est-à-dire la base seulement, montre que cette partie du crâne devait être très 
obtuse et tout à fait comparable à la partie correspondante de l'exemplaire type. 

Les crêtes sagittales sont peu développées. 

On peut relever sur cette pièce les dimensions suivantes : 

Longueur delà dentition : M 3 -P 2 . . 160 millimètres. 

Longueur des 3 M 95 — 

Si l'on compare ces chiffres à ceux qui ont été donnés plus haut de la pièce type, on peut 
constater que la forme de Marseille est de taille légèrement inférieure (164 millimètres 
contre 160). Cette différence ne dépasse pas les limites d'une simple variation individuelle. 

Arch. Mus. — t. XI. 5 



34 LES RHINOGÉRIDÉS DE L'OLIGOCÈNE D'EUROPE 



MANDIBULE 

Je rapporterais encore à cette espèce une mandibule provenant de la même masse 
argileuse et dont les dimensions concordent avec celles du crâne ci-dessus. (PL III, fig. 4 ? 5.) 

Cette pièce est remarquable par le peu de hauteur de sa branche horizontale par rapport 
à sa longueur. La branche montante est aussi peu élevée. Malheureusement l'échantillon 
étudié est fort endommagé en avant et en arrière, ce qui ne permet pas de préciser 
davantage. 

Cette mandibule porte les trois arrière-molaires des deux côtés; P 4 est seule intacte à 
droite ; P 3 est en partie détériorée ; P 2 manque totalement, tandis qu'une racine unique 
représente l'emplacement de P 1 . Il est donc facile de mesurer la longueur totale de la dentition 
qui est de 172 millimètres ; les trois M occupent 88 millimètres. 



RAPPORTS ET DIFFÉRENCES 

Les espèces, qui se rapprochent le plus en Europe de celle que nous décrivons, se trouvent 
toutes dans le Stampien et dans l'Aquitanien inférieur ; ce sont : VEggysodon Pomeli nov. sp. 
et Y Acerotherium minutum Cuvier. 

VAcerotkerium albigense, de plus petite taille que le Ac. minutum et que le D. pleuro- 
ceros, est de même grandeur que VE. Pomeli ; les dimensions suivantes mettront bien en 
évidence ces rapports : 

Longueur de P 4 à M" 2 : Ac. minutum . . . . . . . . . 100 millimètres. 

Ac. albigense 94 — 

Eg. Pomeli . 94 — 

Les prémolaires de cette espèce sont plus homéodontes que dans les deux autres formes ; 
le bourrelet basilaire est sensiblement plus développé que chez VA. minutum. P 4 moins usée 
que le type de Cuvier en diffère par l'absence de crochet. L'anticrochet, bien qu'assez fort chez 
l'A. albigense , est cependant moins développé que dans l'A. minutum ; il en résulte que la 
vallée est plus ouverte dans la pièce des environs d'Albi. Il en est de même pour M 2 , chez qui 
l'anticrochet est moins fort et où il n'y a pas de crochet. 

La canine inférieure, si l'on s'en rapporte à la pièce de Pyrimont figurée par M. Depéret, 
est plus tranchante et plus aplatie que dans l'A. minutum, où elle est plus triangulaire et 
moins acuminée. 

Les prémolaires de VE. Pomeli se distinguent par leur lobe antérieur moins fort que le 
postérieur et leur forme un peu moins quadratique ; P 2 est à cet égard tout à fait caractéristique : 
tandis qu'elle est à très peu près carrée dans l'A. albigense, elle est tronquée obliquement en 
arrière chez VE. Pomeli. P 1 est plus allongée et pourvue d'un talon antérieur qui manque 
chez VE. Pomeli. 



DESCRIPTION DES ESPÈCES 35 

La première molaire a un anticrochet très volumineux chez VA. albigense tandis qu'il 
est très réduit dans YE. Pomeli. 

Parmi les formes américaines du même niveau, deux espèces surtout par leur taille et 
leur dentition peuvent être comparées à celle qui vient d'être décrite : Y Aceratherium Copei 
Osb. et le Leptaceratherium trigonodum Osb. et Wort 1 . 

Le profil crânien se rapproche, surtout si Ton tient compte de l'écrasement, de 
L. trigonodum: l'échancrure nasale dans les deux espèces correspond à peu près au milieu de 
la deuxième prémolaire ; les os nasaux sont par contre plus étroits et plus allongés dans 
l'espèce américaine. La dentition diffère davantage : il est assez probable cependant, à en juger 
par l'alvéole, que les canines supérieures devaient être sensiblement de la même force. Les 
prémolaires sont d'un type plus primitif et par conséquent moins homéodontes dans le Lept. 
trigonodum. Le tubercule interne de la colline postérieure de P 2 est plus développé dans 
l'A. albigense, tandis que P 3 et P 4 ont leurs tubercules internes réunis par une barre 
transverse d'émail qui obstrue la vallée de la forme américaine ; cela ne s'observe qu'à la 
quatrième prémolaire de l'A. albigense. 

Les molaires ont une vallée plus ouvertes dans le L. trigonodum par suite du dévelop- 
pement moindre de l'anticrochet. 

Les canines inférieures sont moins ovalaires et plus aplaties transversalement et plus 
semblables à celles des Acerotherium du Miocène dans la forme du Midi de la France. 



ACEROTHERIUM MINUTUM Cuvjer 

1821-1825. Rhinocéros minutas Guvier, Recherches sur les ossements fossiles, 2 e éd., vol. II, pi. 98, pi. LU, 

fig. 1-7, 8, 9, et 4 e éd , vol. III, p. 170, pi. LUI, ûg. 7, 8, 9. 
1846. Rhinocéros minutus deMoissac, Blainville, Ostèographie, genre Rhinocéros, pi. XII. 
1859. Rhinocéros minutus Cuvier, in Gervais, Zoologie et Paléontologie françaises, 2 e Ed., p. 100. 
1834. Acerotherium minutum Guvier in Kaup, Recherches sur les ossements fossiles de JDarmstadt, pi. XII, 

fig. 11 (eœcL aliis). 
1900. Diceratherium minutum Guvier , in Osborn, Philogeny of the Rhinocéros of Europe, p. 237 (pro part.) 

fig. 5 p. 236 et ha, p. 238. 
1902. Rhinocéros (Acerotherium) minutus Guv., in Depéret etDouxami, les Vertébrés oligocènes de Pyrimont- 

Ghallonges (Mèm. Soc. pal. suisse, vol. XXIX, p. 29, pi. v, fig. 5). 



HISTORIQUE DE L'ESPÈCE 

Je n'insisterai pas sur les détails bibliographiques relatifs à cette espèce, tant de 
fois citée à tort, et dont le nom a été appliqué à toutes les petites formes de Rhinocéridés de 
l'Oligocène et du Miocène. Il me suffira de renvoyer tout d'abord à la liste ci-dessus, qui 
résume cette histoire et élimine tout ce qui n'appartient pas au Stampien et à FAquitanien, 
seuls niveaux où se trouve réellement cette espèce, et surtout à la longue discussion de 
la synonymie, donnée dans la description de la faune de Pyrimont, par MM. Depéret et 
Douxami. 



1 Osborn, The extinct Rhinoceroses, pi. XIII, fig. 1 et 2, p. 135 et 160. 



26 LES RHINOCÉRIDÉS DE L'OLIGOCÈNE D'EUROPE 

La seule réserve à faire dans les conclusions de ce dernier travail porte sur les deux 
points suivants : 

1° Les dents conservées au Musée de Toulouse et provenant de Las Peyres, près d'Agen, 
décrites par Duvernoy, sont de plus petite taille que celles du Rh. minutus, et ont été 
rattachées plus haut à l'espèce désignée sous le nom à' A. albigense. 

2° Les dents des argiles stampiennes de Saint-Henri, près Marseille, signalées par 
M. Collot, appartiennent aussi à cette même espèce. 

La note de M. Osborn, qui n'est pas mentionnée dans le travail de M. Depéret, contient 
une synonymie trop étendue du Rhinocéros minutus, et je pense qu'il y a lieu d'éliminer le 
Rhinocéros Croizeti et le Rhinocéros pleuroceros, qui forment une, ou peut-être deux espèces, 
tout à fait distinctes, et appartenant même à un autre rameau. 

Toutes les descriptions de cette espèce, données depuis le type, se basent sur des pièces 
incomplètes et il n'y aurait pas lieu d'y revenir si des fouilles exécutées il y a quelques années 
aux environs d'Alais, sous la direction de M. le professeur Depéret, n'avaient amené la 
découverte d'une dentition presque complète, se rapportant sans aucun doute à l'espèce de 
Cuvier. 



DESCRIPTION DE LA DENTITION D'AUZON PRÈS D'ALAIS 

(PI. V, fig. 3, 3*;) 
Collections de l'Université de Lyon. 

Le principal spécimen recueilli en ce point devait primitivement être un crâne complet, 
pourvu de sa mandibule; malheureusement les ossements, déjà désagrégés dans le sol, se sont 
complètement réduits en poussière lors de l'extraction, et il n'a été possible que de conserver 
la majeure partie de la dentition supérieure et inférieure. Une canine inférieure, trouvée dans 
le voisinage, appartient aussi à ce même individu. 

Dentition supérieure. — Le Rhinocéros auquel appartenaient ces dents était âgé; 
la dernière molaire est fortement entamée, tandis que les prémolaires ont une vallée qui com- 
mence à se fermer du côté interne. 

La série des molaires est intacte et complète du côté gauche, il y manque cependant la 
première P, qui certainement a dû se conserver assez tard, étant donné que la partie antérieure 
de P 2 porte une trace caractéristique de l'existence de cette dent. 

Les prémolaires sont quadratiques et molariformes, pourvues d'un bourrelet basilaire 
interne peu développé et s'atténuant jusqu'à disparaître sur les denticules internes de chaque 
dent. En arrière, le bourrelet est plus développé et forme un repli d'émail qui, dans l'état 
d'usure du spécimen, est presque aussi élevé que le bord postérieur de la colline postérieure et 
commence même à s'user. 

P 2 est un peu comprimée du côté interne, tandis que sa muraille externe, plus élargie, 
porte unparastyle assez bien développé. La colline antérieure se renfle du côté interne en un 
tubercule assez nettement indiqué. Elle est moins forte que la colline postérieure, qui est 
dirigée perpendiculairement à la direction de la muraille externe. La vallée médiane, quoique 



DESCRIPTION DES ESPÈCES 



37 



très réduite du côté interne, est encore parfaitement distincte; elle s'élargit en arrière en une 
cavité triangulaire, dont le sommet est dirigé du côté interne. Il n'y a ni crochet ni anti- 




Fjg. 9. — Dentition supérieure de l j 'Acerolherium minutum d'Auzon, près Alais. 
(Collection de l'Université de Lyon. Grandeur caturelle.) 



crochet. Le bourrelet basilaire est très peu développé sur les faces antérieure et interne de la 
dent, plus fort sur la partie postérieure; il n'y en a pas sur la muraille externe. 

P 3 et P l ont leur colline antérieure plus développée que la postérieure; il en résulte que 
la dent est plus élargie en avant qu'en arrière. La vallée médiane, qui devait être assez 
largement ouverte dans un individu plus jeune, est ici réduite à une simple cavité triangulaire. 
Le bourrelet est un peu plus développé que dans P 2 , mais, comme dans cette dent, il s'interrompt 
à la hauteur des deux tubercules internes ; il est très élargi sur la face postérieure. Le crochet 
et l'anticrochet sont peu apparents placés l'un en face de l'autre et se rejoignent par l'usure. 

Cette dernière prémolaire paraît, dans l'exemplaire d'Auzon^ être un peu plus allongée 
que la dent figurée par Cuvier, mais cette dernière est à un état d'usure plus avancé, qui lui 
donne un aspect différent. On remarquera que dans la pièce de Moissac, le bourrelet postérieur, 
si net dans notre spécimen, a complètement disparu, tandis que la vallée médiane est 
réduite à une simple cavité étroite et anguleuse. Les dimensions données par Cuvier sont 
légèrement inférieures à celles de notre pièce (largeur, 32 millimètres au lieu de 30 millimètres 
pour la pièce de Moissac; longueur, 41 millimètres au lieu de 38). 

La série des prémolaires est relativement longue par rapport à la série des arrière- 
molaires. P 2 est surtout remarquable par son allongement, 
qui permet de distinguer facilement YAc. minutum du Die. 
pleuroceros, dont la taille est à très peu près la même. La 
figure ci-jointe, représentant cette dent dans les deux espèces, 
rendra plus sensible ce caractère. 

La première molaire est tout à fait identique, par sa 
structure, à celle de Cuvier; sa colline antérieure, un peu 
plus développée que la postérieure, est remarquable par son 
fort anticrochet, qui obstrue complètement la vallée, tandis Fig. 10. — Proportions relatives de 

P 2 dans L'Acerat. minutum (A), 

que le tubercule interne est bien arrondi et très nettement et davs le Diceratherium pieuro- 
individualisé. Le crochet, assez bien marqué dans la dent de cenw(B). 

Pièces d Auzon et de Saint-Gérand-le- 

Moissac, n'est pas visible ici, par suite du degré d'usure de Puy. (Grandeur naturelle.) 




38 LES RHINOCÉRLDÉS DE L'OLIGOCÈNE D'EUROPE 

l'échantillon. La fossette postérieure est peu développée. Sur la partie postérieure de la dent 
le bourrelet basilaire est très développé et forme un méplat aussi accusé qu'aux prémolaires. 

La structure de M 3 est très analogue à celle de M 2 ; l'anticrochet est cependant un peu 
moins développé, et, par suite, la vallée plus largement ouverte ; un rudiment de crochet est 
visible à la base du lobe postérieur. Dans ces deux molaires, le parastyle est grand; il y a un 
indice de bourrelet à la base de la muraille externe. 

M 3 est très quadrangulaire et sa vallée largement ouverte ; elle possède un fort bourrelet 
antérieur, qui disparaît sur la partie interne de la colline antérieure. Ce lobe porte un anti- 
crochet peu développé. 

Dimensions : 

Longueur des trois molaires (M^M 3 ) .110 millimètres. 

— de P 2 -P 4 85 — 

Deux incisives supérieures (droite et gauche), provenant encore du même point, appar- 
tenaient aussi au même crâne : elles ont la forme caractéristique en bouton aplati et 
allongé de toutes les incisives du Rhinocéros (fig. 11). La couronne, très basse, est 
très fortement usée en dedans ; l'émail a disparu sur plus de la moitié de l'incisive gauche, 
et sur la droite, la majeure partie de la couronne est remplacée par une surface concave, 

qui ne laisse plus subsister que l'extrémité antérieure de la 

couronne. 

Ces dents sont bien plus grandes que celles qui ont été 

figurées par Guvier (PL 53, fig. 4 et 5), et se rapprochent 

davantage de celles du Diceratherium asphaltense (Vertébrés 



s/:"*^ m 







?m ^e Pjri mon t, pi. II, fig. 4 et 5), mais elles sont cependant un 



peu plus petites et un peu moins élargies 



Fig. il . - Acerotherium mi- Dimensions : 

nutum Guvier. Longueur de la couronne. . 35 millimètres. 

Incisive supérieure de l'échan- Largeur de la couronne 12 — 

TiLLONPiGDHÉ(Pl.VI,fig.3, Longueur totale 56 — 

3a). 

(Coll. Univ. Lyon. Grandeur 

naturelle.) Mandibule. — La mandibule, dont la partie osseuse n'a 

pas pu être sauyée, montre cependant de chaque côté six dents 
en bon état de préservation : trois prémolaires et trois arrière-molaires. Une canine isolée, 
mais faisant partie de la même série dentaire, vient compléter cette dentition. 

A la face antérieure de P 2 , on aperçoit une petite surface brillante sur l'émail, indiquant 
qu'il existait une première prémolaire qui devait persister assez longtemps comme à la 
mâchoire supérieure. Les prémolaires à deux croissants, comme toutes les dents inférieures de 
Rhinocéros, sont relativement plus allongées et plus étroites que les molaires; le croissant 
antérieur plus arqué que le postérieur est aussi plus développé dans P 3 et P 4 . Le bourrelet 
basilaire est extrêmement réduit dans notre spécimen; c'est à peine si l'on en distingue une 
trace sur la face postérieure du deuxième lobe des trois prémolaires. Il disparaît complète 
ment sur la face externe, sauf dans l'intervalle entre les deux croissants, où il est relati- 



DESCRIPTION DES ESPECES 



39 



vement assez bien indiqué. Il n'existe pas sur la muraille externe de la dent, sauf dans la 
vallée du premier croissant de P 3 et de P 4 . 

Cette réduction presque complète du bourrelet basilaire tendrait à éloigner le Rhi- 
nocéros d'Auzon de la mandibule de la petite espèce de Pyrimont, désignée par MM. Depéret 
et Douxami sous le nom de Rhinocéros (Acerotherium) minutus. Chez cette dernière pièce, 
qui est de taille tout à fait semblable, il existe un bourrelet bien développé 
aux prémolaires et presque continu sur la face externe, mais moins accentué 
sur la face interne. 

Les arrière-molaires sont très semblables et à peu près au même degré 
d'usure que celles de Moissac, figurées par Guvier (PI. 53, fig. 7, 8, 9), 
et ne possèdent plus que de très vagues indices de bourrelet basilaire à 
la partie antérieure du premier croissant et dans l'intervalle des collines. 
Elles diffèrent donc, dans les mêmes proportions que les prémolaires du 
Rhinocéros de Pyrimont, qui possède un bourrelet plus accusé avec un 
petit tubercule interlobaire au niveau de la vallée qui sépare les collines. 

La canine droite, la seule conservée, est très forte; elle est pourvue d'une 
racine cylindrique plus longue que la couronne. Celle-ci est convexe et épaisse 
sur le côté externe, à peu près plane et fortement usée sur la face interne. La 
section en est donc nettement triangulaire et plus large sur le bord extérieur, 
tranchante sur le côté intérieur. Le bord externe se raccorde à la racine 
par une courbe continue, tandis que, de Pautre côté, la couronne, élargie à 
la base, dépasse le bord de la racine. 

Les figures de la canine inférieure, données par Cuvier et par M. Depéret, 

faites d'après des pièces incomplètes, ne montrent que l'extrémité épaisse et 

triangulaire de la dent. Elles sont tout à fait semblables à la dent d'Auzon, 

mais elles ne donnent pas une juste idée de cette canine très forte, très 

aplatie, se rapprochant davantage de celle de V Acerotherium platyodon 

Mermier et de YAceroth. tridactylum Osb., que de celle du groupe de 

V Arpr Filholi Fig " 12 * ~" Ace ' 

1 /iCei . F tmOCl. rotherium mi- 

nu tum Guvier. 
Canine in fer. 
de l'échantil- 
lon figuré pi. 
Vr, fig. 3, 3a. 

(Coll. Univ. Lyon. 
Grand, natur.) 



RAPPORTS ET DIFFERENCES 




L'attribution du Rhinocéros minutus au genre Acerotherium, adopté 
ici, est encore un peu douteuse et le sera tant qu'on n'aura pas trouvé de 
crâne complet de cette espèce, muni de ces os nasaux. Il me semble donc un peu prématuré de 
le placer, ainsi que l'a fait M. Osborn, dans le genre Diceratherium ; il est vrai que cette 
attribution résulte surtout de ce que le savant paléontologiste américain avait admis à la suite 
de Lydekker l'identité du Rhinocéros pleuroceros Duvernoy, de Gannat, avec cette espèce. 
Il a du reste aussi compris dans cette synonymie le Rhinocéros Croizeti 1 de la même 
provenance. 



On a vu plus haut que ce nom doit disparaître de la nomenclature tant qu'on ne connaîtra pas le type de Pomel 



40 LES RHINOCÉRIDÉS DE L'OLIGOCÈNE D'EUROPE 

Ces deux espèces sont toutes deux de plus petite taille que la forme de Cuvier : longueur 
de six molaires (de P 2 -M 3 ) prise à la base de la couronne, dans le Rh. pleuroceros = 175 mill. ; 
dans VEggysodon Pomeli = 170 mill. environ; dans le Rh. minuties = 200 mill. 

Nous ne pouvons malheureusement pas comparer la dentition du Rh. pleuroceros, qui n'a 
pas été figurée par Duvernoy , parce que la pièce qu'il décrivait appartenait à un individu trop âgé. 

La dentition de VE. Porneli, qui a été figurée plus haut (p. 9, fig. 1), se distingue par des 
prémolaires plus hétérodontes et pourvues d'un bourrelet élevé qui donne un caractère archaïque 
assez prononcé à cette espèce. Les molaires ont leurs vallées plus largement ouvertes, leurs lobes 
sont moins massifs et complètement dépourvus d'anticrochet ; M 2 est plus triangulaire, avec un 
lobe postérieur très réduit, tandis qu'il est aussi développé que l'antérieur dans VA. minutum. 

UA. albigense, de plus petite taille aussi, a des molaires plus homéodontes que VA. 
minutum ; les prémolaires, plus courtes et plus carrées, diffèrent par leur bourrelet basilaire 
très haut et leur lobe antérieur plus réduit. L'anticrochet des molaires et surtout de M 1 est bien 
moins saillant ; il en résulte que la vallée est plus largement ouverte dans la forme de l'Albi- 
geois. La canine inférieure appartient au même type à section triangulaire et à tranchant 
interne ; elle est toutefois beaucoup plus petite. 

U Acerotherium minutum se rapproche beaucoup par la taille de V Acerotherium tridac- 
tylum Osborn 1 , de l'Oligocène américain (Protoceras Beds), mais en diffère sensiblement par 
les détails. Dans cette espèce, le bourrelet basilaire des prémolaires est plus accentué et plus 
continu, les collines sont bien distinctes et la vallée plus largement ouverte que dans VA. minu- 
tum. Dans P 7 % les tubercules internes tendent à se réunir dans les deux espèces. Les molaires sont 
plus différentes par suite du développement plus considérable de l'anticrochet de Y A. minutum. 
M 3 possède un rudiment de « crista » très apparent qui n'existe pas dans la forme européenne. 

Les canines inférieures sont assez semblables dans les deux espèces ; elles appartiennent 
au type subtriangulaire de M. Osborn (loc. cit. p. 115, fig. 26, et p. 134, fig. 35). 



GISEMENT ET RÉPARTITION STRATIGRAPHIQUE 

Le gisement d'Auzon, d'où provient le spécimen figuré, est situé entre Saint- Julien- 
de-Cassagnas et Les Fumades, au Nord d'Alais : il appartient à la longue bande de marnes et 
de conglomérats, à éléments parfois assez volumineux qui recoupent obliquement, sur une 
quarantaine de kilomètres, la moitié Est de la feuille d'Alais. Ces couches reposent sur les 
calcaires en plaquettes du Sannoisien, bien datés par leur faune de mollusques et de vertébrés. 
Elles sont surmontées par une série de marnes et de calcaires, à peu près dépourvus de 
fossiles, attribués par les auteurs de la carte géologique d'Alais à l'Aquitanien. 

Les débris à' Acerotherium étaient accompagnés de quelques dents peu caractéristiques 
de Dremotherium et de Crocodile. 

Dans cette même région, le Rhinocéros minutus a été signalé par Gervais 2 à Boujac 
et au château d'Arène, au Sud d'Alais ; ces deux localités, fort rapprochées l'une de l'autre, 

1 Memoirsofthe american Muséum ofNatural History % vo\.\. part. III, p. 159, pi. XIII, XVII, XIX et XX. 

2 Zool. et Pal. Fr., p. 106. 



DESCRIPTION DES ESPÈCES 4t 

appartiennent à une même assise et peuvent être considérées comme un seul gisement. En ce 
point cette espèce était accompagnée à J Anthracotherium magnum et d'un Dremotherium 
ou Amphiiragulus . C'est très probablement à la même époque qu'il faut rattacher le- 
Rhinocéros de Salindres, trouvé au même niveau et à peu de distance. 

Au point de vue stratigraphique, Auzon est situé à un niveau un peu inférieur à Boujac*. 
mais malgré l'épaisseur assez considérable de sédiments qui séparent les deux gisements, il est 
assez vraisemblable qu'ils sont peu éloignés chronologiquement, étant donné la rapidité avec 
laquelle s'opèrent en général les formations torrentielles analogues à celles du bassin d'Alais- 

En dehors de la région languedocienne, les localités qui renferment réellement le Rhino- 
céros minutus sont les suivantes : 

a) Moissac (Tarn-et-Garonne), localité type de Cuvier, où il est associé à YAnthra— 
cotherium magnum Cuv., au Microselenodon minus Guv. et au Cadurcotherium Nouleti 
Roman 1 . Ce niveau est attribué par M. Vasseur au Stampien supérieur. 

b) Pyrimont-Challonges (Savoie), où il est accompagné d'une très nombreuse faune 
décrite par M. Depéret (loc. cit. ante, p. 32), dont les principaux types sont les suivants : 
Die. asphaltense Dep. et Doux., Paratajoirus helveticus V. Meyer, Brachyodus porcinus 
Gervais, Cainotherium commune Br&vRvà, Amphitragulus elegans, etc. Cette faune, attribuée* 
par M. Depéret à l'Aquitanien, correspond, à très peu près, à celle de Saint-Gérand-le-Puy. 

Enfin le Rh. minutus a été mentionné par Kaup, dans l'Aquitanien de Weinheim, près. 
Alzey ; mais ces citations, en éliminant tout ce qui a trait à Eppelsheim et qui appartient au 
Pontique, ne me paraissent néanmoins pas très certaines. Il se peut que Kaup désigne sous ce 
nom la petite espèce décrite par M. Deninger sous le nom de Ronz. Reichenaui et que nous 
avons rapportée au genre Eggysodon. 

En résumé, Y Acerotherium minutum est donc une espèce qui a vécu dans le Stampien 
supérieur et dans l'Aquitanien inférieur exclusivement. 

1 Le Cadurcotherium de l'Isle-sur-Sorgues etc. (Archives du Muséum d'Hist. nat. de Lyon, vol. X, p. 40)~ 



Arch. Mus. — t. XI 



42 LES RHINOCÉRIDÉS DE L'OLIGOCÈNE D'EUROPE 



IL — Formes de grande taille. 



Groupe de l'ACEROTHERIUM FILHOLI 
ACEROTHERIUM VELAUNUM Aymard 

(PL N, fig. 2, 2a.) 

1854. Ronzotherium velaunum Aymard, Congrès scientifique de France, 22 e session au Puy, p. 235 et 265. 

1854. Ronzotherium velaunum Aymard, Cpt. Rend. Ac. Se, t. XXXVIII, p. 676. 

1881. Acerotherium velaunum Aymard, in H. Filhol, Mammifères fossiles de Ronzon, y. 75 

HISTORIQUE ET DESCRIPTION DES PIÈCES DU MUSÉE DU PUY. 

La pièce type de cette espèce est conservée dans les collections du Musée du Puy. Elle a 
été décrite dans tous ses détails par Filhol, qui en a donné une figuration en partie inexacte 1 . 
Il est difficile de reconnaître dans cet échantillon les détails qui ont été indiqués dans la mono- 
graphie de Ronzon. Cette pièce type est, comme on le sait, une mandibule droite dont l'arcade 
montante est bien conservée et qui est sectionnée en avant de la deuxième prémolaire. 

Je ne reviendrais pas sur cette espèce, si je n'avais eu entre les mains, grâce à l'obligeance 
de M. Dreyfus, conservateur du Musée paléontologïque du Puy, une autre mandibule de cette 
même espèce et de la même provenance, dont la partie antérieure est plus complète et montre 
les canines en place. 

Je n'ai malheureusement pas pu retrouver la trace d'un maxillaire supérieur, faisant 
partie de la collection Pichot-Dumazel, mentionné par Filhol dans sa description et dont il 
n'avait pu obtenir communication. Cette pièce n'existe pas au Puy, bien que la collection en 
question ait été léguée au Musée de cette ville. 

La pièce type d' Aymard dénote un animal de forte taille, très voisin par ses dimensions 
de V Acerotherium Filholi, des Phosphorites et du Stampien de Vaucluse. La dentition est de 
225 millimètres, sur lesquels 140 sont occupés par les arrière-molaires. 

Les dents de cette espèce ont, d'une façon générale, une forme assez ramassée ; elles sont 
hautes et assez élargies transversalement. 

1 Si le profil de cette mandibule tel qu'il a été représenté par Filhol dans sa monographie de Ronzon est à peu 
près exact, il n'en est pas de même de la vue supérieure de cette même dentition qui est manifestement arrangée 
parle lithographe. On a beaucoup de peine en effet à se rendre compte, dans l'état de conservation où se trouve la 
pièce, descaractères indiqués par Filhol. J'ai essayé de donner ci-après une figuration au trait de ce spécimen (fig. 13, 
p. 43) dans laquelle tout C3 qui n'est pas suffisamment distinct sur le type a été représenté en pointillé. Il n'est pas 
probable que cette pièce, qui n'a pas quitté le Musée du Puy depuis Filhol, ait été postérieurement endommagée : 
nous nous trouvons donc bien en présence d'une restauration faite par ce paléontologiste, restauration qui a induit en 
erreur tous ceux qui en ont parlé après lui sans se reporter à la pièce originale. Remarquons, en passant, que la 
figure lithographiée est inversée et n'est pas de dimensions rigoureusement proportionnelles à l'échantillon. 



DESCRIPTION DES ESPECES 



43 




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Dans les prémolaires, le lobe antérieur est sensiblement plus fort que le lobe postérieur, de 
telle sorte que la partie la plus élevée de la dent correspond à la partie postérieure du lobe antérieur. 

La deuxième prémolaire est en assez ^ ^ 

mauvais état de préservation dans la pièce 
type; il en est de même de la troisième, 
dont la partie antérieure est partiellement 
détruite. On peut cependant constater que le 
croissant antérieur est fortement recourbé à 
angle droit sur le côté externe de la dent, 
de telle sorte que sa partie postérieure forme 
une muraille transverse correspondant à la 
plus grande largeur de la dent. Filhol a 
beaucoup insisté sur cette disposition qui, 
selon lui, permet de distinguer la forme 
de Ronzon des Ageratherium d'un niveau 
plus élevé. 

P 4 , en meilleur état de préservation, 
a une structure semblable : le premier crois- 
sant, après s'être recourbé à angle droit 
sur le bord externe, suit cette muraille, puis 
se recourbe de nouveau à angle droit en 
s'abaissant et atteint la muraille interne. Le 
croissant postérieur est courbé lui aussi à 
angle droit et vient s'appuyer en se ter- 
minant contre l'angle du croissant anté- 
rieur. Toutes ces dents ne portent pas de 
bourrelet externe. 

La structure des molaires est sem- 
blable, sauf la taille, à celle des prémo- 
laires ; le lobe postérieur est cependant un 
peu moins courbé. 

La deuxième mandibule du Musée du 
Puy se rapporte, sans aucun doute, à la 
même espèce ; elle appartient à un individu 
un peu plus âgé que le type d'Aymard, si 
l'on en juge par l'état d'usure de M 1 et de 
P 4 ; mais cette pièce est plus complète que 
la précédente, surtout vers la partie anté- \ îjA 

rieure. D'après la date inscrite sur l'éti- 
quette : 1841, cette pièce a dû être trouvée à peu près à la même époque que la pièce 
type, et faisait partie de la collection Pichot-Dumazel ; c'est ce qui explique que Filhol 
n'en ait pas eu connaissance, puisqu'il n'avait pu avoir communication de cette collection 
particulière. Je n'ai pu figurer cette pièce qu'en partie. Il aurait été nécessaire de préparer 




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CL. 



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44 LES RHINOCÉRIDÉS DE L'OLIGOCÈNE D'EUROPE 

complètement cette mandibule qui est fragmentée. Des raisons administratives ont empêché le 
conservateur du Musée du Puy de m'envoyer cette pièce à Lyon pour la reconstituer, ainsi que 
je lui en avais fait la proposition à diverses reprises. On trouvera néanmoins PI. II, %. 2 
et 2a la représentation de la partie antérieure de ce spécimen photographié sur place, au Musée 
«du Puy dans de mauvaises conditions d'éclairage. 

P 1 est une dent relativement courte et large, dont la plus grande largeur correspond 
à la partie postérieure du croissant antérieur. 

P 2 est malheureusement brisée sur le côté antéro-interne ; elle est aussi assez trapue et 
4e forme triangulaire. 

On peut reconnaître sur cette pièce l'existence d une première prémolaire de très petite 
taille et représentée par une racine unique. 

La partie la mieux conservée et la plus importante est l'extrémité antérieure, qui porte 
deux fortes canines. 

Ces canines qui sont de très forte taille sont tout à fait comparables à celles de 
¥ Acerotherium Filholi et elles ont une section à peu près cylindrique à la base, et vont en 
«'amincissant et deviennent tranchantes vers l'extrémité. Elles sont légèrement usées à leur 
partie terminale. 

Les deux incisives sont très rapprochées dans l'adulte et ne laissent pas place aux 
incisives qui existaient chez les jeunes individus ; ces dernières dents étaient au nombre de 
■deux : on peut en apercevoir une, de très petite taille et arrondie, dans une troisième mandibule 
d'un jeune individu dans lequel les molaires n'étaient pas sorties des alvéoles et qui appartient 
aussi au Musée du Puy. 

L'intervalle entre la base des incisives qui étaient insérées presque horizontalement dans 
le maxillaire, et la première prémolaire était très court (23 millimètres dans l'échantillon 
décrit). 

J'ai pu relever les dimensions suivantes sur les canines figurées : 

Longueur depuis l'alvêolejusqu'à l'extrémité 75 millimètres 

Diamètre transverse, à la hauteur de l'alvéole 25 — 

Diamètre antéro-postérieur 25 — 



RAPPORTS ET DIFFÉRENCES 

Le Rhinocéros de Ronzon, d'après les pièces du Musée du Puy, par sa grandeur et par 
la disposition de ses incisives offre les rapports les plus étroits avec Y Acer. Filholi et VAc. 
lemanense, dont il paraît avoir été l'ancêtre direct. 

Le lobe postérieur des prémolaires est un peu moins développé dans la pièce de Ronzon que 
dans celle del'.4. Filholi àe la. Milloque. Les autres caractères de la dentition sont sensible- 
ment les mêmes dans les deux spécimens qui sont à un degré d'usure différent. La pièce de 
la Milloque est toutefois d'une dimension légèrement inférieure (longueur de P 2 à M 3 = 
190 millimètres contre 225), cette différence ne peut nous surprendre, étant donné que l'on 
& affaire à une femelle. 

Les dimensions de la dentition supérieure de VA . Filholi relevées sur la pièce de Pernes 



DESCRIPTION DES ESPÈCES 45 

M 3 P 2 =230 millimètres) sur celle des Phosphorites (M 3 P 2 = 224 millimètres, sec. Osborn) 
sont au contraire un peu supérieures sinon égales à celles de la pièce de Ronzon. 

La canine de Y Acerotherium de Ronzon est aussi très semblable à celle du Filholi, qui 
est figurée plus loin (p. 48, fig. 15). Cette dent en forme de poignard, presque cylindrique à 
la base, est tranchante vers son extrémité du côté interne seulement; elle est un peu plus petite 
et un peu plus déviée vers l'extérieur. 

Le Rhinocéros velaunus d'Aymard est donc une forme qui doit, au même titre que le 
Filholi et le lemanense, être classée dans le genre Acerotherium comme l'avait indiqué 
Filhol, avec lesquels il forme un rameau continu. 

Le nom générique proposé par Aymard pour cette espèce : Ronzotherium, d'ailleurs mal 
défini par son auteur, n'a donc aucune raison d'être (voir p. 8). 

Il ne faut clone pas l'employer dans le sens indiqué par MM. Osborn, Schlosser et Deninger 
qui ont considéré le genre Ronzotherium comme formant un groupe très spécial et primitif 
comprenant des espèces à canines inférieures dressées verticalement analogues à celles des 
Palseotherium et dont les prémolaires supérieures sont munies d'un fort bourrelet basilaire et 
dont les lobes convergent du côté interne. 

La pièce de Ronzon ne présentant aucun de ces caractères et offrant par contre des carac- 
tères communs avec les Acerotherium, ne peut donc rester le type d'un genre tout différent. 

Il me paraît donc rationnel, tant qu'on n'aura pas de preuves du contraire, de maintenir 
cette espèce dans le genre Acerotherium et d'en faire le premier terme de la série de ces grands 
Rhinocéridés oligocènes du groupe de VA. Filholi avec lesquels il présente tant de rapports. 

Il est bien évident toutefois, que l'on doit attendre de posséder, si ce n'est un crâne 
complet tout au moins une dentition supérieure entière pour se prononcer en toute connais- 
sance de cause. 



ACEROTHERIUM FILHOLI Osborn 

1900. Aceratherium Filholi Osborn, Phylogeny of IUiinoceroses of Europe (Bul. Am. mus., vol. XIII p 240 
fig. 8, A.) 

HISTORIQUE DE L'ESPÈCE 

Le type provient des Phosphorites du Quercy et fait partie de la collection Rossignol au 
Muséum à Paris., 

M. Osborn a donné une figure au trait de cette espèce, qu'il a pu reconnaître parmi les 
échantillons des Phosphorites conservés au British Muséum à Londres et au Musée de 
Munich. Elle était partout désignée sous le nom à 9 A. lemanense, espèce qui serait selon 
M. Osborn son descendant dans le Stampien supérieur et PAquitanien. 

VA . Filholi a depuis été rencontré en Suisse par M. Jenny à Kleinblauen (canton de Baie), 
dans des couches marines renfermant Natica crassatina et appartenant au Stampien inférieur 1 . 

1 D r Jenny, Fossilreiche Oiigocaenablagerungen am Sudhang des Blauen (Verh. Natforsch. Ges in Basel 
vol. XVJII, p. 125). 



46 LES RHINOCÉRIDÉS DE L'OLIGOCÈNE D'EUROPE 

M. Stehlin signale en outre une forme très voisine, si ce n'est identique, dans le Stampien 
inférieur deBumbach près Schangnau 1 . 

Ces pièces seront décrites plus loin grâce à l'obligeance de M. Stehlin qui a mis à ma dispo- 
sition tout ce qui se rapportait à cette espèce dans les collections du Musée de Bâle. On verra en 
outre que cette espèce a été retrouvée dans une série de gisement du Sud-Ouest de la France. 

Enfin plus récemment, M. Joleaud a eu la bonne fortune de rencontrer une belle pièce de 
cette espèce à Pernes, près Garpentras (Vaucluse) ; cette découverte a été mentionnée dans 
une note à l'Académie des Sciences 2 . C'est cet échantillon, actuellement à l'Université de Lyon, 
qui va être décrit ici. 

Les trois derniers gisements mentionnés ci-dessus ont une très grande importance parce 
qu'ils permettent de préciser l'âge de ce Rhinocéros connu seulement jusqu'ici des Phosphorites, 
c'est-à-dire de localités dont la position stratigraphique peut varier du Bartonien au Stampien. 



DESCRIPTION DU CRANE DE PERNES 

(PI. V,fig. 1, la, 1&, 2.) 

Le spécimen que nous avons entre les mains est un crâne incomplet, dont les fragments 
ont été recueillis avec beaucoup de soin par M. Carichon, ancien maire de Pernes, qui l'a 
découvert dans sa propriété en faisant une fouille pour extraire du sable de construction. Ce 
spécimen était malheureusement isolé, et il ne paraît pas probable que l'on puisse trouver 
d'autres débris de Vertébrés au même point. 

Ces débris à'Acerotherium,, préparés au Laboratoire de géologie de l'Université de Lyon, 
et rapprochés les uns des autres, ont permis de reconstituer une bonne partie de l'extrémité 
postérieure du crâne, la dentition supérieure presque complète, une partie de l'arcade orbitaire 
et de la région nasale. Malheureusement une partie des pièces en contact n'ayant pas été 
recueillies sur le terrain, on a dû remplacer par du plâtre les fragments qui manquaient et placer 
les dents à une distance un peu arbitraire. De même la région occipitale a été rejointe artificiel- 
lement à la partie conservée du palais. Il en résulte que le profil donné à cette espèce sur la 
planche n'est qu'approximatif, la région occipitale étant probablement trop redressée. 

Malgré ces défectuosités, la pièce de Pernes n'en reste pas moins le plus beau spécimen 
connu jusqu'à ce jour de VA. Filholi. 

La forme générale du crâne est difficile à apprécier, étant donné que la partie occipitale ne 
se raccorde pas avec la partie antérieure. Il semble cependant assez probable que ce crâne était 
allongé et assez surbaissé dans la région frontale, probablement plane, tandis que la crête 
occipitale proéminait fortement. 

La partie postérieure presque intacte, au moins sur une de ses moitiés, vu par derrière, 
offre une ressemblance frappante avec celle del'^4. occidentale Leidy, des couches à Oreodon 
de l'Amérique du Nord, ainsi que le montre le tableau comparatif ci -joint (fig. 14, I). La 

1 Stehlin, Ueber die Grenze Zwischen Oligocaen und Miocaen inder Schweitzer Molasse (Eclogse Helvetise, 
vol. VH, p. 360, 1903). 

2 Comptes rendus Ac. des Se, vol. GX1V, p. 1233, 1907. 



DESCRIPTION DES ESPÈCES 



47 



partie supérieure de la crête occipitale est cependant un peu plus largement étalée. VA. 
lemanense oflre à peu près les mêmes caractères mais il est moins rétréci vers le milieu et 



il 




ni 



IV 





Fig. 14. — Face postérieure du Grane des principales espèces n'Aceratherium d'Europe. 

I. Acerotherium Filholi de Pernes. 

II. Acerotherium lemanense de Gannat. (Collection de l'Université de Lyon.) — IIL Diceratherium pleuroceros, d'après 

la figure de Duvernoy. — IV. Acerotherium platyodon. (Collection de l'Université de Lyon.) 



moins étalé vers la partie supérieure. Le profil postérieur du crâne est proportionnellement 
moins élevé et moins sinueux à la partie supérieure dans VA. platyodon. 

Les apophyses styloïdes et mastoïdes sont imparfaitement conservées ; les premières 
paraissent plus massives que dans VA. lemanense. 

Les arcades zygomatiques ne sont représentées que par des fragments de leur partie 
antérieure et postérieure. 



Dentition. — Les arrière-molaires des deux côtés sont intactes, tandis que deux 
prémolaires seulement, sont entières (P 2 , gauche et droite), les autres ont perdu leur muraille 
externe. 



48 



LES RHINOCÉRIDÉS DE L'OLIGOCÈNE D'EUROPE 



La série des M occupe 138 millimètres, contre 94 millimètres pour les trois P; il y a 

donc une assez forte différence entre les deux séries, 
même en tenant compte de P 1 qui n'est repré- 
sentée ici que par sa racine. 

Prémolaires. — Dans leur ensemble, les 
prémolaires, très nettement hétérodontes, se dis- 
tinguent à première vue des arrière-molaires par 
leur taille et surtout leur forme bien différente, 
tandis que les molaires sont presque carrées, les 
prémolaires sont proportionnellement plus larges 
que longues et pourvues d'un bourrelet interne 
basilaire très développé. 

P 2 , notablement plus petite que les prémolaires 
suivantes, est de forme quadrangulaire, légèrement 
rétrécie du côté interne ; sa colline antérieure est 
un peu moins développée que la postérieure, qui 
est un peu plus sinueuse. La vallée médiane est 
peu profonde ; il existe un léger bourrelet sur la 
muraille externe. 

P 3 et P 4 ont très sensiblement la même 
forme : la partie postérieure de la dent est plus 
comprimée transversalement que la partie anté- 
rieure ; il en résulte que la muraille interne, au 
lieu d'être à peu près parallèle à la muraille 
externe comme dans P 2 , est dirigée obliquement 
en arrière. La vallée médiane est réduite à une 
cavité quadrangulaire peu profonde ; sur le côté 
antérieur de la deuxième colline on. distingue 
un léger pli d'émail, en forme de crochet, plus 
développé dans P 4 que dans P 3 . Le bourrelet 
interne de ces deux dents est très marqué. La 
muraille externe manque des deux côtés dans 
notre spécimen. 

Arrière-molaires. — La première arrière- 
molaire, la plus usée, montre deux collines sub- 
égales, séparées par une vallée à peine sinueuse 
et largement ouverte du côté interne. Un léger 
renflement du côté interne de la colline antérieure 
correspond à la place de l'anticrochet ; il paraît 
surtout résulter de l'état d'usure de la dent. La 
muraille externe est assez oblique et le parastyle 
bien développé ; un bourrelet peu important se voit surtout sur la face interne de la colline 
antérieure, et dans la vallée, il disparaît complètement sur la colline postérieure. 




DESCRIPTION DES ESPÈCES 4£ 

M 2 est caractérisée par sa vallée médiane, très largement ouverte, qui sépare deux 
collines à peu près aussi développées l'une que l'autre ; l'antérieure est cependant un peu 
plus forte. 

Le fait le plus saillant, déjà bien mis en lumière par M. Osborn, et qui permet de 
distinguer sûrement cette espèce, c'est l'absence complète de crochet et d'anticrochet à cette 
molaire aussi bien qu'à la dernière. Il y a un rudiment de bourrelet basilaire interne sur la 
colline antérieure de la dent ; le parastyle est bien développé. 

La dernière molaire offre la forme quadratique typique des Acerotherium, elle est surtout 
remarquable par sa vallée médiane largement ouverte et dépourvue de crochet et d'anticrochet.. 



RAPPORTS ET DIFFÉRENCES 

Par sa taille, cette espèce se rapproche beaucoup de l'A. lemanense Pomel (= ganna— 
tense, Duvernoy), du Stampien supérieur et de la base de l'Aquitanien; c'est sous ce dernier 
nom que les pièces des Phosphorites ont été désignées dans les différents Musées. 

Selon M. Osborn, YAc. lemanense serait le descendant direct de la forme du Stampien 
inférieur. Je ne partage pas entièrement cette opinion : comme nous verrons plus loin (voir 
p. 51 et suiv.) YAc. Filholi n'est pas exclusivement propre à la partie inférieure et même 
moyenne du Stampien; il se retrouve encore au sommet de cet étage, dans les argiles de 
Marseille contemporaines à très peu près des assises fossilifères de Saint- Gérand-le-Puy. 
Bien que l'on n'ait pas encore trouvé les deux espèces réunies dans le même gisement, il est 
cependant assez probable que l'A. lemanense a été contemporain de l'A. Filholi. Il n'est 
donc pas possible de faire dériver Tune des espèces de l'autre. 

L'A. lemanense a une dentition plus homéodonte que l'A. Filholi : les prémolaires sont 
un peu plus carrées du côté interne et relativement plus larges ; le bourrelet basilaire est plus 
réduit 1 , principalement sur le côté interne de P\ Les collines sont plus égales ; la vallée reste 
plus longtemps ouverte dans l'A. lemanense, tandis qu'elle se ferme plus tôt par l'usure de la 
dent. Enfin, il existe un léger repli d'émail en forme de crochet à P 3 et P 4 , qui ne se voit pas 
dans l'espèce de Gannat. 

Les molaires se distinguent dans les deux formes par l'absence complète de crochet et 
d'anticrochet chez l'A. Filholi, tandis que dans l'A. lemanense, il existe un anticrochet assez 
volumineux dans M 1 , plus réduit dans M 2 . 

La dentition de l'A. Filholi peut encore se comparer à celle du Die. asphaltense de 
l'Aquitanien de Pyrimont (Savoie), qui est aussi approximativement de la même dimension ; 
mais ici la largeur de la vallée et l'absence complète de crochet et d'anticrochet, aux arrière- 
molaires suffisent pour séparer les deux dentitions. Il n'y a en outre pas de bourrelet basilaire 
chez le Die. asphaltense. 

Les prémolaires sont très différentes et indiquent un stade d'évolution plus avancé dans 



1 Ce caractère n'a pas une valeur absolue; M. Osborn fait remarquer en effet qu'il varie avec le seie efe 
l'individu. 

Arch. Mus. — t. XI. 



50 LES RHINOCÉRIDÉS DE L'OLIGOCENE D'EUROPE 

la forme de Pyrimont : P 4 en particulier est déjà tout à fait molariforme et ne se distingue des 
arrière-molaires que par sa forme un peu plus comprimée d'avant en arrière. 

M. Osborn compare encore l'A. Filholi à l'A. jolatycephalum Osborn et Worth. 
de l'Oligocène des Montagnes Rocheuses, qui se trouve dans la majeure partie de l'étage 
depuis les Tithanotherium Beds (partie moyenne et supérieure), jusque dans les Proto- 
ceras Beds, au sommet de la formation. Cette espèce, bien que de même taille, a un profil 
postérieur du crâne totalement différent, surbaissé et plus large que haut dans l'A. pla- 
tycephalum, un peu plus haut que large dans l'A. Filholi ; pareille différence doit du 
reste s'observer dans le profil longitudinal de la partie supérieure du crâne qui devait être 
plus excavé dans VA. Filholi, mais à ce dernier point de vue il est difficile de donner actuelle- 
ment une appréciation bien exacte, la pièce de Pernes ayant malheureusement été brisée un 
peu au delà de l'arcade zygomatique. 

La dentition est cependant très analogue dans les deux types et se trouve à peu près au 
même degré d'évolution. Les arrière-molaires de TA. platycephalum ont une vallée bien 
ouverte du côté interne sans crochet, ni anticrochet, mais cependant légèrement plus étroite 
que dans l'A. Filholi; les crêtes des prémolaires sont incomplètement développées et le lobe 
antérieur plus fort que le postérieur. 



GISEMENTS DIVERS DE LAGEROTHERIUM FILHOLI 
I. — Sud-Ouest de la France. 

Les gisements stratifiés de cette espèce sont assez nombreux dans le Midi de la France, 
principalement dans le bassin de la Garonne. Une bonne partie des matériaux de cette région 
m'ont été communiqués par M. Stehlin, qui a réuni au Musée de Bàle de très nombreux docu- 
ments sur cette région. 

a) Calcaire à Astéries. — Le gisement le plus occidental qui ait fourni V Acerotherium 
Filholi est la localité d' Aillas (Gironde^ dans le Bazadais. Les Vertébrés proviennent du 
Calcaire à Astéries à Natica crassatina. Ce gisement a donné deux dernières molaires supé- 
rieures, une portion interne d'une autre M, dont la place ne peut être déterminée. Deux 
prémolaires supérieures et une molaire inférieure. Toutes ces dents sont très usées, ainsi que 
l'on doit s'y attendre pour des pièces rencontrées dans un gisement marin, mais ne laissent 
cependant aucun doute sur la détermination de l'espèce. 

Ces quelques pièces étaient associées en ce point à une deuxième espèce de Rhino- 
cèridè de petite taille (Fggydodon Osborni, voir p. 16). 

L'importance de cette trouvaille réside surtout dans sa position stratigraphique qui 
montre que le groupe des Acerotherium a son origine à un niveau peu élevé de l'Oligocène : 
les Calcaires à Astéries ont été jusqu'à ce jour considérés comme les équivalents du Stampien 
du bassin de Paris. Il semble toutefois, d'après les observations de M. H. Douvillé 1 , qu'il faille 

1 Le terrain nummulitique du bassin de l'Adour (B. S. G. F., IV, t. V, p. 55). 



DESCRIPTION DES ESPÈCES 51 

un peu vieillir cette assise dans le Bordelais et la placer dans le Sannoisien supérieur ; le 
Stampien manquerait par lacune et discordance 

Le même niveau (Calcaire à Astéries) a donné encore à peu de distance de la localité 
précédente, à Meilhan (Lot-et-Garonne) entre la Réole et Marmande, une dernière molaire 
supérieure dans le même état de conservation que les pièces de Aillas et tout à fait identique 
par ses dimensions. Cette dent, dont la muraille externe est fortement endommagée, a la forme 
quadrangulaire caractéristique de M 3 de VAc. Filholi et mesure 57 millimètres. Elle fait 
partie de la collection de Bonal, acquise par le Musée de Bâle. 

b) Mollasses stampiennes de VAgenais. — Les Mollasses de cette région représentent 
l'étage Stampien dans son ensemble, et il est souvent difficile de préciser si l'on se trouve à la 
base ou à la partie supérieure de l'étage. La plupart des gisements renferment deux formes 
de Rhinocéridés : une grande espèce qui se rattache à VAc. Filholi et une petite que j'ai 
désignée sous le nom à J Ac. albigensis. 

A Villebramar la grande espèce existait, nous en avons pour preuve une dernière molaire 
inférieure de grande taille (collection de Bonal, Musée de Bâle). Cette dent est usée assez bas, 
elle appartenait donc un individu âgé. Elle est remarquable surtout par un bourrelet externe 
accusé. 

Le gisement de Comberatière, sensiblement au même niveau, nous a donné deux molaires 
supérieures (M 2 et M 3 , col. de Bonal, Bâle), et une prémolaire supérieure (Musée de JNérac), 
identiques à celles des Phosphorites et de Pernes qui ne laissent aucun doute sur l'existence de 
VAc. Filholi en ce point. 

On est plus embarrassé pour le gisement de la Milloque près de Penne (Lot-et-Garonne), 
où l'abbé Landesque, qui a exploré ce gisement avec grand soin, a signalé, sans le décrire, 
un Rhinocéros sous le nom de Rh. lamilloquensis 1 . Il m'a été impossible de savoir ce 
qu'était devenu ce type, la collection de l'abbé Landesque ayant été dispersée. 

M. Stehlin m'a communiqué, de ce même point, une belle pièce qui fait partie de la col- 
lection de Bonal et qui pourrait bien être l'espèce qu'avait en vue le paléontologiste du Périgord. 
C'est une mandibule presque complète (pi. V, fig. 4, A.a) dont la taille, bien qu'un peu plus 
faible, se rapproche de celle de VAc. Filholi. Je la rattache provisoirement à cette espèce. 

Cette mandibule portait sept molaires de chaque côté, la branche droite la plus complète, 
montre toute la série moins la deuxième prémolaire. Cette dentition d'un individu adulte 
montre des dents de grandeur preque égale, sauf pour les deux premières prémolaires qui sont 
très réduites. Le croissant postérieur des arrière-molaires est peu arqué, tandis que le 
croissant antérieur plus fort est recourbé à angle droit. On n'observe pas trace de bourrelet 
basilaire interne ; sur la muraille externe on distingue un bourrelet oblique assez court mais 
bien accusé. Sur la partie postérieure et sur la partie antérieure de la dent, le bourrelet 
n'atteint pas la partie la plus saillante de la muraille ; sur M 3 il est un peu moins oblique à la 
face postérieure de la dent. 

P 4 et P 3 sont molariformes ; la seule différence qui permet de séparer les prémolaires 
des arrière-molaires, consiste dans le développement un peu moindre du lobe antérieur, égal 
ou légèrement moins fort que le lobe postérieur. 

1 Landesque, Miocène de l'Agenais et du Périgord (B. S. G. F., III, t. XVII, 1889, p. 33.) 



52 LES RHINOCÉRIDÉS DE L'OLIGOCÈNE D'EUROPE 

P 2 et P l sont de très petites dimensions, près de la moitié des prémolaires précédentes; 
cependant P l devait persister assez tard puisque cette dent existe encore dans le spécimen du 
Musée de Bàle qui était bien adulte. Cette prémolaire, de forme tranchante en avant, ne portait 
qu'une pointe médiane. Le lobe postérieur est indiqué par une crête oblique, recourbée à 
angle droit. Cette dent dans ce spécimen n'était pas encore entamée par la détrition. 

Immédiatement au-dessous de cette prémolaire et à peine séparée d'elle par un intervalle 
correspondant à la barre de 10 millimètres, se trouve l'alvéole de la canine, qui n'est 
malheureusement pas conservée de ce côté ; nous avons cependant eu entre les mains une 
canine du côté opposé dont la dimension semble bien concorder avec celle du spécimen étudié. 
Cette dent est fortement usée et sa couronne à section triangulaire est presque entièrement 
détruite sur sa face interne par la mastication. Elle a les plus grands rapports avec celle du 
Diceratherium asphaltense Dep. et Doux, par sa forme courte et triangulaire, tranchante 
sur la face interne et arrondie sur sa face externe. Elle est par contre fort différente d'une 
canine de grande taille des Phosphorites, que nous rapportons à YAc. Filholi. Cette dernière 
dent est ovalaire, allongée et tranchante sur les deux bords, et de forme identique aux canines 
attribuées à YAc. lemanense, par divers paléontologistes, M. Mermier en particulier, qui a 
donné les caractères distinctifs de ces dents inférieures *. 

Il y a donc là des caractères différentiels importants qui me font hésiter sur l'attribution 
de la mandibule de la Milloque à YAc. Filholi : Taille plus faible et canines moins grandes 
et triangulaires au lieu d'être ovalaires; je suis cependant tenté d'attribuer ces diffé- 
rences au sexe de l'animal, et de considérer le spécimen en question comme une femelle de 
YAc. Filholi. 

Les documents sur lesquels peut reposer cette hypothèse, sont, je ne me le dissimule 
pas, assez restreints, et j'ai surtout en vue les observations faites par M. Osborn pour les 
Ac. occidentale et tridactylum dans lesquelles les canines sont beaucoup plus faibles et plus 
obtuses dans la femelle que chez le mâle. 

Je mentionnerai en outre pour mémoire, comme provenant du même gisement de la 
Milloque, une prémolaire supérieure très usée et une incisive en bouton de la collection de 
Bonal qui sont dans un état de conservation insuffisant pour apporter des documents nouveaux 
à la question. 

c) Mollases stampiennes du Castrais. — Les mollasses de Puylaurens (Tarn) ont 
donné une prémolaire inférieure (P 3 ) de conservation parfaite qui, par sa taille et l'ensemble de 
ses caractères, se rapporte sans hésitation à l'A. Filholi. Cette pièce découverte par M. Stehlin 
est fort intéressante à rapprocher delà trouvaille faite au même point de dents d'un Cadureothe- 
riumde petite taille auquel j'ai donné ailleurs le nom de Cadurcotherium mimes FilhoP. Cette 
association de deux espèces qui n'ont jamais été rencontrées, jusqu'ici, plus bas que le 
Stampien, est une preuve paléontologique suffisante pour rattacher les mollasses de cette 
partie du Castrais à la partie moyenne de l'Oligocène et non à l'étage Sannoisien, ainsi que 
le pense M, Vasseur (feuille de Castres). 

La prémolaire en question est remarquable par son lobe postérieur réduit et assez 

1 Sur la découverte d'une nouvelle espèce à'Acerotherium (Ann. Soc. Linn. Lyon, XLII, p. 188, 1895). 
3 Roman et Joleaud, le Cadurcotherium de l'Isle-sur-Sorgues (Arch. Mus. Lyon, t. X, 1908, p. 42.) 



DESCRIPTION DES ESPECES 



53 



convexe; le lobe antérieur plus élevé que le postérieur est aussi plus grand. La partie 
postérieure de ce premier lobe forme une crête transverse presque médiane et à peine oblique ; 
il se prolonge en avant par une crête s'abaissant obliquement et très fortement recourbée. 
Des replis d'émail sur la face interne de la dent relient cette crête au lobe postérieur. 

Un bourrelet basilaire, oblique et bien accusé, entoure la dent en avant et en arrière; il 
est interrompu sur la face externe, où il n'est plus indiqué que par quelques plissements 
d'émail irréguliers. 

Longueur de la dent au collet : 33 millimètres. 

d) Pkosphorites du Quercy. — Je n'ai pas grands renseignements nouveaux à ajouter 
sur les pièces des Phosphorites, après la description qu'en a donné M. Osborn, étant 
donné surtout que les pièces qui m'ont passé entre les j g 

mains sont des dents isolées inférieures et supérieures. 
Ces dents sont faciles à reconnaître parmi les autres 
formes de Rhinocéridés des Phosphorites par leurs 
grandes dimensions et par leur vallée médiane largement 
ouverte, sans crochet ni anticrochet aux molaires supé- 
rieures. Les prémolaires inférieures sont aussi bien recon- 
naissables à leur lobe postérieur déprimé. 

M. Osborn donne pour dimensions de cette espèce : 
P 2 -M 3 = 224 millimètres. 

La canine inférieure n'a pas encore été décrite ; l'une 
de ces dents, incomplète il est vrai, qui fait partie de la 
collection du Musée de Bâle, mérite une mention parti- 
culière. 

Cette canine est de grandes dimensions et sectionnée 
au deux tiers de sa longueur; sa racine est aussi brisée 
au tiers environ de son extrémité inférieure. Cette dent 
est allongée en forme de poignard, plus convexe en 
dessus qu'en dessous, tranchante sur les deux bords qui 
sont carénés. Le côté interne est plus tranchant, ainsi 
que l'on peut s'en rendre compte dans le croquis ci-joint 
(%, 16). La racine est ovalaire, se raccorde à la cou- 
ronne sans ressaut et ne s'en distingue que par le man- 
que de revêtement d'émail. 

On peut la comparer à une canine correspondante 
provenant de Digoin (Saône -et -Loire), décrite par 
M. Mermier sous le nom d'A. lemanense. Cette dent 
isolée, me parait toutefois devoir être rapportée bien 
plutôt à l'espèce de M. Osborn qu'au type de Pomel. 
Je figure ici ces deux pièces comparativement. Fig. 16. — Acerotherium Fiihoii. 

Les dimensions Suivantes peuvent Se relever -au A Janine inférieure des Phosphorites. (Musée 

de Bâle.). — B) Canine de la même espèce 

niveau du collet : largeur 43 millimètres, épaisseur du stampien de Digoin. (Musée de Lvon.). 
30 millimètres, sur la pièce de Bach. Comparativement, Zl^tiV^Î.Ï™ "* 




54 LES RHINOCÉRIDÉS DE L'OLIGOCÈNE D'EUROPE 

la canine de V Acerotherium de Digoin mesure au même niveau : largeur 37 millimètres, 
épaisseur 24 m /m. 5. 

En résumé, la canine de VAc. Filholi se rapporte comme celle du velaunum au type 
de canines à double tranchant, et à section ovalaire. Le tranchant interne est plus effilé 
que l'externe. 

II. — Vallée du Rhône. 

a) Argiles stampiennes de Marseille. — Les collections de l'Université de Lyon 
contiennent une série dentaire inférieure, non adhérente à l'os de la mandibule, mais dont 
toutes les dents proviennent cependant du même individu. 

Elle comprend cinq dents du côté droit (M 3 -P 3 ) et quatre du côté gauche (M 3 , P 4 -P 2 ), 
ce qui complète la série, M 3 est formée de deux lobes un peu inégaux, le postérieur à 
peine arqué en croissant tandis que l'antérieur se recourbe à angle droit au niveau de 
la muraille externe et sa crête se raccorde en se recourbant encore avec le côté antérieur 
de la dent. 

Les molaires ne montrent qu'un rudiment de bourrelet oblique, plus accusé sur le 
lobe antérieur et disparaissant complètement sur la partie médiane de la muraille 
externe. 

L'espace occupé par les arrière-molaires est de 148 millimètres. 

Les prémolaires sont assez nettement différenciées et ont toutes un lobe antérieur plus 
développé que le postérieur. L'antérieur est à peine arqué et presque orienté dans le sens de 
l'allongement de la dent. P 4 , très élargie en arrière, se rétrécit progressivement dans sa partie 
antérieure. P 2 est tranchante en avant; sa face antérieure ne porte pas de trace d'une 
première prémolaire. Le fragment d'os conservé en avant ne porte pas trace d'alvéole même 
oblitérée; il en résulte que P 1 , si elle a jamais existé, devait tomber de très bonne heure. La 
base de la muraille externe des prémolaires est chagrinée et ne montre que des rudiments de 
bourrelet basilaire, apparents seulement à la partie antérieure et postérieure de la dent. La 
muraille interne de ces mêmes dents est parfaitement lisse. 

La longueur occupée par les prémolaires est de 88 millimètres, ce qui donne une 
dimension totale de 236 millimètres pour la dentition inférieure. Si l'on rapproche ce chiffre 
des grandeurs données par M. Osborn pour la dentition supérieure des Phosphorites, on voit 
que la série de l'argile de Marseille est un peu plus forte (224 contre 236); mais ces 
dimensions se rapprochent beaucoup de celles de VAc. Filholi de Pernes dont la dentition 
supérieure mesure 232 millimètres. 

Il n'y a donc pas de doute sur l'identité de l'espèce des deux localités de la vallée du 
Rhône, et les différences avec l'espèce des Phosphorites peuvent s'interpréter soit par 
une dissemblance individuelle, soit par le niveau stratigraphique peut-être un peu différent 
des spécimens des deux gisements. 

b) Sables du Stampien moyen de Vaucluse. — Je rappelle pour compléter ' rémuné- 
ration des points où a été trouvé YAc. Filholi, le gisement de Pernes dont nous avons 
longuement parlé plus haut. On se souvient que ce point a donné le seul crâne complet de 
cette espèce, mais que c'est un exemplaire isolé qui n'était accompagné par aucun autre reste 



DESCRIPTION DES ESPÈCES 55 

fossile. A noter aussi, que le niveau sableux de Pernes est inférieur aux gypses de l'Isle- 
sur-Sorgues à Cadurcotherium Nouleti. 

c) Stampien supérieur des environs d?Aubenas (Basses- Alpes). — Nous devons à 
M. Deydier, notaire à Cucuron, la découverte dans le Stampien supérieur des environs 
d'Aubenas, de quelques débris d'un Rhinocéros de grande taille, qu'il a bien voulu nous 
communiquer. Ce sont : une dent supérieure (P 4 ou M 1 , l'état d'usure de la dent ne permet 
pas de préciser davantage), et deux inférieures (M 3 gauche, G inférieure gauche). Il est fort 
difficile de décider si ces dents appartenaient à YAc. Filholi ou YAc. lemanense, c'est 
du reste sous ce dernier nom que ces pièces avaient été déterminés par M. Depéret. Les 
documents sont insuffisants pour trancher la question : la seule raison qui m'engage à citer 
ces pièces à propos du Filholi, c'est la ressemblance de la dernière molaire inférieure avec 
celle de la mandibule de Marseille (la dent d'Aubenas est cependant de taille légèrement 
inférieure : 52 millimètres contre 50 mm. 5) ; le bourrelet basilaire oblique sur le lobe 
antérieur, s'interrompt dans les deux pièces sur la partie la plus saillante de la muraille; il 
est un peu plus accusé sur le lobe postérieur et parallèle au collet de la dent. 

La canine en forme de poignard est de moindres dimensions que celle des Phosphorites 
que nous avons figuré plus haut, et se rapproche davantage de celle de Digoin. La surface de 
l'émail en est légèrement chagrinée. 

Cette espèce se rencontre à Aubenas, associée à une plus petite espèce de Rhinocéridé de 
la taille de Acer, minutum d'Auzon (Gard), décrit plus haut. L'état de conservation des pièces 
qui consistent en quelques prémolaires inférieures et quelques débris de dents supérieures ne 
permettent pas de préciser davantage. 



III. — Bassin de Paris. 

Pour compléter l'histoire des gisements français d'où provient YAc. Filholi, je 
mentionnerai, grâce à l'obligeance de M. Haug, qui a bien voulu m'envoyer une série 
de pièces conservées à la Sorbonne, le gisement de la Ferté-Alais près d'Etampes. 

Munier-Chalmas avait recueilli en ce point les dents de deux espèces de Rhinocéridés : 
une petite espèce qui a été signalée plus haut sous le nom tfEggysodon Osborni, et une 
grande qui ne peut se rapporter qu'à l'espèce que nous décrivons en ce moment. 

C'est à M. Stehlin de Baie que l'on doit la détermination de ces spécimens qu'il avait 
pu étudier à la Sorbonne du vivant de Munier Chalmas. Il avait à cette époque dessiné très 
soigneusement ces pièces importantes, se réservant de les publier quand l'occasion s'en 
présen terait. Il en avait cependant fait mention dans son grand mémoire « Saugethiere 
des Schweizerischen Eoceans 1 ». 

Le savant paléontologiste n'a pas mis complètement son projet à exécution et c'est 
ce qui me vaut la bonne fortune de pouvoir insérer ici l'une de ces figures si exactes 
(fig. 17) qu'il a bien voulu me confier. 

Les pièces de ce gisement qui m'ont été communiquées sont au nombre de six, dont 

1 Mémoires de la Société paléontologique Suisse, vol. XXXII, 1905, p. 324. 



5 '6 LES RHINOCÉRIDÉS DE L'OLIGOCÈNE D'EUROPE 

deux molaires supérieures (M 3 et M 2 ) et quatre molaires inférieures. Ces diverses dents 
paraissent avoir appartenu au même animal (pi. V, flg. 3, 3a, 3b, 3c). 

La dernière molaire supérieure est assez usée démontrant que Ton est en présence d'un 
individu très adulte sans cependant atteindre l'extrême vieillesse. Elle est de forme identique 
à celle du crâne de Pernes décrit plus haut, et la vallée est très largement ouverte, 

caractère distinctif de l'espèce. La deuxième arrière-molaire montre ce 
même caractère bien accusé ; la colline postérieure est légèrement 
séparée de la muraille externe. Il n'y a pas trace de crochet antérieur. 
Les dimensions de ces dents sont un peu plus faibles que celles 
des dents correspondantes de la pièce de Vaucluse : elles mesurent 
respectivement : 

M 3 .44 millimètres. 

M 2 52 — 

Les dents inférieures n'offrent rien de bien particulier. Le bourrelet 
basilaire externe est tout à fait rudimentaire et réduit à une simple 
petite saillie sur la partie antérieure et la partie postérieure de la 
dent. La forme des collines transverses est très semblable à celle 
de la pièce de la Milloque figurée (pi. V, fig. 4, 4a) c'est-à-dire que la 
colline postérieure est à peine courbe tandis que l'antérieure est for- 
tement recourbée à angle droit. Cette disposition rappelle celle des 
formes primitives comme VA. velaanum, de Ronzon. 

Ces diverses dents mesurent : 

M 3 47 millimètres. 

M 2 .48 — 

M 1 50 — 

Elles sont de taille un peu plus forte que celle de la mandibule 
de la Milloque que je viens de citer. 

Le gisement de la Ferté-Alais est bien précisé par sa situation 
à la partie tout à fait supérieure des sables de Fontainebleau et par la 
faunule de mammifères récoltée en ce même point. 

M. Stehlin cite de cette localité (loc. cit. an te) les espèces suivantes : 

Acerotherium Filholi Osb. 

Bhinocéridé de petite taille voisin de celui de Klein-BIauen (c'est celui que 
nous désignons sous le nom à'Eggysodon OsborniSoh. sp). 
Fig. 17. - Acerotherium Anthr acotherium de grande taille. 

Filholi Osborn. Enlelodon (incisive). 

Stampien de la Ferté- Drémothéridé identique à celui d'Itier (Lot-et-Garonne). 

Alais. ' 

(Dessin de M. Stelhin.) r\„ T •+ ,,«„ _«. / _ / , • -n . 

(Grand, natur.) Un y0lt P ai cette ^numération que Ton peut synchroniser assez 

bien ce gisement avec ceux qui appartiennent au Stampien supérieur 

du Sud-Ouest de la France. Le niveau en question doit donc se placer très peu au-dessous 

de celui de Gannat et à plus forte raison au-dessous de l'horizon de Saint-Gérand-le-Puy 

où les Anthracotherium ont complètement disparu. 



DESCRIPTION DES ESPECES 



57 



IV. — Vallée du Rhin (Jura Suisse). 



a) Gisement de Klein-Blauen (au Sud de Bàle). — Nous devons aux recherches de 
M. le D r Jenny de Bàle la découverte précieuse de cette espèce dans les couches marines à 




p* 





M 




Fig. 18. — Acerotherium Filholi Osborn, de Klein-Blauen 
(Musée de Bàle. Grandeur naturelle.) 



Natica crassatina, Cytherea incrassata et Pectuncuhis obovatus, etc., de la Vallée du 
Rhin. 

Les documents recueillis qui appartiennent au Musée de Bàle, m'ont été très 
obligeamment communiqués par M. Stehlin; nous les figurons ici (fig. 18). 

La dentition supérieure est représentée par quatre dents : la dernière molaire du côté 
gauche est caractérisée par la forme quadratique de sa couronne et par l'élargissement de sa 
vallée médiane qui est très ouverte du côté interne et n'est obstruée par aucune trace de 
rochet oud'anticrochet. Le bourrelet basilaire est bien développé quoique peu élevé. Un petit 
repli d'émail occupe le milieu de la vallée. 

Arch. Mus. — t. XI 



58 LES RHINOGÉRIDÉS DE L'OLIGOCÈNE D'EUROPE 

Cette dent mesure 49 millimètres au collet, elle est donc presque identiquement de la 
même grandeur que celle du crâne de Pernes. Elle appartenait à un individu plus âgé ainsi 
que l'indique la première arrière-molaire du côté droit qui est très fortement usée. 
P 4 relativement courte et élargie transversalement est bien caractérisée par sa forme très 
différenciée des arrière-molaires : le lobe antérieur est beaucoup plus développé que le posté- 
rieur et se relie à lui du côté interne de la dent, réduisant la vallée médiane à une cavité 
fermée, de forme approximativement losangique. Le lobe postérieur très étroit est assez 
sinueux, il porte sur son bord antérieur un repli d'émail en crochet bien accusé. Cette dent 
porte un bourrelet continu, surtout accentué sur le côté interne. La structure de cette 
prémolaire est tout à fait caractéristique de l'espèce et ne se retrouve dans aucune autre espèce. 
Elle permet de distinguer VAc. Filholide YAc. lemanense dont les prémolaires et surtout la 
quatrième sont moins différenciées des arrière-molaires et indiquent donc un stade 
d'évolution plus avancé dans cette dernière espèce. Les prémolaires du lemanense sont plus 
carrées, c'est-à-dire proportionnellement moins élargies dans le sens transverse que dans le 
Filholi. Les deux lobes ne sont en outre pas confluents du côté interne comme dans l'espèce 
de M. Osborn. 

P 2 droite, qui est aussi très bien conservée, participe des mêmes caractères que nous 
avons indiqués pour P 4 : réduction très grande du lobe postérieur, prédominance du lobe 
antérieur qui se recourbe du côté interne et vient fermer la vallée, enfin développement d'un 
bourrelet interne continu se raccordant avec un bourrelet externe moins développé. 

J'ai relevé sur ces dents les dimensions suivantes : 

Longueur : P 4 = 36 millimètres ; P 3 == 34 millimètres. 
Largeur : 55 — 45 — 



ACEROTHERIUM LEMANENSE Pomel 



1845. Rhinocéros incisivus Blainv. non Kaup, Ostéographie, pi. XII des Rhinocéros. 

185.'-*. Acerotherium lemanense Pomel, Cat. mètkod. des Vert. fos. du bassin de ta Loire, p. 77. 

1854. Acerotherium gannatense Duvernoy, Nouvelles Études sur les Rhinocéros fossiles, p. 51, pi. V, VI, 

fig.l, 2, 3, 10; VII, 'fig. 2. 
1854. Rhinocéros de Randan, ici. pi. VII, fig. 3, VIII, fig. 5. 

1878. Rhinocéros randannensis Gaudry, Enchaînements du Monde animal, p. 50, fig. 44. 
1892. Acerotherium lemanense Pomel, in M. Pawlow, les Rhinocèrides de Russie, etc. (passim). 
1900. Acerotherium lemanense Pomel, in Osborn, Phylogeny of the Rhin, of Europe, p. 243, fig. 8, B. 

La synonymie de cette espèce étant bien établie dans plusieurs ouvrages, je ne reviendrai 
pas sur cette question, me bornant à mentionner les localités où cette forme a été sûrement 
rencontrée . 

Le type de l'espèce provient de G-annat, où plusieurs squelettes presque complets ont été 
découverts (Muséum Paris, Université de Lyon). 



DESCRIPTION DES ESPECES 59 



CRANE DE L'UNIVERSITÉ DE LYON 

(PI. VIII, fig. 1, la, ib.) 

Le squelette de VAc. lemanense que possède l'Université de Lyon est engagé dans une 
dalle épaisse de calcaire assez résistant qui demanderait une longue préparation pour être 
étudié dans tous ses détails, ce qui d'ailleurs n'apprendrait rien de nouveau après les 
monographies qui ont été données de cette espèce. Je me bornerai donc simplement à figurer 
le crâne muni de sa mandibule qui a été extrait complètement du bloc dont je viens de parler. 
Cette pièce dans un très bel état de préservation donne une idée plus complète que la figure de 
Blain ville du profil crânien de cette espèce. 

Cet individu était assez âgé, étant donné l'usure très avancée de sa dentition sur laquelle 
les lobes ne sont plus qu'à peine apparents. 

La mandibule portait deux canines très petites et malheureusement endommagées dans 
ce spécimen. 

Ce Rhinocéros est de dimensions assez faibles par rapport au type de l'espèce, et il est à 
peu près certain, étant donné surtout le peu de développement des canines, que l'on est en 
présence d'une femelle. 

Les dimensions suivantes relevées sur cette pièce permettront d'apprécier ces différences : 

Longueur totale del'extrémité nasaleàla crête transverse de l'occipital 1 . 510 millim. 
Longueur de la série dentaire supérieure 198 — 



CRANE DE GINDRÉ PRÈS SAINT-GÉRAND-LE-PUY 

(PI. VIII, fig. 2, 2a, 3, collection Baillaud.) 

Cette espèce existe dans le même bassin géologique à Saint-Gérand-le-Puy, à un niveau à 
peine supérieur aux calcaires de Gannat. Le seul spécimen un peu complet de cette espèce, qui 
me soit connu dans le voisinage de Saint-Gérand-le-Puy, est le beau fragment de crâne 
pourvu de sa mandibule, conservé dans la collection du D r Baillaud à Pierrefîtte-sur-Loire 
(Allier). Cette pièce, que j'ai pu étudier sur place, grâce à l'amabilité de M. Baillaud, fils du 
collectionneur, provient de Cindré près Jaligny (Allier), où se trouvent des carrières tout à fait 
analogues comme mode de gisement et comme âge à celles de Saint-Gérand et de Chaveroche- 
sur-Bèbre. 

La dentition supérieure, en série continue, est encore adhérente à une portion du crâne : 
les dents appartiennent à un individu adulte mais non décrépit. La série des trois molaires 
offre un crochet antérieur très accusé. Le crochet postérieur est moins volumineux mais il 
est pourtant fort apparent sur M 3 , plus visible encore sur M 1 . La dernière molaire est assez 
quadratique au collet et porte un léger bourrelet basilaire interne. Sur les autres molaires, il 

1 L'eitrémité nasale manquant, il faut estimer en réalité la longueur totale à 540 millimètres. 



60 LES RHINOCÉRIDES DE LOLIGOCENE D'EUROPE 

n'y a qu'un indice de ce bourrelet. La longueur de la série des arrière-molaires est de 
124 millimètres. 

Les prémolaires au nombre de quatre sont très quadratiques sauf la première qui est 
triangulaire en avant. Elles sont pourvues d'un assez fort bourrelet basilaire interne. Les 
deux lobes sont très marqués et l'antérieur plus développé que le postérieur dans P 4 et P 3 . 

Il est caractérisé par sa forme très trapue tout à fait triangulaire en avant et persistant à 
un âge avancé. 

La série des prémolaires mesure 104 millimètres. 

La longueur totale de la série dentaire est de 228 — 

Comparé au type d'Auvergne figuré par Blainville, le Rhinocéros de Gindré est de taille 
un peu plus faible, la série dentaire mesurant 256 millimètres dans le spécimen de l'Ostéogra- 
phie. Cette différence peut d'ailleurs se mettre sur le compte d'une variation individuelle. 

La mandibule à peu près complète, appartenant au même individu, possède une branche 
montante très forte et très élargie portant à la base de très forts bourrelets osseux pour 
l'insertion des muscles. Quatre dents seulement sont conservées et n'offrent rien de bien 
particulier. 

La collection Baillaud renferme aussi une canine inférieure de la même provenance. 
Cette dent très forte appartient si ce n'est au même individu, tout au moins à la même espèce. 
Elle est robuste, de forme triangulaire et aplatie en dessus; elle est assez fortement usée sur 
son côté interne. 

La forme triangulaire de la canine me paraît un bon caractère pour distinguer Y Acer o- 
therium lemanense de Y A . Filholi qui se rencontre à peu près au même niveau . Dans cette 
dernière forme la canine inférieure, très forte, est en forme de poignard et sa section est 
ovalaire avec un tranchant sur les deux côtés. A cet égard la canine inférieure du lemanense 
se rapproche de celle du minutum qui est aussi triangulaire et s'use en dedans. 



AUTRES GISEMENTS DE L'ACEROTHERIUM LEMANENSE 

a) Allier. — Une mandibule, décrite sous le nom de Rhinocéros randannensis par 
Duvernoy, provenant de Randan près Vichy, doit aussi être rattachée à cette espèce. Cette 
pièce suivant M. Osborn est remarquable par sa longue symphyse ; ce serait suivant le 
paléontologiste américain un caractère sexuel permettant de distinguer le mâle de la femelle. 
Ac. gannatense serait suivant cette théorie la forme femelle du lemanense. 

b) Tarn. — Je ferai cependant quelques réserves au sujet de la mandibule de Montans 
près Gaillac, qui selon M. Osborn, serait une femelle de [cette même espèce. 

J'ai pu étudier cette pièce grâce à un moulage qui m'a été envoyé par M. le D r Thomas 
de Gaillac, auteur de la découverte 1 (l'original est conservé actuellement au Muséum à Paris). 
Je tiens à l'en remercier ici. 

1 Cette mandibule a été décrite par le D r Thomas dans le Bulletin de la Société Géologique (2 e série, 
t. XXIV, 1867), sous le nom de Rhinocéros minutus. 



DESCRIPTION DES ESPECES 61 

La mandibule de Montans appartenait à un individu très âgé, la couronne des molaires 
étant usée à peu près jusqu'à la couronne. La série dentaire est complète du côté gauche et 
comporte quatre prémolaires. 

La première est de très petite taille, tranchante en avant et non entamée par la 
détrition. La série complète mesure 230 millimètres sur lesquels les prémolaires comptent 
pour 100 millimètres. 

La canine droite est seule conservée et légèrement endommagée à sa partie terminale. 
Elle est de forme cylindrique vers la racine, tranchante et à section ovalaire vers le milieu de 
la couronne. 

Par ses dimensions cette mandibule concorde bien avec celle de YAc. lemanense 
conservée à l'Université de Lyon, mais les canines sont plus développées dans le spécimen de 
Montans ; il n'y a pas trace de bourrelet aux molaires et aux prémolaires dans cette dernière 
pièce tandis que V Acerotherium Montans porte un fort bourrelet externe sur toutes ses dents, 
comme dans la pièce type du lemanense. P 1 n'était pas persistante dans la mandibule de 
Gannat, tandis qu'elle est bien développée quoique petite dans le spécimen que nous étudions 
en ce moment. 

Je crois donc préférable de considérer la pièce de Montans comme appartenant à un 
mâle de YAc. lemanense plutôt qu'à une femelle, comme le pense M. Osborn. 

Il reste cependant une difficulté résultant de la position stratigraphique de la pièce du 
département du Tarn. On sait que le gisement d'où provient cette pièce a fourni, outre 
Y Acerotherium en question, des dents de Plagiolophus ainsi que des débris (YAnthraco- 
therium magnum. Le niveau qui a fourni ces fossiles est attribué au Stampien par 
M. Vasseur dans la légende de la carte géologique, et l'on peut ajouter que la présence d'un 
Plagiolophus dans ces assises, tendrait à les placer vers la base de l'étage. 

Le gisement de Gannat, au contraire, occupe la partie tout à fait terminale de l'étage : il 
y a donc là un fait qui tendrait à reculer l'extension stratigraphique de cette espèce. 

c) Tarn-et-Garonne. — Dans la même région, à Lamothe-Capde vielle, dans la 
gravière de Rebian au nord de Montauban, on a trouvé, en 1875, une tête probablement 
entière de YAc. lemanense, mais dont la mandibule et la dentition supérieure ont seules été 
conservées. 

Ces pièces qui font partie des collections paléontologiques du Musée de Montauban 
m'ont été communiquées surplace par M. Brun, conservateur de ce Musée, qui a bien voulu 
m'autorisera en prendre les photographies jointes à ce travail (pi. VII, flg. 1, la, 2). 

La mandibule en bon état de préservation porte six molaires en place, du côté gauche; 
à droite il manque P 2 . f Je n'ai pu observer ni d'un côté ni de l'autre de trace de la racine 
de P 1 qui a dû tomber de bonne heure et le trou oblitéré. 

D'une façon générale la mandibule est peu élevée et sa partie inférieure est à peu près 
rectiligne. La symphyse est relativement longue et forte. 

L'ensemble de la dentition inférieure mesure 250 millimètres et les 3 M occupent 
158 "millimètres. 

Il n'y a pas de bourrelet continu sur les prémolaires et l'on ne distingue du côté externe 
que de simples rugosités sur la partie antérieure et postérieure de la dent. Sur les arrière- 
molaires il y a un léger bourrelet oblique antérieur s'arrêtant au point de rehaussement du 



62 LES RHINOCÉRIDÉS DE L'OLIGOCÈNE D'EUROPE 

lobe antérieur. Le bourrelet postérieur est plus développé et entoure à peu près complètement 
le lobe postérieur. 

Dans toutes les dents, le lobe postérieur est moins arqué que l'antérieur. 

Une barre de 55 millimètres sépare P 2 de la base de la canine qui est grande, effilée et 
longue de 68 millimètres (couronne). 

Cette dent est à section triangulaire, tranchante en dedans, munie d'une carène mousse 
en dehors ; la face interne est plus plane que la face externe. 

Les incisives de la pièce de Montauban sont très comparables à celles de VAc. Filholi de 
Digoin, dont j'ai donné plus haut un dessin, cette dernière pièce est toutefois légèrement plus 
grande (voir p. 53, flg. 16). 

La dentition supérieure dénote un individu fort âgé, les arrière-molaires sont donc 
très usées et ne fournissent pas grands caractères distinctifs, on peut cependant 
constater que la vallée médiane des deux dernières molaires était assez largement 
ouverte comme chez VA . Filholi. Les prémolaires portent toutes les trois un large bourrelet 
interne. 

La pièce du Musée de Montauban est de taille légèrement inférieure à l'échantillon 
type de VA. lemanensè dont elle a cependant tous les caractères. La différence la plus 
sensible résiderait dans le moindre développement du bourrelet externe des prémolaires 
inférieures. C'est surtout la petite taille de cette pièce, qui m'engage à la rapporter à 
VA. lemanensè, bien que la forme de ses canines se rapproche beaucoup de celles de 
VA. Filholi. 11 restera cependant toujours un peu d'incertitude, étant donné l'âge avancé de 
cet individu. 

Le gisement d'où provient cette belle pièce se trouve près de la limite nord de la feuille 
de Montauban dans le grand massif de Mollasses de l'Agenais qui s'étend sur la rive droite de 
l'Aveyron et la rive gauche du Tarn sur la feuille de Cahors. Il est donc difficile de préciser 
l'âge de cet échantillon, mais ce gisement paraît situé vers la partie supérieure de l'ensemble 
gréso-caillouteux du Stampien. Elle est donc au point de vue stratigraphique, plus récente 
que la mandibule de Montans qui a été trouvée au contraire vers la base du même 
ensemble. 



GISEMENTS ÉTRANGERS 

a) Wurtemberg. — Hors de France, VA. lemanensè a été rencontré aux environs 
d'Ulm (sec. Osborn 1 ), à Eckingen. Une mandibule jeune de cette espèce est conservée au 
Musée de Munich ; des molaires d'un individu âgé et une mâchoire inférieure de la même 
localité appartiennent au Musée de Stuttgard. 

b) Suisse (Lausanne). — J'ai enfin pu observer une portion antérieure de crâne de 
cette espèce conservé dans les collections de l'Université de Lausanne. 

M. le professeur Lugeon a bien voulu me communiquer cette intéressante pièce qui a été 



1 Osborn, Rhin. Eur., p. 245. 



DESCRIPTION DES ESPECES 



63 



recueillie par lui et M. Fordham, dans un bloc isolé, sous le hameau de Rochette près de 
Lausanne (fig. 19). 

C'est une portion antérieure du crâne d'un individu jeune sectionné en arrière de la 
première arrière-molaire. Le nez est brisé en avant, mais il en reste néanmoins une portion 
suffisante pour montrer les caractères spécifiques. Les os, de teinte noire charbonneuse, sont 
inclus dans une mollasse fine, gris-verdâtre, très compacte et très résistante. 

Les os nasaux, bien séparés sur la ligne médiane, sont relativement assez grêles et tout 
à fait identiques à ceux de VAceroth. leonanense, de Gannat. 

La dentition conservée porte du côté gauche trois prémolaires complètement développées 
qui ne sont qu'à peine entamées par la détrition, sauf la plus antérieure, P 4 est encore incluse 




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Fig. 19. — Acerotherium lemanense Pome), de Rochette, près Lausanne (Suisse) (3/5 de grand, nat/ 



dans le maxillaire et la dent de lait correspondante a disparu. En arrière une molaire de lait 
de grande taille, fortement endommagée, complète ce qui est conservé de cette dentition. Du 
côté droit, il ne reste plus que des débris de trois dents. 

L'ensemble des quatre prémolaires mesure 125 millimètres, c'est-à-dire une dimension 
absolument identique à la pièce de Gannat, figurée par Blainville sous le nom de Rhinocéros 
incisivus d'Auvergne. (OsL, pi. IX des Rhinocéros.) 

P 1 est munie de deux fortes racines, elle est de forme triangulaire un peu arrondie en 
avant ; la partie interne endommagée ne permet pas de se rendre compte s'il existait ou non 
un bourrelet interne. P 2 et P 3 ne sont pas entamées par la détrition, elles sont pourvues d'un 
assez fort bourrelet basilaire interne. La muraille externe est lisse, ou plutôt légèrement 
chagrinée, sans bourrelet basilaire. P 3 porte sur cette face un sillon assez net délimitant le 



64 LES RHIN0CÉR1DÉS DE L'OLIGOCÈNE D'EUROPE 

parastyle. P\ visible seulement par sa muraille externe , ne présente pas de caractères 
particuliers, sauf sa taille, qui est un peu plus forte que celle de la dent qui la précède. 

Les autres dents sont trop incomplètes pour qu'il soit utile de les décrire. 

En résumé, la pièce des environs de Lausanne appartient sans aucun doute à la même 
espèce qxieYAc. lemanense de Gannat dont elle représente un individu jeune. 

Le niveau précis d'où provient cette pièce est difficile à établir malgré les détails 
circonstanciés qu'a bien voulu me donner M. Lugeon. Ce crâne provient d'un bloc isolé trouvé 
dans le vallon de Paudèze à quelques 100 mètres en aval de l'entrée d'une ancienne galerie de 
houille située sous le hameau de Rochette, célèbre par son Anthracotherium valdense Kow. 
Ce bloc pouvait être erratique, provenir de loin, ou avoir été arraché aux versants du vallon 
de Paudèze, ou encore avoir été extrait de la mine où l'on exploite des lignites de l'Aqui- 
tanien. La partie supérieure du vallon de Paudèze est dans le Burdigalien. 



REPARTITION STRATIGRAPHIQUE DE L'A. LEMANENSE 

Le gisement le plus ancien d'où provienne cette espèce est celui de Montans à la base 
des Mollasses de l'Agenais, c'est-à-dire du Stampien inférieur. 

Peut-être faut-il y joindre la pièce décrite autrefois par Bravard sous le nom de Rhino- 
céros brivatense, provenant de Bournoncle-Saint-Pierre (Haute-Loire 1 ). Ce gisement, qui 
contient un Cadurcotherimn de petite taille, se place, suivant M. Boule, à la hauteur des argiles 
de Ronzon. J'ai indiqué ailleurs que ce niveau me paraissait un peu bas et qu'il fallait au 
moins le remonter jusque dans le Stampien inférieur 2 . La pièce de Bravard qui est de taille un 
peu plus faible que le lemanense typique (M 3 , P 2 = 220 millimètres d'après la figure de 
Blainviile), ne devrait-elle pas plutôt se rapporter à VAc. Filholi, qui paraît occuper une 
position stratigraphique un peu moins élevée ; c'est ce qu'il est bien difficile de décider surtout 
avec des espèces aussi voisines et sans avoir des dents supérieures pour trancher la difficulté. 

UAc. lemanense est une des formes les plus caractéristiques du sommet du Stampien et 
probablement aussi de la base de TAquitanien, mais elle ne paraît pas avoir dépassé la partie 
moyenne de cet étage. 

1 C'est une mandibule figurée par Blainviile dans son Ostèographie, pi. XII du genre Rhinocéros, sous 
l'indication inexacte d'Eppelsheim, erreur corrigée dans l'explication des planches. Voir à ce sujet Gervais, 
Paléontologie française, p. 99. 

2 In Roman et Joleaud, le Cadurcotherium de Tlsle-sur-Sorgues, p. 40 (Arch. Muséum Lyon, t. X). 



DESCRIPTION DES ESPECES 



Genre DIGERATHERIUM Marsh 



Le genre Diceratherium, créé par Marsh, en 1875 l , pour des espèces du Miocène moyen 
de l'Amérique du Nord, a été admis par Zittel 2 , puis par M. Osborn 3 , qui Ta rattaché à la sous- 
famille des Diceratherinœ, et enfin par M. Depéret 4 . 

Il comprend des formes de petite ou de moyenne taille, à série dentaire analogue à celle des 
Acerotherium, mais qui différent de ce groupe par la présence de renflements sur l'os nasal, 
portant deux cornes latérales. 

Les documents réunis sur ce groupe, en Europe, sont encore très restreints et se réduisent 
à deux espèces appartenant toutes deux à l'Oligocène : 

Le Diceratherium pleuroceros Duvernoy offre à un haut degré les caractères du groupe, 
et a, d'ailleurs, été rattaché à ce genre par tous les paléontologistes. Nous avons indiqué plus 
haut les raisons qui nous empêchent d'admettre, sous la synonymie de cette espèce, ainsi que 
l'ont fait Lydekker et M. Osborn, le Rhinocéros minutus Guvier. 

Le Diceratherium asphaltense Déperet et Douxami est une espèce de plus grande taille, 
caractérisée par son crâne allongé, à crêtes sagittales séparées, pourvu de deux cornes latérales 
placées très près de l'extrémité du nez, sans rugosités cornées orbitaires, à membres courts et 
trapus, possédant quatre doigts aux pattes antérieures. 

Répartition stratigraphique . — . L'origine du genre est encore obscure ; peut-être se 
rattache-t-il aux Acerotherium du commencement de l'Oligocène en Europe. Il est surtout 
fréquent pendant le Stampien et l'Aquitanien pour pénétrer jusque dans le Miocène avec le 
Diceratherium Douvillei Osb. des sables de l'Orléanais. En Amérique, il apparaît à peu près 
en même temps dans l'étage de Withe River, qui correspond à l'ensemble des étages Sannoisien 
et Stampien, avec le Die. proavitum, et se prolonge jusque dans l'étage de John-Day (Miocène 
inférieur et moyen) où il s'éteint. 



1 Maish, Notice of new tertiarj Mammals (Amer. Journ. of Se. and Art, 3 e série, vol. IX, 1875). 

2 Traité de Paléontologie, t. IV, p. 291. 

3 Rhin, of Europe, p. 232. 

4 Vert, oligoc. de Pyrimont, p. 16. 



Arch. Mus. — t. XI 



66 LES RHINOGÉRIDÉS DE L'OLIGOCÈNE D'EUROPE 



DICERATHERIUM PLEUROCEKOS Duvernoy 

1854. Rhinocéros pleuroceros Duvernoy Etude sur les Rhin, foss., p. 42, pi. I, fig. 2, pi. IV, ûg. 20; pi. VI, 

fig. 16 et 17 *. 
18S0. Acerotherium Croizeti, Filhol (non Pomel) Mammifères fossiles de Saint-Oèrand-le-P uy , 2 e part. p. 1, 

pi. III. 

La seule pièce connue de cette espèce est le crâne décrit par Duvernoy et bien figuré par 
lui. Cet échantillon se rapportant à un individu très âgé possède une dentition supérieure 
malheureusement trop usée pour qu'on en puisse rien tirer au point de vue des compa- 
raisons et c'est certainement pour cela que Duvernoy a négligé de la faire figurer dans ses 
planches. 

J'ai pu l'étudier de près, avec l'autorisation de M. Boule, qui a bien voulu me permettre 
d'en prendre un croquis. La plupart des molaires ont perdu leur muraille externe, mais il est 
cependant possible de relever avec exactitude la dimension de la série dentaire. La longueur 
totale de M 3 à P 2 est de 172 millimètres. 

Le caractère le plus intéressant de cette espèce consiste dans la présence de rugosités 
assez fortes dans la région nasale montrant que cet animal portait deux cornes latérales à 
l'extrémité d'os nasaux extrêmement grêles. 

Cette disposition a permis à M. Osborn de rattacher cette espèce au genre Diceratherium 
dont le principal caractère est précisément basé sur cette disposition spéciale des cornes 
nasales. 

Ces indications préliminaires étant acquises, nous ne reviendrons pas sur le spécimen de 
Duvernoy et nous allons essayer de rattacher à ce type quelques autres pièces. 

Les dents supérieures qu'il est possible de rapporter à cette espèce sont extrêmement 
rares : je n'ai sous les yeux que deux arrière-molaires conservées au Musée de Lyon dont 
la taille est conforme à celle de la pièce type. Une dernière molaire d'un spécimen adulte, 
est de forme assez quadrangulaire au collet ; la vallée largement ouverte n'est rétrécie par 
aucun crochet ni antérieur, ni postérieur. Elle mesure 34 millimètres de longueur. 

L'autre dent (M 2 très probablement) est du côté opposé. Sa vallée médiane est assez 
étroite et rétrécie par un crochet antérieur bien développé ; un repli à peine accusé correspond 
au crochet postérieur. Le parastyle est bien saillant. Le lobe antérieur est entouré d'un bour- 
relet basilaire peu développé et qui s'arrête au niveau du lobe postérieur. Il existe aussi un 
rudiment de bourrelet sur la face postérieure de la dent. • 



MANDIBULE DU MUSEUM DE LYON 

(PI. VI, fig. 4, 4a, 5.) 

Les collections du Muséum de Lyon contiennent une belle mandibule possédant ses deux 
branches mais qui est malheureusement endommagée à son extrémité antérieure. Cette dentition 

1 Archives du Muséum, t. VII, 1854-1855. 



DESCRIPTION DES ESPÈCES 67 

inférieure qui provient de Saint-Gérand-le-Puy appartenait à un individu jeune mais pourtant 
bien adulte. 

Les molaires sont peu distinctes 'des prémolaires, et leur lobe postérieur plus réduit que 
l'antérieur est peu incurvé. L'antérieur plus massif est aussi plus recourbé. 

La deuxième prémolaire est courte, épaisse et anguleuse en avant. 

Par ses dimensions, cette série inférieure est extrêmement voisine de la pièce que 
nous avons décrite plus haut sous le nom iï Aeerolherium minutmn, et , provenant 
d'Auzon près Alais, mais elle "en diffère très nettement par la forme de P 2 qui est amincie 
et plus allongée dans cette dernière forme. Le croquis delà page 37 donnera une idée de ces 
différences (fig. 10). 

Je rattache à cette espèce une autre pièce du Musée de Lyon, qui provient aussi de Saint- 
Gérand. Ce spécimen qui correspond à la partie antérieure de la mandibule portant deux 
prémolaires, a déjà été décrite par M. Mermier 1 , mais non figurée, sous le nom dM. Croizeti. 
Elle concorde tout à fait par ses dimensions avec celle qui vient d'être décrite et la complète 
heureusement (pi. VI, fig. 5). 

Cette portion de mandibule est épaisse, et montre que la symphyse devait être assez 
courte. A la partie antérieure de la pièce, on voit l'alvéole de la canine, qui indique la forme 
presque triangulaire de cette dent. Sa face supérieure est plane et sa face inférieure convexe, 
sur la face interne, elle était tranchante. 

Deux prémolaires, P 2 et P 3 , sont bien conservées et peu entamées par la détrition. En 
avant de P 2 se voit un alvéole circulaire, indiquant une première prémolaire de très petite 
taille. La barre qui séparait P 1 de la canine était peu étendue. P'est triangulaire en avant et 
assez tranchante, on voit sur la partie antérieure de la dent un bourrelet très oblique et non 
continu à peine accusé ; il y en a aussi un indice sur la partie postérieure de la dent. 

L'espace occupé par les trois prémolaires sur cette pièce est de 55 millimètres. La barre 
mesure environ 17 millimètres jusqu'à la base de la canine. 

La longueur totale de la série dentaire prise sur la première pièce décrite ci-dessus est 
de 180 millimètres (de P 2 à M 3 ). 



AUTRES PIÈGES DE SAINT-GÉRAND-LE-PUY ET DE BILLY (Allier) 

C'est encore au Die. pleuroceros, qu'il convient, je pense, de rapporter la mandibule 
décrite par Filhol dans sa description de la faune de Saint-Gérand-le-Puy et figurée sous 
le nom de Acerotherium Croizeti 2 . Cette mandibule, bien qu'appartenant à un individu 
plus âgé que celle que je figure ici, possède encore cependant sa première prémolaire, tandis 
qu'on n'en observe plus trace dans le spécimen du Musée de Lyon. 

Les dimensions données pour cette dentition indiquerait un individu de taille un peu plus 
faible (167 mil. pour la série complète, tandis qu'elle est de 180, de P 2 à M 3 , dans notre pièce). 

Enfin grâce à l'obligeance de M. Bertrand, conservateur du Musée de Moulins, j'ai pu 

Mermier, Description d'une nouvelle espèce d' Acerotherium (Ann. Soc. Linn. Lyon, t. CLXXX1X). 
2 II. Filhol, Mammifères fossiles de V Allier, p. 1, pi. III. 



68 LES RHINOCÉRIDÉS DE L'OLIGOCÈNE D'EUROPE 

étudier une mandibule de cette même espèce. Cette mandibule qui porte les trois arrière- 
molaires a déjà été rapportée au Rh. "pleur oceros et provient de Billy (Allier) et présente la 
particularité curieuse de porter des entailles sur la partie inférieure. Ces entailles ont été 
attribuées à l'homme préhistorique. Nous nous bornerons à constater que les dents de ce 
spécimen sont relativement courtes et épaisses et se rapprochent beaucoup de celles de la pièce 
du Musée de Lyon, par leur forme et leur dimension. Cette série mesure 106 millimètres 
(M 3 à M 1 ), grandeur tout à fait identique à celle de la pièce citée précédemment. 

Au point de vue stratigraphique, les couches de Billy sont à très peu près les équivalents 
des calcaires de Saint-Gérand-le-Puy, et à peu de distance de cette dernière localité. 



RAPPORTS ET DIFFÉRENCES 

C'est de V Acerotherium minutum que le Die. pleuroceros se rapproche le plus par 
la taille, et ce caractère joint à la presque similitude de position stratigraphique avait 
engagé M. Osborn à réunir ces deux espèces sous le même nom de Diceratherium 
minutum. 

Il est en effet bien difficile de préciser le genre auquel appartient le Rhinocéros minutus 
de Cuvier, étant donné que l'on ne connaît pas encore de crâne complet de cette espèce. J'ai 
décrit plus haut la dentition supérieure et inférieure d'un même individu, trouvé aux environs 
d'Alais (Auzon) qui me paraît offrir tous les caractères du minutus de Cuvier, et qui me semble 
différent du pleuroceros de la vallée delà Loire. 

Les différences sont sensibles à la dentition inférieure : tandis que les prémolaires sont 
courtes et ramassées dans le pleuroceros, elles sont au contraire allongées dans le minutus, 
c'est surtout sur P 2 qu'il est facile d'observer ce caractère (voir le croquis flg. 10). Le rapport 
delà série des trois prémolaires postérieures aux trois arrière-molaires confirme cette impression. 
Les nombres suivants expriment ces relations : 

Diceratherium Acerotherium 

pleuroceros. minutum. 

M '" ÏS5 ~^ 185 

1 1 

ou en simplifiant on obtient approximativement les rapports de t — - pour le pleuroceros et de — ■ pour 

le minutus, montrant que les prémolaires sont sensiblement plus allongées dans YAcerat. minutum. 

Les dents supérieures sont encore trop peu connues pour qu'il soit possible de les comparer 
utilement. Ces. dents, d'après des échantillons du Muséum de Lyon, paraissent toutefois avoir 
un crochet antérieur moins volumineux que dans VA . minutum et le parastyle un peu plus 
allongé et pincé. Enfin M 3 ne porte pas trace de crochet dans le Die. pleuroceros tandis qu'il 
y en a un indice dans VA. minutum. 



DESCRIPTION DES ESPECES 69 



Genre GERATORHINUS Gray 



Les espèces de ce genre sont surtout répandues dans le Miocène et le Pliocène et nous 
mènent par transitions graduelle au Rh. sumatrensis actuel. Le groupe paraît cependant avoir 
débuté dans les assises de passage de l'Oligocène au Miocène inférieur et c'est à ce titre que nous 
devons nous en occuper ici. 

Laissant de côté les caractères du crâne , dont nous ne connaissons aucun spécimen 
conservé dans ces assises de passage, nous sommes obligés de nous contenter des caractères de 
la dentition qui, principalement dans le groupe des Rhinocéridés, laissent toujours place à une 
certaine incertitude. 

Néanmoins, la dentition des animaux de ce groupe semble être caractérisée de la façon 
suivante : 

Arrière-molaires supérieures à vallée assez étroite et sinueuse, rètrécie par un 
fort crochet antérieur et un crochet postérieur moins développé. Bourrelet basilaire assez 
réduit. 

Prémolaires très homéodontes : la plus antérieure (P 2 ) montrant encore nettement les 
deux lobes, souvent pourvues d'un bourrelet basilaire interne; vallée médiane étroite et 
sinueuse, canines inférieures faiblement développées, correspondait à des dents supérieures 
en forme de bouton. 

Ce groupe de formes, ainsi que j'ai tenté de le démontrer dans un travail précédent 1 , 
comprend deux lignes de filiation distinctes évoluant parallèlement dans le Miocène. 

La première composée de types de petite taille débute à la partie terminale de l'Oligocène 
avec le Rhinocéros tagicus Roman, dont le type se trouve à la base du Burdigalien et proba- 
blement aussi dans l'Aquitanien. Cette série continue par les Rhinocéros austriacus Peter s, 
puis par le Rh. simorrensis Lartet dans le Miocène moyen. 

La deuxième ne comprend que des espèces de grandes dimensions et correspond à la série 
du Rhinocéros sansaniensis. 

La première de ces filiations nous intéresse seule en ce moment par son apparition à la 
fin de l'Oligocène. 

Répartition stratigraphique. — Les deux espèces citées précédemment sont toutes deux 
cantonnées à la partie supérieure du Stampien et à l'extrême base de l'Aquitanien. 

1 F. Roman, Sur un crâne de Rhinocéros conservé au Musée de Nérac (An. Soc. Linn Lyon 
X. LVI, 1909). 



™ LES RHINOCÉRIDÉS DE L'OLIGOCÈNE D'EUROPE 



CERATORHINUS TAGICUS Roman 

1907. Rhinocéros (Ceratorhinus ?) tagicus, Roman, le Néogène continental de la basse vallée du l'âge 1 , II e part 

p. 42, PL III, flg. 1, 

1908. Rhinocéros sp. de Selles-sur-Cher, Mayet, Mammifères fossiles de l'Orléanais 2 , p. 116, fig. 4L 

Le type de cette espèce, que j'ai décrit ailleurs d'après une dentition supérieure provenant 
de la base du Burdigalien de Lisbonne, est si voisin des échantillons recueillis en divers points 
dans les assises terminales de l'Oligocène, qu'il m'est impossible de les désigner sous une 
dénomination spécifique différente. 

Les pièces que je rapporte à cette espèce sont encore bien insuffisantes, nous n'en possédons 
que des dentitions supérieures et inférieures incomplètes. Néanmoins, je crois utile de mettre 
en évidence ce groupe de très petits Rhinocéridés, et surtout d'éliminer de la nomenclature et 
des collections le nom de Au. Croizeti, sous lequel il est souvent désigné, terme qui, comme 
nous l'avons montré plus haut, ne correspond à aucune diagnose ou figuration suflBsante. 

Je rattacherai donc au Çerat. tagicus : 1° Les pièces désignées dans les collections 
paléontologiques du Musée de Munich, sous le nom de A. Croizeti et provenant d'Eselsberg, 
près Ulm. Il convient d'y joindre aussi les débris de la même espèce, provenant aussi d'Ulm, 
conservées dans le Musée de Stuttgart. 

2° Les dents provenant de Selles-sur-Cher (Loir-et-Cher), conservées à Paris dans les 
collections de l'Ecole des Mines, et à Bâle, au Musée d'Histoire naturelle. 

3° Les portions de crânes recueillis dans la Mollasse grise de Lausanne, qui se trouvent 
dans les collections paléontologiques de l'Université de cette dernière ville. 

Si le gisement des environs d'Ulm appartient nettement encore à l'Oligocène, on est un 
peu plus embarrassé pour établir l'âge précis des dépôts de Selles-sur-Cher, qui semblent 
appartenir à l'extrême base de la formation des calcaires de l'Orléanais, dont une partie au 
moins doit appartenir au Miocène. Il en est de même pour les mollasses grises de Lausanne, 
qui sont supérieures à la formation ligniteuse de Rochette, franchement oligocène, renfermant 
de grands Anthracotherium. 



A. — Rhinocéros de petite taille des environs d'Ulm. 

Grâce à la très grande obligeance de M. Schlosser, j'ai pu étudier sur place les matériaux 
relatifs à cette espèce contenus dans les collections paléontologiques de Munich. M. Schlosser a 
bien voulu faire mouler pour moi l'une des pièces principales dont je donne ici un croquis 
(flg, 20, p. 71). 

Dentition supérieure. — Cette dentition supérieure comprend trois arrière- 
molaires et trois prémolaires, dont la dernière est très incomplète. Ces six dents, en 

1 Commission du Serv. géol. du Portugal, Mémoires, Lisbonne, 1907. 

2 Thèse, Annales Univ. Lyon, nouv. série, Fasc. 24. 



DESCRIPTION DES ESPECES 



71 



série continue , forment la dentition du côté gauche. Deux dents (P 3 et P 4 incomplète), 
appartiennent au côté droit, le tout est fortement comprimé latéralement et appartenait à 
un individu assez âgé. 

Arrière-Molaires. — La dernière molaire, de forme triangulaire, montre une vallée 
assez ouverte; la colline antérieure porte un crochet assez développé. Un rudiment de 
bourrelet s'aperçoit sur la face postérieure de la dent; dans la vallée médiane, on voit un 
simple renflement d'émail à la place où devrait se trouver le bourrelet. Sur la partie anté- 
rieure de la dent, ce bourrelet est un peu plus accusé. 

M 2 est déjà assez usée, sa vallée médiane est très étroite et oblique. Elle est rétrécie par 
un fort crochet antérieur, peut-être existe-t-il aussi un crochet postérieur, mais dans l'état 
d'usure de la pièce, on ne peut distinguer qu'un très léger renflement de la colline postérieure. 

M 1 offre les mêmes caractères, mais ils sont moins apparents, étant donné le degré 
d'usure plus avancé de cette dent ; sa forme est toutefois un peu plus quadrangulaire et le 
parastyle un peu moins détaché. 

Prémolaires. — Les prémolaires sont très homéodontes. La vallée est très rétrécie, 
comme aux prémolaires. Le crochet antérieur est encore très net. Toutes ces dents portent un 
bourrelet basilaire interne bien accusé. P 2 a perdu sa muraille externe, et sa partie interne est 
en partie engagée sous la gangue : elle est donc difficile à étudier d'après ; ce que l'on peut en 
apercevoir, il est probable que sa structure différait peu de celle de P 2 . 

Nous avons de P 1 un spécimen en très bon état de conservation qui nous a été donné par 
M. Schlosser (PI. IX, %. 3). C'est une dent très petite, triangulaire en avant, dans laquelle 
le lobe postérieur est encore bien développé, tandis que le lobe antérieur se réduit à un simple 
repli d'émail qui relie la muraille externe à l'extrémité interne du lobe postérieur. Une pointe 
médiane correspond à ce lobe antérieur et forme la partie la plus élevée de la dent. Un 
bourrelet basilaire bien développé entoure toute la portion interne de la dent. 

Dentition inférieure. — La mandibule de ce petit Rhinocéros m'a aussi été com- 
muniquée sous la forme d'un moulage d'une des meilleures pièces du Musée de Munich et 




Fig. 20. — Ceratorhiaus tagicus Roman. Série dentaire d'un échantillon d'CJlm. 
(Musée de Munich. Grandeur naturelle.) 



correspond à un individu bien adulte, à en juger par l'usure de M 3 . Les sept molaires, ainsi 



72 LES RHINOCÉRIDÉS DE L'OLIGOCÈNE D'EUROPE 

qu'une canine, sont insérées en place sur ce maxillaire. Elles n'offrent rien de bien distinctif à 
signaler. Dans toutes ces dents, le lobe antérieur est plus massif que le postérieur et aussi 
plus recourbé. M 2 et M 1 offrent quelques traces de bourrelet basilaire apparent surtout sur 
les faces antérieures et postérieures de la dent. Ce bourrelet s'efface au point le plus saillant 
des croissants. Les prémolaires se distinguent des arrière-molaires par leur forme plus 
amincie à leur partie antérieure. P 1 , qui persiste très tard, est très réduite. 

Une barre assez large sépare la série des molaires de la canine, qui est insérée presque 
horizontalement dans le maxillaire. Cette dent (pi. IX, fig. 4) est assez faible, à racine très 
longue et cylindrique. La couronne, relativement courte, est aplatie sur la face interne ou 
supérieure, et à section triangulaire; elle est tranchante en dedans. Cette disposition rappelle 
beaucoup celle de toutes les dents des Cêratorhinês et diffère, par contre, beaucoup de celle 
des Aeerotherium du groupe Filholi, qui sont ovalaires et tranchantes des deux côtés. 

J'ai pu relever les dimensions suivantes sur le spécimen d'Ulm, qui vient d'être décrit : 

Série dentaire supérieure (M 3 -P 2 ) 146 millimètres. 

Arrière-molaires (M 3 - M 1 ) 83 — 

P 1 isolée 28 — 

Série dentaire inférieure (M 3 -? 1 ) 175 — 

Canine, longueur totale . 72 — 

— longueur de la couronne 28 — 

Comme on le voit, ces dimensions sont légèrement supérieures à celle de la forme type 
(M 3 -P 2 = 132 millimètres dans l'échantillon de Lisbonne 1 ). Mais ces dimensions restent 
toutefois bien inférieures à celles du Rhin, minutus, dont la série correspondante mesure 
173 millimètres au minimum, suivant M. Osborn, et 187 millimètres, si l'on se rapporte à la 
pièce d'Auzon, décrite plus haut. Il est vrai que le Paléontologiste américain rattache à 
VA. rninuturn, non seulement la pièce type de Moissac, mais encore le Die. pleur oeeros, qui 
est de plus petite taille. 

Je ne puis donc admettre, ainsi que l'a fait M. Osborn, l'assimilation de la forme d'Ulm 
avec l'espèce du Stampien du Midi de la France. Il me paraît préférable de rattacher cette 
espèce au type du Portugal, qui, en somme, en est moins éloigné au point de vue stratigra- 
phique : le gisement d'Ulm occupant la partie tout à fait supérieure de l'étage Oligocène, 
tandis que celui de Lisbonne est situé à l'extrême base du Burdigalien. 

Notons, en passant, que si les couches des environs d'Ulm ont fourni la petite espèce que 
nous décrivons, on y a trouvé aussi des restes de Y Acerotherium lemanense typique. Le reste 
de la faune a un caractère nettement oligocène, bien que les grands Anthracotherium aient 
disparu. 

B. — Petite espèce de Selles-sur- Cher (Loiret). 

(PI. VIII, fig. 4, 5.) 

M. Henri Dou ville a bien voulu me communiquer une série de dents de cette petite 
espèce, rencontrée dans les environs de Selles-sur-Cher et conservées dans les collections 

1 Je rectifierai à ce propos une eneur typographique qui s'est glissée dans mon Mémoire sur les Vertèhrès du 
Portugal, p. 43, c'e>t 132 millimètres qu'il faut lire et non 122 millimètres. 



DESCRIPTION DES ESPECES 73 

de l'Ecole des Mines. Il faut joindre à ces matériaux quelques autres pièces recueillies par 
M. Stehlin dans cette même localité, qui indiquent la présence d'une deuxième espèce de 
Rhinocéros sur ce point. 

Quelques-unes des dents conservées à l'Ecole des Mines ont déjà été étudiées et figurées 
par le D r Mayet (thèse, p. 113, pi. II, fig. 5, 6). 

Il m'a été impossible de réunir une série complète de la dentition supérieure de cet animal, 
malgré la quantité de dents récoltées sur le même point; on peut cependant de se faire une 
idée assez nette de cette forme. 

J'ai sous les yeux deux dernières molaires, qui sont tout à fait identiques à celles 
d'Ulm. La moins usée montre un crochet postérieur très net et assez aminci (pi. VIII, 
fig. 4), tout à fait identique à ce que l'on peut observer sur la pièce de Lisbonne. La 
crista est aussi bien développée, mais le crochet antérieur paraît assez réduit, au moins 
à l'état d'usure de la dent. 11 est certain qu'à un degré plus avancé, ce crochet serait bien 
plus apparent. 

M 2 et M 1 ont toutes deux un crochet postérieur bien accusé, tandis que le crochet 
antérieur est plus arrondi et plus large vers la" base, surtout dans M 2 , qui est plus usée; on 
n'observe pas de crista. Il n'y a pas de bourrelet basilaire interne, mais un bourrelet antérieur 
et postérieur assez développé. 

Les prémolaires, dont je donne ici un croquis fait par M. Stehlin et qui m'a été 
communiqué par lui, sont caractérisées par leur forme très quadrangulaire. Le crochet 
postérieur est très développé et bifide ou trifide à 
son extrémité. Ce dernier caractère, qui est visible 
sur les échantillons types, a été un peu trop accusé 
dans le dessin de M. Stehlin. La crista est bien 
développée ; la partie interne de la dent est 
entièrement entourée d'un bourrelet basilaire 
assez élevé. 

Les collections de l'Ecole des Mines possè- 

x lMg. II. — Leratorhinus tagicus Roman. 

dent encore de cette espèce une première prémo- prémoiaires supérieures de Selles -sur-Cher. 

laire peu usée, qui offre beaucoup de ressemblance (Dessin de m. stehlin. Grand, natur.) 

avec celles du petit Rhinocéros d'Ulm. Le lobe 

postérieur est encore très accusé, tandis que le lobe antérieur est réduit à un repli d'émail 
vertical plus ou moins développé, suivant les spécimens. 

La canine supérieure, ou dent en bouton, est assez petite et très allongée. 

Dentition inférieure. — Je n'ai eu entre les mains que quelques dents inférieures, 
qui sont entièrement dépourvues de bourrelet externe ; un simple indice de bourrelet se voit 
sur la partie antérieure et postérieure de la dent. 

Les dents de l'espèce de Selles-sur-Cher mesurent : M 3 , 30 millimètres; M 8 , 31 milli- 
mètres; M 1 , 33 millimètres, ce qui donne approximativement 94 millimètres pour la série 
des arrière-molaires. Les prémolaires, d'après M. Stehlin, mesurent 70 millimètres. La 
longueur totale de la dentition serait donc de 164 millimètres. 

Si l'on tient compte des inexactitudes inévitables, quand on utilise des dents isolées, je 

Arch. Mus. — t. XI. ^0 




74 LES RHINOCÉRIDÉS DE L'OLIGOCÈNE D'EUROPE 

crois qu'il faut estimer à 160 millimètres environ la longueur mesurée de P 2 à M 3 . Cette 
dimension est encore supérieure à celle des spécimens de Munich et, par conséquent, 
sensiblement plus grande que celle de Lisbonne. Il faudrait donc admettre des variations de 
taille assez sensibles dans cette espèce, peut-être attribuables aux différences de l'habitat de 
ces différents individus. 

Nous rattacherons à cette espèce, ainsi que l'a fait d'ailleurs M. Mayet, aux spécimens 
de Selles-su r-Cher des pièces décrites sous le nom de Rh. tagicus, mut. ligericus, qui ont 
très sensiblement les mêmes caractères, mais de taille un peu supérieure, provenant de 
Suèvres, Chitenay, Montabuzard, Avaray, Neuville-aux-Bois, Ghilleurs. 

G. — Rhinocéros de la Mollasse de Lausanne (Suisse). 

Les collections du Musée de Lausanne renferment une série de pièces de Rhinocéridés, 
trouvées dans les environs immédiats de la ville, qui n'ont fait jusqu'ici l'objet d'aucune 
description complète. M. Lugeon a bien voulu me confier l'étude de ces échantillons et me 
permettre ainsi de compléter l'histoire de l'évolution de ce groupe dans les assises de passage 
de l'Oligocène au Miocène. 

On peut reconnaître au premier abord deux séries de formes : 

1° Une espèce de grande taille représentée par des dents supérieures isolées provenant 
de Bethusy, et par une rangée dentaire inférieure trouvée par M. Lugeon dans la Mollasse 
du haut du calvaire. 

2° Une autre forme plus petite est représentée par un crâne écrasé vu par sa face 
inférieure et sa mandibule provenant de la place du tunnel et une mandibule correspondant à 
un individu de la même taille, recueillie par M. Blanchet à Rovereaz en 1856. Ces deux 
pièces n'ont pas encore leur dentition définitive complète. 

Enfin il existe encore dans les collections de Lausanne un fragment de dentition supé- 
rieure de plus petite taille encore que les précédentes représentées par quelques dents de 
lait supérieures en connexion, trouvées à Lausanne, au Valentin. 

Nous n'insisterons pas sur les grands spécimens qui se rapportent au groupe de YAcero- 
therium lemanense mais qu'il est impossible de désigner d'une façon plus précise, étant donné 
l'état de conservation des échantillons. 

Les formes de petite taille se rattachent intimement au groupe des Cêratorhinés et se 
rapportent au Rhinocéros tagicus. 

I. — Crâne de la jilace du tunnel (pi. IX, fig. d, 1 a). — Cette pièce est visible 
par sa face inférieure, et montre le palais portant six dents : du côté gauche on distingue 
la dernière molaire à peine sortie de son alvéole et non entamée par la détrition ; la 
deuxième, presque intacte, a cependant déjà servi à la mastication, M 1 est un peu plus 
usée. La dernière dent visible sur cette pièce, est une molaire de lait sous laquelle on 
voit apparaître P'\ Le maxillaire droit offre les mêmes dents, mais un peu endommagées. 
Les deux arrière-molaires (M 2 et M 1 ) sont toutes deux pourvues d'un fort crochet posté- 
rieur qui obstrue presque complètement la vallée médiane; il est plus mince et plus 
allongé que dans le type du tagicus, mais cette différence résulte du degré d'usure moindre 
des dents de la pièce de Lausanne. La colline antérieure porte aussi un crochet bien 



DESCRIPTION DES ESPÈCES 75 

accusé mais toutefois moins développé que le postérieur. Enfin on distingue aussi une crista 
assez nette sur M\ 

La dent de lait ressemble trait pour trait à une dent de môme nature de la petite espèce 
de Selles- sur-Cher (pi. IX, fig. 5). 

Les dimensions de cette pièce concordent tout à fait avec celles du Rhinocéros tagicus 
de Lisbonne. La série des trois arrière-molaires mesure, autant qu'il est possible de le 
calculer sur cette pièce un peu déformée par la fossilisation, 65 millimètres. La dimension 
correspondante prise sur le type du tagicus est de 63 millimètres. 

La taille serait sensiblement plus forte dans l'espèce de Selles-sur-Cher dans laquelle 
nous avons estimé approximativement la longueur des arrière-molaires à 4 millimètres. 

Il y aurait donc une tendance à considérer au point de vue stratigraphique la forme de 
Lausanne comme légèrement plus ancienne que la pièce de Selles et à très peu près comme 
contemporaine de celle de Lisbonne. Il faut donc admettre que les Mollasses de Lausanne 
appartiennent à la base de la série Miocène et placer le gisement du tunnel soit à la partie 
tout à fait inférieure du Burdigalien ou au sommet de l'Aquitanien. Cette espèce serait donc 
ici nettement Miocène si, comme le fait M. Dollfuss, on comprend l'Aquitanien dans cet 
étage. 

IL — Mandibule de Rovereaz (pi. IX, fîg. 2). — Cette pièce est encore engagée dans 
un bloc de Mollasse calcaire assez dure, identique à celle qui entoure le crâne de la place du 
tunnel. Cette échantillon se rapporte aussi à un individu jeune, ne possédant pas encore sa 
dentition définitive. Le côté droit de la mandibule montre quatre dents, en bon état de préser- 
vation, dont la dernière n'est pas encore sortie de son alvéole et dont le lobe antérieur seul 
est apparent. Enfin on constate sur le côté gauche la série complète des dents de lait ; une 
alvéole placée en avant de D 1 montre l'existence d'une petite prémolaire. Il reste enfin des 
débris d'une canine oblique de petite taille. 

Par ses dimensions et par son état de développement, cette pièce offre les plus frappants 
rapports avec une autre mandibule provenant de la Mollasse de Pyrimont, décrite et figurée 
dans le Mémoire de MM. Depéret et Douxami (p. 18, pi. IV, fig. 9, 9a) sous le nom de Dicera- 
therium asphaltense (dentition de lait). Cette mandibule a été recueillie à un niveau un peu 
supérieur au reste de la faune, qui paraît correspondre à très peu près au point de vue strati- 
graphique aux Mollasses de Lausanne. 

Lés dents de la mandibule de Pyrimont sont, comme celles de Lausanne, dépourvues de 
bourrelet d'émail basilaire, et ressemblent par suite beaucoup aux dents du petit Rhinocéros 
de Selles-sur-Cher. Je pense donc qu'il convient de rapprocher, au moins provisoirement, sous 
la même désignation spécifique toutes ces pièces et les rapporter au Rhinocéros tagicus. 

J'ai relevé les mesures suivantes sur la mandibule de Rovéréaz : 

Série dentaire (de M 1 à D*) 103 millimètres. 

Dimensions correspondantes de la pièce de Pyrimont. . . . 103 — 

III. — Crâne incomplet du Valentin. — Je mentionnerai encore pour mémoire une 
pièce conservée au Musée de Lausanne et que l'on doit encore considérer comme un très jeune 
individu de la même espèce. C'est une portion de crâne très incomplet conservé dans une 
Molasse grisâtre assez tendre et qui provient du Valentin à Lausanne. Une partie de la denti- 



76 LES RHINOGÉRIDÉS DE L'OLIGOCÈNE D'EUROPE 

tion supérieure comportant deux dents du côté droit à peu près complètes (D 2 , D 3 ) et du côté 
gauche une dent de lait (D 1 ) et la première prémolaire. 

I) 2 et D 3 sont très molariformes à fût peu élevé ; leur vallée médiane assez largement 
ouverte montre cependant un crochet antérieur bien apparent et l'indice d'une crista peu 
développée. D 3 semble aussi porter un crochet postérieur, mais le mauvais état de conser- 
vation de cette pièce ne permet pas une certitude absolue à cet égard. 

Les dimensions suivantes peuvent se relever sur cette pièce : 

Longueur de D 3 D- 58 millimètres. 

Longueur de D 1 et de P 1 38 — 

La longueur totale de la dentition de lait serait donc de ... 96 — 

Il est très probable que ce spécimen correspond à un très jeune individu de la forme dont 
on possède deux pièces assez complètes de la Mollasse de Lausanne et que l'on doit la désigner 
encore sous le nom de Rhinocéros tagicus. 



POSITION STRATIGRAPHIQUE 

Au point de vue s trati graphique il est bien difficile de savoir si les mollasses grises 
appartiennent encore à l'Oligocène, ou si Ton doit les rattacher au Miocène inférieur. 
M. Depéret, dans son travail sur les vertébrés de PyrimontS montre très nettement que la 
faune de cette localité doit dans son ensemble être considérée comme synchronique de celle du 
Bourbonnais, de Saint-Gérand-le-Puy en particulier, mais il montre aussi que le passage au 
Miocène (Burdigalien marin à Peten prœscabriusculus), y est insensible et que, par suite, la 
limite entre le Miocène et l'Oligocène est très difficile à préciser. Il reste donc entre ces deux 
niveaux des assises continentales qui correspondent exactement à la Mollasse grise de Lausanne. 
Le gisement de Pyrimont ne renfermant plus les grands Anthracothéridés doit se trouver 
stratigraphiquement un peu plus élevé que le niveau des lignites de Rochette près Lausanne. 

M. Stehlin, dans une note assez courte, mais fort importante 2 , donne une liste des espèces 
recueillies dans cette Mollasse grise de Lausanne et la considère comme l'équivalent exact de 
Saint-Gérand-le-Puy. Cette faune comprend d'après cette note les espèces suivantes : 
Palœochœrus Meissneri, Cainotherium, sp., Dremotherium sp., Tapirus sp., Rhinocéros 
de petite taille, Rhinocéros de taille moyenne. 

Ces deux formes se rapportent d'après ce qui vient d'être dit : la petite espèce au 
Ceratorh. tagicas, la moyenne à l'A. lemanense. 

Si Fexistence d'un Cainotherium rattache sans hésitation ces Mollasses à l'Oligocène, il 
faut cependant reconnaître que la présence d'un Cêratorhinè implique des affinités miocènes. 

En résumé je pense qu'il faut placer encore les Mollasses grises de Lausanne à la partie 
tout à fait terminale de l'Oligocène et ne faire débuter le Miocène, comme le pense M. Stehlin, 
qu'avec la transgression marine. 

1 Depéret et Douxami, les Vertèbres Oligocènes de Pyrimont, p. 87 et suivantes. 

2 H. -G. Stehlin, Ueber die Grenze zwischen Oligocsen und Mioœn in dcr Schweizer Molasse (Ecloyse Helveliœ, 
vol. VII, n° 4, p. 360). 



CHAPITRE III 



DISTRIBUTION STRATIGRAPHIQUE 

DES RHINOCÉRIDÉS DE L'OLIGOCÈNE 



L'un des traits les plus saillants de l'histoire paléontologique de l'Oligocène est l'arrivée 
en Europe du groupe des Rhinocéridés. Ces animaux n'ont été précédés sur l'ancien continent 
par aucune forme dont on puisse les faire descendre par voie de mutation progressive ; on se 
trouve donc en présence d'un exemple frappant de ces migrations qui se sont produites aux 
différents âges de la terre et qui font apparaître brusquement sur une région donnée un 
groupe zoologique que rien ne faisait prévoir dans les époques antérieures. 

Cette migration, ainsi que l'a démontré M. Depéret *, coïncide avec le début de l'étage 
Oligocène, et est très certainement d'origine nord-américaine. Elle est accompagnée par 
l'arrivée aussi brusque de la famille des Achœnodontidés, dont l'origine est analogue et dont 
l'immigration a dû se produire par la même voie. 

D'après les recherches des paléontologistes américains 2 deux théories relatives à l'ori- 
gine première du groupe des Rhinocéridés sont en présence : les Rhinocéridés semblent 
dériver des Hyracodontidès apparus dans l'étage de Bridger, appartenant à l'Eocène moyen. 
En même temps apparaît la famille des Amynodontidès qui évolue pendant le commen- 
cement de l'Oligocène et dont nous avons en Europe un représentant le genre Cadurco- 
therium 3 apparu précisément avec les premiers Rhinocéridés vrais. 

1 Comptes rendus Acad. Se, t. GXLII,p. G19. 

2 Osborn, The extinct Khinoceroses (Memoirs ofthe american Muséum of nat. Hist., vol., part. III, 1898 
p. 85) 

3 Je saisis l'occasion pour rectifier une omission, qui m'a été reprochée par M. Boule, au sujet des affinités 
du genre Cadurcotherium avec les Amynodontidès américain?. J'ai attribué, en effet, à M. Boule, dans un travail 
précédent (Monographie du genre Cadurcotherium, p. 43), une opinion qu'il avait, paraît-il, abandonnée depuis 
longtemps, c'est-à-dire la parenté de ce genre avec les Astrapotherium de la faune patagonienne. M. Boule m'a, en 
effef, montré, que dans son Exposé de ses titres scientifiques il avait renoncé à sa première manière de voir, et 
admis au contraire les relations d'étroite parenté qui rapprochent les Cadurcotherium des Amynodontidès nord- 
aiiéricains. 

Jq ferai observer à ce sujet qu'il ne m'était pas possible, lors de l'apparition de mon mémoire, de tenir compte 
de la brochure de AI. Boule dont je n'avais pas eu connaissance et que, de plus, les exposés de titres scienti- 
fiques étant destinés à un nombre extrêmement restreint, de personnes ne peuvent être considérés au même titre 
que les Mémoires paîéontologiques originaux et que les notes de l'Académie des Sciences. 



78 LES RHINOCÊRIDÈS DE L'OLIGOCÈNE D'EUROPE 

M. Depéret 1 pense au contraire que s'il est encore prématuré de « rattacher directement les 
premiers Rhinocêridès européens à l'un des groupes eocènes d'Amérique tels que les 
Hyracodontidès ouïes Amynodontidès] du moins est -il permis de penser que nos Ronzothe- 
rium et Acerotherium sont une branche latérale, détachée, un peu avant l'Oligocène, du 
tronc des Rhinocéros du Nouveau Monde ». 

La première question qui se pose au sujet de cette immigration a trait à l'époque exacte 
d'apparition de ce groupe en Europe. 

Les plus anciens documents se rapportent à l'étage Sannoisien. 



I. — GISEMENTS DE L'ÉTAGE SANNOISIEN 

C'est dans les marnes argileuses de Ronzon près le Puy que se trouvent les premiers 
débris connus de ces animaux. V Acerotherium velaunum, découvert depuis 1840 par 
Aymard, démontre l'apparition du groupe immédiatement au-dessus des calcaires à grands 
Palœotherium, synchroniques de ceux du gypse de Paris. Cet animal était accompagné par 
VEntelodon, émigré comme lui de l'Amérique du Nord. Dès cette époque, les Acerotherium 
sont de grande taille et ont des caractères peu différents des espèces qui vont leur succéder 
dans les étages de Stampien et Aquitanien. 

La découverte d'Aymard vient d'être confirmée récemment par celle de M. Vasseur dans 
le Sud-Ouest de la France. Le savant paléontologiste de Marseille a signalé en effet dans les 
Mollasses du Fronsadais, tuilerie de Soumailles, commune de Pardaillan (Lot-et-Garonne), 
une prémolaire d'un Rhinocèridê associé à de nombreux Paloplotherium minus 2 . D'après 
M. Vasseur le niveau qui a fourni ces débris de Mammifères peut se préciser au point de vue 
stratigraphique et doit être considéré comme l'équivalent exact des marnes vertes à Cyrènes 
et au calcaire de Brie du Bassin de Paris. Cette assise est en outre superposée dans la région 
des couches contenant la faune du gypse à grands Palœotherium. La faune de la tuilerie 
de Soumailles est donc, comme on le voit, l'équivalent à peu près exact des marnes de Ronzon. 

11 convient en outre de rapprocher de ces faits la découverte faite par M. Stehlin des restes 
de deux espèces de Rhinocêridès dans le Calcaire à Astéries d' Allias (Gironde). Ces deux formes 
ont été décrites précédemment sous les nom de Egg. Osborni? et Acer, groupe de Filholi. Ces 
pièces sont malheureusement trop usées et trop incomplètes pour qu'il soit possible de donner une 
détermination plus précise, la grande forme pouvant peut-être se rapporter à YAc. velaunum. 

Malgré ce manque de précision, dû à l'insuffisance des matériaux, il est cependant 
intéressant de constater que deux groupes parallèles existaient dès la base de l'Oligocène. 

Rappelons en passant que le Calcaire à Astéries du Bordelais, équivalent des Faluns de 
Gaas, est classé par M. H. Douvillé dans le Sannoisien 3 ainsi que par Lapparent 4 . Ce dernier 

1 G. Depéret, les Échanges de faunes entre l'Europe et l'Amérique du Nord aux temps géologiques (Proceedings 
of the VII e interni Zool. Congress, Boston, 1907, p. 5). 

2 Vasseur, Découverte de Vertébrés dans les Mollasses oligocènes du Fronsada : s (Comptes rendus Acad Se 
t. CXLV ? 9 et 23 décembre 1907). 

3 H. Douvillé, Bull. Suc. Geol. Fr., t. V, p. 53. - Pour cet auteur, le Sannoisien ferait encore parlie du 
Bartonien supérieur. 

4 Lapparent, Traité de Géologie, 5 e éd., p. 1555. 



DISTRIBUTION STR ATIGRAPHIQUE 79 

toutefois place cet horizon au-dessus des Mollasses du Fronsadais, dont il serait séparé par 
le calcaire de Castillon. 

Nous rapprocherons de ces gisements français, celui des sables de Veinheim dans le 
bassin de Mayence à Natica crassatina, qui me paraissent à peu près équivalents au point de 
vue stratigraphique, ou qui, si l'on adopte la manière de voir de Lapparent, appartiennent tout 
au plus à la base de l'étage Stampien. On sait que ces sables marins ont fourni aux recherches 
de M. Deninger, un Acerotherium de très petite taille, que je crois pouvoir rapporter à 
VEggysodon Osborni Schlosser (vid. ante p. 15) et qui a été décrit sous le nom de Ronzo- 
therium Reichenaui. 

Tels sont les gisements renfermant des Acerotherium et appartenant au Sannoisien 
dont nous ayons eu connaissance. 

II. - GISEMENTS STAMPIENS 

Je classerai dans le Stampien inférieur les gisements suivants, qui parfois ont été 
considérés comme les plus anciens : 

I. Bordure du Plateau central. — Au sud du Plateau central les argiles de Barlière, 
près Bournoncles Saint-Pierre, on a trouvé quelques débris <S! Acerotherium associés avec un 
Cadurcotherium et de YEntelodon. Ce gisement, considéré comme l'équivalent de Ronzon 
par M. Boule, serait, suivant M. Girod, un peu plus récent et doit se classer dans le Stampien 
inférieur. 

C'est encore très probablement au Stampien inférieur que l'on doit attribuer le niveau de 
Brons (Cantal), qui a donné une belle mandibule d'un Rhinocéridé primitif VEggysodon 
Gaudryi, Rames sp. Le niveau des Argiles du Cantal est difficile à préciser; elles sont 
nettement inférieures au Stampien supérieur. Le niveau de Brons a donné, outre l'espèce que je 
viens de citer, une dent isolée d'un Acerotherium de grande taille du groupe lemanense. 

II. Bassin de la Garonne. — Dans le Sud-Ouest de la France le gisement de Puy- 
laurens (Tarn) a donné deux formes de Rhinocéridés, une de petite taille, se rapprochant de 
VEgg. Osborni. Cette dernière m'a été communiquée par M. le pasteur Dardier de Saint- 
Ambroix, est trop incomplète pour être déterminée sûrement (fragment de maxillaire avec 
trois dents). La grande espèce se rapporte sans hésiter à VA. Eilholi, et m'a été envoyée 
par M. Stehlin. 

Ces Mollasses, attribuées au Sannoisien par M. Vasseur, doivent en réalité se rapporter au 
Stampien ainsi que l'a montré M. Stehlin 1 . Le gisement de Puylaurens a donné en outre : 
Cadurcotherium minus Filhol, Lophiomeryx af. Chalaniati, Antracotherium sp. 

L'énumération qui précède, suffît pour montrer le développement dans la base de l'étage 
Stampien des deux rameaux apparus dans le Sannoisien : c'est-à-dire des Eggysodon et des 
Acerotherium du groupe lemanense A. Filholi. 

Les autres gisements du Stampien du Sud-Ouest sont difficiles à classer d'une façon très 
précise ; ils appartiennent tous en effet à l'ensemble des Mollasses de VAgenais, qui montent 

1 Voir ce qui a été dit à ce sujet dans un travail antérieur (Monographie du genre Cadurcotherium (Arch. Mus. 
Lyon, t. X, p. 43). 



80 LES RHINOGÉRIDÉS DE L'OLIGOCÈNE D'EUROPE 

jusque dans l'Aquitanien et qui ne sont séparées par aucun banc calcaire à faune bien carac- 
téristique . 

Néanmoins nous placerons vers la partie inférieure de l'étage : les gisements de Montans, 
près Gaillac, qui a donné une belle mandibule d' Acerotherium lemanense et les localités si 
riches en débris de Mammifères de la Milloque et de Gomberatière (Lot-et-Garonne) où se 
rencontre V Acerotherium Filholi avec ses caractères les plus typiques. 

Le gisement de Latou, à proximité de la Milloque , a donné une belle mandibule de 
V Eggysodon Gaudryi ; il est très vraisemblablement tout à fait au même niveau que ce 
gisement classique. 

C'est encore dans la partie moyenne de l'étage Stampien que l'on doit classer le gisement 
de Salvagnac près Rabastens d'où provient le crâne de VA . albigense conservé au Musée d'Albi. 

Pour ne pas abandonner les niveaux fossilifères du bassin de la Garonne, je mention- 
nerai le gisement de Moissac, l'un des plus anciennement connus, qui a donné à Cuvier le type 
de son Rhinocéros minutus. Il y est accompagné de Microselenodon minus, à' Anthraco- 
therium magnum et de Cadurcotherium Nouleti. 

M. Vasseur classe les assises qui ont donné cette faune dans le Stampien supérieur. 

Enfin aux environs de Montauban, les gravières de La Mothe-Capde ville qui paraissent 
occuper un niveau élevé dans le Stampien ont fourni une tête incomplète de YAc. lemanense. 

III. Bassin du Rhône. — Je ne connais pas de gisement de la partie inférieure de 
l'étage Stampien,, sauf peut-être les Argiles des Miles dans le bassin d'Aix- en-Provence. Ce 
gisement a fourni quelques débris de Rhinoceridés dont je n'ai pu avoir communication. 

Au Stampien supérieur se rapportent les Argiles des environs de Marseille (Saint-Henri). 
Ce niveau nous a donné YAc. albigense tout à fait identique à celui de l'Albigeois, et YAc. 
Filholi. Ils sont associée a une faune nombreuse où domine principalement Brachyodus borbo- 
nicus, qui en fait l'équivalent des couches à Mammifères du Stampien supérieur du Bour- 
bonnais. 

En Vaucluse, les sables de Pernes, près de l'Ile-sur-Sorgues, ont donné un magnifique 
crâne de Y Acerotherium Filholi. Ces sables peuvent être classés dans le Stampien moyen, ils 
sont inférieurs aux plàtrières de l'Isle-sur-Sorgues à Cadurcotherium Nouleti. 

C'est encore dans le Stampien supérieur que l'on doit placer le niveau d'Auzon près 
Alais avec Ac. minutum ; ce niveau est très élevé dans l'étage Stampien et doit se placer à la 
limite de l'Aquitanien ; il en est de même du gisement de Boujac au sud d' Alais où ont été 
trouvés quelques débris de Rhinocéros, malheureusement insuffisants. 

IV. Bassin de la Loire. — Les gisements de Rhinoceridés sont assez fréquents dans le 
Stampien supérieur de cette région : aux environs de Gannat, les calcaires ont donné au 
moins trois espèces distinctes de Rhinoceridés appartenant à des rameaux différents : 

1° VAc. Pomeli que l'on est tenté de rattacher à la filiation des Eggysodon. 

2° L' Ac. lemanense descendant direct du Filholi. 

3° Enfin le Diceratherium pleuroceros. 

Dans la même région, Randan, d'où provient un A c. lemanense. et Billy près de Saint- 
Germain-des-Fossés où l'on a trouvé Die. pleuroceros, appartiennent au même niveau. 
Peut-être vaudrait-il mieux rapporter ce dernier gisement à la base de l'Aquitanien et en 
faire l'équivalent de Saint-Gérand-le-Puy. 



DISTRIBUTION STRATIGRAPHIQUE 8f 

On a encore recueilli des débris d'Ac. Filholi (canine inférieure) dans les Argiles de 
Digoin qui sont nettement stampiennes. 

V. Bassin de Paris. — La seule localité du Stampien qui ait donné des débris de 
Rhinocéridés est celle de la Ferté-Alaisprès Btampes ; Munier-Chalmas y a trouvé autrefois 
quelques dents de VEg. Osborni associé à une grande espèce du groupe de l'A. Filholi. 
Les bancs qui ont fourni ces échantillons sont intercalés entre les Sables de Fontainebleau et le 
Calcaire de Beauce et sont par suite placés dans la partie supérieure de l'étage Stampien. 

VI. Italie. — Le gisement de Gadibona paraît devoir se rapporter encore au Stampien ;. 
il a donné une forme de petite taille décrite sous le nom à'Ac. cadibonnense, et qui dans l'état de 
conservation un peu insuffisant des spécimens , se rapporte probablement au genre Eggysodon., 



III. — TERMES DE PASSAGE DE L'OLIGOCÈNE AU MIOCÈNE 

C'est à dessein que j'emploie le terme vague de termes de passage de l'Oligocène au* 
Miocène en parlant des faunes qui succèdent au Stampien, plutôt que de me servir du nom 
d'Aquitanien que l'on peut transporter soit à la partie terminale de l'Oligocène, soit à la base 
de l'étage Miocène. Les opinions les plus opposées sur ce sujet ont été émises ces dernières 
années et il convient de faire une analyse attentive des faits avant d'adopter l'une ou l'autre 
de ces manières de voir. 

S'il est incontestable que les affinités des formations marines de l'étage Aquitanien, en le 
prenant au sens étymologique du mot, sont avec la série miocène, il n'en est pas moins vrai 
que les faunes de Mammifères qu'on avait l'habitude de placer dans l' Aquitanien (telle la faune 
de Saint-Gérand-le-Puy) sont au contraire nettement oligocènes par l'ensemble de genres 
représentés. La difficulté est donc très grande de discerner ce qui appartient à l'un ou l'autre 
des deux étages. 

Quoi qu'il en soit, les gisements qui renferment des Rhinocéridés, dont la position est 
ainsi incertaine sont les suivants : 

I. Bassin de la Loire. — Le gisement si connu de Saint-Gérand-le-Puy, si célèbre 
par ses débris de Mammifères ne semble pas avoir été beaucoup fréquenté par les Rhino- 
céridés. Filhol signale cependant deux formes : l'une grande, désignée sous le nom de 
Rhinocéros lemanensis, détermination parfaitement admissible, et l'autre plus petite qu'il 
appelle Acerotherium Croizeti représentée seulement par des mandibules. Il me semble 
infiniment probable, comme je l'ai dit plus haut que la pièce en question doit plutôt se 
rapporter au Rhinocéros pleuroceros de Duvernoy. 

IL Bassin du Rhône. — Le gisement de Pyrimont-Challonges (Savoie) étudié en 
détail par MM. Depéret et Douxami correspond exactement par sa faune à celui de Saint- 
Gérand-le-Puy. Il a donné deux espèces de Rhinocéridés : Diceratherium asphaltense, 
Dep. et Doux, que M. Osborn considère comme un mâle du lemanense 1 et Rhinocéros 
(Acerotherium) minutum. Il faut joindre à cette liste le Ceratorhinus tagicits représenté 
par une mandibule jeune tout à fait identique à celle de Lausanne (Suisse). 



1 Phyl. Rhin. Em\, p. 245. 
Arch. Mus. — t. XI 



11 



82 LES RHINOGÉRIDÉS DE I/OLIGOCENE D'EUROPE 

Le gisement de Pyrimont est caractérisé comme celui de Saint-Gérand par la disparition 
des Anthracotherium. 

Aux environs de Lausanne (Suisse) il existe au-dessus des lignites de Rochette une 
épaisse série d'assises de Mollasse, dite Mollasse grise de Lausanne, attribuée jusqu'à ce jour 
à la base du Miocène, mais dont une partie au moins semble devoir correspondre au niveau 
de Pyrimont, puisqu'elle est en partie superposée aux lignites à grands Anthracotherium. 

Cet ensemble d'assises a donné toute une série de débris de Rhinocéridés, dont les prin- 
cipaux ont été décrits dans le cours de ce mémoire. 

La Mollasse grise de Lausanne a donné : Ceratorhinus tagicus et Acerotherium 
lemanense. 

III. Bassin de Paris. — Les carrières des environs de Selles-sur-Cher (Loir-et-Cher) 
placées à la partie tout à fait inférieure des Calcaires de l'Orléanais, appartiennent encore à 
cette série d'assises dont l'âge est encore discuté et que les uns veulent placer dans l'Oligocène 
tout à fait supérieur, les autres à la base du Miocène. Les documents mammologiques recueillis 
ne sont pas encore assez nombreux pour trancher définitivement la question, mais le fait 
intéressant pour nous, réside dans la présence dans cette localité d'un petit Rhinocéros que je 
ne puis rapprocher que de la forme du bassin de Lisbonne, décrite sous le nom de tagicus. 

Cet argument est tout à fait insuffisant pour fixer l'âge des assises de Selles-sur-Cher, 
car les couches à Mammifères de Lisbonne placées immédiatement au-dessous du Burdigalien 
marin contiennent déjà le Brachyodus onoideus forme des Sables de l'Orléanais, c'est-à-dire 
du vrai Burdigalien. Mais on peut rapprocher d'autre part le Rhinocéros de Selles de celui des 
environs d'Ulm qui se trouve en compagnie d'une faune nettement oligocène équivalent de 
celle de Saint-Gérand-le-Puy et Pyrimont. 

Wurtemberg. — Les environs d'Ulm, Eselsberg, Eckingen, sont assez riches en 
Mammifères. M. Schlosser y a signalé une quarantaine d'espèces parmi lesquelles deux 
Rhinocéros dont les débris sont conservés dans les Musées de Munich et de Stuttgart : l'une 
d'elles, de grande taille se rapporte sans hésitation â VA. lemanense, ainsi que l'a constaté 
M. Osborn qui en figure d'ailleurs une dentition supérieure complète. L'autre espèce que je 
rapporte au tagicus, est tout à fait identique à celui de Selles-sur-Cher. 

Les individus de cette dernière espèce semblent avoir quelque peu variés de taille, mais 
dans l'ensemble ils sont peu différents de la forme de Lisbonne. 

Il ne peut y avoir de doute sur l'attribution au sommet de l'Oligocène de la faune d'Ulm 
qui, si elle ne renferme plus à' Anthracotherium, possède de nombreux Cainotherium, forme 
si abondante dans tous les gisements oligocènes du Bassin de la Loire et qui se retrouve aussi 
à Pyrimont. 

On voit donc que ces assises de passage de l'Oligocène au Miocène (Aquitanien auct.) 
sont caractérisées au point de vue du développement des Rhinocéridés par la disparition des 
Eggysodon, la continuation de la série des grands Acerotherium du groupe Filholi-lemanense 
et des Diceratherium. 

Le fait le plus saillant de cette période correspond à l'apparition des véritables Rhinocéros 
du groupe des Ceratorhinès débutant par des formes de très petite taille préparant ainsi les 
espèces miocènes du môme groupe. 



CHAPITRE IV 

ESSAI DE RECONSTITUTION DES RAMEAUX PHYLÉTIQUES 

DES RHINOCÉRIDÉS DE L'OLIGOCÈNE 



Après avoir énuméré les diverses espèces de Rhinocéridés des gisements européens, il 
nous reste à analyser les rapports phylétiques que ces espèces peuvent avoir entre elles, et 
surtout à préciser les époques d'apparition et de disparition de chacun des rameaux. 

On trouvera plus loin (p. 86) résumées en un tableau les filiations telles que nous les 
comprenons actuellement. 

Cinq rameaux distincts ont été indiqués dans ce tableau : 



I 

Le premier comprend des formes de petite taille à dentition continue, par conséquent à 
évolution peu avancée. La dentition supérieure assez hétérodonte comprend trois arrière- 
molaires typiques de Rhinocéridés et quatre prémolaires plus étroites sur la face interne que 
sur la face externe, et pourvues d'un très fort bourrelet basilaire, et une canine bien 
développée. La dentition inférieure est caractérisée par sa canine dressée verticalement, et le 
bourrelet accusé de ses molaires et prémolaires. Ces formes ont été classées dans le genre 
Eggysodon. 

Le plus ancien représentant de ce groupe que nous connaissions est YEg. Gaudryi des 
Argiles de Brons (Cantal) du Stampien inférieur. La forme des Phosphorites E. Osborni 
caractérise le Stampien moyen et se retrouve jusque dans le Stampien supérieur. Il faut 
probablement considérer comme dernier représentant de cette série YE. Pomeli du Stampien 
supérieur de Gannat. 

Le groupe disparaît ensuite, sans laisser de descendants, dans l'Oligocène supérieur et le 
Miocène d'Europe. 

La forme des prémolaires et leur très fort bourrelet rappellent le Leptaceratherium 
trigonodum de la base des couches à Tithanotherium d'Amérique (approximativement 



34 LES RHINOCÉRIDÉS DE L'OLIGOCENE D'EUROPE 

Stampien), mais il ne faudrait pas en conclure à une parenté directe, ces deux formes se 
distinguant par un certain nombre de caractères, en particulier par la position de la canine 
inférieure qui est implantée obliquement sur le maxillaire dans la forme d'Amérique tandis 
qu'elle est presque verticale dans le genre européen. 

II 

Le rameau parallèle suivant comprend des espèces de très grande taille caractérisées 
par leur dentition homéodonte, composée de 3 M et de 4 P, 1 C à la mâchoire supérieure, de 
3 M, 4 P, I G, 1 I, à la mandibule. La canine inférieure très développée est en forme de 
poignard et à section ovalaire tranchante sur les côtés. 

Ce rameau apparaît dans le Sannoisien de Ronzon avec YAcerot. velaunum qui a déjà 
tous les caractères des vrais Agerotherium et diffère assez peu de Y Acer. Filholi qui le suit 
immédiatement. Cette dernière espèce dont on peut noter l'apparition dès la partie la plus 
inférieure du Stampien est très abondante dans le Stampien moyen, où elle a été retrouvée 
dans presque tous les gisements. Elle se retrouve encore dans le Stampien supérieur de 
Marseille où elle atteint une très grande dimension. 

Nous ne connaissons pas de descendant direct de ce groupe dans l'Oligocène supérieur, 
pas plus que dans le Burdigalien, peut-être faut-il voir dans cette espèce la souche ancestrale 
d'où dérive VA . incisivum, mais les documents intermédiaires nous font encore défaut. 

J'ai placé dans la même filiation, mais avec un point de doute, VA. lemanense qui suivant 
M. Osborn descendrait de VA. Filholi. Cette opinion qui était très admissible à l'époque de 
l'apparition du beau Mémoire de M. Osborn, ne me semble plus aussi justifiée. On ne 
connaissait pas alors la grande extension verticale de VA . Filholi qui se trouve jusque dans 
le Stampien supérieur et bien que jusqu'à ce jour on n'ait pas rencontré ensemble les deux 
espèces il me paraît impossible de faire descendre l'une de l'autre deux formes qui ont certai- 
nement vécu pendant la même période géologique. 

Il me semble assez rationnel, tout en admettant que les deux espèces sont assez 
rapprochées génériquement, de supposer qu'il existe, à côté des grands Acerotherium à canines 
en poignard, un autre groupe formant un petit rameau parallèle se développant depuis le 
Stampien supérieur et passant ensuite dans le Miocène : YAc. lemanense qui existe encore; 
l'Aquitanien nous mènerait à VA. platyodon du Burdigalien du Royans, puis à VA. tetradac- 
iylum de Sansan. 

III 

La troisième série comprend encore des espèces rattachées au genre Agerotherium 
-et qui se distinguent à première vue des précédentes par leur taille plus petite et qui 
paraissent dans l'état actuel de nos connaissances cantonnées dans l'Oligocène moyen et 
supérieur. 

J'ai réuni dans ce groupe deux espèces dont la dentition présente des rapports assez 
étroits : les molaires et les prémolaires sont assez semblables de forme, ces dernières toutefois 
un peu plus courtes. La vallée médiane est assez large et ne montre qu'un crochet antérieur. Les 
oanines inférieures à section triangulaire et aplaties en dessus sont de taille moyenne. 



ESSAI DE RECONSTITUTION DES RAMEAUX PHYLÉTIQUES 85 

Les os nasaux, pour Tune des espèces au moins, sont très courts et ne présentent pas la 
moindre trace de corne (A. albigense). 

U Acerotherium minutum, réduit au type de Moissac et aux deux autres pièces de 
Pyrimont etd'Auzon (Gard), est certainement une forme voisine de la précédente, mais elle est 
encore trop incomplètement connue pour que Ton puisse affirmer d'une façon positive sa parenté 
avec VA . Filholi. Il me paraît toutefois nécessaire de ne pas la maintenir dans le groupe des 
Digeratherium, au moins en attendant de connaître ses os nasaux. 

UAc. albigense ne peut pas être l'ancêtre du minutum bien qu'il ait apparu antérieure- 
ment, car il existait encore avec les mêmes caractères dans le Stampien supérieur. 

IV 

Le groupe des Digeratherium constitue une série parallèle aux précédentes et apparue 
dans le Stampien supérieur. Ce genre est caractérisé par ses os nasaux portant deux protu- 
bérances latérales servant de support à deux cornes. 

Le premier type européen, bien caractérisé, est le Diceratheriurn pleuroceros du Stampien 
supérieur de Gannat : il est malheureusement assez mal connu. Je pense qu'il convient de ne pas 
comprendre cette espèce ainsi que l'a fait M. Osborn dans le Rhinocéros minutus dont le 
savant paléontologiste américain avait fait un Diceratheriurn ; il semble aussi assez rationnel 
de le considérer comme l'ancêtre du Diceratheriurn asphaltense, de l'Oligocène supérieur de 
Pyrimont (Aquitanien auct.J. Peut-être doit-on considérer le Diceratheriurn Douvillei 
Osborn, des Sables de l'Orléanais, comme le représentant du même rameau dans le Miocène ; 
mais une incertitude règne encore sur cette espèce. M. le D r Mayet, qui a récemment eu 
l'occasion de reprendre l'étude de la pièce originale, ainsi que de nombreux autres spécimens de 
cette espèce, hésite à le placer soit à la fin du rameau des Dicérathérinés, soit au contraire tout 
à fait au début des Gératorhinés. Il pense, toutefois, qu'il est préférable de l'écarter de cette 
dernière famille et qu'il vaut mieux chercher l'origine du rameau sansaniensis du côté de la 
forme tagicus. Je partage d'ailleurs entièrement cette manière de voir. 

V 

Le dernier groupe, qui reste à envisager, est plus récent que les précédents et 
n'appartient à l'Oligocène que parce qu'il se trouve dans les assises de passage au Miocène. 
C'est le groupe des Gératorhinés, caractérisés dans le Miocène par leur crâne pourvu d'une 
corne nasale et d'une corne frontale plus ou moins développées, par leur dentition à molaires 
supérieures à vallée assez étroite, rétrécie par un crochet et un anticrochet très développés. 
Les canines inférieures sont encore assez développées. 

Je ne connais qu'une forme représentant ce groupe dans l'Oligocène, et je ne puis la 
séparer de la petite espèce que j'ai eu l'occasion de décrire dans la partie inférieure du 
Burdigalien du Portugal. 

Le Rhinocéros tagicus ou tout au moins des formes extrêmement voisines se rencontrent 
dans tout l' Aquitanien d'Europe. 

C'est donc un groupe tout nouveau qui apparaît ainsi par une très petite forme très proche 



86 



LES RHINOCÉRIDÉS DE L'OLIGOCENE D'EUROPE 



parente des espèces miocènes. Il semble qu'il y a dans cette corrélation de l'apparition d'un 
groupe nouveau de Rhinocéridés à affinités miocènes , et la faune marine tout à fait miocène de 
PAquitanien d'Aquitaine un argument pour les paléontologistes et les géologues qui, au lieu 
rattacher PAquitanien à l'Oligocène, préfèrent le considérer comme le premier terme de la 
série miocène. 

Mais il convient d'ajouter, que dans tous les gisements de Vertébrés de ce niveau il existe 
encore toute une série de formes à affinités nettement oligocènes : citons en particulier le groupe 
des Cainotheridès que l'on retrouve à Pyrimont à Ulm, à Lausanne, etc. 

Il ne semble donc pas possible, dans l'état actuel de nos connaissances, de faire coïncider les 
grands changements de la faune marine avec ceux de la faune terrestre et par suite de placer 
au même point la séparation entre le Miocène et l'Oligocène. Il serait nécessaire pour trancher 
définitivement la question de trouver une faune de Mammifères terrestres intercalée dans les 
couches marines de la région de l'Aquitaine : si cette faune renferme des éléments à affinités 
miocènes, il faudrait considérer PAquitanien comme le terme le plus ancien de cette série. 
Mais si au contraire on trouvait une faune analogue à celle d'Ulm ou de Saint-Gérand-le- 
Puy il n'y aurait plus qu'à admettre que, les conditions de milieu changeant, l'évolution des 
Vertébrés en raison des difficultés de dispersion sur les continents a éprouvé un certain retard 
par rapport aux faunes marines. 

TABLEAU DE RÉPARTITION DES RHÏNOCÉRIDÉS OLIGOCÈNES 



ÉTAGES 


1 


II 


III 


IV 


1 

V 


Oligocène inférieur 




Acerotherium ve- 








(Sannoisien). 




launum Aymard 








/ inférieur 


Eggysodon Gau- 


Acerotherium Fi- 










dryi Rames. 


Iholi Osborn. 








a <d 1 


Eggysodon Osbor-\ 








o, / ' 
*© co j moyen < 

.£P^ f 
O 


i ni Schlosser./ A ., . ™. 
) l Acerotherium ri- 

Eggysodon cadi-\ lholi Osborn. 


Acerotherium albi- 
gense nov. sp. 






bonense Rogers./ 








\ supérieur 


Eggysodon Pomeli 


Acerotlierium le- 


? Acerotlierium mi- 


Diceratherium 






nov. sp. 


manense Pomel. 

Acerotherium Fi- 
Iholi Osborn . 


nutum Guvier. 


pleuroceros 

Duvernoy. 




Oligocène supérieur. 




A. lemanense 


Acerotherium mi- 


Diceratherium as- 


Ceratorhinus ta- 


(Aquitanien auct.) 




Pomel . 


nuium Guvier. 


phaltense, Depé- 
ret et Douxami. 


gicus Roman. 


Miocène. 




Acerotherium pla- 




Diceratherium 


Ceratorhinus ta- 


(Burdigalien) 




tyodonMermier. 




Douvillei Osborn. 


gicus. Rom. 

Ceratorhinus san- 

saniensis Lart. 



INDEX BIBLIOGRAPHIQUE 



1825-1854. Guvier, Recherches sur les ossements fossiles, 3 e éd., t. IL 

1846. De Blainville, Ostèographie ou description iconographique comparée du squelette et du 
système dentaire des Mammifères, t. III, genre Rhinocéros. 

1853. Duvernoy, Nouvelles études sur les Rhinocéros fossiles (Archives du Muséum, t. VII, 

Paris, 1853.) 

1854. Pomel, Catalogue méthodique et descriptif des vertébrés fossiles découverts dans le bassin 

hydrographique supérieur de la Loire. 

1854. Aymard, Des terrains fossilifères du bassin supérieur de la Loire (Ronzoiherium velaunum) 

(Comptes rendus hebd. Acad. Sciences, t. XXXVIII, p. 673, Paris, 1854). 

1855. Aymard, Paléontologie delà Haute-Loire (Congrès scientifique de France, XXII, 1855, p. 261 ; 

1856, p. 231). 
1859. Gervais, Zoologie et Paléontologie françaises, 1848-1859, 2 e éd. 
1867. Thomas, Sur un maxillaire inférieur de Rhinocéros (Acerotherium) de l'Eocène supérieur du Tarn 

(Comptes rendus Ac. Sciences, Paris 21 janvier 1867). 
1867. Thomas, Note sur une mâchoire inférieure de Rhinocéros de l'Eocène supérieur du Tarn (Bull. 

Soc. Géol. Fr., 2 e série, t. XXIV, p. 235). 

1877. Filhol, Recherches sur les Phosphorites du Quercy (Annales des Sciences géologiques, t. 7, 8). 
1879. Filhol, Etude des Mammifères fossiles de Saint-Gérand-le-Puy (Allier) (Annales des sciences 

géologiques, t. 11). 

1878. A. Gaudry, les Enchaînements du monde animal dans les temps géologiques. Mammifères 

tertiaires, Paris, 1878. 
1881. Filhol, Etude sur les Mammifères fossiles de Ronzon (Annales des sciences géologiques, t. 12). 
1886. Lydekker, Catalogue of the Fossil Mammalia in the British Muséum of Natural History 

London, 1886, part. III. 
1886. Rames, Note sur l'âge des Argiles du Gantai et sur les débris fossiles qu'elles ont fournies (Bull. 

Soc. Géol. Fr., 3 e série, t. IV). 
1889. Landesque, Miocène del'Agenais et du Périgord (Bull. Soc. Géol. Fr., 3 e série, t. VII, p. 33). 
1893. Zittel, Manuel de Paléontologie, traduction Barrois, t. IV. 
1892. Pawlow (M me ), Etude sur l'histoire paléontologique des Ongulés, VI, les Rhinocéridae delà Russie 

et développement des Rhinocéridae en général (Bulletin Soc. Imp. des nat. de Moscou 

t. 2). 

1895. Mermier, Sur la découverte d'une nouvelle espèce d' Acerotherium dans la Mollasse burdigalienne 

du Royans (Annales Soc. linnéenne de Lyon, t. XLIV). 

1896. Boule, le Gadurcotherium (Comptes rendus Ac. Sciences, t. CXXII, p. 1150). 

1896. Mermier, Etudes complémentaires sur Y Acerotherium platyodon, de la Mollasse burdigalienne 

supérieure des environs de Saint-Nazaire en Royans (Annales Soc. linnéenne de Lyon 

t. XLIII). 
1898. Osborn, The extinct Rhinoceroses (Mèmoirs of the american Muséum of natural History 

Vol. I, part. III. 
1900. Osborn, Phylogeny of the Rhinoceroses of Europe (Bulletin of the Amer. Muséum ofnat Hist 

vol. XIII, art. XIX, p. 229). 



88 INDEX BIBLIOGRAPHIQUE 

1900. Osborn, corrélation between tertiary mammal horizons of Europe and America (Ann. N. Y. 

Acad. Se, vol. XIII, n° 9, p. 1). 

1901. Stehlin, Ueber die Grenze zwischen Oligocaen und Miocsen in der schweitzer Molasse (Eclogee 

Belvetise, vol. VII, p. 360). 

1902. Depéret et Douxami, les Vertébrés oligocènes de Pyrimont-Challonges (Savoie) (Mémoires Soc. 

paléontologique Suisse, t. XXIX). 
1902. J. Giraud, Etude géologique sur la Limagne (Bulletin Service Carte géologique de France, 

n° 87). 
1902. Jenny, Fossilreich, Oligocaen Ablagerungen am Sudhang des Blauen (Verhandl. Naturforsch. 

Ges. in BaseL, vol. XXIII, p. 125). 

1902. Schlosser, Beitrage zur Kenntniss der Saugetierreste aus die suddeutschen Bohnherzen (Geol. und 

pal. Abhandl., v, Koken neure Folge, bd. V. Jena, 1902). 

1903. Deninger, Ronzotherium Reichenaui aus dem Oligocsen von Veiuheim bei Alzey (Zeitschr. der 

Deutsch. Géol. Ges., t. LV, p. 93). 

1906. Depéret, l'Evolution des mammifères tertiaires et l'importance des migrations, époque Oligocène 

(Comptes rendus Ac. des Se, t. CXLII, p. 618 et t. CXLIII, p. 1120, le Miocène). 

1907. Depéret, les Transformations du Monde animal (Bïbl. de Phil. Scientif., Flammarion, éd.). 
1907. Joleaud, Sur la présence du Trias dans les Montagnes de Gigondas et sur les phénomènes de 

charriage qui s'observent dans ce massif (Comptes rendus Ac. des Se, t. CXLV, p. 1223). 
1907. Roman, le Néogène continental de la basse vallée du Tage (Mémoires Comm. Géologique du 
Portugal, Lisbonne, 1907). 

1907. Depéret, les Echanges de faune entre l'Europe et l'Amérique du Nord aux temps géologiques 

(Procedings of the VIP internat. Zoological Congres Boston, 1907). 
1909. Roman et Joleaud, le Cadurcotherium de l'Isle-sur-Sorgues (Archives du Muséum de Lyon, t. X). 

1908. L. Mayet, les Mammifères fossiles de l'Orléanais, Thèse (Annales Université de Lyon, nouv. série, 

fasc. XXIV). 

1909. Roman, Sur un crâne de Rhinocéros sansaniensis conservé au Musée de Nérac (Annales Soc. 

linnéenne Lyon, t. LVI, 1909). 

1909. Dolfuss, Essai sur l'étage Aquitanien (Bull. Serv. Carte Géol. de France, t. XIX, p. 124). 

1910. Roman, les Rhinocéridés de l'Oligocène d'Europe (Comptes rendus Ac. des Se, juin 1910). 

1911. K. Deninger, Uber einen Unterkiefer von Rhinocéros minutus aus der molasse bei Stokach 1 

(Mitth. grosh. Badischen geolog. Landesanstalt, vol. VI, 2 e liv.) 

1 La partie de ce travail, relative à VAcerother. minutum était déjà tirée, lorsque pamt le travail de 
M. Deninger. IL n'a donc pu en être fait mention dans le présent ouvrage. 



TABLE DES GRAVURES 



Fig. 1. Séries dentaires supérieures des principales espèces à'Eggysodon 9 

— 2. Eggysodoyi Osborni Schl. Extrémité du maxillaire supérieur , . 12 

— 3. — — de la Ferté-Alais 15 

— 4. — — de Klein-Blauen 17 

— 5. — Gaudryi Rames. Dentition inférieure ........ 20 

— 6. Acerotherium albigense nov. sp. Dentition supérieure du type 29 

— 7. — — Sections de la canine 30 

— 8. — — Pièces, décrites par Duvernoy, des environs d'Agen 32 

— 9. Acerotherium minutum Guvier. Dentition supérieure d'Auzon, près Alais 37 

— 10. Comparaison des P 2 de VA. minutum et du Lie. pleuroceros ... : 37 

— 11. Acerotherium minutum Guvier. Incisive supérieure 38 

— 12. — — — Canine inférieure , . . . 39 

— 13. Acerotherium velaunum Aymard. Dentitions comparatives du type et de la deuxième pièce du 

Musée du Puy 43 

— 14. Face postérieure du crâne des principales espèces à 1 A cerotherium 47 

— 15. Acerotherium Filholi Osborn. Dentition supérieure 4g 

— 16. Canine inférieure de l' â. Filholi : a) des Phosphorites ; b) de Digoin 53 

— 17. Canine inférieure de VA. Filholi de la Ferté-Alais . . . ■ 55, 

— 18. Acerotherium Filholi. Dents supérieures de Klein-Blauen (Suisse) 57 

— 19. Acerotherium lemanense. Portion de crâne de la mollasse de Lausanne 63 

— 20. Ceratorhinus tagicus Roman. Dentitions supérieure et inférieure d'Ulm (Wurtemberg) .... 71 

— 21. Ceratorhinus tagicus. Prémolaires supérieures de Selles-sur-Cher ...» 73- 



Arch. Mus. — t. XI, 



12 



TABLE DES MATIÈRES 



INTRODUCTION 1 

Chapitre Premier. 

ÉNUMÉRATION DES RHINOCÉRIDÉS DÉCRITS DANS L'OLIGOCÈNE D'EUROPE ... 3 

Chapitre II. 

DESCRIPTION DES ESPÈCES 7 

Genre Eggysodon 7 

.Eggysodon Osborni Schlosser 10 

I. Description des pièces du Musée de Montauban 11 

II. Description des pièces du Musée de Bâle 13 

III. Description des pièces de La Ferté-Alais . 14 

Eggysodon Osborni ? Echantillons d'Aillas 16 

Eggysodon Osborni ? Echantillons de Klein-Blauen . 17 

Eggysodon Gaudryi Rames 18 

Mandibule de Latou (Lot-et-Garonne) 19 

Eggysodon Pomeli nova species 21 

Description de la pièce du Musée de Lyon 21 

Iïicertœ sedis. Acerotherium Croizeti Pomel 25 

Genre Ageratherium .; 27 

I. Formes de petite taille. — Groupe de YAcerotherïum albigense , 28 

Acerotherium albigense, nova species 28 

Description de la pièce type (Musée d'Albi) 28 

Autres dents des environs d'Agen ...... 32 

Crâne des argiles stampiennes de Marseille 33 

Acerotherium minutum Cuvier 35 

Description de la dentition d'Auzon, près Alais 36 

II. Formes de grande taille. — Groupe de Y Acerotherium Filholi 42 

Acerotherium velaunum Aymard 42 

Historique et description des pièces du Musée du Puy 42 

Acerotherium Filholi Osborn 45 

Description du crâne de Pernes 4g 

Gisements divers de Y Acerotherium Filholi 50 

I. Sud- Ouest de la France 50 

II. Vallée du Rhône 54 

III. Bassin de Paris 55 

IV. Vallée du Rhin 57 

Acerotherium lemanense Pomel ■ . 58 

Crâne de l'Université de Lyon 59 

Crâne de Cindré, près Saint-Gérand-le-Puy # 59 

Gisements étrangers m Q2 



92 TABLE DES MATIERES 

Genre Diceratherium Mar^h 65 

JDiceratherium pleuroceros Duvernoy 66 

Mandibule du Muséum de Lyon • . . . 66 

Autres pièces de Saint-Gérand-le-Puy et de Billy 67 

Genre Geratorhinus Gray 69 

Ceratorhinus tagicus Roman 70 

A. Rhinocéros de petite taille des environs d'Ulm. . . . , 70 

B. Petite espèce de Selles-sur-Cher (Loiret) 72 

G. Rhinocéros de la Mollasse de Lausanne (Suisse) 74 

Chapitre III. 

DISTRIBUTION STRATTGRAPHIQUE DES RHINOCÉRIDÉS DE L'OLIGOCÈNE 77 

I. Gisements sannoisiens 78 

II. Gisements stampiens 79 

III. Termes de passage de l'Oligocène au Miocène 81 

Chapitre IV. 

ESSAI DE RECONSTITUTION DES RAMEAUX PHYLÉTIQUES DES RHINOCÉRIDÉS 

OLIGOCÈNES 83 

Tableau de répartition des Rhinocéridés oligocènes 83 

INDEX BIBLIOGRAPHIQUE 87 



Lyon. — Imp. A. Eey et C le , 4, rue Gentil — 55070 



PLANCHE I 



PLANCHE I 



Eggysodon Osborni Schlosser sp. 

Fig. 1. Maxillaire supérieur portant la canine. Phosphorites du Quercj. (Musée de Montauban.) . . 11 

— la. Le même, montrant les dents par la couronne 11 

— 2. Autre pièce des Phosphorites du Quercy. (Musée de Montauban.) 13 

— 3. P 3 et P 2 supérieures droites des Phosphorites du Quercy. (Musée de Bâle.) 13 

— 4. M 3 supérieure de la même provenance. (Musée de Bâle.) 13 

— 5. 5a. Mandibule portant les trois arrière-molaires des Phosphorites. (Musée de Montauban) . 14 

— 6. Canine inférieure des Phosphorites (Musée de Bâle) 15 

(Tous les échantillons sont figurés de grandeur naturelle.) 



Archives du Muséum d'histoire naturelle de Lyon. 



T. XI. PL. I 







EGGYSODON OSBORNI Schlosser 



PLANCHE II 



PLANCHE II 



Eggysodon Pomeli nov. sp. 

Fig. 1, Palais muai de sa dentition, Stampien supérieur de Gannat (Allier) (Musée de Lyon) . , . 21 

Grandeur naturelle. 



Acerotherium velaunum Aymard. 

Fig. 2. Partie antérieure de la mandibule avec ses canines de grandeur naturelle 44 

— 2a. Les trois arrière-molaires et la quatrième prémolaire de la même mandibule vues par leur 
face supérieure (grandeur naturelle). Sannoisien de Ronzon, près le Puy (Haute-Loire) 
(Musée du Puy.) 44 



Archives du Muséum d'histoire naturelle de Lyon. 



T. XI. — PL. II 




■ 




EGGYSODON POMELI nov. sp. 



ACEROTHERIUM VELAUNUM Aymard 



PLANCHE III 



Arch. Mus — t. XI. 13 



PLANCHE III 



Acerotherium albigense nov. sp. 
(TYPE) 

Fig. 1, la, 1b. Crâne vu sous trois faces, provenant des Mollasses du Stampien moyen des métairies 
hautes près de Sauzière, canton de Salvagnac (Tarn) ; 1/2 grandeur naturelle. (Col- 
lection Garaven Cachin. Musée d'Albi) 28 

— 2. Dentition du même individu de grandeur naturelle 28 

— 3. Canine inférieure appartenant probablement au même individu, de grandeur naturelle. 

(Musée d'Albi) .30 

Acerotherium albigense nov. sp. 

Fig. 4. Mandibule comprimée latéralement des Argiles du Stampien supérieur de Marseille ; 1/3 de 

grandeur naturelle. (Collection Université de Lyon) 34 

— 5. La même, de grandeur naturelle 34 



Archives du Muséum d'histoire naturelle de Lyon. 



T. XI. — PL. III 




ACEROTHERIUM ALBIGENSE nov. sp. 



PLANCHE IV 



PLANCHE IV 



Acerotherium albigense nov. sp. 

Fig. 1, 2. Crâne comprimé de haut en bas des argiles du Stampien supérieur de Marseille, réduit 

de 1/3. (Collections de l'Université de Lyon.) 34 

— 3. Série dentaire du même individu, de grandeur naturelle 34 



Archives du Muséum d'histoire naturelle de Lyon. 



T. XI. — PL. IV. 




ACEROTHERIUM ALBIGENSE nov. sp. 



PLANCHE V 



PLANCHE V 



Acerotherium Filholi Osborn. 



Fi'g. 1, l/i, lô. Crâne vu sous trois faces, provenant du Stampien moyen de Pernes (Vaucluse) ; 

2/5 de grandeur naturelle. (Collection Université de Lyon.) 46 

— 2. Dentition, de grandeur naturelle, du même individu 46 



Acerotherium Filholi Osborn. 



Fig. 3, 3a, 36, 3c. Dents isolées appartenant probablement au même individu du Stampien supérieur 

de la Ferté-AJais, de grandeur naturelle. (Collections delà Sorbonne.) 56 



Acerotherium Filholi Osborn, 



Fig. 4. Mandibule de petite taille, probablement d'une femelle, Stampien de La Milloque (Lot-et- 
Garonne); 2/3 de grandeur naturelle. (Collection de Bonal. Musée deBâle.) .... 51 
— 5. La même, de grandeur naturelle 51 



Archives du Muséum d'histoire naturelle de Lyc 



T. XI. PL. V. 





ACEROTHERIUM FILHOLI (Osborn 



PLANCHE VI 



PLANCHE YI 



Eggysodon Gaudryi Rames. 

Fig. 1. Branche droite de la mandibule provenant de Latou, commune de Trémons (Lot-et-Garonne) ; 

2/3 de grandeur naturelle. (Collection de Bonnal. Musée de Bâle) . . 19 

— 2. La même, de grandeur naturelle jq 



Acerotherium minutum Guvier. 

Fig. 3. Série dentaire inférieure et supérieure du même individu, provenant du Stampien supérieur 

d'Auzon près d'Alais (Gard), de grandeur naturelle. (Collection Université de Lyon.) . 36 

Diceratherium pleuroceros Duvernoy. 

Fig. 4. Mandibule provenant du Stampien supérieur de Gannat (Allier) ; 1/2 grandeur naturelle. (Musée 

de Lyon.). 66 

— 5. La même^ de grandeur naturelle qq 

— 6. Fragment antérieur de mandibule provenant d'Auvergne, 1/2 grandeur naturelle. (Musée 

de Lyon) . ^ 



Archives du Muséum d'histoire naturelle de Lyon. 



T. XI. PL. VI 




Eggysodon Gaudryi Rames 



Acerotherium minutum Cuvier 



Diceratherium pleuroceros Duvernoy 



PLANCHE VII 



Arch. Mus. — t. XL 



14 



PLANCHE Vil 



Acerotherium lemanense Pomel. 



Fig. 1, ïa. Mandibule de Lamothe-Capdevieille (Lot-et-Garonne), vue sur deux faces; 1/2 

grandeur naturelle (Musée de Montauban) 61 

— 2. Dentition supérieure du même individu, 1/2 grandeur naturelle. (Musée de Montauban) . . 61 



X 




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PLANCHE VIII 



PLANCHE VIII 



o. 



Acerotherium lemanense Pomel 

Fig. 1, 1(2, I&. Crâne et sa mandibule provenant des Calcaires du Stampien supérieur de Gannat 

(Allier); 2/5 de la grandeur naturelle. (Collection Université de Lyon.) 59 

— 2, 2a. Portion de crâne et mandibule delà même espèce provenant de Cindré (Allier), Aquitanien ; 

2/3 de grandeur naturelle 59 

°ï. Dentition supérieure, de grandeur naturelle. Collection Bailleau, à Pierrefitte-sur- 

Loire (Allier) . 59 



Geratorhinus tagicus Roman. 

Fig. 4. Série de dents supérieures isolées de Selles-sur-Cher (Loiret), grandeur naturelle. (Collection 

de l'Ecole des Mines, Paris.) 72 

— 5. Mandibule de la même localité, grandeur naturelle. (Musée de Bâle.) 72 



Archives du Muséum d'histoire naturelle de Lyon. 



T. XI. — PL. VIII. 




ACEROTHERIUM LEMANENSE POMEL 



PLANCHE IX 



PLANCHE IX 



Geratorhinus tagicus Roman. 

Fig. I. Crâne d'un individu jeune provenant de la Mollasse grise de Lausanne (place du Tunnel) ; 

2/3 de grandeur naturelle. (Musée de Lausanne.) 71 

— la. Dentition du même individu, de grandeur naturelle 71 

— 2. Mandibule d'un jeune individu de la même espèce de la Mollasse grise de Lausanne, Rovereaz ; 

2/3 de grandeur naturelle. (Musée de Lausanne.) 72 

— 3. Prémolaire inférieure d'Ulm donnée par M. Schlosser, grandeur naturelle. (Collection de l'Uni- 

versité de Lyon.) 71 

— 4. Canine de la même provenance, grandeur naturelle. (Collection de l'Université de Lyon.) . 72 

— 5. Molaire de lait de Selles-sur-Cher (Loir-et-Cher), grandeur naturelle. (Collection de FÉcole 

des Mines, Paris.) 72 



Archives du Muséum d'histoire naturelle de Lyon. 



T. XI. PL. IX. 












CERATORHINUS TAGIGUS ROMAN 



ÉTUDES 



sur li:s 



MOLLUSQUES TERRESTRES 

ET FLUVÏATILES 

DE QUELQUES FORMATIONS QUATERNAIRES 

DES BASSINS DU RHÔNE ET DU RHIN 



Louis GERMAIN 



INTRODUCTION 



Les matériaux qui font l'objet de ce Mémoire m'ont tous été communiqués par mon excel- 
lent ami, M. le D r Cl. Gaillard, Conservateur du Muséum d'histoire naturelle de Lyon, bien 
connu par ses belles recherches sur la faune momifiée de l'ancienne Egypte. 

Ces documents appartiennent à trois régions — et aussi à trois époques — bien diffé- 
rentes : les premiers proviennent des tufs quaternaires de la Buisse, dans le département de 
l'Isère; les seconds ont été recueillis dans le Lœss du Lyonnais; enfin, les derniers, récoltés à 
Bevaix, sont contemporains des dépôts néolithiques du lac de Neuchàtel. 

La première partie de ce Mémoire est consacrée à l'étude des tufs de la Buisse que j'ai pu 
synchroniser, après une étude paléozoologique attentive, avec d'autres formations analogues de 
la région, du Nord-Est de la France et du bassin de la Seine. 

La seconde partie traite des Mollusques recueillis, par M. le D r Cl. Gaillard, dans le Lœss 
du Lyonnais. La faune malacologique de ces dépôts est bien connue depuis les beaux travaux 
que le regretté A. Locard y a consacrés. Aussi, ai-je cru possible, après une étude minutieuse 
des espèces fossiles, de comparer la faune du Lœss à la faune actuelle et de suivre le polymor- 
phisme des espèces, en essayant de dégager les grandes lignes de leur évolution. 

Les Mollusques du Néolithique de Bevaix font l'objet de la troisième partie de ce travail. 
Leur examen apporte d'intéressants documents sur la climatologie de la région pendant la 
période robenhausienne. A ce propos, je crois utile d'insister sur un point qui, généralement, 
a échappé à la sagacité des Archéologues. Pendant les fouilles qu'ils poursuivent dans les 
grottes, les cavernes, les cités lacustres, etc., ils s'attachent à recueillir, avec un très grand 
soin, tous les produits de l'industrie humaine préhistorique, mais négligent trop souvent les 
documents faunistiques. Ces derniers ont cependant une importance capitale, car, seuls, ils 
permettent de formuler quelques précisions sur le climat, la nature du sol et de la végétation 
à l'époque considérée. Parmi les matériaux de cet ordre, les Mollusques offrent un intérêt 
particulier : ordinairement bien conservés, nombreux, faciles à recueillir, leur étude fournit 
mille détails précieux sur les conditions physiques du milieu où ils ont vécu. De plus, un 
examen comparatif de cette faune avec la faune actuelle de la même région permet de saisir 



iv INTRODUCTION 

les modifications survenues dans les espèces, dans leur abondance ou leur rareté relatives, et 
d'en déduire les changements dans le climat et l'aspect du pays étudié. Enfin, la présence 
d'espèces étrangères à la faune, utilisées comme ornements ou comme amulettes, est suscep- 
tible de donner des indications précieuses sur les relations que les peuples anciens ont eues 
entre eux et sur la marche qu'ils ont suivie dans leurs migrations. Ainsi, en résumé, l'étude 
malacologique des dépôts préhistoriques est appelée à fournir de nombreux renseignements aux 
Archéologues et il serait à désirer qu'ils recueillent avec beaucoup de soin les Mollusques 
qu'ils rencontrent dans leurs fouilles. 

Quelques mots sur la manière dont j'ai compris ce travail ne me semblent pas inutiles. 
Chaque espèce est étudiée à part, d'après les matériaux appartenant au Muséum d'histoire 
naturelle de Lyon. Après une synonymie, réduite aux citations principales et à celles inté- 
ressant le bassin du Rhône, vient une description détaillée, suivie d'un examen comparatif 
des échantillons fossiles et des individus recueillis vivants dans la même région. J'ai essayé de 
mettre en relief les caractères qui ont varié depuis la formation des dépôts envisagés. Une 
iconographie comparative illustre ces discussions. Enfin, pour chaque espèce, j'ai indiqué la 
répartition géologique et la distribution géographique. Les conclusions d'ordre général qui me 
semblent découler de cette étude purement zoologique sont exposées, dans un chapitre spécial, 
après chacune des parties qui constituent ce Mémoire. 

Il me reste à adresser mes bien sincères remerciements à M. le D r Cl. Gaillard qui 
m'a généreusement offert l'hospitalité dans les magnifiques Archives du Muséum d'histoire 
naturelle de Lyon. 

Paris, Juin 1911. 



ÉTUDES 



SUR LES 



MOLLUSQUES TERRESTRES ET FLUV1ATILES 

DE QUELQUES FORMATIONS QUATERNAIRES 



DES 



BASSINS DU RHONE ET DU RHIN 



PREMIERE PARTIE 



FAUNULE MALACOLOGÏQUE DES TUFS QUATERNAIRES 

DE LA BU1SSE (Isère) 



Les matériaux qui font l'objet de cette note ont été recueillis par M. le D r Cl. Gaillard, 
Conservateur du Muséum d'histoire naturelle de Lyon, qui a eu l'amabilité de m'adresser les 
renseignements suivants sur le gisement : 

« Le dépôt de tufs, dans lequel ont été recueillies les coquilles que je vous ai adressées, se 
trouve à l'emplacement même du village de la Buisse, près de Voiron, à peu près à égale 
distance de cette dernière ville et de Voreppe (Isère). Le village de la Buisse est situé au pied 
des rochers qui bordent la rive droite de la vallée de l'Isère. De ce point, on aperçoit très bien, 
sur la rive opposée, le récif coralligène de l'Echaillon, près duquel le calcaire est très active- 
ment exploité. 

« Les tufs de la Buisse forment actuellement une terrasse de faible étendue et de 
15 mètres de hauteur environ au-dessus de la vallée. Après un petit plateau de 100 mètres à 
peine de longueur, le dépôt diminue peu à peu d'épaisseur et se continue, en pente douce, 
jusqu'au niveau de la vallée. 

« La source qui a produit ces tufs émerge de la roche, immédiatement au-dessus du 
dépôt. D'après la feuille de Grenoble, de la Carte géologique de la France, cette source coule 
à travers le calcaire néocomien. Sur le calcaire, les eaux se saturent de carbonate de chaux, 

Arch. Mus. — t. XI II. -1 



2 MOLLUSQUES TERRESTRES ET FLUVIATILES 

qu'elles déposent ensuite sous forme de tufs en arrivant à l'air libre, soit par évaporation, soit 
en perdant une partie de leur acide carbonique. 

« Ces tufs calcaires, caverneux, légers, de couleur grisâtre et de consistance terreuse en 
certaines parties, sont, en profondeur, assez résistants pour servir de matériaux de construc- 
tion. Autrefois, lorsqu'ils étaient l'objet d'une exploitation régulière, ils ont été utilisés 
comme pierre à bâtir, pour de nombreuses maisons du village et des environs. Ils ont même 
servi à construire une partie de l'église de la Buisse. . 

« La première série de coquilles que vous avez reçue a été récoltée, il j a plus de dix ans, 
alors que les tufs étaient à découvert sur une surface assez étendue. Les séries récentes, qui se 
composent de nouveaux et très nombreux fossiles, ont été recueillies tout dernièrement, grâce 
à la subvention qui m'a été accordée, pour diverses recherches, par Y Association française 
pour l'avancement des sciences, à laquelle je suis heureux d'adresser mes remerciements les 
meilleurs. Je prie le Conseil d'administration de l'Association et, particulièrement, M. le 
D r Chervin, notre délégué à la Commission des subventions, ainsi que M. le D r Desgrez, 
secrétaire du Conseil, d'agréer l'expression de ma bien sincère gratitude. — C. G. » 



CHAPITRE PREMIER 

DESCRIPTION DES ESPÈCES 



GASTÉROPODES PULMONES 

STYLOMMATOPHORES 

Famille des ZONITID/E 
Genre HYALINIA Agassiz, 1837 1 

§ I. — POLITA Held, 1837 2 

HYALINIA (POLITA) NITENS Michaud. 

(PL II, fig. 49 à 54, 70, 74 et 75, et pi. III, fig. 76 à 84.) 

1831. Hélix nitens, Michaud, Complément Histoire Mollusques, Braparnaud, p. 44, tab.vXV, fig. 1-3 (non 

Gmelin 3 ). 
1837. Polita nitens, Held, /«>, p. 916. 
1837. Hélix nitens, Rossmâssler. Iconographie der Land- und Siissioasser-Mollusken, VII, p. 35, Taf. LX r , 

fig. 524-525. 
1850. Hélix nitens, Dupuy, Histoire Mollusques terr. fluv. France, p. 234, n° 68, tab. XI, fig. 2. 
1855. Zonites nitens, Moquin-Tandon, Histoire Mollusques terr. fluv. France, II, p. 84, pi. IX, fig. 14-18. 
1877. Oxychilus pudiùsus, Jousseaume, Bulletin Soc. zoologique France, p. 412, pL I, fig. 41-42 (non Zeigler). 
1877. Zonites nitens, Locard, Malacologie lyonnaise, p. 17 et 131, n° 7. 

1880. Hyalinia nitens, Locard, Nouvelles recherches argiles lacustres quaternaires env.Lyon, p. 21. 

1881. Hyalinia nitens, Locard, Catalogue Mollusques départ. Ain, p. 25. 

1881. Hyalinia nitens, Locard, Variations malacologiques bassin Rhône, I, p. 49. 

1882. Hyalinia nitens, Locard, Prodrome malacologie franc., Mollusques terr., eaux douces et saumâtres., 

p. 39. 
1886. Hyalinia (Polita) nitens, Westerlund, Fauna der palàarct. Région, Binnenconchylien, p. 64, n° 146. 

1 Agassiz in Charpentier (de), Catalogue Mollusques terr. et fluv. Suisse, p. 13, 1837. 

2 Held (F.), Notizen ûber die Weichthiere Bayerns, lsis, XXX, col. 916, 1837. 

3 Non Hélix nitens Gmelin [Systema naturae, Ed. XIII, p. 3636, 1788] qui est le Hyalinia (Zonitoides) 
nitida Mùller [ Vermium terr. et fluviat. histor.,11^ p. 32, 1774 (Hélix nitida)] [= Hélix succinea Studer, Faun. 
Helvet., in Goxe, Trav. Switz., III, p. 429 (non Millier), 1789]. 



4 MOLLUSQUES TERRESTRES ET FLUVIATILES 

1886. Hyalinia (Polita) nitens, Tryon, Manual of Conchology, 2« série, Pulmonata, II, p. 150, pi. XLÏX, 

fig. 60-65. 
1894. Hyalinia nitens, Locard, Coquilles terrestres France, p. 53, fig. 58-59. 

1907. Hyalinia nitens, Jodot, Bulletin naturalistes parisiens, p. 5. 

1903. Hyalinia (Polita) nitens, Jodot, Association franc, avanc. sciences, Congrès Clermont-Ferrand, 
p. 426. 

1908. Hyalinia (Polita) nitens, Germain, Bulletin soc. sciences naturelles Elbeuf, XXVI, p. 70. 

1909. Hyalinia (Polita) nitens, Germain, Bulletin soc. sciences naturelles Elbeuf, XXVII, p. 140. 

1911. Hyalinia ( Polita) nitens, Germain, Archives Zoologie expérimentale et générale, 5 e série, VI, p. 241. 

Coquille subdéprimée, un peu convexe subtectiforme en dessus; spire composée de 

5 1/2-6 tours convexes à croissance rapide; dernier tour grand, subcomprimé, aussi convexe 
en dessus qu'en dessous, un peu dilaté et descendant à l'extrémité ; sutures bien marquées ; 
ombilic assez large, profond, laissant voir une partie du dernier tour ; ouverture oblique, semi- 
elliptique, à bords éloignés et convergents; péristome simple et tranchant. 

Diamètre maximum : 8-9 1/2-10 millimètres; diamètre minimum : 6 1/2-8 1/2- 
8 1/2 millimètres ; hauteur : 3-4 1/4-4 1/4 millimètres ; diamètre de l'ouverture : 3-4-4 mil- 
limètres ; hauteur de l'ouverture : 3-3 3/4 millimètres. 

Test mince, assez fragile, resté brillant après la fossilisation. En dessus, les premiers 
tours sont lisses ; les suivants ont des stries extrêmement fines et délicates, surtout sensibles 
près des sutures; le dernier tour est orné de stries fines, peu obliques et irrégulières. En 
dessous, les stries sont obliques, médiocres, plus irrégulières et atténuées vers l'ombilic. 

Le Hyalinia nitens Michaud, des tufs quaternaires de la Buisse, est tout aussi poly- 
morphe que l'espèce actuelle. Ce polymorphisme porte principalement sur la forme générale, 
plus ou moins nettement tectiforme en dessus, et sur la spire plus ou moins haute et, quel- 
quefois, très légèrement ètagèe. La déclivité et la dilatation du dernier tour varient éga- 
lement. Lorsque cette dilatation n'est pas très accentuée, nous arrivons à la forme distinguée 
par J.-R. Bourguignat sous le nom de Hyalinia subnitens 1 et qu'il est impossible de considérer 
comme espèce distincte. 

Je figure (pi. II, fig. 49 et 70) deux échantillons actuels de Hyalinia nitens Michaud, 
choisis de manière à bien montrer la dilatation du dernier tour. On voit que cette dilatation 
n'intéresse que la partie presque tout à fait terminale du tour ; il en résulte qu'il est à peu près 
impossible de se rendre compte de ce caractère sur des exemplaires fossiles qui ne sont pas 
absolument intacts. En dessous, l'ombilic des spécimens fossiles est identique à celui des indi- 
vidus de la faune actuelle. 

Distribution géologique. — Cette Hyaline est assez peu répandue dans les formations 
quaternaires. Elle a été signalée, sous le nom de Hyalinia subnitens Bourguignat, dans le 
lœss des environs de Lyon et dans les argiles lacustres de la vallée du Rhône autour de Lyon 
[A. Locard]. Elle est commune dans les tufs quaternaires de la Celle-sous-Moret (Seine-et- 
Marne [Tournouër, Jodot], delà Baume d'Hostun (Drôme) [A. Locard 2 ], de Pont-à-Mousson 

1 Bourguignat (J.-R.) in Mabille (J.). — Histoire malacologique du Bassin parisien, p. 116 (Zonites 
subnitens), 1 er mars 1870. Cette coquille, que je figure ici pour la première fois, avait tout d'abord été nommée, 
sans description, par Letourneux [Catalogue des Mollusques de la Vendée, p. 14, 1859], puis par Lallemant et 
Servain [Catalogue Mollusques environs Jaulgonne (Aisne), p. 14, 1869.] 

2 Sous le nom de Hyalinia subnitens Bourguignat. 

Les exemplaires fossiles de la Baume d'Hostun sont de grande taille : « Le type, tel qu'il a été décrit, mesure de 



DES BASSINS DU RHONE ET DU RHIN 5 

(Meurthe-et-Moselle) [Bleioher et Fliche] et de la Sauvage (Grand-Duché de Luxembourg) 
[Bleicher et Fliche] . Je l'ai également signalée dans les dépôts quaternaires de Saint-Pierre- 
lès-Elbeuf (Seine-Inférieure). 

Distribution géographique actuelle. — Le Hyalinia nitens Michaud, est une espèce 
répandue dans toute l'Europe centrale. On le connaît également en Italie, en Sicile, en 
Portugal, en Espagne et aux îles Baléares. En France, il vit un peu partout, sous les 
pierres, les feuilles mortes, dans les anfractuosités de rochers, dans les prairies humides, 
etc. Il s'élève jusqu'à 1.600 mètres dans les Alpes. 



Famille des ENDODONTID/E 
Genre PYRAMIDULA Fitzinger, 1833 4 

§ I. _ GONYODISCUS Fitzinger, 1833 2 

PYRAMIDULA (GONYODISCUS) ROTUNDATA Millier. 

(PL III, fig. 110, 113, 114, 122 à 124, et 128 à 131.) 

1774. Hélix rotundata, Millier, Ver m, terrestr. et fluviat. histor., II, p. 29, n° 231 3 . 
1778. Hélix radiata, Da Costa, Hist. natur. test. Britann., p. 57, pi. IV, fig. 15-16. 
1805. Hélix rotundata, Draparnaud, Histoire Mollusques terrestres, fluviatiles France, p. 114, tabl. VIII, 

fig. 4-7. 
1828. Hélix Turtoni, Fleming, Brit. anim., p. 269. 

1832. Zonites radiatus, Leach, Mollusc. britann., p. 102 (excl. Turton). 
1837. Euryomphala rotundata, Beck, Index Molluscorum, p. 9. 

1837. Patula rotundata, Held, Isis, p. 916. 

1838. Hélix rotundata, Rossmâssler, Iconographie der Land -und Susswasser- Mollusken, VII, p. 13, Taf. 

XXXII, fig. 454. 
1849. Hélix rotundata, Dupuy, Histoire Mollusques terrestres, fluviatiles France, p. 254, tab. XII, fig. 4. 
1855. Hélix rotundata, Moquin-Tandon, Histoire Mollusques terrestres, fluviatiles France, II, p. 109, pi. X, 

e fig. 9-12. 
1877. Hélix rotundata, Locard, Malacologie lyonnaise, p. 22 et 132, n° 2. 

1879. Hélix rotundata, Locard, Descript. faune malacologique quaternaire env. Lyon, p. 23. 

1880. Hélix rotundata, Locard, Nouvelles recherches argiles lacustres, quaternaire envir. Lyon, p. 21. 

1881. Hélix rotundata, Locard, Catalogue Mollusques terr., aquatiques départ. Ain, p. 32. 

1881. Hélix rotundata, Locard, Variations malacologiques bassin Rhône, I, p. 72. 

1882. Hélix rotundata, Locard, Prodrome malacologie française, Mollusques terr., eaux douces et sau- 

mâtres, p. 82. 

1886. Hélix (Discus) rotundata, Westerlund, Fauna der paldarct. Région, Binnenconchylien, p. 11, n° 21. 

1887. Hélix (Patula) rotundata, Tryon, Manual of Conchology, 2 e série, Pulmonata, III, p. 19, pi. III, 

fig. 72-76. 

7 à 10 millimètres de diamètre, tandis que les fossiles de la Baume-d'Hostun atteignent jusqu'à 14 millimètres ; ils 
constituent donc, par rapport au type, une var. major ; cette variété paraît en même temps un peu plus renflée, 
avec le dernier tour un peu plus gros que dans le type. » Locard (A.), Note sur les coquilles terrestres de la 
faune quaternaire de la Baume-d' Hostun (Brome), p. 8, 1890. 

1 Fitzinger, Systematisches Verzeichniss der im Erzherzogthume OesterreichvorkommendenWeichthiere, 
als Prodrom einer Fauna derselben, p. 95, 1833. 

2 Fitzinger, loc. supra cit., p. 98, 1833. 

3 Non Hélix rotundata Morelet, qui est le Pyramidula (Oonyodiscus) Machadoi Milne-Edwards. Non 
Hélix rotundata Mousson, qui est Y Hélix (Dorcasia) Alexandri Gray, espèce de l'Afrique australe. 



6 MOLLUSQUES TERRESTRES ET FLUVIATILES 

1890. Hélix rotundata, Locard, Coquilles terrestres, quaternaire, Baume- d' Hostun, p. 15. 

1894. He lix rotundata, Locard, Coquilles terrestres France, p. 135, ûg. 162-163. 

1894. Pyramidula (Gonyodiscus) rotundata, Pilsbry in Tryon, Manual of Conchology, 2 e série, Pulmonata, 

IX, p. 47 et 341. 
1908. Hélix (Gonyodiscus) rotundata, Germain, Bulletin soc. sciences naturelles Elbeuf, XXVI, p. 79. 
1908. Hélix (Gonyodiscus) rotundata, Jodot, Association franc, avanc. sciences, Congrès Glermont-Ferrand, 

p. 427. 
1911. Pyramidula (Gonyodiscus) rotundata, Germain, Archives Zoologie expérimentale et générale, 5 e série, 

VI, p. 244. 

Coquille de taille assez petite, subconique très peu élevée en dessus ; spire composée de 
6-7 tours assez convexes, un peu étages, à croissance lente et très régulière, séparés par des 
sutures très nettement indiquées ; dernier tour à peine plus grand que l'avant-dernier, plus 
convexe dessous que dessus, assez fortement caréné (la carène se fait sentir jusqu'à l'ouverture) ; 
ombilic large, profond, régulièrement évasé en entonnoir, laissant voir toute la spire ; ouver- 
ture très petite, légèrement oblique, subovalaire, transverse, anguleuse en haut, en bas, et sur 
le bord externe à l'endroit où la carène du dernier tour atteint le péristome ; bords marginaux 
assez éloignés ; péristome simple et tranchant. 

Diamètre maximum : 5-6 millimètres; diamètre minimum : 4 1/2-5 1/2 millimètres; 
hauteur : 2-2 1/4 millimètres ; diamètre de l'ouverture : 2-2 millimètres ; hauteur de l'ouver- 
ture: 1 1/2-1 1/2 millimètre. 

Tours embryonnaires lisses avec sommet obtus ; autres tours ornés de très élégantes costu- 
lations saillantes, obliques, régulièrement espacées et assez serrées. En dessous les costulations 
sont moins régulières, plus fines, plus obliques et légèrement onduleuses. 

Variations. — Les exemplaires de la Buisse restent de petite taille : très exceptionnel- 
lement ils atteignent 6 3/4-7 millimètres de diamètre maximum, mais, le plus souvent, ils 
ne dépassent pas 6 millimètres. 

Quelques spécimens sont plus déprimés, d'autres plus élevés que le type moyen, tel que je 
viens de le décrire ; il n'y a là rien de particulier, ces variations se retrouvant dans les colonies 
qui vivent actuellement dans la région. Quelques échantillons bien conservés montrent encore 
les traces des flammules brunes dont le test était orné [pi. III, fig, 114 et 130]. 

Comparaison avec les individus de la faune actuelle. — Le Pyramidula rotundata 
Mùller, qui vit aujourd'hui aux environs de la Grande-Chartreuse, vers 1.000 mètres d'altitude 
(Isère), est également de petite taille, puisqu'il n'a que 6 millimètres de diamètre maximum. 
Comparés aux fossiles de la Buisse, ces spécimens se distinguent par une spire un peu plus 
surbaissée, un dernier tour proportionnellement plus volumineux et dont les caractères sont 
légèrement différents. Chez le type fossile, la carène est submédiane, divisant le dernier tour 
en une partie supérieure un peu moins convexe, mais présentant sensiblement le même déve- 
loppement que la partie inférieure ; chez le type actuel, cette carène est nettement supra- 
médiane, la partie inférieure du dernier tour acquérant ainsi un développement notablement 
plus considérable que la partie supérieure. 

Distribution géologique. — Le Pyramidula rotundata Mùller, est connu dans un 
grand nombre de dépôts quaternaires de l'Allemagne, de l'Autriche, de la Suisse et de l'Italie. 



DES BASSINS DU RHONE ET DU RHIN 7 

En France, il a été signalé : dans les formations quaternaires du Pas-de-Calais [Sauvage] ; 
dans les dépôts quaternaires de la Somme [d'Archiac] ; dans les tufs de la Gelle-sous-Moret 
(Seine-et-Marne) [Tournouër, Jodot] ; dans les tufs de Montigny (Eure) [G. Dollfus] ; dans les 
tufs de Saint-Pierre-lès-Elbeuf (Seine-Inférieure) [Chedeville, Germain]; dans les tufs delà 
Baume-d'Hostun (Drôme) [A. Locard]; dans les tufs de la Sauvage (Grand-Duché de Luxem- 
bourg) et de la Perle ou Presle (Aisne) [Bleicher et Fliche] ; dans les loess des environs de 
Lyon [A. Locard] ; dans les argiles lacustres de la vallée du Rhône, aux environs de Lyon 
[A Locard] ; etc. 

Distribution géographique actuelle. — Le Pyramidula rotundata Miïller, a une aire 
de dispersion très étendue. Il vit, en colonies souvent fort populeuses, dans toute l'Europe, y 
compris les Iles Britanniques, la Suède et la Norvège, mais il est plus abondamment 
répandu dans l'Europe centrale. Il a été introduit aux Açores. En France, le Pyramidula 
rotundata Miïller, a été signalé dans tous les départements ; il s'élève à une grande altitude : 
à 1.400 mètres dans la Loire [A. Locard], à 1.600 mètres dans les Alpes et jusqu'à 
1.800 mètres dans les Pyrénées [0. Debeaux]. 



Famille des EULOTID/E 
Genre EULOÏA Hartmann, 1842 * 

EULOTA PRUTIGUM Mûller. 

(PI. V, fig. 214, 215, 219 à 244.) 

1774. Heliœ fruticum, Millier, Verm. terrestr. et fluv. histor., II, p. 71, n° 267. 

1788. Hélix terrestris, Gmelin, Systema naturae, éd. XIII, p. 3639. 

1801. Hélix lucana, Vallot, Exerc.hist. natur., p. 14 (non Miïller). 

1801. Hélix cinerea, Poiret, Coquilles terr., fluv. Aisne et env. Paris ; Prodrome, p. 73. 

1805. Heliœ fruticum, Draparnaud, Histoire Mollusques terr., fluv. France, p. 83, tab. V, fig. 16-17. 

1833. II elicell a fruticum, Fitzinger, System. Verzeichn. Œster., p. 95. 

1834. Hélix fruticum, Rossmâssler, Iconographie der Land- und Sûsswasser-Mollusken, p. 61, Taf. I, fig. 8. 
1837. Fruticicola fruticum, Held, Isis, p. 914. 

1837. Bradybœna fruticum, Beck, Index Molluscorum, p. 19. 

1842. Eulot a fruticum, Hartmann, Erd- und Sûsswasser-Gasteropoden, I, p. 179, Taf. LXIII, fig. 64. 

1848. Hélix fruticum, Dupuj, Histoire Mollusques terr., fluv. France, p. 199, tab. IX, fig. 4. 

1853. Hygromia fruticum, Adams, Gênera of récent Mollusca, p. 214. 

1855. Helioo fruticum, Moquin-Tandon, Histoire Mollusques terr., fluv. France, II, p. 196, p*. XVI, 

fig. 1-4. 
1877. Hélix fruticum, Kobelt in nossmâssler, Iconographie der Land- und Sûsswasser-Mollusken, V, p. 19, 

Taf. GXXX, fig. 1194. 
1877. Hélix fruticum, Locard, Malacologie lyonnaise, p. 36 et 134, n° 16. 

1879. Hélix fruticum, Locard, Description faune malacologique, quaternaire envir. Lyon, p. 30. 

1880. Hélix fruticum, Locard, Nouvelles recherches argiles lacustres, quaternaire envir. Lyon, p. 23. 

1881. Hélix fruticum, Locard, Catalogue Mollusques terrestres, aquatiques, départ. Ain, p. 44. 

1882. Hélix fruticum, Locard, Variations malacologiques bassin Rhône, I, p. 126. 

1882. Hélix fruticum, Locard, Prodrome malacologie française, Mollusques terr., eaux douces et sau- 
nriâtres, p. 60. 

1 Hartmann (J.-D.-W.), Erd- und Susswasser-Gasteropodenbeschriebenund abgebildet von. .Saint- G ail 
p. 179, 1842. 



8 MOLLUSQUES TERRESTRES ET FLUVIATILES 

1887. Heliœ (Eulota) fruticum, Tryon, Manual of Conchology, 2 e série, Pulmonata, III, p. 200, pi. XLV, 
fig. 57-59. 

1889. Heliœ (Eulota) f 'rut icum, Westerlund, Fauna der palâarct. Région, Binnenconchylien, II, p. 152, 

n° 361. 

1890. Heliœ fruticum, Locard, Coquilles terrestres, quaternaire Baume-d' Hostun, p. 11. 
1894. Hélix fruticum, Locard, Coquilles terrestres France, p. 89, fig. 94-95. 

1894. Heliœ (Eulota) fruticum, Pilsbry in Tryon, Manual of Conchology, 2 e série, Pulmonata, IX, p. 204. 

1908. Heliœ (Eulota) fruticum, Germain, B ulletin Soc. sciences naturelles Elbeuf, XXVI, p. 74. 

1909. Heliœ (Eulota) fruticum Germain, Bulletin Soc. sciences naturelles Elbeuf, XXVII, p, 142. 

Coquille de forme générale globuleuse , médiocrement élevée ; spire composée de six 
tours convexes à croissance régulière, bien qu'un peu rapide ; sutures assez profondes ; dernier 
tour très grand, bien globuleux, convexe, à peine descendant à l'extrémité ; ouverture 
subcirculaire à bords convergents bien éloignés; ombilic assez large, laissant voir l'avant- 
dernier tour; péristome réfléchi; ouverture garnie d'un bourrelet interne assez fortement 
marqué. 

Diamètre maximum . . 20 mm. 20 mm. 19 1/2 mm. 19 mm. 

Diamètre minimum . . 20 — 18 — 18 — 17 — 

Hauteur totale. ... 16 — 14 1/4 — 14 1/4 — 15 — 

Diamètre de l'ouverture. 12 — 111/2 — 11 — 111/2 — 

Hauteur de l'ouverture. 113/4— 10 1/4 — 10 1/2 — 10 — 

Test un peu mince, assez fragile, unicolore ; premiers tours lisses, les autres ornés de 
stries longitudinales assez fines, serrées, obliques, un peu onduleuses, inégales, aussi accentuées 
en dessous qu'en dessus et à peine atténuées aux environs immédiats de l'ouverture. Ces stries 
sont, en dessus et près des sutures, coupées de quelques rares stries spirales, d'ailleurs peu 
marquées et qui manquent chez certains échantillons. 

Variations. — La forme de Y Eulota fruticum Mtiller, que je viens de décrire, est la 
plus communément répandue dans les tufs de la Buisse ; c'est, ainsi que nous le verrons plus 
loin, un type à spire plus élevée que celui vivant maintenant en France ; mais on trouve 
également à la Buisse, quoique plus rarement, des exemplaires de forme plus déprimée, avec 
un dernier tour mieux développé en largeur. Ces échantillons de la Buisse rappellent tout à 
fait ceux du loess des environs de Lyon 1 . 

Comparaison avec les individus de la faune actuelle. — Un seul des spécimens 
du quaternaire de la Buisse est, de tout point, comparable à un exemplaire vivant des environs 
de Grenoble. Il possède la même taille 2 , le même enroulement et la même sculpture; cepen- 
dant, le dernier tour et l'ouverture sont plus contractés chez le fossile. Tous les autres individus 
fossiles ont une spire plus élevée, rappelant les formes alta, si fréquentes chez Y Eulota fruti- 
cum Mùller, du département de l'Isère, mais ces dernières ont une bande brune supracarénale 
continuée en dessus et leur ombilic est, toutes proportions gardées, sensiblement plus large 3 . 

1 Notamment du lœss de Saint-Fons et d'Irigny (Rhône) et des argiles lacustres de la vallée du Rhône, à 
Gerland (Rhône). 

2 Le spécimen vivant mesure : diamètre maximum : 21 1/2 millimètres ; diamètre minimum : 19 millimètres ;. 
hauteur : 14 millimètres ; diamètre de l'ouverture : 12 millimètres ; hauteur de l'ouverture : 11 millimètres. 

3 Pour un même diamètre maximum de 21 millimètres, l'ombilic atteint 3 millimètres de diamètre chez la 
coquille vivante et seulement 2 millimètres chez la forme fossile. 



DES BASSINS DU RHONE ET DU RHIN <> 

G'est sur de tels caractères, purement individuels, qu'ont été établies un certain nombre 
d'espèces qu'il faut considérer comme synonymes de VEulota fruticum Mùller. De ce nombre 
sont, parmi les formes hautes. Y Hélix mosellica i Rourguignat 2 , et V Hélix lemonia 3 Bour- 
guignat 4 . V Hélix dumorum Bourguignat 5 , est, au contraire, une forme déprimée ; mais je 
dois avouer qu'entre les spécimens de Moirans (Isère) étiquetés Hélix dumorum Bourguignat, 
dans la collection A. Locard, et ceux des environs de Saint-Fons (Rhône), nommés Hélix 
fruticum Mûller, il m'a été impossible de saisir la moindre différence. 

Je signalerai enfin l'absence de toute forme très déprimée VEulota dans les dépôts 
quaternaires de la Buisse, alors que ceux de la Celle-sous-Moret (Seine-et-Marne) et de 
Saint-Pierre-lès-Elbeuf (Seine-Inférieure) se font remarquer par la présence d'une espèce fort 
aplatie, VEulota Chouqueti Tournouër 6 . 

Distribution géologique. — UEulota fruticum Mùller, est commun dans les dépôts 
quaternaires de l'Allemagne, de l'Autriche, de la Suisse et de l'Angleterre. En France, il a 
été signalé dans les formations de Monchecourt (Somme) [d'Archiac], de l'Alsace [Puton], 
de l'Oise [Baudon] ; dans les tufs de la Celle-sous-Moret [Tournouër], de Resson (Aube) 
[Fliche], de Vincey (Vosges) [Rleicher et Fliche], et de Saint-Pierre-lès-Elbeuf (Seine- 
Inférieure) [Ghedeville, Germain], de la Raume-d'Hostun (Isère) [A. Locard]; enfin dans le 
lœss des environs de Lyon [A. Locard] et du département de l'Ardèche [G. Sayn]. 

Distribution géographique actuelle. — Habitant presque toute l'Europe, VEidota 
fruticum Mùller, est surtout répandu dans l'Europe centrale [Italie septentrionale, Suisse, 
Allemagne, Autriche, Rulgarie, etc...]; il disparaît dans les régions plus méridionales de 
l'Espagne, de l'Italie ou de la Grèce. Par contre, il remonte en Suède, en Norvège, dans le 
Nord delà Russie [Westerlund], se retrouve dans la Sibérie et jusque dans le territoire de 
l'Amour. Il habite également le Caucase, le Nord de l'Asie Mineure et a été signalé, à tort 
selon moi, en Syrie 7 . 

En France, VEulota fruticum Mùller, est connu dans presque tous les départements f 
mais il est plus répandu dans les régions septentrionale et centrale 8 . Dans le bassin du Rhône,, 
cet Eulota n'est pas rare, quoique localisé, et parait s'élever jusqu'à une altitude de 800 mètres 
environ. 

1 PI. V, fig. 242-244 (exemplaire de Saint-Fons (Rhône), collection A. Locard, au Muséum de Paris) ; et 
pi. V, fig. 215, 222 et 223. 

2 Bourguignat (J.-R.), in Locard (A.), Prodrome malacologie française; Catalogue Mollusques terrestres r 
eaux douces et saumâtres, 1882, p. 60 et p. 307. 

3 PI. V, fîg. 240-241 (Exemplaire des environs d'Evian ; collection A. Locard, au Muséum de Paris). 

4 Bourguignat (J.-R.), m Locard (A.), loc. supra cit., p. 60 et p. 307, 1882. 

5 Bourguignat (J.-R.), in Locard (A.), toc. supra cit., p. 60 et p. 308, 1882. 

6 Tournouër (R.), Note complémentaire sur les tufs quaternaires de la Celle près Moret (Seine-et-Marne) 
(Bulletin Société géologique France, 3 e série, V, p. 669, pi. XIII, fig. 5-5a 5 1877) [Hélix (Eulota) Chouque- 
tiana]. 

1 Je reviendrai sur ce sujet dans mon travail, actuellement sous presse, sur les Mollusques terrestres et ffu- 
viatiles recueillis par M. H. Gadeau de Kerville pendant son voyage en Syrie. 

8 Dans l'Ouest de la France, Y Hélix fruticum Miïller, est beaucoup plus localisé et ne se trouve qu'en colonies 
souvent fort éloignées les unes des autres. 

Arch. Mus. — t. XI \\.-2 



10 MOLLUSQUES TERRESTRES ET FLUVIATILES 



Famille des HELICID/E 
Genre HELIX Linné, 1758 1 

§ I. — THEBÀ Risso, 1826 2 

HELIX (THEBA) STRIGELLA Draparnaud. 

(PL V, fig. 186 à 199, 207 à 211 et 216 à 218.) 

1801. Hélix strigella, Draparnaud, Tableau Mollusques ter t., fluviat. France, p. 81. 

1805. Hélix strigella, Draparnaud, Histoire Mollusques terr., fluv. France, p. 84, tab. VII, fig. 1-2. 

1812. Hélix sylvestris, Alten, System. Abhandl. Conchyl., p. 69, Taf.YlI, fig. 13. 

1813. Hélix altenata, Gartner, Ver such systemat. Beschreib. Konchy lien, p. 27. 
1821. Hélix cornea, Hartmann, Neue Alpina, I, p. 229 (non Draparnaud). 

1833. Helicella strigella, Fitzinger, System. Verzeichn. OEster., p . 95. 

1834. Hélix strigella, Rossmâssler, Iconographie der Land-und Sùsswasser-Conchylien, I, p. 61 , Taf. I, 

fig. 9. 
1837. Fruticicola strigella, Held, Isis, p. 914. 
1837. Bradybœna strigella, Reck, Index Molluscorum, p. 19. 
1842. Tkeba strigella, Gray, Fig. Mollusc. anim., p. 115, pi. GXGVI, fig. 6. 
1849. Hélix strigella, Dupuy, Histoire Mollusques terr., fluv. France, p. 198, tabl. IX, fig. 3. 
1853. Hélix strigella, Adams, Gênera of récent Mollusca, p. 215. 

1855. Hélix strigella, Moquin-Tandon, Histoire Mollusques terr., fluv. France, II, p. 204, pi. XVI, fig. 14-17. 
1877. Hélix strigella, Kobelt in Rossmassler, Iconographie der land- und Sùssioasser-Mollusken, V, p. 19, 

Taf. CXXX, fig. 1194. 
1877. Hélix strigella, Locard, Malacologie lyonnaise, p. 38 et 134, n° 19. 

1879. Hélix strigella, Locard, Description faune malacologique, quaternaire envir. Lyon, p. 32. 

1880. Hélix strigella, Locard, Nouvelles recherches argiles lacustres, quaternaire envir. Lyon, p. 23. 

1881. Hélix strigella, Locard, Catalogue Mollusques terrestres, aquatiques départ Ain, p. 45. 

1881. Hélix strigella, Locard, Variations malacolo giques bassin Rhône, p. 129. 

1882. Hélix strigella, Locard, Prodrome malacologie française, Mollusques terr., eaux douces et sau- 

mâtres, p. 61. 
1887. Hélix (Eulota) strigella, Tryon, Manual of Conchology, 2 e série, Pulmonata, III, p. 202, pi. 45, 

fig. 79-83. 
1889. Hélix (Euomphalia) strigella, Westerlund, Fauna der palàarct. Région, Binnenconchy lien , II, p. 92, 

n°246. 
1S90. Hélix strigella, Locard, Coquilles terrestres, quaternaire, Baume-d' Ilostun, p. 11. 
1894. Hélix strigella, Locard, Coquilles terrestres France, p. 91, fig. 96-97. 
1894. Hélix (Theba) strigella, Pilsbry in Tryon, Manual of Conchology , 2 e série, Pulmonata, IX, p. 267. 

Coquille d'assez grande taille, de forme globuleuse, un peu élevée ; spire conique, 
composée de 5-6 tours convexes, légèrement étages, à croissance rapide, séparés par de 
profondes sutures ; dernier tour grand, bien arrondi, convexe, brusquement déclive à 
l'extrémité; sommet obtus, presque lisse ; ombilic très grand, égalant, en largeur, près du 
tiers de la largeur totale de la coquille, bien évasé en entonnoir et laissant voir toute la spire; 
ouverture subarrondie, très oblique, relativement petite ; bords marginaux très rapprochés et 

1 Linné (G.), Systema naturae, éd. X, p. 768, 1758 (part.). 

2 Risso (A.), Histoire naturelle, princip. productions Europe méridionale, IV, p. 73, 1826 (partim). 



DES BASSINS DU RHONE ET DU RHIN 



11 



fortement convergents; bord columellaire réfléchi sur l'ombilic; péristome réfléchi, bordé 
intérieurement d'un bourrelet marginal bien marqué. 



Échantillons 


DIAMÈTRE 

MAXIMUM 


DIAMETRE 

MINIMUM 


HAUTEUR 

TOTALE 


DIAMÈTRE 

DE L'OUVERTURE i 


HAUTEUR 

DE L'OUVERTURE 


A 
B 
G 
D 
E 
F 


18 millimètres. 
16 1/2 
16 1/2 

16 1/2 

15 1/2 
14 1/2 


15 1/2 millimètres. 
15 

14 1/2 — 
14 — 
13 1/2 
13 


11 millimètres. 

10 3/4 
10 1/4 
10 1/2 

9 3/4 — 

9 3/4 


8 millimètres. 

8 

7 3/4 — 
8 

7 1/2 
7 


7 1/4 millimètres . 

7 1/2 — 
7 1/4 — 
7 1/2 
7 
6 1/2 





Test médiocrement épais, solide ; tours embryonnaires et premiers tours très finement 
striés; les autres ornés de stries fortes, presque lamelleuses, serrées, onduleuses, très obliques 
et irrégulières ; en dessous, les stries sont également fortes 2 , seulement atténuées sur le bord 
même de l'ombilic. 

Il subsiste, mais seulement chez quelques spécimens, une vague trace d'une bande claire 
supracarénale. 

Variations. — V Hélix strigella Draparnaud, présente une spire assez variable. A côté 
du type, tel que je le figure ici (pi. V, fig. 186-188), il existe des individus plus déprimés, 
avec une spire un peu tectiforme en dessus; d'autres spécimens ont, en outre, un dernier tour 
plus ou moins nettement dilaté à l'extrémité. Il est, enfin, possible de distinguer, parmi les 
fossiles de la Buisse, la variété suivante : 

Variété STRIGELLINA Locard. 

(PI. V, fig. 190 à 192.) 

1894. Hélix strigellina, Locard, Description Mollusques quaternaires nouveaux, envir. Crémieu (Isère) \ 
p. 5, fig. 6-8. 

Coquille sensiblement de même taille ou un peu plus grande; forme plus haute, plus 
conique en dessus; tours plus régulièrement convexes; dernier tour à profil mieux arrondi ; 
ouverture subcirculaire. 

Diamètre maximum : 17 millimètres; diamètre minimum : 15 millimètres ; hauteur : 
12 millimètres ; diamètre de l'ouverture égal à sa hauteur: 7 1/2 millimètres. 

Test orné de stries plus fortes, comme costulées, plus obliques, plus onduleuses et plus 
serrées. 

Je rapporte cette intéressante variété à V Hélix strigellina Locard 3 , bien que l'auteur 
dise : « Comparé à V Hélix strigella, Y H. strigellina s'en distinguera... à son galbe moins 



1 Y compris l'épaisseur du péristome. 

2 Ayant l'apparence de petites côtes. 

3 L' Hélix strigellina Locard a été découvert, par le D r Jacquemet, dans les tufs quaternaires des environs 
de Crémieu (Isère). 



12 MOLLUSQUES TERRESTRES ET FLUVIATILES 

globuleux, plus surbaissé... » Ce caractère est nettement contredit par la figure 1 qui représente, 
au contraire et très correctement d'ailleurs, une coquille à spire un peu haute, bien conique, 
tout à fait analogue à celle des tufs de la Ruisse. 

Comparaison avec les individus de la faune actuelle. — La plus grande différence 
que l'on constate entre les échantillons actuellement vivants et ceux de la Buisse porte sur la 
sculpture, notablement plus accentuée chez les fossiles. Les spécimens vivants ont les premiers 
tours lisses ou presque lisses et les autres tours ornés de stries plus fines, plus délicates, moins 
franchement costulées ; leur ombilic est, en outre, généralement moins évasé. 

Les exemplaires, de petite taille et de forme un peu élevée, récoltés à la Buisse 2 , 
rappellent tout à fait les échantillons de la collection A. Locard recueillis vivants aux environs 
de Sassenage (Isère). C'est bien, dans les deux cas, la même spire un peu haute, le même 
enroulement des tours, le même test plus délicat, plus finement strié, avec une indication de 
bande blanche, supracarénale, très peu marquée. Cette forme paraît plus alpestre que le type. 

Un certain nombre d'espèces, créées aux dépens de Y Hélix strigella Draparnaud, sur des 
caractères absolument insuffisants, doivent lui être rapportées comme synonymes. Tels sont 
les Hélix separica Bourguignat 3 , Hélix vellavorum Bourguignat 4 , Hélix lepidophora Bour- 
guignat 5 , Hélix buxetorimi 6 Bourguignat 7 , Hélix russinica Bourguignat 8 , etc.. 

Distribution géologique. — Cette espèce ne se trouve que dans les formations quater- 
naires récentes. Elle a été signalée en Allemagne [Kreglinger, Saudberger, Weiss, Clessin, 
etc.], en Bohême [Babor], en Suisse [Mousson et Jaccard] et en Italie [Sacco, Pollonera 9 ]. 
En France, elle est connue dans les tufs quaternaires de la Baume-d'Hostun (Isère) 
[A. Locard] et des environs de Crémieu (Isère) [D r Jacquemet, A. Locard]; dans les lœss des 
environs de Lyon [A. Locard] ; dans le pléistocène de Gap [D r Martin] et dans les limons 
pléistocènes des environs de Nice [Caziot et Maury]. 

Distribution géographique actuelle. — V Hélix strigella Draparnaud, vit dans toute 

1 Fig. 6-8, p. 5, du travail de Locard (1894). Il suffit de comparer cette figure à celle donnée, par le même 
auteur, dans ses Coquilles terrestres de France, fig. 96-97, p. 91, 1894, pour se rendre compte de la forme élevée 
de la coquille fossile de Crémieu. 

3 Gomme l'exemplaire E du tableau de la page précédente. 

3 Bourguignat (J.-R.) in Locard (A.), Prodrome Malacologie française ; Catalogue Mollusques terrestres 
eaux douces et saumâtres, p. 62 et p. 309, 1882 [Hélix Separica}. 

4 Bourguignat (J.-R.) in Locard (A.), Coquilles terrestres France, p. 92, 1894 [Hélix Vellavorum]. 

5 Bourguignat (J.-R.) in Locard (A.) ; loc. supra cit., p. 62 et p. 310, 1882. 

6 PL V, fig. 19Ô-197. 

7 Bourguignat (J.-R.), in Locard (A.), loc. supra cit., p 62 et p. 310, 1882 [Hélix Buxetorum]. 

8 Bourguignat (J.-R.) in Locard (A.), loc. supra cit., p. 62 et p. 311, 1882 [Hélix Russinica]. 

9 Avec Y Hélix strigella Draparnaud, type, Pollonera [Molluschi post-pliocenici del contorno di Torino ; 
Memorie d. Reale Accademia d. scienze di Torino, 2 e série, XXXVIII, p. 15, n° 35, 1886] signale, dans le 
quaternaire des environs de Turin, la var. russinica Bourguignat, la var. Buxetorum Bourguignat, et, en dehors 
d'une forme minor (diamètre maximum : 12 millimètres ; hauteur : 8 1/2 millimètres), une a forma intermedia tr a 
le var. russinica et Buxetorum ». xiinsi, la paléontologie apporte un nouvel argument en faveur des rapproche- 
ments précédents et montre que les espèces créées par Bourguignat ne sauraient être utilement distinguées àeYHeliœ 
strigella Draparnaud. 



DES BASSINS DU RHONE ET DU RHIN 13 

l'Europe moyenne, depuis le Sud de la Suède, de la Norvège 1 et le centre de la Russie 2 jusqu'à 
l'Espagne et à l'Italie, mais sans pénétrer dans les régions méridionales de ces pays. Il est 
plus particulièrement abondant le long de la chaîne des Alpes, où il s'élève jusque vers 
2.000 mètres au Piémont [Pollonera] et jusqu'à 2.200 mètres en Autriche [Hesse]. En 
France, Y Hélix strigella Draparnaud, habite presque exclusivement les régions montagneuses 
et submontagneuses de l'Est et du Centre. Il est principalement répandu dans le Jura et les 
Alpes, où il vit jusqu'à 1.500 mètres d'altitude. 

Enfin, en dehors de l'Europe, de Rosen a signalé ce même Hélix dans la chaîne du 
Caucase. Mousson avait déjà indiqué la distribution de cette espèce jusqu'aux rives de la mer 
Caspienne 3 . 



§ Iï — PERFORATELLA Schluter, 1838 4 

HELIX (PERFORATELLA) EDENTULA Draparnaud. 

(PI. IV, fig. 172-173 5 .) 

1801. Hélix depilata, Draparnaud, Tableau Mollusques terr., fluv. France, p. 72 (non G. Pfeiffer). 
1805. Hélix edentula, Draparnaud, Histoire Mollusques terr., fluv. Finance, p. 80, tab. VII, fig. 14. 

1837. Petasia edentula, Beck, Index Molluscorum, p. 21. 

1838. Hélix unidentata var. monodon, Rossmâ<sler, Iconographie der Land- und Sùsswasser-Mollusken, VII, 

p. 3, Taf. XXXI, fig. 433. 
1848. Hélix cobresina, var. p Pfeiffer, Monograph. Heliceor. vivent., I, p. 151. 
1848. Hélix depilata, Dupuy, Histoire Mollusques terr., fluv. France, p. 173, tab. XIII, fig. 8. 
1853. Zonites edentula, Adams, Gênera of récent Mollusca. p. 116. 

1855. Hélix depilata, Moquin-Tandon, Histoire Mollusques terr., fluv. France, II, p. 121, pi. X, fig. 40 41. 
1862. Hélix depilata, Bourguignat, Malacologie Grande-Chartreuse , p. 56, pi. VII, fig. 1 à 12. 
1864. Hygromia edentula, Morch, Synopsis Molluscorum terr., fluv. Daniae, p. 18. 
1875. Hélix depilata, Sandberger, Land- und Sùsswasser-Conchylien, p. 885. 
1877. Hélix depilata, Locard, Malacologie lyonnaise, p. 24 et 132, n° 5 

1880. Hélix depilata, Locard, Nouvelles recherches argiles lacustres, quaternaire envir. Lyon, p. 23. 

1881. Hélix depilata, Locard, Catalogue Mollusques terr., aquatiques départ. Ain, p. 41. 

1881. Hélix depilata, Locard, Variations malacologiques bassin Rhône, I, p. 102. 

1882. Hélix edentula, Locard, Prodrome malacologie française, Catalogue Mollusques terr., eaux douces et 

saumâtres, p. 68. 
1887. Hélix (Trochiscus) edentula, Tryon, Manual of Conchology, 2 e série, Pulmonata, 111, p. 171, pi. 38, 

fig. 34-35. 
1889. Hélix (Perforatella) edentula, Westerlund, Fanna der palàarct. Région, Binnenconchylien , II, p. 32, 

n°90. 
1894. Hélix edentula, Locard, Coquilles terrestres France, p. 104, fig. 116-117. 
1894. Hélix (Perforatella) edentula, Pilsbry in Tryon, Manual of Conchology, 2 e série, Pulmonata, IX, 

p. 278. . 

Coquille trochiforme élevée en dessus ? à peine convexe en dessous; spire haute, conique, 
composée de huit tours à croissance très lente et parfaitement régulière ; sommet lisse et obtus ; 

1 Son extrême limite est, d'après Westerlund, le soixante et unième degré de latitude nord. 

2 Notamment Moscou et, à l'ouest, Saint-Pétersbourg [Hesse]. 

3 Mousson (A.), Coquilles terrestres et fluviaiiles recueillies dans V Orient par M. le D r Alexandre 
Schlaëfli, Zuricb, p. 40, 1863. 

4 Schluter, System Verzeichn., 1838. 

5 L'unique exemplaire recueilli par M. Gl. Gaillard a été accidentellement brisé par le photographe pendant la 
eonfection des Planches. C'est ca qui explique pourquoi je ne donne ici qu'une figuration incomplète de cette intéres- 
sante espèce. 



14 MOLLUSQUES TERRESTRES ET FLUVIATILES 

sutures assez profondes ; dernier tour petit, à peine plus grand que l'avant-dernier, subcaréné 
sur toute sa longueur, ni élargi, ni déclive à son extrémité ; ombilic absolument ponctiforme, 
en partie recouvert par la patulescence du bord columellaire ; ouverture tout à fait étroite, 
irrégulièrement semi-elliptique, à bords marginaux très éloignés et peu convergents; bord 
externe sinueux en son milieu; péristome fortement épaissi à la région basale. 

Diamètre maximum : 7 millimètres ; diamètre minimum : 6 1/2 millimètres ; hauteur : 
5 millimètres; hauteur de l'ouverture : 3 1/2 millimètres; diamètre de l'ouverture : 1 1/4 mil- 
limètre. 

Tour embryonnaire lisse ; premiers tours presque lisses ; les autres ornés de stries obli- 
ques, fortes, serrées et irrégulières, devenant presque costulées sur le dernier tour. En des- 
sous, les stries, toujours irrégulières, sont plus délicates et atténuées vers l'ombilic. 

Variations. — U Hélix edentula Draparnaud, varie dans sa forme jusqu'à présenter 
une variété depressa plus ou moins nette. La taille atteint de 5 1/2 à 8 millimètres de diamè- 
tre maximum pour 3 1/2 à 6 millimètres de hauteur. 

A. Locard a décrit, sous le nom à' Hélix Mermieri 1 , une coquille des tufs de la Baume- 
d'Hostun (Drôme) que, d'après la diagnose, je rapporte à V Hélix edentula Draparnaud. Elle 
en diffère, dit l'auteur, « par sa taille plus grande 2 , par son galbe plus surbaissé, par ses tours 
de spire plus convexes, séparés par une suture plus accusée, par son ouverture plus étroite, 
etc. ». Ces différences rentrent parfaitement dans le cadre du polymorphisme de V Hélix eden- 
tula Draparnaud. 

Distribution géologique. — Signalée dans le pléistocène de Nussdorf, près de Vienne 
(Autriche) [Sandberger], cette espèce a été retrouvée, en France, dans les argiles lacustres de 
la vallée du Rhône, à la Mouche et à Gerland, près de Lyon [A. Locard] et dans les tufs de 
la Baume-d'Hostun (Drôme) [A. Locard 3 ]. Elle est beaucoup moins répandue, dans les forma- 
tions quaternaires, que V Hélix (Dibothrion) bidens Chemnitz 4 , qui, en France, a été signalé 
dans les tufs de la Gelle-sous-Moret (Seine-et-Marne) [Tournouër], dans le loess de l'Ardèche 
[G. Sayn] et, sous le nom à? Hélix Belgrandi Bourguignat 5 , dans le quaternaire récent des 
environs de Paris, à Canonville (Vincennes) et à Joinville-le-Pont [Bourguignat]. U Hélix 
bidens Ghemnitz, est d'ailleurs la forme la plus ancienne. 

Distribution géographique actuelle. — V Hélix edentula Draparnaud, est une espèce 
particulière à la chaîne des Alpes. En France, il habite en Alsace, dans les Vosges [Puton, 

1 Locard (A.), Noie sur les coquilles terrestres de la faune quaternaire de la Baume-d'Hostun (Drôme), 
p. 12, 1890. 

2 Ceci n'est pas exact : Y Hélix Mermieri a, d'après A. Locard [loc. supra cit., p. 13, 1890], 6-8 millimètres 
de diamètre maximum pour 4-5 millimètres de hauteur, ce qui correspond parfaitement aux dimensions de Y Hélix 
edentula Draparnaud, et, en particulier, à l'exemplaire de cette espèce recueilli par M. le D r Cl. Gaillard dans les 
tufs de la Buisse. 

3 Sous le nom à' Hélix Mermieri Locard. 

4 Ghemnitz, Systemat. Conchy lien -Cabinet, l r * édition, p. 50, Tab. GXXII, fig. 1052, 17S6 (Trochus bidens). 

5 Bourguignat (J.-R.), Catalogue des Mollusques terrestres et fluviatiles des environs de Paris à V époque 
quaternaire, p. 6, pi. III, fig. 26-31, 1869. U Hélix Belgrandi Bourguignat, n'est qu'une forme un peu plus 
grande (diamètre maximum : 11 millimètres ; hauteur : 7 1/2 millimètres) du type bidens. 



DES BASSINS DU RHONE ET DU RHIN 15 

Drouët], dans l'Ain [A. Locard], la Loire [A. Locard], la Savoie [Du'mont et Mortillet, Bour- 
guignat], la Haute-Savoie [Dumont et Mortillet], laDrôme [G. Sayn 1 ] et l'Isère [Gras, Bour- 
guignat]. Cette espèce qui vit, de préférence, entre 500 et 2.000 mètres d'altitude, est parfois 
très abondante dans certaines localités, comme, par exemple, dans les environs de la Grande- 
Chartreuse 2 . 

§ III. — HELICODONTA (De Férussac) Risso, 1826 3 

HELIX (HELICODONTA) OBVOLUTA Mûller. 

(PL IV, fig. 149 à 156, et fig. 171.) 

1774. Hélix obvoluta, Millier, Verm. terr estr. et fluv. histor., II, p. 27, n 299. 

1792. Hélix trigonophora, de Lamarck, Journal hist. natur., II, p. 349, pi. XLII, fig. 2. 

1792. Hélix bilabiata, Olivi, Zoologia Adriatica, p. 177. 

1798. Hélix holosericea, Gmelin, Systema natur se, Ed. XIII, p. 3641 (non Studer). 

1801. Planorbis obvolutus, Poiret, Coquilles terr.fluv., Aisne et envir. Paris, Prodrome, p. 89. 

1805. Hélix obvoluta, Draparnaud, Histoire Mollusques terr., fluv. France, p. 112, tab. VII, fig. 27-29. 

1826. Helicodonta obvoluta, Risso, Histoire natur. Europe méridion.,\N , p. 65. 

1833. Trigonosioma obvolutum, Fitzinger, System Verzeichn. Œster. p. 98. 

1834. Hélix obvoluta, Rossmâssler, Iconographie der Land- und Sùsswasser-Conchylien, I, p. 69, Taf. I, 

fig. 21. 
1837. Gonostoma obvoluta, Held, Isis, p. 914. 
1837. Vortex obvoluta, Beck, Index Molluscorum, p. 7. 

1848. Euphemia obvoluta, Menke, Zeitschrift fur Malakozool., V, p. 74. 

1849. Hélix obvoluta, Dupuy, Histoire Mollusques ter r., fluv. France, p. 164, tab. VII, fig. 5. 
1853. Anchistoma obvolutum, Adams, Gênera of récent Mollusca, p. 207. 

1855. Hélix obvoluta, Moquin-Tandon, Histoire Mollusques terr., fluv. France, II, p 114, pi. X, fig. 26-30. 

1877. Hélix obvoluta, Locard, Malacologie lyonnaise, p. 23 et 132, n° 3. 

1879. Hélix obvoluta, Locard, Description faune malacologique quaternaire, envir. Lyon, p. 25. 

1880. Hélix obvoluta, Locard, Nouvelles recherches argiles lacustres, quaternaire envir. Lyon, p. 22.. 

1881. Hélix obvoluta, Locard, Catalogue Mollusques terrestres, aquatiques départ. Ain, p. 32. 

1881. Hélix obvoluta, Locard, Variations mdlacologiques bassin Rhône, I, p. 80. 

1882. Hélix obvoluta, Locard, Prodrome malacologie française, Mollusques terr., eaux douces et saumâtres, 

p. 86. 

1886. Anchistoma (Gonostoma) obvoluta, Pollonera, Molluschi fossili postpliocenici d. contorno di Torino, 

p. 13, n° 30. 

1887. Hélix (Trigonostoma) obvoluta, Tryon, Manual of Conchology, 2 e série, Pulmonata, III, p. 115, pi. 

XXIII, fig. 69-71. 

1889. Hélix (Trigonostoma) obvoluta, Westerlund, Fauna der palàarct. Région, Binnenconchylien, II, 

p. 25, n° 71. 

1890. Hélix obvoluta, Locard, Coquilles terrestres, quaternaire Baume -d' Hostun, p. 15. 
1894. Hélix obvoluta, Locard, Coquilles terrestres France, p. 139, fig. 170-171. 

1894. Hélix (Helicodonta) obvoluta, Pilsbry m Tryon, Manual of Conchology, 2e série, Pulmonata, IX, 

p. 287. 
1908. Hélix (Helicodonta) obvoluta, Germain, Bulletin Soc. sciences naturelles Elbeuf, XXVI, p. 80. 

Coquille de forme absolument planorbique, plus convexe en dessous qu'en dessus; spire 
s'enroulant sur un même plan, composé de 7 tours subconvexes à croissance lente et régu- 
lière, séparés par des sutures bien accusées; dernier tour médiocre, subanguleux à sa 

1 Notamment entre 600 et 1.000 mètres. [G. Sayn, Catalogue des Mollusques terr. et fluv. du département de 
la Drôme] (Bulletin Société malacologique de France, V, p. 148, 1888). 

2 Bourguignat(J.-R.), Malacologie de la Grande-Chartreuse, p. 57, 1864. 

3 Férussac (de), Tableaux systémat. de la famille des Limaçons, p. 33, 1819 (part.). C'est Risso [Histoire 
naturelle de V Europe méridionale, IV, p. 65, 1826] qui a restreint le sous-genre Helicodonta aux espèces du 
groupe de Y Hélix obvoluta Mûller. 



16 MOLLUSQUES TERRESTRES ET FLUVIATILES 

partie supérieure près de la suture, bien plus convexe en dessous qu'en dessus, lente- 
ment descendant à son extrémité ; ombilic grand, ouvert, égalant en largeur le quart de la 
largeur totale de la coquille ; ouverture étroite, plus haute que large, subquadrangulaire, angu- 
leuse en haut et en bas, fortement échancrée par l'avant-dernier tour et à bords éloignés ; 
péristome subréfléchi, garni d'un bourrelet interne blanc très marqué et irrégulièrement 
saillant. 

Diamètre maximum : 11 1/2-12 millimètres; diamètre minimum : 10 1/2-10 3/4 milli- 
mètres ; hauteur : 5 1/4-6 millimètres ; diamètre de l'ouverture : 3-3 1 / 4 millimètres ; hau- 
teur de l'ouverture : 4 1/4-4 1/2 millimètres. 

Test garni de stries fines, obliques, irrégulières et un peu serrées, plus fines en dessous 
qu'en dessus. 

Comparaison avec les individus de la faune actuelle. — Les exemplaires qui vivent 
actuellement à la Grande-Chartreuse (Isère), vers 970 mètres d'altitude, mesurent 12 milli- 
mètres de diamètre maximum pour 10 millimètres de diamètre minimum et 5 1/4 millimètres 
de hauteur. Leur ouverture atteint 4 1/2 millimètres de diamètre pour 5 millimètres de hau- 
teur. On voit que la différence porte uniquement sur la hauteur qui, proportionnellement au 
diamètre, est plus petite dans le type actuel. L'enroulement reste le même ; cependant, quel- 
ques spécimens fossiles ont une spire moins planorbique par suite de l'allure de l'avant-dernier 
tour qui est plus saillant. En dessous, les types fossile et vivant ne présentent aucune diffé- 
rence et les caractères de l'ombilic, notamment, sont rigoureusement identiques [pi. IV, 
fig. 149 à 156]. 

Distribution géologique. — U Hélix obvoluta Millier, est connu d'un grand nombre 
de dépôts quaternaires de l'Europe centrale : Italie du Nord, vallée du Danube, Suisse, Nassau, 
Wurtemberg, Saxe, etc., tous situés au voisinage de la chaîne des Alpes. En France, cette 
espèce ne semble pas très ancienne puisque dans les marnes de la Gombe-de-Glary, près Haute- 
rive (Drôme), elle est remplacée par VHelix Bernardii Michaud 1 , coquille de taille plus 
petite 2 , à ouverture plus verticale, qui semble être la forme ancestrale de VHelix obvoluta 
Millier. Quant à cette dernière espèce, elle existe dans les tufs de la Gelle-sous-Moret (Seine- 
et-Marne) [Tournouër, Jodot], dans ceux de la Baume-d'Hostun (Isère) [A. Locard], de la 
Perle ou Presle (Aisne) [Bleicher et Fliche] et de Saint-Pierre-lès-Elbeuf (Seine-Inférieure) 
[Germain] ; enfin dans le lœss des environs de Lyon [A. Locard]. 

Distribution géographique actuelle. — Cette espèce, répandue dans toute l'Europe 
moyenne et méridionale, vit dans les lieux frais et humides et, de préférence, dans les sites 
montagneux ou submontagneux. En France, elle est particulièrement commune dans les 
régions septentrionales et centrales, notamment dans les Vosges, le Jura et les Alpes où elle 
s'élève jusqu'à 1.200 mètres d'altitude. Dans les Alpes, vivent, avec VHelix obvoluta Mùller, 

i Michaud (G.), Description des coquilles fossiles des environs de Hauterive (Drôme) (Journal de Conchylio- 
logie, X, p. 60, pi. III, fig. 4-6, 1862.) Cf. au.ssi Locard (A.), Description de la faune de la molasse marine et d'eau 
douce du Lyonnais et du Dauphiné (Archives du Muséum d'histoire naturelle de Lyon, II, p. 207, 1878). 

2 VHelix Bernardii Michaud, atteint seulement 5 millimètres de diamètre maximum, pour 3 millimètres de 
hauteur totale. 



DES BASSINS DU RHONE ET DU RHIN 17 

deux espèces voisines beaucoup plus rares : V Hélice angigyra Zeigler ', de la Lombardie et du 
Tyrol italien 2 , et V Hélix holosericea Studer 3 , qui habite la Suisse, l'Illyrie et la Carinthie et 
qui se retrouve en France, dans la Haute-Savoie, jusque vers 1.750 mètres d'altitude [Dumont 
etMortillet]. 

V Hélix obvoluta Mùller, vit également dans les grottes 4 . MM. Racovitza et Jeannel 
l'ont recueilli, en 1908, dans la grotte d'Oxibar, à Camou-Cihigue, canton de Tardets-Sorholu* 
( Basses-Pyrénées ) . 



§ IV. — HELICIGONA (De Féeussac) Risso 1826 5 

HELIX (HELICIGONA) LAPICIDA Linné 

(PI, III, fig. 111-112 et 117-118.) 

1758. Hélix lapicida, Linné, Systema naturse, éd.X, p. 768. 

1778. Hélix acuta, Da Costa, Histor. natur. Testaceorum Britannix, p. 55, pi. IV ? fig. 9 (non Millier). 

1788. Hélix affinis, Gmelin, Systema naturse, éd. XIII, p. 3621. 

1805. Hélix lapicida, Draparnaud, Histoire Mollusques terr., fluv. France, p. 111, tab. VII, fig. 35-37. 

1815. Vortex lapicida, Oken, Lehrb. der Zoologie, II, p. 314. 

1822. Caracolla lapicida, de Lamarck, Histoire natur. animaux sans vertèbres, VI, part. II, p. 99 v 

1826. Helicigona lapicida, Risso, Histoire natur. Europ. méridion., VI, p. 66. 

1833. Latomus lapicida, Fitzinger, System. Verzeichn. Œster., p. 97. 

1834. Hélix lapicida, Rossmassler, Iconographie der Land- und Sùsswasser-Conchylien, I, p. 63» Taf. I, 

fig. 12. 
1837. Lenticula lapicida, Held, Isis, p. 913. 

1848. Hélix lapicida, Dupuy, Histoire Mollusques terr. } fluv. France, p. 159, tab. V, figr. 7. 
1855. Hélix lapicida, Moquin-Tandon, Histoire Mollusques terr., fluv. France, II, p. 137, pi. XI, fig. 22-27. 
1865. Arianta lapicida, Morch, Journal de Conchyliologie, XIII, p. 388. 

1869. Hélix lapicida, Bourguignat, Catalogue Mollusques terr., fluv. quatern. env. Paris, p. 5. 
1875. Hélix (Arianta) lapicida, Sandberger, Land- und-Sûsswasser-Conchylien , p. 928, Taf. XXXIV, fig. 2. 
1877. Hélix lapicida, Locard, Malacologie lyonnaise , p. 27 et 133, n°7. 

1879. Hélix lapicida, Locard, Description faune malacologique quaternaire envir. Lyon, p. 50. 
1881. Hélix lapicida, Locard, Catalogue Mollusques terrestres, aquatiques départ. Ain, p. 46. 

1881. Hélix lapicida, Locard, Variations malacologiques bassin Rhône, I, p. 139. 

1882. Hélix lapicida, Locard, Prodrome malacologie française ; Mollusques terrestres, eaux douces et sau- 

mâtres, p. 89. 

1888. Hélix (Chilotrema) lapicida. Tryon, Manual of Conchology, 2 e série, Pulmonata, IV, p. 116, pi. XXXI, 

fig. 13-19. 

1889. Heliœ (Chilotrema) lapicida, Westerlund, Fauna der palâarct. Région: Binnenconchylien, II, p. 28, 

n°80. 

1890. Hélix lapicida, Locard, Coquilles terrestres, quaternaire. Baume-d' Hoslun,\)A$. 
1894. Hélix lapicida, Locard, Coquilles terrestres France, p. 136, fig. 164-165. 

1894. Hélix (Helicigona) lapicida, Pilsbry in Tryon, Manual of Conchology, 2 9 série, Pulmonata, IX, 

p. 299. 
1909. Hélix (Helicigona) lapicida, Germain, Bulletin Soc. sciences naturelles Elbeuf, XXVII, p. 144. 

1 Zeigler in Rossmassler, Iconographie der Land- und Sùsswasser-Mollusken, p. 70, Taf. I, 
fig. 21, 1835. 

2 Cette espèce a été signalée en France dans le Faucigny : Locard (A.), Matériaux pour servir à l'Histoire 
de la Malacologie française (Bulletin Société malacologique France, I, p. 200, 1*84). 

3 Studer, Kurzes Verzeichniss der Vaterlande Conchylien, p. 87, 1820, 

4 Germain (Louis), Mollusques (Biospeologica, XVIII) (Archives de Zoologie expérimentale et générale, 
XLVI, p 246, janvier 1911). 

5 Férussac (De), Tableaux systémat. famille Limaçons, 1819. — Risso, Histoire naturelle Europe 
méridionale, IV, p. 66, 1826, a, le premier, limité le sous-genre Helicigona aux espèces du groupe de Y Hélix 
lapicida Linné. 

Arch\ Mus. — t. XI j f g 



18 MOLLUSQUES TERRESTRES ET FLUVIATILES 

M. le D r Cl. Gaillard n'a pu recueillir qu'un seul exemplaire de cette espèce dans les tufs 
de la Buisse. Il est d'ailleurs incomplet. 

Le test présente les caractères suivants : 

Les premiers tours sont lisses ; les autres sont ornés de fines granulations et de stries 
médiocres, très irrégulières, obliques et un peu onduleuses. En dessous, le test, également 
strié, montre une surface chagrinée par suite de la présence de nombreuses granulations dispo- 
sées sans ordre entre des stries assez serrées et inégales. 

La carène du dernier tour restant est très saillante et un peu épaisse. 

Si on compare cet échantillon aux spécimens vivant actuellement aux environs de la 
Buisse, on constate qu'il possède une spire notablement plus élevée et une sculpture plus accen- 
tué, surtout en dessous. 

Distribution géologique. — Les dépôts français les plus anciens qui renferment cette 
espèce sont ceux du pliocène inférieur de Hauterive (Drôme) où V Hélix lapicida Linné, a été 
signalé par G. Michaud et, plus tard, par A. Locard. Viguier l'a indiqué, avec un point de 
doute, dans le pliocène des environs de Montpellier (Hérault). Ce même Helioo a été retrouvé 
dans presque toutes les formations quaternaires plus récentes : dans les travertins du Puy-de- 
Dôme [Bouillet], dans les tufs de la Celle-sous-Moret [Tournouër], dans ceux de Montigny, 
près Vernon (Eure) [G. Dollfus], de la Baume-d'Hostun (Isère) [A. Locard], de Saint-Pierre- 
lès-Elbeuf (Seine-Inférieure) [L. Germain] ; dans les formations des environs d'Abbeville 
(Somme) [de Mortillet] et du Pas-de-Calais [Sauvage et Hamy] ; dans les brèches des envi- 
rons de Nîmes [Brard] et des environs de Nice [Menard de la Groye, Caziot et Maury] ; dans 
le lœss du Jura [Ogerien] et dans celui des environs de Lyon [A. Locard] ; dans les alluvions 
de la Seine [Bourguignat], etc. 

Distribution géographique actuelle. — U Hélix lapicida Linné, vit dans toute l'Eu- 
rope. Il habite également dans l'île de Madère [Lowe, Wollaston, Cast. de Païva], où Wat- 
son l'a signalé à l'état fossile. En France, V Hélix lapicida Linné, se trouve partout, mais il est 
plus commun dans les régions montagneuses. Il s'élève, dans les Alpes, jusqu'à 1,280 mètres 
d'altitude. Dans les Pyrénées, habite une forme à ombilic étroit que Bourguignat a fait con- 
naître sous le nom à' Hélix andorica \ 



§ V. — TACHEA Lbàch, 1831 2 

HELIX (TACHEA) NEMORALIS Linné. 

(PL IV, fig. 157 à 165 et 174 à 185.) 

1758. Heliœ nemoralis , Linné, Systema naturse, éd. X, p. 773. 

1778. Cochlea faciata, Da Costa, Hist. nat. teslacea Britanniœ, p. 76, pi. V, fig. 1 3, 8, 9. 

1801. Hélix hybrida, Poiret, Coquilles terre str., fluv. Aisne et envir. Paris, Prodrome, p. 68 (pars). 

1801. Heliœ fmca, Poiret, loc. cit., p. 10(parsJ. 

1 Bourguignat (J.-R.). — Species novissimœ Molluscorum in Europxo Systemati détectée, etc., p. 38, 
1876 [Helico Andorica], 

2 Leach, in Turton, Manual of the Land and Freshioater Shells of the British Isl., p. 35, 1831. 



DES BASSINS DU RHONE ET DU RHIN 19 

1805. Hélix nemoralis, Draparnaud, Histoire Mollusques terri fluv., France, p. 94, pL VU fig. 3-5. 

1821. Cochlea mutabilis, Hartmann, Neue Alpina, I, p. 242. 

1826. Helicogena nemoralis, Risso, Histoire natur. Europe mèridion., IV, p. 60, n° 133. 

1826. Helicogena libellula, Risso, /oc. supra cit. , IV, p. 62, n° 134. 

1826 Helicogena imper fecta, Risso, loc. supra cit., IV, p. 62, n° 135. 

1826. Helicogena olivacea, Risso, loc. sup~a cit., IV, p. 63. 

1831. Tachea nemoralis, Ueach in Turton, Land and Freshwater Shells Brilish Isl., p. 33. 

1833. Hélix cincta, Sheppart, Linn. Transacl., p. 163 (non Millier). 

1833. Hélix quinquefasciata, Sheppart, Linn. Transact., p 163. 

1835. Hélix nemoralis, Rossmassler, Iconographie der Land - und Sùsswasser-Mollusken, I, p. 26, Taf. I, %. 5. 

V (1837), p. 6, Taf. XXII, fig. 298 VI (1838), p. 16, Taf. XXXVJ, fig. 494. 
1837. Cepsea nemoralis, He d, Isis, p. 910. 
1837. Helicogena hybrida, Beck, Index Molluscorum, p. 39. 

1848. Hélix nemoralis, Dapuy, Histoire Mollusques terr., fluv. France, p. 135, tab. V, fi?. 7et tab. VI, fig. 1. 
1855. Hélix nemoralis, Moquin-Tandon, Histoire Mollusques terr., fluv France, If, p. 502, pi. XIH, fig. 1-6. 
1865. Iberus nemoralis, Morch, Journal de Conchyliologie , XIII, p. 389. 

1868. Hélix nemoralis, Bourguignat, Note complément . Mollusques , Mammifères Vence, p. 5,n° 4. 
1869 Hélix nemoralis, Bourg>\gnat, Catalogue Mollusques terr., fluv. quaternaire envir. Paris, p. 4. 
1875. Hélix ( P entât fenia) nemoralis, Sandberger, Land- und Sûsstoasser-Conchylien, p. 803, Taf. XXXV, 

fig. 36. 
1877. Hélix nemoralis, Locard Malacologie lyonnaise, p. 29 et 133, n° 9. 

1879. Hélix nemoralis, Locard, Description faune malacologique quaternaire envir. Lyon, p. 57. 

1880. HHix nemoralis, Uocard, Nouvelles recherches argiles lacustres, quaternaire envir. Lyon , p. 24. 

1881. Hélix nemoralis, Uocard, Catalogue Mollusques terrestres et aquatiques départ. Ain, p. 56. 

1881. Hélix nemoralis, Locard, Variations malacologiques bassin Rhône, I, p. 171, pi. II, fig. 24, 29 et pi. V. 

1882. Hélix nemoralis, Uocard, Etudes malacologiques dépôts préhistoriques vallée Saône, p. 16. 

1882. Hélix nemoralis, Uocard, Prodrome malacologie française; Coquilles terr., eaux douces et saumâtres, 

p. 56. 
1886. Iberus (Tachea) nemoralis, Pollonera. Molluschi post pliocenici d. contorno di Torino, p. 16. n° 38. 

1888. Hélix (Tachea) nemoralis, Tryon, Manual of Conchology, 2 e série, Pulmonata, IV, p. 122, pi. 34, 

fig. 94 à 96, et pi. 35, fig. 97. 

1889. Hélix (Tachea) nemoralis, Westerlund, Fauna der palâarct. région Binnenconchylien, II, p. 444, 

n° 11^8. 
1^94 Hélix nemoralis, Uocard, Coquilles terrestres de France, p. 81, fig. 85. 
1894. Hélix (Tachea) nemoralis, PiUbry in Tryon, Manual of Conchology, 2 e série, Pulmonata, IX, p. 322. 

Cette espèce, qui paraît assez répandue dans les tufs de la Buisse, présente d'assez grandes 
variations. En laissant de côté les exemplaires en trop mauvais état de conservation pour qu'on 
puisse utilement les faire entrer en ligne de compte, il est possible de faire les remarques 
suivantes : 

Un certain nombre d'individus sont de taille et de forme normales. Ils mesurent 23 milli- 
mètres de diamètre maximum, 20 millimètres de diamètre minimum et 15 1/2 millimètres de 
hauteur. Leur ouverture ail 1/2 millimètres de diamètre pour 11 millimètres de hauteur. 
Ces dimensions correspondent très sensiblement à celles des spécimens actuels d Aix-les-Bains 
(pi. IV, fig. 157 à 159) qui atteignent 24 millimètres de diamètre maximum, 20 1/2 millimè- 
tres de diamètre minimum et 16 1 /4 millimètres de hauteur (diamètre de l'ouverture : 13 milli- 
mètres ; hauteur de l'ouverture : 12 millimètres). La forme générale est la même dans les deux 
cas, mais l'ouverture est sensiblement plus élargie chez les exemplaires de la faune actuelle. 

U Hélix nemoralis Linné, des tufs de laBuisse, est, soit unicolore, soit orné de cinq bandes 
brunes, soit, enfin, muni d'une seule bande supra-carénale continuée en dessus. Son test est 
irrégulièrement, obliquement et assez fortement strié, les stries étant plus fortement marquées 
en dessous qu'en dessus. 

Variations. — Autour de ce type moyen, on constate les variations suivantes : 
A. Certains échantillons sont plus déprimés ; ils mesurent : 



19 1/2 mm. 


19 mm. 


17 — 


16 1/2 — 


15 3/4 — 


14 1/2 — 


10 — 


11 — 


10 — 


10 — 



20 MOLLUSQUES TERRESTRES ET FLUVIATILES 

Diamètre maximum : 21 millimètres ; diamètre minimum : 18 millimètres ; hauteur : 
13 1/2 millimètres; diamètre de l'ouverture: 11 millimètres; hauteur de l'ouverture: 
10 1/2 millimètres. 

La spire est un peu haute et le dernier tour globuleux ; l'ornementation picturale se com- 
pose ordinairement de cinq bandes (pi. IV, fig. 178). 

B. D'autres spécimens de la Buisse, de taille notablement plus petite, sont caractérisés par 
une spire haute, conique, quelquefois un peu étagée. Voici, exprimées en millimètres, les prin- 
cipales dimensions de trois de ces exemplaires figurés pi. IV, fig. 174 à 179 et fig. 183 à 185 : 

Diamètre maximum . . 20 mm. 

Diamètre minimum . . 16 1/2 — 

Hauteur 14 — 

Diamètre de l'ouverture. 10 1/2 — 

Hauteur de l'ouverture. 10 — 

De plus, cette forme se fait remarquer par le peu de développement en largeur du dernier 
tour de spires comparativement à ce que Ton observe chez les autres types d ; 'Hélix nemoralis 
Linné. En outre, l'ouverture est constamment plus arrondie et proportionnellement plus petite. 
Le test est plus ou moins finement strié suivant les exemplaires considérés ; enfin, au point de 
vue de l'ornementation picturale, j'ai constaté les mutations suivantes : 

000 | 00 
123 | 05 

123 | 45 
123 | 45 

Tous ces caractères s'appliquent parfaitement à la coquille nommée Hélix subaustriaca 
par Bourguignat *. Je figure ici (pi. IV, fig. 180-182) un exemplaire de la collection A. Locard, 
étiqueté Hélix subaustriaca , et qui est tout à fait comparable aux exemplaires de la Buisse. 
Ainsi donc, dès l'époque de la formation de ces dépôts, cette forme de coquille de V Hélix 
nemoralis Linné, existait et montrait déjà cette préférence pour les localités montagneuses ou 
submontagneuses qu'elle a conservée jusqu'à nos jours. Il est, d'ailleurs, absolument impos- 
sible de considérer Y Hélix subaustriaca Bourguignat, comme spécifiquement distinct de Y Hélix 
nemoralis Linné, les deux coquilles étant reliées par tous les intermédiaires. 

Distribution géologique. — Abondant dans toutes les formations quaternaires récentes 
de l'Europe centrale et de la France, Y Hélix nemoralis Linné, y présente souvent des formes 
ambiguës qui ont dû parfois être confondues avec YBelix hortensis Mùller. C'est ainsi que, 
dans les tufs de la Celle-sous-Moret (Seine-et-Marne) et de Saint-Pierre-lès-Elbeuf (Seine- 
Inférieure), de nombreux spécimens de Y Hélix hortensis Mùller, sont particulièrement difficiles 
à reconnaître, leur aspect rappelant tout à fait Y Hélix nemoralis Linné 2 . Ces faits montrent 
que, pendant le quaternaire, le groupe des Tachea était en pleine évolution, évolution qui se 

1 Bourguignat (J.-R.), Description Mollusques de Saint-Martin-de-Lantosqioe, p. 1, 1880 

2 Germain (Louis), Sur quelques Mollusques quaternaires de Saint-Pierre-lès-Elbeuf (Bulletin Société étude 
sciences naturelles Elbeuf, XXVI, p. 72, 1908, et Note complémentaire sur quelques Mollusques quaternaires de 
Saint-Pierre-les-Elbeuf, ibid., XXVII, p. 142, 1909). 



DES BASSINS DU RHONE ET DU RHIN 21 

poursuit encore de nos jours. Une découverte de Bourguignat apporte ici un argument de 
premier ordre. Ce naturaliste a recueilli, dans une caverne, près de Vence (Alpes-Mari- 
times), en compagnie d'ossements de Cuons, Mammifères spéciaux à l'Himalaya, toute 
une série à'Helix nemoralis Linné dont quelques-uns montrent un caractère asiatique 
indéniable. « Ainsi, j'ai recueilli des nemoralis ayant encore un aspect (Yatrolabiata, de 
Pallasi ou de repanda d'Asie ; puis d'autres, possédant, à un degré moindre, le caractère 
oriental ; enfin, d'autres finissant par arriver peu à peu à présenter le type actuel, si connu 
de tous les malacologistes 1 . » De ces constatations, Bourguignat conclut, avec raison, que 
la forme ancestrale de VHeliûo nemoralis Linné, est originaire de l'Asie centrale. Partie 
d'Orient, cette forme s'est peu à peu propagée jusqu'en Occident, empruntant, ainsi que je 
l'expliquerai dans les considérations générales qui terminent ce mémoire, la voie même qui a 
servi aux migrations humaines. Un nouveau jalon nous est fourni par V Hélix DeperetiLoc&vd 2 , 
coquille de grande taille recueillie dans les tufs de la Baume-d'Hostun (Isère), et qui, par ses 
caractères, rappelle V Hélix atrolabiata Krynicki 3 , du Caucase, de la Crimée, etc. 

En France, Y Hélix nemoralis Linné a été signalé, très souvent en compagnie de Y Hélix 
hortensis Mùller, dans presque tous les dépôts quaternaires : dans les départements de l'Oise 
[Baudon], de la Somme [de Mortillet, d'Archiac], du Loir-et-Cher [Bourgeois], de la Haute- 
Garonne [Lortet], du Gard [E. Dumas], des Bouches-du-Rhône [Matheron], des Alpes-Mari- 
times [Bourguignat, Caziot et Maury], etc. Il se retrouve dans les travertins du Puy-de- 
Dôme [Bouillet], dans ceux de Vaudres (Hérault) [Matheron] ; dans les tufs de Castelnau, près 
Montpellier, de la Celle-sous-Moret (Seine-et-Marne) [Tournouër] ; de Montigny, près Vernon 
(Eure) [G. Dollfus]; de la Perle, ou Presle (Aisne) [Bleicher et Fliche]; dans les formations 
quaternaires des environs de Paris, à Montreuil, Joinville-le-Pont et Clichy-la-Garenne [Bour- 
guignat] ; dans le lœss des environs de Lyon [A. Locard], etc. 

Distribution géographique actuelle. — Abondant dans tout l'Ouest et le Centre de 
l'Europe, cette espèce est beaucoup plus rare dans l'Europe méridionale : Italie septentrionale 
ou Portugal. Elle est, dans l'Europe orientale, en grande partie remplacée par V Hélix vindo- 
bonensis de Ferussac 4 , et son aire de dispersion est différente de celle de Hélix hortensis 
Mùller. D'ailleurs, cette dernière espèce s'est largement acclimatée dans l'Amérique du Nord 5 , 
tandis que V Hélix nemoralis Linné, y est inconnu. En France, Y Hélix nemoralis Linné, est 
répandu partout, mais il est beaucoup moins commun dans le Midi ; il ne s'élève guère au-des- 
sus de 1.000 à 1.200 mètres dans les Alpes, tandis qu'il a été rencontré jusqu'à 1.800 mètres 

1 Bourguignat (J.-R.), Note complémentaire sur diverses espèces de Mollusques et de Mammifères décou- 
verts dans une caverne près de Vence, p. 5, 1868. 

2 Locard (A.), Notes sur les coquilles terrestres de la faune quaternaire de la Baume-d'Hostun (Isère) 
p. 9, 1890. V Hélix Depereti Locard, qui atteint 30 à 32 millimètres de diamètre maximum sur 20 22 millimètres 
de hauteur, se sépare de V Hélix nemoralis Linné*, par sa grande taille, sa forme plus déprimée, son ouverture 
plus transverse et son péristome plus épaissi. Les bandes ornementales, quelquefois encore visibles, répondent aux 
formules : 003/45, 103/45 et 123/45. 

3 Krynicki, Bulletin Société impériale naturalistes Moscou, VI, p. 425, 1833. 

4 Ferussac (De), Tableau systématique animaux Mollusques, p. 21, 1822 (Hélix sylvatica, variété 
vindobonensis). 

5 Binney (W.), Terrestrial Air Breathing Mollusks of the United States and Adjacent Territories, V, p. 256 ; 
et Bulletin Muséum Comparât. Zoology Cambridge, XIII, p. 24, 1886. * 



22 MOLLUSQUES TERRESTRES ET FLUVIATILES 

d'altitude dans les Pyrénées [0. Debaux]. C'est d'ailleurs une espèce moins montagnarde que 
Y Hélix hortensis qui, dans les Alpes, vit jusqu'à 1.400 mètres d'altitude [Dumont et Mor- 
tillet] 1 . 

HELIX (TACHEA) SYLVATICA Draparnaud. 

(PL III, fig. 102, 106 à 108.) 

1789. Hélix mont "an a , Studer mCoxe, Trav. Switz., III, p. 429 (non auct.). 

1789. Hélice lucorum, Razoumowski, Histoire natur. mont Jorat, I, p. 274 (non auct.). 

1801. Hélix sylvatica, Draparnaud, Tableau Mollusques terr., fluv. France,]). 79. 

1805. Hélix sylvatica, Draparnaud, Histoire Mollusques terr . , fluv. France, p. 93, lab. VI, fig. 1-2. 

1821. Hélix mutabilis, Hartmann, Neue Alpina,X, p. 242. 

1837. Cepœa sylvatica,H.e\d, lsis,ip 910. 

1837. Helicogena sylvatica, Reck, Index Molluscorum, p. 38. 

1840. Tache a sylvatica, Hartmann, Erd-und Sùsswasser-Gasteropoden von... Saint-Gall, I, p. 214, fig. 82. 
1840. Tachea mont ana, Hartmann, loc. cit., I, p. 214, fig. 81. 

1838. Hélix silvatica, Rossmassler, Iconographie der l^and-und Sùssïvasser-Mollusken, VII, p. 36, Taf. 

XXXVI, fig. 496. 
1848. Hélix sylvatica, Dupuy, Histoire Mollusques terr., fluv. France, p. 130, tab. V, fig. 5. 
1853. Acavus sylvatica, Adams, Gênera of récent Mollusca, p. 195. 
1855. Hélix sylvatica, Moquiu-Tandon, Histoire Mollusques terr., fluv. France, II, p. 171, pi. XIII, 

ûg. 10-13. 
1865. Iberus sylvatica, Môrch, Journal de Conchyliologie, XIII, p. 389. 
1875. Hélix (P entât senia) sylvatica, Sandberger, Land- und Sùsswasser-Conchylien, p. 804, Taf. XXXII. 

fig. 38. 
1877. Hélix sylvatica, Locard, Malacologie lyonnaise, p. 33 et 133, n° 11. 

1879. Hélix sylvatica, Locard, Description faune malacologique quaternaire envir. Lyon,^. 62. 

1880. Hélix sylvatica, Locard, Nouvelles recherches argiles lacustres, quaternaire envir. Lyon, p. 25. 

1881. Hélix sylvatica, Locard, Variations malacologiques bassin Rhône, I, p. 191. 

1881. Hélix sylvatica, Locard, Catalogue Mollusques terrestres et aquatiques départ. Ain, p. 60. 

1882. Hélix sylvatica, Locard, Prodrome malacologie française; Coquilles terr., eaux douces et saumâtres . 

p. 58. 

1888. Hélix (Tachea) sylvatica, Tryon, Manual of Conchology, 2 e série, Pulmonata, IV, p. 125, pi. 35, 

tig. 4-7 et 15. 

1889. Hélix (Tachea) sylvatica, Westerlund, Fauna der paldarct. Région : Binnenconchy lien, II, p. 440, 

n°1136. 

1890. Hélix sylvatica, Locard, Coquilles terrestres, quaternaire Baume-d'Hostun, p. 10. 
1894. Hélix sylvatica, Locard, Coquilles terrestres France, p. 82, fig. 88. 

1894. Hélix (Tachea) sylvatica, Pilsbry in Tryon, Manual of Conchology , 2 e série, Pulmonata, IX, p. 322. 

Coquille globuleuse ; spire peu élevée, composée de six tours convexes à croissance assez 
rapide, mais régulière, séparés par des sutures médiocrement profondes ; dernier tour grand, 
à peu près aussi convexe en dessous qu'en dessus, nettement descendant à l'extrémité sur une 
petite longueur ; ouverture subarrondie, presque aussi haute que large, bien oblique, angu- 
leuse en haut, bien arrondie en bas ; bord columellaire réfléchi sur l'ombilic qui est presque 
entièrement recouvert ; péristome intérieurement garni d'un bourrelet ; bords marginaux un 
peu éloignés et convergents. 

Diamètre maximum : 18 millimètres ; diamètre minimum : 16 millimètres ; hauteur : 
12 millimètres ; diamètre de l'ouverture : 9 millimètres: hauteur de l'ouverture: 8 1/2 milli- 
mètres (y compris l'épaisseur du péristome). 

Test un peu épais, solide ; tours embryonnaires lisses, les autres ornées de stries très 
obliques, irrégulières, assez fortement marquées, notablement plus fines en dessous, 

1 Notamment au mont Granier, aux environs de Grenoble. 



DES BASSINS DU RHONE ET DU RHIN 23 

L'unique exemplaire, recueilli par M. le D r Cl. Gaillard, montre des traces de son orne- 
mentation picturale sous forme d'une bande supracarénale continuée en dessus. Il est, d'autre 
part, peu typique: un accident ayant brisé le dernier tour de la coquille aux environs de l'ouver- 
ture, l'animal a reconstitué son ouverture et son dernier tour sur une longueur d'environ 
1 centimètre. Comme dans tous les cas analogues, que l'on peut très facilement observer de 
nous jours, le nouveau test est très irrégulièrement développé et orné de stries grossières. 

Comparaison avec les individus de la faune actuelle. — Comparé aux échantillons 
qui vivent actuellement dans l'Isère, l'exemplaire fossile ne diffère pas sensiblement du type 
moyen, tel que je le figure ici [pi. III, fig. 108]. C'est bien, en tenant compte de l'accident 
survenu à la coquille fossile, le même enroulement, la même forme de l'ouverture et la même 
ornementation sculpturale. 

Distribution géologique. — Signalé en Allemagne, dans le pléistocène du Nassau et du 
Wurtemberg [Kreglinger, Sandberger], en Suisse dans les formations quaternaires de la plaine 
vaudoise [Jaccard], V Hélix sylvatica Draparnaud, existe, en France, dans les tufs de la Buisse 
(Isère) [A. Locard], dans le lœss du Lyonnais [A. Locard] et dans les argiles de la vallée du 
Rhône, aux environs de Lyon [A. Locard], 

Distribution géographique actuelle. — L'aire de distribution de Y Hélix sylvatica 
Draparnaud, est beaucoup moins étendue que celle des Hélix nemoralis Linné, ou Hélix hor- 
tensis Mùller . Il ne vit que dans l'Italie septentrionale, la Suisse et le sud-ouest de lAllemagne. 
En France, il est cantonné dans l'Est, où il habite la chaîne du Jura et celle des Alpes. Ce 
n'est qu'accidentellement qu'il s'acclimate dans les pays de plaine, son centre d'habitat normal 
s'étendant entre 500 et 2.000 mètres au-dessus du niveau de la mer. V Hélix sylvatica Dra- 
parnaud, se retrouve également dans les Pyrénées-Orientales [Companyo, Massot] et les 
Cévennes, mais il y reste beaucoup plus rare. Il en est de même aux environs de Lyon, où, de 
plus, il est ordinairement assez étroitement localisé. 



§ VI. — ARIANTA Leach, 1831 * 

HELIX (ARIANTA) ARBUSTORUM Linné. 

(PI. III, fig. 85 à 101 et 103 à 105 ; pi. IV, fig. 148 et 166 à 170 ; et pi. VI, fig. 282, et 286 à 293.) 

1758. Hélix arbusturum, Linné, Systemanaturœ, éd. X, p. 771. 

1758. Hélix gothica, Linné, Systemanatur ee, éd. X, p. 776. 

1778. Cochlea unifasciata, Da Costa, Histor.natur.testacea Britannise, p. 75, pi. VII, fig. 6 (non Gray). 

1805. Hélix arbustorum, Draparnaud, Histoire Mollusques terr. fluv. France, p. 88, pi. V, fig. 18. 

1831. Arianta arbustorum, Leach, Mollusc. Britann. Synops., p. 36. 

1834. Hélix arbustorum, Rossmâsder, Iconographie der Land- und Sùssviasser-Mollusken. I d 56 Taf T 

fia-. 8. ' 

1835. Hélix picea, Zeigler in Rossmassler, loc. cit., p. 53. 
1837. Cinguhfera arbustorum, Held, Isis, p. 911. 

1842. Arianta Wittmanni, Zawadzky in Pfeiffer, Monogr. heliceor. vivent., II, p. 109. 

1848. Hélix arbustorum, Dupuy, Histoire Mollusques terr., fluv. France, p. 136, pi. VI, fig. 3. 

1 Leach in Turton, Manaal of the Land und freshivater Shells of the British Isl., p. 35, 1831. 



24 MOLLUSQUES TERRESTRES ET FLUVIATILES 

1853. Iberus arbustorum, Adams, Gênera of récent Mollusca, p 211. 

1855. Hélix arbustorum, Moquin-Tandon, Histoire Mollusques terr., fluv. France, II, p. 123, pi. XL %. 1-4, 

1865. Arianla rudis, Morch, Journal de Conchyliologie, XIII, p. 38S. 

1875. Hélix (Arianta) arbustorum, Sandberger, Land- und Sussivasser-Conchylien, p. 805, Taf. XXXV, 

fig. 39, et Taf. XXXVI, fig. 1-2. 
1877. Hélix arbustorum, Locard, Malacologie lyonnaise, p. 25 et 132, n° 6. 

1879. Hélix arbustorum, Locard, Description faune malacologique quaternaire envir. Lyon, p. 52. 

1880. Hélix arbustorum, Locard, Nouvelles recherches argiles lacustres quaternaire envir. Lyon, p. 23. 

1881. Hélix arbustorum, Locard, Catalogue Mollusques terrestres, aquatiques départ. Ain, p. 47. 

1881. Hélix arbustorum, Locard, Variations malacologiques bassin Rhône, I, p. 141. 

1882. Hélix arbustorum , Locard, Etudes malacologiques dépôts préhistoriques vallée Saône, p. 18. 

1882. Hélix arbustorum, Locard, Prodrome malacologie française ; Coquilles terr., eaux douces et sau- 
mâtreSy p. 58. 

1888. Helioi (Arianta) arbustorum, Tvy on, Manual of Conchology^ série, Pulmonata, IV, p. 117: pLXXXII, 

fig. 43-44. 

1889. Heliœ (Arianta) arbustorum, Westerlund, Fauna der palàarct. Région : Binnenconchylien , II, p. 147, 

n° 357. 
1894. Hélice arbustorum, Locard, Coquilles terrestres France, p. 83, fig. 89. 
1894. Hélix (Arianta) arbustorum, Pilsbry mTrvoii, Manual of Conchology, 2 e série, Pulmonata, IX,. 

p. 306. 
1908. Heliœ ( Arianta) arbustorum, Germain, Biilletin Soc. sciences naturelles Elbeuf, XXVI, p, 73. 
1908. Hélix (Arianta) arbustorum, Jodot, Association française avanc. sciences ; Congres de Clermont- 
Ferrand, p. 427. 

Coquille de taille assez grande, de forme subglobuleuse plus ou moins déprimée ; spire 
composée de 5-6 tours à croissance assez rapide mais bien régulière ; sutures profondes ; dernier 
tour grand, plus convexe dessous que dessus, déclive à son extrémité ; ouverture oblique, 
subarrondie, à bords convergents et assez éloignés ; péristome réfléchi sur Fombilic qu'il 
recouvre presque entièrement ; bourrelet interne bien marqué. 

Diamètre maximum. . . 21 1/2-25 1/2 millimètres 

Diamètre minimum. . . 18 1/2-21 — 

Hauteur 13 -16 1/2 — 

Diamètre de l'ouverture . 12 -13 — 

Hauteur de l'ouverture. . 11 -12 — 

Test un peu épais, crétacé, solide, parfois malléé, orné d ? une étroite bande brune supra- 
carénale et de zébrures longitudinales en zigzags irréguliers et faiblement colorées en brun. 
Stries fortes, obliques, très irrégulières et notablement onduleuses. 

Comparaison avec les individus de la faune actuelle. — Les exemplaires que je 
viens de décrire ont de grandes analogies avec certains échantillons des environs de Grenoble 
(Isère) que je figure ici [pi. VI, fig. 289-291]. C'est bien le même enroulement de la spire, 
en dessus comme en dessous, et la même forme de l'ouverture. Quant au dernier tour, il est 
absolument comparable dans les deux spécimens figurés : dans les deux cas, le tour est comme 
comprimé à sa naissance 1 ; il est, en outre, descendant à l'extrémité exactement dans les 
mêmes proportions; enfin la taille est sensiblement la même, l'exemplaire vivant mesurant 
24 1/2 millimètres de diamètre maximum pour 24 1/4 millimètres de diamètre minimum et 

1 J'ai déjà signalé ce fait chez les Hélix arbustorum Linné, du quaternaire de Saint-Pierre-lès-Elbeuf (Seine 
Inférieure): Germain (Louis), note complémentaire sur quelques Mollusques quaternaires terrestres et fluviatiles- 
de Saint-Pierre-lès-Elbeuf (Bulletin Société études sciences naturelles Elbeuf, XXVII, p. 142, 1909, note infra 
paginale). 



DES BASSINS DU RHONE ET DU RHIN 25 

15 3/4 millimètres de hauteur. L'ouverture atteint Ï2 1/2 millimètres de diamètre pour 
12 millimètres de hauteur. 

Variations. — Un des exemplaires des tufs de la Buisse [pi. VI,flg. 282, 286 et 287] est 
beaucoup plus déprimé, mesurant 20 1/2 millimètres de diamètre maximum pour 17 1/2 mil- 
limètres de diamètre minimum et seulement 12 millimètres de hauteur. Son test est finement 
strié et il a particulièrement bien conservé sa coloration. Malheureusement, son ouverture est 
un peu anormale et, à la suite d'un accident, il a reconstruit la dernière moitié de son tour 
apertural. 

Il est à remarquer que nous n'observons pas, dans les tufs quaternaires de la Buisse, ces 
formes minor et à spire élevée qui sont si communes dans les formations quaternaires des 
environs de Lyon 1 . Ici, au contraire, les Hélix arbustorum Linné, ont un galbe déprimé, sou- 
vent même plus déprimé que chez les formes actuelles des Alpes, et à enroulement parfois assez 
serré. Il m'est impossible de ne pas rapprocher ce fait de ceux que j'ai signalés à propos de la 
faunule quaternaire de Saint-Pierre-lès-Elbeuf (Seine-Inférieure). J'aurai à revenir sur ce sujet 
dans les considérations générales qui terminent ce travail. 

Distribution géologique. — V Hélix arbustorum Linné, est une des espèces les plus 
répandues dans les formations quaternaires de l'Allemagne [Kreglinger, Sandberger, dessin], 
de l'Autriche [Sandberger], de la Suisse [Greppin, Jaccard, Mousson, Mùller, etc.], de l'Angle- 
terre [A. Bell, Wood, etc.], du Grand-Duché de Luxembourg 2 [Bleicher et Fliche]. En France, 
cette coquille a été signalée dans les dépôts quaternaires du Pas-de-Calais [Sauvage et Hamy] ; 
dans les tufs de la Gelle-sous-Moret (Seine-et-Marne) [Tournouër, Jodot], de Saint-Pierre-lès- 
Elbeuf (Seine-Inférieure) [Ghedeville, Germain] ; dans le lœss duBas-Rhin [A. Braun, Daubrée ), 
de l'Alsace [Puton], du Jura [Ogerien], du Lyonnais [A. Locard], du Dauphiné jLoiy, 
A. Locard] et de PArdèche [G. Sayn] ; dans les argiles lacustres de la vallée du Rhône, près 
de Lyon [A. Locard] ; dans les formations quaternaires des environs de Paris, à Montreuil, 
Joinville, Clichy-la-Garenne [Bourguignat j, etc. 

Distribution géographique actuelle. — Il est incontestable que V Hélix arbustorum 
Linné, d'origine alpestre, est encore aujourd'hui plus rare dans les pays de plaine que dans les 
régions montagneuses ou submontagneuses. Il vit dans toute l'Europe, y compris la Suède, la 
Norvège et le Nord de la Russie, mais manque dans l'Europe méridionale. Il a été introduit 
aux Etats-Unis 3 , mais semble bien difficilement s'y maintenir. W.-G. Binney le classant 
parmi les Mollusques rencontrés vivant de temps à autre, mais dont les colonies ne tardent pas 
à disparaître *. Cependant, Whiteaves l'a dernièrement indiqué de nouveau à Saint-John, dans 
le Newfoundland 5 . 

1 Voir, à ce sujet, la partie II de ce Mémoire. 
3 Dans les tufs de la Sauvage. 

3 Binney (W.), The Terrestrial Air-Breathing Mollusks of the United States and adjacents Territories 
vol. V, p. 256. 

4 Binney (W.), A second supplément of the fïfth volume of the Terrestrial Air-Breathing, etc. (Bulletin 
Muséum of the Comparative Zoology at Hartvard Collège Cambridge, XIII, P ,. 24, 1886) 

s Whiteaves, in Dali (W .-E.),Land and freshwater Mollusks of Alaska and adjoining régions ,p.2I ,1905. 
Arch. Mus. — t. XI 1¥ , 

II- 4 



26 MOLLUSQUES TERRESTRES ET FLUVIATILES 

En France, V Hélix arbustorum Linné, a été signalé dans presque tous les départements, 
mais il est surtout répandu dans le Centre et l'Est Aux environs de Lyon, il est assez localisé, 
mais devient commun dans les département de l'Isère, de la Drôme, de l'Ain, etc. Il s'élève 
dans les Alpes, jusqu'aux environs de 1.800 mètres. V Hélix alpicola de Charpentier 1 , qui 
doit être considéré comme la forme alpestre de V Hélix arbustorum Linné, se retrouve même 
au-dessus de 2.000 mètres d'altitude ; il est principalement répandu dans les départements 
de l'Isère, de la Savoie et de la Haute-Savoie. 



Famille des PUPID/E 

Sous-Famille des BULIM1NJE 

Genre BULIMINUS Ehrenberg, 1831 2 

§ I. — ENÀ Leach, 1820 3 

BULIMINUS (ENA) MONTANUS Draparnaud. 

(PI. II, fig. 28 à 33.) 

1789. Hélix sylvestris, Studer, Faunula Helvetica, in Coxe, Trav. Sioitz., III, p. 43. 

1801. Bulimus montanus (sans car.), Draparnaud, Tableau Mollusques ter r., fluv., France, p. 65. 

1803. Hélix Lackhamensis, Montagu, Testacea Britannica, p. 394, pi. II, fig. 3. 

1805. Bulimus montanus, Draparnaud, Histoire Mollusques terr. fluv., France, p. 74, tab. IV, fig. 22. 

1812. Hélix buccinata, Alten, System. Conchyl., p. 100, Taf. XII, fig. 22. 

1814. Lymnxa Lackhamensis, Fleming, Edinburgh Encyclop., VII, part. I, p. 78. 

1821. Bulimus obscurus var. montanus^ Hartmann, System derErd- und Sùsicasser-Gasteropoden Europa's, 

p. 50. 

1822. Hélix montana, de Férussac, Tableaux systématiques, p. 60 (non auet.). 
1828. Bulimus Lackhamensis, Fleming, History of British Animais, p. 265. 

1830. Bulimus Montacuti, Jeffrey s, Trans. Linn. Soc, XVI, p. 345. 

1831. Ena montana, Leach in Turton, Manual of Land and freshwater Shellsof the British Tslands, p. 112. 
1835. Bulimus montanus, Rossmâssler, Iconographie der Land- und Siïssioasser-Mollusken, I, p. 86, 

Taf. II, fig. 41. 
1837. Buliminus Lackhamensis, Beck, Index Molluscorum, ip. 71. 
1837. Merdigera montana, Held, Isis, p. 917. 

1849. Bulimus montanus, Dupuy, Histoire Mollusques ter., fluv., France^ p. 316, tab. XV, fig. 5. 
1855. Bulimus montanus, Moquin-Tandon, Histoire Mollusques terr. fluv., France, II, p. 289, pi. XXI, 

ûg. 1-4. 
1869. Bulhmts montanus, Bourguignat, Catalogue Mollusques terr. fluv., quaternaire, envir. Paris, p. 7. 

1875. Buliminios (Napseus) montanus, Sandberger, Land- und Sûsswasser-Conchylien, p. 803, Taf. XXXIII, 

fig. 37. 

1876. Napseus montanus, Glessin, Deutschl. excurs. Mollusk., p. 178. 

1879. Bulimios montanus, Locard, Description faune malacologique quaternaire, env. Lyon, p. 65. 

1 Charpentier (De), Catalogue Mollusques terrestres de la Suisse, p. 1, 1837. Voir, au sujet de Y Hélix 
alpicola, la partie II de ce Mémoire. 

2 Ehrenberg, Symbolœ physicœ, 1831,, et in Beck, Index Molluscorum, p. 68, 1837. 

3 Leach (W-.-E.), Molluscorum Britanniœ Synopsis. A Synopsis of the Mollusca of Great Britain, 
Londres, 1820. 



DES BASSINS DU RHONE ET DU RHIN 21 

1881. Bulimus mont anus, Locard, Variations malacotogiques, bassin Rhône, I, p. 205, pl.' m III, tig. 17-18. 
1881. Bulimus mont anus, Locard, Catalogue Mollusques terrestres , aquatiques, départ. Ain, p^ G^ 

1881. Bulimus mont anus, Locard, Contributions faune malacologique France, J, Monographie genres 

Bulimus e£ Chondrus, p. 14, pi. I, n>. 10-1?. 

1882. Bulimus montanus, Locard, Prodrome malacologie française, Catalogue Mollusques terr., eaux douces 

et saumâtres, p. 124. 
1889. Buliminus (Napseus) montanus, Westerlund, Fauna der palâarct. Région, Binnenconchylien , III, 

p. 29, n° 88. 
1894. Bulimus montanus, Locard, Coquilles terrestres, France,^. 241, fig. 321. 
1909. Buliminus 'montanus , Germain, Bulletin Soc. étude sciences natur. Elbeuf, XXVII, p. 146. 

M. le D r Cl. Gaillard n'a récolté que des échantillons incomplets. Ils possèdent 1 tour 1/2 
de spire avec l'ouverture. Cette dernière a 5 millimètres de hauteur sur 3 3/4 millimètres de 
diamètre maximum, ce qui correspond sensiblement à une coquille de 15 millimètres de lon- 
gueur totale. La taille est donc normale. Le dernier tour est médiocre, bien convexe; la suture 
est oblique et assez profonde ; l'ouverture, assez régulièrement ovalaire, à bords un peu 
éloignés, est anguleuse en haut, bien arrondie en bas et extérieurement; le péristome est réfléchi 
et épaissi ; le bord columellaire est réfléchi sur un étroit ombilic. 

Le test, très régulièrement strié, est orné de stries un peu obliques, les unes relativement 
fortes, les autres fines ou assez fines; quelques traces de stries spirales s'aperçoivent sur la 
partie inframédiane du dernier tour. 

Variations. — Dans le lœss des environs de Lyon, on trouve une variété plus courte, 
plus ventrue, de taille plus petite et dont les tours de spire sont séparés par des sutures mieux 
indiquées. A. Locard a donné à cette coquille le nom de variété Terveri 1 . Elle me semble abso- 
lument synonyme de la variété ainsi décrite, quelques années plus tard, sous le nom de ventri- 
cosa, par le même auteur : « Coquille de taille souvent plus petite, d'un galbe plus court, 
ramassé, ventru, répondant bien à la figuration de Draparnaud 2 )). Les formes ventrues sont 
d'ailleurs rares dans les dépôts quaternaires où le Buliminus montanus Draparnaud, a, au 
contraire, une tendance marquée à l'allongement de la spire 3 . 

Comparaison avec les individus de la faune actuelle. — Je figure ici [pi. II, 
fig. 28-29] un spécimen recueilli à la Cluzaz (Haute-Savoie) tout à fait comparable aux 
exemplaires des tufs de la Buisse. L'ouverture a les mêmes dimensions : 5 millimètres de 
hauteur sur 3 1/4 millimètres de diamètre maximum, la coquille ayant une longueur totale 
de 14 millimètres. La sculpture est, cependant, un peu plus accentuée chez les échantillons 
fossiles. 

Distribution géologique. — Le Buliminus montanus Draparnaud, est connu du quater- 
naire de l'Allemagne [Braun, Sandberger, Clessin, etc.], de l'Autriche [Sandberger, Clessin], 
de la Suisse [Mousson], de l'Angleterre [A. Bell], etc. 

1 Locard (A.), Description de la faune malacologique des terrains quaternaires des environs de Lyon, 
p. 65, pi. I, fig. 34-35-36, 1879 [Bulimus montanus var. terverianus]. 

2 Locard (A.), Contributions à la faune malacologique française, I, Monographie des genres Bulimus et 
Chondrus,?. 15, pi. I, fig. 10-ii, 1881 (Bulimus montanus var. ventricosa);\et Variations malacotogiques 
bassin Rhône,l, p. 206, 1881. Cette variété habite la Grande-Chartreuse (Isère). 

3 Bourguignat (J.-R.), Catalogue des Mollusques terrestres et fluviatiles des environs de Paris à l'époque 
quaternaire, p. 7, 1869. 



28 MOLLUSQUES TERRESTRES ET FLUVIATILES 

En France, le Buliminus montanus Draparnaud, avait, au quaternaire, une dispersion 
géographique beaucoup plus étendue qu'aujourd'hui. Tandis qu'il est maintenant limité aux 
régions septentrionale et orientale de notre pays, il semble avoir habité toute la France pendant 
l'époque quaternaire puisqu'on le retrouve dans les formations de cet âge de la Celle-sous- 
Moret (Seine-et-Marne) [Tournouër, Munier-Chalmas], de Saint-Pierre-lès-Elbeuf (Seine- 
Inférieure) [Ghede ville, Germain], dans les lœss de Solaize (Isère) [A. Locard] et dans les envi- 
rons de Paris, à Canonville et à Joinville-le-Pont FBourguignat]. 

Distribution géographique actuelle. — Le Buliminus montanus Draparnaud, vit 
dans une grande partie de l'Europe y compris l'Angleterre, la Suède et la Finlande 1 [Wester- 
lund 2 ], mais il manque dans une partie de l'Europe méridionale [Espagne 3 , Portugal]. En 
France, il habite presque uniquement les régions montagneuses de l'Est et du Nord-Est. Il est 
très commun à la Grande-Chartreuse (Isère), et monte, dans les Alpes, jusqu'à 1.600 mètres 
d'altitude. Le Buliminus montanus Draparnaud, possédait certainement, en France du moins, 
une distribution plus étendue pendant la période quaternaire. C'est ainsi qu'il devait vivre dans 
tout le Bassin de la Seine 4 où il a laissé quelques colonies encore vivantes, notamment à Lagny 
(Seine-et-Marne) [A. Locard 5 ] et « dans la Forêt- Verte, au lieu dit le Fond-de-la-Croix » (Seine- 
Inférieure) [Bucaille 6 ]. 



Sous-Famille des PUPINjE 

Genre ORGULA Held, 1837 7 

ORGULA DOLIOLUM Bruguière. 

(PI. II, ûg. 44 à 48.) 

1789. Hélix coronala, Studer, Faunula Helvetica, in Goxe, Trac, Sivitz., III, p. 430 (sans carac, non Deshayes). 
1792. Bulimus doliolum, Bruguière, Encyclopèd. mélhod., Vers, II, p. 351. 
1801. Pupa doliolum, Draparnaud, Tableau Mollusques terr., fluv. France, ,p. 58. 
1805. Pupa doliolum, Draparnaud, Histoire Mollusques terr., fluv. France, p. 62, tab. III, fig. 41-42. 
1822. Hélix (Colchodonta) doliolum, de Férussac, Tableaux systématiques anim. Mollusques, p. 63. 
1837. Pupa doliolum, Rossmassler, Iconographie der Land- und Susswasser-Mollusken, V, p. 16, Taf. XXIII 
fig. 328-329. 

1 II manque au Danemark et en Norvège. 

2 Westerlund (G. -A.), Exposé critique des Mollusques terrestres et d'eau douce de la Suède et de la 
Norvège, p. 62 et 172, 1871. 

3 Hidalgo [Catâlogo iconogràphico y descript. de los Moluscos terrestres Espana, Portugal y Baléares, 
p. 214, 1875] signale bien Pupa doliolum Bruguière, mais sans indication de localités. Je ne pense pas que cette 
espèce vive en Espagne, en dehors de la région pyrénéenne. 

4 Gomme le prouve l'existence de cette espèce à l'état fossile dans le quaternaire de la Celle-sous-Moret, des 
environs de Paris et de Saint-Pierre-lès-Elbeuf. 

5 Locard (A.), Contributions à la faune malacologique française, II; Catalogue des Mollusques terr. et 
fluv. des environs de Lagny (Seine-et-Marne), 1881, p. 22. 

6 Bucaille (E.) et Fortin (R.), Catalogue raisonné des Mollusques terrestres et d'eau douce observés dans le 
département de la Seine-Inférieure (Bulletin Soc. Amis sciences natur. Rouen, XXVII p 177 n° 22 
1891 (1892). 

7 Held (F.), Notizen uber die Weichthiere Bayeras (Isis, XXX, col. 919, 1837). 



DES BASSINS DU RHONE ET DU RHIN 29 

1837. Pupa (Sphyradium) doliolum, de Charpentier, Mollusques terr., fluv. Suisse, p. 15. 

1837. Orcula doliolum, Held, Isis, p. 919. 

1837. Pupilla doliolum, Beck, Index Molluscorum, p. 84. 

1850. Pupa doliolum, Dupuy, Histoire Mollusques terr., fluv. France, p. 404, tab. XV, 13g. 3. 

1855. Pupa (Gibbulina) doliolum, Drouët, Enuméral. Mollusques France contin. et insul., p, 22. 

1855. Pupa doliolum, Moquin-Tandcm, Histoire Mollusques terr., fluv. France, II, p. 385, pi. XXVII, 

tig. 32-^4. 
1805. Orcula doliolum, G. Pfeiffer, Malakozool, Blâller, XII, p. 104. 
1877. Pupa doliolum, Locard, Malacologie lyonnaise, p. H4 et p. 123, n° 10. 

1879. Pupa doliolum, Locard, Description faune malacologique quaternaire, envir. Lyon, p. 64. 
1881. Pupa doliolum, Locard, Catalogue Mollusques terrestres et aquatiques départ. Ain, p. 79. 

1881. Pupa doliolum, Locard, Variations malacologiques Bassin Rhône, I, p. 266. 

1882. Orcula doliolum, Locard, Prodrome malacologie française ; Catalogue Mollusques terr., eaux douces 

et saumâtres, p. 171. 
1887. Pupa (Orcula) doliolum, Westerlund, Fauna der palàarct. Région Binnenconchylien, III, p. 85, 

n° 14. 
1894. Orcula dolioliformis , Locard, Coquilles terrestres France, p. 322, fig. 452-453. 

1908. Pupa (Orcula) dolioliformis, Jodot, Association franc, avanc. Sciences; Congrès de Cler mont-Fer r and , 

p. 427. 

1909. Orcula doliolum, Gaziot et Maury, Journal de Conchyliologie, LVII, p. 338. 

Coquille subcylindrique, élargie en haut, bien atténuée en bas ; sommet gros et obtus ; 
spire composée de 9-10 tours très serrés, étroits, médiocrement convexes, croissant avec une 
extrême lenteur et une grande régularité, séparés par des sutures subhorizontales bien indi- 
quées mais peu profondes; dernier tour très petit, fortement atténué en bas ; ouverture petite, 
ovalaire subarrondie, anguleuse en haut, médiocrement arrondie en bas ; dent lamelliforme 
saillante et élevée ; ombilic étroit, en fente allongée ; péristome non continu, réfléchi, régu- 
lièrement épaissi ; bords marginaux convergents et assez éloignés. 

Largeur : 5 millimètres ; diamètre maximum: 2 1/2 millimètres ; hauteur de l'ouverture : 
1 3/4 millimètre ; diamètre de l'ouverture : 1 1/4 millimètre. 

Test orné de stries lamelliformes espacées, très obliques, peu régulières et ayant partiel- 
lement disparu à la fossilisation. 

Comparaison avec les individus de la faune actuelle. — Les exemplaires vivant 
actuellement dans le département de l'Isère sont, en général, un peu plus allongés. L'ouver- 
ture a la même forme et la même denticulation. Le test d'un gris jaunâtre, montre des stries 
obliques, un peu espacées, relativement fortes [pi. II, fig. 45]. La taille atteint 5 millimètres 
de longueur pour seulement 2 millimètres de diamètre maximum 1 . 

Distribution géologique. — En France, V Orcula doliolum Bruguière, n'a été que rare- 
ment signalé à l'état fossile. Il existe dans les tufs de la Celle-sous-Moret (Seine-et-Marne) 
[Jodot], dans les argiles lacustres de la vallée du Rhône, à la Mouche et à Gerland, près de 
Lyon [A. Locard], dans le quaternaire récent des environs de Nice [Caziot et Maury). En 
Allemagne, on le retrouve dans les tufs de Weimar [Hesse]. 

Distribution géographique actuelle. — V Orcula doliolum Bruguière, habite à peu 
près toute l'Europe 2 , mais il est plus particulièrement répandu dans l'Europe centrale et orien- 

1 L'ouverture a les mêmes dimensions : 1 3/4 millimètre de hauteur sur 1 1/4 millimètre de diamètre maximum. 
1 Sauf l'Angleterre et l'Irlande, la Suède et la Norvège. 



30 MOLLUSQUES TERRESTRES ET FLUVIATILES 

taie. Il vit en Grèce et dans un certain nombre d'îles de l'Archipel ; dans presque toute 
l'Italie; mais manque en Corse, en Sardaigne, dans les îles Baléares, l'Espagne et le Por- 
tugal. VOcula doliolum Bruguière. est également connu dans une grande partie de l'Asie 
antérieure : Perse, Mésopotamie, Syrie, Palestine, Asie-Mineure, Caucasie et Transcausie ; 
mais il est en grande partie remplacé, dans ces régions, par VOrcula scyphus Friwaldsky 1 , qui 
représente, en Asie, l'espèce européenne. En France, VOrcula doliolum Bruguière, a été 
signalé dans presque tous les départements, sauf dans ceux de l'extrême-Ouest. Il est rare et 
très localisé dans les Pyrénées ; par contre, il vit abondamment dans les régions de l'Est et du 
Nord-Est de notre pays. 



Famille des CLAUSILIID/E 
Genre GLAUSILIA Draparnaud, 1805 2 

§ I. — MARPESSA Gray, 1821 3 

GLAUSILIA (MARPESSA) LAMINATA Montagu. 

(PL I, fig. 18, 21 et 25 à 27.) 

1774. Heliœ bidens, Millier, Verni, terreslr. et fluv. hist., II, p. 116 (non Zeigler). 

1777. Turbo bidens, Pennant, British Zoolog., p. 171 (non Linné). 

1792. Bulimus bidens, Bruguière, Encyclop. mêthod.,Vers, II, p. 352. 

1801. Pupa bidens, Draparnaud, Tableau Mollusques terr., fluv. France, p. 61. 

1803. Turbo laminatus, Montagu, Testacea Britannica, p. 359, pi. II, fig. 4. 

1805. Clausilia bidens, Draparnaud, Histoire Mollusques terr., fluv. France, p. 68, tab. IV, fig. 5-6-7 (non 

Turton). 
1814. OdoUomia laminata, Fleming, Edinburgh Encyclop., VII, part. I, p. 77. 
1831. Clausilia laminata, Turton, Land and freshwater Shells of British Island, p. 70, fig. 53. 
1835. Clausilia bidens, Rossraàssler, Iconographie der Land- und Sussiaasser-Mollusken ) p. 16, Taf. II, 

fig. 29, et VU (1838), p. 16, Taf. XXXIV, fig. 461. 
1850. Clausilia laminata, Dupuy, Histoire Mollusques terr., fluv. France, p. 343, tab. XVI, lig. 6. 
1855. Clausilia laminata, Moquin-Tandon, Histoire Mollusques terr., fluv. France, II, p. 31.8, pi. XXIII, 

fig. 18. 
1877. Clausilia laminata, Michaud, Description Coquilles fossiles H auterive, 3 e fasc, p. 8. 
1877. Clausilia laminata, Locard, Malacologie lyonnaise, p. 55 et p. 136, no 1. 

1877. Clausilia laminata, Bourguignat, Histoire Clausilies France; Annales sciences naturelles, V, art. IV, 

p. 17. 

1878. Clausilia laminata, Locard, Description faune mollasse marine, eau douce, Lyonnais et Dauphiné, 

p. 230. 

1880. Clausilia laminata, Locard, Nouvelles recherches argiles lacustres, quaternaire env.Lyon, p. 26. 

1881. Clausilia laminata, Locard, Catalogue Mollusques terrestres et aquatiques, départ. Ain, p. 68. 

1881. Clausilia laminata, Locard, Variations malacologiques bassin Rhône,], p. 226. 

1882. Clausilia laminata, Locard, Prodrome malacologie franc., Coquilles terr., eaux douces et saumâlres, 

p. 140. 

1 Friwaldsky, in Pfeiffer, Zeitschrift fur Malakozool., p. 7, 1848 [Pupa scyphus}. 

2 Draparnaud (J.-R.), Histoire naturelle Mollusques terrestres et fluviatiles France, p. 24, 29 et 68, 1805. 

3 Gray (J.-E.), New British species of Mollusca (London med. reposit., XV, p. 239, 1821). 



DES BASSINS DU RHONE ET DU RHIN 31 

1884. Clausilia ( Marpessa) laminât a, Westerlund, Fauna der palàarct. Région Binnenconchylien, IV, p 19, 

n°2i. 
1890. Clausilia laminât a, Locard, Coquilles terrestres, quaternaire Baume-d' Hostun, p. 17. 
1894. Clausilia laminata, Locard, Coquilles terrestres France, p. 263, fig. 366-367. 
1901. Clausilia (Marpessa) laminât a, Westerlund, Synopsis Molluscorum regione palaearctica.., Clausilia, 

Mémoires Académie imp. Sciences Saint-Pétersbourg, XI, p. 16. 
1908. Clausilia (Marpessa) laminata, Jodot, Association française avanc. sciences, Congrès de Clermont- 

Ferrand, p. 427. 

Je n'ai pas eu d'exemplaires intacts de cette espèce, mais seulement un certain nombre 
de fragments importants montrant soit les caractères de l'ouverture [pi. I, fig. 21], soit les 
caractères des premiers tours de spire [pi. I, fig. 18]. 

La taille, à en juger par ces fragments, devait être assez grande: l'ouverture mesure, en 
effet, 3 1/4 millimètres de hauteur sur 2 1/2 millimètres de largeur maximum, et j'ai constaté 
11 millimètres de longueur pour les trois derniers tours de spire. 

Les premiers tours [pi. I, fig. 18] forment un cône très régulier à base étroite ; ils sont à 
peine convexes, séparés par des sutures bien marquées et très obliques, et s'accroissent lente- 
ment avec une grande régularité. Le sommet est gros et obtus. 

Les derniers tours [pi. I, fig. 21, 25] sont à peine convexes, séparés par des sutures rela- 
tivement profondes ; le dernier tour est petit, très atténué en bas. 

L'ouverture oblique, ovalaire, pyriforme, allongée, bien anguleuse en haut, arrondie en 
bas, présente une lame supérieure proéminente et une lamelle inférieure un peu flexueuse, 
forte et élevée. Le bord columellaire est réfléchi sur l'ombilic qu'il recouvre presque entière- 
ment ; le péristome est continu,, épaissi et légèrement réfléchi. 

Le test est presque lisse, finement et irrégulièrement orné de stries longitudinales un peu 
espacées, plus sensibles au dernier tour. 

Variations. — Par ces caractères sculpturaux, les exemplaires du quaternaire de la 
Buisse sont à rapprocher du Clausilia fimbriata Zeigler 1 , coquille ne différant du Clausilia 
laminata Montagu, que par sa taille moins forte, « sa callosité palatale très prononcée, 
presque parallèle au bord externe, par le clausilium moins profondément échancré, et par sa 
surface un peu moins lisse 2 ». Ce Clausilia fimbriata Zeigler, semble remplacer, dans les 
hautes altitudes, la Clausilia laminata Montagu, qui ne s'élève guère au dessus de 
1.000 mètres. Il vit assez abondamment dans les régions montagneuses du Bugey, du Jura, de 
la Savoie et duDauphiné, principalement sur les Hêtres et les Sapins 3 et ne paraît pas descendre 
au dessous de 500 mètres. 

Il est très possible qu'il convienne de rapporter à cette Clausilie une grande partie des 
Clausilia laminata fossiles cités par les auteurs ; il est malheureusement impossible de le faire 
avec certitude, en l'absence de toute figuration. En tous cas, le Clausilia fimbriata Zeigler, 
est la forme représentative, propre aux hautes altitudes, du Clausilia laminata Montagu, 
plus répandu dans les plaines et doit être subordonné à cette dernière espèce. 

1 Zeigler, in Rossmâssler, Iconographie der Land- und Sûssivasser-Mollusken , l, p. 77 > Taf. II, fig. 29, 
1835 [= Clausillia phalerata Zeigler, in Dupuy, Histoire Mollusques terr., aquat. France, p 345 n° 2 tabl 
XVI, fig. 7, 1849. 

2 Dupuy, loc. supra cit., p. 346, 1849. 

3 Dans certaines localités, comme aux environs de la Grande-Chartreuse, où cette espèce est abondante. 



32 MOLLUSQUES TERRESTRES ET FLUVIATILES 

Comparaison avec les individus de la faune actuelle. — Les Clausilia laminata 
Montagu, de la Grande-Chartreuse (Isère), présentent sensiblement les mêmes caractères que 
les fossiles de la Buisse, ainsi que le montre l'examen des figures comparatives de la 
planche I 1 . On remarquera le môme enroulement des tours, la même forme de l'ouverture qui 
est, cependant, un peu plus élargie dans le type actuel par suite de la patulescence plus déve- 
loppée dupéristome. La sculpture est également la même, constituée, dans les deux cas, par 
des stries longitudinales fines, obliques et irrégulièrement espacées 2 . En somme le Clausilia 
laminata Montagu, n'a pas sensiblement varié depuis Pépoque de la formation des tufs de la 
Buisse. 

Distribution géologique. — Le Clausilia laminata Montagu, qui se trouve dans les 
dépôts quaternaires de PAllemagne, de PAutriche | Sandberger J , de PItalie [G. Pollonera 3 , 
Sacco, Issel], etc., a été signalé, en France, dans les tufs de la Celle-sous-Moret (Seine-et- 
Marne), [Tournouër, Jodotj, de Montigny, près Vernon (Eure) [G. Dollfus], de la Baume- 
d'Hostun (Drôme) [A. Locardj, de Saint-Pierre-lès-Elbeuf (Seine-Inférieure) [Chédeville, 
Germain]; de la Sauvage (Grand-Duché de Luxembourg) [Bleicher et Fliche] ; dans les argiles 
lacustres de la vallée du Rhône, à la Mouche et à Gerland, près de Lyon [A. Locard], dans le 
quaternaire récent des environs de Nice [Gaziot et Maury ], etc. 

Distribution géographique actuelle. — Le Clausilia laminata Montagu, est une 
espèce à large distribution géographique, vivant dans la plus grande partie de PEurope. Au 
nord, il pénètre en Suède et en Norvège jusqu'aux environs du 64 e degré de latitude boréale 
[Westerlund] ; il vit dans la plus grande partie de la Russie, sans en excepter la Finlande. 
Au sud, ce Clausilia vit dans toute PItalie, mais n ? a été signalé ni en Sicile, ni en Sardaigne, 
bien qu'il habite la Corse [Caziot] ; sa distribution géographique est mal connue dans la pénin- 
sule ibérique: Hidalgo ne le signale ni en Espagne, ni en Portugal, ni aux îles Baléares; il 
habite cependant le versant espagnol des Pyrénées où il remonte jusque vers 1.300 mètres 
d'altitude. Il vit en plus ou moins grande abondance dans tous les autres pays de PEurope, 
sauf dans l'Extrême-Sud de la péninsule hellénique 4 . En Angleterre et en Irlande on le ren- 
contre à peu près partout, mais il semble plus rare à l'ouest [Taylor], 

Vers l'est, le domaine du Clausilia laminata Montagu, s'étend jusqu'au Caucase, 
Enfin, en France cette espèce a été signalée dans tous les départements ; elle s'élève, dans 
les Alpes, jusqu'aux environs de 2.000 mètres. 

1 Clausilia laminata Montagu, fossile, de la Buisse, pj. I, fig. 18, 21 et 25; Clausilia laminata Montagu, 
vivant, de la Grande-Chartreuse, pi. I, fig. 26-27. 

La taille est également la même. L'exemplaire vivant figuré ici mesure 15 millimètres de hauteur. Son ouver- 
ture a 3 3/4 millimètres de hauteur sur 2 3/4 millimètres de diamètre maximum. 

3 Carlo Pollonera signale la variété fimbriata Zeigler (sous le nom de Clausilia [Marpessa] laminata var. 
phalerata), comme beaucoup plus abondante que le type [Molluschi post pliocenici del contorno diTorini, Memorie 
d. Reale Accademia d. Scienze di Torino, 2° série, XXXVIII, p. 19, n° 18, 1886. 

4 II est vrai d'ajouter que la faune de la Grèce est encore bien mal connue et qu'il est très probable qu'on y 
rencontrera cette espèce. 



DES BASSINS DU RHONE ET DU RHIN 33 



§H. _ PIROSTOMA Vest, 1867 1 

CLAUSILIA (PIROSTOMA) VENTRIGOSA Draparnaud. 

(PL I, fig. 14 à 17 et 23-24.) 

1789. Hélix mus cos a, Studer, Faun. Helvet. in Coxe, Trav. Switz., III, p. 431 (sans caract.). 

1801. Pupa ventricosa, Draparnaud, Tableau Mollusques terr., fluv. France, p. 62. 

1805. Clausilia ventricosa, Draparnaud, Histoire Mollusques terr., fluv. France, p. 71, tab. IV, fig. 19. 

1822. Hélix vent riculosa, de Férussac, Tableaux systématiques, p. 67. 

1833. Clausilia per ver sa, Fitzinger, System. Verzeichn. Œster.,^. 104 (non Deshayes). 

1835. Clausilia ventricosa, Rossmâssler, Iconographie der Land- und Sùssioasser-Mollusken, II, p. 9, 

Taf. VII, fig. 102. 
1841. Clausilia ventriculos a, Villa, Disposilio systemat. Conchyliarum terrestr. et fluv. , p. 27. 
1843. Stomodonta ventricosa, Mermet, Mollusques Pyrénées-Occidentales , p. 48. 

1850. Clausilia ventricosa, Dupuy, Histoire Mollusques terr., fluv. France, p. 360, tab. XVII, fig. 10. 
1855. Clausilia ventricosa, Moquin-Tandon, Histoire Mollusques terr., fluv. France, II, p. 344, pi. XXIV, 

fig. 8-10. 
1877. Clausilia ventricosa, Bourguignat, Histoire Glausilies France, Annales sciences naturelles, V, art. IV 

p. 25. 
1877. Clausilia ventricosa, Looard, Malacologie lyonnaise, p. 58 et 137, n° 6 
1881. Clausilia ventricosa, Locard, Catalogue Mollusques terrestres et aquatiques départ. Ain, p. 69. 

1881. Clausilia ventricosa, Locard, Variations malacologiques bassin Rhône, I, p. 230. 

1882. Clausilia ventricosa, Locard, Prodrome malacologie française; Coquilles terr., eaux douces et sau- 

mâtres, p. 142. 
1884. Clausilia (Pirostoma) ventricosa, Westerlund, Fauna der palàarct. Région Binnenconchylien, IV, 

p. 200, n° 492. 
1890. Clausilia ventricosa, Locard, Coquilles terrestres, quaternaire Baume-d'IIostun, p. 18. 
1894. Clausilia ventricosa, Locard, Coquilles terrestres France, p. 266, fig. 370-371. 
1901. Clausilia (Pirostoma) ventricosa, Westerlund, Synopsis Molluscorum regione palaearctica... Clausilia, 

Mémoires Académie imp. sciences, Saint-Pétersbourg, XI, p. 160. 
1908. Clausilia ventricosa, Germain, Bulletin Soc. étude sciences natur. Elbeuf, XXVI, p. 81. 

Cette espèce n'est représentée que par d'importants fragments dans la collection recueillie 
par M. le D r Cl. Gaillard. 

L'un d'eux, constitué par les 2 1/2 derniers tours de spire, mesurant 10 1/2 milli- 
mètres de longueur, renferme l'ouverture qui atteint 3 1/2 millimètres de hauteur sur 
2 3/4 millimètres de largeur. Ces derniers tours sont assez peu convexes, séparés par des 
sutures obliques et bien marquées. L'ouverture est ovalaire subarrondie, anguleuse en haut, 
arrondie en bas et extérieurement [pi. I. %. 16-17]. La lame supérieure est forte, bien sail- 
lante; l'inférieure est faible, un peu enfoncée, mais reste saillante; les plis secondaires ont 
presque complètement disparu à la fossilisation. Le péristome est épaissi, continu, à peine 
réfléchi; enfin le bord columellaire est très légèrement réfléchi sur l'ombilic qui reste bien 
marqué. 

Le test est relativement épais ; les derniers tours sont ornés de stries côtelées, fortes, 
obliques, bien régulières et médiocrement espacées. 

Un échantillon constitué par les premiers tours montre qu'ils ont la forme d'un cône à 
base très étroite [pi. I, flg. 14-15] ; le sommet est gros et obtus ; les premiers tours sont bien 

1 Vest (W. von), Ueber den Schliess-apparat der Clausilien (Aus. Verb. und Mittheil. d. Siebenbûrg 
Vereins fur Naturwiss., 1867). 

Arch. Mus. — t. XI Tr c 

11.-5 



34 MOLLUSQUES TERRESTRES ET FLUVIATILES 

convexes 1 ; ils possèdent un accroissement très régulier et sont séparés par des sutures assez 
profondes et fort obliques; enfin la sculpture, à peine sensible aux premiers tours, devient 
typique sur les tours suivants. 

Le Clausilia ventricosa Draparnaud, appartient à un groupe de Clausilies françaises bien 
voisines les uns des autres et parmi lesquelles je citerai les Clausilia dubia Draparnaud 2 , 
Clausilia abietinaDwpuy 3 , Clausilia Rolphii Lea.ch 4 ? Clausilia lineolata Held 5 , etc. 

Comparaison avec les individus de la faune actuelle. — Il est difficile de com- 
parer les exemplaires fossiles de la Buisse aux formes actuelles, les échantillons étant un peu 
trop incomplets. Cependant on constate bien, dans les deux cas, les mêmes caractères apertu- 
raux, mais, dans la forme actuelle, les derniers tours sont un peu plus convexes et les sutures 
moins franchement linéaires. Quant aux tours supérieurs, ils n'ont subi aucune variation 
appréciable. 

Distribution géologique. — Cette espèce, qui accompagne souvent le Clausilia 
laminata Montagu, se trouve dans les formations quaternaires de l'Autriche, de l'Allemagne 
[Sandberger], de la Suisse, etc.; elle se rencontre, en France, dans les tufs de la Baume- 
d'Hostun (Drôme) ([A. Locard] et de Saint-Pierre-lès-Elbeuf (Seine-Inférieure) [Germain]. 

Distribution géographique actuelle. — Le Clausilia ventricosa Draparnaud, habite 
le nord de l'Europe, y compris la Suède [Werterlund 6 ] et toute l'Europe centrale. 



§111. — KUZMICIA Brusiina, 1870 7 

CLAUSILIA (KUZMIGIA) PARVULA Studer. 

(PI. I, fig. 10 à 13 et 19-20.) 

1789. Hélix parvula, Studer, Faunula Helvetica, in Goxe, Trav. Switz., III, p. 431. 

1820. Clausilia parvula, Studer, Kurzes Verzeichniss... Conchylien, p. 89. 

1821. Clausilia parvula, Michaud, Complément Histoire Mollusques Draparnaud, p. 57, tab. XV, 

ûg. 21-22. 

1821. Hélix (Cochlodina) parvula, de Férussac, Prodrome anim., Moll., n° 544.. 

1821. Clausilia minima, G. Pfeiffer, Leutschl. Mollusk., I, p. 66, Taf. III, fig. 35; et III, p. 363. 

1839. Clausilia parvula, Parreyss, m Anton, Verzeichniss der Conchylien, p. 46, n° 1865. 

1843. Stomodonta parvula, Mermet, Mollusques Pyrénées Occidentales, p. 47. 

1848. Rupicola parvula, Hartmann, in Pfeiffer, Monogr. Heliceor. vivent. ,11, p. 463. 

1850. Clausilia parvula, Dupuy, Histoire Mollusques terr., fluv. France, p. 352, tab. XVI, fig. 12. 

1 Les autres le deviennent beaucoup moins. 

2 Draparnaud (J.-R.), Histoire Mollusques terr., fluv. France, p. 70, tabl. IV, fig. 10. 

3 Dupuy, Histoire Mollusques terr. fluv. France, 4 e fascicule, p. 358, n° 14, tabl. XVII, fig. 5, 1850. 

4 Leach (W.-E.), Molluscorum Britannise Synopsis. A Synopsis of the Mollusca of Great Britàin, 
p. 119, 1820; 2 e édit., publiée par Gray, p. 86 [1852]. 

5 Held, Isis, p. 275, 1836. 

6 Westerlund (O.-A.), Exposé critique des Mollusques terrestres et d'eau douce de la Suède et de la 
Norvège, p. 71, 1871. Cette même espèce manque en Norvège. 

7 Brusina (S.), Contribution Malacolog. Croatie, p. 24, 1870. 



DES BASSINS DU RHONE ET DU RHIN 35 

1855. Clausilia parvula, Moquin-Tandon, Histoire Mollusques terr., fluv. France, II, p. 330 (pars), pi. XXV, 

fig. 1-5. 
1875. Clausilia (Pirostoma) parvula, Mollendorff, NachrichtsbL d. deutschen Malakozool. Gesellschaft, 

p. 27. 
1875. Clausilia (lphigenia) parvula, Sandberger, Land- und Sûsswasser-Conchylien, p. 800, Taf. XXXVI, 

fig. 18. 
1877. Clausilia parvula, Locard, Malacologie lyonnaise, p. 55, et p. 137, n° 2. 
1877. Clausilia parvula, Bourguignat, Histoire Cldusilies France, Annales Sciences naturelles, VI, art. 2, 

p. 49. 

1879. Clausilia parvula, Locard, Description faune malacologique quaternaire, envir. Lyon, p. 77. 

1880. Clausilia parvula, Locard, Nouvelles recherches argiles lacustres, quaternaire envir. Lyon, p. 27. 

1881. Clausilia parvula, Locard, Catalogue Mollusques terrestres et aquatiques , départ. Ain, p. 73. 

1881. Clausilia parvula, Locard, Variations malacologiques bassin Rhône , I, p. -244. 

1882. Clausilia parvula, Locard, Prodrome malacologie française; Coquilles terr., eaux douces et saumâtres, 

p. 155. 
1884. Clausilia (Kuzmicia) parvula, Westerlund, Fauna der palàarct. Région Binnenconchylien, IV, 

p. 183, n° 477. 
1894. Clausilia parvula, Locard, Coquilles terrestres France, p. 298, fig. 402-403. 
1901. Clausilia (Kuzmicia) parvula, Westerlund, Synopsis Molluscorum regione palaearctica... Clausilia, 

Mémoires Académie imp. Sciences, Saint-Pétersbourg , XI, p. 149. 
1909. Clausilia parvula, Germain, Bulletin Soc. sciences naturelles Elbeuf, XXVI, p. 149. 

Coquille de taille médiocre, grêle, cylindrico-fusiforme ; spire composée de 12 tours, les 
premiers assez convexes, les autres à peine conyexes, séparés par des sutures superficielles, 
bien obliques ; tours à croissance lente et très régulière ; dernier tour petit, atténué en bas ; 
sommet obtus et un peu gros ; ombilic bien indiqué; ouverture petite, subpyriforme. L'état des 
exemplaires examinés ne permet pas de donner une description détaillée des plis et lamelles. 

Longueur : 9 1/2-10 millimètres; diamètre maximum : 2 1/2-3 millimètres; hauteur de 
l'ouverture : 2 millimètres ; diamètre de l'ouverture : 1 1/4 millimètre. 

Test médiocrement solide ; premiers tours lisses, les autres ornés de stries médiocres, un 
peu irrégulières, très légèrement serrées et onduleuses. 

Comparaison avec les individus de la Faune actuelle. — Il est difficile de saisir des 
différences appréciables entre le type fossile et le type actuellement vivant. Je figure ici 
[pi. I, fig. 12-13] un Clausilia parvula Studer, recueilli à Décines (Isère), qui fait parfai- 
tement ressortir l'analogie qu'il présente avec le fossile de la Buisse (pi. I, fig. 10, 11, 19 
et 20). 

Distribution géologique. — Signalé en Allemagne [A. Braun, Walchner, Clessin, 
Daubrée, etc.], en Autriche [Sandberger], en Suisse [A. Mùller, Greppin, etc.], etc., 
le Clausilia parvula Studer, est connu, en France, des tufs de la Celle-sous-Moret (Seine- 
et-Marne) [Tournouër, Munier-Chalmas], de Morville-sur-Seille (Meurthe-et-Moselle) [Bleicher 
et Fliche], de Pont-à-Mousson (Bleicher et Fliche], de la Perle ou Presle (Aisne) [Bleicher et 
Fliche 1 ], de Saint-Pierre-lès-Elbeuf [Chédeville, Germain]; du lœss de la vallée delà 

1 Bleicher et Fliche, dans leurs « Recherches relatives à quelques tufs quaternaires du Nord de la France » 
(Bulletin Société géologique de France, 3 e série, XVII, p. 574, 1889), signalent dans les tufs de la Perle ou 
Presle (Aisne), sous le nom de Clausilia gracilis Rossmâssler, une espèce qui pourrait bien n'être que le Clausilia 
parvula Studer. Les auteurs ne donnent aucune référence iconographique ; or, sous le nom de Clausilia gracilis il 
existe trois Glausilies distinctes : celle des auteurs français qui est une variété un peu grêle du Clausilia parvula 
Studer; celle de G. Pfeiffer, Naturg. deutschland und Sùssw.-Mollusk., p. 65, Taf. III, fig. 32, 1821, qui est le 
vrai Clausilia gracilis] enfin celle de Rossmâssler, Iconographie der Land- und Sùsswasser-Mollusken, VII, 



36 MOLLUSQUES TERRESTRES ET FLUVIATILES 

Garonne, des environs de Toulouse et de Villefranche [Sandberger, Fagot], des environs de 
Lyon [A. Locard], de Bublanc (Ain) [A. Locard], de Vienne (Isère) [A. Locard] ; des 
argiles lacustres de la vallée du Rhône, à la Mouche et à Gerland, près de Lyon [A. Locard]. 

Distribution géographique actuelle. — Cette espèce est moins largement répandue 
que le Clausilia laminata Montagu. Elle s'avance beaucoup moins au Nord : très rare dans le 
Danemark, elle n'existe ni en Suède, ni en Norvège, ni dans le Nord de la Russie 1 . Au Sud, 
le Clausilia parvula Studer, manque également en Grèce, en Sicile, dans toute la partie sud 
de l'Italie 2 , en Corse, en Sardaigne et dans la péninsule ibérique. Par contre, il est commun 
ou très commun dans presque toute l'Europe centrale et se retrouve, en France, avec plus ou 
moins d'abondance, dans tous les départements 3 . 



Famille des FERUSSACI I D/E 
Genre ZUA Leach, 1820 4 

ZUA SUBCYLINDRICA Linné. 

1767, Hélix subcylindrica, Linné, Systema naturse, Ed. XII, p. 1248 (non Montagu). 

1774. Hélix lubrica, Mùller, Verm. terrestr. et fluv. histor., II, p. 104. 

1778. Turbo glaber, Da Costa, Histor. natur. Testaceorum Britannise, p. 87, pi. X, fig. 18. 

1788. Hélix splendidula, Gmelin, Systema natur de, Ed. XIII, p. 3655. 

1789. Bulimus lubricus, Bruguière, Encyclop. méthod., Vers, II, p. 311. 

1801. Bulimus subcylindricus, Poiret, Coquilles terrestres, fluv., Aisne et envir. Paris, Prodrome, p. 45 (non 

Matheron). 
1805. Bulimus lubricus, Draparnaud, Histoire Mollusques terr., fluv. France, p. 75, tab. IV, fig. 24. 
1814. Lymnsea lubrica, Fleming, Edinburgh Encyclop., VII, part. I, p. 78. 
1821. Bulimus lubricus, Hartmann, Neue Alpina, I, p. 222. 

1826. Cochlicopa lubrica, Risso, Histoire natur. Europe méridionale, IV, p. 80. 
1830. Cionella lubrica, Jeffreyss, Transact. linn. Society, XVI, part. II, p. 347. 

1830. Achatina lubrica, Menke, Synopsis methodica Molhoscorum, p. 29. 

1831. Zua lubrica, Leach mTurton, Land and freshwaler Shells of British Island, p. 114. 

1832. Columna lubricus, de Gristofori et Jan, Catalogus, IX, n° 6. 

1833. Styloides lubricus, Fitzinger, System Verzeichn. Œster, p. 105. 

1835. Achatina lubrica, Rossmiissler, Iconographie der Land- und Sùsswasser-Mollusken,!, p. 88, Taf. II, 
fig. 43. 

p. 24, Taf. XXIV, ûg. 489, 1838, qui est le Clausilia corynodes Held, in Bourguignat, Histoire Glausilies France 
vivantes et fossiles (Annales sciences naturelles, VI, p. 49, 1877), espèce du même groupe que le Clausilia 
parvula Studer. 

1 Westerlund (G. -A.), Exposé critique des Mollusques terrestres et d'eau douce de la Suède et de la 
Norvège, Upsal, 1871. Get auteur, qui a si soigneusement étudié la faune malacologique du Nord de l'Europe, ne fait 
aucunement mention de cette espèce. 

2 Le Clausilia parvula Studer, pénètre en Italie jusqu'aux Abruzzes. 

3 Sauf dans celui des Hautes-Pyrénées où il n'a jamais été signalé jusqu'ici. 

4 Le nom de Zua Leach [1820 (p. 114), Molluscorum Britannise synopsis, A Synopsis of the Mollusca of 
Great Bntain, Londres], doit être adopté parce que le Synopsis a été, en grande partie, imprimé en 1820, ainsi 
que l'a montré J.-R. Bourguignat. Le vocable de Cochlicopa (de Férussac, Tableaux systématiques Animaux 
Mollusques, p. 50, 1821. — Risso, Histoire natur. Europe méridionale, IV, p. 80, 1826), passe ainsi en 
synonymie. 



DES BASSINS DU RHONE ET DU RHIN 37 

1837. Cionella lubrica, Beck, Index Molluscorum, p. 80. 

1839, Achatina subcylindrica, Deshajes in Anton, Ver z eichniss der Conchy lien, p 44. 

1849. Hydastes lubricus, Parreyss, Systematisches Verzeichniss Erzherzogth. (Ester. Land- und Fluss- 

Conchylien, p. 98. 

1850. Zua lubrica, Dupuy, Histoire Mollusques terr., fluv. France, p. 330, tabl. XV, fig. 9. 

1852. Glandina Azorica, Albers, Zeitschrift fur Malakozool., p. 125. 

1853. Oleacina Uobrica, Adams, Gênera of récent Mollusca, p. 106, pi. LXXIV, fig. 1. 
1853. Ferussacia subcylindrica, Bourguignat, Aménités malacologiques , I 5 p. 209. 

1855. Bulimus (Cochlicopa) subcylindricus, Moquin-Tandon, Histoire Mollusques terr., fluv. France, II, 

p. 304, pi. XXII, fig. 15-19. 
1858. Glandina lubrica, Morelet, Journal de Conchyliologie, VII, p. 9. 

1862. Cochlicopa lubrica, Jeffreyss, British Conchology, I, Land and freshwater Shells, p. 292-293. 
1864. Ferussacia lubrica, Morch, Synopsis Molluscorum terr., fluv.Baniœ,^. 26. 
1864. Ferussacia subcylindrica, Bourguignat, Malacologie Algérie, II, p. 26, pi. III, ûg. 1-3. 
1869. Ferussacia subcylindrica, Bourguignat, Mollusques terr . , fluv. quaternaire, env. Paris, p. 8. 
1875. Cionella (Zua) lubrica. Sandberger, Land- und Sùsswasser-Conchylien, p. 802, Taf. XXXV, fig. 32. 
1877. Bulimus subcylindricus , Locard, Malacologie lyonnaise, p. 53 et 136, n° 5. 

1879. Ferussacia lubrica, Locard, Description faune malacologique, terr., fluv. quaternaire, envir. Lyon, 

p. 79. 

1880. Ferussacia subcylindrica, Locard, Nouvelles recherches argiles lacustres, quaternaire envir. Lyon, 

p. 26. 

1881. Ferussacia subcylindrica, Locard, Catalogue Mollusques terrestres et aquatiques départ. Ain, p. 65. 

1881. Ferussacia subcylindrica, Locard, Variations malacologiques bassin Rhône, p. 217. 

1882. Ferussacia subcylindrica, Locard, Etudes malacologiques dépôts préhistoriques, vallée Saône, -p. 22. 
1882. Ferussacia subcylindrica, Locard, Prodrome malacologie française, Catalogue Mollusques terr., 

eaux douces et saumâtres, p. 131. 

1886. Zua subcylindrica, Pollonera, Molluschi fossili post-pliocenici d. contorno di Torino, p. 12, n° 27, Tav. I, 

fig. 27 et p. 24, n° 4 (Memorie d. Reale Accademiad. Scienze di Torino, II série, vol. XXXVIII). 

1887. Cionella (Zua) lubrica, Westerlund, Fauna der palàarct. Région Binnenconchylien, III, p. 147, n° 1. 
1894. Zua subcylindrica, Locard, Coquilles terrestres France, p. 247, fig. 339-340. 

1896. Cionella lubrica, Westerlund, Acta Soc.pro Fauna et Flora Fennica, XIII, p. 81. 

1900. Cionella lubrica, Goldfuss, Binnenmoll. Miltel-Leutschlands,\>. 181. 

1907. Zua subcylindrica, Germain, Bulletin société étude se. natur. Elbeuf, XXVI, p. 81. 

1908. Zua subcylindrica, Jodot, Association franc, avancement sciences, Congrès de Clermont-Ferrand, 

p. 427. 

1908. Cochlicopa lubrica, Pilsbry in Tryon, Manual of Conchology, 2 e série, Pulmonata, XIX, p. 312, 

pi. XLIX, fig. 33, 34, 35. 

1909. Zua subcylindrica, Gaziot et Maury, Journal de Conchyliologie, LVII, p. 337. 

Coquille petite, subcylindrique , allongée; spire composée de six tours peu convexes, à 
croissance d'abord bien régulière, puis un peu plus rapide aux derniers tours; sutures médiocre- 
ment profondes, horizontales aux premiers tours, puis un peu obliques ensuite ; sommet obtus; 
dernier tour médiocre, subcylindrique, convexe; ouverture petite, pyriforme, allongée, bien 
anguleuse en haut, arrondie en bas, égalant environ le tiers de la hauteur totale de la coquille; 
bords marginaux réunis par une légère callosité; péristome un peu épaissi. 

Longueur : 6 millimètres ; diamètre maximum : 2 1/2 millimètres ; diamètre minimum : 
2 1/4 millimètres; hauteur de l'ouverture : 2 millimètres; diamètre de l'ouverture : 
1 millimètre. 

Test fragile orné de stries extrêmement fines et délicates. 

Variations. — Le Zua lubrica Linné est une espèce très polymorphe et son 
polymorphisme semble avoir été, à l'époque quaternaire, tout aussi étendu qu'il l'est aujour- 
d'hui. Nous allons le passer en revue avec quelque détail. 

Si nous comparons l'unique échantillon recueilli dans les tufs de la Buisse, par 
M. le D r Cl. Gaillard, aux individus qui vivent actuellement dans la région, nous voyons qu'il 



38 MOLLUSQUES TERRESTRES ET FLUVIATILES 

se distingue surtout par sa faible taille, ce qui le rapproche beaucoup de la variété exigua 
Menke 1 , qui, d'après Pilsbry 2 , est synonyme delà variété lubincella Zeigler 3 . Du reste, cette 
variété de petite taille est, de beaucoup, la plus répandue dans les dépôts quaternaires; c'est 
elle, notamment, qui a été signalée par A. Locard, à la Baume-d'Hostun 4 (Drôme). Enfin, 
elle affecte parfois un galbe assez nettement cylindrique 5 . Ce galbe cylindroïde étroitement 
allongé se retrouve chez certaines coquilles fossiles de grande taille, auxquelles A. Locard a 
donné le nom de Zua prœcursor 6 . Ce Zua, qui a été recueilli dans les tufs quaternaires des 
environs de Grémieu (Isère), doit être considéré comme une variété elongata du Zua 
subcylindrica Linné, d'ailleurs voisine de la variété fusiformis Picard 7 . Dans ces mêmes 
dépôts des environs de Crémieu se trouve le Zua petrœa Locard 8 , qui, d'après la description 
originale et les figures qui l'accompagnent, ne peut être considéré comme spécifiquement 
distinct du Zua subcylindrica Linné 9 . 

Enfin, le test lui-même varie quant à son épaisseur et à la plus ou moins grande intensité 
de la sculpture dont il est orné. Dans cet ordre d'idées, il convient de citer la variété crassula 
Fagot 10 , recueillie dans le lœss de la Haute-Garonne, et qui, par sa petite taille, rappelle 
beaucoup la variété exigua Menke, dont elle se distingue par son galbe mieux fusiforme et 
son ouverture plus contractée, plus oblongue. 

Distribution géologique. — Le Zua subcylindrica Linné, est très répandu dans 
presque toutes les formations quaternaires de l'Europe centrale : Suisse, Allemagne, 

1 Menke, Synopsis methodica Molluscorum, etc., p. 29, 1830 [Achatina lubrica, var. C. exigua]. 

2 Pilsbry, in Tryon, Manual of Conchology, 2 e série, Pulmonata, XIX, p. 321, 1908. Cet auteur rapporte, 
avec raison, le Bulimus subcylindricus, var. eœiguus Menke, décrit par Moquin-Tandon, Histoire natur. Mol- 
lusques terr. et fluv. France, II, p. 304, au Columna lubrica, var. lubricella Zeigler. Il n'admet pas le nom de 
var. exigua Menke, parce que cet auteur n'a donné aucune description. Mais comme en l'occurence il ne saurait y 
avoir confusion, je crois préférable d'adopter, pour cette coquille, le nom de var. exigua Menke [= var lubricella 
Zeigler ; — Achatina minima Siemaschko, Bulletin Soc. impériale naturalistes Moscou, XX, p. 111, pi. I, 
fig. 4 a, 4 b et 4 c, 1847], qui offre l'avantage de conserver le vocable de Cochlicopa lubricella Braun (1850), pour 
désigner l'espèce fossile de l'Allemagne et du bassin de Paris. 

3 Zeigler, in Stabile, Fauna Elvetica : délie Conchiglie terrestri e fluviatili del Luganese, p. 34, 1846 
[Columna lubrica var. a lubricella']. Non Achatina lubricella A. Braun, in Walchner, Geognesie, II, 
p. 1136, 1850. 

4 Locard (A.), Note sur les coquilles terrestres de la faune quaternaire de la Baume -d'Hostun, 
p. 16, 1890. 

5 Gomme dans la mut. cylindroides Pollonera, du quaternaire des environs de Turin [Pollonera (Carlo). 
Molluschi post-pliocenici del contorno di Torino, Memorie d. Reale Accademia délie Scienze di Torino, 2 e série, 
XXXVIII, p. 12, tav. I, fig. 28 : a^'esta gracilior, apertura angustior, spira ssepe magis elata. Long. max. : 
5 1/2 millimètres » (Zua exigua, var. cylindroides)]. 

6 Locard (A.), Description des Mollusques quaternaires nouveaux recueillis aux environs de Crémieu 
(Isère), par M. le D r Jacquemet, p. 19, fig. 28-29, 1894 [Zua prxcursor]. 

7 Picard (G.), Histoire des Mollusques terrestres et iluviatiles qui vivent dans le département de la Somme 
(Bulletin Soc. linnéenne Nord France, I, p. 243, 1840) [Achatina lubrica, var. a H. fusiformis]. 

8 Locard (A.), loc. supra cit., p. 17, fig. 27-28, 1894 [Zua petrœa]. 

9 Le Cochlicopa pètrsea Locard, est une forme allongée et de petite taille (longueur : 5 3/4 millimètres; 
diamètre maximum : 2 3/4 millimètres) du Cochlicopa subcylindrica Linné, alors que le Cochlicopa prsecursor 
Locard, est une forme allongée et de grande taille (longueur : 8 millimètres ; diamètre maximum : 2 1/2 millimètres 
de la même espèce. 

10 Fagot (P.), Mollusques quaternaires environs Toulouse et Villefranche (Bulletin Soc. histoire naturelle 
Toulouse, XIII, p. 300, 1879 [Ferussacia crassula], et Bulletin Société malacologique France, III, 
p. 189, 1886). 



DES BASSINS DU RHONE ET DU RHIN 39 

Autriche 1 , Belgique, etc. On le connaît aussi en Angleterre [A. Bell], en Algérie [Bour- 
guignat] et même au Japon [Pilsbry 2 ]. En France, le Zua subcylindrica Linné, a 
été signalé dans le quaternaire de la Somme (d'Archiac], du Jura [Ogérien], de l'Alsace 
[A. Braun, Daubrée, Puton], de la Haute-Garonne [Fagot]; dans les dépôts lacustres des 
Martigues (Bouches-du-Rhône) [Matheron] et de l'Auvergne [Bouillet] ; dans les tufs de 
la Celle-sous-Moret (Seine-et-Marne) [Tournouër, Jodot], de Vincey (Vosges) [Bleicher et 
Fliche], de Morville-sur-Seille (Meurthe-et-Moselle) [Bleicher et Fliche], de la Perle ou 
Presle (Aisne) [Bleicher et Fliche], de Saint-Pierre-lès-Elbeuf (Seine-Inférieure) [Chedeville, 
Germain] et de la Baume-d'Hostun (Isère) [A. Locard]; dans le loess de Saint-Fons (Rhône), 
de Bublane (Ain) et des environs de Vienne (Isère) [A. Locard] ; dans les argiles lacustres de 
la vallée du Rhône, à la Mouche et à Gerland, près de Lyon [A. Locard], et les formations 
récentes de la vallée de la Seine, à Canonville (Vincennes), près de Paris [Bourguignat] ; dans 
le quaternaire récent des environs de Nice (Alpes-Maritimes) [Gaziot et Maury] et les dépôts 
préhistoriques de la vallée de la Saône au nord de Màcon (Saône-et-Loire) [A. Locard]; etc.. 

Distribution géographique actuelle. — Il est peu de Mollusques terrestres possédant 
une distribution géographique aussi étendue actuellement que celle du Zua subcylindrica 
Linné. Il vit dans toute l'Europe, y compris la Suède, la Norvège, le Nord de la Russie 
[Westerlund 3 ], la Laponie [Wallenberg], les îles Shettland [J. Gwyn, Jeffreyss 4 ], l'île de 
Gotland [Hôgberg, Lilljeborg, Wallengren, Lindstrôm 5 ] et l'Islande [Morch 6 ]. En Asie, le 
Zua subcylindrica Linné, couvre également une immense étendue : on le connaît en Asie 
Mineure et en Syrie 7 ; dans la Transcaucasie [Retowski 8 ], le Thibet [Benson, Woodward 9 ], 
la Sibérie [Westerlund 10 ], le Territoire de l'Amour et le Kamtchatka [Dali 11 , Schrenck 12 , 
Middendorf 13 ], la Chine aux environs de Pékin [Middendorf] et même le Japon, près de 

1 Babor, Die Weichthiere der Bôhmischen Plistocaen und Holocaen (Archiv. Naturwiss. Landesdurch- 
forschung von Bôhmen, XI, p. 33, fig. 10, 1903), signale cette espèce dans le pléistocène de la Bohême, sous le nom 
de Cochlicopa columna dessin. 

2 Pilsbry, Nautilus, XVI, p. 57, 1902. Les spécimens fossiles (recueillis à Shukunobe, Ojima, Yéso, etc.) 
sont semblables à ceux qui vivent actuellement au Japon. Pilsbry les désigne sous le nom de Cochlicopa lubrica, 
var. hachijoensis Pilsbry. 

3 Westerlund (G. -A.), Exposé critique des Mollusques terrestres et d'eau douce de la Suède et de la 
Norvège, Upsal, p. 63, 1871. Le Zua subcylindrica remonte, en Suède, jusqu'au 68 e degré de latitude nord. 

4 Jeffreyss (J.-G.), Armais and Magazine of Natural history, octobre 1868. 

5 Cf. Westerlund (C.-A.), Loc. supra cit., p. 181, 1871. 

6 Môrch (O.-A.-L.), Faunula Molluscorum Islandise. Oversigt over Islands Bloddyr (Vidensh. Medd. fra 
naturhist. For. Kobh., p. 199, n° 11, 1868 (Cionella lubrica). 

7 Voyez, à ce sujet, mon mémoire, actuellement sous presse, sur les Mollusques terrestres et fluviatiles 
recueillis par M. H. Gadeau de Kerville pendant son voyage en Syrie. 

8 Retowski (0.), Liste der von mir auf meiner Reise von Konstantinopel nach Batum gesammelten Binnen- 
mollusken (Bericht Senckenbergische naturforsch. Gesellschaft Frank fur t-a- Main, p. 252, 1889) [Cochlicopa 
(Zua) lubrica]. 

9 Woodward, Proceed. zoological Society London, p. 186, 1856. 

i0 Westerlund (G. -A.), Sibiriens land- och Sôtwatten Mollusker (Kongl. Svenska Akadem. Handlingar, XIV, 
n° 12, p. 40, 1877) [Cochlicopa lubrica] et p. 107. 

11 Dali (W. H.), Land and fresh toater Mollusks of Alaska and adjoin. régions, p. 33 ; 1905 (Cochlicopa 
lubrica). 

12 Schrenck, Reisen und Forsch. in Amurlande, II, p. 659 et 939. 

13 Middendorf, Reise in den aeussersten nordenu. osten Sibiriens, II, p. 308, 1851. 



40 MOLLUSQUES TERRESTRES ET FLUVIATILES 

Sapporo et de Yeso [Rowland]. En Afrique, il vit au Maroc [Pallary 1 ], en Algérie [Bour- 
guignat 2 ], en Tunisie [Letourneux et Bourguignat 3 ] et dans les îles océaniques : Açores 
[Albers 4 ] et Madère [Lowe 5 , Wollaston 6 , C. de Païva 7 ]. Enfin, ce même Zua subcylin- 
drica Linné, s'est largement répandu dans l'Amérique du Nord (Etats-Unis 8 , Alaska 9 ) et a 
été introduit jusqu'au Venezuela [Jousseaume 10 ]. 



BASOMMATOPHORES 

Famille des Ll M NjEI D>E 
Genre LIMR/EA de Lamarck, 1799 11 

§ I. — RADIX Dejnys de Mointfort, 1810 12 

LIMNiEA (RADIX) LIMOSA Linné. 

(PL III, fig. 109, 115, 116, 119, 120, 125, 126 et 132.) 

1758. Hélix limosa, Linné, Systema naturse, Ed. X, p. 778 [non Montagu]. 

1801. Bulimus limosus, Poiret, Coquilles terr.fluv., Aisne et envir. Paris, Prodrome, p. 39. 

1805. Limneus ovatus, Draparnaud,/ftstfmV£ Mollusques terr., fluv. France, p. 50, tab. II, fig. 30-31. 

1820. Limneus fontinalis, Studer, Kurzes Verzeichniss... Conchylien, p. 93 [non Sowerby, nec Fleming], 

1822. Lymnœa ovata, de Lamarck, Histoire natur. animaux sans vertèbres, VI, part. II, p. 161. 

1826. Lymnœa auricularia, Risso, Histoire natur. Europe méridion., IV, p. 95, n° 220 [non Linné]. 

1 Pallary (P.), Quatrième contribution à l'étude faune malacologique N.-O. Afrique (Journ. de Conchyliologie, 
LU, p. 52, 1904) [Cionella (Zua) lubrica]. 

2 Bourguignat (J.-R.), Malacologie de V 'Algérie, II 5 p. 55, 1864 [Ferussacia subcylindrica']. 

3 Letourneux et Bourguignat (J.-R.), Prodrome malacologie Tunisie, 1887. 

4 Albers, Zeitschrift fur Malakozool., IX, p. 125, 1852 (Glandina azorica). 

5 Lowe, Cambridge Philosoph. Soc. Transact., IV, p. 61, pi. VI, fig. 29, 1831. 

6 Wollaston, Testacea Atlantica, p. 245, 1878 [Achatina lubrica var. Maderensis]. 

7 Païva (G. de), Monographia Molluscorum terrestr., fluvial ., lacustr . insularum maderensium, 1867 
(Memor. Acad. Lisboa, 1° classe, t. IV), p. 104 [Achatina (Cionella) Maderensis Lowe]. 

8 Cf. Gould, Inverteb. of. Massassch.,?. 193, fig. 124,1841 (Bulimus lubricus). — Binney, Terrestrial 
Moll., II, p. 283, pi. LU, ûg. 4 (Bulimus lubricus). — Morse, Pulmonifera of Maine, p. 30, fig. 79, 81 et 84 
et pi. X, fig. 82, 1864 (Zua lubricoidea). — Binney (W.-G-.), Land and freshwater Shells of North America, 
I, p. 224, fig. 381-385, 1869 (Cionella subcylindrica). — Binney (W.-G ), Manual Americ . Land Shelles, p. 194, 
fig. 199-202, 1885 (Ferussacia subcylindrica). — Pilsbry et Johnson, Nautilus, p. 127, 1898 (Cochlicopa 
lubrica), etc., etc. 

9 Dali (W.-H.), loc. supra cit., p. 33, 1905. 

10 Jousseaume (Dr F.), Mémoires Société Zoologique France, II, p. 237, 1889. 

11 Lamarck (De), Prodrome nouvelle classification des coquilles, Paris, p. 75, 1799 (Lymnsea), et Système 
des animaux sans vertèbres, p. 91, 1801 (type : Hélix stagnalis Linné). Presque tous les auteurs attribuent ce 
genre à Bruguière {Encyclopédie méthodique, VI ; Histoire naturelle des Vers, partie II, 1792], ce qui est une 
erreur, la livraison où est imprimé le nom de Lymnœa n'ayant paru qu'en 1816, ainsi que Ta indiqué W.-H. Dali, 
Land and freshwater Mollusks of Alaska and adjoin. régions, New-York, p. 61, 1905. 

12 Montfort (Denys de), Conchyliologie systématique et classification méthodique des coquilles, Paris, II, 
p. 266, 1810. 



DES BASSINS DU RHONE ET DU RHIN 41 

1834. Limnea lineata, Bean, London Magaz., VIII, p. 493, fig. 62. 

1835. Limnseus ovatus, Rossmâssler, Iconographie der Land- und Sùsswasser-Mollusken, I, p. 100, Taf. II, 

fig. 56. 

1836. Gulnaria ovata, Beck, JWé?3? Molluscorum, p. 114. 

1842. Limnseus pereger var. A, Macgillivray, //z'^. MoW. Scotland,?. 106. 

1850. Limnsea ovata, Dupuy, Histoire Mollusques, terr., fluv. France, p. 476, tabl. XXII, fig. 11-13; 

tabl. XXIII, fig. 1-3, et tabl. XXV, fig. 8. 

1851. Lymnseus ovatus, Zelebor, Syst. Verzeichn. (Ester., p. 18. 
1851. Lymnseus fontinalis , Zelebor, aSs/s*. Verzeichn. OEsler., p. 18. 

1855. Limnsea limosa, Moquin-Tandon, Histoire Mollusques terr., fluv., France, II, p. 465, pi. XXX, 

fig. 11-12. 
1870. Limnsea auricularia var . £, Kreglinger, Systemat. Verzeichn. deiUschl. Mollusken, p. 251. 
1875. Limnseus (Gulnaria) ovatus^ Sandberger, Land- tond Sùsswasser-Conchylien, p. 787, Taf. XXXV, 

fig. 14. 
1877. Limnsea limosa, Locard, Malacologie lyonnaise, p. 84 et p. 141, n° 2. 

1879. Limnsea limosa, Locard, Description faune malacologique quaternaire envir. Lyon, p. 103. 

1880. Limnsea limosa, Locard, Nouvelles recherches argiles lacustres, quaternaire envir. Lyon, p. 11 et 

p. 30. 

1881. Limnsea limosa, Locard, Catalogue Mollusques terrestres et aquatiques départ. Ain. p. 96. 

1881. Limnsea limosa, Locard, Variations malacologiques Bassin Rhône, I, p. 322, pi. IV, fig. 30 31. 

1882. Limnsea limosa, Locard, Prodrome malacologie française ; Catalogue Mollusques terr., eaux douces et 

saumâtres, p. 199. 

Le type de cette espèce n'a pas été recueilli par M. le D r Cl. Gaillard qui, par contre, m'a 
communiqué la variété suivante : 

Variété VULGARIS G. Pfeiffer. 

(PI. III, fig. 109, 115, 116, 119, 120, 125, 126 et 132.) 

1821. Limnseus vulgaris, G. Pfeiffer, Natitrgeschichte deutscher Land- und Sussswasser-Mollusken, I, p. 89, 

Taf. IV, fig. 22 *. 
1840. Limnea ovata var. b, v%dgaris, Garnier, Mollusques Somme, Bulletin Soc. linnéenne Nord, I, 1840, 

p. 283. 
1855. Limnsea ovata var. E, vulgaris, Moquin-Tandon, Histoire natur. Mollusques lerr., fluv. France, II, 

p. 465. 
1881. Limnsea limosa var. vulgaris, Locard, Variations malacologiques Bassin Rhône, I, p. 323. 
1893. Limnsea vulgaris, Locard, Coquilles fluviatiles France, p. 33, fig. 17. 

Coquille globuleuse un peu ovoïde ; spire à tours bien convexes, à croissance extra-rapide, 
séparés par des sutures profondes et sublinéaires; sommet érodé; dernier tour très grand, 
globuleux, un peu ventru; ouverture grande, peu oblique, ovalaire, très nettement anguleuse 
en haut, bien largement arrondie en bas, avec un bord externe convexe ; columelle tordue ; 
bord columellaire épaissi, légèrement réfléchi sur l'ombilic qui est partiellement recouvert ; 
péristome mince et tranchant. 

Longueur : 11 millimètres; diamètre maximum : 8 1/4 millimètres ; diamètre minimum : 
5 1/5 millimètres ; hauteur de l'ouverture : 9 millimètres ; diamètre de l'ouverture (y compris 
l'épaisseur de la columelle) : 6 millimètres. 

Test mince, fragile, resté légèrement brillant à la fossilisation, assez fortement et irrégu- 
lièrement strié; au dernier tour les stries sont très serrées, obliques et inégales. 



ion 



Non Limnaea (Lymnus) slagnalis Linné, var. vulgaris, Westerlund [Fauna der palâarct. reg 
Binnenconchylien, V, p. 25, 1885], qui est Y Hélix fragilis Linné [Systema naturse, Ed. X, p. 774, 1758], 
variété du Limnsea stagnalis Linné. 

Arch. Mus. — t. XI u_q 



42 MOLLUSQUES TERRESTRES ET FLUVIATILES 

Un autre exemplaire, plus intact, mesure: longueur: 10 1/2 millimètres; diamètre 
maximum : 6 1/4 millimètres; diamètre minimum : 5 1/2 millimètres; hauteur de l'ouver- 
ture : 7 1/2 millimètres ; diamètre de l'ouverture : 5 millimètres. La spire est assez aiguë ; les 
tours, bien convexes, croissent rapidement et sont séparés par de profondes sutures ; le dernier 
est très grand, ventru ; l'ouverture, peu oblique, est ovalaire avec des bords marginaux réunis 
par une callosité médiocre (pi. III flg. 116 et 119). Le test est plus finement strié que dans le 
premier spécimen. 

Ces deux exemplaires sont les seuls qui aient été recueillis par M. le D r Cl. Gaillard. Il 
est, dans ces conditions, très difficile de hasarder quelque comparaison avec les spécimens de la 
faune actuelle, surtout si l'on tient compte du degré considérable de polymorphisme de cette 
Limnée qu'il est à peu près impossible de retrouver identique à elle-même dans deux mares 
voisines. 

Distribution géologique. — La variété vulgaris C. Pfeifîer, ayant été généralement 
confondue avec le type, il est impossible de se rendre compte de sa répartition géologique. Il 
est cependant probable qu'elle doit accompagner le Limnsea limosa, Linné, dans la plupart 
des dépôts quaternaires récents de l'Autriche, de l'Allemagne, de la Suisse et de la France, 
mais seul, jusqu'ici, Carlo Pollonera a signalé cette coquille avec certitude dans le quaternaire 
des environs de Turin 1 . 

Distribution géographique actuelle. — Le Limnœa limosa Linné, est une espèce à 
très large distribution géographique, connue dans toute l'Europe, y compris la Suède et la 
Norvège [Westerlund] et qui pénètre sur le domaine de l'espèce représentative asiatique, le 
Limnœa (Radioo) lagotis Schranck 2 . Sa variété vulgaris G. Pfeiffer, est également très répan- 
due, du moins dans l'Europe centrale ; mais il est impossible d'établir avec exactitude son aire 
de dispersion, car elle a été le plus souvent confondue, soit avec le type limosa, soit avec des 
espèces toutes différentes. En France, la variété vulgaris G. Pfeifîer, est partout très com- 
mune. 

1 Pollonera (Carlo), Molluschi fossili post-pliocenici d. contorno di Torino (Memorie d. Reale Accademia d. 
Scienze di Torino, 2 e série, XXXVIII, p. 27, n° 10, 1886 [Limnœa (Gulnaria) vulgaris}. Pollonera indique, 
dans les mêmes dépôts, sous le nom de variété lagotis Schranck, une Limnée que je crois différente du véritable 
Limnœa lagotis Schranck, espèce de l'Europe orientale et de l'Asie antérieure. 

2 Schranck (F. von Paula), Fauna Boïca, Nurenberg, III, p. 289, 1803 [Buccinum lagotis]. Les domaines 
des Limnœa limosa Linné, et Limnœa lagotis Schranck, se pénètrent très largement dans toute l'Europe orientale 
(Centre et Sud de la Russie, Turquie, Bosnie, Herzégovine, etc.). 



DES BASSINS DU RHONE ET DU RHIN 43 



GASTÉROPODES PROSOBRANCHES 

MONOTOCARDES 

Famille des CYCLOSTOM ATI D/E 
Genre CYCLOSTOM A Draparnaud, 1801 1 

§ I — ERICIA Moquin -Tandon 2 

CYCLOSTOMA (ERICIA) ELEGANS Mùller. 

(PI. IV, fig. 134 à 145.) 

1774. Nerita elegans, Millier, Verm. terrestr. et fluv. histor., II, p. 137. 

1777. Turbo tumidus, P ennant, British Zoology, IV, p. 128, pi. LXXXII, fig. 110. 

1778. Turbo striatus, Da Costa, Histor. natur. testacea Britanniae, p. 86, pi. V, fig. 9. 

1779. Neritina elegans, Schroter, Die Geschichte d. Flussconchylien, p. 366, Taf. IX, ûg. 15. 

1780. Turbo Lineina, Chemnitz, Systemat. Conch y lien-Cabinet, IX, Taf. CXXIII, fig. 1060 d-e. 

1788. Turbo elegans, Gmelin, Systema naturœ, Ed. XIII, p. 3606, n°74. 

1789. Pomatias elegans, Studer, Faunula Helvetica in Coxe, Trav. Switz., III, p. 432. 
1792. Turbo reflexus, Olivi, Zoolog. Adriatica, p. 170. 

1801. Cyclostoma elegans, Draparnaud, Tableau Mollusques terr.,fluv. France, p. 38. 

1805. Cyclostoma elegans, Draparnaud, Histoire Mollusques terr., fluv. France, p. 83, tab. I, fig. 38. 

1826. Cyclostoma af finis, Risso, Histoire natur. Europe méridion., IV, p. 104 (pars). 

1835. Cyclostoma elegans, Rossmâssler, Iconographie der Land- und Sùsswasser-Mollusken, I, p. 90, Taf. II, 

fig. 44. 
1851. Cyclostoma elegans, Dupuy, Histoire Mollusques terr., fluv. France, p. 504, pi. XXVI, fig. 2. 
1855. Cyclostoma elegans, Moquin-Tandon, Histoire Molhosques terr., fluv. France, II, p. 496, pi. XXXVII, 

fig. 3 à 23. 
1862. Cyclostoma elegans, Michaud, Journal de Conchyliologie, X, p. 81, n° 1. 
1869. Cyclostoma elegans, Bourguignat, Catalogue Mollusques terr., fluv. quaternaire, env. Paris, p. 11, pi. III, 

fig. 38-39. 
1869. Cyclostoma subeleg ans, Bourguignat, loc. cit., p. 11, pi. III, fig. 35-37. 
1869. Cyclostoma Lutetianum, Bourguignat, loc. cit., p. 11, pi. III, fig. 40-42. 

1875. Cyclostoma Lutetianum, Manille, Revue et magasin Zoologie, p. 149. 

1876. Cyclostoma elegans, Michaud, Description Coquilles fossiles, Haulerive, p. 26. 

1877. Cyclostoma elegans, Locard, Malacologie lyonnaise, p. 92 et p. 142, n° 1. 

1879. Cyclostoma elegans, Locard, Description faune malacologique quaternaire, envir. Lyon, p. 118. 

1880. Cyclostoma elegans, Locard, Nouvelles recherches argiles lacustres, quaternaire env. Lyon, p. 31. 

1881. Cyclostoma elegans, Locard, Catalogue Mollusques terrestres et aquatiqioes, départ. Ain, p. 105. 
1881. Cyclostoma elegans, Locard, Variations malacologiques bassin Rhône, I, p. 353. 

1881. Cyclostoma Lutetianum, Locard, loc. cit., I, p. 355. 

1882. Cyclostoma elegans, Locard, Prodrome malacologie française, Catalogue Mollusques terr., eaux douces 

et saumâires, p. 212. 
1882. Cyclostoma Lutetianum y Locard, loc. cit., p. 212. 

1 Draparnaud (J.-R.), Tableau des Mollusques terrestres et fluviatiles de la France, p. 30 et p. 37, 1801. 

2 Moquin-Tandon (A.) in Partiot (L.), Mémoire sur les Cyclostomes, p. 24, 1848, et Moquin-Tandon (A.), 
Histoire Mollusques terrestres et fluviatiles France, II, p. 494, 1855. 



44 



MOLLUSQUES TERRESTRES ET FLUVIATILES 



1885. 
1885. 
1890. 
1894. 
1894. 
1908. 

1909. 
1909. 



Cyclostoma 
Cyclostoma 
Cyclostoma 
Cyclostoma 
Cyclostoma 
Cyclostoma 
p. 428 
Cyclostoma 
Cyclostoma 



(Ericia) elegans, Westerlund, Faiona der palâarct. Région Binnenconchylien, Y, p. 105, n° 6 

(Ericia) Lutetianum, Westerlund, loc cit., p. 106. 

elegans, Locard, Coquilles terrestres qioaternaire, Baume d'Hostun, p. 18. 

elegans, Locard, Coquilles terrestres, France, p. 342, fig. 491. 
Lutetianum, Locard, Coquilles terrestres, France, p. 343, fig. 492. 

elegans, Jodot, Association franc, avancem. sciences, Congrès de Clermont-Ferrand, 

elegans, Gaziot et Maurj, Journal de Conchyliologie, LVII, p. 340. 
Lutetiamtm, Gaziot et Maury, Journal de Conchyliologie, LVII, p. 341. 



Coquille de forme générale conico-ovoïde, assez ventrue ; spire haute, subconique élevée, 
composée de 5-6 tours bien convexes, à croissance rapide et assez régulière ; avant-dernier 
tour un peu renflé et globuleux; dernier tour gros, ventru, régulièrement arrondi, dépas- 
sant la demi-hauteur totale de la coquille ; sommet obtus ; sutures profondes ; ouverture assez 
oblique, un peu détachée, subcirculaire, légèrement anguleuse en haut, très régulièrement 
arrondie en bas et extérieurement; péristome continu, un peu épaissi en dedans (épaississe- 
ment simulant un bourrelet interne faible et submarginal); ombilic étroit. 

Opercule 

Le tableau suivant donne, en millimètres, les principales dimensions d'un assez grand 
nombre de spécimens : 



NUMÉROS 


LONGUEUR 


DIAMÈTRE 


DIAMÈTRE 


DIAMÈTRE 


HAUTEUR 


DES 

exemplaires 


TOTALE 


MAXIMUM 


MINIMUM 


DE L'OUVERTURE 


DE L'OUVERTURE 


1 


16 millimètres. 


12 millimètres. 


9 millimètres. 


6 1/2 millimètres. 


6 millimètres. 


2 


16 - 


11 1/2 


9 1/4 — 


6 


6 


O 


15 1/2 — 


12 


9 3/4 — 


6 1/2 — 


6 — 


S 4 


15 1/2 — 


12 


9 — 


7 ' — 


6 


5 


15 1/4 — 


11 — 


9 - 


6 — 


6 — 


6 


15 


12 


8 3/4 


7 — 


6 — 


i 


15 


11 1/2 


9 — 


6 1/4 


6 


8 


15 


11 


8 3/4 


6 1/2 


5 1/2 — 


9 


15 


10 1/2 


8 3/4 — 


7 — 


6 


10 


14 3/4 


11 


8 1/2 — 


61/2 — 


6 — 


11 


14 1/2 


11 1/2 


9 — 


7 — 


6 - 


12 


14 1/2 — 


10 1/2 


9 — 


6 1/2 — 


6 


13 


14 


10 1/2 


8 1/4 


6 — 


5 3/4 — 


14 


14 — 


10 


8 1/2 


6 1/2 — 


6 


15 


14 — 


10 


9 — 


6 — 


5 2/4 


16 


14 


10 


8 1/2 — 


6 


51/4 — 


17 


14 — 


10 


9 — 


6 3/4 


6 


18 


14 


10 


9 


6 1/2 


6 1/4 — 


19 


14 — 


10 1/2 


9 — 


6 3/4 — 


t> — 


20 


14 — 


10 - 


8 1/2 — 


6 1/2 — 


6 — 


21 


13 3/4 


10 1/4 


9 1/4 — 


6 — 


5 1/2 


22 


13 1/2 — 


10 


8 1/2 — 


6 — 


5 1/2 


23 


13 — 


9 3/4 


8 1/4 — 


6 1/4 


5 3/4 


24 


13 — 


10 — 


8 — 


6 — 


5 1/2 


25 


13 — 


10 — 


8 — 


6 — 


6 — 


26 


12 1/4 — 


9 — 


8 — 


5 1/2 — 


5 — 



Test un peu épais, assez solide, orné de stries longitudinales fines et serrées, ayant par- 
fois presque entièrement disparu à la fossilisation, coupées à angle droit de petites côtes 
spirales régulièrement distribuées. 



DES BASSINS DU RHONE ET DU RHIN 45 

Variations. — Le Cyclostoma elegans Draparnaud, est une coquille très abondante dans 
les tufs de la Buisse où elle présente un polymorphisme peu étendu. Le tableau de la page 
précédente montre que la taille varie dans la proportion d'environ un tiers, les exemplaires les 
plus nombreux mesurant 14-15 millimètres de longueur totale pour 8 3/4-9 millimètres de 
diamètre maximum. Quant à la forme générale, elle reste presque constamment un peu courte 
et trapue; quelques spécimens ont, cependant, une spire plus élancée, mais entre ces deux 
modes on observe des coquilles constituant une série ininterrompue d'intermédiaires. Il ne 
saurait donc être question de séparer spécifiquement la mutation elongata à laquelle Bourgui- 
gnat a donné le nom de Cyclostoma lutetianum 1 . Cet auteur rapproche son espèce du Cyclos- 
toma sulcatum Draparnaud 2 , ce qui est tout à fait erroné. Le Cyclostoma lutetianum Bour- 
guignat, n'est qu'un Cyclostoma elegans Mùller, de grande taille 3 , présentant une spire 
allongée un peu pointue et une fente ombilicale légèrement plus large; il est donc, à la fois, 
un mode major et un mode elongata du type de Mùller. Du reste, ces spécimens allongés et de 
grande taille se retrouvent aujourd'hui encore parmi les colonies de Cyclostoma elegans Mùl- 
ler, où il est facile de se rendre compte que de tels exemplaires sont purement individuels et 
n'ont, par suite, aucune valeur spécifique. P. Jodot est arrivé dernièrement aux mêmes con- 
clusions en étudiant les Gyclostomes des tufs quaternaires de la Celle-sous-Moret 4 (Seine-et- 
Màrne). 

Je ne m'arrêterai pas sur le Cyclostoma subelegans Bourguignat 5 , cette coquille ne diffé- 
rant aucunement du Cyclostoma elegans Mùller. 

Comparaison avec les individus de la Faune actuelle. — Comparés aux individus 
recueillis dans la même localité (la Buisse, département de l'Isère), les spécimens fossiles n'en 
diffèrent que par leur taille un peu plus forte et leur sculpture parfois moins accentuée 6 . Ce 
dernier caractère est évidemment du à la fossilisation. 

Distribution géologique. — Espèce commune dans les dépôts quaternaires, le Cyclos- 
toma elegans Mùller, est connu en Angleterre [Wood, A. Bell], en Allemagne [Kreglinger, 
A. Braun, Sandberger, Clessin], en Italie [Issel], etc.. En France, il a été signalé : dans les 
formations quaternaires de la Somme [de Mortillet, d'Archiac], de l'Indre-et-Loire [Bourgeois], 
du Gard [E. Damas], des Pyrénées [E. et L. Frossàrd, Philippe], des environs de Marseille 
[Sandberger] et du Dauphiné [Lory] ; dans les tufs de la Celle-sous-Moret (Seine-et-Marne) 
[Tournouër, Jodot], de Montigny près Vernon (Eure) [G. Dollfus], de la Baume-d'Hostun 
(Drôme) [A. Locard], de Russon (Aube) [Fliche], de la Sauvage (Grand-Duché de Luxem- 

1 Bourguignat (J.-R.), Catalogue des Mollusques terrestres et fliovialiles des environs de Paris à V époque 
quaternaire, p. 11, pi. III, fig. 40 à 42, 1869 [Cyclostoma Lutetianum]. 

2 Draparnaud (J.-R.), Histoire Mollusques terr., fluv. France, p. 33, tabl. XIII, fig 1, 1805. 

3 Le Cyclostoma Lutetianum Bourguignat, atteint 17 millimètres de hauteur pour 9 1/2 millimètres de dia- 
mètre. 

4 Jodot (Paul), Note sur la faune conchyliologique des tufs quaternaires de la Celle-sous-Moret (Seine-et- 
Marne) [Association française avancement sciences, Congrès de Clermont-Ferrand, p. 423, 1908 (1909)J. 

5 Bourguignat (J.-R.) loc. supra cit., p. il, pi. III, fig. 35-37, 1869. 

6 Voir les figures comparatives : 

Cyclostoma elegans Millier, fossile de la Buisse, pi. IV, fig. 137 à 139 et 144-45. 
Cyclostoma elegans Mùller, vivant, de la Buisse, pi. IV, fig. 138-139. 



46 MOLLUSQUES TERRESTRES ET FLUVIATILES 

bourg) [Bleicher et Fliche], de la Perle ou Presle (Aisne) [Bleicher et Fliche] ; dans le lœss du 
Jura [Ogérien], des environs de Lyon [A. Locard] et des environs de Vienne [A. Locard] ; dans 
les sables quaternaires de Sàrliève (Puy-de-Dôme) [Bouillet], des environs de Paris (Mon- 
treuil, Canonville, Joinville-le-Pont, sablière Deligny) [BourguignatJ ; dans les argiles lacus- 
tres de la vallée du Rhône, à la Mouche et à Gerland, près de Lyon [A. Locard]. 

Distribution géographique actuelle. — Le Cyclostoma elegans Muller, est une espèce 
très répandue en France où elle vit sous les haies, les feuilles mortes, dans les endroits frais et où 
il lui est facile de se terrer. Elle a été indiquée dans tous les départements, mais ne s'élève pas 
aune grande altitude; elle est déjà rare, d'après Bourguignat, aux environs delà Grande- 
Chartreuse (Isère). C'est d'ailleurs une espèce possédant une vaste distribution géographique. 
Elle habite la plus grande partie de l'Europe, surtout les régions de l'Ouest, du Centre et du 
Sud-Est. On la retrouve au Maroc [Pallary 1 ]. En Asie, elle existe en Syrie, dans toute 
la chaîne du Liban et en Asie-Mineure, principalement dans la région littorale, où elle 
vit côte à côte avec le Cyclostoma (Ericia) costulatum Zeigler 2 . D'ailleurs, les domaines de 
ces deux espèces se pénètrent, non seulement en Asie, mais surtout dans l'Europe orientale, le 
Cyclostoma costulatum Zeigler, habitant la Serbie, la Transylvanie, la Valachie, la Bulgarie, 
la Moldavie, c'est-à-dire des régions comprises dans Taire de dispersion du Cyclostoma elegans 
Muller. 



1 Pallary (P.), Quatrième contribution à la faune malacologique du N.-O. de l'Afrique (Journal de Conchylio- 
logie, LU, p. 54, 1904). — Bourguignat ne signale le Cyclostoma elegans Muller, ni en Algérie, ni en Tunisie. 

2 Zeigler in Rossmassler, Iconographie der Land- und Sûsswasser-Mollusken, VI, p. 49, Taf. XXVIII, 
fîg. 895, 1837. 



CHAPITRE II 

CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES 



La faune malacologique des tufs quaternaires de la Buisse se fait tout d'abord remarquer 
par la très grande rareté des espèces fluviatiles. Seule, en effet, la variété vulgaris G. Pfeiffer, 
du Limnœa (Radix) limosa Linné, a été découverte par M. le D r Cl. Gaillard. C'est là, d'ail- 
leurs, ainsi que nous le verrons plus loin, une constatation que Ton peut faire dans presque 
toutes les formations que je considère comme contemporaines de celles de la Buisse. Il est 
cependant probable que la rivière qui a formé ces tufs renfermait une faune plus riche (Planor- 
bes, Bythinies, etc.), mais dont les éléments ont disparu à la fossilisation. 

Presque toutes les espèces terrestres sont les hôtes des endroits humides où elles vivent 
sous les feuilles mortes, sous les mousses, ou au pied des arbustes et des plantes. Je citerai, 
notamment, parmi ces Mollusques habitant les lieux particulièrement humides et, de préférence, 
le voisinage des eaux : 

Eyalinia nitens Michaud. 
Hélix arbustorum Linné. 
Hélix obvoluta Miïller. 
Zua subcylindrica Linné. 

Quelques-unes de ces espèces se font remarquer par leur forme relativement déprimée et 
leur spire à enroulement très lent et régulier. Tel est le cas de V Hélix arbustorum Linné, 
dont beaucoup d'exemplaires ont, en outre, un dernier tour comprimé à sa naissance et sur une 
plus ou moins grande partie de son développement 1 . Ces caractères spéciaux doivent être attri- 
bués à un milieu particulièrement humide, plus humide certainement que l'habitat normal 2 . 

1 J'ai signalé déjà le même caractère chez les Hélix ar bus toriom Linné, et Hélix hortensis Millier, du quater- 
naire de Saint-Pierre-lès-Elbeuf (Seine-Inférieure) : Germain (Louis), Sur quelques Mollusques quaternaires de 
Saint-Pierre-lès-Elbeuf (Bulletin Soc. étude sciences naturelles Elbeuf,^. 72, 1907 [1908]). 

2 Y! Hélix arbustorum Linné, vivait encore, il y a quelques années, aux environs de Paris, près de Gharenton, 
dans un endroit couvert d'une végétation assez puissante et inondé pendant les crues de la Marne. Dans ce milieu,' 
particulièrement humide, la grande majorité des exemplaires se faisaient remarquer par leur enroulement lent avec 
un dernier tour plus ou moins comprimé. 



48 MOLLUSQUES TERRESTRES ET FLUV1ATILES 

D'autres Mollusques des tufs de la Buisse vivent dans les taillis couverts, les régions 
boisées , humides et fraîches. Tels sont : 

Pyramidula rotundataM.u\\ev. Clausilia laminât a Montagu. 

Eulota fruticum Millier. Clausilia ventricosa Draparnaud. 

Hélix edentula Draparnaud. Clausilia parvula Studer. 

Hélix nemoralis Linné. Buliminus montanus Draparnaud. 

Hélix sylvatica Draparnaud. Orcula doliolum Bruguière 1 . 

Nous constaterons, d'autre part, l'absence de toute espèce appartenant au genre Succinea. 
Ce caractère négatif est d'une grande importance, car les Succinées sont des Gastéropodes 
vivant sur les tiges rivicoles, le plus souvent même au niveau de la zone de balancement des 
eaux 2 . 

Il n'y a guère, dans la faunule de la Buisse, que Y Hélix lapicida Linné, qui s'accommode 
facilement de stations plus sèches et il n'est pas rare de le rencontrer, sous les pierres où il vit de 
préférence, dans des localités où l'humidité est exceptionnelle 3 . 

Le Cyclostoma elegans Millier, tout en se plaisant dans les endroits humides et ombragés, 
vit également sur les talus un peu secs, pourvu qu'il y trouve une végétation suffisamment 
abondante pour s'y abriter et un sol assez meuble pour s'y terrer facilement. 

Parmi les dix-huit espèces découvertes à la Buisse, nous ne trouvons aucune forme 
méridionale, mais uniquement des Mollusques qui, de nos jours, vivent principalement dans 
l'Est et le Nord de notre pays. Un certain nombre sont caractéristiques des régions submon- 
tagneuses : 

Hélix strigella Draparnaud. 

Hélix strigella, variété strigellina Locard. 

Hélix arbuslorum Linné. 

Hélix nemoralis Linné, forme subaustriaca Bourguignat. 

Buliminus montanus Draparnaud. 

Clausilia laminât a Montagu 4 . 

D'autres appartiennent à la faune des régions montagneuses : 

Hélix edentula Draparnaud. 
Hélix sylvatica Draparnaud. 

Ces caractères nous permettent d'envisager de la manière suivante, le paysage quater- 
naire de la Buisse. Une rivière roulait ses eaux au milieu d'une région à végétation luxuriante. 
L'absence de Succinées, la présence de V Hélix lapicida Linné, et de très nombreux Cyclo- 
stomes montrent que la rivière n'avait pas de berges basses, mais était bordée de talus encom- 
brés de végétation (Arbustes et surtout Graminées diverses), avec, çà et là, des parties plus 

1 Par contre, YOrcula dolium Draparnaud, vit, de préférence, dans les endroits secs des régions submonta- 
gneuses. 

2 Beaucoup de Succinées se rapprochent du niveau de l'eau au moment de la grande chaleur du jour. 

3 Je citerai, comme exemple, la localité de Saint-Saturnin, aux environs d'Angers, où Y Hélix lapicida Linné, 
vit sous les grès éocènes, dans une station très sèche [Germain (Louis), Etude sur les Mollusques terr. et fluv. 
vivants des environs d'Angers et dit départ, de Maine-et-Loire, p. 114, 1903]. 

4 Principalement la forme à sculpture plus accentuée que chez le type. 



DES BASSINS DU RHONE ET DU RHIN 40 

sèches et, sans doute, pierreuses. Plus loin, une végétation plus dense, constituée par de véri- 
tables arbres, donnait asile à une population maiacologique assez variée à? Hélix et de Glausilies 
tapis sous la mousse et sous l'écorce. 

Le climat était tempéré, même relativement froid, la moyenne thermique annuelle étant 
au plus égale à celle du pays à l'époque actuelle. La seule différence était dans le degré hygro- 
métrique de l'air, certainement plus élevé qu'aujourd'hui, ainsi que le prouve la réunion des 
espèces malacologiques précédemment étudiées. Un climat régulièrement tempéré, très forte- 
ment humide pendant toute l'année et un été peu différencié caractérisaient le pays au moment 
où se sont déposés les tufs de la Buisse. 

II 

Tous les Mollusques des tufs de la Buisse vivent encore aujourd'hui dans le département 
de l'Isère, à l'exception, toutefois, de V Hélix strigella Draparnaud, variété strigellina Locard, 
qui semble avoir disparu. Je n'ai pu, malheureusement, avoir d'indications précises sur la 
faunule actuelle des environs de la Buisse, ce qui aurait permis d'utiles comparaisons au point 
de vue de la répartition des espèces. Quoi qu'il en soit, nous pouvons dire que la faunule quater- 
naire de la Buisse appartient à la faune moyenne des régions assez élevées du département 
de l'Isère. Nous n'y trouvons pas les espèces spéciales aux hautes altitudes, mais bien les 
Mollusques qui se plaisent dans les régions submontagneuses ou montagneuses, entre 500 et 
1.200-1.500 mètres au dessus du niveau de la mer. Tels sont notamment : 

Hélix strigella Draparnaud. 

Hélix edentula Draparnaud. 

Hélix arbustorum Linné. 

Hélix nemoralis Linné, forme subausiriaca Bourguignat. 

Hélix sylvatica Draparnaud. 

UHelix nemoralis Linné, présente un intérêt particulier. La forme subaustriaca est, 
dans notre pays, presque uniquement répandue dans les régions montagneuses, tandis que 
V Hélix nemoralis Linné, typique est très abondant partout. Or, à l'époque quaternaire, cette 
espèce était beaucoup plus rare qu'aujourd'hui et certainement alors d'introduction récente. 
J'ai dit précédemment que Bourguignat avait recueilli, dans une caverne des environs de Vence 
(Alpes-Maritimes), des Hélix nemoralis Linné, présentant un aspect asiatique, avec des osse- 
ments de Mammifères appartenant au genre Cuon, originaire de l'Asie centrale. Or, si l'on 
étudie la répartition actuelle du sous-genre Tachea. on observe les faits suivants : 

Dans une grande partie de l'Asie antérieure vit une espèce très polymorphe : V Hélix 
atrolabiata Krynicki 1 . Elle développe un certain nombre de variétés dont les principales sont 
les variétés ^Pallasi Dubois 2 , repanda Dubois 3 , leucoranensis Mousson 4 et nemoraloides 

1 Krynicki, Bulletin Société impériale naturalistes, Moscou, VI, p. 423, 1833. 

1 Dubois in Mousson (A.), Coquilles terrestres et fiuviatiles recueillies dam VOrient 'par M. le L r Alexandre 
Schlaëfli, part. II, Zurich, p. 55, 1865 [Heliœ atrolabiata var. Pallasii]. 

3 Dubois in Mousson (A.), loc. supra cit., II, p. 56, 1863. 

4 Mousson (A.), loc. supra cit., II, p. 56, 1863 [Heliœ atrolabiata var. Leucoranea]. 

Arch. Mus. — t. XI ]j _7 



50 MOLLUSQUES TERRESTRES ET FLUVIATILES 

Martens 1 . Son domaine, très étendu, comprend le Nord delà Perse, la Transcaucasie, la Cau- 
casie, la Géorgie, l'Arménie, etc., et la Grimée. Concurremment à cette espèce, vit, principa- 
lement dans le Caucase, V Hélix stauropolitana Schmidt 2 , qui étend son aire de dispersion sur 
une partie du domaine de Y Hélix vindobonensis Pfeiffer 3 . Partant du Caucase, cette dernière 
espèce traverse tout le Midi de la Russie, habite les Balkans, les provinces danubiennes et 
semble s'arrêter aux Alpes tyroliennes. Enfin, dans l'Europe occidentale, nous voyons cet 
Hélix vindobonensis Pfeiffer, remplacé par Y Hélix sylvatica Draparnaud, dans les régions 
montagneuses et par les Hélix nemoralis Linné, et Hélix hortensis Mùller, dans les pays de 
plaine. 

De ces considérations d'ordre zoogéographique et de l'étude des formes fossiles, je crois 
pouvoir conclure que le groupe des Tachea européens est originaire de l'Asie centrale. Par 
migration lente et continue dirigée de l'Est à l'Ouest, il s'est répandu en Europe par la grande 
trouée du Danube, en donnant naissance à des espèces de plus en plus éloignées du type primitif. 
U Hélix hortensis Mùller, est la dernière venue de ces espèces 4 . Si cette conception est exacte, 
nous devons retrouver, à l'état fossile, des Tachea plus voisins des espèces asiatiques que nos 
Hélix nemoralis Linné, et Hélix hortensis Mùller, actuels. Or, c'est précisément ce 
que nous allons constater maintenant. Je ne reviendrai pas sur la découverte faite par 
Bourguignat (Y Hélix nemoralis Linné, quaternaires présentant l'aspect àYHelix atrolabiata 
Krynicki. J'insisterai davantage sur Y Hélix Dejiereti Locard* , découvert par E. Mermier dans 
les tufs de la Baume-d'Hostun (Drôme). A. Locard fait suivre sa description des réflexions 
suivantes : 

« Cette belle espèce, la plus grosse et la plus commune du gisement de la Baume- 
d'Hostun appartient incontestablement, plus encore par ses caractères aperturaux que par son 
galbe, au groupe de Y Hélix nemoralis... C'est l'espèce dominante et tout à fait caractéristique 
de ces dépôts. 

« Comparé à Y Hélix nemoralis, Y Hélix Depereti s'en distinguera : à sa taille plus 
grande, car nous ne connaissons pas de colonies (Y Hélix nemoralis dans lesquelles les sujets 

1 Martens (Dr. E. von), TJeber Vorderasialische Conchylien nach tien Sammlungen desProf. Hausknecht ; 
Gassel, p. 12, Taf. II, fig. 14, 1874 [Hélix atrolabiata var. nemoraloïdes}. 

2 Schmidt (A.), Malakozoolog. Blâtter, p. 70, Taf. III, fig. 1-3, 1865 [Hélix Stauropolitan a]. 

3 Pfeiffer (G.), Naturgeschichte Deutscher Land- und Siïsswasser-Mollushen, Gassel, III, Taf. IV, fig. 6-7, 
1828. C'est YHelix austriaca Muhlfeldt, Y Hélix arvensis Krynicki, Y Hélix mutabilis Hartmann, et Y Hélix 
montana Sturm. 

4 Peut-être faut-il voir, dans ce fait, l'explication de cette singularité que seul YHelix hortensis Mùller, 
s'acclimate dans l'Amérique du Nord. 

5 Voici la description donnée par A. Locard, Note sur les coquilles terrestres de la faune quaternaire de la 
Baume-d' Hostun (Drôme), p. 9, 1890 : 

(c Coquille d'un galbe globuleux, un peu déprimé, de grande taille, très convexe et un peu plus développée en 
dessus qu'en dessous. — Spire composée de cinq à cinq et demi tours, les premiers à croissance régulière, à profil 
simplement convexe ; dernier tour très gros, exactement arrondi en dessus comme en dessous, s'infléchissant rapi- 
dement, mais sur une faible longueur à son extrémité, légèrement plus dilaté dans cette partie; — suture peu 
profonde quoique bien accusée ; — sommet lisse et obtus ; — ouverture grande, très oblique, ovalaire, un peu 
plus large que haute, assez échancrée par Tavant-dernier tour ; — péristome discontinu, bien arrondi, depuis sa 
naissance dans le haut, jusqu'à la partie la plus inférieure, se rejoignant ensuite avec la columelie par une ligne 
droite, légèrement réfléchi dans la partie arrondie, plus épaissi et comme comprimé dans la partie droite , — 
ombilic nul ; — test solide, assez épaissi, orné de stries longitudinales un peu flexueuses, un peu fines, 
irrégulières, rapprochées. — Hauteur totale : 20 à 22 ; diamètre maximum : 30 à 32 millimètres. » 



DES BASSINS DU RHONE ET DU RHIN 



51 



normaux aient une taille pareille à ce type 1 : par son ensemble plus surbaissé..., par son 
dernier tour plus arrondi dans son profil ; par son ouverture proportionnellement plus grande 
et encore plus allongée dans le sens transversal; par son péristome plus épais, plus renversé 
dans la partie arrondie, etc. 

« Dans le grand nombre d'échantillons qui nous ont été communiqués, nous avons observé 
quelques variations. A côté du type tel que nous venons de le décrire, nous signalerons une 
variété globulosa, dont la spire est un peu plus haute,, ce qui donne à l'ensemble un faciès plus 
globuleux. Chez quelques sujets on constate encore des traces de bandes ornementales, ces 
échantillons sont en minorité. Ils répondent aux formules 003|45, 103|45 et 123|45 2 . » 

De ce texte, il faut déduire que Y Hélix Depereti est une espèce plus voisine de V Hélix 
atrolabiata Krynicki, que notre Hélix nemoralis Linné, actuel. Enfin, bien souvent, les Hélix 
nemoralis Linné, des tufs quaternaires ont un aspect rappelant celui de V Hélix vindobonensis 
Pfeiffer 3 . 

Il résulte clairement de tout ceci que les Tachea, originaires de l'Asie centrale, se sont 
propagés en Europe vers la fin du quaternaire, en donnant naissance : dans l'Europe centrale, 
kV Hélix vindobonensis Pfeiffer 4 , et, dans l'Europe méridionale, deux. Hélix nemoralis Linné, 
et Hélix Itortensis Mùller, dont V Hélix Depereti Locard, est une des formes ancestrales. Le 
tableau suivant résume l'évolution et les affinités du groupe : 

HELIX ATROLABIATA Krynicki. 



HELIX STAUROPOLITANA Schmidt. 




HELIX VINDOBONENSIS Pfeiffer. 



HELIX DEPERETI Locard 



HELIX HORTENSIS Mùller. 



HELIX NEMORALIS Linné. 

[forma subaustriaca Bourg.] 



HELIX NEMORALIS Linné. HELIX SYLVATICA Draparnaud. 



« Les plus gros échantillons & Hélix nemoralis, que nous ayons rencontrés dans le bassin du Rhône ne 
mesurent que 21 millimètres de hauteur et 28 de diamètre [Locard, Et. variations malacol., I, p. 172, 1880]. 
Nous nous sommes procuré des échantillons à' Hélix nemoralis vivants, pris dans la même localité que Y Hélix 
Depereti, et les plus beaux ne mesurent que 18 millimètres de hauteur pour 25 de diamètre » [Locard (A.)]. 

2 Locard (A.), loc. supra cit., p. 8 9, 1880. 

3 Hélix nemoralis Linné, forma subaustriaca Bourguignat. 

4 Et à sa forme alpestre occidentale, Y Hélix sylvatica Draparnaud. 



52 MOLLUSQUES TERRESTRES ET FLUVIATILES 

Cette migration quaternaire d'espèces asiatiques de l'Est vers l'Ouest- est-elle unique? 
J'espère bien montrer un jour que ce chemin a été suivi, à des époques très différentes, par 
beaucoup d'espèces de notre faune française qui ont ainsi émigré par les routes mêmes suivies 
par les peuples migrateurs. Il en est ainsi, par exemple, pour VEulota fruticum Millier, et 
V Hélix pomatialÀmiè. Mais cette dernière espèce est, dans notre faune, d'origine beaucoup 
plus récente. Je la crois introduite avec les grandes invasions celtes et propagée seulement à 
l'époque romaine. 

III 

Recherchons maintenant les formations analogues à celles de la Buisse. Nous trouvons 
tout d'abord, dans le département voisin de la Drôme, les tufs de la Baume-d'Hostun étudiés 
géologiquement par Elie Mermier 1 et paléontologiquement par A. Locard 2 . Ils présentent une 
faune tout à fait comparable à celle de la Buisse, avec seulement quelques différences de détails 
qui n'influent pas sensiblement sur l'ensemble. Ainsi l'on trouve, à la Baume-d'Hostun, 
le Succinea oblonga Draparnaud, et un assez grand nombre de Hyalinia : 

Hyalinia septenirionalis Bourguignat 3 . 
Hyalinia Blauneri Shuttleworth 4 . 
Hyalinia neglecta Fagot 5 . 
Hyalinia Dutaillyi Mabille 6 . 
Hyalinia diaphana Studer 7 . 
Hyalinia subnilens Bourguignat 8 . 

A cette liste, il convient d'ajouter V Hélix (Tachea) Depereti Locard °, forme ancestrale de 
V Hélix nemoralis Linné, et dont j'ai précédemment parlé. Toutes les autres espèces de 
la Baume-d'Hostun sont, comme à la Buisse, des Gastéropodes plus particulièrement alpestres 
ou subalpestres, abondants surtout dans le Nord et l'Est de notre pays. 

Je puis donc synchroniser les dépôts de la Buisse et ceux de la Baume-d'Hostun, en 
remarquant toutefois que la présence de Succinea et de Hyalinia plus nombreux semble 
indiquer, à la Baume-d'Hostun, un climat encore plus humide qu'à la Buisse 10 . 

Les tufs de Roponoud, près d'Optevoz, ceux de la Gagne, près Trept, de la Fusa, près de 
Crémieu, d'Amby, entre Hières et Optevoz, et enfin ceux de Bonsens, près d'Hières, dans le 

1 Mermier (Elie), Aperçu gèologiq%te sur les environs de la Baume-cV Hostun (Drôme), in-8°, 20 p., 1890. 

2 Locard (A.), Note sur les coquilles terrestres de la faune quaternaire de la Baume-d'Hostun (Drôme), 
in-8°, 22 p., 1890. 

3 Bourguignat (J.-R.), Mollusques nouveaux, litigieux ou peu connus, 11 e décade, p. 17, pi. I, ûg. 4-6, 
1870, et Revue et magasin de Zoologie, XXII, p. 17, pi. XVI, fig*. 4-6, 1870 [Zonites septentrionalis]. 

4 Shuttleworth, In Mittli. Gessellsch. Bern., p. 13, 1843 [Hélix Blauneri}. 

5 Fagot (P.), Catalogue descriptif Mollusques lerr., fluv., région de Toulouse, p. 54, 1888. 

6 Mabille (J.), Archives de Malacologie, 3 e fasc, p. 53, !S18[Zonites Dutaillyanus]. 

7 Studer, Kurzes Verzeichn. Conchylien, p. 86, 1820 (Hélix diaphana). 

8 Bourguignat in Mabille (J.), Histoire malacologique du bassin parisien, l or fasc, p. 116, 1870 [Zonites 
subnilens']. Cette espèce est synonyme du Hyalinia nitevs Gmelin. 

9 Locard (A.), loc. supra cit., p. 9, 1890. 

II faut en effet remarquer que beaucoup des Hyalinia signalés ici sont synonymes du Hyalinia lucida 
Draparnaud. 



DES BASSINS DU RHONE ET DU RHIN 53 

département de l'Isère, appartiennent fort probablement à des formations de la même époque. 
Il est ici plus difficile d'apporter une certitude. Aucune liste complète des Mollusques récoltés 
dans ces formations n'a été publiée. A. Locard s'est contenté de décrire un certain nombre 
d'espèces nouvelles recueillies par le D r Jacquemet 1 ; mais, d'après ces descriptions, il est 
possible d'arriver à une idée assez exacte de la faune, beaucoup d'espèces, présentées comme 
nouvelles, n'étant que des variations, souvent peu sensibles, de types déjà connus. Voici, avec 
quelques observations, les Mollusques signalés par A. Locard : 

Succinea Jacquemeti Locard 2 . 

Hyalinia strawiicensis Locard 3 . 

Hélix strigella Draparnaud, variété globidosa Locard. 

Hélix strigellina Locard 4 . 

Hélix elisula Locard 5 . 

Hélix obstrulenta Locard 6 . 

Hélix conulifera Locard 7 , 

Hélix praviata Locard 8 . 

Hélix hispidellina Locard 9 . 

Hélix sabsarinica Locard. 

Zua petrsea Locard 10 . 

Zua prœcursor Locard I0 . 

Ainsi cette faunule présente, avec celle de la Buisse, de telles analogies, qu'il est difficile 
de croire qu'elle a vécu à une époque très différente. 



• * 

* * 



En comparant les formations que nous venons de passer en revue avec celles des autres 
régions de la France, nous serons amenés à les synchroniser avec les tufs de Pont-à-Mousson 11 
(Meurthe-et-Moselle), Morville-sur-Seille " (Meurthe-et-Moselle), la Sauvage u (Grand-Duché 
de Luxembourg), Vincey 11 (Vosges), la Perle ou Presle 11 (Aisne), Resson 12 (AubeJ, la Celle- 

1 Locard (A.), Description de Mollusques quaternaires nouveaux recueillis aux environs de Crémieu (Isère) 
par M. le D r Jacquemet, Annales Société linnèenne de Lyon, 1894 (tirés à part, Lyon, in-8°, 20 p., 29 fig. dans 
le texte, 1894). 

2 Variété du Succinea oblonga Draparnaud. Voyez deuxième partie de ce Mémoire. 

3 Synonyme du Hyalinia lucida Draparnaud. 

4 V ariété de l' Hélix strigella Draparnaud, retrouvée dans les tufs de la Buisse par M. le D r Cl. Gaillard 
(voy. p. 11 de ce mémoire^. 

5 Forme à grand ombilic de YHeUon hispïda Linné. 

G Forme de taille un peu plus grande de YHeliœ plebeia Draparnaud. 

7 Forme elata de YHeliœ Bourniana Bourguignat. 

8 Forme def YHeliœ concinna Jeffrey ss. 

9 Forme un peu déprimée de Y Hélix hispidella Bourguignat. 

10 Formes du Zua subcylindrica Linné. 

11 Bleicher et Fliche, Recherches relatives à quelques tufs quaternaires du Nord-Est de la France (Bulletin 
Société géologique France, 3 e série, XVII, p. 566-602, 1889). 

12 Fliche, Etude paléontologique sur les tufs quaternaires de Resson (Bulletin Société gèologiqioe France, 
3 e série, XII, p. 6-31, 1884). 



54 MOLLUSQUES TERRESTRES ET FLUVIATILES 

sous-Moret 1 (Seine-et-Marne), Saint-Pierre-lès-Elbeuf 2 (Seine-Inférieure), et Montigny, près 
Vernon 3 (Eure). Le tableau comparatif ci-contre fera ressortir les analogies et les différences 
des faunes malacologiques de ces diverses formations. 

L'examen de ce tableau permet de faire ressortir un certain nombre de faits importants. 

Dans tous les dépôts, nous observons le même ensemble faunistique avec abondance des 
Mollusques vivant dans des milieux très humides. Partout 4 nous observons des Succinées 
assez nombreuses et souvent même des Succinées particulièrement fréquentes au bord des eaux 
(Succinea putris, variété limnoidea Picard 5 ), des Ryalinia, des Hélix à enroulement lent 6 , 
c'est-à-dire des espèces indiquant un climat très humide. 

L'absence ou la rareté relative des espèces fluviatiles se remarque partout, sauf à Resson 
et à Vincey, où les Gastéropodes d'eau douce sont nombreux et indiquent un régime nettement 
marécageux. Les conclusions de l'étude de Fliche 7 , basées principalement sur l'étude des 
Végétaux, montrent que Resson était occupé par un marais que dominait une colline calcaire 8 , 
marais où vivaient de nombreuses touffes de Chara, des Typha, des Scirpus; ses bords étaient 
encombrés de Graminées et de Gypéracées et, plus loin, apparaissait la végétation arborescente 
représentée par des Bouleaux, des Peupliers, des Hêtres, des Noyers, des Tilleuls. A Vincey, 
nous observons également une faune d'eau douce, marécageuse, prédominant sur la faune 
terrestre. Pour Rleicher et Fliche, les tufs de Vincey ont été formés par une source incrustante 
sourdant du flanc de collines bordant une anse tranquille — j'ajouterai marécageuse — de la 
Moselle 9 . 

Trois de nos dépôts (la Celle-sous-Moret. Saint-Pierre-lès-Elbeuf et Montigny) se caracté- 
risent par des espèces qui manquent dans tous les autres. 



Zonites acieformis Klein 



10 



1 Tournouër (R.), Note sur les coquilles des tufs quaternaires de la Celle près Moret (Seine-et-Marne) (Bulletin 
Société géologique France, 3 e série, II, p. 444-448, 1874, et Note complémentaire sur les tufs quaternaires de 
la Celle près Moret (ibid., 3 e série, V, p. 646-671, pi. XII-X1II, 1877). — Jodot (P.), Excursion aux carrières de 
tufs quaternaires de la Celle-sous-Moret (Bulletin Société naturalistes parisiens, 12 p., 1907 et Note sur la faune 
conchyliologique des tufs quaternaires de la Celle-sous-Moret (Seine-et-Marne). (Comptes rendus Associât, franc, 
avancement sciences, Clermont-F 'errand , p. 425-430, 1908). 

2 Ghédeville (P.-J.), Recherches préhistoriques et géologiques sur la station paléolithique et le dépôt quater- 
naire ou pléistocène de Saint-Pierre-lès-Elbeuf (Bulletin Soc. étude se. naturelles Elbeuf, 1895 (1896); tirés à 

part, Elbeuf, 29 p. et 3 pi., 1896). 

Germain (Louis), Sur quelques Mollusques quaternaires de Saint-Pierre-lès-Elbeuf (Bulletin Soc. étude 
sciences naturelles Elbeuf, 1907 (1908) p. 66-91, et Note complémentaire sur quelques Mollusques quaternaires 
terrestres et flu viatiles de Saint-Pierre-lès-Elbeuf [ibid., p. 137-153, 1908 (1909)]. 

3 Dollfus (G- ), Sur un tuf quaternaire reconnu à Montigny près Vernon (Comptes rendus Académie sciences 
Paris, I, p. 1369, 1898). 

4 Sauf à la Buisse. 

5 Picard (G.), Histoire des Mollusques terrestres et fluviatiles qui vivent dans le département de la Somme 
(Bulletin Société Linnéenne nord France, Abb e ville, I, p. 172, 1840) [Succinea amphibia var. OS. limnoidea"]. 

6 Et aussi des Hélix nemoralis Linné, et Hélix hortensis Millier, à formes ambiguës. Voir ci-dessus p. 20. 

7 Fliche. Bulletin Société géologique de France, 3 e série, XII, p. 26, 1884. 

8 Fliche indique (toc. supra cit., p. 11, 1884) Y Hélix ericelorum Miïller. Je crois cette détermination 
erronée, mais si elle était exacte, il me semble évident que les individus vus par Fliche ne sont pas en place. 

9 Bleicher et Fliche, Bulletin Société géologique France, 3 e série, XVII, p. 569, 1889. 

i0 Klein in Sandberger, Land- und Sùsswasser-Conchylien..., p. 858, Taf. XXXIV, fig. 17 a - 17 b., 1875. 
Voir aussi Tournouër, Bulletin Société géologique France, 3 e série, V, pi. XIII, fig. 3, 1877. 



DES BASSINS DU RHONE ET DU RHIN 55 

Zonites sequanicus Munier-Chalmas 1 . 
Eulota Chouqueti Tournouër ' 2 . 

Or, V Eulota Chouqueti Tournouër, par sa taille et sa forme très déprimée, indique un 
climat humide, à température constante et relativement chaude. Il en est de même des Zonites 
dont les analogues ne vivent plus, aujourd'hui, que dans l'Europe orientale et le Midi de la 
France 3 . Cette faune indique évidemment que ces trois dépôts se sont formés dans des condi- 
tions différentes de celles des autres tufs signalés dans ce travail et sous un climat plus clé- 
ment, plus chaud, plus humide, notablement plus chaud et plus humide que celui dont jouissent 
actuellement les mêmes régions. L'étude de la flore fossile conduit aux mêmes conclusions : 
celle de la Celle-sous-Moret montre des Lauriers, des Figuiers et des Cercis qui ne sont plus 
spontanés dans le pays. 

Les faunules malacologiques quaternaires de Pont-à-Mousson, de la Sauvage et de la 
Perle ou Presle diffèrent, par quelques détails intéressants, de la faune actuelle. A Pont-à- 
Mousson et à la Sauvage, le Cyclostoma elegans Mùller, et le Hyalinia cellaria Mûller, 
sont devenus beaucoup plus rares et le Succinea putris, variété limnoidea Picard, semble 
entièrement disparu. A la Perle ou Presle, le Hyalinia cellaria Mùller, si abondant fossile, 
est aujourd'hui rare et les Cyclostoma elegans Mùller, et Succinea putris, variété limnoidea 
Picard, paraissent éteints dans la région. Ces constatations prouvent que le pays est devenu 
notablement moins humide qu'il n'était au temps de la formation des tufs, mais que la moyenne 
annuelle de la température n'a pas dû varier sensiblement 4 . Fliche arrive aux mêmes conclu- 
sions en partant de l'étude des Végétaux. 



* 
* * 



Si nous cherchons maintenant à rapprocher ces différents dépôts, en tenant compte de leurs 
affinités, nous constituerons les trois groupements suivants : 

I. Les tufs de la Celle-sous-Moret, de Saint-Pierre-lès-Elbeuf et de Montigny forment 
un premier groupe très homogène. Ces trois formations sont absolument synchrones, comme 
le montre V identité absolue de leurs faunes, même dans ses détails. Cette faune indique un 
climat sensiblement plus chaud, mais surtout plus égal et notablement plus humide que celui 
qui existe actuellement dans les mêmes localités 5 . Je donnerai à ces dépôts le nom de groupe 
du bassin de la Seine. 

1 Munier-Chalmas in Lapparent (A. de), Traité de Géologie, 5 e édition ; III, p. 1704, 1906. Cette espèce 
qui n'a jamais été décrite, reste problématique et n'est peut-être qu'une variété du Zonites aciefurmis Klein. Elle 
est spéciale aux tufs de la Celle- sous-Moret. 

2 Tournouër,* loc. supra cit., p. 669, pi. XIII, fig. 5-5 a, 1877 [Hélix (Eulota) Chouqueti an a]. 

3 Dans notre pays, le seul Zonites algirus Linné, représente aujourd'hui ce groupe. Il habite la Provence 
où son aire de dispersion coïncide assez exactement avec le domaine de l'Olivier. 

4 A la Presle, le climat était peut-être un peu plus chaud, mais surtout plus égal, comme l'indique la présence 
des Figuiers et des arbres de Judée. 

5 Le bassin de la Seine a donc joui, pendant le quaternaire d'une température plus douce qu'aujourd'hui, mais la 
différence ne devait pas être grande et, en tous les cas, elle me paraît beaucoup moins importante que ne le voulait 
de Saporta [Sur l'existence constatée du Figuier aux environs de Paris à l'époque quaternaire (Bulletin Société 
géologique France, 3 e série, II, p. 439,1874) et : Sur le climat des environs de Paris à l'époque du diluvium gris, à 



56 MOLLUSQUES TERRESTRES ET FLUVIATILES 

II. Un deuxième groupe est constitué par les tufs de Resson, de Vincey, de Morville-sur- 
Seille, de Pont-à-Mousson, de la Sauvage et de la Perle ou Presle. Ici, le climat devait être, 
au point de vue température, à peu près identique à celui d'aujourd'hui, mais il était plus égal 
et surtout beaucoup plus humide : régime de petites pluies fines et continues et de brouillards 
nombreux. Cependant, la Perle ou Presle, dans une situation sans doute mieux abritée, jouis- 
sait d'un climat un peu plus chaud, mais toujours aussi humide. Ces différents tufs forment le 
groupe de l'Est. 

III. Enfin, le troisième groupe est composé des dépôts plus méridionaux, géographique- 
ment parlant, de la Buisse, de la Baume-d'Hostun et des environs de Crémieu. Le climat 
était également fortement humide, mais identique ou même un peu plus froid que celui de la 
contrée à l'époque actuelle. Cette conclusion découle de l'étude faunistique des dépôts qui sont 
remarquables par l'absence de toute espèce méridionale. Ce groupe, par sa situation géogra- 
phique, peut s 5 appeler groupe méridional. 

Malgré ces différences, qui me paraissent surtout provenir de conditions locales plus ou 
moins variées *, le synchronisme de toutes ces formations ne me paraît pas pouvoir être mis en 
doute ; tous appartiennent au quaternaire supérieur et indiquent, qu'à cette époque, régnait un 
climat sinon beaucoup plus chaud, du moins plus constant et plus humide qu'aujourd'hui. Il 
me semble certain que l'on trouvera de nouveaux gisements qui permettront de relier ceux du 
groupe méridional à ceux du groupe de l'Est, comme ceux du groupe de l'Est se relient à 
ceux du bassin de la Seine. 



propos delà découverte du Laurier dans les Tufs quaternaires de la Celle, (Comptes rendus Association française 
avancement sciences, Glermont-Ferrand, pp. 640 à 654 et PL XIII, 1876). 

1 Aujourd'hui encore la moyenne annuelle de la température est plus élevée à la Celle-sous-Moret qu'à Resson_ 



DEUXIEME PARTIE 

MOLLUSQUES 

Recueillis par M. le D Cl. GAILLARD 

DANS LE LŒSS DES ENVIRONS DE LYON 



M. CL Gaillard, au cours de ses recherches géologiques aux environs de Lyon, a recueilli 
un assez grand nombre de documents malacologiques qui viennent heureusement compléter nos 
connaissances sur la faune du lœss. Cette faune, comme celle de tous les terrains quaternaires 
du Lyonnais, a déjà fait l'objet d'un grand nombre de travaux. Dans le très court historique 
qui va suivre, je me bornerai à signaler seulement les mémoires les plus importants, laissant 
volontairement de côté les notes éparses dans de nombreux recueils périodiques et ne renfer- 
mant pas de documents originaux. 

C'est à Terver 1 que l'on doit la première liste des Mollusques du lœss. Il y signale les 
espèces suivantes : 

Sphyradium morn^wm Draparnaud. Succinea (Lucena) oblonga Draparnaud. 

Hélix ( ' Fruticicola) hispida Linné. Limnsea (Radix) peregra Mùller 2 . 

Hélix (Arianta) arbustorum Linné. Cyclostoma (Ericia) elegans Mùller. 
Hélix (Tachea) hortensis Mùller. 

Quelques années plus tard, Faisan et Locard ont donné, dans leur belle Monographie 
géologique du Mont-d'Or Lyonnais, une liste des Mollusques des argiles lacustres de la vallée 
de la Saône dans laquelle nous relevons les espèces suivantes, déterminées par Terver 3 : 

Hélix (Vallonia) costata Mùller. Planorbis (Gyraidus) albus Mùller. 

Limnsea (Radix) limosa Linné 4 . Carychium minimum Mùller. 

Limnœa (Galba) truncatida Mùller. Bythinia (Elona) tentaculata Linné. 

1 Terver (A.-P.), Note sur les fossiles du Lehm. (Annales Société Agriculture Lyon, 3 e série, IV, p. 320, 
1859;. 

Cette détermination est certainement erronée ; le Limnsea peregra Millier, est inconnu dans le lœss. 
Faisan (A.) et Locard (A.), Monographie géologique du Mont-dCOr lyonnais et de ses dépendances, Lyon, 
p. 391,1866. 

4 Sous le nom de Limnsea obtusa Draparnaud. 
Arch. Mus. — t. XI u g 



58 



MOLLUSQUES TERRESTRES ET FLUVIATILES 



Amnicola similis Draparnaud. 
Valvata (Cincinna) piscinalis Mùller. 
Valvata (Gyrorbis) cristata Draparnaud 



Pisidium (Fiuminina) amnicum Mùller 1 , 
Pisidium (Fossarina) nitidum Jenyns. 



Cette liste est reproduite, presque sans changements, dans le Mémoire de Lortet et 
Chantre 2 , sur la paléontologie du bassin du Rhône. 

Des fouilles nombreuses dans les formations quaternaires de la vallée de la Saône, 
notamment aux environs de Màcon, furent alors entreprises par Arcelin. Cet auteur recueillit 
un grand nombre de Mollusques qui, déterminés par J.-R. Bourguignat, furent publiés par de 
Ferry dans son ouvrage sur le Maçonnais préhistorique* : 



Hyalinia (Polita) septentrionalis Bourguignat. 
Succinea (Neritostoma) putris Linné. 
Succinea (Lucena) oblonga Draparnaud. 
Limnœa (Radix) auricularia L. var. Har- 

tmanni Hartmann. 
Limnzea (Radix) peregra Mùller. 
Limnzea ( Stagnicola) palustris Mùller. 
Planorbis (Tropidiscus ) umbilicatus Mùller. 
Planorbis (Diplodiscus) vortex Linné. 
Planorbis (Gyraulus) Crossei Bourguignat. 
Planorbis (Gyraulus) Arcelini Bourguignat. 
Planorbis (Armiger) cristatus Draparnaud. 
Planorbis (Bathyomphalus) conlortus Linné. 
Ancylus (Acroloxus) lacustris Linné. 



Bythinia (Elona) tentaculata Linné. 
Amnicola sp. ind. 

Valvata (Cincinna) piscinalis Mùller. 
Valvata (Cincinna) obtus a Brard. 
Valvata (Cincinna) Arcelini Draparnaud. 
Valvata (Gyrorbis) spirorbis Draparnaud. 
Valvata (Gyrorbis) minuta Draparnaud. 
Valvata (Gyrorbis) planorbulina Paladilhe. 
Theodoxia fluviatilis Linné. 
Sphœrium corneum Linné. 
Pisidium (Fossarina) henslowianum Sheppart 
Pisidium (Fossarina) caser tanum Poli. 
Pisidium (Fossarina) pusillum Gmelin. 
Pisidium (Fossarina) nitidum Jenyns. 



Enfin A. Locard, coordonnant ses observations et toutes celles de ses devanciers, publia, 
en 1879, le premier ouvrage d'ensemble sur la faune malacologique du quaternaire lyonnais 4 
Ce travail fondamental fut complété, en 1880, par un Mémoire sur les argiles lacustres des 
vallées du Rhône et de la Saône 5 . 

C'est à cet ensemble de documents que viennent s'ajouter les matériaux recueillis par M. le 
D r CL Gaillard. Il est désormais possible de se faire une idée suffisamment nette de la faune du 
lœss et de la comparer avec fruit à la faune actuelle. C'est ce que j'essayerai de faire dans le 
troisième chapitre de ce travail après avoir, dans les deux premiers, étudié zoologiquement les 
espèces du lœss. 



1 Sous le nom de Cyclas palustris Draparnaud. 

2 Lortet (D r ) et Chantre (E.), Etudes paléontologiques sur le bassin du Rhône. Période quaternaire (Archives 
Muséum histoire naturelle de Lyon, I, p. 61-62, p. 63 et p. 77, 1876). 

3 Ferry (De), le Maçonnais préhistorique, p. 109. Vers la même époque, Arcelin [Formations tertiaires et 
quaternaires des environs de Mâcon, p. 57] signalait dans les argiles du Maçonnais : 

S phy radium inornatum Draparnaud ; 
Hélix hispida Linné ; 
Succinea oblonga Draparnaud. 
Locard (A.), Description de la faune malacologique des terrains quaternaires des environs de Lyon (Annales 
de la Société d'Agriculture, Sciences et Arts de Lyon, in-8, xiv 4- 210 p., I pi.). 

Locard (A.), Nouvelles recherches sur les argiles lacustres des terrains quaternaires de Lyon, Lyon, 
in-8, 37 p., 1880. 



CHAPITRE PREMIER 

DESCRIPTION DES ESPÈCES 



GASTEROPODES PULMONES 

STYLOMMATOPHORES 

Famille des ENDODONTID/E 
Genre PYRAMIDULA Fitzinger, 1833 

§ I. — GONYODISCUS Fitzinger, 1833 

PYRAMIDULA (GONYODISGUS) ROTUNDATA Mûller. 

(PI. III, fig. 110, 113, 114, 122 à 124 et 128 à 131.) 

1774. Hélix rotundata, Millier, Verm. terrestr. etfluv. hhïot,, II, p. 29, n° 231 (nonMorelet, nec Mousson). 
1911. Pyramidula (Gonyodiscus) rotundata, Germain, Vide ante, p. 5. 

Dans le lœss de Vénissieux (Rhône), M. le D r Cl. Gaillard a recueilli des exemplaires de 
grande taille, atteignant 7 1/2 millimètres de diamètre maximum pour 6 1/2 millimètres de 
diamètre minimum et 2 3/4 millimètres de hauteur. La spire est assez élevée, conique subtec- 
tiforme en dessus, et ses tours croissent très lentement et avec une grande régularité. En 
dessous, la coquille est très fortement ombiliquée, le diamètre de Pombilic atteignant sensi- 
blement le demi diamètre maximum de la coquille. Comme dans les exemplaires des tufs de 
la Buisse, le test est fortement costulé. 

Les Pyramidula rotundata Millier, de grande taille sont peu répandus dans le loess des 
environs de Lyon où les plus grands exemplaires dépassent rarement 6 3/4 millimètres de 
diamètre maximum. La coquille recueillie par M. le D r Cl. Gaillard, constitue une variété 
major surtout répandue dans les pays de plaine, au contraire des formes minor qui se plaisent 
plus spécialement dans les régions montagneuses. 



60 MOLLUSQUES TERRESTRES ET FLUVIATILES 

A. Locard signale cette espèce dans le lœss du Mont-d'Or lyonnais, à la Chaux, à Saint- 
Rambert et à Saint-Fons (Rhône) ; à Miribel (Ain); et dans les argiles lacustres de la vallée 
du Rhône, à la Mouche et à Gerland (Rhône). 



Famille des HELICID/E 
Genre HELIX Linné, 1758 

§ I. — THEBA Risso, 1826 

HELIX (THEBA) RUFILABRIS Jeffreyss. 

(PI. V, fig. 267 à 281 et 283 à 285.) 

1831. Hélix Olivieri, Michaud, Complément histoire Mollusques, Draparnaud, p. 25, pi. VII, fig. 3-5 (non de 

Férussac). 
1833. Hélix ru filabris, Jeffreyss, Synops. Mollus., Transact. linn. soc, XVI, p. 509. 
1848. Hebœ ruftlabris, Dupuy, Histoire Mollusques terr., fluv. France, p. 207, tab. IX, fig. 7. 
1882. Hélix ru filabris, Locard, Prodrome malacologie française; Catalogue Mollusques terrestres, eaux 

douces et saumâtres, p. 72. 
1887. Hélix (Carthusiana) carthusiana var. ru filabris, Tryon, Manual of Conchology, 2 e série, Pulmonata, 

m, p. 195. 

1894. Hélix. ru filabris, Locard, Coquilles terrestres, France, p. 110, fig. 132-133. 

1894. Hélix (Theba) carthusiana, forma carthusianella, Pilsbry in Tryon, Manual of Conchology, 2 e série, 

Pulmonata, IX, p. 266 
1899. Hélix ruftlabris, Locard, Conchyliologie portugaise; Coquilles terrestres, des eaux douces et saumâtres, 

p. 64. 

Coquille de petite taille, déprimée ; spire peu élevée, bien conique en dessus, composée de 
6 tours de spire convexes, à croissance lente et régulière, séparés par des sutures bien mar- 
quées; dernier tour assez grand, plus convexe en dessous qu'en dessus, subcaréné à sa naissance 
et ensuite comprimé jusqu'à l'ouverture (carène émoussée partageant le tour en une partie 
inférieure bien plus grande et plus convexe que la partie supérieure), lentement descendant à 
l'extrémité; ombilic petit, punctiforme ; ouverture oblique, ovalaire-transverse ; bords margi- 
naux convergents, le supérieur d'abord subrectiligne se continuant par un bord externe bien 
convexe ; bord columellaire un peu réfléchi à sa naissance ; péristome bordé par un bourrelet 
ayant conservé, chez quelques exemplaires, la coloration rosée qu'il possédait à l'état 
vivant. 

Diamètre maximum : 8-10 millimètres; diamètre minimum : 6 1/2-7 1/2 millimètres; 
hauteur : 4 1/4-5 millimètres ; diamètre de l'ouverture : 4-5 millimètres ; hauteur de l'ouver- 
ture : 3-4 millimètres. 

Test mince, un peu fragile ; premiers tours lisses, les autres ornés de stries fines, serrées 
et assez régulières. 

Lœss de Saint-Fons (Rhône) [M. leD'Cl. Gaillard, 1910]. 



DES BASSINS DU RHONE ET DU RHIN 6i 

Cette espèce a été, à tort, appelée Hélix Olivieri par Michaud 1 . Le véritable Hélix 
Olivieri de Férussac 2 , est un Hélix différent, très répandu en Asie-Mineure 3 . 

V Hélix rufilabris Jeffreyss, est voisin de VHelix carthusiana Mùller 4 , et un certain 
nombre d'auteurs le considèrent comme une simple variété. Il se distingue cependant toujours 
de VHelix carthusiana Mùller : par sa taille constamment bien plus petite ; par sa forme plus 
globuleuse ; par sa spire plus haute ; par son dernier tour plus gros, moins développé en 
diamètre; enfin par son ouverture mieux arrondie. L'animal est également différent dans les 
deux espèces : il est blanc, marqué de taches noires ou, le plus souvent, jaunes sur le manteau 
chez VHelix carthusiana Mùller ; il est, au contraire, noir avec une ligne blanchâtre sur le 
cou, maculé de taches blanches ou jaunâtres sur le manteau chez VHelix rufilabris Jeffreyss. 
Enfin VHelix rufilabris Jeffreyss, vit dans les lieux secs, pierreux ou broussailleux, contrai- 
rement à VHelix carthusiana Mùller, qui habite les endroits plus humides. 

Il est impossible de trouver des différences appréciables entre les exemplaires du lœss et 
ceux vivant encore aujourd'hui dans la région. 

Distribution géologique. — Très souvent confondu avec VHelix carthusiana Mùller, 
il est difficile d'apprécier l'extension géologique de VHelix rufilabris Jeffreyss. Il est certain 
cependant, d'après la courte description et les dimensions données par l'auteur, que c'est bien 
cette espèce que A. Locard a signalée dans lœss des Chartreux à Lyon, de la Chaux et de 
Collonges-au-Mont-d'Or et de Bublane dans rAin 3 . Je ne saurais être aussi affirmatif en ce qui 
concerne le « seul échantillon trouvé à la Mouche par M. Roy. Il est de taille moyenne et nous 
paraît absolument conforme au type qui vit actuellement 6 . » Il est fort possible que cet exem- 
plaire des argiles lacustres de la vallée du Rhône doive être rapporté au véritable Hélix 
carthusiana Mùller. 

Distribution géographique actuelle. — L'aire de dispersion de VHelix carthusiana 
Mùller, embrasse toute l'Europe ; il est fort probable que VHelix rufilabris Jeffreyss, Faccom- 

1 Voir la synonymie en tête de cet article. 

2 Férussac (De), Tableaux systématiques des Animaux Mollusques, p. 43, n° 255, 1821. 

3 Voir au sujet de cette espèce, mon mémoire actuellement sous presse sur les Mollusques terrestres et fluvia- 
tiles, recueillis par M. H. Gadeau de Kerville pendant son voyage en Syrie, 

4 Mùller, Vermium terrestr. et fluv. histor., II, p. 75, n° 214, 1774. Cette espèce possède une synonymie 
compliquée que je résume de la manière suivante : 

Hélix nitida Martini et Chemnitz, Syslematisch. Conchy lien-Cabinet, IX, part. 2, p. 103, Taf. CXXVII 
fig. 1130-1131, 1780. — Hélix bimarginata Gray, Med. Reposit., XV, p. 239, 1821. — Theba carthusiana 
Kisso, Histoire natur. Europe méridionale, YI, p. 74, n°166, 1826. — Theba carthusianella Risso, loc. supra 
cit., YI, p. 75, n° 167, 1826. — Monacha carthusianella Fitzinger, System. Verzeichn., (Ester., p. 95., 1833 
— Hélix Gibsii Leach in Brown, Illustrât. Conchol., pi. XL, fig. 49-51, 1833. — Hélix Gypsii de Férussac, 
Journal physique, XG, p. 300, 1833. — Fruticicola carthusianella Held, Isis, p. 914, 1837. — Bradybœna 
carthusiana Beck, Index Mollus cor um,?. 19, 1837. — Hygromia carthusiana Adams, Gênera of récent 
Mollusca, p. 214, 1853. — Hélix (Cartlmsiana) carthusiana Tryon, Manual of Conchology, 2 Q série, Pulmo- 
nata,l\l, p. 195, pi. XLIV, fig. 12-13. — Hélix (Theba) carthusiana Westerlund, Faunader palàarcl. région 
Binnenconchylien, II, p. 81, n° 218, 1889. — Hélix (Theba) carthusiana Pibbry in Tryon, Manual of Concho- 
logy, 2 e série, Pulmonata, IX, p. 266, 1894. 

5 Locard (A.), Description de la faune malacologique des terrains quaternaires des environs de Lvon 
p. 42, 1879. J ' 

6 Locard (A.), Nouvelles recherches sur les argiles lacustres des terrains quaternaires des environs de 
Lyon,?. 23, 1880. 



62 MOLLUSQUES TERRESTRES ET FLUVIATILES 

pagne à peu près partout , quoiqu'il reste toujours plus rare et semble plus méridional 1 . En 
France, il a été signalé dans presque tous les départements, et n'est pas rare dans la région 
lyonnaise. 



§11. — CANDIDULA Kobelt, 1871 2 

HELIX (GANDIDULA) UNIFASGIATA Poiret. 

(PI. II, fig. 62, 63, 67, 68, 72 et 73.) 

1801. Hélix unifasciata, Poiret, Coquilles terrestr., fluv., dép. Aisne et envir. Paris, Prodrome, p. 81. 

1801. Hélix bidentala, Draparnaud, Tableau Mollusques terr., fluv. France, n°25 (non Gmelin). 

1805. Hélix striata, var. t, Draparnaud, Histoire Mollusques terr., fluv. France, p. 106, tab. VI, fig. 21. 

1812. Hélix ihymorum, Alten, System. Conchyl., p. £6, Taf. V, fig. 9. 

1818. Hélix candidula, Studer, Kurzes Verzeichn. Conchylien, p. 87. 

1821. Hélix striatula, Hartmann, System der Erd- und Sûsswasser-Gasteropoden Buropa's, p. 51. 

1837. Relix candidula, Rossmâssler, Iconographie der Land- und Sùssicasser-Mollusken, V, p. 26, Taf. XXVI, 

fig. 350 a. 
1837. Theba ihymorum, Beck, Index Molluscorum, p. 11. 
1837. 7 heba candidula, Beck, Index Molluscorum, p. 11. 
1837. Xerophila thymorum, Held, Isis, p. 913. 

1842. Belix tseniala, Millier in Pfeiffer, Symbol, ad histor. heliceor., II, p. 104. 
1842. Hélix unizona, Andrzejowskim Pfeiffer, Symbol, ad histor. heliceor., II, p. 67. 
1849. Hélix candidula, Dupuy, Histoire Mollusques terr., fluv. Finance, p. 282, tab. XIII, fig. 3. 
1855. Hélix unifasciata, Moquin-Tandon, Histoire Mollusques terr., fluv. France, II, p. 234, pi. XVII 

fig. 36-41. 
1864. Jacosta unifascita, Morch, Synop. Mollusc. Daniœ, p. 20. 
1872. Theba unifasciata, Jousseaume, Bulletin soc. zoologique France, p. 217. 
1877. Hélix unifasciata, Locard,, Malacologie lyonnaise, p. 44 et p. 135, n°27. 

1879. Hélix unifasciata, Locard, Description faune malacologique quaternaire, env.Lyon, p. 48. 

1880. Hélix unifasciata, Locard, Nouvelles recherches argiles lacustres quaternaire envir. Lyon,\>. 24. 

1881. Hélix unifasciata, Locard, Catalogue Mollusques terrestres aquatiques, départ. Ain, p. 55. 

1881. Hélix unifasciata, Locard, Variations malacologiques, bassin Rhône, I, p. 165. 

1882. Hélix unifasciata, Locard, Prodrome malacologie française; Catalogue Mollusques terr., eaux douces et 

saumâlres, p. 111. 
1885. Hélix unifasciata, Locard, Contributions faune malacologique française, IX, p. 30. 
1887. Hélix (Candidula) candidula, Trjon, Manual of Conchology, 2 e série, Pulmonata, IV, p. 10, pi. I, 

fig. 44-48. 
1889. Hélix (Striatella) imifasciata, Westerlund, Fauna der palàarct. région Binnenconchylien, II, p. 271, 
n° 667. 

1894. Hélix (Candidula) candidida, Pilsbry in Tryon, Manual of Conchology, 2° série, Pulmonata, IX, 

p. 254. 
1894. Hélix unifasciata, Locard, Coquilles terrestres France, p. 165, fig. 215 216. 

Coquille subdéprimée, un peu conique en dessus, assez bombée en dessous ; spire compo- 
sée de cinq tours médiocrement convexes, à croissance assez rapide, séparés par des sutures 
bien indiquées ; dernier tour grand, plus bombé en dessous qu'en dessus, légèrement dilaté à 
l'extrémité, non ou à peine déclive ; ombilic médiocre ; ouverture oblique, o va laire-trans verse, 
avec l'insertion supérieure subrectiligne et le bord inférieur bien convexe ; bord columellaire 
réfléchi sur l'ombilic ; bords marginaux très convergents et assez rapprochés ; péristome tran- 
chant, intérieurement bordé d'un léger bourrelet. 

1 II a été signalé au Portugal par Castro [in Locard (A.), Conchyliologie portugaise. Les Coquilles terrestres 
des eaux douces et saumâtres (Archives Muséum histoire naturelle Lyon, t. VII, p. 64, 1899)]. 

2 Kobelt (D r W.), Catalog der in europàischen Faimengebiet lebenden Binnenconchylien, p. 22, 1871. 



DES BASSINS DU RHONE ET DU RHIN 63 

Diamètre maximum : 8 millimètres; diamètre minimum : 6 1/4 millimètres; hauteur : 
5 millimètres; diamètre de l'ouverture : 3 3/4 millimètres; hauteur de l'ouverture : 
3 1/2 millimètres. 

Sommet lisse et obtus ; premiers tours presque lisses, les autres ornés de stries obliques, 
flexueuses, assez fines et presque régulières, légèrement plus délicates en dessus qu'en dessous ; 
dernier tour avec une étroite bande marron supracarénale continuée en dessus ; en dessous, on 
aperçoit les traces de bandes brunes très étroites et plus ou moins interrompues entourant 
l'ombilic. 

Lœss de Venissieux (Rhône) [D r Cl. Gaillard]. 

D'après A. Locard, Y Hélix unifasciata Poiret, est assez commun dans les formations 
quaternaires de la vallée du Rhône. On le rencontre au Mas-Rillier, à Bublane dans l'Ain; 
dans les marnes du Puits-Sève, à Gollonges, Ecully, Saint-Fons, Irigny, à la promenade des 
Chartreux à Lyon, dans le Rhône ; aux environs de Vienne, dans l'Isère ; enfin dans les 
argiles lacustres de la vallée du Rhône, à Gerland près de Lyon. 

Variations. — UHelix unifasciata Poiret, est encore une espèce très variable. Elle 
présente une forme de grande taille, V Hélix gratiosa Studer 1 , qu'on ne saurait réellement 
séparer autrement qu'à titre de var. major de Y Hélix unifasciata Poiret. A Locard qui est, 
de tous les auteurs, celui qui a le plus minutieusement étudié les espèces de ce groupe écrit : 
«... Nous ne pouvons comparer Y Hélix gratiosa qu'avec Y Hélix unifasciata. On la distinguera 
toujours : à sa taille notablement plus grande, à son galbe proportionnellement plus déprimé ; 
à son test plus lisse, plus brillant, avec des côtes bien plus fines et bien plus serrées ; à ses 
tours de spire à profil moins convexe; à son dernier tour de spire toujours bien arrondi à sa 
naissance ; à son ombilic proportionnellement plus ouvert ; laissant mieux voir et sur une plus 
grande longueur l'avant-dernier tour, etc 2 ... » Or, à part la sculpture plus délicate, tous les 
autres caractères énumérés ici découlent justement de la taille plus forte atteinte par Y Hélix 
gratiosa Studer. 

Il convient encore de considérer comme synonymes de Y Hélix unifasciata Poiret : 

V Hélix ilicetorum Mabille 3 . 
Y! Hélix garoceliana Locard 4 . 
L' Hélix tarasconensis Bourguignat 5 . 

Les caractères qui différencient ces Mollusques de YHelix unifasciata Poiret, sont de si 
faible importance qu'il me semble inutile de m'y arrêter. 

Comparaison avec les individus de la Faune actuelle. — Comparés aux exemplai- 
res vivants recueillis par M. le D r Cl. Gaillard dans les environs de Venissieux (Rhône), les 



1 Studer, Kurzes Verzeichniss Vaterlande Conchylien, p. 87, 1820. 

2 Locard (A.), Contributions à la faune malacologique française, IX, Monographie des Hélix du groupe 
de V Hélix unifasciata Poiret, p. 29, 1885. 

3 Mabille (J.), Bulletin Société philomatique Paris, p. 123, 1881. 

4 Locard (A.), loc. supra cit., IX, p. 43, 1885. 

5 Bourguignat (J.-R.), in Locard (A.), Loc. supra cit., IX, p. 44, 1885. 



64 MOLLUSQUES TERRESTRES ET FLUVIATILES 

spécimens fossiles ne montrent pas de différences appréciables, ainsi qu'on peut s'en rendre 
compte par l'examen des figures comparatives données à la pi. II 4 . 

Distribution géologique. — Signalée en Allemagne [Kreglinger, Sandberger], en 
Suisse [Jaccard] et en Italie [Issel], cette espèce a été découverte, en France, dans les tufs de 
Resson (Aube) [Fliche 2 ], dans les dépôts quaternaires de la vallée du Rhône, et dans le quater- 
naire récent des environs de Nice [Gaziot et Maury]. 

Distribution géographique actuelle. — V Hélix unifasciata Poiret, vit dans la plus 
grande partie de l'Europe centrale, mais il est particulièrement répandu dans le Sud de l'Alle- 
magne, la Suisse, le Tyrol et le Nord de l'Italie. En France, où il vit dans tous les départements, 
il est plus commun dans les régions subméridionales et moyennes. Il forme, dans le Lyonnais 
et le Dauphiné, des colonies très prospères et souvent fort populeuses qui habitent, de préférence, 
les endroits un peu secs et assez chauds. UHelix unifasciata Poiret, s'élève, dans les Alpes, 
jusqu'à une altitude d'environ 1.800 mètres [Dumont et de Mortillet] . 



HELIX (GANDIDULA) GOSTULATA Zeigler. 

1828. Hélix costulata, Zeigler in Pfeiffer, Deutsch. Land- und Sûsswasser-Mollusken,]). 32, Taf. VI, fig. 21-22 

[non de Férussac]. 
1833. Helicopsis striata, Fitzinger, System. Verzeichn. OEster.,^. 101. 
1837. Theba costulata, Beck, îndex Molluscorum, p. 11. 
1837. Hélix striata, Rossmâssler, Iconographie der Land- und Sùssioasser-Mollusken, V, p. 28, Taf. XXVI, 

fig. 353. 
1849. Hélix cosUdata, Dupuy, Histoire Mollusques terr., fluv. France, p. 275, tab. XII, fig. 7. 
1855. Hélix conspurcata, Moquin-Tandon, Histoire Mollusques terr., fluv. France, II, p. 237 (part.)^l. XVIII, 

ûg. 5-6. 
1870. Hélix striata, Kreglinger, Sysl. Verzeichn. Deutsch. Mollusk.,^. 100 (par t.). 
1875. Hélix (Xerophila) costulaia, Sandberger, Land- und Sûsswasser-Conchylien, p. 807, Taf. XXVI, 

fig. 12-13, Taf. XXXIV, fig. 4. 
1879. Hélix co s tulata, Locard, Description faune malacologique quaternaire envir. Lyon, p. 46. 

1881. Hélix costulata, Locard, Variations malacologique s, bassin Rhône, I, p. 163. 

1882. Hélix costulata, Locard, Prodrome malacologie française ; Catalogue Mollusques terr., eaux douces 

et saumâlres, p. 105. 
1887. Hélix (Candidula) striata, Tryon, Manual of Conchology, 2 e série, Pulmonala, IV, p. 7 (part.) pi. I, 

fig. 24-25. 
1886. Xerophila (Candidula) costulata, Pollonera, Molluschi post pliocenicid. contorno di Torino, p. 17, n<> 40, 

Tav.I, fig. 43-46. 
1889. Hélix (Slriatella) striata Mùlier, var. costulata, Westerlund, Fauna der palàarct. région Binnencon- 

chylien, II, p. 251. 
1894. Hélix (Candidula) striata, Pilsbry in Tryon, Manual of Conchology, 2 e série, Pulmonata, IX, p. 255 

(part). 
1894. Hélix costulata, Locard, Coquilles terrestres France, p. 155. 
1909. Hehx (Candidula) costidata, Germain, Bulletin Société et. sciences natur. Elbeuf, XXVI, p. 145. 

Coquille subglobuleuse un peu déprimée, bien bombée en dessous ; spire légèrement coni- 
que , composée, de 4-5 tours convexes à croissance assez rapide, séparés par des sutures très 

1 Exemplaires du lœss, pi. II, fig. 63, 68 et 73. 
Exemplaires vivants de Vénissieux, pi. II, fig. 62, 67 et 72. 

2 Fliche, Etude paléontologique sur les tufs quaternaires de Resson (Bulletin Société géologique de France, 
3 e série, XII, p. il, 1883), signale cette espèce sous le nom iï Hélix candidula. 



DES BASSINS DU RHÔNE ET DU RHIN m 

marquées ; dernier tour grand, globuleux-arrondi, à peine déclive à l'extrémité, plus convexe 
dessous que dessus ; ombilic médiocre ; ouverture arrondie, anguleuse en haut, à bords conver- 
gents et très rapprochés ; bord columellaire à peine réfléchi sur l'ombilic. 

Diamètre maximum : 8 millimètres ; diamètre minimum : 7 millimètres ; hauteur : 4 3/4 
5 millimètres ; diamètre de l'ouverture : 4 millimètres ; hauteur de l'ouverture : 3 1/2 milli- 
mètres. 

Sommet lisse ; premiers tours à peine striés, les autres garnis de stries obliques, assez 
peu fortes, irrégulières et assez serrées. 

Lœss de Saint-Fons (Rhône) [D r Cl. Gaillard], 
Le Rosey, près de Rochecardon [D r Cl. Gaillard]. 

Cette espèce paraît rare dans le lœss lyonnais : A. Locard ne la signale qu'à Saint-Fons. 

Comparaison avec les individus de la Faune actuelle. — Les fossiles recueillis par 
M. le D r Cl. Gaillard sont de taille normale 1 ; on remarquera que je dis, à propos de leur scul- 
pture: stries assez peu fortes, tandis que le type actuel est garni de stries ou même de costu- 
lations grossières et rapprochées. C'est donc une variété à sculpture atténuée qui vivait au 
moment de la formation du lœss. 

Distribution géologique. — UHeliœ costulata Zeigler, se rencontre dans les dépôts 
pliocènes de l'Allemagne [Sandberger, Clessin], de l'Autriche [Sandberger] et de l'Italie 
[Pollonera 2 ]. En France, il a été trouvé dans le lœss des environs de Toulouse [Braun] et 
dans les tufs de Saint-Pierre-lès-Elbeuf (Seine-Inférieure) [Germain]. 

Distribution géographique actuelle. — Cette espèce ne vit que dans l'Europe 
centrale (surtout en Suisse, en Allemagne et en Autriche). En France, elle a été signalée dans 
presque tous les départements, principalement dans ceux du nord et de l'est. 



§ III- — FRUTICICOLA Held, 1837 3 

HELIX (FRUTICICOLA) HISPIDA Linné. 

(PL II, fig. 55 à 61, 64 à 66, 69 et 71.) 

1758. Hélix hispida, Linné, Systema naturse, éd. X, p. 771. 

1805. Hélix hispida, Draparnaud, Histoire Mollusques terr., fluv. France,?. 103, tab. VU, fig. 20-22. 

1826. Helicclla Prevostiana, Risso, Histoire natur. Europe méridion., IV, p. 73, n° 162. 

1833. H elicella hispida, Fitzinger, System. Verzeichn. (Ester., p. 96. 

1 Locard (A.), Description de la faune malacologique des terrains quaternaires des environs de Lyon, 
p. 46, 1879, donne, pour les exemplaires qu'il a recueillis dans le loess, des dimensions beaucoup plus faibles : 
5 1/2 millimètres de diamètre maximum, 4 3/4 millimètres de diamètre minimum et 4 1/4 millimètres de hauteur. 

2 Pollonera (G.) signale, dans le quaternaire des environs de Turin, quelques spécimens dont la spire est élevée, 
presque trochiforme (Molluschi fossili postpliocenici d. conlorno di Torino; Memorie d. Reale Accademia d. 
Scienze di Torino, 2 e série, XXXVIII, p. 17, n° 40, Tav. I, fig. 46). 

3 Held, Isis, p. 914, 1837. 

Arch. Mus. — t. XI jj _g 



66 MOLLUSQUES TERRESTRES ET FLUVIATILES 

1838. Hélix hispida, Rossmàssler, Iconographie der Land- und Sùsswasser-Mollusken, part. VII, p. 2. 

Taf. XXXI, ûg. 42o. 

1837. Fruticicola hispida, Held, Isis, p. 914. 

1837. Bradybsena hispida, Beck, Index Molluscorum, p. 20. 

1848. Hélix hispida, Dupuy, Histoire Mollusques terr., fluv. France, p. 187, tab. VIII, ûg. 10. 

1853. Hygromia hispida, Adams, Gênera of récent Mollusca, p. 214. 

1855. Hélix hispida, Moquin-Tandon, Histoire Mollusques terr.,fluv. France, II, p. 224, pi. XVII, fig. 14-16. 

1877. Heliœ hispida, Locard, Malacologie lyonnaise, p. 42 et 135, n°25. 

1879. Hélix hispida, Locard, Description faune malacologique quaternaire envir. Lyon, p. 35. 

1880. Hélix hispida, Locard, Nouvelles recherches argiles lacustres quaternaire envir. Lyon, p. 22. 

1881. Hélix hispida, Locard, Catalogue Mollusques terrestres et aquatiques départ. Ain, p. 40. 

1881. Hélix hispida, Locard, Variations mal acologiques bassin Rhône, I, p. 97, pi. II, ûg. 7-8. 

1882. Hélix hispida y Locard, Prodrome malacologie française ; Catalogue Mollusques terr., eaux douces 

et saumâtres, p. 77. 
1887. Hélix (Trichia) hispida, Trjon, Manual ofConchology, 2 e série, Pulmonata, III, p. 172, pi. XXXVIII, 

ûg. 39-42. 
1889. Hélix (Trichia) hispida, Westerlund, Fauna der palâarct. Région Binnenconchylien, II, p. 35, n° 93. 
1894. Hélix hispida, Locard, Coquilles terrestres France, p. 123, ûg. 146-147. 
1894. Hélix (Fruticicola) hispida, Pilsbry in Tryon, Manual of Conchology, 2 e série, Pulmonata, IX, 

p. 274. 
1908. Hélix (Fruticicola) hispida, Germain, Bulletin Société et. sciences natur. Elbeuf, XXVI, p. 77. 
1908. Hélix (Trichia) hispida, Jodot, Association française avanc. sciences; Congrès de Clermont-Ferrand, 
p. 427. 

V Hélix hispida Linné , est une des espèces les plus caractéristiques du lœss. Voici la 
description du type le plus répandu : 

Coquille déprimée ou subdéprimée, convexe en dessus, un peu bombée en dessous ; spire 
peu haute, composée de 5-6 tours convexes à croissance tout à fait lente et régulière, séparés 
par des sutures bien accusées; dernier tour à peine plus grand que l'avant-dernier, légèrement 
plus •convexe dessous que dessus, obscurément caréné — l'indication carénale étant un peu 
haute — à peine déclive et très légèrement dilaté à l'extrémité ; ombilic grand, un peu évasé, 
laissant voir presque toute la spire ; ouverture oblique, petite, subarrondie, anguleuse en haut, 
à bords marginaux un peu éloignés ; bord columellaire recourbé, légèrement réfléchi sur 
l'ombilic ; ouverture munie d'un bourrelet interne plus ou moins accentué. 

Diamètre maximum: 6 1/2-7 millimètres; diamètre minimum: 5 1/2-6 millimètres; 
hauteur: 4-41/4 millimètres ; diamètre de l'ouverture: 2 1/4-3 millimètres; hauteur de 
l'ouverture: 2 3/4-2 3/4 millimètres. 

Test orné de stries irrégulières plus ou moins fines, rarement assez grossières, sensible- 
ment aussi fortes, en dessus qu'en dessous. 

Lœss de la promenade des Chartreux, à Lyon [D r Cl. Gaillard]. 
Lœss de Saint-Rambert-l'Ile-Barbe, près de Lyon [D r Cl. Gaillard]. 
Lœss de Saint-Fons (Rhône). [D r Cl. Gaillard]. 
Lœss de la Bégude, commune de Feyzin (Isère) [D r Cl. Gaillard]. 

Dans le lœss du Lyonnais,, A. Locard signale Y Hélix hispida Linné, à Rillieux, au fortin 
de Sathonay, sur le chemin de Mas-Rillier, à Tramoyes (Ain) ; à Saint-Rambert, à la Chaux, 
à Gollonges, à Saint-Martin-de-Fontaines (Rhône) ; enfin dans les argiles lacustres de la vallée 
du Rhône, à Gerland, près de Lyon. 

Variations. — U Hélix hispida Linné, est une des formes les plus polymorphes du loess, 
et son polymorphisme est aussi étendu que celui des colonies actuellement vivantes. Il porte : 



DES BASSINS DU RHONE ET DU RHIN 67 

Sur la taille, le diamètre maximum variant entre 5 et 8 millimètres; 

Sur la forme générale qui permet de distinguer des mutations depressa, subdepressa, 
subglobosa, globosa, alta, etc. ; reliées entre elles par toutes sortes d'intermédiaires et qu'il 
est impossible de distinguer utilement ; 

Sur la spire qui est plus ou moins haute, plus ou moins étagée, avec un enroulement plus 
ou moins lent ; 

Sur l'ombilic qui est plus ou moins large et plus ou moins évasé ; 

Enfin sur la sculpture, les stries prenant, quelquefois, l'aspect de petites côtes. 

Cette grande variabilité a eu pour conséquence la création d'un certain nombre d'espèces 
qu'il faut considérer comme synonymes de Y Hélix hispida Linné, ou comme s'y rapportant à 
titre de variétés peu nettement définies. Je citerai, parmi les fossiles des environs de Lyon: 

La variété Faisant Locard 1 , qui se distingue par sa forme un peu plus élevée-globuleuse 
et sa spire à tours plus arrondis, séparés par des sutures mieux accusées; 

La variété calcica Fagot 2 , coquille de taille un peu plus forte, plus déprimée, avec des 
tours à croissance un peu plus rapide et un ombilic légèrement plus étroit ; 

U Hélix Locardi Fagot 3 , qui, d'après Fagot, se distingue facilement àsY Hélix hispida 
Linné, par « ses stries ou costulations irrégulières, son ouverture arrondie, oblique et paraissant 
beaucoup plus petite ». Ce n'est qu'un Hélix hispida Linné, un peu plus fortement strié que la 
majorité des spécimens. 

L 5 Hélix neyronensis Fagot 4 , que je ne puis distinguer des Hélix hispida Linné, les plus 
typiques; Fagot dit bien qu'il possède une « ouverture non oblique, exactement subarrondie », 
mais ces caractères, qui se retrouvent d'ailleurs chez V Hélix hispida Linné, sont contredits par 
la figuration sur laquelle l'ouverture est nettement plus haute que large. 

Comparaison avec les individus de la Faune actuelle. — Cette variabilité de V Hélix 
hispida Linné, fossile, rend difficile la comparaison avec les formes de la faune actuelle. Cepen- 
dant, les fossiles des environs de Lyon se font remarquer par leur spire à enroulement très 
lent et très régulier, ce qui indique un climat particulièrement humide et relativement froid. 
C'est la seule différence appréciable ; par ailleurs les formes à spire élevée sont aussi communes 
que dans les colonies actuelles de Y Hélix hispida Linné. 

Distribution géologique. — U Hélix hispida Linné, a été signalé dans presque tous les 
dépôts quaternaires de l'Europe: en Allemagne, en Autriche, en Suisse, en Angleterre, etc.. 
En France, cette espèce est connue: dans le quaternaire du Pas-de-Calais [Sauvage et Hamy], 
de la Somme [de Mortillet, d'Archiac], de l'Alsace [Puton], du Dauphiné [Lory], et des envi- 
rons de Toulouse [Sandberger] ; dans les tufs de la Celle-sous-Moret (Seine-et-Marne) [Tour- 
nouër, Jodot], de la Perle ou Presle (Aisne) [Bleicher et Fliche] et de Saint-Pierre-lès-Elbeuf 
(Seine-Inférieure) [Chédeville, Germain]. 

1 Locard (A.), Description de la faune malacologique des terrains quaternaires des environs de Lyon, 
p. 35, 1879 [Hélix hispida var. Falsania]. 

2 Fagot (P.), in Locard (A.), loc. supra cit., p. 36, 1879 [Hélix hispida var. calcica], 

3 Fagot (P.), in Locard (À.), loc. supra cit., p. 38, pi. I, fig. 14-17, 1S79 [Hélix Locardiana]. 

4 Fagot (P.), in Locard (A.), loc. supra cit.. p. 39, pi. I, fig. 18-21, 1879 [Hélix Neyronensis-], 



€8 MOLLUSQUES TERRESTRES ET FLUVIATILES 

Distribution géographique actuelle.— V Hélix hispida Linné, vit dans toute l'Europe 
moyenne et l'Europe du Nord, y compris l'Angleterre, la Suède et la Norvège [Westerlund 1 ], 
le nord de la Russie. Il s'étend, à travers la Sibérie [Westerlund 2 ], jusqu'au territoire de 
l'Amour [L. Schrenck 3 ]. Par contre, il n'existe en Espagne que dans la région cantabrique 
[Hidalgo 4 ] et manque en Portugal. Cet Hélix vit également dans l'Asie antérieure, jusqu'en 
Transcaucasie [Mousson 5 ]. Il a été introduit dans l'Amérique du Nord où il s'est largement 
répandu aux Etats-Unis [W. Binney 6 ]. 



HELIX (FRUTIGIGOLA) FŒNI Locard. 

1894. Heliœ(Fruticicola) fœni, Locard, Coquilles terrestres France, p. 126. 

1908. Hélix (Trichia) fœni, Jodot, Association française avancement sciences, Congrès de Clermont- 
Ferrand, p. 417. 

Coquille de petite taille, subdéprimée ou même déprimée, légèrement convexe en dessus, 
lien bombée en dessous; spire peu élevée, composée de 6 tours convexes, parfois légèrement 
étages, à croissance très lente et très régulière, séparés par des sutures bien marquées ; der- 
nier tour médiocre, à peine plus grand que l'avant-dernier, arrondi-convexe, à peine dilaté et 
très légèrement déclive à l'extrémité ; ombilic grand, évasé au dernier tour ; ouverture oblique, 
subarrondie, bien échancrée par l'avant-dernier tour, à bords convergents ; péristome mince, 
tranchant, parfois épaissi en dedans. 

Diamètre maximum: 6 1/4-7 1/4 millimètres; diamètre minimum : 5 1/2-6 1/4 milli- 
mètres; hauteur: 3-4 millimètres. 

Premiers tours à peu près lisses, les autres ornés de stries assez fines, légèrement obliques, 
irrégulières, plus fortes au voisinage des sutures. 

Lœss de la promenade des Chartreux, à Lyon [D r CL Gaillard]. 
Lœss de Saint- Rambert-l'lle-Barbe, près de Lyon [D r CL Gaillard]. 
Lœss de Vénissieux (Rhône) [D r CL Gaillard]. 
Lœss de Saint-Fons (Khône) [D r CL Gaillard]. 

U Hélix fœni Locard, peut être considéré comme un Hélix hispida Linné, caractérisé 
par sa spire déprimée à enroulement particulièrement lent. Ces caractères indiquent un Mollus- 
que propre aux endroits humides, aux berges des ruisseaux ou rivières, aux rives des étangs 
ou marais. C'est bien dans de tels milieux que l'on rencontre ordinairement cette espèce. 

1 Westerlund (G. -A.), Exposé critique des Mollusques terrestres et d'eau douce de la Suède et de la 
Norvège, p. 52, Upsal, 1871. 

2 Westerlund (G. -A.), Sibiriens land- ôch sotvalten -Mollusker ■■ p. 107, Upsal, 1877. 

3 Schrencli (Von L.), Mollusken des Amur-Landes und des Nordjapanischen Meeres, in Reisen und forscKun- 
gen Amur-Lande (1854-1856), II, p. 679, Saint-Pétesbourg, 1859-1867. 

4 Hidalgo, Catàlogo iconogrâfico y descriptivo de los Moluscos terrestres de Espana, Portugal y los 
Baléares, p. 197, Madrid, 1875. 

5 Mousson (A.), Coquilles terrestres et fluviatiles recueillies en Orient par M. le Dr Schlaefli (Journal de 
Conchyliologie, XII, p. 205, 1874). 

6 Binney (W.-Gk), A second supplément to the fifth volume of the Terrestrial Air-Breathing Moliusks of the 
United States and Adjacent Ter ritories (Bulletin Muséum Comparative Zoôlogy Cambridge, XIII, p. 23, 1886). 



DES BASSINS DU RHONE ET DU RHIN 09 

Cependant, dans le département de Maine-et-Loire, V Hélix fœni Locard, affectionne les lieux 
secs et arides des terrains calcaires où il vit sous les pierres, le gazon, etc. 1 . 

Comparaison avec les individus de la Faune actuelle. — Les fossiles du loess des 
environs de Lyon ne présentent aucune différence avec les coquilles qui vivent encore dans 
la région. Chez le type actuel, la taille varie entre 7 et 8 millimètres de diamètre maximum 
pour 4 à 5 millimètres de hauteur. Le test est recouvert de poils caducs particulièrement nom- 
breux chez la variété hispidula Germain 2 . Je n'ai pu déceler, sur les fossiles, la trace laissée 
par ces poils. 

Distribution géologique. — A l'état fossile, V Hélix fœni n'a été signalé que par Jodot 
dans les tufs de la Celle-sous-Moret (Seine-et-Marne). Il est commun dans le lœss des envi- 
rons de Lyon, où il accompagne VHelix hispida Linné. Il doit se trouver dans un grand 
nombre de formations quaternaires où il a dû être confondu avec l'espèce linnéenne. 

Distribution géographique actuelle. — Assez communément répandue en France, 
cette espèce se retrouvera probablement dans tout le domaine habité par VHelix hispida 
Linné. 

HELIX (FRUTIGICOLA) BOURNIANA Bourguignat. 

1864. Hélix Bourniana, Bourguignat, Malacologie de la Grande-Chartreuse , p. 55, pi. VII, fig. 13. 

1881. Hélix Bourniana, Locard, Variations malacologiques bassin Rhône, I, p. 104. 

1882. Hélix Bourniana, Locard, Prodrome malacologie française ; Catalogue Mollusques terr., eaux douces 

et saumâtres, p. 76. , 

1889. Heliœ (Trichia) Bourniana, Westerlund, Fauna der palàarct. région Binnenconchylien, II, p. 48, 

n°124. 

1890. Hélix Bourniana, Locard, Coquilles terrestres, faune quaternaire, Baume-tf Hoslun, p. 15. 
1894. Hélix Bourniana, Locard, Coquilles terrestres France , p. 118, fig. 142-143. 

1894. Hélix (Fruticicola) Bourniana, Pilsbry in Tryon, Manual of Conchology, 2 a série, Pulmonata, IX, 
p. 273. 

Coquille de forme globuleuse un peu élevée, assez conique en dessus, bien bombée en 
dessous; spire assez haute, conoïde, composée de 6 tours convexes, légèrement étages, à 
croissance assez régulière; sutures profondes; dernier tour grand, arrondi-convexe, sensible- 
ment aussi convexe en dessus qu'en dessous, un peu déclive à l'extrémité; ombilic médiocre ; 
ouverture oblique, petite, subarrondie, à bords marginaux convergents et assez éloignés ; 
péristome simple et tranchant. 

Diamètre maximum : 6 millimètres; diamètre minimum : 5 1 /4 millimètres ; hauteur : 
3 3/4 millimètres ; diamètre de l'ouverture égal à sa hauteur: 2 3/4 millimètres. 

Test orné de stries sub verticales légèrement onduleuses, relativement fortes et inégales. 

Lœss de Vénissieux (Rhône) |D r Cl. Gaillard]. 
Lœss de Feyzin (Isère) [D r Cl. Gaillard]. 

1 Germain (Louis), Etude sur les Mollusques terrestres et fluviatiles vivants des environs d'Angers et du 
département de Maine-et-Loire, p. 110, 1903. 

2 Germain (Louis), loc. supra cit., p. 110, 1903 [Hélix fœni Locard, [5 hispidula]. 



70 MOLLUSQUES TERRESTRES ET FLUVIATILES 

Comparaison avec les individus de la Faune actuelle. — L'espèce actuelle a été 
parfaitement figurée par Bourguignat. C'est une coquille qui, comparée au type fossile, s'en 
sépare par sa taille plus grande 1 et son ombilic sensiblement plus étroit 2 . A. Locard rapproche 
V Hélix bourniana Bourguignat, de V Hélix plebeia Draparnaud 3 , dont il se sépare « par son 
galbe plus haut, plus globuleux ; par ses tours de spire notablement plus arrondis, à croissance 
plus lente et plus régulière ; par son dernier tour moins développé ; par sa suture encore plus 
accusée; par son ouverture plus petite et plus arrondie 4 ; etc.,. ». 

Distribution géologique. — Cette espèce, signalée comme peu commune dans les tufs 
de la Baume-d'Hostun (Isère) [A. Locard], e.st rare dans le loess du Lyonnais où elle a été 
découverte par M. le D r Cl. Gaillard. 

Distribution géographique actuelle. — Primitivement découvert aux environs de la 
Grande-Chartreuse, V Hélix bourniana Bourguignat, est une espèce peu répandue et qui reste 
cantonnée dans les sites montagneux. Elle est aujourd'hui connue dans les départements de 
l'Ain, du Jura, du Rhône, de la Savoie et de l'Isère. 



§ IV. — ARIANTA Leach, 1831 

HELIX (ARIANTA) ARBUSTORUM Linné. 

(PI. III, fig. 85 à 101 et 103 à 105 ; pi. IV, fig. 148 et 166 à 170 ; pi. VI, fig. 282 et 286 à 293.) 

1758. Hélix arbustorum, Linné, Systema natures, éd.X, p. 771. 
1911. Hélix (Arianta) arbustorum, Germain, vide ante, p. 23. 

Dans les formations quaternaires des environs de Lyon, A. Locard a très justement signalé 
trois formes de V Hélix arbustorum Linné : l'une, à laquelle il donne le nom de variété major, 
atteint jusqu'à 22-23 1/2 millimètres de diamètre maximum pour 16-17 1/2 millimètres de 
hauteur; la seconde, qu'il nomme variété intermedia, n'a que 19-20 millimètres de diamètre 
maximum pour 15-16 millimètres de hauteur; enfin, la troisième appelée variété minor a 
seulement 14 à 16 millimètres de diamètre maximum pour 11-12 millimètres de hauteur. 

La variété major de Locard n'est, en somme, que V Hélix arbustorum Linné, tel que nous 
le trouvons aujourd'hui dans la plupart des pays de plaines. C'est une coquille de forme 
éminemment variable mais qui, le plus souvent, reste assez surbaissée, comme nous l'avons 
constaté chez les échantillons des tufs de la Buisse. Cette variété major est toujours rare dans 
le lœss des environs de Lyon. 

1 Les exemplaires vivants de la Grande-Chartreuse atteignent 9 millimètres de diamètre maximum pour 6 milli- 
mètres de hauteur. 

2 Locard (A.), [Coquilles terrest. France, p. 118, 1894] dit, en effet : « Ombilic très petit, en partie masqué ». 

3 Draparnaud (J.-R.), Histoire Mollusques terrestres et fluviatiles France, p. 105, Tabl. VIII, ûg. 5, 1805 
[Hélix plebeium]. 

4 Locard (A.), Note sur les coquilles terrestres de la faune quaternaire de la Baume-d'Hostun (Isère), 
p. 15, 1890. 



DES BASSINS DU RHONE ET DU RHIN 71 

La variété intermedia n'est pas une coquille bien définie ; ce n'est qu'une mutation de taille 
plus forte de la variété minor dont je vais m'occuper plus longuement. Gomme dans ce dernier 
cas, la coquille de la variété intermedia est épaisse, un peu pesante, bien solide, de forme 
assez régulièrement globuleuse élevée. M. le D r Cl. Gaillard l'a recueillie dans le lœss de 
Saint-Rambert-l'Ile-Barbe (Rhône) et dans le lœss de la Bégude, commune de Feyzin (Isère). 



Variété ALPICOLA De Charpentier. 

(PI. III, fig. 104.) 

1837. Hélix Alpicola, de Charpentier, Catalogue Mollusques terr., fluv. Suisse, p. 6. * 

1879. Hélice arbustorum, var. minor, Locard, Description faune malacologique quaternaire envir. Lyon, 

p. 53. 
1894. Hélix Alpicola, Locard, Coquilles terrestres France, p. 83, fig. 90. 

Coquille de petite taille, de forme globuleuse assez élevée; spire composée de 5-6 tours 
convexes à croissance régulière; sutures bien marquées, quoique peu profondes; dernier tour 
grand, haut, relativement peu développé en largeur, très arrondi-convexe, nettement déclive à 
son extrémité ; ouverture petite, très oblique, subarrondie, à bords marginaux convergents ; 
bord columellaire réfléchi sur l'ombilic qui est presque entièrement recouvert ; péristome épaissi, 
réfléchi en dehors. 

Diamètre maximum . . 14 3/4 mm. 15 mm. 16 mm. 

Diamètre minimum . . 13 1/4 — 14 — 14 — 

Hauteur 10 1/4 — 11 — 11 — 

Diamètre de l'ouverture. 8 3/4 — 8 — 8 — 

Hauteur de l'ouverture. 8 1/2 — 8 — 8 — - 

Test épais, solide, crétacé; stries irrégulières, obliques, un peu onduleuses, fines et 
serrées ; dernier tour avec une bande supracarénale brune et étroite. 

Lœss delà promenade des Chartreux, à Lyon [D r Cl. Gaillard]. 
Lœss de Saint-Rambert-l'Ile -Barbe (Rhône) [D r Gl. Gaillard]. 

La faune actuelle des environs de Lyon ne renferme plus cette variété minor ; pour trouver 
quelque chose de semblable, il faut remonter dans les Alpes où vit la forme VHelix arbus- 
torum nommée Hélix alpicola par J. de Charpentier. L'analogie est alors frappante (pi. III, 
fig. 104) et entre VHelix alpicola de Charpentier, de la Grande-Chartreuse, et YHelix 
arbustorum var. minor Locard, du lœss des Chartreux, il n'y a que des différences insigni- 
fiantes. Dans les deux cas, c'est la même forme globuleuse, élevée, la même ouverture presque 
régulièrement arrondie et la même sculpture relativement fine 1 . Aussi ai-je adopté le nom 
à? alpicola bien antérieur à celui de var. minor Locard. 

On peut donc dire qu'au moment où se formait le loess, VHelix alpicola de Charpentier, 
vivait communément aux environs de Lyon. Ajoutons que c'est cette forme qui s'est tout 

1 La taille est également la même. Un exemplaire iï Hélice alpicola de Charpentier, recueilli à la Grande-Char- 
treuse mesure : diamètre maximum, 16 millimètres ; diamètre minimum, 14 1/2 millimètres ; hauteur, 12 milli- 
mètres ; diamètre de l'ouverture, 8 millimètres ; hauteur de l'ouverture, 8 millimètres. 



72 MOLLUSQUES TERRESTRES ET FLUVIATILES 

d'abord acclimatée dans la vallée du Rhône où elle a donné naissance, quand les conditions de 
milieu sont venues à se modifier, d'abord à la variété intermedia, simple mutation de taille 
plus grande, indiquant cependant un climat déjà plus tempéré, puis enfin à la variété major qu 1 
est notre Hélix arbustorum Linné, actuel. L'ordre de succession, dans le temps, est donc le 

suivant : 

Ileliœ arbustorum L. var. minor Loc. [= Hélix alpicola de Charp.]. 
Hélix arbustorum L. var. intermedia Loc. 
Hélix arbustorum L. var. major Loc. 

Cette conception est en parfaite concordance avec les faits. Dans le loess, la forme la plus 
communément répandue est Y Hélix alpicola de Charpentier [== v&v. minor Locard] ; la variété 
intermedia Locard, reste commune, tandis que la var. major, c'est-à-dire l' Hélix arbustorum 
Linné, typique, ne se rencontre guère que dans les dépôts de Bublane et de Priay (Ain) qui 
sont d'âge plus récent. D'autre part, Y Hélix alpicola de Charpentier, est beaucoup plus rare 
et tend manifestement à disparaître dans les argiles lacustres de la vallée du Rhône, à Gerland, 
près de Lyon, qui sont — par l'ensemble de leur faune — des formations incontestablement 
plus récentes que les loess ordinaires du Lyonnais. 



Variété GAILLARD! Germain, nov. var. 
(PI. IV, fig. 148 et 166 à 170.) 

Coquille de même taille que la variété minor Locard, mais beaucoup plus déprimée; spire 
peu élevée, composée de 6 tours convexes à croissance régulière séparés par des sutures bien 
marquées; dernier tour grand, notablement plus convexe en dessous qu'en dessus, descendant 
à son extrémité; ouverture ovalaire, transverse, bien oblique et à bords convergents un peu 
éloignés ; bord columellaire très oblique, réfléchi sur l'ombilic qu'il recouvre presque entiè- 
rement; péristome réfléchi, épaissi en dedans. 

Diamètre maximum : 15 millimètres; diamètre minimum : 13 millimètres; hauteur : 
9 millimètres; diamètre de l'ouverture : 8 millimètres; hauteur de l'ouverture : 7 millimètres. 

Test solide, épais, un peu crétacé, strié assez finement, comme dans la variété minor 
Locard, et orné d'une bande brune supracarénale très étroite. 

Cette intéressante variété, remarquable par sa forme très déprimée, a été recueillie, par 
M. le D r Cl. Gaillard, dans le loess de Pile-Barbe, à Saint-Rambert près de Lyon. 



U Hélix arbustorum var. minor est commun dans les dépôts de Sathonay, Rillieux, 
Trévoux, Mas-Rillier, Sermenas (Ain), Saint-Rambert, la Chaux, Collonges, Rochecardon, 
Ecully, Sainte-Foy, Fourvière, la promenade des Chartreux à Lyon (Rhône), Feyzin, 
Solaize, les environs de Vienne (Isère) ; il est beaucoup plus rare dans les argiles lacustres de 
la vallée du Rhône à la Mouche et à Gerland près de Lyon (Rhône). La variété intermedia se 
trouve dans les mêmes dépôts ; enfin la variété major, beaucoup plus rare, ne se trouve que 
dans le lœss de Bublane et de Priay (Ain) et dans les argiles lacustres de la vallée du Rhône, 
à la Mouche et à Gerland près de Lyon. 



DES BASSINS DU RHONE ET DU RHIN 73 



Famille des PUPIDJE 

Sous-Famille des BULIMINjE 

Genre CHONDRULA Beck, 1837 ' 

§ I — CHONDRULA sensu stricto 

GHONDRULA (GHONDRULA) TRIDENS Mùller. 

(PI. II, fig. 38 à 41.) 

1774. Heliœ tridens, Miïllerv, Verm. terrestr. et fluv . histor . , II, p. 106, n° 305. 

1788. Turbo tridens, Gmelin, Systema naturse, éd. XIII, p. 3611 (non Pultney). 

1792. Bulimus tridens, Bruguière, Encyclopéd. méthod., Vers, II, p. 350. 

1801. Pupa tridens, Draparnaud, Tableau Mollusques terr. y fluv. France, p. 60, ne 16 (non Gray). 

1805. Pupa tridens, Draparnaud, Histoire Mollusques terr., fluv. France, p. 67, tab. III, fig. 57. 

1812. Turbo quadridens, Alten, System Erd- und Fluss-Conchylien, p. 12 [non Mùller]. 

1815. Pupa tridentata, Brard, Histoire Coquilles terr., fluv. env. Paris, p. 88, pi. III, ûg. 2 (non deLamarck). 

1815. Bulimus variedentatus, Hartmann in Sturm, Leutschland Fauna, Taf. VIII. 

1817. Chondrus tridens, Guvier, Règne animal, II, p. 408. 

1821. Bulimios tridens, Hartmann, System der Erd- und Sùsswasser-Gasteropoden Europa's, p. 50, 

1826. Jaminia tridens, Risso, Histoire natur. Europe mêridion., IV, p. 90, n° 205. 

1835. Pupa tridens, Rossmâssler, Iconographie der Land- und Sùsswasser-Mollusken, I, p, 80, Taf. IL 

fig. 33 et V (1837) p. 9, Taf. XXIII, fig. 305. 
1837. Chondrula tridens , Beck, Index Molluscorum, p. 87. 
1837. Gonodon tridens, Held, Isis, p. 918. 

1841. Torquilla tridens , Villa, Disposit. system. Conchyl., p. 24. 

1850. Pupa tridens, Dupuy, Histoire Mollusques terr., fluv. France, p. 374, tab. XVIII, fig. 7. 
1855. Bulimus tridens, Moquin-Tandon, Histoire Mollusques terr., fluv. France, II, p. 297, pi. XXL 

fig. 25-30. 
1860. Buliminus tridens, Albers, Lie Heliceen, 2 e édit., p. 237. 
1875. Buliminus (Chondrula) tridens, Sandberger, Land- und Siissivasser-Conehylien, p. 803, Taf. XXXV y 

fig. 34. 
1877. Bulimus tridens, Locard, Malacologie lyonnaise, p. 51 et 136, n° 3. 

1879. Bulimus tridens, Locard, Description faune malacologique quaternaire envir. Lyon,ip. 69. 

1880. Chondrus tridens, Locard, Nouvelles recherches argiles lacustres, quaternaire envir. Lyon, p. 25. 

1881. Chondrus tridens, Locard, Contributions faune malacologique franc., I, Monographie genres Bulimus 

et Chondrus, p. 24, pi. I, fig. 17. 
1881. Chondrus tridens, Locard, Catalogue. Mollusques terrestres et aquatiques départ. Ain, p. 64. 

1881. Chondrus tridens, Locard, Variations malacologique s bassin Rhône, I, p. 212. 

1882. Chondrus tridens, Locard, Prodrome malacologie française; Catalogue Mollusques terr., eaux douces- 

et saumâtres, p. 125. 
1887. Buliminus (Chondrulus) tridens, Westerlund, Fauna der paldarct. Région Binnenconchy dien, IIL 

p. 38, n°115. 
1894. Chondrus tridens, Locard, Coquilles terrestres France, p. 243, fig. 329-330. 

Coquille de forme subcylindrico-ovoïde allongée ; spire composée de 7-8 tours à croissance 
lente et régulière , médiocrement convexes, séparés par des sutures bien indiquées et presque 

1 Beck, Index Molluscorum, p. 87, 1837. C'est le genre Chondrus de Guvier [Règne animal, II, p. 408 r 
1817, non Chondrus Lamour, 1813]. 

Arch. Mus. — t. XI jl .^q 



74 MOLLUSQUES TERRESTRES ET FLUVIATILES 

linéaires; dernier tour médiocre, un peu ventru-convexe, atténué dans le bas; ouverture 
subpyriforme, très anguleuse en haut, arrondie au bas ; bords marginaux convergents réunis 
par une callosité assez indiquée ; trois denticulations toujours visibles, mais les deux dents 
voisines du pli supérieur de l'ouverture sont toujours plus fortes ; la dent inférieure, située sur 
la partie inférieure du bord columellaire, est parfois réduite à une légère saillie du péristome; 
bord columellaire étalé, réfléchi sur l'ombilic qui est réduit à une simple fente étroite ; péristome 
réfléchi, très fortement encrassé. 

Longueur : 10 millimètres; diamètre maximum : 4 1/4 millimètres; diamètre minimum : 
4 millimètres; hauteur de l'ouverture : 3 1/2 millimètres; diamètre de l'ouverture : 
2 3/4 millimètres. 

Test épais, solide, orné de stries fines, obliques et inégales. 

Lœss de Saint-Fons (Rhône) [D r CL Gaillard, 1910]. 

Le Chondrula tridens Mûller, est peu commun dans le lœss de la région lyonnaise ; il a 
été signalé à Miribel et Bublane dans le département de F Ain, et à la Chaux, Collonges et 
Saint-Fons, dans le département du Rhône. 

Comparaison avec les individus de la Faune actuelle. — Chez les échantillons 
fossiles, les tours de spire sont très légèrement moins convexes que dans les formes actuelles. 
D'autre part il semble bien qu'à l'époque quaternaire, cette espèce était, quant à la taille, aussi 
polymorphe qu'aujourd'hui. Les exemplaires récoltés par M. le D r Cl. Gaillard sont tous de 
taille assez petite; mais A. Locard a signalé, dans le lœss du Mont-d'Or Lyonnais, des 
spécimens atteignant jusqu'à 12 millimètres de longueur et qui se rapportent à la variété 
major Menke d . Quelques autres spécimens, des mêmes formations, correspondent à la variété 
minor Menke 2 . 

Distribution géologique. — Le Chondrula tridens Mùller, est connu de presque toutes 
les formations quaternaires de l'Allemagne et de l'Autriche ; il se rencontre également en 
Italie [Sacco, Pollonera 3 ], en Angleterre [A. Bell] et en Russie [Dubois, Sandberger]. En 
France, cette espèce a été signalée dans les dépôts du Jura [Ogérien] et des environs de Paris 
[Bourguignat] . 

Distribution géographique actuelle. — J'ai étudié, très en détail, l'aire de distri- 
bution de cette espèce dans mon mémoire, actuellement sous presse, sur les Mollusques 
terrestres et fluviatiles recueillis par M. H. Gadeau de Kerville pendant son voyage en 

1 Menke, Synopsis melhodica Molluscorum,~ eic, p. 34, 1828 (Pupa tridens var. a major), et Moquin-Tan- 
don (A.), Histoire Mollusques terrestres et fluviatiles de France, II, p. 297, 1855 (Bulimics tridens var. a 
major.) 

2 Menke, loc. siopra cil. ; p. 34, 1828 (Pupa tridens var. b minor) et Moquin-Tandon (A.), loc. supra cit. ; 
II, p. 277, 1855 (Bulimus tridens var. y minor.) 

3 Carlo Pollonera a décrit et figuré [Molluschi fossili postpliocenici del contorno di Torino, Memorie délia 
Reale Accademia délie Scienze di Torino, 2 e série, XXXVIII, p. 7, Tav. I, fig. 10] une variété Gastaldii 
recueillie dans le quaternaire des environs de Turin qui diffère du type par l'absence de dents pariétales et par la 
réduction de sa dent columellaire. 



DES BASSINS DU RHONE ET DU RHIN 75 

Syrie. Je me contenterai donc de résumer ici ces données. Le Chondrula tridens Mùller, vit 
dans presque toute l'Europe, mais il manque dans le Nord (Suède, Norvège, Finlande, 
Danemark). En Russie, il remonte jusqu'aux environs de Moscou [Milachevich] . Il est plus 
rare dans l'Europe méridionale, mais vit cependant en Espagne [Graëlls, Hidalgo], en Corse 
[Caziot], en Italie [Pollonera, Lessona, Strobel, Statuti, etc.], et en Sicile [Bourguignat *] . 
Le Chondrula tridens Mùller, est également commun dans l'Europe orientale : Bulgarie 
[Sturany, Otto Wohrberedt], Serbie [Otto Wohrberedt], Turquie d'Asie [Sturany], d'où il se 
répand en Asie Mineure, en Arménie [Martens], en Syrie, en Transcaucasie 2 [Dubois, 
Mousson, Martens, etc.], et jusqu'en Perse [Issel, J. de Morgan]. 



CHONDRULA (CHONDRULA) QUADRIDENS Mùller. 

(PI. II, fig. 34 à 37.) 

1774. Hélix quadridens, Mùller, Verm. terrestr . et fluv . histor., II, p. 107. 

1788. Turbo quadridens, Gmelin, Systema naturse, éd. XIII, p. 3610. 

1792. Bulimus quadridens, Bruguière, Encyclopédie méthod., Vers, II, p. 351, n° 91. 

1801. Pwpa quadridens, Draparnaud, Tableau Mollusques terr., fluv. France, p. 60, n° 15. 

1805. Pwpa quadridens, Draparnaud, Histoire Mollusques terr., fluv. France, p. 67, Taf. IV, fig. 6. 

1817. Chondrus quadridens, Cuvier, Règne animal, II, p. 408. 

1826. Jaminia tieterostropha, Risso, Histoire natur. Europe méridion., IV ', p. 91, pi. III, fig. 31. 

1837. Pwpa quadridens, Rossmâssler, Iconographie der Land- und Sùssivasser-Mollusken , V, p. 10, Taf. 

XXIII, fig. 308. 
1837. Chondrula quadridens, Beck, Index Molluscorum, p. 87. 
1837. Gonodon quadridens, Held, Isis,^. 918. 

1840. Eucore quadridens, Agassiz, m Hartmann, Erd- und Sùsswasser-Gasteropoden, von... Saint-Gall, I 7 

p. 50, Taf. XLIX,fig. 1-3. 

1841. Torquilla qicadridens, Villa, Disposit. system. Conchyl.,ip. 24. 

1850. Pupa quadridens, Dupuy, Histoire Mollusques terr., fluv. France, p. 376, tab. XVIII, fig. 8. 

1855. Bulimus quadridens , Moquin-Tandon, Histoire Mollusques terr., fluv. France, II, p. 299, pi. XXII, 

fig. 1-6. 
1860. Buliminus quadridens, Albers, Die Heliceen, 2 e édit..p. 237. 
1877. Bulimus quadridens , Loeard, Malacologie lyonnaise, p. 52 et 134, n° 4. 

1879. Bulimus quadridens, Loeard, Description faune malacologique quaternaire env. Lyon, p. 71. 
1881. Chondrus quadridens, Loeard, Catalogue Mollusques terrestres et aquatiques départ. Ain, p. 65. 
1881. Chondrus quadridens , Loeard, Variations malacologique s bassin Rhône, I, p. 215, pi. III, fig. 20. 

1881. Chondrus qioadridens , Loeard, Contribution faune malacologique franc., I, Monographie genres 

Bulimus et Chondrus, p. 26, pi. I, fig. 20. 

1882. Chondrus quadridens, Loeard, Prodrome malacologie française; Catalogue Mollusques terr., eaux 

douces et saumâtres, p. 126. 
1887. Buliminus (Chondrulus) quadridens, Westerlund, Fauna der palàarct. région Binnenconchylien, 

III, p. 51, n° 156. 
1894. Chondrus quadridens , Loeard, Coquilles terrestres France, p. 244, fig. 331-332. 

Coquille senestre, oblongue, ovoïde ou subcylindrique, allongée; spire composée de 
7-8 tours peu convexes à croissance lente et assez régulière , séparés par des sutures peu pro- 
fondes, quoique bien marquées , et assez obliques; dernier tour médiocre, formant le tiers 

1 Je donne ce renseignement d'après Bourguignat [Malacologie de V Algérie, II, p. 348, 1864]. Il aurait besoin 
d'être vérifié. 

2 La forme de Transcaucasie a été distinguée par Mousson sous le nom de variété caucasicus [Coquilles 
terrestres et fluvialiles recueillies dans VOrient, par M. le D r AI. Schlaé'fli, part. II, p. 66, Zurich, 1863 
(Chondrus tridens var, caucasicus)]. 



76 MOLLUSQUES TERRESTRES ET FLUVIATILES 

environ de la hauteur totale; sommet obtus; ouverture subverticale, ovalaire, un peu 
oblongue, anguleuse en haut, bien arrondie en bas, ornée de quatre dents : une moyenne 
sur la callosité qui réunit les bords aperturaux ; deux petites et plus ou moins immergées 
sur le bord apertural; enfin, une dernière, plus forte, sur le bord externe; ombilic en fente 
étroite, plus ou moins recouvert; bords marginaux écartés, à peine convergents, réunis par 
une callosité blanche; péristome évasé, fortement épaissi. 

Longueur : 8 1/2 millimètres; diamètre maximum : 3 1/2 millimètres; diamètre mini- 
mum : 3 1/4 millimètres; hauteur de l'ouverture : 2 1/2 millimètres ; diamètre de l'ou- 
verture : 2 millimètres. 

Test solide; premiers tours presque lisses, les autres ornés de stries fines, serrées, 
obliques et peu régulières. 

Lœss de Saint-Fons (Rhône) [D r Gl. Gaillard, 1910] . 

Comparaison avec les individus de la Faune actuelle. — Le seul exemplaire fossile 
que j'ai examiné est de taille normale, aussi éloigné des formes minor, ne dépassant pas 
6 millimètres de longueur, que des formes major, atteignant 11 millimètres de longueur; il 
ne présente, avec les échantillons vivant actuellement dans la région 1 , que de légères diffé- 
rences portant sur la forme générale un peu plus cylindrique. 

Distribution géologique. — Cette espèce n'a que rarement été signalée à l'état fos- 
sile. Elle est connue des formations quaternaires de la Ligurie [Issel], des grottes de Gri- 
maldi, près de Menton [Fischer], des tufs de la Celle-sous-Moret (Seine-et-Marne) [Munier- 
Chalmas], du quaternaire récent des environs de Nice [Caziot et Maury] et des brèches 
osseuses des environs de Bastia (Corse) [A. Locard]. 

Distribution géographique actuelle. — Moins répandu que le Chondrula tridens 
Mùller, le Chondrula quadridens Mùller, possède cependant encore une aire de dispersion 
considérable, mais il remonte moins au nord. Il est connu dans toute l'Europe centrale et 
orientale (Suisse, Allemagne, Autriche, Turquie d'Europe, Crimée, île de Chypre) et dans 
une grande partie de l'Europe méridionale (Italie, Sicile, Corse, Espagne). Il n'a jamais été, 
jusqu'ici, signalé au Portugal. Enfin, en France, le Chondrula quadridens Mùller, vit 
presque partout, mais il est surtout répandu dans les régions de l'est et du sud; il s'adapte 
assez facilement aux altitudes élevées; Dumont et Mortillet ont signalé sa présence, dans les 
Alpes de Savoie, jusqu'à 1.750 mètres au-dessus du niveau de la mer. 

1 PI. II, fig. 28-29. 



DES BASSINS DTJ RHONE ET DU RHIN 77 



Sous-Famille des PUPIN^E 

Genre PUPÀ de Lamarck, 1801 1 

§ I. — TORQUILLA Studer, 1820 2 

PUPA (TORQUILLA) FRUMENTUM Draparnaud. 

1801. Pupa frumentum, Draparnaud, Tableau Mollusques terr ., fluv. France, p. 50. 

1805. Pupa frumentum, Draparnaud, Histoire Mollusques terr., fluv. France, p. 65, tab. III, fig. 51-52 [non 

Boubée]. 
1812. Turbo tridens, Alten, System Erd- und Fluss-Conchylien, p. 21 [non Grnelin]. 

1821. Pupa variabilis var. frumentum, Hartmann , System der Erd- und Sùssioasser-Gasteropoden Europà's, 

p. 50. 

1822. Hélix frumentum, de Férussac, Tableau systématique anim. Mollusques, p. 64, 
1829. Chondrtos frumentum, Guvier, Règne animal, II, p. 408. 

1833. Torquilla frumentum, Fitzinger, System. Verzeichn, (Ester., p. 107. 

1835. Pupa callosa, Zeigler in Rossmassler, Iconographie der Land- und Sùsswasser-Mollusken, I, p. 81. 

1837. Granaria frumentum, Held, Isis, p. 918. 

1840. Pupilla frumentum, Swainson, Treatise on Malacology, p. 334. 

1850. Pupa frumentum, Dupuy , Histoire Mollusques terr., fluv. France, p. 380, tab. XVIII, fig. 10. 

1850. Pupa frumentum, Moquin-Tandon, Histoire Mollusques terr., fluv. France, II, p. 361, pi. XXVI, 

fig. 12-15. 
1877. Pupa frumentum, Locard, Malacologie lyonnaise, p. 60 et 138, n° 4. 

1879. Pupa frumentum, Locard, Description faune malacologique quaternaire env. Lyon, p. 81. 

1880. Pupa frumentum, Locard, Nouvelles recherches argiles lacustres quaternaire env. Lyon, p. 27. 

1881. Pupa frumentum, Locard, Catalogue Mollusques terrestres et aquatiques départ. Ain, p. 76. 
1881. P%ipa frumentum, Locard, Variations malaco logiques bassin Rhône, I, p. 256, pi. IV, fig. 4-6. 

1887. Pupa (Torquilla) frumentum, Westerlund, Fauna der paldarct. région Binnenconchy lien, III, p. 107, 

n° 63. 
1894. Pupa frumentacea, Locard, Coquilles terrestres France, p. 304, fig. 424-425. 

Un seul exemplaire fragmenté a été recueilli par M. le D r Cl. Gaillard. Il mesure 
7 millimètres de longueur sur 3 millimètres de diamètre maximum. Il ne semble pas différer, 
par sa forme générale, des exemplaires vivant actuellement dans la région. Le mauvais état 
de conservation de ce spécimen ne permet pas, d'ailleurs, de vérifier avec soin les caractères 
de son ouverture. 

Lœss de Saint-Fons (Rhône) [D r Cl. Gaillard]. 

Distribution géologique. — Le Pupa frumentum Draparnaud, semble rare dans les 
dépôts quaternaires. Il a été signalé dans le pléistocène de la vallée du Danube [dessin] et 
des environs de Turin [Pollonera], dans le loess de Bublane (Ain) [A. Locard] et dans les 
argiles lacustres de la vallée du Rhône, à la Mouche et à Gerland, près de Lyon 
[A. Locard]. 

1 Lamarck (De), Système des animaux sans vertèbres, ou Tableau général des classes, des ordres et des 
genres de ces animaux, p. 88, Paris, 1801. 

* Studer, Kurzes Verzeichniss der bisjeztin unsern Vaterlande entdeckten Conchylien, p. 89, 1820. 



78 MOLLUSQUES TERRESTRES ET FLUVIATILES 

Distribution géographique actuelle. — Le Pupa frumentum Draparnaud, vit 
dans toute l'Europe centrale (Allemagne, Suisse, Autriche, Serbie, Dalmatie, Italie, 
Espagne, etc.). En France, il a été signalé dans un grand nombre de départements, mais 
il est surtout répandu dans le nord et Test. Il ne s'élève pas, dans les régions monta- 
gneuses, à une altitude supérieure à 500 ou 600 mètres. 



Genre PUPILLA Leach, 1 820 1 

§ I. — PUPILLA sensu stricto. 

PUPILLA (PUPILLA) MUSCORUM Muller. 

(PL II, fig. 42-43.) 

1774. Hélix muscorum, Muller, Verm. terrest. et fluv. histor., IL, p. 105. 

1789. Bulimus muscorum, Bruguière, Encyclopêd. méthod., Vers, I,p. 334. 

1801. Pupa marginata, Draparnaud, Tableau Mollusques terr., fluv. France, p. 58. 

1805. Pupa marginata, Draparnaud, Histoire Mollusques terr., fluv. France, p. 61, tabl. III, fig. 36-38. 

1819. Turbo chrysalis, Turton, Conchological dictionary of the British Islands, p. 220. 

1821. Pupa muscorum, G. Pfeiffer, Beutscher Mollusken, I, p. 57, Taf. III, fig. 17-18. 

1821. Pupa unidentata, G. Pfeiffer, Beutscher Mollusken, I, p. 58, Taf. III, fig. 19-20. 

1823. Turbo marginatus, Sheppart, British Land and Freshivater Shells ; Linn. Transacl., XIV, p. 152 (non 

Brown). 
1826. Jaminia marginata, Risso, Histoire natur. Europe mêridion., IV, p. 89. 
1833. Alsea marginata, Jeffreys, Transact. Linn., XVI, part. II, p. 357. 
1835. Pupa muscorum, Rossmassler, Iconographie der Land- und Sùssivasser- Mollusken, I, p. 83, Taf. II r 

fig. 37. 
i837. Pupillà muscorum, Beck, Index Molluscorum, p. 84. 

1837. Torquatella muscorum, Held, Isis, p. 919. 

1838. Vertigo muscorum, Brumati, Catalogo sist. d.Conchyglie terr. e fluv. Montfalcone, p. 40. 
1843. Stomodonta marginata, Mermet, Mollusques terr., fluv. Pyrénées-Occidentales , p. 53. 
1850. Pupamuscorum, Dupuy, Histoire Mollusques terr., fluv. France, p. 407, tab. XX, fig. 10. 

1855. Pupa muscorum, Moquin-Tandon, Histoire Mollusques terr., fluv. France, II, p. 392, Taf. XXVIII, 

fig. 5-15. 
1869. Pupa muscorum, Bourguignaï, Catalogue Mollusques terr., fluv. quaternaire envir. Paris, p. 8. 
1875. Pupa (Pupilla) muscorum, Sandberger, Land- und Sùsswasser-Conchylien, p. 797, Taf. XXXIII, 

ûg. 35, Taf. XXXV, fig. 24 et Taf. XXXVI, ûg. 23-24. 
1877. Pupa muscorum, Locard, Malacologie lyonnaise, p. 65 et 138, n° 12. 

1879. Pupa muscorum, Locard, Bescription faune malacologique quaternaire envir. Lyon, p. 79. 

1880. Pupa muscorum, Locard, Nouvelles recherches argiles lacustres, quaternaire envir. Lyon, p. 27. 

1881. Pupamuscorum, Locard, Catalogue Mollusques terrestres et aquatiques départ. Ain, p. 81. 

1881. Pupa muscorum, Locard, Variations malacologiques, bassin Rhône, I. p. 271, pi. IV, ûg. 7-8. 

1882. Pupilla muscorum, Locard, Prodrome malacologie française; Catalogue Mollusq%ies terr., eaux douces 

et saumâtres, p. 174. 
1887. Pupa (Pupilla) muscorum, Westerlund, Fauna der palàarcl., région Binnenconchylien, III, p. 121, 

n<' 103. 
1894. Pupilla muscorum, Locard, Coquilles terrestres France, p. 328, fig. 461-463. 
1905. Isthmia muscorum, Gaziot, Faunule malacologique quaternaire Nice, p. 8. 
1909. Pupilla muscorum, Gaziot et Maury, Journal de Conchyliologie, LVII, p. 339. 

Coquille de forme générale cylindro-ovoïde ; spire composée de 6-7 tours médiocrement 
convexes, à croissance lente et régulière, séparés par de très profondes sutures faisant parfois 

1 Leach (W.-E.), Molluscorum Britannide Synopsis. A Synopsis of the Mollusca of Great Britain, 
Londres, 1820. 



DES BASSINS DU RHONE ET DU RHIN 79 

paraître les tours comme étages; dernier tour médiocre, assez convexe; ouverture petite, 
ovalaire, arrondie, avec un pli supérieur dentiforme, plus ou moins immergé et parfois 
absent; bords marginaux convergents et assez éloignés; bord columellaire réfléchi sur 
l'ombilic, qui est en fente allongée; péristome mince et tranchant, garni d'un fort bourrelet 
interne. 

Longueur : 4-5-5 1/2 millimètres ; diamètre maximum : 1 1/2-2 millimètres. 

Sommet lisse et obtus; test orné de stries fines, serrées, irrégulières et obliques. 

Lœss de Saint-Fons (Rhône) [D r CL Gaillard]. 
Lœss de Vénissieux (Rhône) [D r Cl. Gaillard]. 
Lœss de Fejzin (Isère) [D r Cl. Gaillard]. 

Le Pupilla muscorum Mùller, est commun dans le lœss du Lyonnais ; on le connaît à 
Neyron, Mas-Rilliez et Bublane, dans le département de l'Ain; à Saint-Rambert, la Chaux, 
Gollonges, Ecully, Saint-Martin-de-Fontaines, dans le département du Rhône, et aux environs 
de Vienne, dans le département de l'Isère. Il se retrouve également dans les argiles lacustres 
de la vallée du Rhône, à la Mouche et à Gerland, près de Lyon. 

Variations. — On observe quelques variations quant à la forme de la coquille, surtout 
en ce qui concerne les tours embryonnaires, qui sont souvent très étroits, surmontés d'un 
sommet parfaitement obtus. Beaucoup d'exemplaires sont tout à fait édentules, bien que garnis 
d'un bourrelet péristomal externe très développé. Ils appartiennent à la variété edentual 
Menke 1 , qui ne semble guère que la forme extra-adulte du Pupilla muscorum Mùller. 

Comparaison avec les individus de la Faune actuelle. — Les fossiles du loess 
lyonnais se distinguent par leur taille ordinairement plus grande et leur spire à profil plus 
nettement cylindrique. En outre, la forme générale est plus trapue, moins allongée que dans 
la majorité des spécimens de la faune actuelle. 

La plupart des auteurs considèrent le Turbo muscorum Linné 2 , comme étant cette 
espèce. Westerlund 3 a montré qu'il n'en était rien et que l'espèce linnéenne devait être rap- 
portée au Pupa avenacea Bruguière 4 . Voici, d'ailleurs, les parties essentielles de l'argumen- 
tation de Westerlund : 

« La source du Turbo muscorum de Linné se trouve dans son Voyage d'Oland (1745) 
p. 99 : « Ayant écarté quelques pierres (dans l'ancienne enceinte fortifiée de Triaberga, 
« paroisse de Hulterstad), nous trouvâmes de petites coquilles de la longueur de 7 spires, 
« grandes comme des grains de froment, brunâtres, à spires tournées du côté du soleil... » 

1 Menke (K. -Th.), Synopsis methodica Molluscorum gêner um omnium et specierum carum quse in Museo 
Menkeano, etc. , p. 33, 1828 ; Pupa muscorum var. edentula, Moquin-Tandon, Histoire Mollusques terr ûuv 
France, II, p. 392, 1855. *' ' ' 

2 Linné, Systema naturœ, éd. X, p. 767, 1758. 

3 Westerlund (D r C.-A.), Expose critique des Mollusques de terre et d'eau douce de la Suède et delà 
Norvège (Nova Acta Societ. scientif. Upsal, 3 e série, VIII, p. 84-85, 1871). 

4 Bruguière, Encyclopédie méthodique ; VI, Histoire naturelle des Vers, part. II, p. 355, 1792 \Bulimus 
avenaceus]. 



80; MOLLUSQUES TERRESTRES ET FLUVIATILES 

« L'auteur du présent traité a soigneusement exploré l'endroit où Linné trouva son 
Turbo muscorum, l'enceinte fortifiée de Triaberga sur l'île d'Oland (cette enceinte a une 
forme elliptique ; grand diamètre 200 pieds, petit 143 pieds), et il est à même d'assurer que 
l'on n'y trouvera pas la moindre trace ni de Pupa cylindracea (du G.), ni de P. minutis- 
sima Hartm., coquilles qui, du reste, n'ont jamais été trouvées dans l'île d'Oland; et pour ce 
qui regarde le Pupa edentula Drap., il lui a été impossible d'en découvrir un seul exem- 
plaire dans toute la localité. Si, par contre, on soulève les blocs calcaires de la muraille 
d'enceinte écroulée, on trouve presque sous chaque pierre le type Alloglossa (Pupa) avenacea 
Brug. C'est bien assurément la coquille trouvée par Linné à cet endroit, le 9 juin 1741, et ce 
n'était que d'après ce type qu'il pouvait établir une diagnose telle que : testa magnitudine 
triticij apertura ovato-acuminata, etc. » 

Distribution géologique. — Ce petit Pupilla est très répandu dans les formations 
quaternaires de l'Allemagne [Sandberger, Walchner, dessin], de l'Autriche [Sandberger, 
Glessin], de la Suisse [A. Millier, Mousson, Greppin], de l'Angleterre [Prestwich, Wood, 
A. Bell, etc.], de l'Italie [Sacco, Pollonera], de l'Algérie [Bourguignat, Pallary], etc.. En 
France, il a été signalé : dans le quaternaire du Pas-de-Calais [Sauvage et Hamy], de l'Al- 
sace [Puton, Braun, Daubrée], du Dauphiné [Lory]; dans les tufs de la Gelle-sous-Moret 
(Seine-et-Marne) [Tournouër], de Vincey (Vosges) [Bleicher et Fliche], de Saint-Pierre- 
lès-Elbeuf (Seine-Inférieure) [Ghédeville] ; dans le lœss de l'Ardèche (Gr. Sayn) ; dans les 
formations quaternaires des environs de Paris [Bourguignat] ; dans les argiles des environs 
de Nice [Gaziot et Maury], etc.. 

Distribution géographique actuelle. — Le Pupilla muscorum Mùller, est une 
espèce circumpolaire^ très répandue dans toute l'Europe, y compris la Suède et la Norvège 
[Westerlund 2 ], l'Islande [von Martens 3 ] et le Nord de la Russie d'où elle s'étend à travers 
la Sibérie [Westerlund 4 ] jusqu'au territoire de l'Amour [L. Schrenck 5 ] pour gagner l'Alaska 
[Dali 6 ]. Elle est moins abondante dans l'Europe méridionale, mais vit cependant dans le 
Nord de l'Italie, en Espagne [Hidalgo 7 ], aux îles Baléares et au Portugal [Hidalgo 8 , 
Locard 9 ]. Dans l'Afrique du Nord, le Pupilla muscorum Mùller, a été signalé au Maroc 

1 Et non une espèce cosmopolite. Voir à ce sujet chapitre III. 

2 Westerlund (G. -A.), Exposé critique des Mollusques terrestres et d'eau douce de la Suède et de la 
Norvège, p. 83, 1871. 

3 Martens (D r E. von), Ueber die Binnenmollusken des mittleren und Siidlichen Norwegens (MalaJwzool. 
Blàtter, p. 95, 1856). 

4 Westerlund (G. -A.), Sibiriens land- ôch Sotvatten-Mollusker, p. 41 et 107, 1877 [avec Pupa (Pupilla) 
muscorum, var. lundstrômi Westerlund]. 

5 Schrenck (L.-V.), Mollusken des Amur-Landes und des Nordjapanischen Meeres (Reisen und forschungen 
Amur-Lande (1854-1856), 11, p. 658, Saint-Pétersbourg, 1859-1867). 

6 Dali (W.-H.), Land and fresh water Mollusks of Alaska and adjoin. régions, p. 28, New- York, 1905. 

7 Hidalgo, Catâlogo iconogrâfico y descriptivo de los Moluscos terrestres de Espagha, Portiogal y los 
Baléares, p. 215, Madrid, 1875. 

8 Hidalgo, toc. supra cit., p. 215, 1875. 

9 Locard (A.), Conchyliologie portugaise. Les coquilles terrestres des eaux douces et saumâtres (Archives 
Muséum Hist. nat. Lyon, VU, p. 152, 1899). 



DES BASSINS DU RHONE ET DU RHIN 81 

[Pallary 1 ] et en Algérie [Bourguignat 2 ] ; elle est remplacée, en Tunisie, par le Pupilla 
bigranata Rossmàssler 3 [Letourneux et Bourguignat 4 ] . Il habite également l'Asie anté- 
rieure, d'où il s'est propagé jusque dans le Yarkand (Asie Centrale) [Martens 5 ]. Enfin, il se 
retrouve maintenant dans presque toute l'Amérique du Nord (Etats-Unis, Canada, île d'Anti- 
costi, Alaska) [Binney 6 , Dali 7 , etc.]. En France, cette espèce vit partout; elle s'élève 
jusque vers 600-800 mètres dans les Alpes et atteint 1.500-2.000 mètres dans les Pyrénées 
[Fischer 8 ]. 



Famille des CLAUSI Ll I D/E 

Genre GLAUSILIA Draparnaud, 1805 

§ I. — KUZMICIA Brusina, i870 

GLAUSILIA (KUZMICIA) PARVULA Studer. 

(PL I, fig. 10 à 13 et 19-20.) 

1789. Hélix parvula, Studer, Faunula Helvetica, mGoxe, Trav. Sioitz., III, p. 431. 
1911. Clausilia (Kuzmicia) parvula, Germain, videante, p. 34. 

Les exemplaires recueillis par M. le D r Cl. Gaillard ne dépassent pas 9 millimètres de 
longueur sur 2 1/4, rarement 2 1/2 millimètres de diamètre maximum. Ils sont fusiformes, 
un peu ventrus vers le milieu de la coquille et notablement atténués dans le bas ; ils comptent 
12 tours de spire, les premiers assez convexes, séparés par de profondes sutures, les autres 
moins convexes, séparés par des sutures plus faibles; l'ouverture est oblique, petite, subpyri— 
forme, bien anguleuse en haut. L'état de fossilisation permet difficilement de se rendre compte 
des denticulations : on distingue cependant très nettement le pli subcolumellaire voisin du 
sommet de l'ouverture. Le péristome est bien réfléchi en dehors. 

Le sommet et les tours embryonnaires sont lisses ; les autres tours sont ornés de strie» 
serrées, assez Anes et presque régulières; le dernier tour montre des stries plus fortes, assez 
serrées et sublamelleuses à sa partie tout à fait inférieure. 

Lœss de Saint-Fons (Rhône) [D r CI. Gaillard]. 
Lœss de Vénissieux (Rhône) [D r Cl. Gaillard]. 

1 Pallary (P.), Quatrième contribution faune malacologique N.-O. Afrique (Journal de Conchyliologie, Lll r 
p. 52, 1904). 

2 Bourguignat (J.-R.), Malacologie de V Algérie, II, p. 94, 1864. 

3 Letourneux et Bourguignat (J.-R.), Prodrome malacologie Tunisie, p. 108, 1887. 

4 Rossmàssler, Iconographie der Land- und Sùsswasser-Mollusken, X, p. 27, fig. 645, 1838. 

5 Martens (D r E. von), Sitzungsb. d. Gesellsch. naturforsch. Freunde zu Berlin, 1875. 

6 Binney (W. -G.), A second supplément to the fifth volume of the Terrestrial Air-Breathing Mollusks of the 
United States and Adjacent Territories (Bulletin Muséum comparative Zoôlogy Cambridge, XII, p. 24, 1886. 
A Third supplément..., ibid., XIX, p. 183 et 186, 1890) 

7 Dali (W.-H.), loc. supra cit., p. 28 et 29, 1905. 

8 Fischer (D r P.), Faunule malacologique de la vallée de Gauterets, suivie d'une étude sur la répartition des 
Mollusques dans les Pyrénées (Journal de Conchyliologie, XXIV, p. 64, 1876). 

Arch. Mus. — t. XI II. -11 



82 MOLLUSQUES TERRESTRES ET FLUVIATILES 

A. Locard signale le Clausilia pârvula Studer, dans les lœss des localités suivantes : 
Bublane (Ain) ; Saint-Rambert, la Chaux, Collonges, Saint-Fons (Rhône) ; environs de Vienne 
(Isère) ; enfin dans les argiles lacustres de la vallée du Rhône, à Gerland près de Lyon. 

Comparaison avec les individus de la Faune actuelle. — Si l'on compare la coquille 
fossile au type vivant actuellement aux environs de Lyon, on observe, contrairement à ce que 
nous avons mentionné à propos des tufs de la Buisse (Isère), des différences sensibles 1 . 

La forme générale est beaucoup plus ventrue-globuleuse dans la coquille fossile, ce qui 
donne à la spire un profil légèrement différent 2 ; de plus les premiers tours sont un peu plus 
convexes et le sommet plus gros, plus proéminent 3 . Par contre, les caractères du dernier tour, 
sensiblement bigibbeux dorsalement, du péris tome nettement réfléchi en dehors, de l'ombilic 
et de la sculpture concordent parfaitement dans les deux cas. En somme, la coquille fossile est, 
par rapport au type vivant, une mutation venir icosa assez nettement marquée. 



Famille des FERUSS ACI I D/E 

Genre ZUA Leagh 

ZUA SUBCYLINDRIGA Linné. 

1758. Hélix subcylindrica, Linné, Systema naturse, éd. XII, p. 1248. 
1911. Zuasubcylindrica, Germain, vide ante, p. 36. 

La forme générale des spécimens du lœss lyonnais est ovoïde, assez allongée; la spire 
est formée de 6 tours médiocrement convexes, à croissance assez rapide, bien que régulière; le 
dernier tour est grand, égal ou légèrement supérieur à la demi-hauteur de la coquille; le 
sommet est obtus; l'ouverture, à peu près verticale, est subpyriforme, anguleuse en haut, 
arrondie en bas ; le bord columellaire est incurvé et subtruncatulé ; enfin, le péristomeest mince 
et tranchant. 

Longueur : 4 1/4 à 5 millimètres; diamètre maximum : 1 1/2 à 1 3/4 millimètres. 

Le test, qui a conservé une partie de son brillant à la fossilisation, est mince, orné de stries 
sub verticales, peu serrées, et d'une très grande finesse. 

Lœss de Saint-Fons (Rhône) [D r Cl. Gaillard]. 
Lœss de Vénissieux (Rhône) [D r Cl. Gaillard]. 

1 Pour 9 ou 10 millimètres de longueur, la forme actuelle n'a que 2 millimètres de diamètre maximum. 

2 Locard (A.) a fait la même remarque: « Nous avons récolté, en 1865, dans le lœss de la Chaux, au Mont- 
d'Or,, des individus qui ont jusqu'à 3 millimètres de diamètre» (Description de la faune malacologique des 
terrains quaternaires des environs de Lyon, p. 79, 1879). 

3 Mais les caractères généraux : galbe fusiforme-allongé avec un maximum de diamètre un peu en dessous du 
milieu de la coquille, atténuation notable du dernier tour dans le bas, restent parfaitement concordants. 



DES BASSINS DU RHONE ET DU RHIN 83 

Le Zua subcylindrica Linné, est peu répandu dans le lœss ; Locard le signale à Bublane 
(Ain), à Saint-Fons (Rhône), dans les environs de Vienne (Isère), et dans les argiles 
lacustres de la vallée du Rhône, à la Mouche et à Gerland près de Lyon. 

Comparaison avec les individus de la Faune actuelle. — Par rapport au type 
actuellement vivant, la coquille que je viens de décrire est une forme un peu plus courte, 
légèrement plus ventrue et de taille plus faible 1 , se rapprochant, par ces caractères, du Zua 
collina Drouët 2 . D'ailleurs, dans presque tous les dépôts quaternaires où cette espèce est très 
commune, c'est également une variété de petite taille (var. exigua Menke 3 ) qui se rencontre 
le plus fréquemment. 



Famille des SUCCINEID/E 
Genre SUGGINEA Draparnaud, 1801 4 

§ i. _ LUCENA Oken, 1815 5 

SUGGINEA (LUCENA) OBLONGA Draparnaud. 

(PI. I, fig. 3 à 6, 9 et 22.) 

1789. Heliœ elongata, Studer, Faunula Helvetica, in Coxe, Trav. Switz., III, p. 432 (non Razoumowski). 
1801. Succinea oblongata, Draparnaud, Tableau Mollusques terr., fluv. France, p. 56. 

1803. Heliœ buccinum, Schrank, Fauna Beïca. 

1804. Amphibulina oblonga, de Lamarck, Archives Muséum hist. natur., VI, p. 306. 

1805. Succinea oblonga, Draparnaud, Histoire Mollusques terr., fluv. France, p. 59, tab. III, fîg. 24-25 [non 

Turton]. 

1820. Tapada oblonga, Studer, Kurzes Verzeichn. Conchylien, p. 86. 

1821. Amphibulina elongata, Hartmann, System der Erd- und Sûswasser-G aster opoden Europa's, p. 55, 

Taf. XV, fig. 2. 
1821. Amphibulina oblonga, Hartmann, in Sturm, D eut s chl and Fauna, VI, p. 8, fig. 19. 
1821. Amphibina oblonga, Hartmann, Neue Alpina, I, p. 248. 

1847. Succinea oblonga, Dupuy, Histoire Mollusques terr., fluv. France, p. 71, tab. I, fig. 9. 
1855. Succinea oblonga, Moquin-Tandon, Histoire Mollusques terr. fluv., France, II, p. 61, pi. VII, 

fig. 32-33. 
1875. Succinea (Amphibina) oblonga, Sandberger, Land- und Sus s w as s er -Conchylien, p. 790, Taf. XXXIII, 

fig. 29 et 30; Taf. XXXV, fig. 17; Taf. XXXVI, fig. 31 et 34. 
1877. Succinea oblonga, Baudon, Monographie Succin. franc, p. 75, pi. X, fig. 3. 
1877. Succinea oblonga, Bourguignat, Aperçu genre « Succinea», p. 27. 
1877. Succinea oblonga, Locard, Malacologie lyonnaise, p. 11 et p. 131, n° 3. 

1879. Succinea oblonga, Locard, Description faune malacologique quaternaire env. Lyon,^. 9. 

1880. Succinea oblonga, Locard, Nouvelles recherches argiles lacustres, quaternaire env. Lyon, p. 20. 

1881. Succinea oblonga, Locard, Catalogue Mollusques terrestres et aquatiques départ. Ain, p. 20. 
1881. Succinea oblonga, Locard, Variations malacologique s bassin Rhône,l, p. 36. 

1 Les échantillons de la faune actuelle atteignent facilement 7 à 8 millimètres de longueur. 

2 Drouët (H.), Enumération Mollusques terrestres et fluviatiles vivants de la France continentale, p. 46, 
1855 (Achatina collina). 

3 Menke, Synopsis methodica Molluscorum, etc., p. 29, 1830 [Achatina lubrica, var. C. exigua]. 

4 Draparnaud (J.-R.), Tableau des Mollusques terrestres et fluviatiles de France, p. 24, 28 et 58, 1801. 

5 Oken (J.), Lehrbuch der Zoologie, III, p. 311, 312, 1815. 



$4 MOLLUSQUES TERRESTRES ET FLUVIATILES 

1882. Succinea oblonga, Locard, Prodrome > malacologie française, Catalogue Mollusques terr., eaux douces 

et saumâtres, p. 32. 
1885. Succinea (Lucena) oblonga, Westerlund, Fauna der palaàrct. région Binnenconchy lien, Y, p. 14, 

n° 14. 
1890. Succinea oblonga, Locard, Coquilles terrestres, quaternaire Baume- d'Hostun, p. 6. 
1894, Succinea oblonga, Locard, Coquilles terrestres France, p. 34, fig. 31. 

Le Succinea oblonga Draparnaud, est une des espèces qui caractérisent le mieux le lœss 
de la région lyonnaise. Il j est très répandu, moins cependant qu'on ne l'a cru quelquefois, 
•car il a dû, bien souvent,, être confondu avec le Succinea joinvillensis Bourguignat. 

M. le D r Cl. Gaillard a recueilli un assez grand nombre de spécimens de cette Succinée 
dans les localités suivantes : 

Lœss de Vénissieux (Rhône) [D r Cl. Gaillard]. 

Lœss de leRosey, près de Rochecardon (Rhône) [D r Cl. Gaillard]. 

Lœss de Saint-Fons (Rhône) [D r Cl. Gaillard]. 

Lœss de Saint-Rambert (Rhône) [D* CL Gaillard]. 

Lœss de la promenade des Chartreux, à Lyon [D r CL Gaillard]. 

Lœss deFejzin (Isère) [D r CL Gaillard]. 

D'autre part, le Succinea oblonga avait été signalé dans les stations suivantes du bassin 
du Rhône : 

Lœss des Chartreux, Neyron, Sermenaz, Mas-Rilliez, la Boisse, dans le département de 
l'Ain ; loess d'Irigny, Saint-Fons, Saint-Martin-de-Fontaines, Sainte-Foy, Collonges, Ecully, 
Fourvière, dans le département du Rhône; lœss de Feyzin et des environs de Vienne, dans le 
département de l'Isère ; argiles lacustres de la vallée de la Saône à Fleurville ; argiles lacustres 
de la vallée du Rhône, à la Caille et à la Mouche, près de Lyon. 

Variations. — Le Succinea oblonga Draparnaud, était, au quaternaire, encore plus 
variable qu'aujourd'hui. Sa taille oscillait entre 5 et 8 1/2, rarement 9 millimètres de 
longueur pour 3 à 4 millimètres de diamètre maximum. Sa forme générale était tantôt plus 
globuleuse, tantôt plus allongée que chez le type actuel. Le type globuleux est le plus rare, 
surtout aux environs de Lyon. Il a été décrit par A. Locard, sous le nom de Succinea 
Jacquemeti 1 , d'après des individus recueillis dans les tufs quaternaires des environs de Crémieu 
(Isère), et ne saurait être considéré comme espèce distincte. Quant au type elongata, qui a 
reçu le nom de Succinea ragnebertensis Locard 2 , il est commun dans la plupart des dépôts 
du lœss lyonnais. Il semble d'ailleurs absolument synonyme de la variété elongata décrite 
autrefois par A. Braun 3 . 

G. Michaud, dans sa descriptiondes fossiles des environs d'Hauterive, cite le Succinea 

1 Locard (A.), Description des Mollusques quaternaires nouveaux recueillis aux environs de Crémieu 
(Isère), par M. le D r Jacquemet, p. 2, fig. 1-2, 1894. Cette coquille, qui atteint 9 millimètres de longueur pour 
4 1/2 millimètres de diamètre maximum, diffère du Succinea oblonga Draparnaud, par sa taille plus grande et par 
sa spire plus courte composée de tours plus convexes séparés par des sutures mieux accentuées. Elle est assez 
commune à Roponoud près Optevoz, la Gagne près Trept et la Fusa près Crémieu, dans le département de l'Itère, 

2 Locard (A.), Description de la faune malacologique des terrains quaternaires des environs de Lyon, 
p. 9, p!. I, fig. 8-10, 1879 [Succinea oblonga var. Ragnebertensis] et loc. supra cit., p. 3, 1894 [Succinea 
Ragnebertensis]. 

3 Braun (A.), Bericht ùbèr die Versammlung Deutscher Naturforscher in Mainz, 1842. 



DES BASSINS DU RHONE ET DU RHIN 85 

oblonga Drapamaud, et ajoute : « La variété de Hauterive présente une ouverture plus évasée 
que celle du type de Draparnaud 1 ». Cette détermination a été mise en doute par Sandberger 2 , 
et c'est avec raison que A. Locard, considérant la coquille d'Hauterive comme spécifiquement 
distincte, lui a donné le nom de Succinea Michaudi*. Cette espèce atteint jusqu'à 11 1/2 milli- 
mètres de hauteur ; elle est allongée, à peine ventrue ; sa spire se compose de 4 tours 
convexes fortement tordus et séparés par de profondes sutures; enfin l'ouverture, à peine 
oblique, anguleuse en haut, bien arrondie en bas, atteint 8 millimètres de hauteur chez les 
grands échantillons. Le Succinea Michaudi Locard, doit être considéré comme la forme 
ancestrale du Succinea oblonga Draparnaud, et de toutes les espèces de ce groupe. 

Distribution géologique. — Le Succinea oblonga Draparnaud, a été signalé dans un 
nombre considérable de dépôts quaternaires de l'Allemagne [Sandberger, Clessin, Eck, etc.], 
de l'Autriche [Sandberger, Geinitz, Brusina, Clessin, etc.], de l'Italie [Pollonera, Sacco], de 
la Russie [Sandberger, Zeuchner, Dubois de Montpéreux], de la Suisse [A. Mùller, Greppin, 
Mousson], de l'Angleterre [Wood], de l'Algérie [Bourguignat, Pallary, etc.]. 

En France, cette espèce a été signalée, en dehors de la région lyonnaise, dans le lœss des 
environs de Tournon (Ardèche) [G. Sayn], dans le quaternaire de la Somme [d'Archiac], du 
Pas-de-Calais [Sauvage], de l'Alsace [A. Braun, Daubrée, Puton], du Jura [Ogérien], des 
environs de Chàlon (Saône-et-Loire) [J. Canat], du Dauphiné [Lory] et des environs de 
Toulouse [P. Fagot, Paladilhe] ; dans les tufs de la Celle-sous-Moret (Seine-et-Marne), de la 
Baume-d'Hostun (Drôme) [A. Locard], des environs de Crémieu (Isère) 4 [Jacquemet, 
A. Locard] et dans le quaternaire récent des environs de Nice [Caziot et Maury]. 

Distribution géographique actuelle. — Le Succinea oblonga Draparnaud, vit dans 
toute l'Europe centrale et septentrionale (y compris l'Angleterre, la Suède, la Norvège, la 
Russie, d'où il pénètre en Sibérie jusqu'au territoire de l'Amour 5 ), mais ne s'étend pas vers le 
sud : c'est ainsi qu'il ne dépasse pas l'Italie septentrionale et qu'il est inconnu en Espagne et 
au Portugal. En France, cette espèce a été signalée dans presque tous les départements ; elle 
ne s'élève guère dans les Alpes au-dessus de 500 mètres, et devient rare entre 500 et 
1.000 mètres. A une altitude plus élevée, elle est remplacée par deux espèces toutes différentes : 
le Succinea Mortilleti Stabile 6 , et le Succinea Charpentieri Dumont et Mortillet 7 . 

1 Michaud (G.), Description des coquilles fossiles des environs de Hauterive, Journal de Conchyliologie, X, 
p. 60, n° 2, 1862. Dans ce même travail, G. Michaud signale, p. 59, n° 1, le Succinea Pfeifferi Rossmàssler. 
L'auteur ajoute que cette espèce diffère de la coquille actuellement vivante par sa forme plus étroitement allongée, 
sa spire plus acuminée et son ouverture moins large. Avec A. Locard [loc. infra cit., p. 217, 1878], je suis disposé 
à rapporter cette coquille au Succinea Michaudi Locard. 

2 Sandberger, Land- und Sùsswasser- Conchylien d. Woncelt, 1875, p. 790. 

3 Locard (A.),, Description de la faune de la Mollasse marine et d'eau douce du Lyonnais et du Dauphiné 
(Archives Muséum histoire naturelle Lyon, II, p. 216, pi. XIX, fig. 38-39, 1878). 

4 Sous forme de la variété Jacquemeti Locard. 

5 Westerlund (G. -A.), Sibiriens land- och sotvatten-Mollusker (Kongl. Svenska Vetenskaps-Akademiens 
Handlingar, XIV) p. 48 n° 5 et p. 108, 1877). 

6 Stabile, Mollusques terrestres vivants du Piémont, p. 2, Milan, 1864 (Succinea Pfeifferi var. Mortilleti) 
C'est le Succinea cenisia de Mortillet, mss. 

7 Dumont et Mortillet, Catalogue critique et malaco statique des Mollusques de Savoie et du bassin du 
Léman, p. 23, Genève, 1857. 



85 MOLLUSQUES TERRESTRES ET FLUVIATILES 

SUGGINEA (LUGENA) JOINVILLENSIS Bourguignat. 

(PL I, ûg. 7-8.) 

1869. Succinea Joinvillensis, Bourguignat, Catalogue Mollusques terr., fluv., quaternaire env. Paris, p. 4, 
pi. III, fig. 5-6. 

1874. Succinea Joinvillensis, Tournouër. Bulletin Société géologique France, 3 e série, II, p. 444 et p. 448. 

1875. Succinea oblonga, variété, Sandberger, Land- und Sùsswasser-Conchylien, p. 942. 

1879. Succinea Joinvillensis, Locard, Description faune malacologique quaternaire envir. Lyon, p. 13. 
1886. Succinea Joinvillensis, Pollonera, Molluschi fossili postpliocenici d. contorno di Torino, p. 19, n° 45, 

Tav. I, fig. 11. 
1908. Succinea (Tapada) Joinvillensis, Jodot, Association française avanc. sciences, Congrès de Clermont- 

Ferrand y p. 426. 

Coquille de forme oblongue, allongée; spire élevée, aiguë, composée de quatre tours 
fortement tordus, séparés par des sutures très profondes et très obliques; premier tour très 
petit, mamelonné et lisse; second tour beaucoup plus grand, très convexe; dernier tour 
grand, fortement renflé, globuleux, formant plus de la moitié de la hauteur totale de la 
coquille; ouverture ovalaire, oblongue, légèrement subpyriforme, anguleuse en haut, bien 
arrondie en bas et extérieurement; bord columellaire convexe; péristome un peu mince, 
légèrement épaissi. 

Longueur totale ... 6 mm. 7 1/4 mm. 8 mm. 9 mm. 

Diamètre maximum . . 3 1/4 — 4 — 3 3/4 — 4 3/4 — 

Diamètre minimum . . 2 3/4 — 3 — 3 1/4 — 3 1/4 - 

Hauteur de l'ouverture. 3 — 3 1/4 — 3 — 3 1/2 — 

Diamètre de l'ouverture. 2 — 2 1/4 — 2 1/2 — 2 1/2 — 

Test assez solide, relativement peu fragile; tour embryonnaire et premier tour presque 
lisses, les autres ornés de stries obliques, un peu onduleuses, relativement fortes et irrégu- 
lières. 

Lœss de Vénissieux (Rhône) [D r Cl. Gaillard]. 

Lœss de Saint-Rambert (Rhône) [D r Cl. Gaillard]. 

Lœss de Saint-Fons (Rhône) [D r Cl. Gaillard]. 

Lœss de la promenade des Chartreux, à Lyon [D r Cl. Gaillard]. 

En dehors de ces localités, le Succinea joinvillensis Bourguignat, a encore été signalé 
dans le lœss à Gollonges, la Chaux et Ecully. 

Variations. — Les variations portent principalement sur la taille qui est plus ou moins 
forte. Dans les exemplaires recueillis par M. le D r Cl. Gaillard, la longueur totale de la 
coquille ne dépasse pas 8 millimètres. Cependant, A. Locard a signalé, dans le lœss des 
environs de Lyon, des spécimens atteignant 9 millimètres, c'est-à-dire de taille aussi forte 
que ceux des formations quaternaires des environs de Paris. 

Une autre espèce appartenant au même groupe, le Succinea Fagoti Bourguignat 4 , se 

1 Bourguignat (J.-R.), Aperçu espèces françaises genre Succinea,^. 25,n°21, [SU [Succinea Fagotiana\ 
Cette espèce est connue à l'état fossile, en dehors des argiles lacustres de la vallée du Rhône, dans le lœss des 
environs de Tournon (Ardèche) [G. Sayn], dans les tufs de la Celle-sous-Moret (Seine et-Marne) [Jodot] et dans 



DES BASSINS DU RHONE ET DU RHIN 87 

trouve dans les argiles lacustres de la vallée du Rhône, à la Mouche et à Gerland, près de 
Lyon 1 . C'est une coquille très bien caractérisée par sa grande taille et sa spire bien tordue, 
composée de quatre à cinq tours bien convexes, séparés par des sutures profondes et très 
obliques. L'ouverture, toujours plus petite que la demi-hauteur, est oblongue, subarrondie, 
à bords réunis par une légère callosité. Enfin, le test présente des stries relativement fortes, 
obliques, un peu onduleuses, plus saillantes aux environs de l'ouverture. 

Les Succinées du groupe du Succinea oblonga Draparnaud, étaient particulièrement 
abondantes à l'époque quaternaire. Elles étaient assez variées en espèces et se faisaient 
remarquer parleur taille relativement grande, presque toujours plus forte que chez les formes 
actuellement vivantes. L'espèce la plus ancienne du groupe paraît être le Succinea Michaudi 
Locard, des marnes de Hauterive (Drôme). Voici, d'ailleurs, un tableau des espèces fran- 
çaises vivantes et fossiles de ce groupe ; celles qui ne vivent plus actuellement sont marquées 
d'un astérisque et celles qui ont été trouvées à la fois vivantes et fossiles sont indiquées par 
une croix. 

* Succinea Michaudi Locard 2 . 

-+- Succinea oblonga Draparnaud. 
Succinea oblonga var. iriptychiophila Sacco 3 . 
Succinea oblonga var. Jacquemeti Locard. 

* Succinea oblonga var. elongata A. Braun (= Succinea ragneberlensis Locard). 
Succinea oblonga var. agonostoma Kùster 4 . 

Succinea joinvillensis Bourguignat. 
H- Succinea Fagoli Bourguignat. 
Succinea lute anaj. Mabille 5 . 
-h Succinea valcourtiana Bourguignat 6 . 

A cette liste, il faudrait encore ajouter le Succinea vitreola Bourguignat 7 , mais cette 
espèce, trop brièvement décrite et non figurée, est encore insuffisamment connue. 

ceux de Saint-Pierre-lès-Elbeuf (Seine-Inférieure) [Germain]. Dans ses « Etudes malacologiques sur les dépôts 
préhistoriques de la vallée de la Saône», p. 13, 1882 (Annales Académie Mâcon, 2 e série, t. IV), A. Locard a 
signalé un « Succinea caractérisé par sa grande taille, son galbe allongé » qui pourrait bien être aussi le Succinea. 
Fagoti Bourguignat. 

1 Hazay [Malakozoolog. Blàtter, Taf. V, fig. 15, 1880] a décrit, sous le nom te Succinea Kobelti, une espèce 
synonyme du Succinea Fagoti Bourguignat. 

* Voir p. 85, de ce Mémoire. 

3 Sacco (F.), Nuove specie Terziere di Molluschi terrestri e d'acqua dolce e salmastra del Piemonte (Atti d 
Società italiana di Scienze naturali, XXIX, p. 49. Tav. II, fig. 13 a, 13 6, 1886) [Succinea (Amphibina) 
oblonga Drap., var. Triptychiophila]. Cette coquille, qui a 8 millimètres de longueur sur 4 1/2 millimètres de 
diamètre maximum, se distingue par sa forme plus courte, plus globuleuse, sa spire moins tordue, son dernier tour 
plus renflé et son ouverture plus amplement élargie. 

* Kiistei ■ (H.-G ) Nachtràge und Bericht. zu dem Verzeichniss d. Binnenmollusken (Drilt. Berich obiaen 
Vereins, p. 75, 1856 [Succinea agonostoma]. y 

5 Mabille (J.),ffisloire malacoloyique du bassin parisien, p. 92, 1870 [Succinea Lutetianal 
Bourguignat (J.-R.), Description d'espèces nouvelles Mollusques terrestres Alpes-Marilimes p 8 1869 
(Mémoire Soc, Sciences naturelles Cannes, t. 1) [Succinea valcourtiana]. Figuré par A. Locard TCoàuiUe, 
terrestres France, p. 36, fig. 32, 1894], le Succinea valcourtiana Bourguignat, a été trouvé, à l'é ai fo ÏÏI 
dans le quaternaire récent des environs de Nice [Caziot (E.) et Maury (E.), Tableau Mollusques terrestres du 
plejstocene Ligarie occdentale et département Alpes-Maritimes (Journal de Conchyliologie, LV1I p 3*7 19C9Ï1 
Bourguignat (J.-R.), in Locard (A.), Coquilles terrestres France, V 35 1894 ' ' 



88 MOLLUSQUES TERRESTRES ET FLUVIATILES 

Distribution géologique. — Signalée dans le quaternaire de l'Allemagne [Sand- 
berger, A. Braun, Tournouër] et de l'Italie [Pollonera, Saeco], cette espèce est connue dans 
les tufs de la Gelle-sous-Moret (Seine-et-Marne) [Tournouër, Jodot], dans les formations 
quaternaires de Villefranche (Haute-Garonne) [P. Fagot], dans le lœss des environs de Lyon 
[A. Locard, Cl. Gaillard] et dans les anciens lits de la Seine, à Montreuil, Joinville-le-Pont, 
Canon ville, Glichy-la- Garenne, aux environs de Paris [Bourguignat] . 

Distribution géographique actuelle. — Le Succinea joinviUensis Bourguignat, n'a 
pas encore été trouvé à l'état vivant. 



DES BASSINS DU RHONE ET DU RHIN 8& 



GASTÉROPODES PROSORRANCHES 

MONOTOGARDES 

Famille des CYCLOSTO M ATI D/E 
Genre GYCLOSTOMA Draparnaud, 1801 

§ I. — ERICIA Moquin-Taihdoj, 1848 

GYCLOSTOMA (ERIGIA) ELEGANS Mûller. 

(PI. IV, ûg. 134 à 145.) 

1774. Nerita elegans, Mûller, Verm. terre&tr. et fluv. histor., II, p. 137. 
1911. Cyclostoma (Ericia) elegans, Germain, vide ante, p. 43. 

Cette espèce est commune dans le lœss, Je ne reviendrai pas ici sur ce que j'ai dit de 
son polymorphisme à propos des fossiles des tufs de la Buisse, me contentant de donner 
quelques détails sur les particularités que présentent les spécimens recueillis par le 
D r Cl. Gaillard. 

Les exemplaires du lœss de Vénissieux (Rhône) ont 14 1/2 millimètres de longueur 
pour 10 1/2 millimètres de diamètre maximum et 9 1/2 millimètres de diamètre minimum. 
L'ouverture a 6 millimètres de hauteur sur 5 3/4 millimètres de diamètre. Le test a con- 
servé, à la fossilisation, un sommet lisse, brillant, d'un orangé clair. Les spécimens recueillis 
dans le lœss de Saint-Fons (Rhône) sont de taille un peu plus petite : 13 millimètres de 
longueur pour 9 1/2 millimètres de diamètre maximum et 8 1/4 millimètres de diamètre 
minimum. Leur forme générale est semblable à celle des exemplaires de la faune actuelle; 
on remarque pourtant que, dans la majorité des cas, les individus fossiles sont un peu plus 
globuleux-ventrus . 

Lœss de la promenade des Chartreux, à Lyon [D r Cl. Gaillard]. 
Lœss de Saint-Rambert-rile-Barbe [D r Cl. Gaillard]. 
Lœss de Vénissieux (Rhône) [D r CL Gaillard]. 
Lœss deSaint-Fons (Rhône) [D r Cl. Gaillard], 
Lœss de la Bégude, Feyzin (Isère) [D r Cl. Gaillard]. 

A. Locard considère cette espèce comme peu commune dans le lœss. Il la signale à 
Saint-Rambert, la Chaux, Collonges, Irigny, Saint-Fons, dans le département du Rhône, 
et aux environs de Vienne dans le département de l'Isère. 

Arch. Mus. — t. XI tj _^ 



CHAPITRE II 
CATALOGUE SYSTÉMATIQUE 

DES MOLLUSQUES TERRESTRES ET FLUVIATILES 

DES TERRAINS QUATERNAIRES DES ENVIRONS DE LYON 



Je crois utile de présenter, sous forme de Catalogue systématique, un inventaire rai- 
sonné, aussi complet que possible,, de la faune malacologique des terrains quaternaires du 
Lyonnais. Ce catalogue, établi suivant les données actuelles de la Zoologie, a pour base les 
beaux travaux de A. Locard, que j'ai précédemment cités, et. les recherches de M. le 
D r Cl. Gaillard. On n'y trouvera qu'exceptionnellement, et seulement pour les espèces dont je 
n'ai pas eu à m'occuper dans les autres parties de ce Mémoire, des données zoologiques ou 
des rectifications de systématique. Quant à la bibliographie, elle a été réduite au strict mini- 
mum, n'ayant généralement indiqué, pour chaque espèce, que la référence originale. 



MOLLUSQUES DES BASSINS DU RHONE ET DU RHIN 91 



GASTÉROPODES PULMONÉS 

STYLOMMATOPHORES 

Famille des LIMACIDyE 



Genre LIMAX Linné, 1758 



Limax, sp. ind 



A deux reprises, en 1879 1 et en 1880 2 , A. Locard a signalé l'existence de Limaciens 
dans les formations quaternaires des environs de Lyon, mais sans préciser sa détermination : 
« Trois limacelles de différentes tailles pouvant se rapporter à des espèces telles que Limax 
agrestris ou L. cinereus. » 

Argiles lacustres de la vallée du Rhône, à Gerland, près de Lyon. Il serait vivement à 
souhaiter que de nouvelles recherches soient faites dans ce dépôt, afin de découvrir des maté- 
riaux permettant d'apporter une détermination précise de ces animaux très peu connus à l'état 
fossile. 



Famille des TESTACELLI D/E 
Genre TESTACELLA Cuvier, 1800 

Testacella haliotidea Draparnaud. 

Testacella haliotidea, Draparnaud, Tableau Mollusques terr.,fluv. France, p. 99, 1801. 

Lœss de Saint-Fons (Rhône). Le seul échantillon de cette espèce connu jusqu'ici a été 
recueilli par A. Locard. Il ne paraît pas différer sensiblement, quant à sa coquille, des indi- 
vidus vivant actuellement dans la région. 

1 Locard (A.), Description de la faune malacologique des terrains quaternaires des environs de Lyon, 
p. 2, 1879. 

2 Locard (A.), Nouvelles recherches sur les argiles lacustres des terrains quaternaires des environs de 
Lyon, p. 19, 1880. 



m MOLLUSQUES TERRESTRES ET FLUVIATILES 



Famille des ZONITID/E 
Genre HYALINIA. Agassiz, 1837 

§ I. — POLITA Hkld, 1837 

Hyalinia (Polita) lucida Draparnaud. 

Hélix lucida, Draparnaud, Tableau Mollusques terr., fluv. France, p. 96, 1801 (non Draparnaud, 1805, 

nec Studer, nec Montagu). 
[= Hélix nitida, Draparnaud, Histoire Mollusques terr., fluv. France, p. 117, tab. VIII, ûg. 23-25, 1805, 

(non Draparnaud, 1801, nec Mùller, n. Grmelin).] 

Lœss de Saint-Fons, près de Lyon. A. Locardest le seul auteur qui ait signalé cette espèce 
dans les terrains quaternaires des environs de Lyon. 

J'ai dernièrement montré que le Hyalinia lucida Draparnaud, ne possédant cependant 
qu'un polymorphisme peu étendu , avait été démembré en un assez grand nombre d'espèces 
fictives et qu'il convenait d'y rapporter, comme synonymes, les Hyalinia Farinesi Bourgui- 
gnat 1 , Hyalinia sub farinesi Bour guignât 2 , Hyalinia barbozana Castro 3 , Hyalinia gyro- 
curta Bourguignat 4 si Hyalinia intermissa Locard 5 . Quant aux Hyalinia disculina Locard 6 
et Hyalinia recta Locard 7 , ce ne sont que des formes de coquilles, d'ailleurs exceptionnelles, 
caractérisées par une spire plus ou moins nettement planorbique, et pouvant indifféremment 
affecter les espèces les plus diverses du sous-genre Polita*. 

Hyalinia (Polita) septentrionalis Bourguignat. 

Zonites septentrionalis, Bourguignat, Mollusques nouveaux litigieux, peu connus, p. 8, pi. III, ûg. 4-6, 
11 e décade, 1870. 

Cette coquille, qu'il convient de considérer comme une variété du Hyalinia lucida Dra- 
parnaud, a été signalée par Bourguignat 9 dans les argiles lacustres de la vallée de la Saône, 
à Fleurville (Saône-et-Loire). . 

Hyalinia (Polita) nitens Gmelin. 

Hélix nitens, Gmeîjn, Systema naUcrse, éd. XIII, p. 3663, 1788. 

Argiles lacustres de la vallée du Rhône, à la Mouche et à Gerland. 

1 Bourguignat (J. -R.), Molluques nouveaux, litigieux, peu connus, p. 11, pi. III, fig. 1-3, 11 e décade, 
1 er janvier 1870 [Zonites Farinesiana}. 

2 Bourguignat (J.-R.) in Locard (A ), Conchyliologie française, les Coquilles terrestres, p. 41, 1894 
(Hyalinia sub farinesiana). 

3 Castro in Locard, loc. supra cit., p. 40, 1894. 

4 Bourguignat (J.-R.) in Servain (D r G.), Etiode sur les Mollusques terrestres et fluviatiles de V Espagne 
et du Portugal, p. 16, 1880 [Zonites gyrocurtus], 

5 Locard (A. ), loc. supra cit., p. 41, 1894. 

6 Locard (A.) (L'Echange, Revue linnèenne, IX, p. 110, Lyon). 

7 Locard (A.), loc. supra cit., p. 45, fig. 48-49, 1894. 

8 Germain (Louis), Mollusques (Archives de Zoologie expérimentale et générale, 5 e série, t. VI, p. 234. 
pi. XIII, fig. 1 à 6, 10 à 15, 22 à 24, 32 à 34 et 41 à 43, 1911). 

9 In Arcelin, le Maçonnais préhistorique, p. 109, 1870. 



DES BASSINS DU RHONE ET DU RHIN 93 

Cette même coquille a été signalée, sous le nom de Hyalinia subnitens Bourguignat 1 , 
dans le lœss d'Irigny (Rhône), dans les marnes du Puits Sève, à Collonges-au-Mont-d'Or 
(Rhône) et, enfin, dans les argiles de la Mouche et de Gerland, près de Lyon, 



§ h. — ZONITOIDES Lehmann, 1862 

Hyalinia (Zonitoides) nitida Muller. 

Hélix nitida, Muller, Verm. terrestr. et fluv. histor., II, p. 32, n° 234, 1774 (non Gmelin, nec 
Draparnaud, Hist. Moll. 1805). 

Argiles lacustres de la vallée du Rhône, entre la Mouche et Saint-Fons (Rhône). 

§ III. — VITREA Fitzinger, 1837 

Hyalinia (Vitrea) diaphana Studer. 

Hélix diaphana, Studer, Kurzes Verzeichn. Conchylien 9 p. 44, 1820. 

Cette petite coquille a été signalée par A. Locard 2 , sous le nom de Hyalinia hyalina de 
Férussac 3 , dans le lœss de Saint-Fons (Rhône). 

Hyalinia (Vitrea) crystallina Muller. 

Hélix crystallina, Muller, Verm. terrestr. et fluv. histor., II, p. 23, n° 223, 1774. 

Lœss d'Irigny (Rhône). Argiles lacustres de la vallée du Rhône, à la Mouche et à 
Gerland, près de Lyon. 

Hyalinia (Vitrea) pseudohydatina Bourguignat. 

Zonites pseudohydatinus, Bourguignat, Aménités malacologiques, I, p. 189, 1856. 

Espèce signalée comme très rare dans les argiles lacustres de la vallée du Rhône, à 
Gerland, près de Lyon [A. Locard]. 

Voir, au sujet de cette espèce, la troisième partie de ce Mémoire. 



Genre EUGONULUS Reinhardt, 1883 

§ I. — TROCHULUS Westerluind, 1886 

Euconulus (Trochulus) fulvus Muller. 

Hélix fulva, Muller, Verm. terrestr. et fluv. hist., II, p. 56, n° 249, 1774 (pro parte). 

Argiles lacustres de la vallée du Rhône, à la Mouche et à Gerland, aux environs de 



Lvon, 



1 Voir à ce sujet, p. 4 de ce Mémoire. 

2 Locard (A.), Description faune malacologique terrains quaternaires environs Lyon, p. 20, 1880. 

3 Férussac (De), Tableaux systématiques, Prodrome, p. 45, n° 224, 1822 [Hélix hyalina]. 



94 MOLLUSQUES TERRESTRES ET FLUVIATILES 



Famille des EN DODONTI D/E 
Genre PYRAMIDULA Fitzinger, 1833 

§1. — GONYODISCUS Fitzinger, 1833 

Pyramidula (Gonyodiscus) rotundata Muller. 

Heliœ rotundata, Muller, Verm. terrestr. etfluv. histor., II, p, 29, n° 231, 1774. 

Espèce assez répandue : la Chaux, Saint-Rambert, Saint-Fons (Rhône) ; argiles lacus- 
tres de la vallée du Rhône, à la Mouche et à Gerland. Voir p. 5 et p. 59 de ce Mémoire. 

Genre SPHYRADIUM (Agassiz) de Charpentier, 1837 

Sphyradium inornatum Michaud. 

Pupa inornata, Michaud, Complément Draparnaud, p. 63, tab. XV, fig. 31-32, 1831. 
[z=Vertigo columella, Locard, Faune malacologique quat. Lyon, p. 83, 1879]. 

Espèce signalée par Braun et par Locard dans le lœss du Mont-d ? Or lyonnais où elle est 
très rare. Arcelin la mentionne également dans les limons argileux du Maçonnais (Saône-et- 
Loire). D'après ces divers auteurs, la forme fossile ne se distingue pas du type actuellement 
vivant. 



Famille des EULOTID/E 
Genre EULOTA Hartmann, 1842 

Eulota fruticum Muller. 

Hélix fruticum Millier, Verm. terrestr. et fluv. histor., II, p. 71, n° 267, 1794. 

Espèce assez répandue dans le lœss où les échantillons atteignent une grande taille (21-23 
millimètres de diamètre maximum, 17-19 millimètres de diamètre minimum et 15-17 milli- 
mètres de hauteur). Saint-Fons et Irigny dans le Rhône; argiles lacustres de la vallée du 
Rhône, à Gerland, près de Lyon. Voir, au sujet de cet Eulota, p. 7 de ce travail. 



DES BASSINS DU RHONE ET DU RHIN 95 



Famille des HELICID/E 
Genre HELIX Linné, 1758 

§ I. — HELICELLA de Férussac, 1819 

Hélix (Helicella) ericetorum Muller. 

Hélix ericetorum, Muller, Verm. terrestr. et fiuv. histor., II, p. 33, n° 236, 1774. 

Cette espèce est rare dans le lœss. Locard ne la signale qu'à Neyron, dans le département 
de FAin. Elle se retrouve dans les argiles de la vallée du Rhône, à la Mouche et à Gerland 
(Rhône). 

Hélix (Helicella) ericetella Jousseaume. 

Theba ericetella, Jousseaume, Bulletin Soc. zoologique France, p. 229, pi. III, fig. 11-12, 1879. 

Signalé, par Locard, dans les argiles de la vallée du Rhône à Gerland, V Hélix ericetella est 
une coquille subconoïde, déprimée en-dessus, assez bombée en dessous, possédant 5 1/2 tours 
de spire convexes à croissance assez lente et bien régulière. Le dernier tour est arrondi, dilaté 
à l'extrémité et nettement déclive ; les sutures sont bien marquées ; l'ombilic est grand, plus 
petit que chez V Hélix ericetorum Muller ; enfin l'ouverture assez oblique, subcirculaire, est 
intérieurement bordée d'un léger bourrelet. Cette espèce vit actuellement dans presque toute 
la France. 

§11. — CANDIDULA Kobelt, 1871 

Hélix (Candidula) costulata Zeigler. 

Hélix costulata, Zeigler m Pfeiffer, Deutschl. Mollush., p. 32, Taf. VI, fig. 21-22, 1828 (non deFérussac). 

Espèce rare, signalée par A. Locard dans le loess de Saint-Fons (Rhône). Voir, au sujet 
de cette espèce, p. 64 de ce Mémoire. 

Hélix (Candidula) unifasciata Poiret. 

Hélix unifasciata, Poiret, Coquilles fluv. et terr. de l'Aisne /Prodrome, p. 41. 

Assez commun dans le lœss des environs de Lyon. Voir, au sujet de cette espèce, p. 62 
de ce travail. 

Hélix (Candidula) heripensis J. Mabille. 

Hélix Heripensis, J. Mabille, Bulletin Soc. zoologique France 9 p. 304, 1877. 

Argiles lacustres de la vallée du Rhône, à la Mouche et à Gerland [A. Locard]. Les 
coquilles fossiles ne diffèrent pas sensiblement des échantillons actuels. 



96 



MOLLUSQUES TERRESTRES ET FLUVIATILES 



? Hélix (Gandidula) heripensis J. Mabille. 

Hélix fasciolata, Locard, Nouvelles recherches argiles lacustres, terrains quaternaires env. Lyon,^- 9, 
1880. 

Sous le nom tf Hélix fasciolata Poiret 1 , A. Locard a signalé « un seul échantillon, non 
adulte, en très mauvais état » d'un Hélix que je considère comme une forme de V Hélix heri- 
pensis Mabille. 

U Hélix fasciolata, très succinctement décrit par Poiret 2 , est une espèce à peu près inconnue. 
Elle appartient certainement au groupe de V Hélix heripensis Mabille, mais le manque de 
précision de la description originale et l'absence de tout type authentique ne permettent pas de 
considérer ces deux coquilles comme synonymes. Je crois donc qu'il vaut ipieux adopter le 
nom à' Hélix heripensis Mabille, qui correspond à une forme bien définie. Il est d'ailleurs 
évident qu'il faut y faire rentrer, comme synonymes, les espèces suivantes créées dans ces 
dernières années : 



Hélix gesocribatensis Bourguignat 3 . 
Hélix lugdunica Mabille 4 . 
Hélix philora Mabille 5 . 
Hélix Thuillieri Mabille 6 . 
Hélix Taillandier i Bourguignat 7 . 
Hélix nomephila Bourguignat 8 . 
Hélix ruida Bourguignat 9 . 
Hélix pouzouensis Fagot 10 . 
Hélix Coutagnei Bourguignat 11 . 
Hélix acentromphala Bourguignat 12 , 



Hélix mauriana Bourguignat 13 . 
Hélix tolosana Bourguignat 14 . 
Hélix Groboni Bourguignat 15 . 
Hélix xenelica Servain lô . 
Hélix lieuranensis Bourguignat n . 
Hélix saxœa Bourguignat 18 . 
Hélix Margieri Fagot 19 . 
Hélix Pauli Bourguignat 20 . 
Hélix valeourtiana Bourguignat 21 , 
Hélix crouziliana Fagot 22 . 



1 Poiret, Coquilles terrestres et fluviatiles du département de V Aisne et des environs de Paris, Prodrome, 
p. 79, 1801. 

2 Poiret, loc. supra cit., p. 79, 1801 : « Testa supra plana, umbilico angusto ; fasciis inferioribus approxi- 
matis. » 

3 Bourguignat (J.-R.) in Servain (L r G.), Etudes Mollusques Espagne, Portugal, p. 83, 1880 [Hélix 
Gesocribatensis]. 

4 Mabille (J.) in Locard (A.), Prodrome malacologie française, Catalogue Mollusques terrestres, des 
eaux douces et saumâtres, p. 109 et 334, 1882 [Hélix Lugdunica]. 

5 Bourguignat (J.-R.) m Locard (A.), Contributions faune malacologique française, NI, Monographie 
Hélices groupe Hélix heripensis Mabille, p. 37, 1883 [Hélix Philora}. 

6 Mabille (J.), Bulletin Société zoologique de France, p. 304, 1877. 

7 Bourguignat (J.-R.) in Locard (A.), les Coquilles terrestres de France, p. 177, 189 i. 

8 Bourguignat (J.-B.) in Servain (D r G.), loc. supra cit., p. 83, 1880. 

9 Bourguignat (J.-R.) in Servain (D r G-), loc. supra cit., p. 83, 1880. 

10 Fagot (P.), Bulletin Société zoologique de France, p. 137, 1881 [Hélix Pouzouensis']. 

11 Bourguignat (J.-R.) in Locard (A.), loc. supra cit., p. 109 et 334, 1882. 

12 Bourguignat (J.-R.) m Servain (D r G.), loc. supra cit., p. 81, 1880. 

13 Bourguignat (J.-R.) in Servain (D r G.), loc. supra cit., p. 83, 1880. 

14 Bourguignat (J.-R.) in Servain (D r G.), loc. supra cit., p. 87, 1880 [Hélix Tolosana}. 

15 Bourguignat (J.-R.) in Servain (D r G.), loc. supra cit., p. 83, 1880. j 

16 Servain (D r G.), loc. supra cit., p. 81 et 83, 1880 [Hélix Xenelica]. 

17 Bourguignat (J.-R.) in Servain (D r G.), loc. supra cit., p. 83, 1880 [Hélix Lieuranensis]. 

18 Bourguignat (J.-R.) in Locard (A.), les Coquilles terrestres de France, p. 172, 1894. 

19 Fagot (P.), Bulletin Société Histoire naturelle Toulouse, p. 210, 1883 [Hélix Margieriana}. 

20 Bourguignat (J.-R.) in Locard (A), loc. supra cit., p. 25, 1883. 

21 Bourguignat (J.-R.) in Servain (D r G.), loc. supra cit., p. 80, 1880 [Hélix Valeourtiana], 

22 Fagot (P.), Bulletin Société Histoire naturelle Toulouse, p. 209, 1883 {Hélix Crouziliana]. 



DES BASSINS DU RHONE ET DU RHIN 97 

Hélix Veramji Bourguignat l . 
Heliœ solaciaca Bourguignat-. 
Hélix loroglossicola Mabille 3 . 

J'espère d'ailleurs apporter prochainement les preuves de ce que j'avance ici dans une 
Re vision des Helicidœ de la faune française que je prépare en ce moment et qui sera publiée 
dans les Archives du Muséum d'histoire naturelle de Lyon. 



§ III. — THEBA Risso, 1826 

Hélix (Theba) carthusiana Muller. 

Hélix car thusiana, Muller, Venu, lerrestr. etfluv. histor., IL p. 15, n°214, 1774. 

Voir, au sujet de cette espèce peu répandue dans le lœss du Lyonnais, la notice, sur XEelioo 
rufilabris zeffreyss, p. 60 de ce Mémoire. 

Hélix (Theba) strigella Draparnaud. 

Hélix slrigella, Draparnaud, Histoire Mollusques terr., fluv. France, p. 84, 1801. 

Les exemplaires du lœss atteignent une grande taille (diamètre maximum : 12-17 milli- 
mètres; diamètre minimum: 10-15 millimètres; hauteur: 8-12 millimètres), mais ne diffè- 
rent pas sensiblement de ceux vivant actuellement dans la région. Lœss de Saint-Fons et 
d'Irigny (Rhône) ; lœss de Solaize (Isère). Avec le type se trouve la variété strigellula Hart- 
mann 4 , qui en diffère par sa taille beaucoup plus petite, sa forme plus déprimée et sa sculpture 
moins accentuée 5 . 

§ IV. — FRUTICICOLA Held, 1837 

Hélix (Fruticicola) hispida Linné. 

Hélix hispida, Linné, System, natur., éd. X, p. 771, 1758. 

Coquille très répandue dans le lœss. J'ai donné, p. 65, de ce Mémoire, de nombreux 
détails sur le polymorphisme de cette espèce à laquelle je rattache, à titre de variétés peu nette- 
ment, définies d'ailleurs, les Hélix Locardi Fagot, et Hélix neyronensis Fagot. 

Hélix (Fruticicola) fœni Locard. 

Hélix fœni. Locard, Conchyliologie française, les Coquilles terrestres, p. 1^6, 1894. 

U Hélix fœni Locard, doit être considéré comme la forme depressa de Y Hélix hispida 
Linné. Il a été recueilli par M. le D r Cl. Gaillard, dans le lœss de la promenade des Chartreux 
à Lyon, dans le lœss de Saint-Fons et dans celui de Saint-Rambert-l'Ile-Barbe (voir p. 68, 
de ce travail). 

1 Bourguignat (J.-R.) in Servain (D r G.), loc. supra cit., p. 83, 1880. 

2 Mabille (J.), Bulletin Société zoologique de France, p. 304, 1877 [Hélix Solaciaca]. 

3 Mabille (J.), Bulletin Société zoologique de France, p. 304, 1877 [Hélix Loroylossicota]. 

4 Hartmann, System der Erd- und Sùsswasser-Gasteropoden Euroj a's..., p. 52, 1821. 

5 Voir, au sujet de cette espèce, p. 10-12 de ce Mémoire. 

Arch. Mus. — t. XI II. -13 



98 MOLLUSQUES TERRESTRES ET ELUVIATILES 

Hélix (Fruticicola) steneligma Bourguignat. 

Hélix steneligma, Bourguignat in Mabille, Bulletin soc. Zoologique France, p. 305, 1877. 

Cette espèce, certainement très voisine de YHelix hispida Linné, a été signalée par 
A. Locard dans le lœss de la Chaux et de Collonges-aù-Mont-d'Or (Rhône) et dans celui de 
Sèrmenas, près de Miribel (Ain). 

Hélix (Fruticicola) êlaveraaa Mabille. 

Ilelix elaverana, Mabille, Bulletin soc. Zoologique de France, p. 305, 1877, 

Cette coquille n'est qu'une variété de Y Hélix vendeana Letourneux 1 . Elle se trouve dans 
le lœss de Saint-Rambert, de la Chaux et de Collonges-au-Mont-d'Or. 

Hélix (Fruticicola) cœlata Studer. 

Hélix cœlata, Studer, Kurz. Verzeichn. Conch., p. 76, 1820 (non Vallol). 

Argiles lacustres de la vallée du Rhône, à la Mouche et à Gerland, où, à côté du type, 
se rencontre une variété minor Locard 2 , dont la forme est un peu moins aplatie en dessus. 

Hélix (Fruticicola) plebeia Draparnald. 

Hélix plebeia, Draparnaud, Histoire Mollusques terr., fluv. France, p. 103, pi. VII, fig. 65, 1805. 

Argiles de la vallée du Rhône, à la Mouche et à Gerland. Le type est peu commun ; on 
trouve avec lui, mais plus rarement, une variété alta Locard 3 , caractérisée par sa forme plus 
élevée, subconique, à tours régulièrement étages. 

Hélix (Fruticicola) bourniana Bourguignat. 

Hélix Bourniana, Bourguignat, Malacologie Grande-Chartreuse, p. 55, pi. VII, fig. 13, 1864. 

Cette espèce a été recueillie par M. le D r Cl. Gaillard, dans le lœss de Feyzin (Isère). 
Voir, à ce sujet, p. 69 de ce Mémoire. 

Hélix (Fruticicola) sermenasensis Fagot. 
Hélix (Fruticicola) idànica Fagot. 

Dans son Mémoire sur la faune malacologique quaternaire des environs de Lyon, A. Lo- 
card, après avoir cité ces deux espèces, donne les renseignements suivants : 
« Dimensions principales : 

Diamètre maximum 6 mm. 6,50 mm. 

Diamètre minimum 5,25 — 5,50 — 

Hauteur totale 4,25 — 4,50 — 

« Description. — Nous rattachons au groupe de YHelix glypta Mabille (H. cœlata, 
Studer, 1820, non H. cœlata, Vallot, Ex, Hist. nat., 1801) deux espèces que M. P. Fagota 

1 Letourneux, Catalogue des Mollusques du départ, de la Vendée (Revue et Magasin de zoologie, p. 60, 1869 ; 
tirés à part, p. 17). 

2 Locard (A.), Nouvelles recherches sur les argiles lacustres des terrains quaternaires des environs de 
Lyon, p. 22, 1880. 

3 Locard (A.), loc. supra cit., p. 22, 1880. 



DES BASSINS DU RHONE ET DU RHIN 92 

reconnues comme nouvelles dans un envoi que nous lui avons fait, mais dont le nombre des 
échantillons est encore trop restreint pour que nous puissions les élever d'une façon définitive 
au rang d'espèces. Toutes deux ont été récoltées par M. l'abbé Philippe. 

« 1° Nous inscrirons sous le nom provisoire d'H. Sermenasensis un échantillon unique, 
caractérisé par une taille plus petite que le type H. gty'pta, par une forme plus déprimée, par 
des stries moins prononcées et par son ombilic plus ouvert ; 

« 2° Sous le nom à? H. idanica nous désignerons une espèce du même groupe que la pré- 
cédente, se distinguant par ses tours plus bombés, à croissance plus lente avec des striations 
plus accusées, une spire bien déprimée et une ouverture plus arrondie. Cette dernière forme 
serait intermédiaire entre le groupe de Y H. glypta et celui de Y H. hispida. 

(( Habitat. — Très rare ; dans le lehm de Sermenaz, dans le département de l'Ain 1 . )/ 

De ce texte il résulte : 

I. Que Y Hélix sermenasensis est une coquille du groupe de F Hélix glypta Fagot 2 , c'est- 
à-dire du groupe de Y Hélix cœlata Studer, puisque, comme A. Locard l'a reconnu lui-même 
plus tard 3 , les Hélix glypta Fagot, et cœlata Studer, sont synonymes. Cet Hélix sermena- 
sensis n'a jamais été décrit ou figuré et Locard n'en parle plus dans ses travaux ultérieurs. Il 
semble donc prudent, en l'absence de tout type authentique, de considérer cette coquille comme 
douteuse et de n'en pas faire état actuellement. 

II. La question est plus compliquée en ce qui concerne VHelix idanica Fagot. En effet, 
#dès 1881, Locard publiait, sous le nom d'Hélix idanica Locard, une espèce vivant dans le 

département de l'Ain et appartenant, comme il le dit lui-même, au groupe des Hélices dites 
striées : «... Elle doit prendre rang à côté des Hélix diniensis, H. fasciolata. H, gesocriba- 
tensis, H . liearanensis et H. liempensis 4 » . Et de fait, dans toutes ses publications ultérieures, 
en 1882 5 , en 1883 6 et en 1894 7 , Locard maintint son Hélix idanica au voisinage de Y Hélix 
heripensis Mabille, ou des espèces voisines de cette dernière. 

Or, le texte de la faune malacologique quaternaire des environs de Lyon, texte que j'ai 
précédemment transcrit montre que Y Hélix idanica Fagot, est un fossile appartenant au groupe 
de /'Hélix hispida Linné, dont il n'est, peut-être, qu'une des nombreuses formes. Nous 
sommes donc ici en présence de deux Hélix portant le même nom et appartenant à deux sous- 
genres différents. Du reste, s'il pouvait subsister la moindre incertitude à cet égard, cette phrase 
de Locard, relative à son Hélix idanica vivant, lèverait tous les doutes : 

1 Locard (A.), Description de la faune malacologique des terrains quaternaires des environs de Lyon, 
p. 34, 35, 1879. 

2 Et non Mabille [Hélix glypta Fagot in Locard (A.), Etudes sur les variations malacologique s d'après la 
faune vivante et fossile de la partie centrale du bassin du Rhône, I, p. 95, 18811. 

3 Locard (A.) ? Contributions à la faune malacologique française, XII, Etudes critiques sur les Hélix du 
groupe de VHelix rufescens (Pennant), p. 43, 18h8. 

4 Locard (A.), Calai, des Mollusques vivants terrestres et aquatiques du département de l'Ain; p. 51, 1881. 

5 Locard (A.), Prodrome de malacologie française, Catalogue général des Mollusques vivants de France, 
Mollusques terrestres, des eaux douces et des eaux saumâtres, p. 110, 1882. 

6 Locard (A.), Contributions à la faune malacologique française, VI, Monographie des Hélix du groupe 
de Vlltlix heripensis (Mabille), groupe des Hélices dites striées, p. 61, 1883. 

7 Locard (A.). Conchyliologie française, les Coquilles terrestres, p. 181, 1894 (Hélix Idanica). 



100 MOLLUSQUES TERRESTRES ET FLUVIATILES 

« Origine. — V Hélix idanica n'a pas encore été signalé à l'état fossile 1 .» 
Que conclure de tout ceci? C'est qu'en créant son Hélix idanica, Locard 2 a oublié son 
Mémoire de 1880 où il avait déjà indiqué un Hélix idanica Fagot. Quant à cette dernière 
coquille, elle reste, comme Y Hélix sermenasensis, absolument énigmatique, n'ayant jamais 
été figurée ou décrite. 

§ y _ PERFORATELLA Schluter, 1838 

Hélix (Perforatella) edentula Draparnaud. 

Hélix edentula, Draparnaud, Histoire Mollusques terr., fluv. France, p. 80, tab. VIII, fig. 14. 

C'est YHeltxdepilataàes travaux de A. Locard sur les Mollusques quaternaires des envi- 
rons de Lyon. Cette coquille a été recueillie dans les argiles lacustres de la vallée du Rhône, à 
la Mouche et à Gerland. 

g VI. — VALLONIA Risso, 1826 

Hélix (Vallonia) pulchella Mûller. 

Hélix pulchella, MiïUer, Verni, terrestr. et fluv.histor., II, p. 30, n°232, 1774. 

Les exemplaires de cette espèce, assez répandue dans le lœss [Saint-Fons (Rhône) ; la 
Boisse et Neyron (Ain) ; marnes de Collonges et du Mont-d'Or lyonnais], ne diffèrent pas sen- 
siblement de ceux qui vivent actuellement. 

L'Hélix pulchella Mùller, se retrouve également dans les argiles de la vallée du Rhône, à 
la Mouche et à Gerland, et dans les argiles de la vallée de la Saône, à la Caille, près de 
Lyon. 

Hélix (Vallonia) costata Muller. 

Hélix costata, Millier, Verm. terrest. et fluv. hist., II, p. 31, n° 233, 1774. 

Cette coquille est rare dans le lœss des environs de Vienne (Isère) et dans les argiles 
lacustres de la Caille, près de Lyon. Les individus fossiles diffèrent des exemplaires vivants 
par leurs côtes peu saillantes, comme effacées, caractère qu'il faut peut-être attribuer à la fossi- 
lisation. 

1 Locard (A.), loc. supra cit., II, p. 548, 1880. 

2 Voici la synonymie de cette espèce : 

Hélix (Candidula) idanica Locard. 

1881. Hélix Idanica, Locard, Catalogue Mollusques terr. aquat. Ain, p. 51. 

1882. Hélix Idanica, Locard, Variations malacologiques bassin Rhône, II, p. 547. 

1882. Heliœldanica, Locard, Prodrome mal acol. franc., Catalogue Mollusques terrestres France, 
p. 110. 

1883. Hélix Idan ; ca, Kobelt, Nachricitsblatt d. deutschen Malakozool. Gesellschaft, p. 9. 

1883. Hélix Idanica, Locard, Contributions, etc., VI, Monographie Hélices groupe Hélix heri- 

pensis, p. 61. 
i894. Hélix Idanica Locard, Conchyliologie française, Coquilles terrestres, p. 181. 



DES BASSINS DU RHONE ET DU RHIN 101 



§ VII. — HELICODONTA de Férussac, 1819 

Hélix (Helicodonta) obvoluta Muller. 

Hélix obvoluta, Mûller, Verm. terreslr. (t fluv. hist,, II, p. 27, n° 229, 1774. 

Lœss de Saint-Fons et d'Irigny (Rhône) ; argiles lacustres de la vallée du Rhône à 
Gerland (Rhône). 

g Vin. — HELICIGONA (de Férussac) Risso, 1826 

Hélix (Helicigona) lapicida Linné. 

Hélix lapicida, Linné, System, natur., éd. X, p. 768, 1758. 

Coquille rare dans le lœss : Sathonay (Rhône) ; Solaize (Isère). 

§ IX. — ARIANÏA Lbach, 1831 

Hélix (Arianta) arbustorum Linné. 

Hélix arbustorum, Linné, System, natur., éd. X, p. 771, 1758. 

Voir, au sujet de cette espèce très répandue dans le lœss, p. 23 et 70-72 de ce Mémoire. 

§X. — TACHEA Leach, 1831 

Hélix (Tache a) nemoralis Linné. 

Hélice nemoralis, Linné, System, natur., éd. X, p. 773, 1758. 

Cette espèce n'est pas très répandue. Elle a été signalée dans le lœss de Saint-Rambert 
(Rhône), de Hachure et de Solaize (Isère), ainsi que dans les argiles lacustres de la vallée du 
Rhône, à la Mouche et à Gerland. 

Locard a signalé une variété major atteignant 26 millimètres de diamètre maximum pour 
18 millimètres de hauteur et une variété mïnor, de forme un peu plus globuleuse-élevée. L'or- 
nementation picturale fournit un certain nombre de mutations répondant aux formules sui- 
vantes : 

103 | 05 123 | 45 

003 ' 45 123 I 45 

000 | 45 lM I 4 ° 

123 | 00 000 ) 45 

La première de ces mutations semble inconnue à l'état vivant et les trois suivantes sont 
très rares aujourd'hui. 

Hélix (Tachea) hortensis Muller. 

Hélix hortensis, Muller, Verm. terreslr. et fluv. histor., II, p. 52, 1774. 

Avec l'espèce précédente, dans le lœss de Solaize et de Feyzin (Isère), ainsi que dans les 
argiles lacustres de la vallée du Rhône, à la Mouche et à Gerland, près de Lyon. 



102 MOLLUSQUES TERRESTRES ET FLUVIATILES 

Au point de vue de l'ornementation picturale, quelques spécimens sont dépourvus de bandes 
colorées ; d'autres répondent aux formules suivantes : 

103 | 45 123 | 45 

Plusieurs de ces mutations , notamment la dernière, sont très rares à l'état vivant. La 
taille des échantillons et les caractères de la coquille correspondent à la taille et aux caractères 
des exemplaires de la faune actuelle du bassin du Rhône. 

Hélix (Tachea) sylvatica Draparnaud. 

Hélix sylvatica, Draparnaud, Tableau des Mollusques terr., fluv. France, p. 79, 1801. 

Se trouve rarement dans le lœss de Saint-Rambert-au-Mont-d'Or (Rhône), et dans les 
argiles lacustres de la vallée du Rhône, à la Mouche et à Gerland 1 (Rhône). 

§ XI. — HELICOGENA de Férussac, 1819 

Hélix (Helicogena) pomatia Linné. 

Heïioo pomatia, Linné, System, natur., éd. X, p. 771, 1758. 

UHelioG pomatia Linné, est douteux dans les dépôts quaternaires des environs de Lyon. 
A. Locarcl a signalé la présence d'un échantillon de cette espèce dans les argiles de la vallée du 
Rhône, à Gerland ; mais il fait remarquer avec raison qu'il doit être d'origine récente et, fort 
probablement, accidentellement introduit dans les dépôts argileux de Gerland. En tous les cas, 
Y Hélix pomatia Linné, est connu dans les terrains du quaternaire ancien ; c'est ainsi qu'il 
existe dans les couches de Gannstadt, en Allemagne. Il est relativement abondant dans beau- 
coup de formations préhistoriques et, surtout, dans nombre de dépôts de l'époque gallo- 
romaine. 



Famille des PUPID>E 

Sous-Famille des BULIMIN/E 

Genre BULIMINUS (Ehrenberg) Beck, 1837 

§ I. — ZEBRINUS Held, 1837 

Buliminus (Zebrinus) détritus Mûller. 

Hélix detrita, Millier, Verm. terrestr. et fluv.histor., II, p. '>00, l° 101, 1774. 

La forme fossile serait, d'après les recherches de A. Locard, plus ventrue et de taille 
plus faible que celle qui vit encore actuellement dans la vallée du Rhône. Ce fossile est rare, 
dans le lœss de Fourvière, à Lyon, et dans celui de Saint-Fons (Rhône). 

1 Voir, au sujet de ce Mollusque, p. 22 de ce travail. 



DES BASSINS DU RHONE ET DU RHIN 103 



§11. — ENA Leach. 1820 '[= NÀPJÏUS Albkrs, 1860] 

Buliminus (Ena) montanus Draparnaud. 

B'ulimics montanus, Draparnaud, Tableau Mollusques terr., fluv. France^ p. 65, 1801. 

A. Locard a signalé, dans le lœss de Solaize (Isère), une variété de cette espèce à 
laquelle il a donné le nom de var. Terveri 1 . Elle diffère du type de Draparnaud par sa taille 
plus petite, et sa forme générale plus courte et plus ventrue. 

Buliminus (Ena) obscur us Mùller. 

Hélix obscurci, Millier, Verni, terrestre et fluv. histor., II, p. 103, n° 302. 

Locard ne signale qu'un exemplaire de cette espèce. Il a été recueilli par Roy dans les 
argiles de la vallée du Rhône, à la Mouche, aux environs de Lyon. 



Genre CHONDRULA Beck, 1837 

[= CHONDRUS Cuvier, 1817, non Lamour, 1813] 

Chondrula (Ghondrula) tridens Muller. 

Jlelix tridens, Muller, Verm. terrestr. et fluv. hist., II, p. 106, n° 305, 1774. 

Voir, au sujet de cette espèce, p. 73 de ce Mémoire. 

Chondrula (Chondrula) quadridens Muller. 

Relia: quadridens, Muller, Verm. terrestr. et fluv. histor., II, p. 107, n° 306, 1774. 

Vide ante, p. 75. 



Sous-Famille des PUPIN^E 

Genre PUPA de Lamarck, 1801 

§ I. _ TORQUILLA Faure-Biguet, 1820 

Pupa (Torquilla) frumentum Draparnaud. 

Pupa frumentum, Draparnaud, Tableau Mollusques terr., fluv. France, p. 50, 1801 [no^Boubée]. 

Signalé comme très rare dans le lœss de Bublane (Ain) [A. Locard], ce Pupa a été 
retrouvé, par M. le D r Cl. Gaillard, dans le lœss de Saint-Fons (Rhône). Voir, à ce sujet, 
p. 77 de ce Mémoire. 

1 Locard (A.), Description de la faune malacologique terr. qioaternaire envir. Lyon, p. 65, PI. I, fig. 
34-36, 1879 {Bulimus montanus, var. Terverianus]. 



104 MOLLUSQUES TERRESTRES ET FLUVIATILES 



Genre ORGULA. Held ? d8B7 

Orcula dolium Draparnaud. 

Pupa dolium. Draparnaud, Tableau Mollusques terr., fluv. France, p. 58, 1801. 

A. Locard ne signale qu'un fragment de cette espèce ; il a été recueilli dans les argiles 
lacustres de la vallée du Rhône, à Gerland près de Lyon. 



Genre PUPILLA Leach, 1820 

§ I. — PUPILLA sensu stricto 

Pupilla (Pupilla) muscorum Muller. 

Hélix muscorum, Muller, Verni, terreslr. cl fluv.histor., II, p. 105, 1774 (non Turbo muscorum Linné !) 
F— Pupa muscorum, auct. plur. !]. 

Voir précédemment , p. 78. 

Pupilla (Pupilla) triplicata Studer. 

Pupa triplicata, Studer, Kurzes Verzeichn. Conchylien, p. 89, 1820. 

Espèce rare. Elle a été découverte dans les argiles lacustres de la vallée du Rhône, à 
la Mouche près de Lyon, en compagnie du Pupilla (Pupilla) muscorum Muller (A. Locard) • 

Genre VERTIGO Muller 

Vertigo antivertigo Draparnaud. 

Pupa antivertigo, Draparnaud, Tableau Mollusques terr., fluv. France, p. 57, 1801. 

Argiles de la vallée du Rhône, à la Mouche et à Gerland, aux environs de Lvon. 



Famille des CLAUSILIID/E 
Genre CLAUSILIA Draparnaud, 1805 

§ I. — MARPESSA Grat 

Clausilia (Marpessa) laminata Montagu. 

Turbo lamina/us, Montagu, Teslacea brùannica, p. 359, pi. II, fig. 4, 1803. 

Individus d'assez grande taille recueillis dans les argiles de la vallée du Rhône , à 
la Mouche et à Gerland, près de Lyon. 



DES BASSINS DTJ RHONE ET DU RHIN 105 



8 H. — KUZMICIÀ Brusina, 1870 



Glausilia (Kuzmicia) parvula Studer. 

Hélice parvula, Studer, Faun. Helvet., in Coxe, Trav. Switz., III, p. 431 

Vide ante> p. 81. 



Famille des STENOGYRID/E 
Genre RUMINA Risso, 1826 

Rumina sp. ? 

A. Locard a signalé 1 , avec doute d'ailleurs, dans les argiles de la vallée du Rhône à 
Gerland, « un fragment de coquille composé seulement des quatre derniers tours , et qui a 
tout à fait l'apparence d'un jeune Rumina decollata » Linné 2 . L'allure générale de la faune 
des argiles de la vallée du Rhône est en contradiction complète avec une telle découverte. Il 
est fort probable que le Rumina signalé par Locard est d'origine toute récente et que la 
présence de cette espèce, absolument méridionale, dans les argiles de Gerland est due à une 
cause accidentelle qu'il est impossible de préciser. 



Famille des FERUSSACI I D>E 

Genre ZUA Leagh, 1820 

Zua subcylindrica Linné. 

Heliœ swbcylindrica, Linné, System, natur., éd. X, p. 1248, 1758 (non Montagu). 

Lœss de Rublane (Ain), de Saint-Fons (Rhône), de Vénissieux (Rhône) et des environs 
de Vienne (Isère). Voir précédemment, p. 36 et p. 82 de ce Mémoire. 

Variété exigua Menke. 

Cette variété, décrite à nouveau par Drouët sous le nom de Zua coltina*, se rencontre 
dans les argiles lacustres de la vallée du Rhône, à la Mouche et à Gerland aux environs de 
Lvon. 

1 Locard (A.), Nouvelles recherches sur les argiles lacustres des terrains quaternaires des environs de 
Lyon, p. 26, 1880. 

2 Linné, Systema naturœ, Ed. XII, II, p. 773, 1767 (Hélice decollata). 

3 Drouët (H.), Enumèrat. Mollusques France continentale et insulaire, p. 46, 1855 ( A ch a lin a coltina). 
Arch. Mus. — t. XI jj _ 14 



106 MOLLUSQUES TERRESTRES ET FLUVIATILES 



Genre CŒC1LIOIDES (de Férussac) Herrmannsen, 1846 

Cœcilioides acicula Muller. 

Buccinum acicula, Muller, Verm. terres tr. et fluv. histor., H, p. 150, n° 340, 1774. 

Rare ; dans le lœss de Saint-Fons (Rhône) , ainsi que dans les argiles lacustres de la 
vallée du Rhône , à la Mouche et à Gerland, aux environs de Lyon. 



Famille des SUCCINEID/E 
Genre SUGGINEA Draparnaud, 1801 

§ I. — NER1TOSTOMÀ (Kleiw) Môrch, 1864 

Succinea (Neritostoma) putris Linné. 

Hélix putris, Linné, Systema nattera?, éd. X, p. 774, 1758 (non Pennant, nec de Férussac). 

Loess de Bublane et de Priay (Ain); lœss du puits Sève, à Collonges-au-Mont-d'Or 
(Rhône); argiles lacustres de la vallée de la Saône, à Fleurville (Saône-et-Loire). 

Le Succinea putris de ces dépôts appartient à une variété particulière décrite et figurée 
par A. Locard sous le nom de var. Faisant 1 . 

§ II. — AMPHIBINA Hartmann, 1821 

Succinea (Amphibina) elegans Risso. 

Succinea elegans, Risso, Histoire naturelle Europe méridionale , VI, p. 59, 1826. 

Variété longiscata Morelet. 

Succinea longiscata, Morelet, Mollusques Portugal, p. 51, pi. VIII, fig. 6-7, 1841. 

Le Succinea longiscata Morelet, qu'un certain nombre d'auteurs considèrent comme 
une bonne espèce, ne peut guère être distingué du Succinea elegans Risso, autrement qu'au 
titre de variété. Il se sépare de cette dernière espèce par sa forme plus allongée, plus étroite, 
et par son ouverture plus rétrécie. C'est cette variété longiscata Morelet, que l'on retrouve 
dans les argiles lacustres de la vallée du Rhône, à la Mouche et à Gerland, près de Lyon. 

Succinea (Amphibina) Pfeifferi Rossmâssler. 

Succinea Pfeifferi, Rossmâssler, Iconographie der Land- und Siissioasser-Mollusken, I, p. 96, Taf. I, 
fig. 46, 1835. 

Argiles lacustres de la vallée du Rhône, à la Mouche et à Gerland. La coquille, signalée 
par A. Locard dans ces dépôts, n'est pas le type de Rossmâssler, mais une mutation elata que 

Locard (A.), Description de la faune malacologique des terrains quaternaires des environs de Lyon, 
p. 5, pi. I, fig. 3-5, 1879 (Succinea putris, var. Falnana). 



DES BASSINS DU RHONE ET DU RHIN 107 

l'auteur a nommée, assez malheureusement, variété longiscata Locard. Il peut en résulter des 
confusions avec le véritable Succinea longiscata Morelet, variété du Succinea elegans Risso ; 
mais la mutation décrite par A. Locard est trop peu différente du Succinea Pfeifferi 
Rossmàssler, pour qu'il soit nécessaire de la désigner sous un nom particulier. 



§ 1IL — LUCENA Oken, 1815 

Succinea (Lucena) oblonga Draparnaud. 

Succinea oblonga, Draparnaud, Tableau Mollusques terr., fluv. France, p. 56, 1801 (non Turton). 

Espèce caractéristique des dépôts quaternaires des environs de Lyon. Vide ante, p. 83. 

Succinea (Lucena) joinvillensis Bourguignat. 

Succinea Joinvillensis, Bourguignat, Catalogue Mollusques env . Paris, époque quaternaire, p. 4, pi. III, 
fig. 5-6, 1809. 

Le Succinea joinvillensis Bourguignat, accompagne très souvent le Succinea oblonga 
Draparnaud, dans les dépôts quaternaires des environs de Lyon. Vide ante, p. 86. 

Succinea (Lucena) Fagoti Bourguignat. 

Succinea Fagotiana, Bourguignat, Aperçu sur les espèces françaises du genre Succinea, p. 19, 1877. 

Argiles lacustres de la vallée du Rhône, à la Mouche et à Gerland, aux environs de Lyon. 
Vide ante, p. 86. 



BASOMMATOPHORES 

Famille des Ll M N>EI D/E 
Genre LIMN^EA de Lamarck, 4799 

§ I. — LIMINUS Dehys de Montfort, 1810 

Limnsea (Limnus) stagnalis Linné. 

Hélix stagnalis, Linné, Systema natures, éd. X, p. 774, 1758. 

Marnes blanches de la Bàtie-Montgascon (Isère). Argiles de la vallée du Rhône à 
la Mouche et à Gerland. D'après A. Locard, les exemplair^'fossïksliiflferent de ceux actuel- 
lement vivants dans le bassin du Rhône par leur forme plus effilée, rappelant celle du Limnœa 
raphidia Bourguignat \ 

1 Bourguignat (J.-R.), Aménités malacologiques,ll, p. 184, pi. XVII, fig. 6-8, 1860. 



108 MOLLUSQUES TERRESTRES ET FLUVIATILES 



§ II. _ RAD1X Dehys de Montfort, 1810 

Ximnœa (Radix) auricularia Linné. 

Heliœ auricularia, Linné, Systema nature, éd. X, p. 774,1758. 

Cette espèce est assez commune, surtout dans les argiles lacustres de la vallée de la 
Saône, à la Caille. On la trouve également à Gerland, dans les argiles de la vallée 
du Rhône, et dans le lœss de Bublane (Ain). C'est une espèce très variable ; aussi, A. Locard 
a-t-il eu soin de signaler les variétés suivantes, qu'il eut le tort d'élever plus tard au rang 
spécifique. 

Variété minor Moquin -Tandon. 

Limnsea auricularia, var. minor Moquin-Tandon, Histoire Mollusques terr., fluv. France, II, p. 462, 
pi. XXXIV, fig. 14, 1855. 

Coquille de petite taille : 9-18 millimètres de hauteur et 7-13 millimètres de diamètre 
maximum. Argiles de la Caille. 

V 

Variété subampla Locard. 

Limnsea auricularia, var. subampla Locard, Nouvelles recherches argiles lacustres qualern., Lyon, 
p. 10, 1880. 

Cette variété, qui se rapproche de la var. ampla Moquin-Tandon \ en diffère, dit Locard, 
<( par la forme de son ouverture plus étroite, plus allongée dans le bas, et dont l'extrémité 
supérieure n'atteint pas le sommet de la spire ». Elle se trouve dans les argiles de la Caille" 2 . 

Variété araria Locard. 

Limnsea auricitlaria, var. araria Locard, loc. supra cit.,ip. 10, 1880. 

Argiles de la vallée de la Saône, à la Caille. 

Variété acronica Studer. 

Limneus acronicus, Studer, Kurzes Verzeichn. Conchylien, p. 93,1820. 

Commun, dans les argiles lacustres de la vallée de la Saône, à la Caille. 

Variété Hartmanni Studer. 

Limnetos Hartmanni, Studer, Kurzes Verzeichn. Conchylien,^. 93, 1820. 

Fleurville, aux environs de Màcon (Saône-et-Loire). 

Limnsea (Radix) intermedia de Férussac. 

Limnsea intermedia, de Férussac in de Lamarck, Hist. natur. animaux sans vertèbres, VI, part. II, 
p. 162, 1822. 

Argiles lacustres de la vallée du Rhône, à la Mouche et à Gerland. 

1 Moquin-Tandon (A.), Histoire Mollusques terr. fluv. France, II, p. 464, pi. XXXIV, fig. 5, 1855. 

2 En 1879, A. Locard [Description faune malacologique terrains quaternaires environs Lyon, p. 101] a 
décrit, sous le nom de Limnsea auricularia var. pseudo-ovata, une coquille qui pourrait bien être identique à la 
variété subampla. Dans les deux cas, la spire est courte et l'ouverture allongée. Malheureusement, les descriptions 
sont trop incomplètes pour qu'on puisse apporter ici une certitude. 



DES BASSINS DU RHONE ET DU RHIN 109 

Limnœa (Radix) limosa Linné. 

Hélix limosa, Linné, Systemanaturœ, éd. X,p.774, 1758 (non Montagu). 

Marnes blanches de la Bàtie-Montgascon (Isère) ; argiles lacustres de la vallée de la 
Saône, à la Caille, et de la vallée du Rhône, à la Mouche et à Gerland. 

Limnœa (Radix) peregra MOller. 

Buccinum peregrum, Mûller, Verm. terres tr. et fiuv. hist., II, p. 430, n° 324, 1774. 

Argiles lacustres de la vallée de la Saône : Fleurville, environs de Màcon (Saône-et- 
Loire) ; la Caille, aux environs de Lyon. 

Limnœa (Radix) gerlandiâna Locard. 

Limnœa Gerlandiana, Locard, Description faune malacologique quatern. Lyon, p. 106, pi. I, %. 37-38, 
1879. 

Argiles lacustres de la vallée du Rhône, à Gerland, près de Lyon. 



§ III. — STAGNICOLA Leach, 1819 

Iiimnaea (Stagnicola) palustris Muller. 

Buccinum palustre, Muller, Verm. terrestr. etfluv. histor., II, p. 131, n°326, 1774. 

Argiles lacustres de la vallée de la Saône : Fleurville, environs de Màcon (Saône-et- 
Loire); argiles lacustres delà vallée du Rhône : la Mouche, Gerland (Rhône). 

Variété corviformis Bourguignat. 

Limnœa corviformis, Bourguignat in Servain, Hist. malacol. lac Balaton, p. 61, 1881. 

Le Limnœa corviformis Bourguignat, est une variété du Limnœa palustris 'Muller, qui 
diffère du type par sa taille plus grande (elle atteint jusqu'à 44 millimètres de longueur) ; sa 
forme plus haute, très élancée; son dernier tour moins ventru et son ouverture relativement 
plus petite. C'est certainement cette coquille que A. Locard a signalée 1 , sous le nom de 
Limnœa corvus Gmelin 2 , dans les argiles lacustres de la vallée du Rhône, à la Mouche et à 
Gerland. 

Le Limnœa corviformis Bourguignat, a été figuré par l'abbé Dupuy, sous le nom de 
Limnœa corvus (non Gmelin). La synonymie de cette variété s'établit de la manière suivante : 

Limnœa (Stagnicola) palustris Muller, var. corviformis Bourguignat. 

Limnœa corvus, Dupuy, Catal. eœlramar, Gall. test., no 199, 1849. 

Limnœa corvus, Dupuy, Histoire Mollusques lerr., fluv. France, p. 466, tab. XXII, fig. 6, 1851 (non 

Gmelin). 
Limnœa corvus, Locard, Nouv recherches argiles lacustres quatern. Lyon, p. 30, 1880 (non Gmelin). 
Limnœa corviformis, Bourguignat in Servain, Hist. malacolog. lac Balaton, p. 61 ? 1881. 
Limnœa (Limnophysa) palustris var. corviformis, Westerlund, Fauna der palàarct. région Binnen- 

conchylien, V, p 45, 18£5. 
Limnœa corviformis, Locard, Conchyliol. française; Coquilles eaux douces et saumâtres,^. 40, 1893. 

1 Locard (A.), Nouvelles recherches argiles lacustres terr. quatern. environs Lyon, p. 30, 1880. 
3 Gmelin, Systema naturœ, Ed. XIII, p. 658, 1788 (Hélix corvus). La véritable var. corvus Gmelin, du 
Limnœa palustris Mûller, vit en Allemagne, en Autriche et en Dalmatio. 



110 MOLLUSQUES TERRESTRES ET FLUV1ATILES 

§ IV. — GALBA Schrawk, 1803 

Limnsea (Galba) truncatula Muller. 

Buccinum truncatulum, Muller, Verm. terrestr. et fluv. histor., II, p. 130, n° 325. 

Lœss de Bublane (Ain) ; argiles lacustres de la vallée de la Saône : la Caille, près de 
Lyon ; Arciat, près de Crèches ; environs de Màcon ; argiles lacustres de la vallée du Rhône, 
à la Mouche et à Gerland, près de Lyon. 



Genre PHYSA Draparnaud, 1801 

§ I. — APLECTA Fleming, 1822 

Physa (Aplecta) hypnorum Linné. 

Bulla hypnorum, Linné, System, natur., éd. X, p. 727, 1758. 

Argiles lacustres de la vallée du Rhône, à la Mouche et à Gerland, près de Lyon. 

A. Locard indique, chez cette espèce, un polymorphisme de taille assez considérable : 
tandis que certains spécimens atteignent 10 et 11 millimètres de hauteur, d'autres, constituant 
une véritable variété minor, ne dépassent pas 7 à 8 millimètres. 



Genre PLANORBIS (Guettard) Muller, 1774 

§ I. — TROPIDISCUS Stein, 1850 

Planorbis (Tropidiscus) umbilicatus Muller. 

Planorbis umbilicatus, Muller, Verm. terrestr. et fluv. histor., II, p. 160, n° 346, 1774. 

[— Planorbis marginatus, Locard, Description faune malacologique quatern. Lyon, p. 94, 1879. — 

Planorbis complanatus, Locard, Nouv. recherches argiles lacustres, quatern., Lyon, p. lOetp. 28, 

(non Linné)]. 

Argiles lacustres de la vallée de la Saône : Fleurville, aux environs de Màcon (Saône-et- 
Loire) ; la Caille, près de Lyon ; argiles lacustres de la vallée du Rhône, à la Mouche et à 
Gerland, près de Lyon. 

Je rapporte à cette espèce, à titre de variété, le Planorbis submarginatus de Cristofori 
et Jan 1 , signalé par A. Locard dans les argiles lacustres de la vallée du Rhône, à la Mouche 
et à Gerland, près de Lyon. Voyez d'ailleurs, à ce sujet, la troisième partie de ce Mémoire. 

1 Gristophori (de) et Jan, Calalogus in IV secliones divisus rerum naiuralium in Museo extantium 
Josephi de Cristofori et Georgii Jan..., Sect. II, Conchyologia, pars I Gonspectus methodicus Molluscorum, fasc. 
], Testacea terrestria et fluviatilia, n°9, 12, 1832. 



DES BASSINS DU RHONE ET DU RHIN 111 

Planorbis (Tropidiscus) carinatus Mùller. 

Planorbis carinatus, Millier, Verm. terrestr. et fluv. histor., II, p. 157, n° 344, 1774 (nonda Costa). 

Lœss de Bublane (Ain) ; argiles lacustres de la vallée du Rhône, à la Mouche et à 
Gerland, près de Lyon. 

Variété dubius Hartmann. 

Planorbis dubius, Hartmann, Neue Alpina, I, p. 254, 1821. 

Argiles lacustres de la vallée du Rhône, à Gerland. 

§11. — DIPLODISCUS Westerlund, 1897 

Planorbis (Diplodiscus) vortex Linné. 

Hélix vortex, Linné, Systema naturse, éd. X, p. 772, 1758. 

Argiles lacustres de la vallée de la Saône : Fleurville, environs de Màcon (Saône-et- 
Loire). Les exemplaires de ces dépôts restent de petite taille, puisqu'ils ne dépassent pas 
6 millimètres de diamètre maximum, tandis que les spécimens de la faune actuelle atteignent 
jusqu'à 11 millimètres de diamètre maximum. 

§ III. — PAUASPIRA Dàll, 1905 

Planorbis (Paraspira) rotundatus Poiret. 

Planorbis rotundatus, Poiret, Coquilles, Aisne; Prodrome, p. 93 [nonBrongniart]. 

Argiles lacustres de la vallée de la Saône, à Arciat, près de Crèches (Saône-et-Loire) ; 
argiles lacustres de la vallée du Rhône, à la Mouche et à Gerland, près de Lyon. Dans ces 
derniers dépôts, se rencontre la variété rhodaniens Locard 1 , qui diffère du type par « sa 
taille plus épaisse, sa forme plus ramassée, et son plus petit nombre de tours ». 

§ iv. — BATHYOMPHALUS Agassiz, 1837 

Planorbis (Bathyomphalus) contortus Linné. 

Hélix contorta, Linné, Systema natur se, éd. X, p. 770, 1758. 

Argiles lacustres de la vallée de la Saône : Fleurville (Saône-et-Loire) ; argiles lacustres 
de la vallée du Rhône : la Mouche, Gerland, près de Lyon. 

Voir, au sujet de cette espèce, la troisième partie de ce Mémoire. 

§ V. — fxYRAULUS Agassiz, 1837 

Planorbis (Gyraulus) albus Mûller. 

Planorbis albus, Millier, Verm. terrestr. et fluv. hist., II, p. 164, n° 350, 1774. 

Lœss de la Bàtie-Montgascon (Isère) ; argiles lacustres de la vallée de la Saône, à la 

1 Locard (A.), Description faicne malacologiqioe terrains quaternaires env. Lyon, p. 97, 1879. 



112 MOLLUSQUES TERRESTRES ET FLUVIATILES 

Caille, près de Lyon : argiles lacustres de la vallée du Rhône, à la Mouche et à Gerland, près 
de Lyon. 

Voir, au sujet de cette espèce, la troisième partie de ce Mémoire. 

Planorbis (Gyraulus) Grossei Bourguignat. 

Planorbis Crosseanus, Bourguignat, Malacologie lac Quatre-Cantons, p. 44, pi. I, fig. 21-23, 1862. 

Loess de la Bàtie-Montgascon (Isère) ; lœss de Bublane (Ain) ; argiles lacustres de la 
vallée de la Saône à Fleurville (Saône-et-Loire) et à la Caille, près de Lyon. 
Voir, au sujet de cette espèce, la troisième partie de ce Mémoire. 

Planorbis (Gyraulus) Arcelini Bourguignat. 

Planorbis Arcèlini, Bourguignat in A rcelin, Maçonnais préhistorique, p. 109, 1870. 

Argiles lacustres de la vallée de la Saône à Fleurville (Saône-et-Loire) et à la Caille , 
près de Lyon. 

Cette espèce n'a jamais été figurée. Bourguignat la rapproche de son Planorbis stehna- 
chœtius 1 dont elle diffère, dit-il, « par sa taille plus considérable, par son dernier tour moins 
dilaté, par son accroissement beaucoup plus lent et plus régulier, par sa carène bien médiane 
et plus accentuée sur l'avant-dernier tour... ». Ce Planorbe n'a pas encore été signalé dans la 
faune actuelle. 

§ VI. — ARMIGER Hartmann, 1840 

Planorbis (Armiger) cristatus Linné. 

Nautilus crista, Linné, Systema naturse, éd. X, p. 799, 1758. 

Argiles lacustres de la vallée de la Saône, à Fleurville (Saône-et-Loire). 



§ VII. — HIPPEUTIS Agassiz, 1837 

Planorbis (Hippeutis) fontanus Lightfoot. 

Helioc fontana, Lightfoot, Philosoph. Transact. London, LXXVI, p. 165, pi. II, iig. 1, 1786. 

Argiles lacustres de la vallée de la Saône, à la Caille, près de Lyon. 



Genre SEGMENTINA Fleming, 1817 

Segmentina nitida Muller. 

Planorbis nitidus, Muller, Verm. terrestr. et fluv. histor., II, p. 163, n° 349, 1774 (non Grayj. 

Argiles lacustres de la vallée du Rhône, à la Mouche et à Gerland, où les spécimens 
atteignent jusqu'à 6 millimètres de diamètre maximum. 

1 Bourguignat, (J.-R.), Malacologie terrestre et fluviatile delà Bretagne, p. 139, pi. II, fig. 10-13, 1860. 



DES BASSINS DU RHONE ET DU RHIN 113 



Genre ANGYLUS (Geoffroy) Mùller, 1774 

§ ï. — ACROLOXUS Beck, 1837 [= YELLETIA Grat, 1840] 

Ancylus (Acroloxus) lacustris Linné. 

Patella lacustris. Linné, System. natur., éd. X, p. 783, 1758 (non Fleming). 

Argiles lacustres de la vallée de la Saône, à Fleurville (Saône-et-Loire) ; argiles 
lacustres de la vallée du Rhône, à la Mouche et à Gerland, près de Lyon, 



Famille des AURICULID/E 
Genre CARYGHIUM Mùller, 1774 

Garychium minimum Mùller. 

Car ychium minimum, Mùller, Verra, terrestr. etfluv. histor.. II, p. 125, n°321, 1774, 

Espèce rare, bien semblable au type vivant actuellement dans le bassin du Rhône. Elle 
a été signalée dans les argiles lacustres de la vallée de la Saône, à la Caille, et dans celles de 

la vallée du Rhône, à la Mouche et à Gerland, aux environs de Lyon. 



Arch. Mus. — t. Xi ^ _,, 



114 MOLLUSQUES TERRESTRES ET FLUVJATILES 



GASTÉROPODES PROSORRANCHES 

MON OTOGARDES 

Famille des CYCLOSTOM ATI D£ 
Genre GYCLOSÏOMA Denys de Montfort, 1810 

§ I, — ERIGIA Moquin -Tandon, 1848 

Cyclostoma (Ericia) elegans Mùlleb. 

Nerita elegdns , Miiller, Verni, terrestr. et fluv. hislor., II, p. 137,1774. 

En dehors des localités signalées p. 89, de ce travail, le Cyclostoma elegans Miiller, est 
encore connu dans le loess de la Chaux, de Gollonges, d'Irigny (Rhône) et des environs de 

Vienne (Isère). 



Famille des BYTH ! N ELI ID/E 

Genre BYTHINIA Gray, 1821 

§ L _ ELONA Moquiin-Tando*, 1855 

Bythinia (Elona) tentaculata Linné. 

Helio:tentaculata, Linné, Systema naturœ, éd. X,p. 774, 1758. 

Lœss de la Bâtie- Montgascon (Isère) ; lœss de Bublane (Ain) ; argiles lacustres de la 
vallée de la Saône : Fleurville, environs de Màeon, Arciat, près de Crèches (Saône-et-Loire) ; 
la Caille, près de Lyon; argiles lacustres de la vallée du Rhône, à la Mouche et à Gerland, 
près de Lyon. 

Avec le type, les dépôts de la Caille et de Gerland renferment la variété ventricosa 
Menke \ et la variété producta Menke 2 . Voir, pour les variations de cette espèce, la troisième 
partie de ce Mémoire. 

1 Menke, Synopsis me thodica Molluscoruni, p. 41, \83Q(Paludina impura var. a. ventricosa). 

2 Menke, loc. supra cit., p. 41, 1830 (Paludina impura var. b. producta). 



DES BASSINS DÛ RffON-Ë ET DU RHIN Life 



Genre AMNIGOLA Gould et Haldemann, 1841 

Amnicola similis Draparnaud, 

Cyclostoma similc, Draparnaud, Histoire Mollusques terr., fluv. Finance, p. 34, pi. I, fig\ 15, 1805.) 

Argiles lacustres de la vallée de la Saône, à la Caille, près de Lyon ; argiles lacustres de 
la vallée du Rhône, à Gerland, près de Lyon 1 , 



Famille des VALVATID/E 

Genre VALVATA Mùller, 1774 

§' I.'— CINCINNA Hubner, 1810 

Valvata (Cincinna) contorta Menke 

Valvata contorta y Menke, Zeitschrift fur Malakosool., p. 115, 1845, 

Argiles lacustres de la vallée de la Saône, à la Caille, près de Lyon ; argiles lacustres de 
la vallée du Rhône, à la Mouche et à Gerland, près de Lyon. 

Valvata (Cincinna) piscinalis Muller. 

Nerita piscinalis, Muller, Verm. terrestr. et fluv. histor., II, p. 172, n° 358, 1774. 

Lœss de la Bàtie-Montgascon (Isère) ; argiles lacustres de la vallée de la Saône, à 
Fleurville, aux environs de Màcon (Saône-et-Loire) et à la Caille, près de Lyon ; argiles 
lacustres de la vallée du Rhône à la Mouche et à Gerland, près de Lyon. 

Voir, au sujet du polymorphisme de cette espèce, la troisième partie de ce Mémoire. 

Valvata (Cincinna) alpestris Blauner, 

Valvata alpestris, BlaunermKûster, Gatt. Palud. Hydroc, und Valvata, in Martini et Ghemnitz, Sys'têntat: 
Conchyl. Cabin., p. 86, n° 3, Taf. XIV, fig. 7-8. 

Lœss de la Bàtie-Montgascon (Isère); argiles lacustres de la vallée de la Saône, aux 
environs de Màcon (Saône-et-Loire) et à la Caille, près de Lyon ; argiles lacustres de la vallée 
du Rhône à la Mouche et à Gerland, près de Lyon. 

Variété Arcelini Bourguignat. 

Valvata Arcelini, Bourguignat m Arcelin, Maçonnais préhistorique, p. 109, 1870.. 

Argiles lacustres de la vallée de la Saône, à Fleurville (Saône-et-Loire) et à la Caille, 

près de Lyon, 

4 Bourguignat (J.-R,) a signalé, dans l'ouvrage de Arcelin [le Maçonnais préhistorique, p. 110, 1870], 
deux Amrncoles sans préciser davantage : « Petites espèces du groupe de la confàsâ, vraisemblablement non- 



116 MOLLUSQUES TERRESTRES ET FLUVIATILES 

Je ne puis considérer cette coquille, qui n'a jamais été figurée, comme espèce distincte. 
D'après ladiagnose de Bourguignat et les observations qui l'accompagnent , le Valvata Arcelini 
se distingue du Valvata a^es tris Blauner, « par son test orné d'élégantes costulations 
spirales 1 », Ce caractère ne saurait être considéré comme spécifique, puisqu'il se retrouve 
chez toutes les Valvées du sous-genre Cincinna, et notamment chez le Valvata piscinalis 
Mûller \ 

Valvata (Gincinna) obtusa Studeb. 

Nerita obtusa, Studer, Faun. Helvet., in Coxe, Trav. Sçhwitz, III, p. 436, 1789. 

Argiles lacustres de la vallée de la Saône, à Fleurville, aux environs de Màcon (Saône- 
et-Loire) et à la Caille, près de Lyon. 

Cette Valvée doit être considérée comme une variété, à spire moins élevée, du Valvata 
piscinalis 'Millier. 

Valvata (Cincinna) minuta Draparnaud. 

Valvata minuta, Draparnaud, Histoire Mollusques ierr., fluv. France, p.42, tab. I, ûg. 30-38. 

Argiles lacustres de la vallée de la Saôjie, à Fleurville (Saône-et-Loire) et à la Caille, 
près de Lyon. 



§ II. — GYRORBÏS Fitzinger, 1833 

Valvata (Gyrorbis) cristata Muller. 

Valvata cristata, Muller, Verni, terrestr. etfluv. histor., II, p. 198, n° 384, 1774. 

Argiles lacustres de la vallée de la Saône, à Fleurville et aux environs de Màcon (Saône- 
et-Loire) et à la Caille, près de Lyon ; argiles lacustres de la vallée du Rhône, à la Mouche et 
à Gerland, près de Lyon. 

Voir, au sujet de cette espèce, la troisième partie de ce Mémoire. 

Valvata (Gyrorbis) planorbulina Paladilhe. 

Valvata planorbvAina , Paladilhe, Noue. Miscellanèes malacoloqiques, fasc, II, p. 49 pi III ûs 23-26 
1867. ' 

Argiles lacustres de la vallée de la Saône, à Fleurville et aux environs de Màcon (Saône- 
et-Loire), 

Telles. » Elles ont été recueillies dans les argiles lacustres delà vallée de la Saône, à Fleurville (Saône-et-Loire). 
Pour Locard [Description faune malacologiqueterr. qùatern. environs Lyon, p. 125, 1879] ces deux espèces 
sont indéterminables par suite de leur mauvaise conservation et il ajoute que « la détermination, même générique, 
paraît assez douteuse». 

1 Bourguignat ajoute : a Et par son dernier tour, dont l'enroulement tend à se rapprocher de Taxe de la coquille, 
ce qui rend la perforation ombilicale non aussi évasée qu'elle devrait l'être si l'enroulement était plus centrifuge. » 
On conviendra que ce caractère purement individuel, n'a aucune valeur spécifique. 

2 < Voyez, à ce sujet, la troisième partie de ce travail. 



' 



)ES BASSINS DU RHONE ET DU RHIN 117 



DIOTOCARDES 

Famille des NERITID>E 
Genre ÏHEODOXIA Denys de Montfort, 1810 

Theodoxia fluviatilis Linné. 

Nerila fluviatilis ^ Linné, Systema natwrse, éd. X, p. 777, 1758. 

Argiles lacustres de la vallée de la Saône, à Fleurville, à Arciat, près de Crèches, aux 
environs de Mâcon (Saône-et-Loire) et à la Caille, près de Lyon ; argiles lacustres de la vallée 
du Rhône, à la Mouche et à Gerland, près de Lyon. 



118 MOLLUSQUES TERRESTRES ET FLUVIATILES 



PÉLÉCYPODES 

Famille des SPH/ERID^E 

Genre SPËLERIUM Scopoll 1777 

§ I — SPHiERIASTRUM Bourguignat, 1854 

Sphaerium (Sphasriastrum) corneum Linné. 

Tellina. eornea, Linné, Systema naturw, éd. X, p. 678, 1758. 

Lœss de la Bâtie-Montgascon (Isère); argiles lacustres de la vallée de la Saône, à 
Fleurville, aux environs de Mâcon, à Arciat, près de Crèches (Saône-et-Loire) et à la Caille, 

près de Lyon ; argiles lacustres de la vallée du Rhône , à la Mouche et à Gerland, près de Lyon . 

Variété nucleum Stuber,. 

Cyclas nucleus, Studer, Kurzes Verzeichn. Conchylien, p. 93, 1820. 

. Argiles lacustres de la vallée de la Saône, à la Caille, près de Lyon ; argiles lacustres de 
la vallée du Rhône, à la Mouche et à Gerland, près de Lyon. 

Genre PISIDIUM G. Pfeiffer, 1821 

§ I. — FLUMININA Clessin, 1873 

Pisîdium (Fluminina) amnicum Muller. 

Tellina amnica y Muller, Verm. terrestr. etfluv.histor.,ll, p. 205, n° 389. 

Argiles lacustres de la vallée de la Saône à Arciat, près de Crèches (Saône-et-Loire) et 
à la Caille, près de Lyon; argiles lacustres de la vallée du Rhône, à la Mouche et à Gerland , 
près de Lyon, Dans cette dernière localité, Locard a signalé la variété elongatum Baudon 1 . 

Voir, au sujet de cette espèce, la troisième partie de ce Mémoire. 

^ II. — FOSSARINA Clessin, 1873 

Fisidium (Fossarina) henslowianum Sheppart. 

Tellina Hensloieana, Sheppart. Trans. Linnean Soc. London, XIV,. p. 149, 1823. 

Argiles lacustres de la vallée de la Saône, à Fleurville (Saône-et-Loire) ; argiles 

lacustres de la vallée du Rhône, à la Mouche et à Gerland, près de Lyon. 

1 Baudon, Essai Monographie des Pisidies franc, f p. 37 et 40 ; pi. III, fig. 11, 1857. {Pisidium amnicum 

var. elongatum.] 



DES BASSINS DU RHONE ET DU RHIN |j.Ô 

Pisidiuni (Fossarina) nitiduni Jennyns. 

Pisidmm nitidum, Jennyns, Trans. philos. Society Cambridge, IV, p. 304, pi. XX, fig. 7-8, 1833. 

Loess de la Bàtie-Montgascon (Isère) ; argiles lacustres de la vallée de la. Saône, à 
Fleurville, à Arciat, près de Crèches, aux environs de Mâcon (Saône-et-Loire) et à la Caille, 

près de Lyon. Argiles lacustres de la vallée du Rhône, à la Mouche et à Gerland, près de 
Lyon. 

Pisidiuni (Fossarina) casertanum Poli. 

Cardium casertanum, Poli, Testacea utr. Sicilice, I, p. 65, tab. XVI, fig. 1, 1791 (nonRisso). 

Argiles lacustres de la vallée de la Saône, à Fleurville, à Arciat, près de Crèches, aux 
environs de Mâcon (Saône-et-Loire), et à la Caille, près de Lyon ; argiles lacustres de la 
vallée du Rhône, à la Mouche et à Gerland, près de Lyon. 

Fisidium (Fossarina) pusillum Gmelin. 

Tellina pùsilla, Gmelin, Systema nature, éd. XII, p. 3231, n°6, 1788. 

Lœss de la Bàtie-Montgascon (Isère) ; argiles lacustres de la vallée de la Saône, à 
Fleurville, à Arciat, près de Crèches, et aux environs de Mâcon (Saône-et-Loire) ; argiles 
lacustres de la vallée du Rhône, à la Mouche et à Gerland, près de Lyon. 



Famille des UNION I D/E 
Genre UN10 Philippsson, 1788 



Unio littoralis Cuvier 



Unio littoralis, Cuvier, Tableau élément, p. 425, n<»2, 1798 [= Unio rhomboideus auet. gall., non Mya 
rhomboidea, Schroter, Flassconchyl., p. 186, Taf. II, fig. 3, 17791. 

Argiles lacustres de la vallée de la Saône, à la Caille, près de Lyon. Les exemplaires, 
examinés par A. Locard, sont mal conservés et restent de petite taille, les plus grands ne 
mesurant que 48 millimètres de longueur maximum pour 39 millimètres de hauteur 
maximum. 

Unio bat a vu s Maton et Rackett. 

Mya Batava, Maton et Rackett, Transact. Linnean Soc, London, VIII, p. 37, 1807. 

Argiles lacustres de la vallée de la Saône, à la Caille, près de Lyon. 



CHAPITRE III 

CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES 



i 

On donne le nom de lœss ou lehm, dit A. de Lapparent. à une « sorte de boue argileuse, 
assez fortement chargée de calcaire 1 ». Les caractères de ces formations qui présentent, dans 
les points les plus divers où on les observe, une remarquable uniformité, ont été parfaitement 
précisés par de Richthofen 2 . Partout le lœss, qui est dépourvu de substances organiques, est 
formé de très petites particules d'un silicate d'alumine hydraté, mêlé de menus grains de 
quartz à arêtes anguleuses et de petites lamelles de mica. Ces éléments sont toujours colorés en 
jaune plus ou moins foncé par un oxyde ferrugineux. d ? où les noms de terre jaune, limon 
jaune 3 , qu'on lui donne quelquefois 4 . 

Ces formations couvrent souvent des surfaces considérables : on connaît les immenses 
étendues du lœss de la Chine, des pampas de la Plata, du bassin du Mississipi, etc. En Europe, 
on le trouve toujours sur la bordure des grands massifs montagneux. C'est ainsi qu'il occupe 
de très vastes surfaces dans les vallées moyennes du Danube et du Rhin, et, en France, dans 
le bassin du Rhône. 

L'origine du lœss a donné lieu à d'assez nombreuses théories. Un certain nombre d'au- 
teurs ont considéré cette formation comme une boue glaciaire produite à l'époque de l'extension 
des grands glaciers et transportée par les eaux fluviales. C'est l'opinion de Lyell, de Geckie et, 
spécialement pour le bassin du Rhône, de Faisan, Lortet et Locard. Cette théorie, qui soulevait 
de grosses objections, n'est plus admise aujourd'hui. 

La théorie éolienne, émise par de Richthofen, attribue au vent une importance prépon- 
dérante : les poussières soulevées au voisinage d'anciens lacs desséchés auraient été arrêtées 
au passage par la végétation des steppes voisines et, par leur accumulation, auraient donné 
naissance aux dépôts du lœss. Il semble difficile d'adopter cette unique explication, en contra- 
diction absolue avec les données faunistiques : nous verrons, en effet, que la faune du lœss est 

1 Lapparent (A. de), Traité de Géologie, 5 e édition, III, p, 1694, 1906. 

2 Richthofen (De). Geological Magazine, p. 293, 1882, 

;; Dans le Dauphiné, on donne souvent au lœss le nom de terre à pisé. 

4 Quand cette coloration passe au rouge, on lui donne parfois le nom de Lehm rouge. Cette coloration qui 
se trouve toujours à la partie supérieure des dépôts, est due à une série complexe de causes, parmi lesquelles les 
eaux pluviales semblent avoir joué un rôle prépondérant. Se basant sur cette différence d'aspect, Sauvanau r 
Recherches analytiques sur les terres végétales (Annales Société Agriculture Lyon, VIII, p. 419, 1845), a cru, 
pouvoir distinguer un Lehm rouge et un Lehm jaune. Cette division n'a aucune valeur stratigraphique. 



MOLLUSQUES DES BASSINS DU RHONE ET DU RHIN 121 

essentiellement celle des régions forestières et extrêmement humides. Elle n'aurait donc pu 
vivre sous le climat sec qu'exige la théorie proposée par de Richthofen. 

Si Ton remarque que le lœss est dépourvu de toute substance organique et que sa faune 
est essentiellement terrestre, on est amené à conclure qu'il s'est formé à l'air libre 1 , c'est-à- 
dire qu'il est d'origine subaérienne. Les phénomènes de ruissellement ont dû avoir une 
influence prépondérante qui a été parfaitement mise en relief par A. de Lapparent : 

« Ainsi le ruissellement, maintes fois répété, par des couches d'eau toujours assez 
minces pour laisser à l'air un libre accès, telle est la cause qui, avec un régime de précipitations 
atmosphériques particulièrement abondantes, nous paraît seule capable d'expliquer la manière 
d'être du lœss. Par là, les particules enlevées aux régions plus hautes ont dû descendre peu à 
peu, sous forme de boue fine, par un mouvement assez lent pour respecter la fragilité des 
coquilles terrestres, et sans interrompre la végétation sur les pentes, alors garnies d'une flore 
en rapport avec l'extrême humidité et la douceur relative du climat. D'ailleurs, dans cette 
descente, les boues pluviales devaient arriver fréquemment jusqu'au niveau des cours d'eau et 
ainsi le lœss, à sa terminaison inférieure, se confondait plus ou moins avec l'alluvion impal- 
pable déposée par les parties sans vitesse de la nappe débordée 2 . » 

<x ... Quant aux plateaux qui se montrent aujourd'hui revêtus de lœss sans qu'on trouve, 
dans le voisinage, les hauteurs d'où la boue ait pu descendre, il faut réfléchir d'abord que les 
influences éoliennes ont pu suffire, à la rigueur, pour y amener une couche, toujours peu 
épaisse, de poussières que la pluie aurait transformées en lœss 3 . » 

L'étude zoologique confirme pleinement cette théorie. 

La faune du lœss montre, comme nous le verrons plus loin, des éléments qui n'ont pu 
vivre que dans des régions très boisées, soumises à un climat froid et surtout remarquablement 
humide. Il est tout à fait intéressant de constater la parfaite concordance des conclusions four- 
nies par une étude paléozoologique avec celles tirées des données stratigraphiques. Aussi, ne 
puis-je qu'adopter la manière de voir de de Lapparent et dire avec lui que « ce qui domine tout 
à nos yeux, c'est l'évidence du ruissellement, et il nous semble que le lœss apporte la preuve 
décisive d'une région de pluies diluviennes, ayant régné pendant certaines phases de l'époque 
pléistocène 4 ». 

II 

Dans la région dont nous nous occupons, le lœss occupe de grandes surfaces, aussi bien 
dans la Bresse que dans le Midi, dans les environs immédiats de Lyon et « dans toute la vallée 
du Rhône, y compris la plaine dauphinoise jusqu'au delà de Valence ». 

Les stations où le lœss à été étudié sont fort nombreuses. Locard 3 les groupe, d'après leur 
situation, en trois catégories : 

1 Lapparent (A. de), {Traité de Géologie, 5 e édition, III, p. 1698, 1906] ajoute que « le caractère fondamental 
de cette formation est de s'être constituée dans une atmosphère oxydante ». 

2 Lapparent(A. de). Traité dé Géologie, 5 e édition, III, p. 1698, 1906. 

3 Lapparent (A. de), Traité de Géologie, 5 e édition, III, p. 1699, 1906. 

4 Lapparent (A. de), Traité de Géologie, 5 e édition, III, p. 1699, 1906. 

5 Locard (A.), Description de la faune malacologique des terrains quaternaires des environs de Lyon 
p. 171, 174 et 178, 1879. 

Arch. Mus. — t. XI jj _|« 



132 MOLLUSQUES TERRESTRES ET FLUVIATILES 

1° Le lœss du Mont-cTOr lyonnais (Collonges, la Chaux. Saint-Rambert , Ecully, 
Dardilly, Fourvière, Sainte-Foy, sur la rive droite de la Saône) ; 

2° Le lœss du Plateau bressan (Lyon, les Chartreux, Sathonay, Vencia, le Mas-Rillier, 
Neyron, la Boisse, Bublane, Priey, Miribel, Sermenaz) ; 

Enfin, 3° le lœss du Dauphinè (Saint-Fons, Vénissieux, Rochecardon, Feyzin, Solaize, 
les environs de Vienne, au sud et au sud-est de Lyon). 

Nous verrons plus loin que ces divisions correspondent, en réalité, à deux faunes assez 
distinctes : l'une particulière aux groupements 1 et 2 de Locard, est certainement la plus 
ancienne; l'autre, spéciale au lœss du Dauphinè, est plus récente et intermédiaire entre la 
première et la faune des argiles lacustres des vallées de la Saône et du Rhône. 

L'épaisseur du lœss et l'altitude des dépôts est très variable. Ainsi, « à Collonges et au 
Mont-d'Or, il atteint 6 à 7 mètres ; à Saint-Germain-au-Mont-d'Or, il n'a que 4 ou 5 mètres. 
Sur les collines lyonnaises, à Saint-Didier, par exemple, le lehm s'élève à une altitude de 
400 mètres ; près de Saint- Vallier, dans la Drôme, il forme le sommet du plateau de Beausem- 
blant, à 367 mètres d'altitude; enfin, sur le versant ouest de la montagne de Crussol, on le 
retrouve encore à 350 mètres 1 » . 

En dehors du lœss, les environs de Lyon renferment des dépôts quaternaires bien 
différents. 

Ce sont d'abord les sables à Arctomys primigenius Kaup., sables remaniés, découverts 
par Chantre, Faisan et Locard, et que ce dernier auteur place en dessous du lœss K On les trouve 
à Neuville et à Saint-Martin-de-Fontaines, aux environs de Lyon, et au Mollard de Décines, 
dans le département de l'Isère. 

Ce sont enfin les argiles des vallées de la Saône et du Rhône. Les premières se trouvent 
aux environs de Lyon, à la Caille, et tout le long de la vallée de la Saône jusqu'à Tournus. Elles 
se présentent sous la forme de dépôts variant de 1 m. 50 à 2 mètres d'épaisseur reposant sur un 
lit de gravier sablonneux à gros éléments. Elles sont compactes, d'un gris blanchâtre lors- 
qu'elles sont sèches, d'un gris bleuâtre plus ou moins foncé lorsqu'elles sont imbibées d'eau. 

Les argiles lacustres de la vallée du Rhône s'observent facilement à la Mouche et à 
Gerland, au sud de Lyon, où elles sont exploitées, pour la fabrication des briques et des tuiles, 
sous le nom de terres de losne. Ces argiles semblent reposer sur le cailloutis sableux des allu- 
vions anciennes de la vallée du Rhône; les couches les plus inférieures sont compactes, bleues, 
non sableuses; elles sont surmontées d'argiles jaunâtres, puis d'argiles grises un peu sableuses, 
recouvertes de sable fin et de terre végétale. L'ensemble de toute la formation peut atteindre 
4 mètres de puissance. 

C'est à ces formations lacustres qu'il convient de rattacher les marnes blanches du 
Dauphinè, surtout étudiées à la Bàtie-Montgascon, dans le département de l'Isère. 

Avant de rechercher les conclusions que l'on peut tirer de cette étude, je crois bon de 
résumer, dans le tableau suivant, les données que nous possédons aujourd'hui sur la faune 
malacologique quaternaire du Lyonnais. 

1 Lortet (D r ) et Chantre (E.), Etudes paléontologiques dans le bassin du Rhône. Période quaternaire (Archives 
Muséum histoire naturelle Lyon, I, p. 75, 1876). 

2 Locard (A), Description de la faune malacologique des terrains quaternaires des environs de Lyon, 
p. 169, 1879. 



TABLEAU RÉCAPITULATIF 

DE LA FAUNE MALACOLOGIQUE QUATERNAIRE DU LYONNAIS 



NOMS 

D E S 

ESPÈCES 


SABLES 

à 
Arctomys 

pri- 
migenius. 


LŒSS 


ARGILES LACUSTRES 


SABLES 

REMA- 
NIÉS 




LŒSS 


DU 


LYONNAIS 


LŒSSduDAUPHINÉ 


MARNES 

blanches 

du Dauphiné 


ARGILES 

de la vallée 

du Rhône. 


ARGILES 

de la 

vallée 

de la Saône. 


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Testacella halioticlea Draparnaud 

Hyalinia lucida Draparnaud 

Hyalinia septentrionalis Draparnaud... 

Hyalinia nitens Gmelin 

Hyalinia nitida Mûller 

Hyalinia diaphana Studer 

Hyalinia crystallina Mûller 

Hyalinia pseudohydatina Bourguignat. 

Euconulus fulvus Millier 

Pyramidula rotundata Mûller 

Sphy radium inornatum Draparnaud 

Eulota fruticum Mûller 

Hélix ericetorum Mûller 








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Hélix eritetella Jousseaume 

Hélix costulata Zeigler 

Hélix unifasciata Poiret 

Hélix heripensis Mabille 

Hélix carthusiana Mûller 

Hélix riifilabris Jeffrevss 






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Hélix strigella Draparnaud 

— var. strigellina Hartm 

Hélix hispida Linné 


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Hélix fœni Locard 


Hélix steneligma Bourguignat 








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Hélix elaverana Mabille 

Hélix cœlata Studer , 

Hélix plebeia Draparnaud 

Hélix bourniana Bourguignat 

Hélix edentula Draparnaud 

Hélix pulchella Mûller 








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Hélix costata Mûller 

Hélix obvoluta Mûller 

Hélix lapicida Linné 
























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Hélix arbustorum Linné 
























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— var. intermedia Locarcl 


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— var. Gaillardi Germain 










Hélix nemoralis Linné 












Hélix hortensis Mûller... 

Hélix sylvatica Draparnaud 












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4- 







Hélix pomatia Linné 

Chondrula tridens Mûller 

Chondrida quadridens Mûller 

Pupa frumentum Draparnaud 

Or cula dolium Draparnaud 

Pu pilla museorum Mûller 


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4- 


Pupilla triplicata Studer 

Vertigo antivertigo Draparnaud 

Bulîminus détritus Mûller... 


Buliminus montanus Draparnaud 

Bulîminus obscnrus Mûller 

Clausilia parvula Studer 








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Clausilia lamin ata Montagu 

Rumina sp. ind 









NOMS 

DES 

ESPÈCES 


SABLES 

à 
Arctomys 

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migemus. 




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ARGILES LACUSTRES 


SABLES 

REMA- 
NIÉS 


LŒSS DU LYON? 


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LŒSS du DAUPHI1 


MARNES 

blanches 

du Dauphinc. 


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de la vallée 
du Rhône. 


ARGILES 

de la 

vallée 

de la Saône. 


Cf. 

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Succinea putris Linné 
































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Succinea elegans Risso 

— var. longiscata Morelet 

Succinea Pfeifferi Rossmâssler 

Siiirrivpf/ oblonaa Dranarnaud 


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Riicpiiipfl ioinvillensis Boursuisriat .... 


Succinea Fagoti Bourguignat 

Limnsea stagnalis Linné 

Limnxa auricularia Linné 

— var. minor Moq.-Tand 

— var. subampla Locard 

— var. araria Locard 

— var. Hartmanni Studer 

Limnsea intermedia de Férussac... 

Limnsea lîmosa Linné 

Limnsea peregra Mûller 

Limnsea gerlandiana Locard 

Limnsea palustris Mûller 

— var. corviformis Bourguignat 

Limnsea truncatula Mûller 

Physa hypnorum Linné 

Planorbis umbilicatus Mûller 

Planorbis carinatus Mûller 

Planorbis vortex Linné 

Planorbis rotundatus Poiret var. rhoda- 

nicus Locard 

Planorbis contortus Linué 

Planorbis albus Mûller 

Planorbis Crossei Bourguignat. 

Planorbis Arcelini Bourguignat. .'. .. 

Planorbis cristatus Linné 

Planorbis fontanus Lightfoot 

Segmentina nitida Mûller 

Ancylus lacustris Linné 

Carychium minimum Mûller 

Cyclostoma elegans Mûller 














+ 


+ 


+ 


+ 

+ 

+ 
+ 


+ 

+ 

+ 

+ 

+ 

+ 

+ 

+ 

+ 

+ 

+ 
+ 

-f- 

+ 


Bythinia tentaculata Linné.... 

Amnicola similis Draparnaud 

Valvata contorta Menke 

Valvata piscinalis Mûller 

Valvata alpestris Blauner 

Valvata Arcelini Bourguignat 

Valvata obtusa Brard 

Valvata minuta Draparnaud 

Valvata cristata Draparnaud 

Valvata planorbulina Paladilhe 

1 Theodoxia fluviatilis Linné 

Sphœrium corneum Linné 

— var. nucleum Studer 

Pisidium amnicum Mûller 

Pisidium henslowianum Sheppart 

Pisidium nitidum Jennyns 

Pisidium casertanum Poli 

Pisidium pusillum Gmelin 

Uriio littoralis Cuvier 

Unio batavus Maton et Rackett 









DES BASSINS DU RHONE ET DU RHIN 125 



III 



§1 

Ce qui frappe tout d'abord, à la première inspection de ce tableau, c'est la rareté, pour ne 
pas dire l'absence complète, des Mollusques fluviatiles du lœss, opposée à la très grande abon- 
dance des espèces terrestres dans ces mêmes dépôts. Seul, le lœss de Bublane, dans le départe- 
ment de l'Ain, renferme quelques Gastéropodes fluviatiles : 

Limnsea auricularia Linné. 
Limnsea trancatula Mùller. 
Planorbis carinatus Mùller. 
Planorbis Crossei Bourguignat. 
Bythinia tentaculata Linné. 

Nous verrons, un peu plus loin, les conclusions que l'on peut tirer de cette importante 
donnée. Remarquons de suite que, même à Bublane, nous ne trouvons aucun Pélécypode. Ce 
premier caractère négatif est en parfaite concordance avec le résultat des études de A. Braun, 
sur le lœss de la vallée du Rhin. Cet auteur a eu entre les mains 211.968 échantillons de Mol- 
lusques ; or, sur ce nombre considérable, il n'a trouvé que 32 coquilles fluviatiles contre 21 1 .936 
coquilles terrestres. 

Un deuxième caractère négatif est fourni par l'absence des espèces à'Helix de grande 
taille (Hélix pomatia Linné, Hélix aspersa Mùller) que nous savons d'introduction toute 
récente dans la vallée du Rhône 1 , et par le manque complet d'espèces méridionales. Les Xéro- 
philes, si abondantes aujourd'hui dans le sud de la région, font également défaut : seul, V Hélix 
ericetorum Mùller, est indiqué, comme très rare, dans le lœss de Neyron (Ain). Notons encore : 
l'absence du genre Pomatias, la rareté des Pupa, des Clausilia et des Limaciens; cependant 
je crois que ces derniers Mollusques étaient très répandus à l'époque du lœss, mais qu'ils ont 
disparu à la fossilisation. 

Les caractères positifs de cette faune n'ont pas moins d'importance. 

Nous signalerons, tout d'abord, l'abondance de certaines espèces, que l'on retrouve dans 
toutes les stations, et toujours en grand nombre. Ce sont les espèces dominantes, caractéris- 
tiques du lœss. Elles sont peu nombreuses: 

Succinea oblonga Draparnaud. 

Succinea joinvillensis Bourguignat. 

Hélix arbustorum Linné. 

Hélix arbustorum var. intermedia Locard. 

Hélix arbustorum var. alpieola de Charpentier. 

Hélix hispida Linné. 

Deux de ces espèces sont plus spécialement répandues: le Succinea oblonga Draparnaud, 
en nombreux échantillons dans tous les dépôts-, et V Hélix hispida Linné, tout aussi commun. 

1 Voir précédemment, p. 52. 

3 Cette espèce est cependant plus rare dans le lœss du Dauphiné. 



126 MOLLUSQUES TERRESTRES ET FLUVIATILES 

Remarquons encore que ces résultats sont en parfaite concordance avec ceux obtenus par 
A. Braun dans son étude, déjà citée, sur le lœss de la vallée du Rhin *. 

U Hélix arbustorum Linné, présente, grâce à ses variétés bien marquées et à leur locali- 
sation, une importance toute spéciale. La forme qui vit aujourd'hui dans le Lyonnais est très 
rare dans le lœss et ne se trouve guère que dans les stations du Dauphiné. Par contre, la 
variété intermedia Locard, mais surtout la variété alpicola de Charpentier, sont plus abon- 
dantes. Cette dernière coquille, qui habite maintenant les régions élevées des Alpes : Isère, 
Savoie, Haute-Savoie, etc., est très répandue dans le lœss du Lyonnais, mais manque dans 
celui du Dauphiné 2 . 

Ces faits nous conduisent, tout naturellement, à constater la présence d'un certain nombre 
d'espèces alpestres ou subalpestres dans les éléments de la faune du lœss. Tel est, notamment, 
le cas des : 

Hélix arbustorum Linné, var. intermedia Locard. 

Hélix arbustorum Linné, var. alpicola de Charpentier. 

Hélix sylvatica Draparnaud. 

qui sont des Mollusques franchement montagnards. La faune du lœss renferme donc, incon- 
testablement, des formes propres aux régions élevées, mais elles y sont en trop petit nombre 
pour qu'on puisse la considérer comme une faune alpestre 3 . C'est la faunule propre aux régions 
montueuses, boisées et très humides. 

Presque toutes les autres espèces du lœss sont peu répandues, souvent même fort rares. 
Fait très singulier, la majorité de ces Mollusques ont une très large distribution géographique ; 
ils ne sont pas cosmopolites, comme on l'a si souvent répété, mais circumpolaires. Tel est, 
notamment, le cas des : 

Hyalinia crystallina Mùller. Pupilla muscorum Mûller. 

Hélix pulchel la Mùller. Vertigo antivertigo Draparnaud. 

Hélix costata Mùller. Zua subcylindrica Linné. 
Hélix hispida Linné. 

Et, à un degré moindre : 

Pyramidula rotundata Mùller. Cœcilioides acicula Mùller. 

Hélix lapicida Linné. Carydiium minimum Mùller. 

Les premières de ces espèces habitent, non seulement toute l'Europe, mais encore le Nord 
de TAsie et une grande partie de l'Amérique du Nord 4 . Beaucoup ont été retrouvées, à l'état 
fossile, dans les terrains quaternaires du Nord de l'Europe; toutes sont de véritables espèces 
circumpolaires arctiques, inconnues dans l'hémisphère austral. 

D'autre part, un grand nombre de Mollusques terrestres européens vivent dans tout le 

1 Sur les 211.968 Mollusques étudiés par A. Braun, il n'y avait pas moins de 98.502 exemplaires du Succinea 
oblonga Draparnaud. 

2 Le lœss du Dauphiné ne renferme plus que la var. intermedia Locard, qui, elle-même, y est rare. 

3 La présence de ces espèces ne permet pas de conclure comme on l'a dit, que la faune du lœss a un caractère 
alpestre. Elle indique seulement que cette faune présente des extensions assez marquées vers la faune alpestre. 

4 Voir la distribution géographique détaillée de chaque espèce. 



DES BASSINS DU RHONE ET DU RHIN 127 

Nord de l'Asie, depuis la frontière russe de la Sibérie jusqu'au territoire de l'Amour. Ce sont, 
notamment : 

Agriolimax agrestis Linné. Hélix sericea Draparnaud. 

Vitrina pellucida Mùller. Hélix rufescens Pennant. 

Euconulus fulvus Mùller. Zua subcylindrica Linné. 

Pyramidula ruderata Studer. Pupilla muscorum Mùller. 

Sphyradium edentulum Draparnaud. Vertigo pygrnsea Draparnaud. 

Hélix pulchella Mùller. Carychium minimum Mùller. 
Hélix hispida Linné. 

Or, ces mêmes régions, ne sont habitées que par un très petit nombre d'espèces réellement 
asiatiques : 

Hélix ravida Benson 1 . 

Hélix arcasiana Grosse et Debeaux 2 . 

Incilaria bilineata Benson 3 . 

Ce qui prouve, ainsi que l'a montré L. Schrenck 4 , qu'on peut admettre l'existence d'une 
véritable faune Nord-Européenne- Asiatique. 

Enfin, beaucoup de ces mêmes espèces se retrouvent dans l'Amérique du Nord où elles 
vivent associées à d'autres formes européennes : 

Agriolimax agrestis Linné. Hélix pulchella Mùller. 

Hyalinia nitida Mùller. Hélix costata Mùller. 

Euconulus fulvus Mùller. Pupilla muscorum Mùller. 

Sphyradium edentulum Draparnaud. Vertigo pygrnsea Draparnaud. 

Hélix pygrnsea Draparnaud. Zua subcylindrica Linné. 

Il résulte, de tous ces faits, qu'il existe une faune circumpolaire boréale qui a rayonné 
à la fois sur le continent américain, sur le continent européen et sur le Nord du continent asia- 
tique. Quelle est l'origine de cette faune et quel a été son mode primitif de dispersion? c'est là 
un double problème qui semble insoluble en l'état actuel de nos connaissances faunistiques. Il 
est, cependant, vraisemblable d'admettre que ces migrations malacologiques n'ont pas été sans 
corrélation avec les phénomènes glaciaires. 



§2 

La comparaison de la faune du lœss et de la faune actuelle permet d'observer quelques 
faits intéressants. Il n'y a, à la vérité, que fort peu d'espèces éteintes, puisqu'il n'est possible 
de citer que le Succinea joinvillensis Bourguignat, et V Hélix arbustorum Linné, variété 
alpicola de Charpentier. 

D'après les recherches du savant et regretté A. Locarcl, la faune actuelle du Lyonnais 

1 Benson, Annals and Magazine of natural history , IX, p. 486, 1842. 

2 Grosse et Debeaux, Journal de Conchyliologie, XI, p. 386, 1863 et XII, p. 316, pi. XII, fig. 4, 1864. 

3 Benson, Annals and Magazine of natural history, IX, p. 486, 1842. 

4 Schrenck (L. von), Mollusken der Amur-Landes und der Nordjapanischen Meeres in Reisenund Forschnnqen 
im Amur-Land, 1854-1856, Saint-Pétersbourg, vol. II, part. III, p. 944, 1867. 



128 MOLLUSQUES TERRESTRES ET FLUVIATILES 

comprend un total d'environ 175 espèces, dont une soixantaine seulement se retrouvent dans 
le lœss. Mais les chiffres ainsi présentés ne sont pas comparables : il nous faut d'abord éliminer 
les espèces fluviatiles, puisque le lœss n'en renferme pas. Or, sur les 175 Mollusques du Lyon- 
nais, il y a bien près de 70 espèces fluviatiles ; il reste donc un peu plus d'une centaine d'espèces 
terrestres parmi lesquelles il convient encore de retrancher les Arion et les Limaœ qui, dans la 
grande majorité des cas, n'ont pu supporter la fossilisation. Ainsi, en définitive, il y a environ 
100 espèces actuelles à opposer aux 60 du lœss, ce qui représente un accroissement d'une qua- 
rantaine de Mollusques. 

Analysons maintenant les sources de ces apports récents. Nous trouvons un premier 
appoint parmi les Succinées. Les Succinea Pfeifferi Rossmàssler, Succinea Charpehtieri 
Dumont et Mortillet, et Succinea arenaria Bouchard-Chantereaux, manquent à la faune du 
lœss, et nous verrons qu'ils font leur apparition dans la faune des argiles lacustres. Les Hélix 
présentent également de nombreuses formes absentes du lœss : 

Heliœ rufescens Pennant. 
Hélix pleheia Draparnaud. 
Hélix sericea Mùller. 
Hélix glabella Draparnaud. 
Hélix concinna Jeffrey ss. 
Hélix cinctella Draparnaud. 
Hélix ciliata Venetz. 

A cette liste, il faut ajouter, d'une part, les Heliœ pomatia Linné, et Heliœ aspersa 
Mûller, d'introduction récente et, surtout, d'autre part, les Heliœ du groupe de Y Heliœ varia- 
bilis Draparnaud, qui, originaires des régions circumméditerranéennes, se sont acclimatés de 
proche en proche, jusqu'aux environs de Lyon en suivant la vallée du Rhône, obéissant en 
cela, ainsi que je l'ai précédemment montré, à un phénomène d'ordre très général. Ces élé- 
ments sont certainement les plus récents, ceux qui sont venus, en dernier lieu, se greffer sur 
la population autochtone de la région. 

Enfin, un dernier apport assez important est fourni par les Clausilia et les Pupa beaucoup 
plus nombreux aujourd'hui qu'à l'époque du lœss. 

Ainsi, en considérant ses éléments constitutifs, la faune malacologique actuelle de la région 
centrale du bassin du Rhône n'est que la continuation de la faune forestière du lœss, enri- 
chie d'apports successifs venus de l'Est et, plus récemment, du Midi. Il en résulte que les 
dépôts considères sont d'autant plus récents que leur faune est plus riche. 



* 



Mais si l'ensemble de la faune du lœss a peu varié, elle présente cependant, dans l'arran- 
gement de ses éléments, des différences sensibles. Les espèces dominantes ne sont plus les 
mêmes, et ce sont justement les espèces dominantes du lœss qui sont devenues rares (Succinea 
ohlonga Draparnaud) ou qui ont entièrement disparu (Succinea joinvillensis Bourguignat, 
Heliœ arbustorum Linné, var. alpicola de Charpentier). Seul, V Heliœ hispida Linné, est resté 
abondant et peut être considéré comme une espèce caractéristique de la faune moderne. 



DES BASSINS DU RHONE ET DU RHIN 129 

Ce sont souvent les espèces d'introduction récente qui sont aujourd'hui les plus communes. 

Telles sont : 

Hélix ericetorum Mùller. 
Hélix variabilis Draparnaud 1 . 
Hélix pomatia Linné. 
Hélix aspersa Mùller. 

L'étude zoologique des Mollusques du lœss montre que presque toutes les espèces sont de 
taille plus faible que les spécimens de la faune actuelle. De plus, et c'est là le caractère parti- 
culièrement important, la spire s'enroule avec une très grande régularité. Chez les Hélix, 
notamment, lorsque la taille est normale, on est frappé de la lenteur avec laquelle s'accroît la 
spire. La coquille a donc mis un temps relativement considérable pour atteindre son complet 
développement, ce qui indique qu'elle a subi l'influence d'un climat froid et très humide. Enfin, 
l'examen détaillé des Mollusques du lœss fait également ressortir l'exactitude d'un fait plusieurs 
fois signalé déjà : les espèces les plus anciennes sont les moins polymorphes et, par suite, celles 
dont les caractères sont le mieux fixés. C'est ainsi, par exemple, que les Hélix pulchetta 
Mùller, Hélix costata Mùller, Hélix obvoluta Mùller, Hélix lapicida Linné, etc., du lœss ne 
se distinguent pas sensihlement des individus actuels. Par contre, le Suçcinea oblonga Dra- 
parnaud, avait, au quaternaire, un polymorphisme plus étendu qu'aujourd'hui et, bien qu'à un 
moindre degré, assez comparable à celui des Hélix variabilis Draparnaud, et Hélix aspersa 
Mùller, de notre faune moderne, qui sont actuellement en pleine évolution 2 . 



§3 

Les considérations précédentes nous permettent de distinguer, dans les formations du 
lœss de la région lyonnaise, deux faunes assez distinctes. La première, est caractérisée par 
l'abondance des Succinées du groupe du Suçcinea oblo?iga Draparnaud, et la présence de 
nombreux Hélix arbustorum Linné, variété alpicola de Charpentier. Elle comprend les dépôts 
que Locard désignait sous les noms de Lehm du Mont-d'Or lyonnais 3 et de Lehm du plateau 
bressan 4 . Il me semble impossible de séparer le lœss du plateau bressan de celui du Lyonnais : 
ces formations sont synchrones et leurs faunes sont, toutes deux, des faunes froides et fores- 
tières avec espèces montagnardes dominantes. Les petites différences, que Locard a d'ailleurs 
fort bien indiquées 5 , ne sont dues qu'à la diversité des milieux et, fort probablement, des 
températures G , le degré hygrométrique de l'air restant toujours aussi élevé. 

1 Je comprends ici, sous ce nom, toutes les espèces récemment démembrées de l'ancien Hélice variabilis, tel 
que l'envisageait Draparnaud. 

2 U Hélix hispida Linné, semble, au contraire, avoir conservé un polymorphisme aussi intense qu'au moment 
de la formation du lœss. Il est évident qu'il existe des espèces chez lesquelles l'évolution se fait beaucoup plus lente- 
ment, tandis que d'autres fixent très rapidement leurs caractères définitifs. 

3 Locard (A.), Description de la faune malacologique des terrains quaternaires des environs de Lyon, 
p. 171,1879. 

4 Locard (A.), loc. supra cit. , p. 174, 1879. 

5 Locard (A.), loc. supra cit., p. 175, 1879. 

6 Ainsi que le montre la rareté relative de Y Hélix arbustorum var. alpicola de Charpentier, en grande partie 
remplacé par la variété intermedia Locard. 

Arch. Mus. — t. XI II. -17 



ISO MOLLUSQUES TERRESTRES ET FLUVIATILES 

La deuxième faunule a, incontestablement, un caractère plus récent : le Sitccinea 
oblo nga Draparnaud, tend à disparaître, la variété alpicola de Charpentier, n'existe plus et la 
variété intermedia Locard, est elle-même devenue rare. Par contre, les Hélix et les Hyalines 
sont nombreux. Cette faune, en somme très voisine de celle qui vit actuellement dans la 
région, aussi bien par la nature de ses éléments que par leur abondance relative, est celle du 
lœss du Dauphiné. Elle indique un climat plus chaud, mais toujours aussi humide. 

Ainsi, nous pouvons distinguer, dans le lœss du bassin du Rhône, deux séries de 
formations qui ne sont pas contemporaines : la plus ancienne est constituée par les dépôts du 
Lyonnais et du plateau bressan; la plus récente, par les dépôts du Dauphiné. 



Nous savons que le relief actuel de la région n'a pas été sensiblement modifié, que les 
collines des vallées du Rhône et de la Saône avaient à peu près, à l'époque de la formation du 
lœss, l'allure que nous leur connaissons. Le pays était très boisé, couvert de forêts où les 
Bouleaux, les Hêtres, les Aulnes, etc., constituaient les essences dominantes. La température 
était basse, beaucoup plus froide qu'aujourd'hui; des précipitations atmosphériques très 
abondantes entretenaient une constante humidité ; les fleuves et rivières coulaient à pleins 
bords ; enfin, les phénomènes de ruissellement atteignaient, le long des pentes, leur maximum 
d'intensité. Sous ce rude climat vivaient, dans les forêts, de nombreux Mammifères 1 parmi 
lesquels le Mammouth était le plus commun. Toute une faune malacologique trouvait un abri 
dans les taillis, sous les mousses, au pied des grands arbres. Là vivaient de nombreux Hélix, 
quelques Clausilies et, certainement, beaucoup d'Arion et de Limax, tandis que les berges des 
cours d'eaux étaient habitées par une foule de Succinées. C'est l'époque du lœss du Lyonnais et 
du plateau bressan. Puis, le climat semble s'être radouci, tout en restant particulièrement 
pluvieux; c'est la période du lœss du Dauphiné : déjà, la presque totalité des grands Mammi- 
fères ont disparu; la faune malacologique est presque identique à celle qui vit encore 
aujourd'hui et va, peu à peu, s'enrichir d'éléments nouveaux émigrés des régions voisines. 



IV 

Tandis que la faune du lœss appartient à une formation essentiellement terrestre, la faune 
des argiles des vallées de la Saône et du Rhône nous montre des dépôts presque uniquement 
d'eau douce. 

En se reportant au tableau des pages 123-124, on constate, tout d'abord, qu'il ne saurait 
être question de séparer les argiles de la vallée du Rhône de celles de la vallée de la Saône ou 

1 Parmi lesquels, d'après Lortet et Chantre, il convient de citer : Gants lupus Linné, Ursus spelaeus 
Blumembach, Ursus arclos Linné, Elephas primigenius Blumembach, Elephas antiquus Falconer, Elephas 
intermedius Jourdan, Rhinocéros tichorinus Guvier, Rhinocéros Jourdani Lortet et Chantre, Equus caballus 
Linné, Sus scrofa Linné, Bos primigenius Bojanus, Bison priscios Bojanus, Megaceros hibernicus Owen, Cervus 
elaphtisUxmê, Cervus tarandios Linné, Cervus caprœolus Linné, Arctomys primigeniios Kaup. [Lortet (D r ) et 
Chantre (E.), Etudes paléontologiques dans le bassin du Rhône, période quaternaire. Archives Muséum hist. natur. 
Lyon, I, p. 76-77, 1876]. 



DES BASSINS DU RHONE ET DU RHIN 



131 



même de celles de l'Isère. Ce sont bien, dans tous les cas, les mêmes espèces ou des espèces 
tout à fait comparables, appartenant incontestablement à la même faune. La présence d'un 
nombre plus grand de Mollusques terrestres dans les argiles de la vallée du Rhône s'explique, 
tout naturellement, par la différence des conditions locales ; il est d'ailleurs possible que de 
nouvelles recherches dans les formations lacustres de la vallée de la Saône augmentent 
sensiblement le nombre des Gastéropodes terrestres. Dans les deux cas, les éléments de cette 
faune terrestre sont constitués par des espèces habitant le voisinage plus ou moins immédiat 
des cours d'eaux et des lacs : 



Succinea putris Linné. 
Succinea elegans Risso. 
Succinea oblonga Draparnaud. 
Hyalinia lucida Draparnaud. 
Hyalinia nitida Mùller. 
Hyalinia diaphana Studer. 
Hyalinia crystallina Mùller. 



Eulota fruticum Mùller. 
Hélix pulchella Mùller. 
Hélix costata Mùller. 
Hélix hispida Linné. 
Hélix arbustorum Linné. 
Carychium minimum Mùller. 



Remarquons les caractères spéciaux présentés par les Succinées. Tandis qu'à l'époque du 
lœss, la région lyonnaise était habitée presque exclusivement par le Succinea oblonga 
Draparnaud, et les espèces affines, nous voyons ici cette espèce, devenue rare, en grande 
partie remplacée par les formes du groupe du Succinea putris Linné. C'est donc un achemi- 
nement vers la faune actuelle, encore accentué par la disparition des espèces montagnardes. 

La faune fluviatile est caractérisée par l'absence des espèces de grande taille chez les 
Gastéropodes, la rareté ou même l'absence des Unionidœ chez les Acéphales. 

Parmi les Gastéropodes, les Planorbes sont nombreux; cependant, nous signalerons 
l'absence du Planorbis corneus Linné, qui existe déjà dans les dépôts quaternaires plus anciens 
de l'Angleterre, de l'Allemagne, et même dans le lœss du Jura. L'introduction de cette 
espèce dans le bassin du Rhône apparaît donc comme tout à fait récente. Les Limnées sont les 
mêmes qu'aujourd'hui; le Bythinia tentaculata Linné, si abondant dans beaucoup de forma- 
tions quaternaires, jouissait alors d'un polymorphisme étendu. Par contre, les Vivipares sont 
inconnues dans le quaternaire de la vallée du Rhône. Ce fait est d'autant plus curieux que ces 
animaux étaient assez brillamment représentés au pliocène; la Saône nourrissait alors les 
Vivipara Falsani Fischer 1 . Vivipara ventricosa Sandberger-. Yivipara bitrgundina 
Tournouër 3 , Vivipara bressiana Ogerien 4 , etc. 

Les Pélécypodes, presque tous de petite taille, sont représentés par des espèces vivant 
dans les eaux calmes et vaseuses en compagnie des Valvées : 



Sphserium corneum Linné. 
Pisidium amnicum Mùller. 
Pisidium casertanum Poli. 



Pisidium hensloicianum Sheppart 
Pisidium pusillum Gmelin. 
Pisidium nitidum Jennynss. 



1 Fischer in Faisan et Locard, Monographie géologique du Mont d'Or Lyonnais, p. 437, fîg. 4, 1866. 
[Paludina Faisant]. 

2 Sandberger, Land- und Sùsswasser-Conchylien der Vorioelt, p. 709, Taf. XXVII, fig. 2, 1875 [Paludina 
ventricosa, non Graj]. C'est le Paludina semicarinala Michaud [Description coquilles fossiles Haute rive, 1854. 
Annales Soc. linnèenne Lyon, p. 58, non Brard]. 

3 Tournouër, Bulletin Société géologique de France, 2 e série, XXIII, p. 790. 1866. 

4 Ogerien, Histoire naturelle du Jura, I, p. 488, 1867. [Paludina Bressana], 



132 MOLLUSQUES TERRESTRES ET FLUVIATILES 

Déjà, les grands Bivalves (Unio littoralis Ciîvier, Unio batavus Maton et Rackett) font 
leur apparition, apparition timide, il est vrai, mais qui n'en est pas moins certaine et qui 
marque un trait d'union intéressant avec la faune fluviatile actuelle. 

Les argiles lacustres des vallées de la Saône et du Rhône renferment donc une faune 
analogue à celle qui vit de nos jours. Trois espèces seulement semblent disparues : 

Limnœa gerlandiana Locard. 
Planorbis Arcelini Bourguignat. 
Valvata Arcelini Bourguignat. 

Mais il convient d'ajouter que la seconde est une forme du Planorbis albas Millier, et la 
dernière, une simple variété du Valvata piscinalis Millier. 

La faunule fluviatile des argiles lacustres est, essentiellement, une faunule à? eau froide , 
calme et vaseuse. Ces dépôts se superposent ainsi, assez nettement, aux dernières formations 
du loess, alors que le climat était sans doute un peu plus clément et plus voisin de celui 
d'aujourd'hui. Ces argiles doivent être considérées comme ouvrant l'ère actuelle dans la région 
lyonnaise ; c'est à partir de ce moment que les éléments les plus récents de la faune moderne 
vont pénétrer dans la vallée du Rhône ; désormais, nous sommes à l'aurore de l'Histoire. 



TROISIÈME PARTIE 



FAUNULE MALACOLOGIQUE 

DU DEPOT NÉOLITHIQUE DE BEVAIX (LAC DE NEUCHATEL) 



Je dois la connaissance des matériaux qui servent de base à ce travail à l'amabilité de 
M. le D r Gaillard, conservateur du Muséum d'histoire naturelle de Lyon. Toutes les coquilles 
du lac de Neuchâtel proviennent de la couche néolithique (période robenhausienne). « Une 
partie a été recueillie, sur mes indications, à une profondeur d'un mètre environ, soit au fond 
de la station préhistorique de Bevaix, directement au-dessus de la couche de vase dans 
laquelle les lacustres ont enfoncé leurs premiers pilotis. L'autre partie a été récoltée, au 
Muséum de Lyon, autour des objets et des ossements néolithiques provenant de ladite 
station 1 . » 

L'étude zoologique de ces documents fournit de précieux indices sur le climat de la 
région à l'époque néolithique. On trouvera ces considérations développées à la fin de mon 
travail. 

1 D r Cl. Gaillard, in Ilôt. (Lyon, 30 septembre 1910). 



CHAPITRE PREMIER 

DESCRIPTION DES ESPÈCES 



GASTÉROPODES PULMONÉS 

■STYLOMMATOPHORES 

Famille des ZONITID>E 
Genre HYALINIA Agassiz, 1837 

§ I. — VITREA Fitziuger, 1833 l 
HYALINIA (VITREA) PSEUDOHYDATINA Bourguignat. 

1844. Hélix hydalina, Philippi, Enumeraiio Molluscorum Sicilise, II, p. 108 (non Rbssmâssler) ; 

1849. Hélix hydatina, Dupuy, Histoire Mollusques terrestres et fluviatiles France, p. 240, tabl. XI, ûg. 5. 

1855. Zonites crystallinus var. |3 Hydatinus, Moquin-Tandon, Histoire Mollusques terrestres et fluviatiles 

France, II, p. 89. 

1856. Zonites pseudohydatinus , Bourguignat, Aménités malacologiques, I, p. 189. 

1876. Hyalinia pseudohydatina, Westerlund, Fauna Europœa Molluscorum prodromus, p. 27. 
1880. Hyalina (Vitrea) pseudohydatina, dessin, MalakozooL Blàtter; N. F., II, p. 207, n° 27. 

1880. Hyalinia pseudohydatina, Locard, Nouv. recherches argiles lacustres, terrains quaternaires Lyon,]). 21. 

1881. Hyalinia pseudohydatina, Locard, Catalogue Mollusques terr., aquatiques Ain, p. 28. 

1881. Hyalinia pseudohydatina, Locard, Variations malacologiques, bassin Rhône, I, p. 62. 

1882. Hyalinia pseudohydatina, Locard, Prodrome malacol. franc., Calai. Mollusques terr., France, p. 46. 

1885. Hyalinia (Vitrea) pseudohydatina, Westerlund, Fauna der palàar et. région Binnenconchylien I 

p. 37, n- 43. .-..■. 

1886. Zonites (Vitrea) pseudohydatina, Tvy on, Manual of Conchology, 2 d série, Pulmonata, II p 144 

pl.XLVII, iig. 81-82. ■ 

1894. Hyalinia pseudohydatina, Locard, Conchyliologie française ; Coquilles terrestres, p. 63, fîg. 66-67. 

Coquille déprimée, faiblement convexe en dessus, subconvexe en dessous : spire composée 
de cinq tours légèrement convexes, à croissance rapide, mais régulière ; dernier tour grand., 

1 Fitzinger (L.), Systematische Verzeichniss der im Erzherzogthum Œsterreich vorkommenden Weichthiere, 
als Prodrom einer fauna derselben (Beitràg en zur Landeshund. Œsterr., III, p. 99, 1833). 



MOLLUSQUES DES BASSINS DU RHONE ET DU RHIN 135 

notablement plus convexe en dessous qu'en dessus, subcomprimé en dessus, à peine dilaté et 
non déclive à l'extrémité ; sommet aplati ; sutures superficielles ; ombilic assez petit ; ouverture 
oblique, ovalaire-transverse, bien échancrée par l'avant-dernier tour, anguleuse en haut, très 
arrondie en bas et extérieurement, à bords écartés, médiocrement convergents, le supérieur 
à peine arqué ; péristome mince et tranchant. 

Diamètre maximum : 3 1/5 millimètres ; diamètre minimum : 2 1/2 millimètres ; 
hauteur : 4/5 millimètres. 

Test mince, fragile, brillant, orné, en dessus, de stries fines, médiocrement régulières, 
à peine plus fortes près de Fouverture, bien convexes dans une direction assez oblique ; et, en 
dessous, de stries plus fines et plus régulières. 

Comparaison avec les individus de la Faune actuelle. — Le seul spécimen recueilli 
par M. le D r Cl. Gaillard se distingue des exemplaires actuellement vivants par son test plus 
fortement strié, par son dernier tour proportionnellement plus grand et un peu mieux dilaté à 
son extrémité 1 , mais surtout par sa taille beaucoup plus petite, ne dépassant guère la moitié 
de ceux des individus actuels qui atteignent 6-7 millimètres de diamètre maximum pour 
3 millimètres de hauteur. 

Distribution géologique. — Cette petite Hyaline est peu connue à l'état fossile. Seul, 
A. Locard l'a signalée dans les argiles lacustres de la vallée du Rhône, à la Mouche et à 
Gerland, aux environs de Lvon. 

Distribution géographique actuelle. — Le Hyalinia pseudohydatina Bourguignai, 
ayant presque toujours été confondu avec le Hyalinia hydatina Rossmâssler 2 , il est fort 
difficile de préciser son aire de distribution. Il est connu en Italie [Philippi 3 , Villa 4 , Wester- 
lund 3 , etc.], en Espagne [Westerlund, Servain 6 , Locard], en Portugal [Morelet 7 , Servain 8 , 
Locard 9 ] et en Algérie 10 . En France, cette espèce est assez commune, surtout dans les régions 
montagneuses. En somme, le Hyalinia j^seudohydatina Bourguigii&t, remplace, dans l'ouest 
de l'Europe, le Hyalinia hydatina Rossmâssler, dont il est l'espèce représentative. 

1 Le Hyalinia radina Bourguignat [in Locard (A.), Variations malacologiqioes bassin du Rhône I, p. 63, 
pi. III, fig. 5-6, 1880] montre également, d'après la description de A. Locard [les Coquilles terrestres de 
France, -p. 63, 1894], un dernier tour « bien plus grand, très peu gros, arrondi, bien comprimé à sa naissance, 
un peu élargi, non déclive à son extrémité », ce qui est absolument contredit par la figuration qui montre, au con- 
traire [pi. III, fig. 5, 1880], une coquille à enroulement particulièrement régulier. [Du reste, le Hyalinia radina 
Bourguignat, est synonyme du Hyalinia pseudohydatina Bourguignat. 

2 Rossmâssler, Iconographie der Land- und Sùssioàsser-Mollusken, VIII, p. 36, fig. 529, 1838 [Hélix hyda- 
tina]. C'est YHelicella diaphana de Beck [Index Molluscorum, p. 7, 1837] (non Hélix diaphana de Studer, de 
Lamarck, Krynicki, Leaet Villa). 

3 Philippi, Enumeratio Molluscor. Silîcise, II, p. 108, 1846 [Hélix hydatina, non Rossmâssler]. 

4 Villa, Lispositio Syslemal. Conchyl,, p. 17, 1841. 

5 Westerlund (G. -A.), Fauna der in der palâarct. région Binnenconchylien, I, p. 37, 1886. 

6 Servain (D r G-.), Etude sur les Mollusques recueillis en Espagne et en Portugal, p. 20 et p. 21, 1880. 

7 Morelet (A.), Descrip. Mollusques terr. et fluv. du Portugal, p. 55, 1855 (Hélix cristallina, var. major). 

8 Servain (D r G-.), loc. supra cit., p. 20 et p. 21. 

9 Locard (A.), Conchyliologie portugaise. Les Coquilles terrestres, des eaux douces et saumâtres (Archives 
Muséum hist. natur. Lyon, t. VII, p. 31, 1899). 

10 Bourguignat (J.-R.), in Servain (D r G-.), loc. supra cit., p. 21, 1880. 



136 MOLLUSQUES TERRESTRES ET FLUVIATILES 



Famille des HELICID£ 
Genre HELIX Linné, 1758 

§ I. — CANDIDULA Kobelt, 1871 

HELIX (GANDIDULA) STRIATA Muller. 

1774. Hélix striata, Muller, Verm, terrestr. et fluvial, histor., II, p. 38. 

1876. Hélix striât a, Westerlund, Fauna Europ. Molluscor., prodrom., p. 106. 

1881. Heliœ striata, Clessin, Nomenclat. Heliceor. vivent., p. 132. 

1883. Hélix striata, Locard, Contribution faune malacologique française, VI, Monogr. Hélices groupe 

Hélix heripensis, p. 10. 
1886. Xerophila (Candidula) striata, Pollonera, Molluschifossili post-pliocenici del contorno di Torino, Memorie 

d. Reale Accademia d. Scienze di Torino; série II, XXXVIII, p. 18, n° 42, Tav. I, ûg. 54, 55, 56. 

1888. Hélix (Candidula) striata, Tryon, Manual of ConchoL, 2 e série, Pulmonata, IV, p. 7, pi. I, ûg. 24-25. 

1889. Hélix (Striatella) striata, Westerlund, Fauna der palàarcl. région Binnenconchylien, II, p. 251, n° 604. 
1894. Hélix (Candidula) striata, Pilsbry in Tryon, Manual of Conchology, 2 e série, Pulmonata, IX, p. 255. 
1894. Hélix striata, Locard, Coquilles terrestres France, p. 155, ûg. 202-203. 

Un seul spécimen, très jeune (il ne mesure que 3 1/4 millimètres de diamètre), a été 
recueilli par M. le D r Cl. Gaillard. Sa forme diffère très sensiblement de celle des exemplaires 
adultes : il est très aplati en dessus, avec un dernier tour bien plus convexe en dessous qu'en 
dessus et muni d'une carène supérieure bien sensible ; l'ouverture est étroite, subsemilunaire, 
anguleuse en haut à son insertion et sur son bord externe au point où vient se terminer la 
carène du dernier tour, arrondie en bas ; l'ombilic est médiocre, très légèrement recouvert par 
une faible patulescence du bord columellaire. 

Le sommet est presque lisse ; en dessus, les tours sont garnis de stries fortes, costulées, 
obliques, à peine onduleuses et très inégales ; en dessous, les stries sont fortes, surtout au 
voisinage de l'ouverture, et à peine atténuées vers l'ombilic. 

Distribution géologique. — Très souvent confondu avec des espèces voisines, V Hélix 
striata Muller, doit se trouver dans un grand nombre de dépôts quaternaires, surtout on Suisse 
et en Allemagne. Pollonera l'indique aux environs de Turin (Italie) ; Michaud l le signale dans 
les marnes pliocènes d'Hauterive (Drôme), mais sa détermination reste douteuse. Dans le 
lœss du Lyonnais, il semble remplacé par Y Hélix costulata Zeigler 2 , qui en est d'ailleurs 
bien voisin. 

Distribution géographique actuelle. — Cette espèce ne vit que dans l'Europe 
centrale, notamment en Suisse et en Allemagne. Le type décrit par Muller provenait de la 
Saxe. En France, l'Hélix striata habite les régions du Nord et de l'Est où il est peu commun. 

1 Michaud (G.), Description de coquilles fossiles des environs de Hauterive (Drôme) (Journal de. Conchyliolo- 
gie, X, p. 62, h 6, 1862). 

2 Voir ci-dessus, p. 64. 



DES BASSINS DU RHONE ET DU KHIN 137 



BASOMMATOPHORES 

Famille des LIMN/EID/E 
Genre LIMN^EA 

§ I. — RÀDIX Denys de iMontfort 

LIMNiEA (RADIX) LIMOSA Linné. 

(PI. III, fig. 109, 115, 116, 119, 120, 125, 126 et 132.) 

1758. Hélix limosa, Linné, Systema naturm, éd.X, p. 774 [non Montagu]. 
1911. Limnœa (Radix) limosa, Germain, vide ante, p. 40. 

Variété VULGARIS G. Pfeiffer. 

1821. Limnœus vulgaris, G. Pfeiffer, ISaturgeschichte deutscher Land- und Sûssioasser-Mollusken, I, p. 89, 

Taf. IV, fig. 22. 
1911. Limnœa (Radix) limosa var. vulgaris, Germain, vide ante, p. 41. 

Les exemplaires recueillis par M. le T) r Cl. Gaillard se rapportent plus particulièrement 
à la forme nommée Limnœa lacustrina par Clessin 1 . La plupart sont jeunes et ne mesurent 
que 3-5 millimètres de longueur maximum ; quelques rares spécimens atteignent 7 millimètres, 
mais le plus grand nombre n'ont que 3-3 1/2 millimètres. Le test est mince, fragile, orné de 
stries très fines, obliques, à peine onduleuses et atténuées près de l'ombilic qui se présente 
sous la forme d'une fente étroite. 

Variations. — Il est difficile, étant donné l'âge des spécimens, d'apprécier leurs varia- 
tions. Cependant on distingue déjà, comme d'ailleurs dans toutes les colonies actuelles de cette 
espèce, des formes ventrues et d'autres plus élevées avec un dernier tour plus étroitement élancé 
et une spire plus acuminée. 

§ H. _ GALBA Schrainck, 1803 2 

LIMNiEA (GALBA) TRUNCATULA Mulier, 

1774. Buccinum truncatulum, Mulier, Verra, terrestr. et fluv . histor. , II, p. 130, n°325. 

1784. Turbo rivulus, Boys et Walker, Testac. min. rar., fig. 57. 

1788. Hélix truncatula, Gmelin, Systema natures, éd. XIII, p. 3659. 

1789. Buccinum fossarum, Studer, Faunul. Helvet., in Goxe, Trai\ SivitzerL, III, p. 433. 
1789. Bulimus truncatulus, Bruguière, Encyclopédie méthodique, Vers, I, p. 510. 

1 Clessin (S. ), Corresp. Blâtt. t j>. 73, 1873, et Deutsch. Excurs. Mollusk.-Fauna, fig. 243, 1884 [Limnœa 
ovata, variété lacustrina], Servain (G.), Histoire malacologique lac Balaton, p. 52, 1881, et Locard (A.), 
Coquilles fluviatiles France, p. 33, 1893 (Limnœa lacustrina). Il est impossible de séparer spécifiquement cette 
coquille du Limnsea vulgaris G. Pfeiffer. 

2 Schranck (F. von Paula), Fauna Boïca, Nuremberg, III, part. II, p. 262 et p. 285, 1803 (pour le Limnœa 
truncatula Mulier). 

Arch. Mus. — t. XI II.-18 



138 MOLLUSQUES TERRESTRES ET FLUVIATILES 

1801. Bulimus obscurus, Poiret, Coquilles terrestr., fluv., dèp. Aisne et envir. Paris, Prodrome, p. 35 (non 

Draparnaud). 
1801. Limneus minutus, Draparnaud, Tableau Mollusques terr., fluv. France, p. 51. 
1803. Hélix fossaria, Montagu, Testacea Britannica, p. 372, pi. XVI, ûg. 9. 

1805. Limneus mimttus, Draparnaud, Histoire Mollusques terr., fluv. France, p. 53, pi. III, ûg. 5-7. 
1814. Lymnsea fossaria, Fleming, Edinburgh Encyclop , VII, part. I, p. 77. 
1822. Lymnsea minuta, de Lamarck, Histoire natur. Animaux sans vertèbres, VI, part. II, p. 1H2. 

1830. Limneus truncatulus, Jeffreyss, Transacl. linnean Society, XIII, part, II, p. 377. 

1831. Stagnicola minuta, Leach in Turton, Manual of land and fresh xoater Shells of the British Isîand, 

p. 143. 
1833. Limnophysa minuta, Fitzinger, System Verzeichn. OEster.,^. 113. 

1835. Limnœus minutus, Rossmassler, Iconographie der Land- und Sùssicasser -Mollusken, I, p. 100, tig. 57. 
1837. Limnophysa trtmcatula, Beck, Index Molluscorum,^. 113. 
1847. Limnsea oblonga, Puton, Catalogue Mollusques Vosges, p. 60. 

1851. Limnsea minuta, Dupuy, Histoire Mollusques terr., fluv. France, p. 469, pi. XXIV, fîg. 1. 
1855. Limnsea truncatula, Moquin-Tandon, Hist. Moll. terr., fluv. France, II, p. 473, pi. XXXIV, ûg. 21-24. 
1875. Limneus ( Limnophysa) truncatiria, Sandberger, Land- und Sûssicasser-Conchylien, p. 785, Taf. XXXIII, 

ûg. 27 et Taf. XXXVI, fîg. 24. 
1877. Limnsea truncatula, Locard, Malacologie lyonnaise, p. 88 et p. 141, n°5. 

1879. Limnsea trimcatula, Locard, Description faune malacologique quaternaire, env. Lyon, p. 114. 

1880. Limnsea truncatula, Locard, Nouv. recherches argiles lacustres, qioaternaire envir. Lyon, p. 11 et p. 31. 

1881. Limnsea truncatula, Locard, Catalogue Mollusques terrestres, aquatiques départ. Ain, p. 98. 

1881. Limnsea truncatula, Locard, Variations malacologique s bassin Rhône, I, p. 332. 

1882. Limnsea tnmcatula, Locard, Eludes malacologique s dépôts préhistoriques, vallée de la Saône, p. 25. 
1882. Limnsea truncatula, Locard, Prodrome malacologie française; Catalogue Mollusques terrestres, eaux 

douces et saumâlres, p. 203. 

1 885. Limnsea (Fossaria) truncatula, Westerlund, Fauna derpalàarct. région Binnenconchylien, V, p. 49, n° 9. 

1886. Limnsea truncahda, Pollonera, Molluschi post-pliocenici del contorno di Torino ( Memorie d. Reale Acca- 

demia d. Scienze di Torino, série IF, XXXVII, p. 9, n° 48. ) 

1887. Limnsea (Limnophysa) truncatula, Sacco, Revista fauna malacologica terr., lacustre esalm. del Piemonte 

(Bollettino d.Societâ Malacologie a llaliana, XII, p. 164,1887). 
1893. Limnsea truncatula, Locard, Coquilles fluviatiles France, p. 45, fig. 28. 
1909. Limnsea ( Limnophysa) truncatula, Germain, Bulletin Société et. sciences natur. Elbeuf, XXVI, p. 150. 

Les deux exemplaires qui m'ont été communiqués par M. le D r Cl. Gaillard sont des 
jeunes n'ayant que 4 tours de spire : ils appartiennent à une forme un peu élancée du Limnsea 
truncatula Mùller. Leur sommet est assez obtus; leur test, finement strié, montre des stries 
obliques, un peu onduleuses, subégales, assez irrégulièrement espacées et notablement plus 
saillantes au voisinage immédiat des sutures. La columelle est droite, assez fortement épaissie. 

Un autre spécimen, encore beaucoup plus petit (longueur : 2 1/2 millimètres), est de forme 
plus ventrue-globuleuse, avec une spire moins haute et rappelle la variété Moquini Locard 1 . 

Il est impossible d'établir de comparaisons entre ces exemplaires et les individus de la 
faune actuelle. 

Distribution géologique. — Cette espèce est assez répandue dans les terrains quater- 
naires de l'Angleterre [A. Bell], de l'Allemagne [Sandberger, Kregiinger, Clessin, etc.], de 
l'Autriche [Sandberger, Clessin, Brusina], de la Suisse [Jaccard], de l'Italie [Pollonera, 
Sacco], de l'Algérie [Bourguignat, Pallary] " 2 , etc.. 

En France, le Limnœa truncatula Mùller, a été signalé dans les dépôts quaternaires de la 
Somme, à Menchecourt et Saint- Acheul [d'Archiac], de l'Alsace [Daubrée, Puton], des Bouches- 

1 Locard (A.), Coquilles fluviatiles France, p. 46, ûg. 29, 1893. C'est le Limnsea truncatula var. o ventri- 
cosa Moquin-Tandon [Histoire Mollusques terr., fluv. France, II, p. 473, pi. XXXIV, fîg. 23, 1855.] 

2 Pallary (P.), Sur les Mollusques fossiles terrestres, fluviatiles et saumâtres de l'Algérie (Mémoires Société 
Géologique de France, Mémoire 22, p. 152, 1901) signale une var. minor et une var. minutissima de cette espèce. 



DES BASSINS DU RHONE ET DE RHIN 139 

du-Rhône [Matheron] et de la Haute-Garonne [P. Fagot] ; dans les tufs quaternaires de Saint- 
Pierre-lès-Elbeuf (Seine-Inférieure) [Ghéde ville. Germain] ; de Resson (Aube) [Fliche] ; dans 
le lœss des environs de Lyon [A. Locard] ; dans les argiles lacustres de la vallée de la Saône, 
à la Caille, et de la vallée du Rhône, à la Mouche et à Gerland, près de Lyon [A. Locard], etc. 
Michaud 1 indique le Limnœa truncatula Miïller, dans les marnes pliocènes de Hauterive. 
A. Locard croit, après étude des exemplaires de la collection Michaud, déposée au Muséum 
d'histoire naturelle de Lyon, qu'il s'agit d'une espèce différente : « Avec le Limnœa BouilletP, 
on trouve à Hauterive une autre espèce de petite taille, qui n'est certainement pas le Limnxa 
truncatula de Mùller, et que nous croyons nouvelle ; l'état de conservation des échantillons qui 
nous ont été communiqués n'est point suffisant pour que nous puissions en donner une diagnose 
assez complète et une bonne figuration. C'est une coquille de petite taille, de forme régulière, 
un peu cylindro-conique, moins allongée que le Limnœa Bouille ti, formée de quatre tours de 
spire ; l'ouverture est un peu arrondie et égale environ au tiers de la hauteur totale ; les tours 
sont arrondis et la ligne suturale assez profonde 3 . » Il est à espérer que l'on retrouvera cette 
intéressante espèce à laquelle A. Locard n'a pas donné de nom. Je propose celui de 

Limnœa (Galba) Gaillardi Germain, 

en l'honneur de M. le D r Cl. Gaillard qui dirige avec tant de compétence le Muséum d'histoire 

naturelle de Lvon. 

*/ 

Distribution géographique actuelle. — Le Limnœa truncatula Mùller, est une des 
espèces de ce genre possédant la plus vaste distribution géographique. J'ai étudié, en détail, 
Taire de répartition de ce Mollusque dans mon Mémoire, actuellement sous presse, sur les 
« Mollusques terrestres et fluviatiles recueillis par M. H. Gadeau de Kerville pendant son 
voyage en Syrie » ; j'y renvoie le lecteur, me contentant de résumer ici les données établies 
dans ce travail. Le Limnœa truncatula Mùiler, vit dans toute l'Europe, y compris l'Angleterre, 
la Suède et la Norvège [Westerlund], la Laponie, la Finlande et tout le Nord de la Russie 
[Wallenberg, Westerlund], les îles Shettland [J. Gwyn Jeffreyss], les îles Feroc [0. A. L. 
Môrch], et l'Islande [0. A. L. Morch]. Il traverse toute la Sibérie [Westerlund] jusqu'au ter- 
ritoire de l'Amour [L. Schrenck] et se retrouve dans l'Arménie, la Transcaucasie [Mousson, 
Boettger, etc.], le Turkestan [Martens], la Perse [de Morgan], la Syrie, l' Asie-Mineure, etc. 
En Afrique, le Limnœa truncatula Mùller , habite le Maroc [Morelet, Pallary], l'Algérie [Bour- 
guignat], la Tunisie [Letourneux et Bourguignat], et l'Egypte [Pallary] d'où il s'est propagé, 
par le cours du Nil, en Abyssinie [Jickeli, Bourguignat]. Il est également connu dans la colonie 
du Cap et dans presque tout l'Est africain et, sur la côte Ouest, dans les îles Canaries, Madère, 
Açores. Enfin, dans l'Amérique du Nord, cette même espèce a été signalée en un grand nombre 
de points des Etats-Unis [Binney. Dali], du Canada et de l'Alaska [Dali]. 

1 Michaud (G.), Description des coquilles fossiles des environs de Hauterive (Drôme) (Journal de Conchylio- 
logie, X, p. 80, n°l ? 1862). 

2 Michaud (G.), Description des coquilles fossiles de Hauterive (Annales Société Linnêenne de Lyon, p. 53, 
pi. IV. fig. 7-8, 1854). Figuré également par Sandberger, Land- und Sùssicasser-Conchylien der Worw., p. 715, 
Taf.,XXVI, fig. 11, 1875, [Limneus (Leptolimneus) Bouille Y?"], 

3 Locard (A.), Description de la faune de la Mollasse marine et d'eau douce du Lyonnais et du Dauphiné 
(Archives Muséum hist. natùr. Lyon, II, p. 234-235, 18~8). 



140 MOLLUSQUES TERRESTRES ET FLUVIATILES 

Genre PLANORBIS (Guettard 1 ) Mûllbr, 1774 2 

§ I. — TROPIDISCUS Stein, 1850 3 

PLANORBIS (TROPIDISCUS) UMBILICATUS Mûller. 

(PI. V, fig. 200 à 203 et 212-213.) 

1774. Planorbis umbilicatus, Miïller, Verra, terrestr» et fluv. histor.; II, p. 160. 

1789, Planorbis complanatus, Studer, Faunula Helvetica, in Goxe, Trav. SwitzerL, III, p. 435 [non Poiret, 

nec Draparnaud]. 
1789. Hélix lacustris, Razoumowski, Histoire natur. mont Jora, I, p. 273. 

1801. Planorbis car inatus, variété b, Draparnaud, Tableau Molhosqioes terr., fluv. France, p. 46. 
1805. Planorbis marginatus , Draparnaud, Histoire Mollusques terr., fluv. France, p. 45, pi. II, fig. 11, 12 

et 15. 

1830. Planorbis turgidits, Jeffreyss, Transact. linnean Society, XVI, part. II, p. 377. 

1831. Planorbis Sheppardi, Leach wTurton, Manual ofland and freshwater Shells of British Island, p. 104. 
1831. Planorbis rhombeus, Tuiton, loc. supra cit.,?. 108. 

1835. Planorbis marginatus, Rossmâssler, Iconographie der Land- und Sùssivasser-Mollusken, I, p. 102, 

Taf. II, fig. 59. 
1850. Planorbis complanatus, Dupuy, Histoire Mollusques terr., fluv. France, p. 445, pi. XXI, fig. 5. 
1854. Planorbis Prevostianus, Michaud, Description Coquilles fossiles Hauterive, (Annales Soc. linnéenne 

Lyon), p. 57 [non Brongniart]. 

1854. Planorbis lens, Michaud, loc. supra cit., p. 57 [non Brongniart]. 

1855. Planorbis complanatus, Moquin-Tandon, Histoire Mollusques terr., fluv. France, II, p. 428, pi. XXX, 

fig. 18-28. 
1862. Planorbis complanatus, Michaud, Journal de Conchyliologie, X, p. 79, n° 3. 
1869. Planorbis complanatus, Bourguignat, Catalogue Mollusques terr., fluv. quaternaire envir. Paris 

p. 9. 
1875. Planorbis (Anisus) umbilicatus, Sandberger, Land- und Sûsswasser-Conchylien, p. 779 (pars). 

1877. Planorbis complanatus, Locard, Malacologie lyonnaise, p. 74 et p. 140, n° 3. 

1878. Planorbis complanatus, Locard, Description faune Mollasse marine, eau douce du Lyonnais, Dauphiné 

p. 98 et p. 239. 

1879. Planorbis marginatus, Locard, Description faune malacologique quaternaire envir. Lyon, p. 94. 

1880. Planorbis complanatus, Locard, Nouvelles recherches argiles lacustres, quaternaire envir. Lyon p 9 

et p. 28. 

1881. Planorbis complanatus, Locard, Catalogue Mollusques terrestres, aquatiques, départ. Ain,?. 88. 

1881. Planorbis complanatus, Locard, Variations malacologique s, bassin Rhône, I, r p. 291 pi IV fig 10-14- 

16-17. 

1882. Planorbis complanatus, Locard, Etudes malacologique s dépôts préhistoriques, vallée de la Saône, 

p. 26. 
1882. Planorbis complanatus, Locard, Prodrome malacologie française; Catalogue Mollusques terrestres, 

eaux douces et saumâtres, p. 186. 
1885. Planorbis (Tropidiscus) umbilicatus, Westerlund, Fauna der palàarct. région Binnenconchylien, V, 

p. 69, n° 8. 
1893. Planorbis umbilicatus, Locard, Coquilles fluviatiles, France, p. 55, fig. 39-41. 

1909. Planorbis (Gyrorbis) umbilicatus, Germain, Bulletin Société et. Sciences natur. Elbeuf, XXVII, p. 151. 
1909. Planorbis umbilicatus, Gaziot et Maury, Journal de Conchyliologie, LVII,p. 341. 

Coquille restant de petite taille, concave en-dessus, concave en-dessous; spire composée 
de 4-5 tours convexes à croissance rapide : en-dessus, tours très embrassants, surtout le der- 
nier ; en-dessous, tours à croissance beaucoup plus régulière ; dernier tour grand, bien plus 

1 Guettard, Mémoires Académie royale des Sciences (1756), p. 151, 1762. 

2 Mûller, Ver m. terrestr. et fluv. histor. II, p. 152, 1774. 

Stein (J.-P.-E.), Die lebedenSchnecken und Muscheln der Umgegend Berlins, p. 76, Berlin, 1850. 



DES BASSINS DU RHONE ET DU RHIN 141 

convexe dessus que dessous, fortement caréné ; carène inframédiane ou absolument basale ; 
sutures aussi accusées en dessus qu'en dessous : ouverture oblique, subcordiforme-transverse, 
anguleuse en haut, très anguleuse à la réunion du bord inférieur et du bord externe ; bords 
marginaux convergents et très rapprochés, souvent réunis par une callosité plus ou moins 
marquée. 

Diamètre maximum : 7-7 1/4 millimètres; diamètre minimum : 5 1/4-5 1/2 millimètres; 
hauteur: 1 3/4-2 millimètres. 

Test fragile, très finement strié : en dessus, stries très obliques, onduleuses, subégales, 
extrêmement fines et délicates ; en dessous, stries un peu plus fortes, irrégulièrement et 
également obliques. 

Variations. — Cette espèce varie quant à l'enroulement des tours de spire qui, en des- 
sus, sont plus ou moins embrassants, rappelant quelquefois l'allure du Planorbis (Tropidiscus) 
carinatus Millier 1 . En dessous, la convexité des tours varie également avec les échantillons, 
quelques-uns ayant la face inférieure entièrement plane, quelques autres plus ou moins nette- 
ment subconcave ou même concave, d'autres enfin, très légèrement subconvexe. La carène 
est, le plus souvent, absolument basale ; plus rarement elle est seulement subbasale sans être 
jamais submédiane. 

Je 'figure (PI. V, fig. 204-206) un spécimen tout à fait curieux par la déformation et 
l'irrégularité de son enroulement, irrégularité qui porte sur tous les tours de spire, sans qu'il 
y ait continuité dans la monstruosité comme on peut l'observer chez certains échantillons sca- 
laires qui ont un enroulement anormal mais quelquefois parfaitement régulier. 

Comparaison avec les individus de la Faune actuelle. — Comparés aux exemplaires 
actuels, ceux du néolithique de Bevaix se font remarquer par leur petite taille et la finesse de 
leur sculpture. Ils constituent une forme naine ayant dû vivre à une profondeur assez grande. 

Distribution géologique. — Le Planorbis umbilicatus Millier, est répandu dans un 
grand nombre de dépôts quaternaires de l'Europe, notamment en Angleterre [A. Bell], en 
Allemagne [Braun, Beyrich, Credner, Clessin, Boettger, Sandberger, Walchner, Kinkelin, 
etc.], en Autriche [Sandberger, Clessin, etc.], en Suisse [Jaccard], en Italie [Pollonera, Sacco 2 ] 
en Algérie [Pallary], etc. En France, cette espèce a été découverte dans les marnes pliocènes 
de Hauterive (Drôme) [G. Michaud, Locard], dans les marnes de Celleneuve, près de Mont- 
pellier 3 [Paladilhe] ; dans le quaternaire de la Somme, à Menchecourt, Saint-Roch, Saint- 
Acheul [d'Archiac], du Puy-de-Dôme [Bouillet 4 ]; dans les argiles lacustres de Chàlon-sur- 

1 Millier, Verm. terrestr. et fluv. hist., Il, p. 157, 1774. 

2 C'est la variété submarginatus de Gristofori et Jan [Catal. Mantissa, XX, n° 9] qui est signalée, dans les 
dépôts piémontais, par Pollonera [Molluschifossili post-pliocenici del contorno di Torino (Memorie d. Reale Acca- 
demia d. Scienze di Torino, XXXVIII (2 e série), p. 27, n° 13, 1886)] et Sacco [Revista d. fauna malacologica 
fossile terr., lacustre e salmastra del Piemonte (Bollettino di Societâ Malacologica Italiana, XII, p. 162, 1887)]. 

3 C'est également la var. submarginatus de Gristofori et Jan, qui a été recueillie dans ces dépôts. 

4 J.-B. Bouillet [Catalogue des espèces et variétés de Mollusques terrestres et fluviatiles observés jusque à 
ce jour, à Vétat vivant, dans la Haute et la Basse- Auvergne, suivi d'un autre Catalogue des espèces fossiles, 
-etc., Clermont-Ferrand, p. 117, n° 41, 1836] signale ce Planorbe, sous le nom de Planorbis marginatus recens, 



142 MOLLUSQUES TERRESTRES ET FLUV1ATILES 

Saône [J. Ganat] ; dans les tufs de Resson (Aube) {Miche], de Saint-Pierre-lès-Elbeuf 
(Seine-Inférieure) [Chédeville, Germain]; dans les formations quaternaires de la vallée de la 
Seine, à Montreuil, aux environs de Paris [J.-R. Bourguignat] ; dans les argiles lacustres de 
la vallée de la Saône, aux environs de Màcon (Saône-et-Loire) et de Fleurville (Saône-et- 
Loire) [Arcelin, Locard] ; dans les argiles lacustres de la vallée du Rhône, à la Mouche et à 
Gerland, près de Lyon [A. Locard] ; dans les formations du quaternaire récent des environs de 
Nice [Gaziot et Maury] ; dans les dépôts préhistoriques de la vallée de la Saône, aux environs 
deMâcon (Saône-et-Loire) [A. Locard], etc. 

Distribution géographique actuelle. — Gomme pour le Limnœa (Galba) truncatula 
Miiller, j'ai donné, dans mon Mémoire sur les « Mollusques terrestres et fluviatiles recueillis 
par M. H. Gadeau de Kerville pendant son voyage en Syrie » de nombreux détails sur la 
distribution géographique de cette espèce. Je me contenterai donc de dire ici que le Planorbis 
umbilicaius Miïller, vit dans toute l'Europe, y compris la Suède, la Norvège, la Finlande et le 
Nord de la Russie [Westerlund], d'où il se répand dans une partie de la Sibérie [Westerlund]. 
Il habite également presque toute l'Asie antérieure, la Tunisie, l'Algérie [Bourguignat] et le 
Maroc [Pallaryj. 

§ II. — PARASPIRA Dali, 1905 1 

PLANORBIS (PARASPIRA) SPIRORBIS Linné. 

1758. Hélix spirorbis, Linné, Systema naturœ, éd.X, p. 770, n°588. 

1774. Planorbis spirorbis, Mûller, Verm. lerrestr. et fluv. histor., II, p. 161, n°347. 

1805. Planorbis spirorbis, Draparnaud, Histoire Mollusques terr., fluv. France, p. 45, pi. II, fig. 8-9. 

1835. Planorbis spirorbis, Rossmassler, Iconographie der Land- und Sùsswasser-Mollusken, I, p. 106, pi. II 

fig. 63. 
1851. Planorbis spirorbis, Dupuy, Histoire Mollusques terr., fluv. France, p. 438, pi. XXI, ûg. 9. 
1855. Planorbis spirorbis, Moquin-Tandon, Hist. Mollusques terr., fluv. France, II, p. 437, pi. XXXr, fig\ 1-5. 
1877. Planorbis spirorbis, Locard, Malacologie lyonnaise,]). 77 et 140, n° 7. 
1881. Planorbis spirorbis, Locard, Catalogue Mollusques terrestres, aquatiques départ. Ain, p. 90. 

1881. Planorbis spirorbis, Locard, Variations malacologiques bassin Rhône, I, p. 303. 

1882. Planorbis spirorbis, Locard, Prodrome malacologie française; Catalogue Mollusques terrestres, 

eaux douces et saumâtres, p. 190. 
1885. Planorbis (Gyrorbis) spirorbis, Westerlund, Fauna der palàar et. région Binnenconchy lien, V,p. 73, 

n° 14. 
1893. Planorbis spirorbis, Locard, Coquilles fluviatiles France, p. 58. 

Coquille très petite, aplatie, subconcave en dessus et en dessous ; spire composée de 
4-5 tours arrondis, à croissance assez rapide, séparés par de profondes sutures ; dernier tour 
médiocrement développé, non caréné, subdilaté à l'extrémité; ouverture petite, arrondie, bien 
échancrée par l'avant-dernier tour et abords convergents; péristome mince, tranchant, avec 
quelquefois un léger épaississement interne. 

Diamètre maximum : 2 1/2 millimètres ; hauteur : 1/2 millimètre. 

dans les sables du fond de l'ancien lac de Sarliève, près Glermont, et il ajoute: « Dans les argiles du fond du lac 
bien plus ancien qui existait au nord de Gergovia, près du sommet, j'ai trouvé un Planorbe qui a beaucoup d'analogie 
avec celui-ci ; mais j'ai besoin de voir d'autres exemplaires, avant de me prononcer sur son espèce. » 

1 Dali (W.-H.), Land andfresh water Mollusks of Alaska and adjoining régions, p. 86 (New-York, 1905) 



DES BASSINS DU RHONE ET DU RHIN 143 

Test mince et léger ; premiers tours presque lisses, les autres ornés de stries fines, 
serrées, délicates, très obliques, bien onduleuses et aussi accentuées en dessous qu'en dessus. 

Souvent confondu avec le Planorbis rotundatus Poiret S ou même avec le Planorbis 
septemgyratus Zeigler 2 , cette espèce s'en distingue surtout par sa petite taille, sa forme com- 
primée, son enroulement plus rapide et son ouverture mieux arrondie. 

Comparaison avec les individus de la Faune actuelle. — La seule différence 
appréciable réside encore dans la taille très petite des individus du néolithique de Bevaix qui 
n'ont guère que la moitié de la taille des spécimens actuels 3 . 

Distribution géologique. — Cette espèce est peu connue à l'état fossile ; signalée en 
Angleterre et en Allemagne, elle n'existe pas dans le lœss de la vallée du Rhône, ni même dans 
les argiles lacustres des vallées de la Saône et du Rhône qui sont, cependant, des formations 
plus récentes. 

Distribution géographique actuelle. — Le Planorbis spirorbis Linné, habite toute 
l'Europe. Cependant il remonte moins haut vers le nord que plusieurs espèces de ce genre, le 
Planorbis albus Mtïller, notamment. Il vit dans le sud de la Suède et de la Norvège, et se 
retrouve en Islande [Môrch 4 ]. Dans l'Afrique du Nord, il a été signalé au Maroc [Pallary 3 ], 
en Algérie [Morelet, Brondel, Raymond, Bourguignat 6 ] et enfin en Tunisie, où il a été récem- 
ment découvert par M. H. Gadeau de Kerville [Germain 7 ]. 



§ HI. _ GYRAULUS Agassiz 8 

PLANORBIS (GYRAULUS) ALBUS Muller. 

1774. Planorbis albus, Millier, Verm. terresir. fluv., histor., II, p. 164. 

1789. Heliœ alba 9 Gmelin, Syslema natiorae, éd. XIII, p. 3625, n° 29. 

1801. Planorbis villosus, Poiret, Coquilles terr., fluv. départ. Aisne et envir. Paris ; Prodrome, p. 95. 

1801. Planorbis hispidus, Vallot, Exercice d'histoire naturelle, p. 5. 

1826. Planorbis reticulatus, Risso, Histoire natur. Europe méridion., IV, p. 98. 

1850. Planorbis albus, Dupuy, Histoire Mollusques terr., fluv. France, p. 435, pi. XXI, fig.4. 

1855. Planorbis albtts, Moquin-Tandon, Hist. Mollusques terr., fluv. France, II, p. 440, pi. XXXI, fig. 12-19. 

1869. Planorbis albus, Bourguignat, Catalogue Mollusques terr., fluv. quaternaire envir. Paris^. 9. 

1 Poiret, Coquilles terrestres et fluviatiles du département de V Aisne et des environs de Paris ; Prodrome, 
p. 93, 1801 (nonBrongniart). 

2 Zeigler, in Rossmâssler, Iconographie der Land-und Sùssioasser-Mollusken, p. 106, fig. 64, 1835. 

3 Les spécimens de la faune actuelle ont jusqu'à 5-6 millimètres de diamètre maximum pour 1 millimètre de 
hauteur. 

4 Morch (O. A. L.), Faunula Molluscorum Islandise. Oversigt over Islands Blbddyr (Vidensk. Medd. fra 
den naturhist. Forening Kobhenh., 1868). 

5 Pallary (P.), Quatrième contribution faune malacologique N.-O. Afrique (Journal de Conchyliologie, LU, 
p. 33 et p. 54, 1904). 

6 Bourguignat (J.-R.), Malacologie de V Algérie, II, p. 154, 1864. 

7 Germain (Louis), Etude sur les Mollusques recueillis par M. H. Gadeau de Kerville pendant son voyage 
en Khroumirie (Tunisie), p. 260, 1908. 

8 Agassiz (L.), in Charpentier (J. de), Catalogue Mollusques terr. fluv. Suisse (Denkschr.Schioeiz. Gesellsch. 
NaUorw. Neuchâtel, I, p. 21, 1837). 



144 MOLLUSQUES TERRESTRES ET FLUVIATILES 

1875. Planorbis (Gyraulus) albus, Sandberger, Land- und Sûsswasser-Conchylien , p. 781, Taf. XXXIII, 

fig. 22. 
1877. Planorbis albus, Locard, Malacologie lyonnaise, p. 78 et p. 140, n° 9. 

1879. Planorbis albus, Locard, Description faune malacologique quaternaire envir. Lyon, p. 86. 

1880. Planorbis albus, Locard, Nouvelles recherches argiles lacustres quaternaire envir. Lyon, p. 9 et p. 29. 

1881. Planorbis albus, Locard, Catalogue Mollusques terrestres, aquatiques départ. Ain, p. 92. 

1881. Planorbis albus, Locard, Variations malacologiques bassin Rhône, I, p. 307, pi. III, fig. 30-39. 

1882. Planorbis albus, Locard, Prodrome malacologie française ; Catalogue Mollusques terrestres, eaux 

douces et saumâtres , \). 191. 
1885. Planorbis (Gyraulus) albus, Westerlund, Fauna der palàarct. région Binnenconchy lien, Y, p. 76, 

n°17. 
1887. Planorbis (Gyraulus) albus, Sacco, Revista fauna malacologica terr., lacustre e salm. del Piemonte, 

(Bollettino d. Societâ Malacologica Italiana, XII, p. 163). 
1893. Planorbis albus, Locard, Coquilles fluviatiles France, p. 59, fig. 51-E2. 

Coquille de petite taille , plane ou à peine convexe en dessus, avec les tours embryonnaires 
très enfoncés, bien concave en dessous ; spire composée de 4-5 tours convexes à croissance 
rapide séparés par des sutures profondes ; dernier tour très grand, fortement dilaté à l'extré- 
mité, descendant sur une petite longueur ; ouverture oblique, ovalaire-trans verse, à bords 
rapprochés et très convergents réunis par une callosité faible; péristome mince et tranchant. 

Diamètre maximum : 4-4 1/2 millimètres ; diamètre minimum : 3-3 1/2 millimètres ; 
hauteur : 1 1/4 millimètres. 

Test assez mince , devenu très fragile à la fossilisation ; en dessus, les tours embryon- 
naires sont presque lisses, les autres sont ornés de stries longitudinales fines, serrées, irré- 
gulières, très obliques et onduleuses, coupées de stries spirales plus fortes, beaucoup plus 
espacées et irrégulières. En dessous, les stries longitudinales sont plus fortes, moins régulières 
et moins obliques. 

Comparaison avec les individus de la Faune actuelle. — Les échantillons du 
néolithique de Bevaix se distinguent, par leur petite taille, de ceux de la faune actuelle. Ces 
derniers atteignent souvent 7 millimètres de diamètre maximum. 

Distribution géologique. — Connu dans un grand nombre de dépôts quaternaires de 
l'Angleterre [A. Bell], de l'Allemagne [Braun, Boettger, Clessin, Sandberger, etc.], de 
P Autriche [Clessin, Sandberger, Sturany, etc.], de l'Italie [Sacco], etc., le Planorbis albus 
Mùller, a été signalé en France : dans le quaternaire de Menchecourt et Saint-Acheul (Somme) 
[d'Archiac] ; dans les tufs de Resson (Vosges) [Fliche] ; dans les marnes de la Bâtie- 
Montgascon (Isère) [Locard] ; dans les argiles lacustres de la vallée de la Saône, à la Caille, 
près de Lyon, et dans celles de la vallée du Rhône, à la Mouche et à Gerland, également près 
de Lyon [Locard] ; dans les dépôts quaternaires de la vallée de la Seine, à Joinville-le-Pont, 
Vincennes, etc.. [Bourguignat] ; etc.. 

Distribution géographique actuelle. — Le Planorbis albus Mùller, vit dans toute 
l'Europe, y compris, au nord, la Suède et la Norvège [Westerlund 1 ], la Laponie [Wallenberg 2 ], 

1 Westerlund (G. -A.), Exposé critique des Mollusques terrestres et d'eau douce de la Suède et de la Nor- 
vège, p. 131, 1875. 

1 Wallenberg, Le Molluscis Lapponùe Lulensis (Dissert. inaugur.,Berol, p. 37 et p. 38, 1858) ; et Malako- 
zoolog. Blàtter, p. 114 et p. 115, 1858. 



DES BASSINS DU RHONE ET DU RHIN 145 

le nord de la Russie, d'où il s'étend à travers la Sibérie [Westerlund 1 , Middendorf 2 ] jusqu'au 
territoire de l'Amour [L. Schrenck 3 ] et au Kamtschatka [Gebler *]. Au sud, on le retrouve en 
Espagne [Servain 5 ] et au Portugal [Morelet 6 , Locard 7 ]. Dans l'Amérique du Nord (Etats- 
Unis, Canada, Alaska) il est remplacé par deux espèces très voisines, le Planorbis hirsutus 
Gould 8 , et le Planorbis deflectus Say 9 , que l'on doit considérer comme représentant, en 
Amérique, le Planorbis albus d'Europe 10 . Enfin, vers l'Orient, le Planorbis albus Millier, qui 
habite encore la Serbie, le Monténégro, etc.. [Otto Wohlberedt H ], fest remplacé en Asie par 
une série d'espèces du même groupe, comme les Planorbis piscinarum Rourguignat 12 , 
Planorbis hebraicus Bourguignat 13 , etc.. 



PLANORBIS (GYRAULUS) GROSSEI Bourguignat. 

1862. Planorbis Crosseanus, Bourguignat, Malacologie du lac des Quatre-Cantons, p. 44, pi. I, fig. 21-23. 

1879. Planorbis Crosseanus, Locard, Description faune malacologique quaternaire envir. Lyon, p. 88. 

1880. Planorbis Crosseanus, Locard, Nouvelles recherches argiles lacustres quaternaire envir, Lyon, p. 9. 

1881. Planorbis Crosseanus, Locard, Catalogue Mollusques terrestres, aquatiques départ. Ain, p. 92. 

1881. Planorbis Crosseanus, Locard, Variations malacologique s bassin Rhône , I, p. 309. 

1882. Planorbis Crosseanus , Locard, Prodrome malacologie française; Catalogue Mollusques terrestres, 

eaux douces et saumâtres, p. 191. 
1885. Planorbis (Gyraulus) Crosseanus, Westerlund, Fauna der palâarct. région Binnenconchy 'lien, Y, 

p. 80, n°35. 
1893. Planorbis Crosseanus, Locard, Coquilles fluviatiles France, p. 60. 
1903. Planorbis C?~ossei, Germain, Eludes Mollusques terr.,fluv. envir. Angers et départ. Maine-et-Loire, 

p. 201, n° 194. 

Coquille de petite taille, aplatie en dessus et un peu concave au centre, bien concave en 
dessous avec un ombilic en forme d'entonnoir ; spire composée de 4-5 tours convexes à crois- 
sance peu rapide, presque lente, séparés par des sutures peu profondes ; dernier tour arrondi, 
assez grand, non ou à peine dilaté à l'extrémité, un peu descendant ; ouverture ovalaire- 
transverse, à bords convergents et rapprochés réunis par une callosité assez faible ; péristome 
mince et tranchant. 

1 Westerlund (G. A.). Sibiriens land- ôch sotwatten-Molhbsker, Upsal, p. 59 et p. 108, 1877. 

2 Middendorf, Reise in den àussersten Norden und Osten Sibiriens, II, part. I, St-Pétersbourg, p. 404, 1851. 

3 Schrenck (L. von), Mollusken des Amur-Landes und der Nordjapanischen Meeres (Rets en und forschun- 
gen Amur-Lande (1854-1856), Saint-Pétersbourg, II, p. 639, 1859-1867). 

4 Gebler, Bulletin Société impér. naturalistes Moscou, I, p. 185, 1829. 

5 Servain (D r G-.), Elude sur les Mollusques recueillis en Espagne et en Portugal, p. 141, 1880. 

6 Morelet (A.), Description des Mollusques terrestres et fluviatiles du Portugal, p. 80, 1845. 

7 Locard (A.), Conchyliologie portugaise. Les coquilles terrestres, des eaux douces et saumâtres (Archives 
Muséum hist. natur. Lyon, VU, p. 181, 1899). 

8 Gould, American Journal of Sciences, XXXVIII, p. 196, 1840. 

9 Say, LongsExpedit. Reports, II, p. 261, pi. XV, fig. 8, 1824. 

10 II est même fort possible que ces deux espèces soient synonymes du Planorbis borealis (Loven) [Wester- 
lund, MalakozooL Blâtter, XXII, p. 77, 1875], qui est la forme septentrionale du Planorbis albus MuWer. 

11 Wohlberedt (Otto), Zur Fauna Montenegros und Nordalbaniens (Wissenschaftl. Milteilungen aus Bosnien 
und der Herzegotoina, XI, p. 688, 1909 (tirés à part, p. 104). 

12 Bourguignat (J.-R.)» Testacea novissima Cl. Saulcy..., Orientent, p. 22, n°2, Paris, 1852, et Catalogue 
raisonné Mollusques Saulcy, Orient, p. 56, pi. II, fig. 32-34, 1853 (Planorbis Piscinarum). 

13 Bourguignat (J.-R.), loç. supra cit., p. 23, n° 3, 1852, et p. 57, pi. II, fig. 38-40, 1853 (Planorbis 
Hebraicus). 

Arch. Mus. - t. XI H.-iÔ 



146 MOLLUSQUES TERRESTRES ET FLUVIATILES 

Diamètre maximum : 3 1/2 millimètres ; diamètre minimum : 3 millimètres ; hauteur : 
1 millimètre. 

Même test que celui du Planorbis albus Miïller, mais avec des stries spirales un peu plus 
fortement marquées et des stries longitudinales plus fines, surtout en dessus. 

Ce Planorbe est évidemment voisin du Planorbis albus Miïller. Il s'en distingue cepen- 
dant aisément par son enroulement plus régulier et par son dernier tour proportionnellement 
plus petit, non dilaté à l'extrémité. Il n'y a, d'ailleurs, pas d'autres caractères distinctifs l . En 
résumé le Planorbis Crossei Bourguignat, est un Planorbis albus Miïller, à enroulement lent 
et à dernier tour non dilaté. 

Comparaison avec les individus de la Faune actuelle. — Le type qui vit de nos 
jours mesure 6-6 1/2 millimètres de diamètre maximum pour 2 millimètres de hauteur. Les 
exemplaires du néolithique de Bevaix sont donc, ici encore, des individus de taille particuliè- 
rement petite. 

Distribution géologique. — Cette espèce, presque toujours confondue avec le Planorbis 
albus Millier, est encore peu connue à l'état fossile. Elle a été signalée dans les marnes blanches 
de la Bàtie-Montgascon (Isère) [Locard] ; dans le loess de Bublane (Ain) [Locard] ; enfin dans 
les argiles lacustres de la vallée de la Saône, à Fleurville [Arcelin] et à la Caille, près de Lyon 
[LocardJ . 

Distribution géographique actuelle. — Le Planorbis Crossei Bourguignat, vit 
en Suisse et dans la plus grande partie de la France. Il est surtout abondant dans les régions de 
l'Ouest, où il semble partiellement remplacer le Planorbis albus Miïller. 



§ IV. — BATHYOMPHALUS Agassiz, 1837 2 

PLANORBIS (BATHYOMPHALUS) GONTORTUS Linné. 

1758. Hélix contorla, Linné, Syslema nature, éd. X, p. 770. 

1774. Planorbis contortits, Miïller, Verm. terrestr. et fluv.hisior., II, p. 162. 

1778. Hélix crassa, Da Costa, Histor. nalur. Testaceorum Britannise, or British Conchology, p. 66, pi. IV, 

fig. 11 (nonRazoumowski). 
1799. Hélix umbilicata, Pultney, Catalogues ofthe Birds, Shells... of Dorshetshire , p. 47, pi. XX, ûg. 11 (non 

de Férussac). 
1805. Planorbis contortus, Draparnaud, Histoire Mollusques terr., fluv. France, p. 42, pi. I, fig. 39-41. 
1835. Planorbis contortus, Rossmâssler, Iconographie der Land- und Siisswasser-Mollusken, V, p. 16, 

pi. VII, fig. 117. 
1851. Planorbis contor lus, Dupuy, Histoire Mollusques terr», fluv. France, p. 433, pi. XXI, fig. 2. 
1855. Planorbis contortus, Moquin-Tandon, Histoire Mollusques terr., fluv. France, II, p. 443, pi. XXXI, 

fig. 24 à 31. 

1 Bourguignat [Malacologie du lac des Quatre- Cantons, p. 43, novembre 1862] ajoute bien que le Planorbis 
Crossei « se distingue de Y albus par son test plus robuste, par son ouverture moins oblique, presque ronde et non 
oblique... », mais ces caractères sont purement individuels et s'observent aussi bien chez des spécimens du Planorbis 
albus Millier, que chez des échantillons du Planorbis Crossei Bourguignat. 

2 Agassiz (L.), in: Charpentier (J. de), Catalogue Mollusques terr. fluv. Suisse (Denkschr. Schioeiz. Gesellsch. 
Nalurw. Neuchâtel, I, p. 20, 1837). 



DES BASSINS DU RHONE ET DU RHIN 147 

1875. Planorbis (Bathyomphalus) contortus, Sandberger, Iconographie der Land- und Sûsswasser-Conchylien, 

p. 777, Taf. XXXV, fig. 5. 
1877. Planorbis contortus, Locard, Malacologie lyonnaise, p. 79 et 140, n° 10. 

1879. Planorbis contortus, Locard, Description faune malacologique quaternaire envir. Lyon, y. 99. 
1881. Planorbis contortus, Locard, Catalogue Mollusques terrestres, aquatiques départ. Ain, p. 91. 

1881. Planorbis contortus, Locard, Variations malacologique s bassin Rhône, I, p. 305. 

1882. Planorbis contortus, Locard, Prodrome malacologie française; Catalogue Mollusques terrestres, eaux 

douces et saumâtres, p. 192. 
1885. Planorbis (Bathyomphalus) contortus, Westerlund, Fauna der palàarct. région Binnenconchylien, 

V, p. 74, n° 16. 
1893. Planorbis contortus, Locard, Coquilles fluviatiles France, p. 59, fig. 48-50. 
1909. Planorbis (Bathyomphalus) contortus, Germain, Bulletin Soc. étude Se. nalur. Elbeuf,XXYl, p. 153. 

Un exemplaire de très petite taille, puisqu'il ne dépasse pas 2 1/2 millimètres de dia- 
mètre maximum, a été recueilli par M. le D r Cl. Gaillard. Il est, de plus, en partie brisé. 
Cependant, il montre qu'il ne différait pas sensiblement des spécimens actuellement vivants : 
c'est bien le même enroulement très lent et fort régulier en dessus, plus rapide en dessous ; 
l'ouverture, très étroite, est semi-lunaire. 

Distribution géologique. — Le Planorbis contortus r Linné, est connu dans les forma- 
tions quaternaires de l'Angleterre [A. Bell, Prestwich], de l'Allemagne [Glessin, Kreglinger, 
Sandberger, etc.], de l'Autriche [Glessin, Sandberger], de la Russie [Dubois de Montpéreux], 
etc.. En France, il a été signalé par Bouillet, dans le calcaire de Vergnols, aux environs d'Au- 
rillac ; il se retrouve dans les tufs quaternaires de Saint-Pierre-lès-Elbeuf (Seine-Inférieure) 
[Ghédeville, Germain] ; dans les argiles lacustres de la vallée de la Saône, à Fleurville (Saône- 
et-Loire) [Arcelin, Locard], et dans les argiles lacustres de la vallée du Rhône, à Gerland, près 
de Lyon [Locard]. 

Distribution géographique actuelle. — La distribution géographique de cePlanorbe est 
très étendue. Il vit dans toute l'Europe, y compris, au nord, laSuède, la Norvège [Westerlund 1 ], 
les îles Shettland [G. Jeffreys 2 ], la Laponie [Wallenberg 3 ] et le nord de la Russie 4 , d'où il 
pénètre, à travers la Sibérie [Westerlund 5 ], jusqu'au territoire de l'Amour [L. Schrenck]. 
Vers le sud, le Planorbis contortus Linné, devient moins abondant ; il vit cependant en Italie, 
en Espagne et au Portugal, mais il manque complètement dans le nord de l'Afrique (Maroc, 
Algérie, Tunisie). 

1 Westerlund (C-A.), Exposé critique des Mollusques terrestres et d'eau douce de la Suède et de la 
Norvège, p. 130, 1875. 

2 Jeffreyss (G.), Annals and magaz. of natural history, octobre 1868. 

3 Wallenberg, Le Molluscis Lapponise Lulensis, Dissert, inaugur., Berol., p. 32, 1858, et Malakozool. 
Bldtter, V, p. 114, 1858. 

4 Nordenskiold et Nylander, Finlands Mollusker, Helsingfors, p. 62, 1856. 

5 Westerlund (G. -A.), Sibiriens land- ôch Solvatten-Mollusher, Upsal, p. 58 et 108, 1877. 



148 MOLLUSQUES TERRESTRES ET FLUVIAT1LES 



GASTÉROPODES PROSORRANCHES 

MONOTOCARDES 

CHIASTONEURES 

Famille des BYTHINELLID/E 
Genre BYTHINIA (Gray, 1821 1 ) Risso, 1826 2 

§1. — ELONA Moquin-Tandoh, 1855 3 

BYTHINIA (ELONA) TENTACULATA Linné. 

(PI. IV, fig. 146-147 et pi. VI, fig. 245 à 266.) 

1758. Hélix tentaculata, Linné, Syslema naiurœ, éd. X, p. 774, n° 616. 

1774. Nerita jaculator, Mûller, Verm. terrestr. etfluv. histor., II, p. 185. 

1778. Titrbo nucleus, Da Costa, Histor. natur. Testacea Britannise, p. 91, pi. V, fig. 12. 

1779. Buccinum pellucidum, Schroter, Gesch. der Flussconchylien, p. 320, Taf. VII, fig. 16. 

1801. Bulimus tentaculatus, Poiret, Coquilles terr. y fluv. départ. Aisne et envir. Paris, Prodrome, p. 61. 

1801. Cyclostoma impur a, Draparnaud, Tableau Mollusques terr., *fluv. France, p. 41. 

1801. 7'urbo janitor, VaWot, Eœere. histoire natur., p. 6. 

1805. Cyclostoma impurtmi, Draparnaud, Histoire Mollusques terr., fluv. France, p. 36, n° 7, tabl. I, ûg. 19. 

1807. Cyclostoma jaculator, de Férussac (père), Essai méthode Conchyliol., p. 66. 

1814. Lymnsea tentaculata, Fleming, Edinburgh Encyclop., VII, part. I, p. 78. 

1815. Pahcdinaimpura, Brard, Histoire Coquilles terr., fluv. env. Paris, p. 183, pi. VII, fig. 2. 
1820. Paludina jaculator , Studer, Kurzes Verzeichn. Conchylien, p. 91. 

1823. Turbo tentaculatus , Sheppart, Trans. linn. Society London, XIV, p. 152. 

1826. Bythinia jaculator, Risso, Histoire natur. Europe méridion., IV, p. 100. 

1835. Paludina impura, Rossmâssler, Iconographie der Land- und Sûsswasser-Mollusken, I, p. 107, Taf. II, 

fig. 65. 

1840. Bitkinia tentaculata, Gray in Turton, Shells Britann., p. 93, fig. 20. 

1851. Paludina tentaculata, Dupuy, Histoire Mollusques terr., fluv. France, p. 543, tab. XXVII, fig. 7. 

1855. Bythinia tentaculata, Moquin-Tandon, Hist. Moll. terr., fluv. France, II, p. 528, pi. XXXIX, fi**. 23-44. 

1862. Paludina tentaculata, Michaud, Journal de Conchyliologie, X, p. 83, n° 2, pi. IV, fig. 15. 

1862. Bythinia tentaculata, Frauenfeld, Verhandl. k. k. zoolog. botan. Gesellsch. Wien, p. 1147. 

1869. Bythinia tentaculata, Bourguignat, Catalogue Mollusques terr., fluv. quaternaire env. Paris, p. 12. 

1870. Bythinia tentaculata, Paladilhe, Paludin. franc. (Annales de Malacologie, I, p. 182). 

1877. Bythinia tentaculata, Locard, Malacologie lyonnaise, p. 97 et 143, n° 6. 

1878. Bythinia tentaculata, Locard, Description faune Mollasse marine, eau douce Lyonnais et Bauphinè 

p. 60 et p. 194. 

1 Gray (J.-E.), A natural arrangement of Mollusca, according to their internai structure (London Médical 
Repository, XV, p. 239, 1821 (sans caract.) [Bithinia]). 

2 Risso (A.) Histoire des principales productions de V Europe méridionale et particulièrement de celles 
des environs de Nice et des Alpes-Maritimes , IV, p. 100, 1826 [Bithynia]. 

3 Moquin-Tandon (A.), Histoire des Mollusques terrestres et fluviatiles de France, II, p. 527, 1855. 



DES BASSINS DU RHONE ET DU RHIN 149 

1879. Bythinia tentaculata, Locard, Description faune malacologique quaternaire env. Lyon, p. 121. 

1880. Bythinia tentaculata, Locard, Nouvelles recherches argiles lacustres, quaternaire env. Lyon, p. 12 et 

p. 32. 

1881. Bythinia sebethina, Blanc in Goutagne, Not. malacol. Bassin Rhône, p. 34. 

1881. Bythinia tentaculata, Locard, Catalogue Mollusques terrestres et aquatiques départ. Ain, p. 109. 

1881. Bythinia tentaculata, Locard, Variations malacologiques , bassin Rhône, I, p. 366. 

1882. Bythinia tentacidata, Locard, Etude malacologique dépôts préhistoriques , vallée Saône, p. 29. 

1882. Bythinia tentaculata, Locard, Prodrome malacologie française ; Catalogue Mollusques terr., eaux 

douces et saumâtres, p. 223. 
1882. Bythinia gravida, Locard, loc. cit., p. 224. 

1884. Bythinia gravida, Ray, Bulletins Soc. malacologique France, I, p. 154. 

1886. Bythinia (Elona) tentaculata, Westerlund, Fauna der palâarct. région Binnenconchylien,YI, p. 14, n° 1. 
1886. Bythinia (Elona) tentaculata, \nr. sebethina, Westerlund, loc. cit., VI, p. 15. 
1886. Bythinia (Elona) allopoma, Westerlund, loc. cit., VI, p. 15, n° 3. 
1886. Bythinia (Elona) gravida, Westerlund, loc. cit., VI, p. 16, n° 7. 

1886. Bythinia tentaculata, Pollonera, Molluschi fossili post-pliocenici del contorno di Torino (Memorie 
d. Reale Accademia d. Scienze di Torino, série II, XXXVIII, p. 29, n° 24). 

1886. Bithinia tentaculata, Sacco, Nuove specie terziare di Molluschi terr estri. .. del Piemonte, p. 19. 

1887. Bithinia tentaculata, Sacco, Revista fauna malacologica terr., lacustre e salm. del Piemonte (Bollettino d. 

Societâ Malacologica Italiana, XII, p. 149. 

1892. Bythinia stramicensis, Locard, l'Echange (Revue linn. Lyon, VII, p. 16). 

1893. Bythinia tentaculata, Locard, Coquilles fluviatiles France, p. 71, fig. 72. 
1893. Bythinia decipiens, Locard, loc. cit., p. 72 [non Millet !]. 

1893. Bythinia gravida, Locard, loc. cit., p. 72. 
1893. Bythinia stramicensis, Locard, loc. cit., p. 72. 
1893. Bythinia sebethina, Locard, loc. cit., p. 73. 
1893. Bythinia allopoma, Locard, loc. cit., p. 73. 
1893. Bythinia potamica, Locard, loc. cit., p. 73. 

1893. Bythinia parva, Locard, loc. cit., p. 73. 

1894. Bythinia tentacidata, Locard, Bythinia système européen (Revue Suisse zoologie, II, p. 79, pi. V, fig. 1). 
1894. Bythinia gravida, Locard, loc. cit., II, p. 81, pi. V, fig. 21. 

1894. Bythinia parva, Locard, loc. cit., II, p. 83, p. 104, pi. V, fig. 12. 

1894. Bythinia allopoma, Locard, loc. cit., IX, p. 83, pi. V, fig. 4. 

1894. Bythinia ardussonica, Locard, loc. cit., II, p. 83, pi. VI, fig. 12 (jun.). 

1894. Bythinia decipiens, Locard, loc. cit., II, p. 84, pi. V, fig. 6 [non Millet !]. 

1894. Bythinia stramicensis, Locard, loc. cit., II, p. 85 et p. 110, pi. V, fig. 16. 

1894. Bythinia sebethina, Locard, loc. cit., II, p. 85, pi. V, fig. 3. 

1907. Bythinia (Elona) tentaculata, Germain, Revision espèces franc, genres Vivipara et Bythinia, p. 15 

(Feuille jeunes naturalistes, XXXVII). 

1908. Bythinia tentaculata, Germain, Bulletin Société et. Sciences natur. Elbeuf, XXVI, p. 86. 

Coquille de forme un peu ventrue-globuleuse ; spire composée de six tours bien convexes 
à croissance rapide, séparés par des sutures profondes ; dernier tour grand, bien arrondi, ven- 
tru; ouverture relativement petite, fortement oblique, ovalaire-allongée, bien anguleuse en 
haut, arrondie en bas ; ombilic en fente étroite ; péristome continu, mince, légèrement épaissi en 
dedans; bords marginaux réunis par une forte callosité blanche. 

Opercule ovalaire orné de stries concentriques très irrégulières, quelques-unes fortement 
marquées ; nucleus rapproché du bord inférieur ; hauteur : 3 millimètres ; diamètre maximum : 
2 1/4 millimètres (pi. IV, fig. 146-147.) 

Test assez fragile; stries irrégulières, fines, ayant presque disparu à la fossilisation. 

Variations. — Cette espèce est, actuellement encore, des plus polymorphes. Aussi 
a-t-on créé, à ses dépens, de nombreuses espèces que j'ai étudiées dans un précédent travail 1 . 

1 Germain (Louis), Revision des espèces françaises appartenant aux genres Vivipara et Bythinia (Feuille 
jeunes naturalistes, 4 e série, XXXVII, pi. I, p. 57-61, 81-84, 105-108 et 125-136). 



150 



MOLLUSQUES TERRESTRES ET FLUVIATILES 



Ce polymorphisme étendu se retrouve chez les exemplaires, très nombreux, du néolithique de 
Bevaix ; mais, tandis que les colonies actuelles de Bythinia tentaculata Linné, montrent des 
coquilles variant de la forme globuleuse à la forme très élevée rappelant le Bythinia matri- 
tensis Graëlls 1 , les colonies de Bevaix sont presque uniquement composées d'échantillons 
courts, trapus, constituant une variété ventricosa surtout caractérisée par un dernier tour plus 
renflé, plus ventru (pi. VI, fig. 255 à 262) que dans les formes typiques actuelles 2 . La spire 
est plus ou moins étagée par suite de la profondeur plus ou moins grande des sutures ; l'ombilic 
est, parfois, moins fortement recouvert par la patulescence du bord columellaire, sans que la 
forme de l'ouverture en soit sensiblement modifiée; enfin les dimensions principales et les 
rapports qu'elles ont entre elles varient également dans d'assez fortes proportions. Le tableau 
suivant exprime, en millimètres, les mesures d'un certain nombre d'individus : 



HAUTEUR 


DIAMÈTRE 


DIAMÈTRE 


HAUTEUR 


DIAMÈTRE 


TOTALE 


MAXIMUM 


MINIMUM 


DE L'OUVERTURE 


DE L'OUVERTURE 


8 millimètres. 


6 millimètres. 


5 millimètres. 


4 millimètres. 


3 millimètres . 


8 1/4 


6 1/4 


5 1/4 


4 1/4 — 


3 — 


8 1/4 — 


6 


5 1/4 


4 — 


3 1/5 — 


8 1/2 


6 1/4 


5 1/4 — 


4 — 


3 — 


8 1/2 


6 1/4 


5 1/4 — 


4 1/4 — 


3 — 


8 i/2 — 


6 - 


5 1/4 


4 — 


3 — 


8 1/2 


5 1/2 


4 1/4 — 


3 3/4 


2 4/5 


9 — 


6 


5 1/4 — 


4 — 


3 - 


9 — 


6 1/4 


5 1/4 — 


4 — 


3 


9 


6 1/4 


5 1/4 — 


4 


3 — 


9 — 


6 1/2 


5 1/2 - 


4 1/2 — 


3 1/4 — 


9 1/2 - 


5 1/2 


4 1/2 — 


4 — 


3 



Je figure ici (pi. VI, fig. 245 à 254) quelques échantillons jeunes : leur spire est plus 
nettement étagée avec un dernier tour proportionnellement plus développé que chez les indivi- 
dus adultes. 

Comparaison avec les individus de la Faune actuelle. — Les développements pré- 
cédents montrent que les Bythinia tentaculata Linné, du dépôt néolithique de Bevaix, diffè- 
rent surtout des individus actuels par leur forme plus courte, plus globuleuse. Or, ce type 
ventru-renflé est le plus ancien, celui que Ton trouve déjà dans le pliocène de Hauterive 
(Drôme), ainsi que Fa constaté A. Locard 3 . 



1 Graëlls, Catalogo de los Molluscos terr., etc.. Espana, p. 17, fig. 23-24, 1846 [Paludina im^ura var. 
matritensis]. 

2 Les exemplaires les plus allongés du dépôt de Bevaix ont une spire analogue à celle du type actuel moyen de 
Bythinia tentaculata Linné. 

3 Locard (A.), Description de la faune de la Mollasse marine et d'eau douce du Lyonnais et du Dauphiné 
(Archives du Muséum hist. natur. de Lyon, II, p. 195, 1878) : « Quand leur taille [des échantillons de Hauterive] 
devient plus grande, ils passent à la var. ventricosa (Menke) ; la spire est plus courte, le dernier tour moins 
arrondi, plus haut, plus développé. » 

Locard ajoute que le Paludina Desmarestii Michaud, n'est, d'après les exemplaires de sa collection, qu'une 
variété du Bythinia tentaculata Linné. 



DES BASSINS DU RHONE ET DU RHIN 151 

Quelques années plus tard, ce même auteur eut le tort d'élever au rang spécifique le Bythinia 
de Hauterive, sous le nom de Bythinia delphinensis 1 . C'est encore une variété globuleuse et 
à spire courte, que Faisan et A. Locard 2 ont signalée dans les formations quaternaires de 
Miribel (Ain), variété que A. Locard considéra ensuite comme espèce distincte, sous le nom de 
Bythinia neyronensis 3 . Fischer et Tournouër ont, en outre, décrit un Bythinia leberonensis k 
également fort voisin du Bythinia tentaculataLiimê; les mêmes auteurs établissent, pour cette 
dernière espèce, une variété minor* qui se rapproche beaucoup de la forme du néolithique de 
Bevaix. 

Distribution géologique. — Cette espèce existe dans un grand nombre de dépôts 
tertiaires et dans la plupart des formations quaternaires de l'Europe : Angleterre [Wood, 
A. Bell], Allemagne' [Braun, Clessin, Sandberger, Walchner, etc.], Autriche [Brusina, 
Sturany], Russie [Sandberger], Suisse [Jaccard], Italie [Pollonera, Sacco 6 ], etc. En France, le 
Bythinia tentaculata Linné, a été signalé dans les marnes pliocènes de Hauterive (Drôme) 
[G. Michaud, A. Locard], dans les formations tertiaires et quaternaires de Miribel et de Mollon 
(Ain) [Faisan et Locard] ; dans les dépôts quaternaires de la Somme [d'Archiac], de la Côte- 
d'Or [Tournouër] et de la Savoie [De Mortillet]; dans les tufs de Vincey (Vosges) [Fliche], de 
Saint-Pierre-lès-Elbeuf (Seine-Inférieure) [Chédeville, Germain] ; dans le lœss de la Haute- 
Garonne [P. Fagot], du département de l'Isère [A. Locard], des environs de Lyon [A. Locard], 
de Bublane (Ain) [A. Locard] et de Mâcon (Saône-et-Loire) [Ducrost, Locard] ; dans les argiles 
lacustres de la vallée de la Saône à la Caille, et de la vallée du Rhône à la Mouche et à 
Gerland, près de Lyon [A. Locard] ; dans les formations lacustres des environs de Paris, 
à Clichy, Montreuil, Joinville-le-Pont [Bourguignat] ; dans les dépôts préhistoriques de la 
vallée de la Saône aux environs de Màcon (Saône-et-Loire) [Locard], etc. 

Distribution géographique actuelle. — Le Bythinia tentaculata Linné, vit dans toute 
l'Europe, y compris l'Angleterre, la Suède, la Norvège, la Finlande, au nord ; l'Italie, l'Espagne 
et le Portugal, au sud. Il n'existe ni en Sibérie, ni en Asie Mineure. En Afrique, il n'a été 
découvert ni au Maroc, ni en Tunisie ; on le connaît seulement aux environs d'Alger, où il est, 
d'ailleurs, peu répandu 7 . 

1 Locard (A.), Recherches paléontologiques sur les dépôts tertiaires à Milne-Edwardsia et Vivipara du pliocène 
inférieur du département de Y km (Annales de l'Académie de Mâcon, 2 e série, VI, p. 19, 1883 [Bythinia Delphi- 
nensis] et p. 115). 

2 Faisan (A.) et Locard (A.), Note sur les formations tertiaires et quaternaires des environs de Miribel 
(Ain), p. 5, Lyon, 1878. 

3 Locard (A.), loc. supra cit., VI, pi. III, p. 18, fig. 8, 1883 [Bythinia Neyronensis ]. 

4 Fischer et Tournouër, Invertébrés fossiles du Mont Lèberon, pi. XXI, p. 156, fig. 1-2. 

5 Fischer et Tournouër, Invertébrés fossiles du Mont Léberon, p. 157. 

6 On trouve également dans les formations du Piémont, une variété décrite par Sacco sous le nom de var. 
Tellinii [Sacco (F.), Nuove specie terziarie di Molluschi terrestri d'acqua dolce e salmastra del Piemonte (Atti d. 
Società Italiana di Scienze naturali, XXIX, p. 19, 1886 [Bithinia tentaculata var. Tellinii']). 

7 Letourneux (A.) et Bourguignat (J.-R), Prodrome de la Malacologie terrestre et fluviatile de la Tunisie, 
p. 140, Paris, 1887. 



152 MOLLUSQUES TERRESTRES ET FLUVIATILES 



ORTHONEURES 

Famille des VALVATID/E 
Genre VALVATA O.-F. Muller, 1774 

§ I. — CINCINNA Hbbner, 1810 2 
VALVATA (CINGINNA) PISCINALIS Mùller. 

1774. Nerita piscinalis, Millier, Verm. terr., fluv. histor., II, p. 172, n° 358. 

1779. Trochus cristalus, Schrôter, Geschichte der Flussconchylien, p. 280, pi. VI, iîg. 11. 

1788. Hélix piscinalis, Omelin, Systema naturœ, éd. XIII, p. 3627. 

1788. Hélix fascicularis , Gmelin, Systema naturœ, éd. XIII, p. 3641. 

1801. Turbo cristalus, Poiret, Coquilles terr., fluv. départ. Aisne, snv. Paris, Prodrome, p. 29, n° 1. 

1801. Cyclostoma obtusana, Draparnaud, Tableau Mollusques terr., fluv. France, p. 39. 

1805. Cyclostoma obtusum, Draparnaud, Histoire Mollusques terr., fl%iv. France, p. 33, pi. I, fig. 14. 

1807. Valvatà piscinalis, de Férussac (père), Essai systèm. conchyl., p. 35. 

1814. Lymnsea fontinalis, Fleming, Edinburgh Encyclop., Vil, part. I, p. 78. 

1817. Turbo thermalis, Dillvyn, Descriptive Catalogue of récent Shells, p. 852. 

1851. Valvata piscinalis, Dupuy, Histoire Mollusques terr., fluv. France, p. 583, pi. XXVIII, fig. 13. 

1855. Valvata piscinalis, Moquin-Tandon, Histoire Mollusques terr., fluv. France, II, p. 540, pi. XLI, p. 1-25. 

1864. Valvata piscinalis, Bourguignat, Malacologie Aix-les-Bains, p. 69, pi. I, fig. 11-15. 

1869. Valvata piscinalis, Bourguignat, Catalogue Mollusques terr., fluv. quaternaire env. Paris, p. 18. 

1877. Valvata piscinalis, Locard, Malacologie lyonnaise, p. 100 et p. 143, n° 1. 

1879. Valvata piscinalis, Locard, Description faune malacologique quaternaire env. Lyon, p. 127. 

1880. Valvata piscinalis, Locard, Nouvelles recherches argiles lacustres quaternaire env. Lyon, p. 11 et 

p. 32. 

1881. Valvata piscinalis, Locard, Catalogue Mollusques terrestres, aquatiques départ. Ain, p. 113. 

1881. Valvata piscinalis, Locard, Variations malacologiques bassin Rhône, I, p. 382. 

1882. Valvata piscinalis, Locard, Prodrome malacologie française ; Catalogue Mollusques terrestres, eaux 

douces et saumâtres, p. 248. 
1884. Cincinna piscinalis, dessin, Deutsche Excurs. Mollusk.-Fauna, p. 455, ûg. 312. 
1886. Valvata (Cincinna) piscinalis, Westerlund, Fauna der palàarcl. région Binnenconchylien VI 

p. 132, n" 3. 
1889. Valvata piscinalis, Locard, Contributions faune malacologique française, XV, Monographie genre 

Valvata, p. 19. 
1893. Valvata piscinalis, Locard, Coquilles fluviatiles France, p. 123, fig. 125. 
1908. Valvata piscinalis, Germain, Bulletin Société et. Sciences natur. Elbeuf, XXVI, p. 87. 

Coquille subglobuleuse, de forme légèrement turriculée en dessus, bien bombée en 
dessous; spire composée de 4-5 tours étages, convexes, à croissance rapide, séparés par des 
sutures assez profondes, peu obliques ; dernier tour grand, bien arrondi, souvent vaguement 
anguleux en bas, plus ou moins déclive à l'extrémité 3 ; sommet obtus; ombilic médiocre, très 
profond, arrondi et légèrement évasé, laissant voir une partie de l'enroulement; ouverture 

1 Millier (O.-F.), Verm. terrestr. et fluv. histor., II, p. 198 (pars), 1774. 

2 Hubner(J.), Monographie von Testaceen, Bayerische Landschnecken, Augsbourg, 1810. 

3 Mais toujours lentement déclive. 



DES BASSINS DU RHONE ET DU RHIN 153 

oblique, subcirculaire, très légèrement subanguleuse en haut, largement arrondie en bas et 
extérieurement; péristome continu, presque détaché, mince, tranchant, légèrement épaissi en 
dedans, surtout au voisinage de l'ombilic. 
Opercule?... 

Longueur 4 1/2 mm. 4 3/4 mm. 5 1/2 mm. 

Diamètre maximum . . 5 1/3 — 5 1/4 — 6 1/4 

Diamètre minimum . . 5 — 5 — 5 1/4 — 

Hauteur de l'ouverture. 2 1/2 — 2 1/4 — 2 1/2 — 

Diamètre de l'ouverture. 2 1/2 — 2 1/3 — 2 1/2 

Le sommet est à peu près lisse ; les autres tours sont finement, mais irrégulièrement striés 
en dessus ; en dessous, la sculpture est plus fortement accentuée. Sur quelques exemplaires, on 
observe, principalement au dernier tour, des stries spirales, parfois bien marquées ; enfin, 
quelques individus sont plus ou moins malléés. 

Variations. — Les variations portent principalement sur l'allure de la spire, qui est plus 
ou moins élevée, étagée ; sur la forme du dernier tour, qui est quelquefois comprimé de bas en 
haut et subélargi ou élargi à son extrémité ; enfin, sur la sculpture. Ces caractères sont indi- 
viduels et ne sauraient servir, non seulement pour distinguer des espèces, mais même pour 
séparer des variétésl Aussi faut-il considérer comme synonymes les Valvata gallica Locard 1 , 
Valvata meretricis Bourguignat^ et Valvata obtusa Br&vd* . 

Ainsi compris, le Valvata piscinalis Mùller, se distingue du Valvata contorta Mùller f, i 
par sa forme moins haute, moins conique (le V. contorta mesure 4 1/2-6 millimètres de 
diamètre maximum pour 5-8 millimètres de hauteur), avec une spire moins étagée, moins 
turriculée, et un ombilic plus largement ouvert, laissant voir une grande partie de l'avant- 
dernier tour 5 . 

Comparaison avec les individus de la Faune actuelle. — Les fossiles de Bevaix 
présentent quelques caractères particuliers. Le dernier tour a tendance à devenir subcomprimé 
dans le bas ; l'ombilic est un peu plus ouvert que dans les individus actuels ; le test est plus 
fortement strié ; enfin et surtout, le péristome est plus nettement détaché du dernier tour : c'est 
à peine si, dans beaucoup de spécimens, il touche à ce dernier tour par une étroite surface. 
Quant à la taille, elle est normale chez cette espèce, contrairement à ce que l'on observe chez 
les autres Mollusques du néolithique de Bevaix. 

1 Locard (A.), Contributions à la Faune malacologique française, XV. Monographie des espèces franc. 
appartenant au genre Valvata, Lyon, p. 23, 1889. 

2 Bourguignat (J.-R.) in Locard (A.), toc. supra cit., p. 26, 1889. 

3 Brard (C.-P.), Histoire des Coquilles terrestres et fluviatiles qui vivent aux environs de Paris, p. 190, 
pi. VI, fig. 17, Paris, 1815. C'est peut-être ]e Neritula oblusa de Studer \F annula Helveiica in Coxe, Trav. 
SioitzerL, III, p. 436, 1789]. 

4 Millier, Verm. terrestr., fluv. hisloriam, II, p. 187, 1774 [Nerita contorta']. 

5 Au contraire, chez le Valvata contorta Millier, l'ombilic, très étroitement perforé, ne laisse pas voir l'enrou- 
lement de l'avant-dernier tour. Il existe une forme déprimée du Valvata contorta Mùller, à laquelle de Saint- 
Simon [Annales de Malacologie, I, p. 31, 1870] a donné le nom de Valvata lolosana. 

Arch. Mus. — t. XI II. -20 



154 MOLLUSQUES TERRESTRES ET ELUVIATILES 

Distribution géologique. —Le Valvata piscinalis Mùller, a été précédé de quelques 
formes ancestrales ayant avec lui de très grandes analogies. Tels sont, notamment, les Valvata 
piscinaloides Michaud 1 , du pliocène de Hauterive(Drôme), le Valvata inflata Sandberger 2 , du 
tertiaire de l'Ain et du quaternaire de l'Allemagne, et le Valvata vallestris Fontanes 3 , des sables 
de Fuly (Isère). Quant au véritable Valvata piscinalis Mùller, il est connu d'un grand nombre 
de dépôts quaternaires de l'Angleterre [A. Bell, Wood], de l'Allemagne [Braun, Clessin, 
Sandberger], de l'Autriche [Hoërnes, Brusina, Clessin], de la Suisse [Jaccard], etc. En France, 
cette espèce a été signalée : dans les dépôts quaternaires de la Côte-d'Or [Tournouër], du Jura 
[Ogérien], de l'Oise [Baudon], de la Somme [de Mortillet, d'Archiac], et du Bas-Boulonnais 
[Sauvage et Hamy] ; dans les tufs quaternaires de Saint-Pierre-lès-Elbeuf (Seine-Inférieure) 
[Germain]; dans les marnes de la Bàtie-Montgascon (Isère) [Locard] ; dans les argiles 
lacustres de Chalon-sur-Saône [J. Canat], de Fleurville, des environs de Màcon (Saône-et- 
Loire) [Arcelin, Locard], et de la Caille, près de Lyon [Locard]; dans les argiles lacustres 
de la vallée du Rhône, à la Mouche et à Gerland, près de Lyon [Locard] ; dans les formations 
lacustres du bassin de la Seine, à Joinville-le-Pont, aux environs de Paris [Bourguignat] ; 
dans le quaternaire récent des environs de Nice [Caziot] , etc. 

Distribution géographique actuelle. — Le Valvata piscinalis Mùller, vit dans toute 
l'Europe, y compris la Suède, la Norvège [Westerlund 4 ], la Finlande [Nordenskiôld et 
Nylander 5 ], et le Nord de la Russie, d'où il pénètre, à travers la Sibérie [Middendorf 6 ], 
jusqu'au territoire de l'Amour [Schrenck 7 ]. Au Sud, cette espèce habite l'Italie, l'Espagne et 
le Portugal, mais elle y est toujours plus rare. Enfin, vers l'est, le Valvata piscinalis Mùller, 
passe en Asie, d'où il se répand, à travers la Perse, jusqu'au Cachemire et au Thibet 
[Woodward 8 ]. 

1 Michaud (G.), Description des Coquilles fossiles des environs de Hauterive (Annales Soc, linnèennede Lyon, 
pi. V, p. 48, fig. 20-21, 1854) et Locard (À.), Description de la faune de la Mollasse marine et d'eau douce du 
Lyonnais et du Dauphiné (Archives Muséum hisl. natur. Lyon, II, p. 195, 187S). Cette espèce se distingue 
surtout par sa taille plus petite et sa forme plus écourtée, plus ventrue. 

2 Sandberger, Land-und Sûsswasser-Conchylien der Vorwelt, p. 746, 1875. C'est le Valvata 'piscinalis 
Mùller? de Tournouër [Bulletin Société géologique de France, 2° série, XXIII, p. 791, 1866]. Cette espèce se 
sépare du Valvata piscinalis Mùller, par sa taille plus grande, sa forme générale moins élevée, avec des tours de 
spire plus gros, plus renflés et son ombilic plus étroit. 

3 Fontanes, le Vallon de la Fuly (Isère), p. 40, pi. I, fïg. 3, 1875. Cette espèce, qui est très petite [diamè- 
tre maximum : 2 millimètres], se rapproche surtout du Valvata piscinaloides Michaud, dont elle se distingue par 
son enroulement différent et son ombilic plus large et mieux évasé. 

4 Westerlund (C.-A.), Exposé critique des Mollusques terrestres et d'eau douce de la Suède et de la 
Norvège, p. 144, Upsal, 1871. 

5 Nordenskiôld et Nylander, Finlands Mollusker, p. 68, Helsingsfors 1850. 

6 Middendorf, Reise in den àussersten Nordenund Osten Sibiriens, II, part. I, Saint-Pétersbourg, 1861. 

7 Schrenck (L. von), Reisen und Forscliungen im Amurlande, 1854-1856 II part III p 634 ' Saint 
Pétersbourg, 1867. 

8 Woodward, Proceed. zoological Society of London, p. 186-187, 1856, et Annals andmagaz. of natur al 
history, 3 e série, XIX, p. 409, 1857. ' 



DES BASSINS DU RHONE ET DU RHIN 155 



VALVATA (GINGINNA) DEPRESSA G. Pfeiffer. 

1821. Yalvata depressa, G. Pfeiffer, Naturg. Leutscher Land- und Sùsswasser-Mollusken, I, p. 108, Taf. IV, 

fig. 33. 
1855. Valvata piscinalis, var. y depressa, Moquin-Tandon, Histoire Mollusques terr., fluv. France, II, p. 540, 

pi. XLI, %. 24. 

1882. Valvata depressa, Locard, Prodrome malacologie française ; Catalogue Mollusques terrestres, eaux 

douces et saumâtres, p. 249. 

1883. Valvata depressa? Locard, Recherches palêontologiques dépôts tertiaires pliocène inférieur départe- 

ment Ain, p. 51. 

1886. Valvata ( Tropidina) depressa, Pollonera, Molluschi post-pliocenici del contorno di Torino (Memorie d. 

Reale Accademia d. Scienze di Torino, série II, XXXVIII, p. 29, n°22). 

1887. Valvata (Tropidina) depressa, Sacco,Rivista fauna malacologica, terr., lacustre e salm. del Piemonte; 

(Bollettino d. Società Malacogica Italiana, XII, p. 149). 
1889. Valvata depressa, Locard, Contributions faune malacologique française, XV; Monographie genre 

Valvata, p. 31. 
1893. Valvata depressa, Locard, Coquilles fluviatiles France, p. 125. 
1909. Valvata depressa, Germain, Bulletin Société ètud. Sciences natur. Elbeuf, XXVII, p. 154. 

Coquille à peine globuleuse, bien déprimée dans son ensemble, notablement plus aplatie 
en dessus qu'en dessous ; spire très peu élevée, composée de 4 tours médiocrement convexes, 
peu étages, à croissance rapide : dernier tour très grand, arrondi-convexe, à section presque 
circulaire sur la majorité des exemplaires, parfois comprimé dans le bas, élargi et lentement 
déclive à l'extrémité ; sommet obtus ; sutures bien marquées ; peu obliques ; ombilic assez grand, 
très profond, évasé, laissant voir une bonne partie de l'enroulement de l'avant-dernier tour ; 
ouverture oblique, à peu près circulaire; péristome continu, légèrement épaissi, un peu évasé 
sur son bord columellaire. 

Opercule ?... 

Longueur : 3-31/2 millimètres ; diamètre maximum : 4 1/2-5 millimètres ; diamètre 
minimum: 3 3/4-4 millimètres; diamètre de l'ouverture égal à la hauteur de l'ouverture : 
2 millimètres. 

En dessus, le test presque lisse sur les premiers tours, est orné, sur les suivants, de 
stries fines et peu régulières ; en dessous, les stries sont atténuées aux environs de l'ombilic. 

Variations. — Le Valvata depressa G. Pfeiffer, varie dans d'assez grandes proportions, 
la spire étant plus ou moins élevée. Quelques rares spécimens sont subplanorbiques en dessus, 
le dernier et l'avant-dernier tour étant sensiblement enroulés sur un même plan ; dans ce cas, 
le dernier tour est comprimé, de bas en haut, dans sa partie médiane. De tels spécimens sont 
anormaux et il est possible, sur une série suffisante, de trouver tous les intermédiaires les 
reliant au type. 

Le Valvata depressa Pfeiffer, se distingue du Valvata piscinalis Mùller, par sa forme 
plus déprimée et son ombilic plus ouvert, c'est-à-dire justement par les caractères que présen- 
tent, à la taille près, les jeunes du Valvata piscinalis Mùller. Aussi est-il possible que le 
Valvata depressa Pfeiffer, ne soit que le jeune âge d'individus, particulièrement robustes, du 
Valvata piscinalis Mùller. 

Comparaison avec les individus de la Faune actuelle. — H y a lieu de faire ici les 
mêmes remarques qu'à propos du Valvata piscinalis Mùller : le dernier tour prend souvent une 



156 MOLLUSQUES TERRESTRES ET FLUVIATILES 

forme subcomprimée, l'ombilic est notablement plus large et la sculpture plus irrégulière que 
chez les individus qui vivent actuellement. Par contre, la taille reste sensiblement la même. 

Distribution géologique. — Rarement indiqué à l'état fossile, le Valvata depressa est 
cependant connu dans le pliocène d'Italie [Pollonera, Sacco]. En France, il a été signalé dans 
les marnes du puits de Yancia, au nord de Lyon [Faisan et Tournouër 1 , Locard] et dans les 
tufs quaternaires de Saint-Pierre-lès-Elbeuf (Seine-Inférieure) [Germain]. 

Distribution géographique actuelle. — Cette Valvée vit dans toute l'Europe centrale 
(Allemagne, Autriche, Suisse, nord de l'Italie, etc.). Elle habite toute la France, mais semble 
plus répandue dans nos régions du Nord et de l'Est. 



§ II. — GYRORBIS Fitzikger, 1833 2 
VALVATA (GYRORBIS) GRISTATA Millier. 

1774. Valvata cristata, Mûller, Verm. terr. et fliov. histor., II, p. 198, n°384. 

1789. Nerita valvata, Gmelin, Systema naturse, éd. XIII, p. 3675. 

1801. Valvata planorbis, Draparnaud, Tableau Mollusques terr., fluv. France, p. 42. 

1803. Hélix cristata, Montagu, Testacea Britannica, or natur. hislory of Brit. Shells, p. 400, fig. 7-8. 

1805. Valvata planorbis, Draparnaud, Histoire Mollusques terr., fluv. France, p. 41, pi. I, ûg. 34-35. 

1807. Turbo cristatus, Maton et Rackett, Gâtai. Britann. testac, Transact. Linn. Soc, VIII, p. 169. 

1807. Valvata cristatella, Faure-Biguet in de Férussac (père), Essai systèm. conchyl., p. 128. 

1851. Valvata cristata, Dupuj, Histoire Mollusques terr., fluv. France, p. 587, pi. XXVIII, fig. 1-6. 

1855. Valvata cristata, Moquin-Tandon, Histoire Mollusques terr., fluv. France, II, p. 544, pi. XLI, fig. 32-42. 

1875. Valvata (Planella) cristata, Sandberger, Land- und Sùsswasser-Conchylien, p. 770 Taf XXXIII 

fig. 18 et pi. XXXV, fig. 3. 
1877. Valvata cristata, Locard, Malacologie lyonnaise, p. 101 et p. 143, n°2. 

1879. Valvata cristata, Locard, Description faune malacologique quaternaire envir. Lyon, p. 133. 

1880. Valvata cristata, Locard, Nouvelles recherches argiles lacustres qitaternaire envir. Lyon, p. 12 et p. 32. 

1881. Valvata cristata, Locard, Catalogue Mollusques terrestres, aquatiques départ. Ain, p. 114. 

1881. Valvata cristata, Locard, Variations malacologiques, bassin Rhône, I, p. 386. 

1882. Valvata cristata, Locard, Prodrome malacologie française; Catalogue Mollusques terrestres, eaux 

douces et saumâtres, p. 250. 
1884. Gyrorbis cristata, dessin, Detttsche Excurs. Mollusk.-Fauna, p. 462, fi°\ 319. 
188(3. Valvata (Gyrorbis) cristata, Westerlund, Fauna der palàarct. région Binnenconchylien, VI, p. 143, 

1889. Valvata cristata, Rocard, Contributions faune malacologique française, XV; Monographie genre 

V (À v (J (A/L CL y U • rr»J» 

1893. Valvata cristata, Locard, Coquilles fluviatiles France, p. 126, fig. 129 

■ ' La détermination est des plus douteuses. Après le travail de Faisan [Considérations stratigraphiques sur la 
présence de fossiles miocènes au milieu des allumions glaciaires et du terrain erratique des environs de Lvon Bul- 
letin Société géologique France, 3« série, III, p. 727, pi. XXVII, 1867], Tournouër [Note sur quelques fossiles 

fZI d T T" m ii 7;: S "?■ f ° rt ^ Vancia ' Près de L ^ on ' ****• Société géologique 
F.ance, 3 série, II p. 741, pi. XXVIII, 1867], dit seulement : « Quelques fragments microscopiques trouvés 
avec le précédent >, [c'est-à-dire dans l'ouverture d'une Paludine]. A. Locard [Recherches paléontoloZes sur 1 
dépôts tertiaires à Milne-Edwardsia et Vwipara du pliocène inférieur du département VymTaT a 1 
mip Mâcan '2« s,W vr r, eu i R*«i f<.itt„A„ • » * département de 1 Ain, Annales Acadé- 

mie Maçon, l série, VI, p. 51, 1883], fait très justement remarquer que cette détermination est basée sur des 
données bien insuffisantes. Wd&ee feUi ue& 

2 Fitzinger (L.), Systematisches Verzeichniss der im Erzherznnth*,™ n*«t„„„ • 7 
thiere, p. 117, 1833. nrznerzogthum Oesterreich vorkommenden Weich- 



DES BASSINS DU RHONE ET DU RHIN 157 

Coquille absolument planorbique en dessus comme en dessous; spire composée de 4 tours 
lien convexes à croissance régulière, assez lente, plus rapide en dessus qu'en dessous ; dernier 
tour médiocre, bien régulièrement arrondi-convexe (section circulaire), croissant très lente- 
ment et d'une manière insensible jusqu'à son extrémité ; sutures profondes, bien accusées, 
notablement plus profondes en dessous qu'en dessus ; ombilic laissant voir toute la spire ; 
ouverture à peine oblique, exactement circulaire, avec péristome continu et à peine épaissi. 

Opercule?... 

Diamètre maximum : 1 1/2-2 millimètres ; diamètre minimum : 1 1/4-1 3/4 millimètre; 
hauteur: 1/3-2/3 millimètre. 

Test mince, fragile, très finement strié en dessus comme en dessous. 

Le petit nombre d'échantillons recueillis par M. le D r Cl. Gaillard ne m'a pas permis 
•d'observer de variations. 

Comparaison avec les individus de la Faune actuelle. — Les exemplaires du lac de 
Neuchàtel ne montrent aucune différence de forme avec les spécimens vivant aujourd'hui; seule 
la taille est beaucoup plus faible, les individus actuels atteignant 3-4 millimètres de diamètre 
maximum pour 1-1/2 millimètres de hauteur, c'est-à-dire le double de ceux de Bevaix. Ces 
derniers appartiennent à une variété minor parfaitement caractérisée. 

Distribution géologique. — Cette petite espèce est très connue dans les dépôts quater- 
naires de l'Angleterre [A. Bell, Wood], de l'Allemagne [Kreglinger, Sandberger, Boëttger, 
Clessin, etc.], de l'Autriche [Sandberger, Clessin, Sturany], de l'Italie [Pollonera, Sacco], 
<etc... En France, elle a été signalée dans les dépôts quaternaires de la Somme [d'Archiac], de 
l'Oise [Baudon], de l'Auvergne 1 [Bouillet] ; dans les argiles lacustres de la vallée de la Saône, 
à Fleurville, aux environs de Màcon (Saône-et-Loire) et à la Caille, près de Lyon [Locard] ; 
dans les argiles lacustres de la vallée du Rhône, à la Mouche et à Gerland, près de Lyon [Locard]; 
•dans les formations lacustres de Joinville-le-Pont, aux environs de Paris [Bourguignat], etc. 

Distribution géographique actuelle. — Le Valvata cristata Miiller, habite presque 
toute l'Europe, mais il devient plus rare vers le Sud; c'est ainsi qu'il semble manquer en 
Portugal. Par contre, il s'avance fort haut vers le Nord, où il vit, non seulement en Suède et 
en Norvège [Westerlund 2 ], mais encore en Finlande [Nordenskiôld et Nylander 3 ] et dans une 
grande partie du nord de la Russie. De là, il traverse la Sibérie [Middendorf 4 ] pour se retrouver 
dans le territoire de l'Amour PL. Schrenck 5 ]. 



1 Bouillet [Catalogue Mollusques terrestres fluviatiles Auvergne .. suivi d'un autre Catalogue des espèces 
fossiles... p. 148, Clermont-Ferrand, 1836], signale cette coquille sous le nom de Valvata planorbis Draparnaud. 
Il est possible que cette détermination ne soit pas exacte. 

* Westerlund (G.- A.), Exposé critique des Mollusques terrestres et -fluviatiles de la Suède et de la Nor- 
vège, p. 43, Upsal, 1871. 

3 Nordenskiôld et Nylander, Finlands MolUcsker, p. 69, Helsingsfors, 1856. 

4 Middendorf, Reise in den àussersten Norden und Osten Sibériens, II, part. I, p. 299, Sdnt-Pétersbour°- 
1851. 

5 Schrenck (L. von), Mollusken des Amur-Landes und der Nordjapanischen Meeres (Reisen und forschun- 
gen im Amior-Lande (1854-1856), II, part. III, p. 636, Saint-Pétersbourg, 1867). 



158 MOLLUSQUES TERRESTRES ET FLUVIATILES 



PÉLÉCYPODES 

Famille des SPH^ERID/E 
Genre SPHSERIUM Scopoli, 1777 1 

§ I. — CALYCULINA Clbssin, 1871 2 

SPH^ERIUM (CALYCULINA) LACUSTRE Mûller. 

1774. Tellina lacustris, Muller, Verm. terr. et fluv. hist., II, p. 104. 

1803. Cardium lacustre, Montagu, Testacea Britannica, or natur. history of Brit. Shells, p. 89. 

1805. Cyclas caliculata, Draparnaud, Histoire Mollusques terr., fluv. France, $. 170, pi. X, fig. 14-15. 

1812. Tellina tuberculata, von Alten, Systemat. Abhandlung ùber die Erd- und Fluss-Conchylien,^.k y 

Taf. I, %• 1. 
1818. Cyclas tuberculala, Kiels. Lissert. lest. Tubing., p. 45. 

1852. Cyclas calyculata, Dupuy, Histoire Mollusques terr., fluv. France, p. 572, pi. XXIV, fig. 8. 

1853. Sphserium lacustre, Bourguignat, Aménités malacologiques , I, p. 6. 

1854. Sphserium lacustre, Bourguignat, Monographie espèces françaises, genre Sphxrium, p. 36, pi. IV, 

ûg. 11-18. 

1855. Cyclas lacustris, Moquin-Tandon, Histoire Mollusques terr., fluv. France, II, p. £93, pi. LUI, fig. 34-39, 

[non Draparnaud]. 
1877. Cyclas lacustris, Locard, Malacologie lyonnaise, p. 113 et p. 145, n° 3. 
1881. Sphserium lacustre, Locard, Histoire Mollusques terr., aquatiques départ. Ain, p. 118. 

1881. Sphserium lacustre, Locard, Variations malacologiques, bassin Rhône, I, p. 397. 

1882. Sphserium lacustre, Locard, Prodrome malacologie française; Catalogue Mollusques terrestres, eaux 

douces et saumâlres, p. 255. 
1890. Sphserium (Calyculina) lacustre, Westerlund, Fauna der palàarct. région Binnenconchylien. VII, 

p. 14, n° 20. 
1893. Sphserium lacustre, Locard, Coquilles fluviatiles France, p. 135, ûg. 144-145. 

Coquille de forme générale subquadrangulaire, médiocrement allongée : région antérieure 
courte, subarrondie ; région postérieure peu développée, subtronquée ; bord postérieur convexe 
dans une direction régulièrement descendante depuis l'angle postéro-dorsal, qui est à peine 
indiqué, jusqu'à son raccordement 3 avec le bord inférieur; bord inférieur régulièrement con- 
vexe 4 ; sommets médiocres, caliculés ; charnière faible, autant qu'on peut le voir par ce qu'il 
en reste après la fossilisation. 

Longueur maximum: 7 1/2-8 1/2 millimètres; hauteur maximum: 5 3/4-6 1/2 milli- 
mètres; épaisseur maximum : 4 millimètres. 

1 Scopoli (J.-A.), Introductio ad historiam naturalem si stens gênera lapidum, plantarum et anima- 
lium..., p. 297, 1777. 

2 dessin (S.), Zur Kenntniss unserer Pisidien (Malakozoolog. Blàtter, p. 184-199, 1871). 

3 Ce raccordement se fait d'une manière insensible. 

4 Le bord inférieur est toujours peu convexe ; il est même, parfois, subrectiligne. 



DES BASSINS DU RHONE ET DU RHIN 159 

Test très mince, très fragile, orné de stries serrées, assez irrégulières, médiocres, mais très 
élégamment burinées, sensiblement aussi fortes antérieurement que postérieurement. 
Les impressions musculaires ont disparu à la fossilisation. 
Une dizaine de valves, en assez mauvais état de conservation. 

Distribution géologique. — -Indiquée dans le pliocène inférieur de l'Esclavonie [Brusina], 
cette coquille est peu commune à l'état fossile. Elle n'a pas été, jusqu'ici, recueillie que dans le 
lœss ou les argiles lacustres du Lyonnais où l'on trouve, assez communément, le Sphaerhun 
(Calyculina) corneum Linné 1 . 

Distribution géographique actuelle. — Ce Sphaertum vit dans toute l'Europe. Au 
Sud, on le retrouve en Italie, en Espagne et au Portugal 2 ; au Nord, il vit en Suède, mais 
semble manquer en Norvège [Westerlund 3 ], bien qu'il vive en Finlande [Nordenskiôld et 
Nylander 4 ], dans le nord de la Russie [Middendorf 5 ], en Sibérie [Middendorf 5 ] et dans le terri- 
toire de l'Amour d'où L. Schrenck 6 le signale sous le nom de Cyclas calyculata Draparnaud. 



Genre PISIDIUM G. Pfeiffer, 1821 7 

§ I. — FLUMININA Clessin, 1873 8 
PISIDIUM (FLUMININA) AMNICUM Mùller. 

1774. Tellina amnica, Millier, Verni, terrestr. fluv. histor., II, p. 205. 

1801. Cyclas palustris, Draparnaud, Tableau Mollusques terr., fluv. France, p. 186. 

1803. Cardium amnicum, Montagu, Testacea Britannica, ornalur. hislory of brit. Shells, p. 86, n° 15. 

1805. Cyclas palustris, Draparnaud, Histoire Mollusques terr., fluv. France, p. 131, pi. X, fig. 17-18. 

1814. Cyclas amnica, Fleming, Edinburgh Encyclop., VII, part. I, p. 12. 

1818. Cyclas obliqua, deLamarck, Histoire naturelle, animaux sans vertèbres, V, p. 559, n e 4. 

1832. Pera fluviatilis, Leach znJennyns, Monogr. of. brit. species of Cyclas and Pisidium (Cambridge philos. 

transact., IV, p. 309). 
1832. Pisidium amnicum, Jennyns, Monogr. of brit. species of Cyclas and Pisidium (Cambridge philos, transact., 

IV, p. 309, pi. XIX, fig. 2). 

1 Linné, Systema naturae, Ed. X, p. 678, 1758 (Tellina cornea) [non Schroter]. 

2 Locard (A.) [Conchyliologie portugaise. Les Mollusques terrestres, des eaux douces et saumâtres du Portugal 
(Archives Muséum hist. natur. Lyon, VII, p. 205,1899)] a cru devoir distinguer, sous le nom de Sphserium 
Castroi, la forme de cette espèce qui vit en Portugal. 

3 Westerlund (G. -A.), Exposé critique des Mollusques terrestres et fluviatiles de la Suède et de la Nor- 
vège, p. 156, Upsal, 1875. 

4 Nordenskiôld et Nylander, Finlands Mollusker, Helsingsfors,p.79, 1856 [Cyclas calyculata Draparnaud]. 

5 Middendorf, Reise in den dussersten Norden und Osten Sibiriens, II, part. I, p. 402, Saint-Pétersbourg, 
1851. 

6 Schrenck (L. von), Mollusken des Amur-Landes und der NordjapanischenMeeresfT^ew und forschungen 
im Amur-Lande (1854-1856), II, part. III, p. 724, Saint-Pétersbourg, 1867). 

7 Pfeiffer (G.), Naturgeschichte Beutscher Land-und Sùssivasser-Mollusken. Systemat. Anordnung und 
Beschreibung Beutscher Land- und Wasser-Schnecken,mit besond. Rùcksicht au f die bisher in Hessengefund, 
Arten, I, p. 17 et 123, Gassel, 1821. 

8 Clessin (S.), in Westerlund (G. -A.), Fauna Molluscorum Sueciœ, 1873. 



160 MOLLUSQUES TERRESTRES ET FLUVIATILES 

1852. Pisidium amnicum, Dupuy, Histoire Mollusques terr., fluv. France, p. 679, pi. XXX, ûg. 1. 

1852. Cordulaamnica, Leach in Gray, Molluscorum Britannise Synopsis, p. 293, n° 1. 

1855. Pisidium amnicum, Moquin-Tandon, Hist. Mollusques terr., fluv. France, II, p. 583, pi. LU, fig. 11-14.. 

1857. Pisidium amnicum, Baudon, Essai monographique, Pisidies françaises, p. 37, pi. III, fig. G. 

1869. Pisidium amnicum, Bourguignat, Catalogue Mollusques terr., fluv. quaternaire envir. Paris, p. 19. 

1875. Pisidium (Fluminina) amnica, Sandberger, Land-und Sùsswasser-Conchylien, p. 765, Taf. XXXIIL 

fig. 5. 
1877. Pisidium amnicum, Locard, Malacologie lyonnaise, p. 110 et 145, n° 1. 

1879. Pisidium amnicum, Locard, Description faune malacologique quaternaire envir. Lyon, p. 140. 

1880. Pisidium amnicum, Locard, Nouv. recherches argiles lacustres, quaternaire envir. Lyon, p. 14 et p. 33. 

1881. Pisidium amnicum, Locard, Catalogue Mollusques terrestres, aquatiques départ. Ain, p. 120. 

1881. Pisidium amnicum, Locard, Variations malacologiques bassin Rhône, I, p. 403. 

1882. Pisidium amnicum, Locard, Prodrome malacologie française, Catalogue des Mollusques terrestres,. 

eaux douces et saumâtres, p. 262. 
1890. Pisidium (Fluminina) amnicum, Westerlund, Fauna der palâarcl. région Binnenconchylien, VII, 

p. 19, n° 1. 
1893. Pisidium amnicum, Locard, Coqirilles fluviatiles France, p. 139, fig. 150. 

Coquille ovalaire-allongée, rarement un peu subcunéiforme ; région antérieure courte , 
arrondie, décurrente à la base ; région postérieure une fois et demie aussi longue que l'anté- 
rieure, assez étroite à son extrémité; bord supérieur très court ; bord postérieur à peine sub- 
convexe dans une direction fortement descendante ; bord inférieur bien et régulièrement 
convexe, un peu relevé vers l'extrémité postérieure pour se raccorder au bord postérieur par 
une région rostrée et subtronquée ; sommets petits, un peu proéminents. 

Charnière forte, épaisse, un peu large, présentant, sur la valve droite : une dent cardi- 
nale petite, subtriangulaire, assez saillante, oblique, placée presque sous le sommet; deux 
lamelles postérieures assez longues, robustes, l'inférieure beaucoup plus forte, plus haute, 
plus saillante ; deux lamelles antérieures courtes et subégales, l'inférieure à peine plus forte ; 
— sur la valve gauche : deux dents cardinales fortes et assez espacées ; une lamelle postérieure 
longue, irrégulière (élargie en son milieu), haute et saillante ; une lamelle antérieure bien 
plus courte, tranchante, un peu élargie à son extrémité. 

Impressions musculaires à peine sensibles postérieurement, très légèrement plus accusées 
antérieurement, subovalaires-arrondies ; impression palléale disparue à la fossilisation. 

Longueur : 5 1/2 millimètres; hauteur : 4 1/2 millimètres ; épaisseur maximum : 
2 3/4 millimètres. 

Test assez mince, un peu fragile, orné de stries bien marquées, un peu saillantes, irrégu- 
lières, légèrement atténuées à la région postérieure et plus serrées inférieurement. 

Variations. — La plupart des exemplaires se font remarquer par leur forme un peu 
aplatie et leur ornementation sculpturale faible, surtout vers la région postérieure. Le même 
fait s'observe, d'ailleurs, assez fréquemment, dans les colonies vivantes de cette espèce. 
Baudon l'indique sous le nom de variété nitidula { ; Locard le signale aux environs de Lyon 2 
même à l'état fossile 3 , et je l'ai moi-même observé aux environs d'Angers 4 . 

1 Baudon (D r ), Essai monographique sur les Pisidies françaises, p. 42 1857. 

2 Locard (A.), Etudes sur les variations malacologiques, d'après la faune vivante et fossile de la partie 
centrale dio bassin du Rhône, I, p. 404, 1881. 

3 Locard (A.), Nouvelles recherches sur les argiles lacustres des terrains quaternaires des environs de 
Lyon, p. 33, 1880. 

* Germain (Louis), Etude sur les Mollusques terrestres et fluviatiles vivants des environs d'Angers et du 



DES BASSINS DU RHONE ET DU RHIN 101 

Comparaison avec les individus de la Faune actuelle. — Comparés aux individus, 
de la faune actuelle, les spécimens du néolithique de Bevaix se font remarquer : 

Par leur charnière proportionnellement plus forte ; 

Par leur sculpture sensiblement moins marquée, contrairement à ce que l'on observe clans 
le lœss de la vallée du Rhône, où A 1 . Locard note que « nos fossiles sont de taille relativement 
assez forte et présentent une grande analogie avec les coquilles vivant dans nos pays, les stries- 
paraissent plus marquées A »; 

Enfin,, par leur taille beaucoup plus faible. A. Locard indique, pour les fossiles du lœss 
des environs de Lyon, 8-10 millimètres de longueur, 6-7 3/4 millimètres de hauteur maxi- 
mum et 4-6 1/2 millimètres d'épaisseur 2 ; les exemplaires vivants atteignent jusqu'à 12 mil- 
limètres de longueur pour 9 millimètres de hauteur maximum et 7-8 millimètres d'épaisseur 
maximum. Ainsi, les spécimens du néolithique de Bevaix sont deux fois plus petits que ceux 
qui vivent de nos jours. 

Distribution géologique. — Connu en Angleterre [A. Bell, Wood], en Allemagne 
[Sandberger, Clessin, Boëttger], en Autriche [Sandberger, Clessin], en Suisse [Mayer], etc., 
cette espèce a été signalée en France : dans le pliocène de la Côte-d'Or [Tournouër] ; dans le& 
dépôts quaternaires de la Somme, à Menchecourt, Saint- Acheul, Saint-Roch [de Mortillet, 
d'Archiac] ; dans les tufs de Pont-à-Mousson (Meurthe-et-Moselle) [Fliche] ; dans les argiles 
lacustres de la vallée de la Saône, à Arciat, près de Crèches (Saône-et-Loire), et à la Caille 
près de Lyon [Locard] ; dans les argiles lacustres de la vallée du Rhône, à la Mouche et à Ger- 
land, près de Lyon [A. Locard] ; dans les formations lacustres de Joinville-le-Pont, Vincennes, 
Clichy-la-Garenne, aux environs de Paris [Bourguignat], etc. 

Distribution géographique actuelle. — Ce Pisidium vit dans toute l'Europe : au 
nord, il pénètre en Suède jusque vers le soixante-neuvième degré de latitude nord [Wester- 
lund 3 ], et en Russie, d'où il se répand en Sibérie [Westerlund 4 ] ; au sud, il habite l'Espagne 
[Servain 5 ], le Portugal [Locard 6 ], FItalie [Pollonera 7 , Statut! 8 ], mais ne se retrouve pas 
dans le nord de l'Afrique 9 . 

département de Maine-et-Loire , II, p. 246, 1904 : « Dans une colonie populeuse de cette Pisidie, on observe assez 
souvent des coquilles présentant le mode compressus [épaiss. : 4 mm. pour une long, de 9-10 mm.] ; d'autres ont un 
test d'un gris cendré très clair, orné de stries beaucoup moins saillantes et très régulières. » 

1 Locard (A.), Descrip. de la faune malacol. des terrains quaternaires des env. de Lyon, p. 141, 1879. 

2 Locard (A.), loc. supra cit., p. 140, 1879. 

3 Westerlund (G. -A.), Exposé critique des Mollusques terrestres et d'eau, douce de la Suède et de la Nor- 
vège, p. 157, Upsal, 1871. 

4 Westerlund (G. -A.), Sibiriens land- ôch solvatten-Mollusher, p. 109, Upsal, 1877. 

5 Servain (D r G.), Elude sur les Mollusques recueillis en Espagne et en Portugal, p. 159, 1880. 

6 Locard (A.), Conchyliologie portugaise; les Coquilles terrestres des eaux douces et saumâtres du Portugal 
(Archives Muséum hist. natur. Lyon, VII, p. 206, 1899). 

7 Pollonera (C), Elenco dei Molluschi fluviatili viventi in Piemonte (Bollettino Musei zoologia Anatom. 
compar. Torino, IV, n° 72, p. 10, n° 63, décembre 1889). 

8 Statuti (A.), Catalogo sist. et sinonim. dei Molluschi terrestri e fluviatili viventi n. provincia Romana (Atti 
d. Accademia pontif. d. nuovi Lincei, XXXIV, p. 88, n° 149, 1882. 

9 Cependant Westerlund [Fauna der palàarct. région Binnenconchylien, VII, p. 19, 1890] le signale dans 
le nord de l'Afrique, mais aucun des auteurs ayant étudié spécialement la faune de ces régions n'indiquant cette 
espèce, je crois erronée l'indication de Westerlund. 

Arch. Mus. — t. XI II. -21 



102 MOLLUSQUES TERRESTRES ET FLUVIATILES 

§H _ FOSSARINA Clessln, 1873 1 

PISIDIUM (FOSSARINA) PUSILLUM Grtielin. 

1788. Teïïwa pusilla, Gmelin, Systema naiurae, éd. XIII, p. 3231, n° 6. 

1801. Cyclas fcmtinalis, Draparnaud, Tableau Mollusques terrestres, fluv. France, p. 105 (part.). 

1805. Cyclas fontinalis, Draparnaud, Histoire Mollusques terr. fluv. France, p. 130, pi. X, fig. 11-12. 

1821. Pisidium fontinale, G. Pfeiffer, Deutscher Land- und Sûssivasser-Mollusken, I, p. 125, pi. V, fig. 15-16. 

1822. Cyclas pusilla, Turton, Conchylia insularum Brit a unie arum, p. 261, pi. II, fig. 16-17. 

1832. Euglesa Henslowiana, Leach in Jennyns, Monogr. of brit. species of Cyclas and Pisidium (Cambridge 

philosoph. transact., IV, p. 302). 

1833. Pisidium pusillum, Jennyns, Monogr. of brit. species of Cyclas and Pisidium (Cambridge philosoph. 

transact., IV, p. 302, pi. XX, fig. 4-6). 
1841. Pisidium pulchellum, Brown, Hist. foss. Shells (Magas. ofnatur. history, XLV, p. 428). 

1851. Pisidium obtusale Ray et Drouëf, Catalogue Mollusques terr., fluv. Champagne méridionale, p. 23, 

n° 167. 

1852. Pisidium fontir< aie, Dupuy, Histoire Mollusques terr., fluv. France, p. 691, pi. XXXI, ûg. 3. 

1855. Pisidium pusillum, Moquin-Tandon, Histoire Mollusques terr., fluv. France, II, p. 587, pi. LUI, 

fig. 38-42. 
1857. Pisidium pusillum, Baudon, Essai monogr aphique , Pisidies françaises, p. 20, pi. I, fig. G. 
1869. Pisidium pusillum, Bourguignat, Catalogue Mollusques tërr., fluv. quaternaire env. Paris, p. 20. 
1875. Pisidium (Fossarina) pusillum, Sandberger, Land- und Sus sic asser-Çonchy 'lien, p. 842, Taf. XXXV, 

fig. 1. 
1877. Pisidium pusillum, Locard, Malacologie lyonnaise, p. 111 et p. 145, n° 2. 

1879. Pisidium pusillum, Locard, Description faune malacologique quaternaire envir. Lyon, p. 145. 

1880. Pisidium pusillum, Locard, Nouvelles recherches argiles lacustres, quaternaire env. Lyon,]). 33. 

1881. Pisidium pusillum, Locard, Catalogue Mollusques terrestres, aquatiques départ. Ain, p. 119. 

1881. Pisidium pusillum, Locard, Variations m alacologiques, bassin Rhône, I, p. 398. 

1882. Pisidium pusillum, Locard, Prodrome malacologie française, Catalogue Mollusques terrestres, eaux 

douces etsaumâtres, p. £57. 
1890. Pisidium (Fossarina) pusillum, Westerlund, Fauna der palàarct. région Binnenconchylien, VII, 

p. c6, n°30. 
1893. Pisidium pusillum, Locard, Coquilles fluviatiles France, p. 144, fig. 157. 

Coquille petite, subovalaire, un peu courte ; région antérieure courte, bien arrondie, à 
peine décurrente à la base ; région postérieure subarrondie ; bord supérieur très court, sub- 
rectiligne ; bord postérieur très fortement descendant, à peine convexe, se raccordant sans 
angle sensible avec le bord inférieur qui est régulièrement convexe; sommets petits, légère- 
ment incurvés. 

Charnière présentant, sur la valve droite : une cardinale très faible ; deux lamelles posté- 
rieures assez longues, l'inférieure bien plus longue, plus forte et subsinueuse ; deux lamelles 
antérieures subégales; — sur la valve gauche : deux cardinales fortes, très obliques, à peine 
convergentes en haut; une lamelle postérieure longue, subrectiligne, haute et saillante; une 
lamelle antérieure médiocre, fortement incurvée et tranchante. 

Impressions musculaires à peine sensibles. 

Longueur : 3-3 1/2 millimètres; hauteur maximum : 2 3/4-2 4/5 millimètres ; épaisseur 
maximum : 2-2 1/4 millimètres. 

Test assez mince, orné de stries médiocres, irrégulières, plus fortes et plus serrées à la 
région inférieure, nettement atténuées postérieurement. 

1 dessin (S.) in Westerlund (C.-A.), Fauna Molluscorum Suecise, 1873. 



DES BASSINS DU RHONE ET DU 11HIN 163 

Distribution géologique. — Le Pisidwm pusilhim Gmelin, est connu dans un grand 
nombre de dépôts de l'Angleterre [A. Bell], de l'Allemagne [Kreglinger, Sandberger, des- 
sin], de P Autriche [dessin], de PItalie [Pollonera, Sacco], de l'Algérie [Bourguignat, Pal- 
lary], etc.. En France, il a été signalé dans le quaternaire de Menchecourt et de Saint- Acheul 
(Somme) [de Mortillet, d'Archiac] ; dans les tufs de Samt-Pierre-lès-Elbeuf (Seine-Inférieure) 
[Germain] ; dans les marnes blanches de la Bàtie-Montgascon (Isère) [Locard] ; dans les 
argiles lacustres de la vallée de la Saône, à Arciat, près de Crèches, à Fleurville, aux environs 
de Màcon (Saône-et-Loire) [Arcelin, Locard] ; dans les argiles lacustres de la vallée du Rhône, 
à la Mouche et à Gerland, aux environs de Lyon [Locard] : dans les formations fluviatiles de 
Joinville-le-Pont, Vincennes et Glichy-la-Garenne, aux environs de Paris [Bourgui- 
gnat], etc.. 

Distribution géographique actuelle. — Cette espèce, qui habite toute PEurope, y 
compris la Suède, la Norvège [Westerlund 1 ]? PIslande [Morch 2 ] et pénètre en Sibérie [Wes- 
terlund 3 ], se retrouve au sud, en dehors de PEspagne [Servain 4 ] et du Portugal [Locard 5 ], 
aux environs 'de Tétouan et de Tanger (Maroc) où elle a été découverte par Pallary 6 , et en 
Algérie-Tunisie [Letourneux et Bourguignat 7 ]. 

1 Westerlund (G. -A.), Exposé critique des Mollusques terrestres et d'eau douce de la Suède et de la Nor- 
vège, p. loi, Upsal, 1875. 

2 Morch (O.-A. L.), Faunula Molluscorum Islandiae Oversigt over Islands Bloddyr ( Vidensk. Medd. fra den 
Naturhist. Forening Kobhenh., p. 221, 1868) [tirés à part, p. 37]. 

3 Westerlund (G. -A.), Sibiriens land- ôch sotvatten-Mollusker. p. 106 et 109, Upsal 1877. 

4 Servain (D T G.), Etude sur les Mollusques recueillis en Espagne et en Portugal, p. 160, 1830. 

5 Locard (A.). Conchyliologie portugaise; les Coquilles terrestres des eaux douces et saumâtres (Archives 
Muséum hist. natur. Lyon, VII, p. 203, 1899). 

6 Pallary (P.), Deuxième contribution faune malacologique N.-O. Afrique (Journ. Conchyliol., p. 163, 1898). 

7 Letourneux (A.) et Bourguignat (J.-R.), Prodrome malacol. terrestre et fluviatiU Tunisie, p. 162, 1887. 



CHAPITRE II 

CONSIDÉRATIONS GENERALES 



r r 



La faunule que nous venons d'étudier comprend seize espèces dont quatorze sont des Mol- 
lusques fluviatiles. Les deux Gastéropodes terrestres : Hyalinia pseudohydatina Bourguignat, 
et Hélix striata Mùller, sont très rares, puisque M. Cl. Gaillard n'a pu recueillir qu'un échan- 
tillon de chacun d'eux. Ce sont des animaux vivant dans les endroits frais , généralement au 
voisinage des eaux, et qui ont été certainement entraînés dans le lac par les pluies ou les inon- 
dations, comme les nombreux petits Mollusques terrestres que l'on rencontre souvent en 
abondance dans les alluvions actuelles. 

Les quatorze espèces fluviatiles se répartissent en quatre familles : Limnœidœ, 
Bythinellidm et Yalvatidœ parmi les Gastéropodes; Sphœridœ parmi les Pélécypodes. Les 
Limnœidœ fournissent le plus grand nombre d'espèces, mais elles ne sont ordinairement 
représentées que par des échantillons peu nombreux; au contraire, les Bythinellidm et les 
Valvatidce peu nombreux en espèces, sont très abondants en individus. Ce sont ces deux 
familles qui fournissent les Mollusques dominants, caractéristiques du dépôt: 

Bylhinia tentaculata Linné. 
Valvata piscinalis Mùller. 

Les Pélécypodes sont peu nombreux: seul le Pisidium pusillum Gmelin, est assez 
abondant, mais reste cependant beaucoup moins répandu que le Bythinia tentaculata Linné, 
ou le Valvata piscinalis Mùller. Nous constatons également l'absence de toute espèce appar- 
tenant à la famille des Unionidœ, aujourd'hui si largement répandue dans toute la région. 

Les caractères généraux de cette faunule sont donc les mêmes, l'absence des Unionidm 
mise à part, que ceux de la faune actuelle du lac de Neuchàtel, toutes les espèces du néoli- 
thique deBevaix vivant encore dans le pays. Mais l'ensemble malacologique de Bevaix est 
remarquable par le nombre des espèces habitant presque exclusivement les eaux très 
vaseuses. Je citerai notamment, comme présentant ce caractère au maximum : 

Limnœa limosa Linné, var. vulgaris Valvata piscinalis Mùller. 

G. Pfeiffer. Valvata depressa G. Pfeiffer. 

Planorbis umbihcatus Mùller. Sphœrium lacustre Mùller 

Planorbis albus Mùller. Pisidium amnicum Mùller'. 



MOLLUSQUES DES BASSINS DU RHONE ET DU RHIN 165 

D'autres Mollusques, sans être aussi exclusifs, ont cependant une préférence marquée pour 
les eaux fortement vaseuses : 

Planorbis contortus Linné. 
Planorbis spirorbis Linné. 
Planorbis Crossei Bourguignat. 

Ce caractère est encore accentué par l'absence de toute espèce vivant dans les eaux pures, 
limpides, courantes, des sources ou des rivières, comme les Planorbis (Armiger) cristatus 
Millier, Planorbis (Hippeutis) fontanus Lightfoot, Segmentina nitida Millier, etc.. 

On peut donc conclure, avec certitude, que les Mollusques de Bevaix ont vécu dans une 
-eau tout à fait calme et sur un fond particulièrement vaseux. 

L'étude zoologique de ces animaux fait ressortir un fait important : ils sont de taille 
beaucoup plus petite que les spécimens de même espèce de la faune actuelle 1 . Il n'y a 
d'exception que pour les Valvées qui ont une taille normale ; or nous savons que ces derniers 
Mollusques vivent volontiers à des profondeurs assez grandes, enfoncés dans la vase ou 
rampant à sa surface 2 . 

Les Limnées, les Planorbes et les Pisidies ne supportent pas, sans changements notables, 
un habitat en eau profonde. Le caractère le plus important qu'ils présentent est alors une très 
notable réduction de taille. L'exemple des lacs suisses est ici tout à fait typique. D'après les 
recherches de A. Forel 3 , le lac de Genève nourrit les Mollusques suivants, déterminés par 
Brot 4 et Glessin 5 : 

Litnnsea stagnalis Linné 6 . Vers 50 mètres de profondeur. 

Limnsea abyssicola Brot. Entre 30 et 260 mètres. 

Valvata piscinalis Draparnaud. Jusqu'à 100 mètres. 

Pisidium henslowianum Jennyns. Vers 4 mètres de profondeur. 

Pisidium Foreli Glessin. Entre 30 et 300 mètres. 

Pisidium profondum Glessin. Entre 60 et 80 mètres. 

Sphserium corneum de Lamarck. Vers 4 mètres de profondeur. 

Une seule espèce de profondeur a été découverte dans le lac de Constance : 
Pisidium demis sum Clessin. Vers 20 mètres. 

Il en a été de même dans le lac de Zurich : 

Pisidium urinator Glessin. Entre 28 et 50 mètres. 

1 Cette taille est, le plus souvent, égale à la moitié de celle des espèces actuelles. 

2 Voir au sujet du modus vivendi des Valvées, Germain (Louis), Etude sur les Mollusques terrestres et fluvia- 
1iles vivants des environs d'Angers et du département de Maine-et-Loire (Bulletiyi Société Sciences naturelles 
Ouest, 2 e série, III, p. 31 et 236, 1903). 

3 Forel (D r F.-A.), Matériaux pour servir à l'étude de la faune profonde du lac Léman, l re série (Bulletin 
Société Vaudoise Sciences naturelles, XIII, n° 72, pi. I-III, p. 1-164, 1874; 2 e série, ibid., XIY, n° 76, pi. 
1II-VII, p. 201-363, 1876). 

4 Brot (A.), Mollusques in Forel (D r F.-A.), loc. supra cit., pi. III, fig. 4-6, p. 109-114, 1874. 

5 Glessin (S.), Les Pisidium de la faune profonde des lacs suisses, m Forel (D r F.-A.), loc. supra cit., pi. III, 
p. 234-243, 1876. 

6 La taille ne dépasse pas 15 millimètres de longueur. Les spécimens de la faune normale atteignent jusqu'à 
60 millimètres de longueur et ont facilement de 40 à 50 millimètres. 



166 MOLLUSQUES TERRESTRES ET FLUViATILES 

Et dans celui de Neuchâtel : 

Pisidium occiipatum dessin. Vers 65 mètres. 

Les récoltes de M. le D l Cl. Gaillard ne renferment pas cette dernière espèce qui, ainsi 
que tous les autres Pisidium de profondeur, doit être considérée comme une modification des 
espèces provenant des affluents des lacs d . 

Le caractère principal de tous ces Mollusques est leur taille toujours réduite. « Nous 
sommes, dit Clessin, chez les Mollusques qui descendent dans les profondeurs des lacs en pré- 
sence de faits analogues à ceux que nous offrent les espèces s 'élevant dans les hautes altitudes : 
dans les deux cas. nous trouvons une diminution de taille 2 . » 

L'analogie des fossiles de Bevaix avec les individus de la faune profonde actuelle des lacs 
suisses, nous autorise à conclure que les Mollusques du néolithique ont vécu à une profondeur 
assez grande. Il nous est, bien entendu, matériellement impossible de chiffrer cette profondeur, 
même approximativement. 

La température du pays à l'époque du néolithique est. par contre, beaucoup plus difficile 
à apprécier. Nous manquons, en effet, d'éléments de comparaison, par suite de l'absence 
d'échantillons des espèces terrestres ayant vécu sur les bords du lac, les deux seuls exem- 
plaires signalés précédemment étant de trop faible importance pour permettre d'étayer des 
conclusions. En outre, la faune fluviatile est, à ce point de vue, moins instructive que la faune 
terrestre, par suite de l'homogénéité du milieu dans lequel elle évolue. Cependant la lenteur 
de l'enroulement de la spire chez les individus de Bevaix, jointe aux anomalies assez nom- 
breuses dans cet enroulement me font penser que ces Mollusques se sont développés sous un 
climat relativement froid et, en tous les cas, certainement moins tempéré que celui dont jouit 
actuellement la contrée. 

En résumé, le lac de Neuchâtel était à l'époque néolithique et dans la région de Bevaix, 
un lac relativement profond, aux eaux calmes et froides et à fond vaseux. Il semble que la tem- 
pérature qui régnait alors sur le pays ait été sensiblement inférieure à ce qu'elle est aujourd'hui. 

1 C'est l'opinion de Clessin (S.), loc. supra cit., p. 242, 1877. 

2 Clessin (S.). Joe. supra cit., p. 240, 1877. 



PLANCHE I 



PLANCHE I 



Fig. 1-2. Succinea Fagoti Bourguignat. Exemplaire de Jonage (Isère). X 4. — Collection du 

Muséum de Paris. 
Fig. 3-4. Succinea oblonga Draparnaud. Environs de Lyon, x 4 
Fig. 5-6, 9 et 22. Succinea oblonga Draparnaud. Lœss de Feyzin (Isère). X 4. — Collection du 

Muséum de Lyon. 
Fig. 7-8. Succinea joinvillensis Bourguignat. Lœss de Saint-Rambert, près de Lyon, x 4. — Collection 

du Muséum de Lyon. 
Fig. 10-11- et 19-20. Clausilia parvula Studer. Tufs de la Buisse (Isère), x 6. — Collection du 

Muséum de Lyon. 
Fig. 12-13. Clausilia parvula Studer. Décines (Isère). X 6. — Collection du Muséum de Paris. 
Fig. 14 à 17. Clausilia ventricosa Draparnaud. Tufs de la Buisse (Isère). X 6. — Collection du 

Muséum de Lyon. 
Fig. 18, 21 et 25. Clausilia laminata Montagu. Tufs de La Buisse (Isère), x 0. — Collection du 

Muséum de Lyon. 
Fig. 23-24. Clausilia ventricosa Draparnaud. Fribourg (Suisse), x 6. 
Fig. 26-27. Clausilia laminata Montagu. La Grande-Chartreuse (Isère), x 6. 



Archives du Muséum d'histoire naturelle de Lyon. 



Tome XI. PL I 




23 



24 



25 



26 



27 



Phot. et clichés Pissarro. 



Mollusques terrestres 



PLANCHE II 



Arch. Mus. — t. XI u _^ 2 



PLANCHE II 



Fig. 28-29. Buliminus mont anus Draparnaud. La Giusaz (Haute-Savoie). X 4. — Collection du 

Muséum de Paris. 
Fig. 30-33. Buliminus mont anus Draparnaud. Tufs de la Buisse (Isère), x 4. — Collection du 

Muséum de Lyon. 
Fig. 34-35. Chondrula quadridens Millier. Environs de Lyon, x 3. 
Fig. 36-37. Chondrula quadridens Mûller. Lœss de Sainte- Foy, près de Lyon. X 3. — Collection du 

Muséum de Lyon. 
Fig. 38-39. Chondrula tridens Mûller. Saint-Romain-au-Mont-1'Or (Rhône), x 3. — Collection du 

Muséum de Paris. 
Fig. 40-41. Chondrula tridens Mûller. Lœss de Sainte-Foy, près de Lyon. X 3. — Collection du 

Muséum de Lyon. 
Fig. 42-43. Pupilla mus corum Mûller. Lœss de Feyzin (Isère), x 10. — Collection du Muséum de 

Lyon. 
Fig. 44. Orcula doliolum Bruguière. Lyon Saint- Clair, x 6. 
Fig. 45. Orcula doliolum Bruguière. La Tour-Sainte-Jeoire (Haute-Savoie). X 6. — C élection du 

Muséum de Paris. 
Fig. 46 à 48. Orcula doliolum Bruguière. Tufs de la Buisse (Isère), x 6. — Collection du Muséum 

de Lyon. 
Fig. 49, 54, 70, 74 et 75. Hyalinia (Polita) nitens Gmelin. Tufs de la Buisse (Isère), x 3 — Collec- 
tion du Muséum de Lyon. 
Fig. 50 à 53. Hyalinia (Polita) nitens Gmelin. Tufs de la Buisse (Isère). Grandeur naturelle. 
Fig. 55, 56, 57, 58, 59, 60, 64, 65 et 69. Hélix (Fruticicola) hispida Linné. Lœss de Feyzin (Isère). 

X 4. — Collection du Muséum de Lyon. 
Fig. 61, m et 71. Hélix (Fruticicola) hispida Linné. Environs de Grenoble, x 4. — Collection du 

Muséum de Paris. 
Fig. 62, 67 et 72. Hélix (Candidula) uni f as ciataF 'oiret. Fribourg (Suisse), x 5. —Collection du 

Muséum de Paris. 
Fig. 63, 68 et 73. Hélix (Candidula) unifasciata Poiret. Lœss de Vénissieux (Rhône). X 5. — 

Collection du Muséum de Lyon. 



Archives du Muséum d'histoire naturelle de Lyon. 



Tome XI. PL II 




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Phot. et clichés Pissarro. 



Mollusques terrestres. 



PLANCHE III 



PLANCHE III 



Fig. 76 à 78. Hyalinia (Polita) nitens Gmelin. Fribourg (Suisse). X 3. 

Fig. 79 à 81, 83-84. Hyalinia (Polita) nitens Gmelin. Tufs de la Buisse (Isère). X 3. - Collection 

du Muséum de Lyon. 
Fig. 82. Hyalinia (Polita) nitens Gmelin. Le Mont-d'Or lyonnais. X 3. - Collection du Muséum 

de Paris. 
Fig. 85 à 87 et 103. Hélix (Arianta) trochoidalis Locard. Grenoble. Grandeur naturelle. Cotype de 

Fauteur. — Collection du Muséum de Paris. 
Fig. 88 à 90. Hélix (Arianta) arbustorum Linné. Saint-Fons (Rhône). Grandeur naturelle. 
Fig. 91 à 93. Hélix (Arianta) arbustorum Linné. La Grande-Chartreuse (Isère). Grandeur natu- 
relle. — Collection du Muséum de Paris. 
Fig. 94 à 96 Hélix (Arianta) arbustorum Linné. Tufs delà Buisse (Isère). Grandeur naturelle. — 

Collection du Muséum de Lyon. 
Fig. 97 à 101. Hélix (Arianta) arbustorum. Linné. Lœss de Saint-Rambert-Flle-Barbe. Grandeur 

naturelle. — Collection du Muséum de Lyon. 
Fig. 102, 106 et 107. Hélix (Tache a) sylvatica Draparnaud. Tufs de la Buisse (Isère). Grandeur natu- 
relle. — Collection du Muséum de Lyon. 
Fig. 108. Hélix (Tachea) sylvatica Draparnaud. Environs de Gap. Grandeur naturelle. 
Fig. 104. Hélix (Arianta) alpicola de Charpentier. L'Isère, vers 750 mètres d'altitude. Grandeur 

naturelle. — Collection du Muséum de Paris. 
Fig. 105. Hélix (Arianta) arbustorum Linné. La Grande-Chartreuse. Grandeur naturelle. 
Fig. 110, 124, 130 et 131. Pyramidula rolundata Mùller. Tufs de la Buisse (Isère), x 4. — Collection 

du Muséum de Lyon. 
Fig. 111-112. Hélix (Helicigona) lapicida Linné. La Grande-Cuartreuse. Grandeur naturelle. — 

Collection du Muséum de Paris. 
Fig. 113, 122 et 128. Pyramidula rolundata Millier. La Grande-Chartreuse, x 4. — Collection du 

Muséum de Paris. 
Fig. 114, 123 et 129. Pijramidula rolundata Mùller. Tufs de la Buisse (Isère), x 4. — Collection 

du Muséum de Lyon. 
Fig. 109, 116, 119 et 132. Limnœa (Radix) limosa Linné, var. vulgaris C. Pfeiffer. Tufs de la 

Buisse. X 3. — Collection du Muséum de Lyon. 
Fig. 115, 120, 125 et 126. Limnœa (Radix) limosa Linné, var. vulgaris C. Pfeiffer. Tufs de la 

Buisse. Grandeur naturelle. 
Fig. 117-118. Hélix (Helicigona) lapicida Linné. Tufs de la Buisse. Grandeur naturelle. — 

Collection du Muséum de Lyon. 
Fig. 121, 127 et 133. Hélix (Fruticicola) fœni Locard. L'Ile-Barbe, près de Lvon x 4. — Collection 

du Muséum de Paris. 



Archives du Muséum d'histoire naturelle de Lyon. 



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Phot. et clichés G. Pissarro. 



Mollusques terrestres et fluviatiles. 



PLANCHE IV 



Arch. Mus. — t. XI 



II.-23 



PLANCHE IV 



Fig. 134 à 137 et 144-145. Cyclostoma elegans Mùller. Tufs delà Buisse (Isère). Grandeur naturelle. — 
Collection du Muséum de Lyon. 

Fig. 138-139. Cyclostoma elegans Mùller. Exemplaire vivant de la Buisse (Isère). Grandeur natu- 
relle, — Collection du Muséum de Lyon. 

Fig. 140 à 143. Cyclostoma elegans Mùller. Lœss de Saint-Fons (Rhône). Grandeur naturelle. — Collec- 
tion du Muséum de Lyon. 

Fig. 146-147. Opercule de Bythinia tentaculata Linné. Néolithique de Bevaix. X 6. — Collection du 
Muséum de Lyon. 

Fig, 149 à 151. Hélix ( Helicodonta) obvoluta Mùller. La Grande-Chartreuse. Grandeur naturelle. 

Fig. 152 à 156 et 171. Hélix (Helicodonta) obvoluta Mùller. Tufs de la Buisse (Isère)- Grandeur 
naturelle. — Collection du Muséum de Lyon. 

Fig. 157 à 159. Hélix (Tachea) nemoralis Linné. Aix-les-Bains. Grandeur naturelle. 

Fig. 160 à 165. Hélix (Tachea) nemoralis Linné. Tufs de la Buisse (Isère). Grandeur naturelle. — 
Collection du Muséum de Lyon. 

Fig. 166, 167 et 170. Hélix (Arianta) arbustorum Linné, var. Gaillardi Germain. Lœss de Saint- 
Rambert-l'Ile-Barbe. x 2. — Collection du Muséum de Lyon. 

Fig. 148, 168 et 169. Hélix (Arianta) arbustorum Linné, var. Gaillardi Germain. Lœss de Saint- 
Rambert-rile-Barbe. Grandeur naturelle. — Collection du Muséum de Lyon. 

Fig. 172-173. Hélix (Per/bratella) edentula Draparnaud. Tufs de la Buisse (Isère). — Collection du 
Muséum de Lyon. 

Fig. 174 à 179. Hélix (Tachea) nemoralis Linné. Tufs de la Buisse (Isère). Grandeur naturelle. — 
Collection du Muséum de Lyon. 

Fig. 180 à 182. Hélix ( Tachea) subaustriaca Bourgmgnat. Bonnevilie. Grandeur naturelle. — Collection 
du Muséum de Paris. 

Fig. 183 à 185. Hélix (Tachea) v nemoralis Linné. Tufs de la Buisse (Isère). Grandeur naturelle. — 
Collection du Muséum de Lyon. 



Archives du Muséum d'histoire naturelle de Lyon. 



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Phot. et clichés G. Pis 



Mollusques terrestres et fluviatiles 



PLANCHE V 



PLANCHE V 



Fig. 186 à 188. Heliœ (Theba) strigella Draparnaud. Grenoble (Isère). Grandeur naturelle. — Collection 

du Muséum de Paris. 
Fig. 190-192. Hélix (Theba) strigella Draparnaud, variété strigellina Locard. Tufs de la Buisse 

(Isère). Grandeur naturelle. — Collection du Muséum de Lyon. 
Fig. 193 à 195. Hélix (Theba) strigella Draparnaud. Tufs de la Buisse (Isère). Grandeur naturelle. — 

Collection du Muséum de Lyon. 
Fig. 196-197. Hélix (Theba) buxetorum Bourguignat. Clermont-Ferrand. Grandeur naturelle. — 

Collection du Muséum de Paris. 
Fig. 198-199. Hélix (Theba) strigella Draparnaud. Sassenage (Isère). Grandeur naturelle. — Collection 

du Muséum de Paris. 
Fig. 200 à 203, 212-213. Planorbis umbilicalus Mûller. Néolithique de Bevaix. x 2. — Collection du 

Muséum de Lyon. < ■ ? , \ ; 

Fig. 204 à 206. Planorbis umbilicalus Mûller. Néolithique de Bevaix. x 2. Anomalie. — Collection du 

Muséum de Lyon. 
Fig. 207, 216 et 217. Hélix (Theba) strigella Draparnaud. Tufs de la Buisse (Isère). Grandeur natu- 
relle. — Collection du Muséum de Lyon. 
Fig. 208 à 210. Hélix (Theba) strigella Draparnaud. La Pape, près de Lyon. Grandeur naturelle. — 

Collection du Muséum de Paris. 
Fig. 189, 211 et 218. Hélix (Theba) strigella Draparnaud. Tufs de la Buisse (Isère). Grandeur 

naturelle. — Collection du Muséum de Lyon. 
Fig. 214,219-220,221, 224 et 225. Eulota fruticum Mûller. Tufs de la Buisse (Isère). Grandeur 

naturelle. — Collection du Muséum de Lyon. 
Fig. 215, 222 et 223. Eulota mosellica Bourguignat. Environs de Nancy. Grandeur naturelle. — 

Collection du Muséum de Paris. 
Fig. 226 à 228. Eulota dumorum Bourguignat. Moirans (Isère). Grandeur naturelle. — Collection du 

Muséum de Paris. 
Fig. 229 à 231. Eulota fruticum Mûller. Saint-Fons, près de Lyon. Grandeur naturelle. — Collection du 

Muséum de Paris. 
Fig. 232 à 234. Eulota fruticum Mûller. La Tronche, près de Grenoble. Grandeur naturelle. — 

Collection du Muséum de Paris. 
Fig. 235 à 237. Eulota fruticum Mûller. Tufs de la Buisse (Isère). Grandeur naturelle. — Collection du 

Muséum de Lyon. 
Fig. 238-239. Eulota fruticum Mûller. Grenoble. — Collection du Muséum de Paris. 
Fig. 240-241. Eulota lemonia Bourguignat. Evian. Grandeur naturelle. —Collection du Muséum de 

Paris. 
Fig. 242 à 244. Eulota mosellica Bourguignat. Saint-Fons, près de Lyon. Grandeur naturelle. — 

Collection du Muséum de Paris. 



Archives du Muséum d'histoire naturelle de Lyon 



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Phot. et clichés G. Pissarro. 



Mollusques terrestres et fluviatiles. 



PLANCHE VI 



PLANCHE VI 



Fig, 245 à 254. Bythinia tentaculata Linné. Néolithique de Bevaix. Exemplaires jeunes, x 5. — 

Collection du Muséum de Lyon. 
Fig. 255 à 262. Bythinia tentaculata Linné. Néolithique de Bevaix. Exemplaires adultes, x 3. — 

Collection du Muséum de Lyon. 
Fig. 263 à 266. Bythinia tentaculata Linné, Environs de Lyon, x 3. 
Fig. 267 à 272. Hélice (Théba) rufilabris Jeffreyss. Lœss de Saint-Fons (Rhône) . Grandeur naturelle. — 

Collection du Muséum de Lyon. 
Fig. 273 à 275. Hélix (Theba) rufilabris Jeffreyss. Tarn-et-Garonne, Grandeur naturelle. 
Fig. 276 à 278. Hélix (Theba) rufilabris Jeffreyss. Tarn-et-Garonne. x 2. 
Fig, 279 à 281 et 283 à 285. Hélix (Theba) rufilabris Jeffreyss. Loess de Saint-Fons (Rhône). X 2, — 

Collection du Muséum de Lyon . 
Fig. 289 à 291. Hélix (Arianta) arbustorum Linné. Grenoble. Grandeur naturelle. — Collection dn 

Muséum de Paris. 
Fig. 282, 286 à 288, 292 et 293. Hélix (Arianta) arbustorum Linné. Tufs de la Buisse (Isère). 
Grandeur naturelle, — Collection du Muséum de Lyon. 



Archives du Muséum d'histoire naturelle de Lyi 



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Phot. et clichés G. Pissarro. 



Mollusques terrestres et fluviatiles 



TABLES 



INDEX ALPHABÉTIQUE 



Les caractères italiques indiquent les noms des Espèces admises dans ce Mémoire ; 

les caractères ordinaires sont réservés aux synonymes. 

Les Genres adoptés au cours de cet ouvrage sont imprimés en CAPITALES. 



Acavus 22 

Acavus sylvatica, Adams 22 

Achatina '. . . 36, 83 

Achatina collina, Drouët 83, 105 

Achatina lubrica, Menke 36 

— — variété exigua, Menke . 38, 83 

— — variété fusiformis, Picard . 38 

— — Maderensis, Wollaston . . 40 

— — minima, Siemaschko. . . 38 
Achatina Maderensis, de Païva . . . . 40 
Achatina subcylindrica, Deshayes .... 37 

Acroloxus 58, 113 

AGRIOLIMAX 127 

Agriolimaœ agrestis, Linné . .. . . . 127 

Alaea 78 

Alsea marginata, Jeffreyss 78 

Alloglossa 80 

Alloglossa avenacea, Westerlund .... 80 

AMNICOLA 58, 115 

Amnicola similis, Draparnaud . . . . 58, 115 
Amnicola, sp. du groupe de Y Amnicola 

confusa, des argiles lacustres de la vallée 

de la Saône 115 

Amnicola, sp. ind 58 

Amnicola sp. ind., des argiles lacustres de 

la vallée de la Saône . 115 

Amphibina 83, 106 

Amphibulina 83 

Amphibulina elongata, Hartmann .... 83 
Amphibulina oblonga, de Lamarck .... 83 

Anchistoma 15 

Anchistoma obvolutum, Adams 15 

Argh. Mus. — t. XI 



ANGYLUS 58, 115 

Ancylus lacustris, Linné. . . . . . 58, 113 

Anisus 140 

Aplecta 110 

Arctomys 122, 130 

Arctomys primigenius, Kaup 130 

Arctomys primigenius, Kaup (sables à). . 122 

Arianta 17, 23, 70, 101 

Arianta arbustorum, Leach 23 

Arianta lapidica, Morch ., 17 

Arianta rudis, Môrch 24 

Arianta Wittmanni, Zawadzkv 24 

Armiger 113 

AUMCULID^E . . 113 

Bathyomphalus . . . . , 58, 111, 446 

BISON 130 

Bison priscus, Bojanus 130 

Bithinia 148 

Bithinia tentaculata, Gray 148 

— — var. Tellinii, Saccc. . . 151 

Bithynia 148 

BOS 130 

Bos primigenius, Bojanus 130 

Bradybœna 7, 61 

Bradybœna carthusiana, Beck 61 

Bradybœna fruticum, Beck ... . . . 7 

Bradybœna hispida, Beck 66 

Bradybœna strigella, Beck ...... 10 

Buccinum .......... 42, 148 

Buccinurn acicula, Mùller 106 

II. -24 



182 



INDEX ALPHABETIQUE 



Buccinum fossarum, Studer 137 

Buccinum lagotis, Schranck 42 

Buccinum palustre, Mùller 109 

Buccinum pellucidum, Schrôter .... 148 

Buccinum peregrum, Mûller 109 

Buccinum truncatulum, Mùller . . . 110, 137 

BULIMII\LE 2,6 73, 102 

BUL1MINUS 26, 73, 102 

Buliminus détritus, Mùller 102 

Buliminus Lackhamensis, Beck 26 

Buliminus montanus, Draparnaud . 26, 48, 103 
— — variété Terveri, Lo- 

card 27, 103 

Buliminus ohscurus y Mùller 103 

Buliminus quadridens, Albers 73 

Buliminus tridens, Albers 73 

Bulimus 26, 36 

Bulimus avenaceus, Bruguière 79 

Bulimus bidens, Bruguière 30 

Bulimus doliolum, Bruguière 30 

Bulimus Lackhamensis, Fleming 26 

Bulimus limosus, Poiret 4.0 

Bulimus lubricus, Bruguière. ..... 36 

Bulimus Montacuti, Jeffrey ss 26 

Bulimus montanus, Draparnaud. . . . 20, 103 

— — variété terverianus, Lo- 

card 27, 103 

— — variété ventricosa, Locard. 27 

Bulimus muscorum, Bruguière 79 

Bulimus obscurus, Poiret 138 

— — variété montanus, Hart- 

mann ....... 26 

Bulimus quadridens, Bruguière 75 

Bulimus subcylindricus, Poiret 36 

— — variété exiguus, Mo- 

quin-Tandon . . 38 

Bulimus tentaculatus, Poiret 148 

Bulimus tridens, Bruguière 73 

— variété major, Moquin-Tan- 

don 74 

— variété minor, Moquin-Tan- 

don 74 

Bulimus truncatulus, Bruguière 137 

Bulimus variedentatus, Hartmann .... 73 

Bulla 110 

Bulla hypnorum, Linné . . 110 

BYTHIIMELLIDiE 114, 148 

BYTHINÏA 57, 114, 148 

Bythinia allopoma, Westerlund . . ... 149 

Bythinia ardussonica, Locard 149 

Bythinia decipiens, Locard (non Millet) . . 149 

Bythinia Delphinensis, Locard 151 

Bythinia delphinensis, Locard 151 



Bythinia gravida, Ray. . 149 

Bythinia jaculator, Risso 148 

Bythinia leberonensis , Fischer et Tournouër. 154 

Bythinia matritensis, Graëlls ..... 150 

Bythinia Neyronensis, Locard 151 

Bythinia neyronensis, Locard . . . . . 151 

Bythinia parva, Locard 149 

Bythinia potamica, Locard 149 

Bythinia sebethina, Blanc 119 

Bythinia stramicensis, Locard 149 

Bythinia tenlaculata, Linné, 57, 58, 114, 

125, 131, 148, 164. 

— variété minor, Fis- 

cher et Tournouër 151 

— variété producta , 

Menke . . . . 114 

— — variété sebethina, 

Westerlund . . 149 

— — variété Tellinii, 

Sacco .... 151 
variété centricosa, 

Menke . . 114, 150 



Calyculina 158 

Candidula ...... 62, 95, 100, 136 

CANIS 130 

Canis lupus, Linné 130 

Caracolla . 17 

'Caracolla lapicida, de Lamarck ..... 17 

Cardium 119, 158 

Cardium amnicum, Montagu. . . . . . 159 

Cardium casertanum, Poli 119 

Cardium lacustre, Montagu 158 

CARYCHIUM 113 

Carychium minimum, Mùller . .57, 113, 

126, 127, 131 

Gepaea 19 

Cepsea nemoralis, Held 19 

Cepœa sylvatica, Beck 22 

CERVUS 130 

Cerous caprseolus^ Linné 130 

Cerous elaphus, Linné 130 

Cervus tarandus, Linné 130 

CHONDRULA 73 

Chondrula quadridens, Mûller. . . . 75, 103 

Chondrul a tridens, Mùller . . . . .73, 103 

— — variété caucasicus , 

Mousson .... 75 

— — variété Gastaldii, Pol- 

lonera 74 

Ghondrus 73, 103 

Chondrus frumentum, Cuvier ...... 77 



INDEX ALPHABÉTIQUE 



183 



Ghondrus quadridens, Guvier 

Ghondrus tridens, Guvier 

— — variété caucasicus, Mousson 

Gincinna 58, 115, 

Cincinna piscinalis, Clessin 

Gingulifera 

Cingulifera arbustorum, Held . . . . 

Gionella 

Gionella lubriea, Jeffreyss. 

Gionella subcylindrica, Binney ..... 

GLAUSILIA ! ... 30, 81 

Clausilia abietina, Dupuy . . . 

Clausilia bidens, Rossmassler 

Clausilia corynodes, Held 

Clausilia dubia, Draparnaud . . . . . 

Clausilia fîmbriata, Zeigler. ..... 

Clausilia gracilis, Bleicher et Fliche . . . 
Clausilia gracilis, Pfeiffer .... 

Clausilia gracilis. Rossmassler 

Clausilia laminât a, Montagu . . 30, 48. 
Clausilia laminata, variété phalerata, Pollo- 

nera j 

Clausilia lineolata, Held. ...... 

Clausilia minima, C. Pfeiffer. ..... 



34, 48 



30, 81 



73 
75 

152 

152 
23 
23 
36 
36 
40 

104 
34 
30 
36 
34 
31 
35 
35 
35 

104 

32 

34 

34 

105 

34 

. 33 

. 31 

33, 48 

. 33 

104 

18 

18 

19 

23 

36 



Clausilia parvula, Studer . . 
Clausilia paula, Parreyss . . . 
Clausilia perversa, Fitzinger. 
Clausilia phalerata, Zeigler . . 
Clausilia ventricosa, Draparnaud 
Clausilia ventricosula, Villa . 

CLAUS1LIID/E 

Cochlea 

Cochlea faciata , Da Costa. . . 
Cochlea mutabilis, Hartmann . 
Gochlea unifasciata, Da Costa . 
Gochlicopa ..... 

Cochlicopa columna, Clessin ...... 39 

Gochlicopa lubrica, Risso 36 

— — variété hachijoensis, Pils - 

bry. . . . . . . 39 

Gochlicopa lubricella, Braun 38 

Gochlodina 34 

Gochlodonta 28 

GŒGILIOIDES 106 

Cœcilioides acicula, Mûller . . . 106, 126 

Columna 36 

Columna lubrica, de Gristofori et Jan . . . 36 

— — variété lubricella, Zeigler. 38 

Cordula 160 

Cordula amnica, Leach 100 

GUON 49 

Cusmicia 35 

Gyclas 118, 158 





159 




158 




158 




162 




158 




118 




159 


58, 159 


. 162 


. 158 


89, 114 


. 43 


. 46 


89, 114 


. 45 


. 45 


. 148 


. 148 


. "43 


. 152 


. 152 


. 115 


. 43 


. 45 


89, 114 



Cyclas amnica, Eleming . . 
Cyclas caliculata, Draparnaud 
Cyclas calyculata, Dupuy . . 
Cyclas fontinalis, Draparnaud 
Cyclas lacustris, Moquin-Tandon 
Cyclas nucleus, Studer. . . 
Cyclas obliqua, de Lamarck . 
Cyclas palustris, Draparnaud 
Cyclas pusilla, Turton . . . 
Cyclas tuberculata, Kiels . . 
CYGLOSTOMA .... 
Cyclostoma affinis, Risso . . 
Cyclostoma costulatum, Zeigler 
Cyclostoma elegans, Mûller. . 43, 

— forma elongata 

— — variété major 
Cyclostoma impur um, Draparnaud . 
Cyclostoma jaculator, de Férussac (père) 
Cyclostoma Lutetianum, Bourguignat 
Cyclostoma obtusana, Draparnaud . 
Cyclostoma obtusum, Draparnaud . 
Cyclostoma simile, Draparnaud . 
Cyclostoma subelegans, Bourguignat 
Cyclostoma sulcatum, Draparnaud. 
CYCLOSTOMATID E ... 



Dibothrion 14 

Diplodiscus 58, 111 

Discus 5 

Dorcasia 5 

ELEPHAS 130 

Elephas antiquus, Falconer 130 

Elephas intermedius , Jourdan 130 

Elephas primigenius, Blumembach . . . 130 

Elona 57, 114, 148 

Ena 26, 102 

Ena montana, Leach 26 

ENDODONTID/E. . . . ... . 5, 59, 94 

EQUUS 130 

Equus caballus, Linné 130 

Ericia. • 43, 89, 114 

EUCONULUS 93 

Euconulus fulvus, Mûller 93, 127 

Eucore 75 

Eucore quadridens. Agassiz 75 

Euglesa - 162 

Euglesa Henslowiana, Leach 162 

Eulota 7, 94 

Eulota Chouquetij ïournouër .... 9, 55 

Eulota fruticum, Mûller . 7, 48, 52, 94, 131 



184 



INDEX ALPHABÉTIQUE 



EULOTID JE 1, 94 

Euomphalia. . . 10 

Euphemia 15 

Eupbemia obvoluta, Menke „ 15 

Euryomphala 5 

Euryomphala r ohm data, Beck .... 5 

Ferussacia 37 

Ferussacia crassula, Fagot ...... 38 

Ferussacia lubrica, Morch 37 

Ferussacia subcylindrica 37 

FERUSSACIIDyE 36, 82, 105 

Fluminina . . 58, 118, 159 

Fossaria 138 

Fossarina 58, 118, 162 

Fruticicola ......... 7, 65, 97 

Fruticicola carlhusianella, Held 61 

Fruticicola fruticum, Held 7 

Fruticicola hispida, Held 66 

Fruticicola strigella, Held ...... 10 

Galba . . 110, 137 

Gibbulina 29 

Glandina 37 

Glandina Azorica, Albers. ....... 37 

Glandina lubrica, Morelet 37 

Gonodon . . 73 

Gonodon quadridens, Held 75 

Gonodon tridens, Held 73 

Gonostoma 15 

Gonostoma obvoluta, Held 15 

Gonyodiscus 5, 59, 94 

Granaria 77 

Granaria frumentum, Held 77 

Gulnaria 41 

Gulnaria ovata, Beck 41 

Gyraulus 58, 111, 143 

Gyrorbis 58, 116, 156 

Gyrorbis, sous-genre de Planorbis (type : 

Planorbis umbilicatus Mùller) . . 140, 142 



Helicella 7, 65, 95 

Helicella diaphana, Beck 135 

Helicella fruticum, Fitzinger. ..... 7 

Helicella hispida, Fitzinger ...... 65 

Helicella Prevostiana, Risso 65 

Helicella strigella, Fitzinger 10 

HELICID^E 10, 95, 136 

Helicigona 17, 101 

Helicigona lapicida, Risso. ...... 17 



Helicigona sylvatica, Held . . ., . . . 22 

Helicodonta . . 15, 101 

Helicodonta obvoluta, Risso 15 

Helicogena 19, 102 

Helicogena hybrida, Beck 19 

Helicogena imperfecta, Risso. . . . . . 19 

Helicogena libellula, Risso 19 

Helicogena nemoralis, Risso 19 

Helicogena olivacea, Risso 19 

Helicopsis . 64 

Helicopsis striata, Fitzinger 64 

HELIX 10, 95, 136 

Hélix acentromphala, Bourguignat .... 95 

Hélix acuta, Da Costa 17 

Hélix affinis, Gmelin 17 

Hélix alba, Gmelin ......... 143 

Hélix Alexandri , Gray 5 

Hélix alpicola, de Charpentier ..... 71 

Hélix altenata, Gartner ....... 10 

Hélix Andorica, Bourguignat. . . . . . 18 

Hélix andorica, Bourguignat 18 

Hélix arbustorum, Linné . 23, 47, 48, 

49, 57, 70, 101, 125, 129, 131 
Hélix arbustorum, variété alpicola, de Char- 
pentier 71, 425, 126, 127 

Hélix arbustorum, variété Gaillardi, Ger- 
main 71, 125, 126, 127 

Hélix arbustorum, variété intermedia, Lo- 

card 70, 71, 125, 126 

Hélix arbustorum, variété major, Locard . 70 

— variété minor, Locard. 70, 71 
Hélix arcasiana, Crosse et Debeaux . . . 127 
Hélix arvensis,Krynicki ....... 50 

Hélix aspersa, Millier . . . 125, 128, 129 
Hélix atrolabiata, Krynicki . . 21, 49, 51 

— — variété leucoranea, Mousson. 49 

— — variété leucoranensis, Mousson 49 

— — variété nemoraloides, Mariens 49 

— variété Pallasi, Dubois . . 49 

— variété Pallasii, Dubois . . 49 

— — variété repanda, Dubois . . 49 
Hélix auricularia, Linné . . . . . . . 108 

Hélix austriaca,Mùhlfeldt 50 

Hélix Belgrandi, Bourguignat 14 

Hélix Bernardii, Michaud . . . ... 15 

Hélix bidens, Mùller . 14, 30 

Hélix bidentata, Draparnaud. . . . . , 62 

Hélix bilabiata, Olivi 15 

Hélix birnarginata, Gray 61 

Hélix Blauneri, Shuttleworth 52 

Hélix Bourniana, Bourguignat . . .69, 98 

Hélix bourniana, Bourguignat. . . 53, 69, 98 

— — forma elata 53 



INDEX ALPHABÉTIQUE 



185 



Hélix buccinata, Alten. ....... 26 

Hélix buccinum, Schranck . . . . . . 83 

Hélix Buxetorum, Bourguignat 12 

Hélix buxetorum, Bourguignat ..... 12 

Hélix candidula, Studer . . 62 

Hélix carthusiana, Mùlier 61, 97 

— forma carthusianella, Pils- 

bry . 60 

— — variété rufilabris, Tryon 60 
Hélix Chouquetiana, Tournouër . . . . 9, 55 

Hélix ciliata, Venetz. . . 128 

Hélix cincta, Sheppart 19 

Hélix cinctella, Draparnaud .... 128 

Hélix cinerea, Poiret 7 

Hélix cobresiana, var. /S, Pfeiffer .... 13 

Hélix cœlata, Studer. . 98 

— — variété minor, Locard. . . 98 

Hélix cœlata, Vallot 98 

Hélix continua, Jeffreyss 53, 128 

Hélix conspurcata, Moquïn-Tandon ... 64 

Hélix contorta, Linné 111, 146 

Hélix cormlifera, Locard .,.',... 53 

Hélix cornea, Hartmann 10 

Hélix coronata, Studer . 28 

Hélix corvus, Gmelin 109 

Hélix costata, Mùlier. 57, 100, 126, 127, 129, 131 

Hélix coslulata, Zeigler . . . . 64, 95, 136 

Hélix Coutagnei, Bourguignat ..... 95 

Hélix crassa, Da Costa 146 

Hélix cristallina, variété major, Morelet . . 135 

Hélix cristata, Montagu 156 

Hélix Crouziliana, Fagot 95 

Hélix crouziliana, Fagot 95 

Hélix crystallina, Mùlier . ...... 93 

Hélix decollata, Linné 105 

Hélix Depereti, Locard. . .21, 50, 51, 52 

— — variété globosa, Locard . 51 
Hélix depilata, Draparnaud ...... 13 

Hélix depilata, Locard 100 

Hélix detrita, Mùlier 102 

Hélix diaphana, de Lamarck, Krynicki, Leaet 

Villa 135 

Hélix diaphana, Studer 52, 93 

Hélix diniensis, Mabille 99 

Hélix doliolum, de Férussac 28 

Hélix dumorum, Bourguignat 9 

Hélix edenlula, Draparnaud. . 13, 48, 49, 100 

Hélix elaverana, Mabille 98 

Hélix elisula, Locard . . ... . . . 53 

Hélix elongata, Studer 83 

Hélix erieetella, Jousseaume 95 

Hélix ericetorum, Mùlier . . 54, 95, 125, 129 

Hélix fascicularis, Gmelin 152 



Hélix fasciolata, Locard . . . . . . . 95 

Hélix fasciolata, Poiret .95, 99 

Hélix fœni, Locard . 68, 97 

— — variété /3 hispidula, Germain. 69 

Hélix fontana, Lightfoot 111 

Hélix fossaria, Montagu . 138 

Hélix fragilis, Linné . 41 

Hélix frumentum, de Férussac ..... 77 

Hélix fruticum, Mùlier. ...... 7, 94 

Hélix fulva, Mùlier. ........ 93 

Hélix fusca, Poiret 18 

Hehx Garoceliana, Locard 63 

Hélix Gesocribatensis, Bourguignat. ... 95 
Hélix gesocribatensis, Bourguignat. . . 95, 99 

Hélix Gibsii, Leach. . . . 61 

Hélix glabella, Draparnaud. ..... 128 

Hélix glypta, Fagot. . . 98 

Hélix glypta, Mabille 99 

flelix gothica, Linné 23 

Hélix gratiosa, Studer 63 

Hélix Groboni, Bourguignat ...... 95 

Hélix Gypsii, de Férussac 61 

Hélix Heripensis, Mabille 95 

Hélix heripensis, Mabille . . . . . 95, 99 
Hélix hispida, Linné. 53, 57, 65, 97, 125, 

129, 131 

— — forma alla 67 

— — forma depressa 67 

— — forma globosa 67 

— forma subdepressa. ... 67 

— — forma subglobosa .... 67 

— — variété calcica, Fagot. . . 67 

— — variété Falsani, Locard . . 67 
Hélix hispidella, Bourguignat ..... 53 

Hélix hispidellina, Locard 53 

Hélix holosericea, Gmelin 15 

Hélix holosericea, Studer 17 

Hélix hortensis, Mùlier. . 20, 50, 51, 57, 101 

— — échantillons à formes am- 

biguës 20, 54 

Hélix hortensis, variétés du lœss lyonnais. 102 

Hélix hyalina, de Férussac 93 

Hélix hybrida, Poiret 18 

Hélix hydatina, Philippi 134 

Hélix hydatina, Bossmàssler 135 

Hélix idanica, Fagot .98, 99 

Hélix idanica, Locard 99 

Hélix idanica, Locard •. 99 

Hélix ilicetorum, Mabille 63 

Hélix Lackhamensis, Montagu 26 

Hélix lacustris, Bazoumowski 140 

Hélix lapicida,Lumè. 17, 48, 101, 126, 127, 

128, 129 



186 



INDEX ALPHABETIQUE 



Hélix lemonia, Bourguignat 9 

Hélix lepidophora,Bourguignat 12 

Hélix Lieuranensis, Bourguignat 95 

Helioc lieuranensis, Bourguignat . . . 95, 99 

Hélix limosa, Linné 40, 109, 137 

Hélix Locardi, Fagot 67, 97 

Hélix Locardiana, Fagot 67 

Hélix Loroglossicola, Mabille 97 

Hélix loroglossicola, Mabille 97 

Hélix lubrica, Millier 36 

Hélix lucana, Vallot 7 

Hélix lucida, Draparnaud (1801) .... 92 
Hélix lucorum, Razoumowski ..... 22 

Hélix Lugdunica, Mabille 95 

Hélix lugdunica, Mabille ....... 95 

Hélix Margieri, Fagot 95 

Hélix Marge riana, Fagot 95 

Hélix mauriana, Bourguignat 95 

Hélix Mermieri, Locard 14 

Hélix montana, de Férussac 22 

Hélix montana, Studer 22 

Hélix montana, Sturm 50 

Hélix mosellica, Bourguignat 9 

Hélix muscorum, Mûller 78, 104 

Hélix muscosa, Studer 33 

Hélix mutabilis, Hartmann 22, 50 

Hélix nemoralis, Linné. . 18, 48, 49, 50, 51 

— — à formes ambiguës. . 20, 54 

— forma subaustriaca, Bour- 

guignat ... 48, 49, 51 
Hélix nemoralis, variétés du lœss lyonnais. 101 

Hélix Neyronensis, Fagot 67 

Hélix neyronensis, Fagot 67, 97 

Hélix nitens, Gmelin 3, 92 

Hélix nitens, Michaud 3 

Hélix nitida, Draparnaud (1805) 92 

Hélix nitida, Mùller 93 

Hélix nomephila, Bourguignat 95 

Hélix obscura, Mûller .103 

Hélix obstrulenta, Locard 53 

Hélix obvoluta, Mùller ... 15, 47, 101, 129 

Hélix Olivieri, de Férussac 61 

Hélix Olivieri, Michaud * 60 

Hélix Pallasi, Dubois 21 

Hélix parvula, Studer . .... 34,81,105 

Hélix Pauli, Bourguignat 95 

Hélix Philora, Mabille , - • • 95 

Hélix philora, Mabille . • 95 

Hélix picea, Zeigler 23 

Hélix piscinalis, Gmelin 152 

Hélix plebeia, Draparnaud . . 53, 70, 98, 128 

— — variété alla, Locard ... 98 
Hélix plebeium, Draparnaud ...... 70 



Hélix pomatia, Locard. 52, 102, 125, 128, 129 

Hélix Pouzouensis, Fagot 95 

Hélix pouzouensis, Fagot 95 

Hélix praviata, Locard 93 

Hélix pulchella, Mùller. 100, 126, 127, 129, 131 

Hélix putris, Linné 106 

Hélix pygmsea, Draparnaud 127 

Hélix quadridens, Mùller 75, 103 

Hélix quinquefasciata, Sheppart 19 

Hélix radiata, Da Costa 5 

Hélix ravida, Crosse et Debeaux .... 127 

Hélix repanda, Dubois 21 

Hélix rotundata, Morelet 5 

Hélix rotundata, Mousson. .(....... 5 

Hélix rotundata, Mùller ...... 5, 59 

Hélix rufescens, Pennant . . . 99, 127,128 
Hélix ru filabris, Jeffrey ss ...... 60 

Hélix ruida, Bourguignat 95 

Hélix Russinica, Bourguignat 12 

Hélix russinica, Bourguignat ...... 12 

Hélix saxsea, Bourguignat 95 

Hélix Separica. Bourguignat 12 

Hélix separica, Bourguignat 12 

Hélix sericea, Draparnaud .... 127, 128 

Hélix Sermenasensis, Fagot 98 

Hélix sermenasensis, Fagot 98 

Hélix silvatica, Rossmâssler 22 

Hélix Solaciaca, Bourguignat. ..... 97 

Hélix solaciaca, Bourguignat 97 

Hélix spirorbis, Linné 142 

Hélix splendidula ? Gmelin 36 

Hélix stagnalis, Linné 40, 107 

Hélix stmiropolilana, SchmidL . . . 50, 51 

Hélix steneligma, Bourguignat 98 

Hélix striata, var. t. Draparnaud .... 62 

Hélix striata, Kreglinger ....... 64 

Hélix striata, Mùller 136, 164 

— — var. costulata, Westerlund . 64 
Hélix striata, Rossmâssler ...... 64 

Hélix striatula, Hartmann 62 

Hélix strigella, Draparnaud. 10, 48, 49, 53, 97 

— — forma minor, Pollonera. . 12 
— variété globosa, Locard . . 58 

— — var. strigellina, Locard. 11, 48 

— — var. strigellula f Hartmann. 97 

Hélix strigeilina, Locard 11,53 

Hélix subaustriaca, Bourguignat 20 

Hélix subcylindrica, Linné . . . 36, 82, 105 

Hélix subsarinica, Locard 53 

Hélix succinea, Studer 3 

Hélix sylvatica, Drap. 22, 48, 49, 51, 102, 126 

— variété vindobonensis, de 

Férussac 21 



INDEX ALPHABETIQUE 



187 



Hélix sylves tris, Alten 10 

Hélix sylvestris, Studer 26 

Hélix taeniata, Mùller 62 

Heiix Taillandier i, Bourguignat ..... 95 
Hélix tarasconensis, Bourguignat .... 63 

Hélix tentaculata, Linné 114,148 

Hélix terrestris, Gmelin 7 

Hélix Thuillieri, Mabille 95 

Hélix thymorum, Alten 62 

Hélix Tolosana, Bourguignat. ..... 95 

Hélix tolosana, Bourguignat 95 

Hélix tridens, Mùller 73, 103 

Hélix trigonophora, de Lamarck 15 

Hélix truncatula, Gmelin 137 

Hélix Turtoni, Fleming 5 

Hélix umbilicata, Pultney 146 

Hélix unidentata, var. monodon, Rossmàssler. 13 

Hélix uni f as c iat a, Poir et (2,95 

— — variété major .... 63 

Hélix unizona, Andrzejowski 62 

Hélix Valcourtiana, Bourguignat .... 95 

Hélix valcourtiana, Bourguignat 95 

Hélix variabilis, Draparnaud . . . 128, 129 

Hélix Vellavorum, Bourguignat 12 

Hélix velavorum, Bourguignat 12 

Hélix vendeana, Letourneux 98 

Hélix vendobonensis, Pfeiffer 50, 51 

Hélix ventriculosa, de Férussac 33 

Hélix vindobonensis, de Férussac .... 21 

Hélix vortex, Linné. 111 

Hélix Xenelica, Servain 95 

Hélix xenelica, Servain 95 

Hippeutis 111 

HYALINIA . 3, 58, 92, 134 

Hyalinia barbozana, Castro 92 

Hyalinia Blauneri, Shuttleworth 52 

Hyalinia cellaria, Mùller 55 

Hyalini cryslallina, Mùller. . . 93, 126, 131 
Hyalinia diaphana, Studer. . . 52, 93, 131 

Hyalinia disculina, Locard 92 

Hyalinia Dutaillyi, Mabille ...... 52 

Hyalinia Farinesi, Bourguignat 92 

Hyalinia gyrocurta, Bourguignat .... 92 

Hyalinia hyalina, Locard 93 

Hyalinia hydatina, Rossmàssler .... 135 

Hyalinia intermissa, Locard 92 

Hyalinia lucida, Draparnaud. . 52, 53, 92, 131 

Hyalinia neglecta, Fagot 52 

Hyalinia nitens, Gmelin 3, 47, 92 

Hyalinia nitida, Mùller ... 3, 93, 127, 131 
Hyalinia pseudohydatina, Bourguignat. 93, 134, 164 

Hyalinia radina, Bourguignat 135 

Hyalinia recta, Locard 92 



Hyalinia septentrionàlis , Bourguignat. 52, 58, 92 

Hyalinia subfarinesi, Bourguignat .... 92 

Hyalinia subfarinesiana, Bourguignat ... 92 
Hyalinia subnitens, Bourguignat. ... 4, 52 

Hyalinia stramicensis, Locard 53 

Hydastes 37 

Hydastes lubricus, Parreyss 37 

Hygromia 7, 61 

Hygromia carthusiana, Adams 61 

Hygromia edentula, Morch ...... 13 

Hygromia fruticum, Adams 7 

Hygromia hispida, Adams. ...... 66 

Iberus. 19 

Iberus arbustorum, Adams 24 

Iberus nemoralis^ Pollonera 19 

Iberus sylvatica, Morch 22 

Incilaria 127 

Incilaria bilineata, Benson 127 

iphigenia 35 

Isthmia 78 

Isthmia muscorum, Gaziot 78 

Jacosta 62 

Jacosta unifasciata, Morch 62 

Jaminia 

Jaminia heterostropha, Risso . ..... 75 

Jaminia marginata, Risso 78 

Jaminia tridens, Risso 73 

Kuzmicia. 34, 81, 105 

Latomus . 17 

Latomus lapieida, Fitzinger 17 

Lenticula 17 

Lenticula lapicida 17 

Leptolimneus 139 

LIMACÏDAE 91 

LIMAX 91 

Limax agrestis, Locard 91 

Limax cinereus, Locard 91 

Limax, sp. ind., des argiles lacustres de Gerland. 91 

LIMNJEA 40, 107, 137 

Limnsea abyssicola, Brot 165 

Liynneea auricalaria, Linné. . . . 108, 125 

— — variété acronica, Stu- 

der 108 

— variété ampla, Mo- 

quin-Tandon . . 108 

— — variété araria, Locard 108 

— — variété b, Kreglinger. 41 



188 



INDEX ALPHABÉTIQUE 



Limnsea auricularia, variété Hartmanni , 

Studer . . 58, 

— — variété minor, Mo- 

quin- Tandon . . 

— — variété pseudo-ovata, 

Locard .... 

— — variété subampla , 

Locard .... 

Limnsea Bouilleti, Michaud 

Limnsea corviformis, Bourguignat .... 

Limnsea corvus, Dupuy, Locard 

Limnsea corvus, Gmelin 

Limnsea Gaillardi, Germain 

Limnsea Gerlandiana, Locard 

Limnsea gerlandiana, Locard . . . 109, 
Limnsea inter média, de Férussac .... 

Limnsea lacustrina, Servain 

Limnsea lagotis, Schranck 

Limnsea limosa, Linné . . 40, 57, 109, 

— — variété vulgaris, C. Pfeiffer 

41, 137, 
Limnsea lineata, Bean . . . 
Limnsea minuta, Dupuy . 
Limnsea Moquini, Locard. . 
Limnsea oblonga, Puton . . 
Limnsea obtusa, Draparnaud . 
Limnsea ovata, variété lacustrina, Clessin 
Limnsea ovata, variété b, vulgaris, Garnier 
Limnsea palust ris, Mùller .... 58, 

— — variété corviformis , 

Bourguignat . 

— — variété corvus, Gmelin . 
Limnsea père gr a, Mùller. . . . 57, 58, 
Limnsea raphidia, Bourguignat .... 
Limnsea stagnalis, Linné . . . 41, 107, 

— — variété vulgaris, Wes - 

terlund 

Limnsea iruncatula, Mùller . 57, 110, 125, 

— — variété mmor, Pallary 

— — variété minutissima , 

Pallary .... 

— — variété à, ventricosa, 

Moquin-Tandon . . 

Limnaia vulgaris^ Locard 

LIMJViEIDiE ....... 40, 107, 

Limnseus 41 

Limnseus minutus, Rossmassler ..... 
Limnseus pereger, var. A, Macgillivray . . 
Limnseus vulgaris, G. Pfeiffer . . . 41, 

Limneus 

Limneus acronicus, Studer . 
Limneus Bouilleti, Sandberger 
Limneus fontinalis, Studer . 



40, 108, 



108 

108 

108 

108 
139 
109 
109 
109 
139 
109 
132 
108 
137 
42 
137 

164 

41 

138 

138 

138 

57 

137 

41 

109 

109 
109 
109 
107 
165 

41 
137 
138 

138 

138 
41 
137 
137 
138 
41 
137 
138 
108 
139 



Limneus Hartmanni, Studer 108 

Limneus minutus, Draparnaud ..... 138 

Limneus ovatus, Draparnaud. ..... 40 

Limneus truncatulus, Jeffrey ss 138 

Limnophysa 109, 138 

Limnophysa minuta, Fitzinger 138 

Limnophysa truncatula, Beck 138 

Limnus 107 

Lucena 83, 107 

Lymnaea 26, 36, 138, 148, 152 

Lymnsea auricularia, Risso ....... 40 

Lymnsea fontinalis, Fleming 148 

Lymnsea fossaria, Fleming 138 

Lymnsea Lackhamensis, Fleming .... 26 

Lymnsea lubrica, Fleming 36 

Lymnsea minuta, de Lamarck 138 

Lymnsea ovata, de Lamarck 40 

Lymnsea tentaculata, Fleming 148 

Lymnseus 41 

Lymnseus fontinalis, Zelebor ..... 41 

Lymnseus ovatus, Zelebor 41 

Lymnus 41 



Marpessa 30, 104 

MEGAGEROS . r 130 

Megaceros hibernicus , Owen 130 

Merdigera 26 

Merdigera montana, Held 26 

Monacha 61 

Monacha carthusianella, Fitzinger .... 61 

Mya HO 

Mya Batava, Maton et Rackett 119 

Mya rhomboidea, Schroter ...... 119 



26, 



89, 114, 

89, 



Napseus 

Nautilus 

Nautilus crista, Linné . . . . 

Nerita 

Nerita contorta, Mùller . . . 
Nerita elegans, Mùller .... 

Nerita fluviatilis, Linné 

Nerita jaculator, Mùller 

Nerita obtusa, Studer 

Nerita pisçinalisj Mùller 115, 

Nerita valvata, Gmelin 

NEttITIDyE 

Neritina 

Neritina elegans, Schrëter 

Neritostoma 5§ 

Neritula 

Neritula obtusa, Studer . 



102 
112 
112 
148 
153 
114 
117 
148 
116 
152 
156 
117 
43 
43 



107 
153 
153 



INDEX ALPHABETIQUE 



189 



Odostomia 30 

Odostomia laminata, Fleming 30 

Oleacina 37 

Oleacina subcylindrica, Adams 37 

ORGULA 28, 104 

Orcula dolioliformis, Locard 29 

Orcula doliolum, Bruguière . . . . 28, 48 

Orcula dolium, Draparnaud .... 48, 104 

Orcula scyphus, Friwaldsky 30 

Oxychilus 3 

Oxychilus pudiosus, Jousseaume .... 3 

Paludina 114, 131, 148 

Paludina Bressana, Ogérien 131 

Paludina Desmarestii, Michaud 150 

Paludina Falsani, Fischer 131 

Paludina impura, Brard 148 

Paludina impura, Menke 114 

— — variété matritensis, Graëlls. 150 

— — variété producta, Menke . 114 

— — variété ventricosa, Menke . 114 

Paludina jaculator, Studer 148 

Paludina semicarinata, Michaud 131 

Paludina tentaculata, Dupuy 148 

Paludina ventricosa, Sandberger . . . . 131 

Paraspira 111, 142 

Patula 5 

Patula rotundata, Held 5 

Patella 113 

Patella lacustris, Linné 113 

Pentataenia 19 

Pera 159 

Perafluviatilis, Leach 159 

Perforatella. . . . . . . . . . 13, 100 

Petasia 13 

Petasia edentula, Beck 13 

PHYSA 110 

Physa hypnorum, Linné 110 

— — variété minor, Locard . 110 

Pirostoma 33 

PISIDIUM 118, 159 

Pisidium amnicum, Mùller, 58, 118, 131, 

159,164 

— — variété elongatum, Bau- 

don 118 

— — variété ni tidula, Baudon. 160 

— — à ornementation sculptu- 

rale faible .... 160 

Pisidium caser lanum, Poli . . 58, 119, 131 

Pisidium demissum, Clessin 165 

Pisidium fontinale, G. Pfeiffer ..... 162 

Pisidium Foreli, dessin 165 

Arch. Mus. — t. XI 



Pisidium henslowianum , Jennyns. 58, 118 

131, 165 

Pisidium nilidum, Jennyns . . 58, 119, 131 

Pisidium obtusale, Ray et Drouët .... 162 

Pisidium occupatum, Clessin 166 

Pisidium pulchellum, Brown 162 

Pisidium pusillum, Gmelin. 119, 131, 162, 164 

Pisidium profundum, Clessin 165 

Pisidium urinator, Clessin 165 

Planella 156 

PLANORBIS 110, 140 

Planorbis albus, Muller . 57, 111, 132, 

143, 145, 164 

Planorbis Arcelini, Bourguignat . 58, 112, 132 

Planorbis borealis, Lôven 145 

Planorbis carinatus, Mùller . . 111, 125, 141 

— — var. /3, Draparnaud . 140 

— — var. dubius , Hart- 

mann 111 

Planorbis complanatus, Locard 110 

Planorbis complanatus, Studer 140 

Planorbis contorlus, Linné. . . 58,146,165 

Planorbis corneus, Linné 131 

Planorbis crislatus, Linné 58, 112 

Planorbis Crosseanus, Bourguignat. . 112, 145 
Planorbis Crossei, Bourguignat . 58, 112, 

125, 145, 165 

Planorbis defleclus, Say 145 

Planorbis dubius, Hartmann 111 

Planorbis fontanus, Lïghtfoot . . . 112, 165 

Planorbis Hebraicus, Bourguignat .... 145 

Planorbis hebraicus, Bourguignat . . . 145 

Planorbis hispidus, Vallot 143 

Planorbis lens, Michaud 140 

Planorbis marginatus, Draparnaud .... 140 

Planorbis marginatus, Locard 110 

Planorbis marginatus recens, Bouillet . . . 141 

Planorbis nitidus, Mùller 112 

Planorbis obvolutus, Poiret 15 

Planorbis Piscinarum, Bourguignat. . . . 145 

Planorbis piscinarum , Bourguignat . . . 145 

Planorbis Prevostianus, Michaud .... 140 

Planorbis reticulatus, Risso .143 

Planorbis rhombeus, Turton 140 

Planorbis rolundatus, Poiret . . . 111, 143 

Planorbis septemgyratus, Zeigler . . . 143 

Planorbis Sheppardi, Leach 140 

Planorbis spirorbis, Linné . . . . 142, 165 

Planorbis stelmachaetius, Bourguignat . . 112 
Planorbis submarginatus, de Cristofori et 

Jan .......... . U0, 141 

Planorbis turgidus, Jeffreyss 140 

Planorbis umbilicalus, Mùller, 58, 110, 140, 164 

II.-25 



190 



INDEX ALPHABÉTIQUE 



Planorbis umbilicatus, variété submargi- 

natus, Cristofori et Jan 110, 141 

Planorbis villosus, Poiret 143 

Planorbis vorteœ, Linné 58, 111 

Polita 3, 92 

Polita nitens, Held. . . 3 

POMATIAS 43 

Pomatias elegans, Studer 43 

Pomatias, absence d'espèces de ce genre dans 

la faune du lœss lyonnais 125 

PUPA 77, 103 

Pupa antivertigo, Draparnaud 104 

Pupa avenacea, Bruguière 79 

Pupa bidens, Draparnaud 30 

Pupa callosa, Zeigler 77 

Pupa cylindracea, Da Costa 80 

Pupa doliolum, Draparnaud 28 

Pupa dolium, Draparnaud ...... 104 

Pupa edentula, Draparnaud 80 

Pupa irumentacea, Locard 77 

Pupa frumentum, Draparnaud ... 77, 103 

Pupa inornata, Draparnaud 94 

Pupa marginata, Draparnaud 78 

Pupa minutissima, Hartmann ..... 80 

Pupa muscorum, auct. plur 104 

Pupa muscorum, C. Pfeiffer 78 

— — var. edentula, Moq. -Tandon. 79 

— — variété lundstrômi, Wester- 

lund 80 

Pupa quadridens, Draparnaud 75 

Pupa scyphus, Friwaldsky 30 

Pupa tridens, Draparnaud 73 

— — variété major, Menke ... 74 

— — variété minor, Menke ... 74 

Pupa tridentata, Brard 73 

Pupa triplicata, Studer 104 

Pupa variabilis, var. frumentum, Hartmann . 77 

Pupa ventricosa, Draparnaud 33 

PUPID^ ........ 26, 73, 102 

PUPILLA 29, 78, 104 

Pupilla doliolum, Beck 29 

Pupilla frumentum, Swainson 77 

Pupilla muscorum, Mûller. 78, 104, 126, 127 

— — var. edentula, Menke. 79 

— - — variété lundstrômi , 

Westerlund ... 80 

Pupilla triplicata, Studer .... 104 

PUPLALE 28, 77, 103 

PYRAMIDULA 5, 59, 94 

Pyramidula Machadoi, Milne-Edwards. . 5 
Pyramidula rotundata, Mûller, 5, 48,59, 94, 126 

Pyramidula ruderata, Studer 127 

Radix 40, 108, 137 



RHINOCEROS. . . 130 

Rhinocéros Jourdani, Lortet et Chantre . . 130 

Rhinocéros tichorinus, Cuvier . ... . 130 

RUMINA 105 

Rumina decollata, Linné . . . . . . 105 

Rumina ,sp. ind., des argiles lacustres de Ger- 
land 105 

Rupicola 35 

Rupicola parvula, Hartmann, 35 

SEGMENTINA 112 

Segmentina nitida, Mûller . . . . 112, 165 

Sphaeriastrum . . . 118 

SPHLERÏD/E 118, 158 

SPHJERIUM 58, 118, 158 

Sphserium Castroi, Locard . ... . . . 159 

Sphœrium corneum, Linné, 58, 118, 131, 

159, 165 
— — variété nucleum, Stu- 
der 118 

Sphserium lacustre, Mûller . . . . 158, 164 

SPHYRADIUM. . 29, 94 

Sphyradium edentulum, Draparnaud. . . 127 
Sphyradium inornatum, Michaud. 57, 58, 94 

Stagnicola 58, 109 

STENOGYRID M . ..... 105 

Stomodonta 33, 78 

Stomodonta marginata, Mermet 78 

Stomodonta parvula, Mermet. . . . . . . 35 

Stomodonta ventricosa, Mermet 33 

Striatella • 62 

Styloides. 36 

Styloides lubricus, Fitzinger 36 

SUGGINEA 83, 106 

Succinea agonostoma, Kùster ..... 87 
Succinea amphibia, variété limnoidea, Picard . 54 
Succinea arenaria, Bouchard-Chantereaux ; 

son absence dans la faune du lœss . . . 128 
Succinea cenisia, de Mortillet . ... . 85 
Succinea Charpentieri, Dumont et Mortillet 85 
Succinea Charpentieri, Dumont et Mortil- 
let ; son absence dans la faune du lœss . . 128 

Succinea elegans, Risso 106, 131 

— var. longiscata, Morelet. 106 
Succinea Fagoti, Bourguignat . . . 86, 107 
Succinea Fagotiana, Bourguignat . . 86 107 

Succinea Jacquemeti, Locard 53, 84 

Succinea Joinvillensis, Bourguignat . 86, 107 
Succinea joinvillensis, Bourguignat, 84, 80, 

87, 107, 125, 127 
Succinea Kobelti, Hazay ....... 87 

Succinea longiscata, Morelet 106 



1.NDEX ALPHABÉTIQUE 



101 



Succinea Lutetiana, Mabille 

Succinea lutetiana, Mabille 

Succinea Michaudi, Locard ..... 85, 

Succinea Mortilleti, Stabile 

Succinea oblonga, Draparnaud, 52, 53, 57, 
58, 83, 87, 107, 125, 129, 
var. agonostoma, Kùster. 

— variété elongata, Braun. 84 

— N&v.Jacquemeti, Locard 

— — variété Ragnebertensis , 

Locard 

— — variété ragnebertensis, 

Locard 

— — variété Triptychiophila , 

Sacco 

— — variété triptychiophila, 

Sacco 

Succinea oblonga, Michaud ...... 

Succinea Pfeifferi, Rossmàssler. . . 85, 

— — mutation elata, Locard. 

— — variété longiscata, Locard 

— — var. Mortilleti, Stabile. 
Succinea Pfeifferi, Rossmàssler ; son ab- 
sence dans la faune du lœss lyonnais. 

Succinea putris, Linné .... 58,106, 

— — variété Falsani, Locard . 

— — variété Falsaniana, Locard. 

— — variété limnoidea, Picard. 54 
Succinea Ragnebertensis, Locard .... 
Succinea Valcourtiana, Bourguignat . . . 
Succinea valcourtiana, Bourguignat . . . 

Succinea vitreola, Bourguignat 

Succinea, sp. ind., du groupe du Succinea 

oblonga t Draparnaud, des dépôts préhis- 
toriques de la vallée de la Saône. 

SLCCUNEIDE 83, 

SUS 

Sus scrofa, Linné 



87 
87 

87 
85 

131 

87 

,87 

84 

84 

84 

87 

87 

85 

106 

106 

107 

85 

128 
131 

106 
106 
,55 

84 

87 

87 
87 



87 
106 
130 
130 



Tachea 18, 101 

Tachea montana, Hartmann 22 

Tachea nemoralis, Rossmàssler 19 

Tachea sylvatica, Hartmann 22 

Tapada 83 

Tapada oblonga, Studer . . 83 

Tellina . . 118, 158 

Tellina amnica, Millier . . . . . . 119, 159 

Tellina cornea, Linné 118, 159 

Tellina Henslowana, Sheppart 119 

Tellina lacustre, Mùller 158 

Tellina pusilla, Gmelin 119, 162 

Tellina tuberculata, von Alten 158 



TESTAGELLA. 91 

Testacella haliotidea, Draparnaud ... 91 

TESTACELLIDiE ......... 91 

Theba 10. 60, 97 

Theba candidula, Beck 62 

Theba carthusiana, Risso 61 

Theba carthusianella, Risso 61 

Theba costulata, Beck 64 

Theba ericetella, Jousseaume 95 

Theba strigella, Gray 10 

Theba thymorum, Beck . 62 

Theba unifasciata, Jousseaume 62 

THEODOXIA 117 

Theodoœia fluviatilis, Linné 117 

Torquatella 78 

Torquatella muscorum, Held 78 

Torquilla 73, 77, 103 

Torquilla frumentum, Fitzinger 77 

Torquilla quadridens, Villa ...... 75 

Torquilla tridens, Villa , 73 

Trichia 66 

Trigonostoma 15 

Trigonostoma obvolutum, Fitzinger. ... 15 

Trochiscus 13 

Trochulus 93 

Trochus 14, 152 

Trochus bidens, Chemnitz. ...... 14 

Trochus cristatus, Schrôter 152 

Tropidina 155 

Tropidiscus 58, 110, 140 

Turbo 30, 36, 73, 148 

Turbo bidens, Pennant 30 

Turbo chry salis, Turton 78 

Turbo cristatus, Maton et Rackett .... 156 

Turbo cristatus, Poiret 152 

Turbo elegans, Gmelin • 43 

Turbo glaber, Da Costa 36 

Turbo janitor, Vallot . 148 

Turbo laminatus, Montagu 30, 104 

Turbo Lineina, Chemnitz 43 

Turbo marginatus, Sheppart 78 

Turbo muscorum, Linné . . < . . . 79, 104 

Turbo nucleus, Da Costa 148 

Turbo quadridens, Alten 73 

Turbo quadridens, Gmelin 75 

Turbo reflexus, Olivi 43 

Turbo rivulus, Boys et Walker 137 

Turbo striatus, DaCosta 43 

Turbo tentaculatus, Sheppart 148 

Turbo thermalis, Dilivyn ....... 152 

Turbo tridens, Alten 77 

Turbo tridens, Gmelin ■ . . 73 

Turbo tumidus, Pennant ....... 43 



192 



INDEX ALPHABÉTIQUE 



TJNIO 119, 132 

JJnio batavus, Maton et Rackett . . 119, 132 

Unio littoralis, Cuvier 119, 132 

Unio rhomboideus, auct. gall 119 

U1YIOMDJE 119 

TJRSUS 130 

Ursus arctos ) Linné ........ 130 

Ursus spelseus, Blumembach 130 

Vallonia 57, 100 

VALVATA 115, 152 

Valvata alpeslris, Blauner 115 

— var.Arce/em, Bourguignat 115 
Valvata Arcelini, Bourguignat . 58, 115, 132 

Valvata contor ta. ^Mùller 115, 153 

Valvata cristata, Mùller. . . . 58, 116, 156 

— — variété minor . . . . 157 
Valvata cristatella, Faure-Biguet .... 156 
Valvata depressa, G. Pfeiffer . . . 155, 164 

Valvata gallica, Locard 153 

Valvata inflata, Sandberger 154 

Valvata meretricis, Bourguignat .... 153 

Valvata minuta, Draparnaud . . . 58, 116 

Valvata obtusa, Brard 58, 153 

Valvata obtusa, Studer 116 

Valvata piscinalis, Mùller. 58, 115, 132, 

152, 164, 165 

— — variété y depressa, Mo- 

quin-Tandon . . . 155 

Valvata piscinalis, Tournouër 154 

Valvata piscinaloïdes, Michaud . . . . . 154 

Valvata planorbis, Draparnaud 156 

Valvata planor butina, Paladilhe . . 58, 116 

Valvata tolosana, de Saint-Simon. . . . 153 

Valvata vallestris, Fontanes 154 

VALVATIDif:. . . 115, 152 

Velletia .113 

VERTIGO 78, 104 

Vertigo antivertigo, Draparnaud . . 104, 126 

Vertigo columella, Locard ..*... 94 

Vertigo muscorum, Brumati 78 

Vertigo pygmsea, Draparnaud 127 

Vitrea 93, 134 

VITRINA 127 

Vitrina pellucida, Mùller 127 

VI VIP ARA 131 

Vivipara bressiana, Ogérien . . . . • 131 

Vivipara burgundina, Tournouër. . . . 131 



Vivapar a Faisant, Fischer 131 

Vivipara ventricosa, Sandberger .... 131 

Vortex 15, 17 

Vortex lacipida, Oken 17 

Vortex obvoluta, Beck . 15 

Xerophila 62, 136 

Xerophila costulata, Pollonera 64 

Xerophila striata, Pollonera 136 

Xerophila thymorum, Held 62 

Zebrinus. . . 102 

ZONITES 55 

Zonites acieformis, Klein 55 

Zonites algirus, Linné 55 

Zonites sequanicus, Munier-Chalmas ... 55 

Zonites 3, 52, 134 

Zonites crystallinus, variété (3 Hydatinus , 

Moquin-Tandon 134 

Zonites Dutaillyanus, Mabille 52 

Zonites edentula, Adams 13 

Zonites Farinesiana, Bourguignat .... 92 
Zonites gyrocurtus, Bourguignat .... 92 
Zonites nitens, Moquin-Tandon . . . . 3 

Zonites pseudohydatinus, Bourguignat . 93, 134 

Zonites radiatus, Leach 5 

Zonites septentrionalis, Bourguignat . . 52, 92 
Zonites subnitens, Bourguignat .... 4, 52 

ZOMTIDJË 3, 92, 134 

Zonitoides 3, 93 

ZUA 36, 82, 'l05 

Zua collina, Drouët 83, 105 

Zua exigua, variété cylindroïdes, Pollonera . 38 

Zua lubricoïdea, Morse 40 

Zua petrsea, Locard 38, 53 

Zua prœcursor, Locard 38, 53 

Zua subcylindrica, Linné . 36, 47, 53, 82, 

105, 126, 127 
— mutation cylindroïdes, 

Pollonera . . .38 

— — variété crassula, Fagot 38 

— — variété elongata ... 38 

— variété exigua, Menke. 

38, 83, 105 

— — YSiviètèfusiformis, Pi- 

card , 38 

— var. lubricella, Zeigler. 38 



TABLE DES MATIÈRES 



INTRODUCTION. 



PREMIERE PARTIE 

FAUNULE MALACOLOGIQUE DES TUFS QUATERNAIRES DE LA BUISSE (ISÈRE) 

CHAPITRE PREMIER. — Description des Espèces. . . . , 1 

Gastéropodes Pulmonés i 

Famille des Zonitidse 1 

Famille des Endodontidse 5 

Famille des Eulotidse. 7 

Famille des Helicidse , 10 

Famille des Pupidœ * 26 

Famille des Glausiliidse , 30 

Famille des Ferussaciidse 36 

Famille des Limnœidse 40 

Gastéropodes Prosobranches 43 

Famille des Cyclostomatidœ. . . 43 

CHAPITRE II. — Considérations Générales ' • . 47 

Tableau de la faune malacologique terrestre et fluviatile des tufs quaternaires. ... en face la page 51 



DEUXIEME PARTIE 

MOLLUSQUES RECUEILLIS PAR M. CL. GAILLARD, DANS LE LŒSS DES ENVIRONS DE LYON 

CHAPITRE PREMIER. — Description des Espèces , • . 59 

Gastéropodes Pulmonés • 59 

Famille des Endodontidse 59 

Famille des Helicidœ 60 

Famille des Pupidse • • ^3 

Famille des Clausiliidse 81 

Famille des Ferussaciidae • ^2 

Famille des Succineidœ • • • ' • • • • • • •-,-■• • • • • • • ^ 

Gastéropodes Prosobranches &® 

Famille des Cjclostomatidse • &9 



194 TABLE DES MATIÈRES 

CHAPITRE II. — Catalogue systématique des Mollusques terrestres et fluviaitles des Terrains 

QUATERNAIRES DES ENVIRONS DE LyON 90 

Gastéropodes Pulmonés 91 

Famille des Limacidse 91 

Famille des Testacellidse 91 

Famille des Zonitidse 92 

Famille des Endodontidse 94 

Famille des Eulotidse 94 

Famille des Helicidœ 95 

Famille des Pupidae . . 102 

Famille des Clausiliidse 104 

Famille des Stenogyridse 105 

Famille des Ferussaciidœ 105 

Famille des Succineidse 106 

Famille des Limnseidge 107 

Famille des Auriculidse » 113 

Gastéropodes Prosobranches 114 

Famille des Cyclostomatidse 114 

Famille des Bythinellidœ . . 114 

Famille des Valvatidae ".'... .115 

Famille des Neritidse Ii7 

Pélécypodes 118 

Famille des Sphseridae ng 

Famille des Unionid^e ag 

CHAPITRE III. — Considérations générales 120 

Tableau récapitulatif de la faune malacologique quaternaire du Lyonnais ........ 123-124 



TROISIÈME PARTIE 

FAUNULE MALACOLOGIQUE DU DEPOT NÉOLITHIQUE DE BEVAIX (LAC DE NEUCHATEL) 

CHAPITRE PREMIER. — Description des Espèces 134 

Gastéropodes Pulmonés ^34 

Famille des Zonitidse I34 

Famille des Helicidœ. '. • 13^ 

Famille des Limnseid^e ^37 

Gastéropodes Prosobranches 14g 

Famille des Bythinellidce 148 

Famille des Vaivatidge 152 

Pélécypodes 15g 

Famille des Spha^ridœ ^g 

CHAPITRE IL — Considérations Générales 164 

EXPLICATION DES PLANCHES 167 

INDEX ALPHABÉTIQUE 181 




k 



HENRI GEORG, ÉDITEUR 

LIBRAIRE DES FACULTÉS DE LYON 

LYON GENÈVE BALE 

36-38, Passage de l'Hôtel-Dieu ÎO, Gorraterie lO.rue Franche 

ÉDITEUR DES PUBLICATIONS DE LA SOCIÉTÉ HELVÉTIQUE DES SCIENCES NATURELLES, DE L'iNSTITUT NATIONAL GENEVOIS, 

DE LA SOCIÉTÉ BOINAIQUE, DE LA SOCIETE DE GÉOGRAPHIE, 
DE LA SOCIÉTÉ DE TOPOGRAPHIE HISTORIQUE ET DU MUSÉUM D*HISTOIRE NATURELLE DE LYON, ETC. 



ARCHIVES DU MUSÉUM D'HISTOIRE NATURELLE 

DE LYON 

Grand in-4° 

TOME PREMIER 

Station préhistorique de Solutré, par MM. Ducrost et Lortet. — Brèches osseuses des environs de Bastia 
(Corse), par M. Locard. — Lagomys corsicanus de Bastia, par M. Lortet. — Études paléontologiques 
dans le bassin du Rhône. Période quaternaire, par MM. Lortet et Chantre. — Végétaux fossiles de 
Meximieux, par MM. Saporta et Marion. — Quelques coupes des terrains tertiaires et quaternaires du 
bassin du Rhône, par M. Falsan. — Description des Planches. 

TOME SECOND 

Description de la faune de la mollasse marine et d'eau douce du Lyonnais et du Dauphiné, par M. Locard. 
— Recherches sur les mastodontes et les faunes mammalogiques qui les accompagnent, par MM. Lortet 
et Chantre. 

TOME TROISIÈME 

Notes sur quelques mammifères fossiles de l'époque pliocène (avec six planches), par M. Filhol. — 
Poissons et reptiles du lac de Tibériade (avec treize planches), par M. L. Lortet. — Malacologie 
des lacs de Tibériade, d'Antioche et d'Homs (avec cinq planches), par M. A. Locard. 

TOME QUATRIÈME 

Observations sur les Tortues terrestres et paludines du bassin de la Méditerranée, par M. le D r Lortet. — 
Les terrains tertiaires et quaternaires du promontoire de la Croix-Rousse, par M. Fontannes. — 
Recherches sur la succession des faunes de Vertébrés miocènes de la vallée du Rhône, par M. Charles 
Depérèt. — Note sur le Rhizoprion bariensis de Jourdan, par M. le D r Lortet. — Faune malaco- 
logique des terrains néogènes de la Roumanie^ par M. Fontannes. 

TOME CINQUIÈME 

Les Reptiles fossiles du bassin du Rhône, par M. le D r Lortet. — La faune des mammifères miocènes de la 

Grive -Saint- Alban (Isère) et de quelques autres localités du bassin du Rhône. —Documents nouveaux 

et revision générale, par M. le D r Ch. Depéret. — Contribution à l'étude des Céphalopodes crétacés 

du Sud-Est de la France, par MM. Sayn et Kilian. — Sur quelques Ammonitides, par M. Kilian. 

TOME SIXIÈME 

Recherches anthropologiques dans l'Asie occidentale. Missions scientifiques en Transcaucasie, Asie 
Mineure et Syrie, 1890 à 1894 (avec quarante-trois planches), par M. Ernest Chantre. — Note sur 
quelques espèces de Cyprinodons de l'Asie Mineure et de la Syrie (avec douze figures dans le texte), 
par M. C. Gaillard. — Le Rhinocéros de Dusino (Rhinocéros Etruscus) (avec quatre planches), par 
M. Frédéric Sacco. — Étude sur quelques Echinodermes de Cirin (avec une planche et une figure), 
par M. de Loriol. 

TOME SEPTIÈME 

Conchyliologie portugaise : les coquilles terrestres des eaux douces et saumâtres, par M. A. Locard. — 
Mammifères miocènes nouveaux ou peu connus de la Grive-Saint-Alban (Isère), par M. C. Gaillard. 

TOME HUITIÈME 

Recherches anatomiques sur les Camélidés: anatomie du chameau à deux bosses; différences entre les 
deux espèces de chameaux ; différences entre les chameaux et les lamas, par M. F.-X. Lesrre. — 
La Faune momifiée de l'ancienne Egypte (première série), par MM. le D' Lortet et C. Gaillard. 

TOME NEUVIÈME 

Études paléontologiques sur les Lophiodon du Minervois, par M. Ch. Depéret. — La Faune momifiée de 
l'ancienne Egypte (deuxième série), par MM. le \» Lortet et C. Gaillard. — Contribution à Tana- 
tomie du Porc-Epic commun (Hystrix cristata), par M. F.-X. Lesbre. 

TOME DIXIÈME 
Le Cadurcotherium de l'Isle-sur-Sorgues et revision du genre Cadurcotherium, par MM. * F, Roman 
et L. Joleaud. — La Faune momifiée de l'ancienne Egypte et recherches anthropologiques (troisième, 
quatrième et cinquième séries), par MM. le D 1 ' Lortet et C. Gaillard. 



1, 




Lyon. - Imprimerie A. REY, 4, rue Gentil. - 55570